Bonjour tout le monde!

J'espère que vous allez bien. Voici le second chapitre pour cette semaine. Merci à tous ceux qui ont lu et reviewé.

angemewmew : Ne t'inquiète pas, les romances sont dévoilées assez vite. Ce n'est pas un grand mystère.

stormtrooper2 : Cette amitié me tenait à coeur effectivement.

lesaccrosdelamerceri : Oui, c'était assez doux à écrire. Ca fait du bien de temps en temps.

Bonne lecture !


Chapitre 2

La chaleur est accablante. Mais je ne m'en lasserais jamais. Blaise a fini par nous rejoindre sur la nappe de pique-nique, fuyant le rouquin au regard de braise. Il est tellement gêné que je me retiens de lui lancer un regard goguenard. Les attentions du rouquin ne le laissent vraiment pas indifférent mais - fait mystérieux - il refuse de se laisser aller à cette attirance. Il faut vraiment qu'on ait une conversation à ce sujet. Au début, je croyais qu'il avait peur de la réaction des autres. Ronald fait partie des héros de guerre et lui est un ancien mangemort, espion pour l'Ordre mais ça, le sorcier lambda s'en fiche… Je sais ce que c'est, je suis dans la même situation… mais il n'ose croiser mon regard dès que Ronald s'approche un peu trop près de lui et j'ai de plus en plus l'impression qu'il a peur de ma réaction et que, si ça n'avance pas entre eux, j'y suis mêlé d'une façon ou d'une autre. Alors que je ne vois pas pourquoi je désapprouverais cette relation. J'ai été un mauvais ami ces derniers temps. Je suis tellement occupé à batifoler avec Harry que je ne me suis même pas rendu compte que Blaise veut sans doute faire de même avec le rouquin mais ne se le permet pas.

Mon idylle avec Harry est secrète. Il faut dire que ça aurait fait jaser : le Survivant avec un mangemort, et c'est encore pire maintenant qu'il est devenu le Sauveur du monde sorcier. Blaise et moi sommes tous les deux tellement embourbés dans nos secrets qu'on ne se parle plus, on ne se confie plus l'un à l'autre. Et Merlin sait que c'est ensemble qu'on a pu traverser cette guerre ! Remettre en question les choix de nos paternels, rejoindre le camp de la Lumière et risquer nos vies en devenant espion… Je n'aurais pas pu le faire sans Blaise. Alors, qu'aujourd'hui Blaise n'ose assumer son attirance pour le roux devant moi, c'est à n'y rien comprendre. Ronald est quelqu'un de génial. Notre animosité n'est plus depuis belles lurettes, on s'est battu côte à côte durant la guerre. Je ne comprends pas. J'espère vraiment ne pas être la raison qui freine Blaise à dire « oui » au roux.

Je les épie du regard discrètement alors qu'ils nous rejoignent. Blaise se faufile entre Harry et moi pour ne laisser aucune chance à Ronald de se glisser près de lui. Ronald, de dépit, s'installe près de moi, en essayant d'exhiber un maximum son torse nu pour que, même par-dessus mon épaule, Blaise ne puisse y échapper. Il s'allonge donc de tout son long à ma droite. Je ne peux m'empêcher de sourire en le regardant faire, Ronald ne sait vraiment pas faire dans la subtilité. Hermione le rabroue gentiment alors qu'elle enlève précipitamment ses livres de la trajectoire du rouquin trempé. Il râle alors et fait mine de prendre moins de place. J'ai à peine le temps d'abaisser ma jambe avant qu'il s'y allonge en posant sa tête sur ma cuisse. Je pouffe devant sa mauvaise foi et passe mécaniquement une main dans ses beaux cheveux roux. Il a vraiment de beaux cheveux. Il a suivi pas mal de mes conseils concernant leur entretien depuis qu'il les laisse pousser mais il n'a pas ma patience. Leur beauté s'en trouve d'autant plus éblouissante qu'elle est naturelle. Ils sont doux et fins. Sous le soleil étouffant, ils commencent déjà à sécher. J'entends vaguement Hermione déblatérer à propos de je-ne-sais-quel sujet alors que je caresse distraitement les cheveux de feu, les brossant de mes doigts. Ronald ferme les yeux et soupire alors que je lui masse le crâne. C'est agréable.

