Note : Merci pour l'accueil que vous avez fait à cette histoire. Ca me fait vraiment plaisir et j'espère que la suite vous plaira. L'Ordre d'Ignatia fait à présent 17.000 mots répartis en 8 chapitres. L'histoire n'est pas terminée.
Chapitre 1 : rendez-vous en cinquième année
Dumbledore avait grondé et tempêté. Les Dursley avaient osé confier le petit Harry, tout juste un bébé, à une institution d'éducation privée et l'enfant avait tout bonnement disparu dans la nature. Son espionne n'avait pas vu le départ du petit et avait cru qu'il était toujours chez cette famille de moldus incompétents. Il avait fallu du temps pour qu'elle comprenne que l'enfant n'était plus là. Seulement, Dumbledore n'était pas dupe. Il aurait pu être prévenu le jour même que cela n'aurait rien changé. Une fois ce papier signé, c'était fini. Restait à découvrir qui était ce fameux « Ordre d'Ignatia» dont il n'avait jamais entendu parlé et pour cela, il avait décidé de toquer à la porte de leur représentant : Xenophilius Lovegood.
Ce nom n'était pas pour le rassurer. Les Lovegood étaient des gens qui vivaient assez simplement, dans une tour perdue au beau milieu des prairies. Néanmoins, il s'agissait de personnes pour le moins loufoques. Le jeune couple était composé d'une inventrice absolument méconnue quoique prometteuse et d'un journaliste peu sérieux. Leurs enfants qui grandiraient sans doute un jour dans cette tour bancale aurait une drôle de vie, se dit Dumbledore un peu amer, en frappant à la porte.
Xenophilius ne sembla pas surpris de le voir ici. Il le fit rentrer dans sa demeure, lui servit du thé et répondit honnêtement à ses questions tout en gardant soigneusement ses secrets.
- L'Ordre d'Ignatia est un Ordre fondé pour protéger les personnes et notamment plus jeunes et pour permettre une certaine forme d'échange culturel. C'est un ordre absolument bienveillant et pacifiste.
- Seulement, ce n'était pas à eux de décider où grandirait le jeune Harry Potter et encore moins de le soustraire, ainsi, à ses tuteurs et à la communauté sorcière.
Xenophilius soupesa sa tasse un instant avant de laisser échapper un sourire. Dumbledore faisait semblant d'être calme. Le vieux sorcier était furieux. Peut-être parce qu'il avait perdu le contrôle de Harry Potter, comme si ce n'était qu'un vulgaire objet !, ou plus surement parce qu'il ignorait tout de l'ordre.
- Voyons, monsieur Dumbledore, nous savons tous deux que ce n'est pas ce qu'il s'est produit. Ce sont certains dirigeants qui ont décidé de soustraire Harry Potter à la communauté sorcière en le confiant à une famille moldus et ce sont ces moldus, les tuteurs du garçon, qui ont décidé de le confier à l'Ordre d'Ignatia comme ils en avaient le droit. Il ne s'agit rien de plus que d'une école.
- Harry est trop jeune pour aller à l'école.
- Pas dans toutes les cultures sorcières mais ceci est un autre sujet. Je ne peux pas vous aider davantage. Je peux seulement vous assurer qu'il a été confié à des personnes attentionnées qui prendront soin de lui.
- Bien … Néanmoins, puis-je espérer que la volonté de ses parents soit respectées ? James et Lily Potter ont inscrit Harry à Poudlard et ont payé tous les frais de scolarité au cas où il leur arrive malheurs.
A sa voix, Xenophilius eut l'impression que Dumbledore lui disait : il est à moi et un jour où l'autre, il me reviendra. Mais c'était faux, après avoir grandi avec quelqu'un comme Segta, Harry n'aurait sans doute rien à faire d'un vieux directeur d'école sorcière.
- Cela sera indiqué à Harry.
- Il devrait avoir la chance de connaître la vie que ses parents auraient voulu pour lui.
La voix de Dumbledore était sentencieuse, comme si lui-même n'avait pas tout fait pour l'éloigner de cette vie voulue par les parents de l'enfant. Ils auraient voulu que leur fils soit confié à Sirius mais au vu des circonstances … Alors ils auraient sans doute choisi d'envoyer Harry chez Rémus, malgré sa maladie, une folie aux yeux du vieux sorcier. Peut-être que si elle n'avait pas eu d'autres choix, Lily aurait désigné Severus, au nom de leur si vieille amitié, mais ce n'était pas davantage possible aux yeux de Dumbledore. Non, les Dursleys étaient la meilleure solution et tout ce qu'il pouvait espérer à présent c'était que les gardiens du garçon sache le protéger du pire.
