Jerza1 : Ui, encore une nouvelle histoire. Un jour, je vais réussir à finir les autres haha. Et j'aurais bien aimé aussi avoir Gerald comme professeur... c:


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


II


L'eau coule doucement sur son corps alors qu'il appuie à nouveau son front contre la paroi de la douche. Il est encore tôt mais Gerald est déjà épuisé. Pourquoi est-ce qu'il court toujours aussi tôt, bon sang ? Il se remet encore de sa petite sortie d'hier, alors quelle mauvaise idée d'avoir fait ça. Pourtant, dans le fond, son rendez-vous d'hier n'a pas été si terrible. Yukino a une voix douce et elle a l'air si patiente et sincère, et prête à faire tous les efforts nécessaires qu'il s'est senti coupable d'être là, devant elle. L'impression d'avoir été un véritable usurpateur le ronge. C'est vrai, quoi. Ultia l'a sans aucun doute trop vendu et, forcément, la demoiselle ne pouvait être que déçue à la fin, lorsqu'il a avoué qu'il n'est pas spécialement intéressé pour avoir une relation.

Yukino a des yeux dans lesquels il plongerait son regard durant de longues heures, mais il sait pertinemment la conclusion a toute cette histoire ; lassitude, dispute, désintérêt, souffrance, larmes, rupture. Le schéma classique, qu'il connait du bout des doigts. Gerald n'a aucune envie de nourrir ce monstrueux cycle, pas alors qu'il se sent bien seul. Piquer sa curiosité est peut-être simple, mais l'entretenir... c'est autre chose. Il est sans doute trop difficile. C'est possible. Ça ne doit pas être facile de vivre avec un homme qui se perd durant des jours dans des manuels de physique et d'astronomie.

D'un soupir, le jeune homme tourne le robinet et tend le bras pour attraper sa serviette. Ses pieds atterrissent dans le moelleux tapis qui l'attend devant son lavabo, et il savoure l'air encore frais du matin qui caresse sa peau. La fumée de l'eau chaude finit de s'évacuer par la petite fenêtre, tandis qu'il saisit son dentifrice et sa brosse à dents. Le reflet que lui offre son miroir ne ment pas ; vu les cernes sous ses yeux, des vacances seraient peut-être sympathiques. Les dernières qu'il a passé...

Non, il ne préfère pas y penser. À la place, Gerald finit de se préparer après avoir remis correctement la serviette à sa place. Il a largement le temps de finir la correction de ses copies ; après le dîner, il est rentré directement et a attaqué le petit tas qui l'attendait. Les dernières feuilles sont rapides et ça l'arrange. Il n'a jamais aimé faire attendre qui que ce soit pour connaître des résultats, donc il travaille en conséquence. Il apprécie la régularité. Ça explique pourquoi il s'entête à se lever dès cinq heures du matin pour courir. Et puis, ce n'est pas comme s'il avait une raison pour traîner au lit.

La seule chose qu'il oublie en partant de chez lui, ce n'est certainement pas de caresser le chat. C'est juste son plat pour aujourd'hui. Oh, trois fois rien s'il se souvient de tous les jours qu'il a passé en sautant régulièrement le repas de midi. Mais ça n'arrive plus autant, Ultia le surveille de près et n'hésite jamais à le trainer dans une boulangerie pour acheter un sandwich. Il suppose que c'est ce qui va se passer aujourd'hui.

Les nuages noirs d'hier ont laissé place à un soleil éblouissant. La chaleur est redevenue étouffante et il regrette déjà les orages bruyants de la nuit dernière. Son t-shirt blanc sent encore bon la lessive. Ses pas sont lents alors qu'il marche tranquillement sous les arbres d'une longue allée ; Gerald n'habite pas trop loin de l'école dans laquelle il travaille depuis cinq ans maintenant. C'est toujours agréable d'emprunter ce chemin. Quelques rayons dorés se faufilent entre les feuilles verte, dansant sur sa peau halée.

Ses lunettes de soleil brillent délicatement tandis qu'il attend patiemment devant le passage piéton, mains dans les poches. Gerald remet un peu en place son sac en bandoulière, regarde ses baskets, puis relève le menton quand les personnes à côté de lui se mettent à traverser. Le feu est vert et il les suit, la tête ailleurs.