Je ne peux pas faire ça avec Harry. Il refuserait mes caresses. Il ne voudrait pas que des soupçons se posent sur notre relation. Enfin, « relation » est un bien grand mot. Peut-on appeler ça une relation ? J'adore masser, caresser. Je suis quelqu'un de tactile. Je ne sais pas mettre mes sentiments en mots. Avec moi, ça doit passer par la peau. C'est ma façon d'exprimer mon amour, mes sentiments forts pour quelqu'un. Et je ne peux pas le faire avec Harry. Parce qu'il ne veut pas que les autres sachent, comprennent pour nous deux. Alors, au final, Harry est la personne que je me permets le moins de toucher en public. Même Ginevra Weasley, je l'ai déjà prise dans mes bras ! C'est pour dire ! Mais Harry s'éloigne et me lance un regard d'avertissement dès que nos mains s'effleurent... Alors, je suis d'autant plus tactile, voire câlin, avec les autres que je ne peux l'être avec Harry. Reporter mes caresses sur Ronald me fait du bien de temps en temps. C'est comme si ce trop-plein d'amour, que je souhaite adresser à Harry, se déversait malgré moi sur Ronald. Mais ce subterfuge ne pourra pas suffire très longtemps. On s'attend toujours à souffrir de ne pas recevoir d'amour mais ne pas pouvoir en donner est presque pire.

Soudain, mon regard est attiré par le torse de Ronald qui rougit à la vitesse de l'éclair sous l'action du soleil. Je pose ma main sur sa peau chaude et m'inquiète du fait qu'il ne semble pas s'être lancé de sort de protection solaire. Il me fait un geste vague de la main, arguant qu'il n'avait pas eu le temps. Oui, il était trop pressé d'impressionner Blaise… Je soupire et attrape ma baguette pour le lui lancer moi-même. J'espère que ce n'est pas trop tard. Je lui propose alors de lui passer de la crème hydratante après soleil sur les zones sensibles, plus tard dans ma chambre, s'il le souhaite. Je n'ai pas fini ma phrase qu'un cri s'échappe de ma bouche sous l'effet de la surprise. Quelque chose vient d'exploser et de nous éclabousser dessus. Je passe une main sur ma joue, les yeux à demi-fermés, pour identifier le liquide que j'ai sur le visage. C'est de l'encre. L'encrier d'Hermione a tout bonnement explosé. Ronald s'est redressé précipitamment, lui aussi éclaboussé. Pourquoi ce truc vient d'exploser ? Blaise est tout aussi perplexe que moi. Je me tourne vers Hermione, propriétaire du dit encrier, prêt à lui poser la question mais elle est elle-même tournée vers Harry qui regarde l'encrier d'un air coupable. Il relève alors la tête vers moi et me lance un regard blessé avant de se lever et partir, en furie. Je ne comprends rien. Je demande un semblant d'explication à Hermione qui me répond en maugréant :

« Parfois, la magie d'Harry est incontrôlable, lorsqu'il est furieux, et il fait exploser des trucs en verre…

-… D'accord… mais furieux pour quoi là ? »

Elle soupire et lance un sort de nettoyage sans me répondre. Je me tourne vers Blaise qui m'ignore également et s'en va. Ronald se tourne vers moi, tout aussi incrédule.

Mais qu'est-ce qu'il se passe ici, bon sang ?

Je me lève et pars en courant à la poursuite d'Harry.

« Harry !... Harry, attends-moi !... Je peux savoir ce qu'il t'arrive, bordel ?

-Tu as décidé de te taper tous les huitième année ? On n'est pas très nombreux, tu sais ?! Et on vit les uns sur les autres, ton harem va vite finir par s'entretuer…

-Quoi ? Mais de quoi, est-ce que tu parles ? »

Je l'agrippe par le bras et me plante devant lui pour qu'il s'explique. On a passé littéralement cinq minutes tous ensemble dans le parc alors que les trois griffondors nous ont rejoints. Et en ce court laps de temps, Harry est rentré dans une fureur telle qu'il a fait exploser cet encrier par perte de contrôle de sa magie. Et j'ignore totalement pourquoi mais apparemment, je serais responsable d'une façon ou d'une autre. Et maintenant, il m'accuse de me taper tous les huitième année ?