Dumbledore, malgré son réseau d'information particulièrement efficace, mit un certain temps pour découvrir qu'Harry n'était pas le seul enfant à avoir rejoint cet Ordre étrange. D'autres avaient disparus, comme lui, avec l'acceptation de leurs familles. Des enfants orphelins pour la plupart mais pas uniquement. A chaque fois les frais de scolarités étaient offerts, le lieu de l'école était tenu secret et les tuteurs pouvaient décider au préalable de revoir ou non l'enfant. Les Dursleys avaient décidé que non en signant le contrat, ce ne fut pas le cas du jeune Neville qui rentrait dans sa famille de temps à autres. Dumbledore aurait aimé pouvoir l'approcher pour le questionner mais la vieille Augusta ne l'entendait pas de cette oreille et il ne voulait pas prendre le risque de la fâcher. Pour le moment, elle avait accepté que Neville finisse ses classes à Poudlard. S'il insistait, elle pourrait tout aussi bien changer d'avis.
Finalement, malgré toutes ses tentatives, il ne revit pas Harry Potter avant que celui-ci ne pénètre de son plein gré dans Poudlard, avec le reste des cinquièmes années. Contrairement aux autres, il n'était jamais venu ici et il n'était même pas encore réparti. Il se tenait juste là, droit, l'air vaguement ennuyé et bien peu curieux. Il n'avait pas sur le visage cette expression de profond ébahissement à la vue de la grande salle de Poudlard, pourtant splendide.
Il portait une robe sorcière tout à fait convenable, visiblement acheté pour la rentrée scolaire. Il avait toujours les deux mêmes yeux d'un vert impressionnant, deux yeux que le vieux sorcier avait contemplé pour la dernière fois il y a bien longtemps. Seule excentricité, il avait les cheveux longs, noués en tresses compliquées et rabattues vers l'arrière. Il portait également une série de boucles d'oreilles plantées dans son cartilage. Si ces petites bizarreries le rendaient étranges, c'était bel et bien son air détaché qui semblait le plus curieux.
Dumbledore se redressa et déclama, d'une voix douce :
- Monsieur Potter, nous sommes ravis de vous avoir parmi nous. Si vous voulez bien attendre un peu les premières années, afin de passer la cérémonie de répartitions, vous pourrez ensuite vous asseoir en compagnie de votre maison.
Le jeune homme acquiesça simplement, sans même ouvrir la bouche. Il sentait le poids de tous leurs regards sur lui. C'était pénible et ça lui rappelait, un peu trop bien, pourquoi il avait refusé, année après année d'aller dans cet endroit bizarre et si peu intéressant : Poudlard. De tous les endroits qu'il avait pu visiter, les moins excitants avaient peut-être été le chemin de traverse où il avait dû aller acheter des fournitures et ce château qui tenait lieu d'école. Heureusement, sur le chemin de Traverse, il avait eu la chance de pouvoir faire ses achats avec la famille Lovegood. Luna avait beau être un peu plus jeune que lui, il l'adorait. Elle était sa petite sœur adoptive. Régulièrement, elle venait passer des vacances chez lui et lui racontait avec passion les petites et les grandes aventures de Poudlard, l'école des sorciers en échange il lui parlait de sa vie tout aussi trépidante.
Elle lui avait expliqué le système des maisons et la fameuse répartition. Harry n'était pas vraiment ravi par ça, il n'avait pas envie qu'un artefact bizarre vienne fouiller dans ses pensées les plus intimes pour définir quelle étiquette lui conviendrait le mieux. Il ne voulait pas de cette étiquette non plus d'ailleurs. Il ne serait jamais un Serdaigle, un Serpentard ou l'une de ces autres maisons qui ne l'intéressaient pas. Il ne serait jamais un élève de Poudlard non plus. Ni même un sorcier. Il était juste lui, un peu tout ça à la fois et un peu autrement aussi.
Néanmoins, il ne fit pas de scandale, il resta immobile, laissa les plus jeunes entrer et s'émerveiller à cause de la Grande Salle mais aussi à cause de sa présence. Le célèbre Harry Potter venait de réapparaitre ! Pour leurs premières années en plus. C'était inespéré ! Depuis le temps que la communauté magique se lamentait. Enfin, ils allaient pouvoir célébrer !