Il frotte un peu sa nuque puis s'arrête net devant le petit café du carrefour qui mène à l'école. Une boisson froide, ça ne peut pas faire de mal. Son pied atterrit sur la petite marche et il rentre, relevant ses lunettes pour les mettre au dessus de sa tête. L'odeur des viennoiseries chatouillent ses narines pendant qu'il se met derrière les personnes qui attendent.

Son téléphone vibre longuement dans sa poche et le jeune homme plonge la main dans son jean pour le prendre, intrigué. Son sourcil se hausse en voyant le nom affiché. Il ne sait pas s'il doit être amusé ou agacé, parce qu'il sait pertinemment pourquoi cet énergumène l'appelle.

« Quoi ?, souffle-t-il en décrochant. »

Le rire grave de Luxus est la seule réponse à sa question. Avec un soupir, Gerald relève le menton et s'avance. Un éclat brillant dehors attire brièvement son attention, puis c'est au tour d'un parfum fruité qui le plonge dans des souvenirs enfouis. Ses sourcils se froncent et il se retourne. Il y a juste le carillon qui tinte encore et la porte qui se referme doucement.

Son ventre est encore tordu et il a complètement oublié son ami. Sa commande est bafouillée mais le barista est compréhensif, et lui sourit. Le professeur ressort avec son café froid et la tête encore embrouillée par cette odeur qu'il a souvent senti ces derniers temps, dans ce petit établissement. Mettre ça de côté est difficile mais il y parvient quand même, une fois arrivé à l'école. Gerald rappellera Luxus à un autre moment, ou alors il le croisera sans doute dans les couloirs s'il arrête de trainer dans le stade.

C'est évidemment le cas, parce qu'il a l'air d'être au courant de son rendez-vous d'hier. Le jeune homme sourit pour saluer les étudiants qui prennent leurs affaires ou papotent, et il fait finalement signe au grand blond de partir dans la salle des professeurs ; hors de question d'étaler sa vie sentimentale devant des enfants et des adolescents. Le message semble être compris et le sportif trotte vers la pièce, un sourire goguenard aux lèvres. Des fois, il se demande vraiment pourquoi Mirajane a accepté de se marier avec cet idiot.

Les couloirs se vident, la première heure de cours pointant bientôt le bout de son nez. Gerald regarde rapidement sa montre, tout en marchant, et bifurque dans l'angle sans prendre la peine de regarder devant lui. Une grosse erreur qu'il fait trop souvent, la situation virant alors vers la catastrophe parce qu'il est loin d'avoir fini sa boisson.

La collision a été rude et son t-shirt absorbe vite le liquide, le reste étant éparpillé sur le sol avec des papiers. Sa bouche s'entrouvre et ses mains restent suspendues en l'air, parce qu'il est figé et incapable de regarder autre chose que cette couleur rouge.

Ou du moins.

Écarlate.

« Bon sang, désolée, je ne regardais pas où j'allais et… »

Ses yeux verts observent la demoiselle qui s'est mise accroupie pour tenter de récupérer ses documents. Le parfum de fruits est là, plus fort, et son ventre est l'équivalent à de la bouillie. Il entend sa voix, plutôt aiguë à cause du stress, sans doute, qui continue sa tirade. Et lui, il n'a toujours pas bougé, comme un imbécile, parce qu'il a l'impression de rêver ou d'être dans une mauvaise série télévisée, celle où le béguin d'enfance revient dans sa vie en le bousculant par inadvertance.

Et, finalement, après de longues minutes, Gerald sort de sa transe et se met à son tour accroupi, évitant de ruiner en plus son pantalon. Ses mains tremblent légèrement et il effleure celles de la rouquine, par mégarde ; quoi de mieux que de pousser le cliché jusqu'au bout, pas vrai ? Sauf que ce n'est pas voulu. C'est incontrôlable, comme les battements frénétiques de son cœur.

Quand elle relève la tête, elle est plus proche que prévu. Son souffle brûlant s'écrase sur son visage et il retient sa respiration, perdu dans ses yeux marron, presque dorés. Ses doigts le démangent et le supplient de la toucher, mais il ne bouge pas d'un poil. Un sourire apparait peu à peu sur les lèvres pulpeuses et Gerald se demande si c'est possible de vivre sans respirer.

« Hey. »