J'ai dû courir à travers tout le château pour le rattraper. Je suis essoufflé et je crois que je ne me sens pas très bien. Je suis peut-être resté au soleil trop longtemps. Pourtant, j'avais le sort de protection solaire. Je ne suis pas si peu sportif quand même. J'ai juste couru un peu à travers le château. Je prends de grandes respirations. Je ne me sens pas bien du tout. J'ai le cœur qui bat à toute allure. J'ai la tête qui tourne, des étoiles devant les yeux. Je crois que je vais faire un malaise. Potter me regarde, ahuri. J'ai l'impression qu'il est à deux doigts de me frapper. Il croit que je fais semblant. Je suis presque sûr que je m'en serais pris une si Ronald n'avait pas débarqué, m'ayant probablement suivi depuis le début. Il prend ma défense, arguant que je n'ai pas l'air bien du tout. Il enroule un bras autour de ma taille pour m'aider à tenir debout. Et alors que j'allais me cramponner aux épaules de Ronald pour ne pas m'effondrer, Harry pète littéralement un plomb et lui saute dessus. Il l'arrache à moi et lui met son poing dans la figure. Sans plus aucun appui, je tombe à genou et vomis tripes et boyaux avant de m'effondrer à demi-conscient au sol.

Je n'arrive pas à garder les yeux ouverts. Je suis encore conscient, je les entends mais mon corps est trop épuisé pour faire le moindre mouvement même celui de soulever les paupières. Ils me lancent un sort de lévitation pour me transporter. Ils veulent me conduire à l'infirmerie. Ils sont conscients que c'est l'été, que l'année scolaire n'a pas encore commencé et que Pomfresh n'est même pas encore en poste ?... Apparemment pas…

Harry est paniqué, il s'insulte de tous les noms de ne pas m'avoir cru plus tôt concernant mon malaise. Ronald essaie de le rassurer jusqu'à l'arrivée dans l'infirmerie et c'est là qu'ils réalisent qu'il n'y a aucune infirmière... Ce serait presque risible... Ils m'installent sur un lit de l'infirmerie et décident de la marche à suivre. Les autres professeurs sont absents mais McGonagall est normalement présente. C'est elle qui nous a ouvert le château pour l'été. L'emplacement des quartiers personnels des professeurs nous est inconnu mais Harry assure pouvoir la trouver avec sa carte. J'ignore de quelle carte il parle mais Ronald semble le savoir, lui.

Je ne me suis même pas rendu compte de m'être évanoui. Mais je reviens peu à peu à moi. Je sens mon corps, l'oreiller sous ma tête, une main qui enserre la mienne. J'essaie de me rappeler des derniers événements. Harry et Ronald qui m'emmènent à l'infirmerie. J'entends des voix autour de moi mais je n'arrive toujours pas à ouvrir les yeux. Je me concentre pour discerner ce qui se dit. Pomfresh a été réquisitionnée à Poudlard pour moi mais elle n'arrivera que demain. Soudain, la voix d'Harry se fait entendre dans un murmure, comme s'il s'était enfin lancé après beaucoup de tergiversations :

« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais amoureux de lui, Ron ? »

La main qui tenait la mienne disparaît soudainement. Ronald balbutie et ne trouve pas ses mots, je sens un poids quitter le lit là où Ronald devait être assis à mes côtés. Si je pouvais, je les frapperais tous les deux ! Ca fait des semaines que je dis à Harry que Ronald est intéressé par Blaise et il n'a pas arrêté de me dire que je faisais fausse route. C'est fou d'être aussi aveugle ! J'entends Harry soupirer et Ronald faire les cent pas. Des doigts frôlent les miens. C'est Harry ? Sa voix reprend, près de moi :

« Je ne t'aurais jamais empêché d'être avec la personne avec qui tu veux être, Ron. Vous êtes libres tous les deux. Tu as droit au bonheur et lui aussi. »

Ronald n'a pas le temps de répondre que McGonagall fait irruption pour exiger des griffondors de quitter la salle pour me laisser me reposer. Alors que Ronald suit la directrice hors de la salle, Harry se penche vivement vers moi et presse avec désespoir ses lèvres contre les miennes. Qu'est-ce que je donnerais pour pouvoir répondre à ce baiser ! J'avais peur qu'il soit toujours furieux après moi, bien que j'ignore toujours pourquoi. Mais mon soulagement est de courte durée. Il murmure, la voix pleine de sanglots retenus :

« J'espère que vous serez heureux tous les trois. »

Mes yeux s'entrouvrent sous le choc et je le vois partir en fuyant à toutes jambes de la salle, les larmes dévalant le long de ses joues.

Qui ça « vous » ?

Et qui ça « tous les trois » ?