Lorsque chaque enfant fut passé sous le chapeau, ce fut enfin son tour. Il s'assit sans un mot et laissa la professeure qui s'occupait de cela lui coiffer l'artefact sur la tête. Immédiatement, il sentait l'intrusion dans sa tête et dû se contenir pour ne pas la rejeter. Une voix inconnue résonna dans son subconscient.
- Mr Potter ! Je ne vous attendais plus …
Harry fit le vide dans son esprit, laissant l'objet fouiller dans ses souvenirs dans les limites du raisonnables, ce qui laissait en réalité bien peu de chose.
- Je vois du courage, de la témérité, beaucoup de curiosité, … Tu serais un excellent Gryffondor. Cependant … tu as bien d'autres qualités et je crois comprendre que tu préfèrerais une autre forme d'accueil. Plus digne des Serpentards voir des Serdaigles mais tu n'es visiblement pas ici pour étudier … Vraiment tu seras mieux à GRYFFONDOR.
Le nom de la maison avait résonné tout haut, masquant les quelques murmures qui s'élevaient ici et là. L'instant d'après, la salle rugissait d'applaudissements qui lui semblaient bien malvenus. Il se dirigea vers la table qui applaudissait le plus, la table des rouges et ors. Les autres lui firent une place, parmi les cinquièmes années.
Distraitement, il nota les visages des élèves et chaque petite information qui filtrait au gré des conversations. Le roux bruyant, c'était Ron Weasley. Ce n'était pas le seul roux de la table et tous les autres étaient également des Weasley. Ce fut le premier à lui poser des questions et surtout la question qui avait l'air de tous les obsédés.
- Tu étais où avant de venir à Poudlard ?
C'était une question difficile pour plusieurs raisons. Harry avait beaucoup voyagé et souvent dans des lieux tenus secrets à la population sorcière. Néanmoins, il s'était préparé à cette curiosité et tenta de répondre honnêtement.
- J'ai été un moment en Ecosse, mais j'ai grandi en Norvège principalement.
Immédiatement, Neville, un autre étudiant et ami de l'ordre d'Ignatia qu'il avait eu l'occasion de rencontrer plusieurs fois pendant son enfance puis plus rarement depuis que l'autre avait été admis à Poudlard, vient à sa rescousse.
- Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit les gars ? On n'aime pas ce genre de question.
- Il aurait pu être différents de toi., tenta de philosopher Seamus.
Neville et Harry échangèrent un long regard. Oh différents, ils l'étaient. Ils l'étaient grandement même. Néanmoins, ils partageaient quelques bribes de cultures communes et connaissaient l'importance du secret des lieux où ils avaient vécu.
- Et tu penses avoir le niveau pour suivre les cours de cinquième année ?, demanda une jeune fille qui semblait assez perspicace.
Harry haussa simplement des épaules, l'enseignement de Poudlard ne l'intéressait pas et il n'était pas venu ici pour étudier son programme.
- Neville a beau eu rentrer en première année, il a eu beaucoup de difficulté. Nous avons fait un programme d'entraide afin de l'aider à s'en sortir, mais c'était en première année. Enfin, nous ferons notre possible pour que tu réussisses tes cours.
- Hermione, pas dès le premier jour s'il-te-plait !, gémit Ron, visiblement habitué aux airs professorales de la jeune fille.
Neville se tourna vers Harry et lui expliqua qu'ici, les matières étaient divisées et que chaque matière avait un programme précis qu'il fallait suivre. Il fallait donc aussi réussir à passer d'une matière à l'autre. Faire une heure de métamorphose puis aller brasser quelques potions obscures. Harry hocha de la tête toujours silencieux, Luna lui avait expliqué cela elle aussi. Il ne comprenait pas vraiment le but derrière tout ça mais il s'y plierait et échouerait sans doute comme Neville. Après tout, Neville avait toujours été un excellent élève quand ils fréquentaient les mêmes lieux.
Harry se demanda quelle tête ferait Hermione s'il lui expliquait qu'il ne comptait pas particulièrement s'investir ici et que ces futurs résultats lui importaient peu. Il finit par conclure qu'elle en serait surement outrée et se promit de faire un petit effort de participation au moins pour elle.
Note de fin : Chaque commentaire me fait plaisir et me motive, alors n'hésitez surtout pas !
