Comme promis, voici l'arrivée tant attendue de Castiel, ce petit ange trop chou ~
Bonne lecture et merci à Amandinetrot et à Pandorwho pour leurs commentaires ^^
Chapitre 2
Une fois leur père enterré dans le cimetière de la ville, les frères Winchester avaient décidé de faire les comptes de la ferme, histoire de voir où ils en étaient. Ou plutôt, Sam avait reçu la facture du funérarium et avait pâli d'un coup avant de se jeter sur les relevés de compte de John.
- Dean, avait-il annoncé un peu plus tard alors que son frère récupérait les œufs tout frais du matin dans le poulailler.
- Sam ?
- Ne panique pas, s'il te plaît. Nous n'avons presque plus d'argent.
- Quoiiiiiii ?
- Il semblerait que papa a passé plus de temps à écumer les bars qu'à bosser, ces derniers mois, et donc… on est dans le rouge, là.
- Mais qu'est-ce qu'on va faire ?! paniqua Dean en posant le panier d'œufs pour ne pas le laisser tomber.
- He bien, il va falloir produire plus et trouver de nouveaux moyens de gagner du fric, mais on n'arrivera jamais à s'occuper de toute l'exploitation, il va donc falloir trouver de la main-d'œuvre.
- Qu'on va devoir payer, comprit Dean, la bouche entrouverte.
- He bien, si on prend un apprenti, il y a moyen de le payer moins et de faire passer son salaire dans ses repas et sa chambre…
Dean échangea un regard complice avec son frère.
- J'ai toujours su que tu étais un génie, petit frère.
Toujours prêt à aider les Winchester (et à se débarrasser de ses employés moins compétents), Bobby leur envoya plusieurs apprentis grâce à ses relations professionnelles. Pour bien faire, ils auraient dû en engager deux, mais les frangins décidèrent de n'en embaucher qu'un pour l'instant, car, comme dit précédemment, leurs finances étaient au plus bas.
- Donc… fit Sam au candidat n°4, quelle est votre spécialité ?
- Je jongle, ça amuse les enfants, répondit le dénommé Garth Fitzgerald IV avec un grand sourire innocent. Et j'ai un lien privilégié avec les animaux, surtout avec les chiens. On est potes, vous voyez ?
- Okayyyy… votre spécialité ?
- J'adore les cochons, répondit Gordon Walker. J'aime particulièrement leur trancher la…
- Ha bah c'est con, parce qu'on en a pas, l'interrompit sauvagement Sam, qui n'aimait pas plus que ça élever des bêtes uniquement pour les abattre.
- Mais on comptait en acheter, non ? intervint Dean, qui somnolait depuis le début des entretiens.
- Ouiiii, mais pas maintenant, répliqua Sam en faisant les gros yeux à son frère. Suivant !
Un type brun en trench coat fit son entrée en titubant un peu et déposa une bouteille sans étiquette et remplie d'un liquide ambré sur la table.
- Monsieur… ? demanda poliment Sam.
- Novak. Castiel Novak. Je vous ai apporté une bouteille de mon brandy artisanal…
- Attendez, vous faites de l'alcool ? s'exclama Dean avec un sourire jusqu'aux oreilles.
- Oui, et je fais aussi des tartes aux fruits. J'ai vu que vous aviez un verger en arrivant… Et je peux apprendre à faire des confitures aussi, si vous voulez, affirma le candidat en dardant ses grands yeux bleus innocents sur les deux frères.
- Engagé ! s'écria Dean, des tartes plein les yeux.
- Mais attends, Dean, on n'a pas encore parlé de… !
- Tututut ! Ce type sait faire de l'alcool ET des tartes ! On n'a plus qu'à se lancer dans la vente de produits artisanaux et on se fera du fric en un rien de temps ! s'enthousiasma l'aîné.
Sam grimaça et Castiel esquissa un grand sourire, tout content d'avoir un job.
Le businessman de la famille dut bien se rendre à l'évidence : les cargaisons d'alcool maison de Castiel leur permettaient d'éviter de dépenser des sommes astronomiques en bière. Le petit nouveau avait ramené toute sa production à la ferme et avait déjà commencé à faire de la pub sur Internet et en ville tandis que Dean sifflait allègrement le stock. Cas s'était déjà mis à sa nouvelle fournée et avait commencé à se familiariser avec les terres des Winchester.
Ses tartes étaient délicieuses, il n'avait pas encore embouti le mini-van de Dean avec son vélo et il lui arrivait même de chanter en travaillant. Les vaches l'adoraient, et les pommes un peu moins.
Il ne fallut pourtant pas longtemps pour que Sam identifie la raison des débuts de Castiel dans la fabrication d'alcool. L'homme écoulait la marchandise dans son propre gosier, en réalité, ce qui expliquait sa propension à tituber et à suivre les abeilles au lieu de réparer les clôtures. Même si Dean l'appréciait (pour sa cuisine, ne nous voilons pas la face), Sam hésitait à renvoyer leur nouvel apprenti.
Certes, il ne serait peut-être pas aussi simple d'arnaquer leur prochain employé, et il est vrai que ses tartes et son brandy gagnaient en popularité auprès des voisins et leur rapportaient pas mal d'argent… Mais tout de même.
Sam décida de garder Castiel à l'œil, histoire de voir s'il leur rapportait plus d'argent qu'il n'en coûtait. Bien lui en prit, car le vendredi suivant, un nouveau venu débarqua dans la cour de leur ferme.
Il conduisait une voiture de luxe noire, le genre que Dean aurait adoré posséder, et avait l'air pédant et soigné du gars qui n'a jamais mis les pieds dans un potager. Pas sûr qu'il ait déjà été dans un supermarché, d'ailleurs.
Il était petit (surtout du point de vue de Sam, qui ne voyait que son front dégarni et ses cheveux noirs gominés quand il regardait vers le bas), enrobé et entièrement vêtu de noir. Il portait une barbichette, et les deux frères le détestèrent à l'instant même où il posa le pied hors de sa voiture pour observer les environs comme si la ferme lui appartenait.
- Vous êtes qui ? demanda Dean en balançant sa fourche d'un air menaçant.
- Aleister Crowley, heureux de faire votre connaissance, répondit le gars avec un sourire d'homme d'affaires tout en exécutant un genre de pirouette avec son long manteau.
- Qu'est-ce qui vous amène ? demanda poliment Sam, même s'il n'en pensait pas moins.
- J'ai un certain projet immobilier à vous soumettre, si vous voulez bien m'accorder un peu de votre temps…
L'homme discuta un peu avec Sam, et pendant ce temps, Dean s'approcha de la berline pour l'admirer. Étonné, il aperçut des traces d'impact de gros sel sur le pare-choc arrière.
- Dites, vous avez eu un accident avec une épandeuse ? plaisanta-t-il à voix haute.
Crowley se tourna et considéra les traces avec dédain.
- Non, la… discussion que j'ai eue avec votre voisin s'est mal terminée, en fait.
- Ce brave Bobby, s'esclaffa Sam en imaginant parfaitement le vieux grincheux en train de tirer au gros sel sur une voiture de luxe.
Crowley fit un rictus dégoûté et suivit Sam et Dean à l'intérieur de la ferme pour discuter du grand complexe hôtelier qu'il voulait faire construire à la place de leur ferme.
Castiel étendait du fumier sur le champ en gratouillant le chien de berger - assis sur le siège du convoyeur - entre les oreilles. Il s'arrêta en haut de la petite butte formée par le terrain et mit le levier de vitesses au point mort. Le jeune homme récupéra sa bouteille et sortit du tracteur.
- Allez Bones, viens mon chien ! gazouilla-t-il pour que le Golden Retriever le suive.
Castiel descendit la butte en titubant, le chien sur les talons, et constata que Sam et Dean étaient occupés à l'intérieur avec un visiteur. Jolie voiture, soit dit en passant.
L'apprenti haussa les épaules et commença à mettre du terreau dans les jardinières vides qui bordaient le bâtiment principal de la ferme. Il sortit des sachets de graines de sa poche et commença à les semer avant de tout arroser. Bones aboyait, sûrement après les abeilles et les papillons, se dit Castiel.
Il avait encore cinq jardinières à remplir et il espérait que les garçons seraient contents de ses fleurs, une fois qu'elles auraient poussé. Bones continuait d'aboyer, et Castiel se retourna, excédé.
- Tu fais trop de bruit, Sam et Dean ne vont pas être cont- !
Sa voix mourut dans sa gorge quand il vit pourquoi le chien s'excitait comme ça.
Le tracteur roulait lentement mais sûrement vers le bas de la butte, c'est-à-dire vers la cour de la ferme. Vers eux, donc.
Castiel en resta comme deux ronds de flan, mais les aboiements de Bones le sortirent de sa torpeur. Le jeune homme jeta sa bouteille, poussa la jardinière remplie de terre contre la façade de la ferme, puis attrapa le chien en catastrophe pour l'entraîner loin du véhicule.
Le tracteur les dépassa dans un bruit d'enfer et percuta de plein fouet la voiture de luxe de Crowley, qui ne tarda pas à sortir de la bâtisse en courant sur ses toutes petites jambes.
- MA VOITURE ! s'écria l'homme d'affaires, horrifié.
- Ah, merde, grimaça Dean en voyant la berline réduite à l'état de crêpe. Ça va être dur à réparer, ça. Vous voulez que je vous ramène en ville ?
- Au moins, votre caisse a arrêté le tracteur, c'est déjà ça. Il aurait pu y avoir des morts, vous savez ? fit Sam en ricanant dans sa barbe.
Ils laissèrent Crowley vociférer tout seul et se tournèrent vers Castiel, qui essayait de se faire tout petit et tenait toujours le chien dans ses bras.
- Heuuuuu… je suis désolé ? J'ai peut-être oublié de mettre le frein à main… Pitié, ne me virez pas, je ne le ferai plus !
Dean récupéra le chien choqué à vie et lui fit un câlin pour le rassurer. Sam, pour sa part, réfléchissait déjà à ce qu'ils allaient devoir rembourser. D'un autre côté, Castiel les avait bien malgré lui débarrassés d'un promoteur immobilier qui voulait raser leur ferme, donc bon…
- Tu peux rester, déclara-t-il en tapotant l'épaule de leur nouvel associé.
À suivre…
Nos héros réussiront-ils à survivre à leur situation financière ? Vous le saurez…bientôt.
Un p'tit commentaire sur cette ânerie plus grosse que moi ?
