Disclaimers (que j'ai omis au premier chapitre veuillez m'excuser) : Tout appartient au Maître hormis les gardiens et Butch.


Le réveil piquait. Kei espérait que son radio-réveil entendrait sa complainte silencieuse, et que l'engin du diable admette s'être trompé sur l'horaire où elle devait se lever. Rejetant sa couverture sur le bout du lit, passant une main dans sa tignasse blonde décoiffée tout en se levant du lit, se dirigeant vers la sale d'eau. Le reflet que lui renvoya le miroir n'était pas fameux : son visage portait les stigmates d'un sommeil peu reposant voir même agité. La blonde ouvrit son robinet et attendit que le mitigeur fasse son travail, elle ne voulait pas se brûler, puis se rinça rapidement le visage avant d'ôter la loque qui lui avait servi de pyjama et appuya sur le bouton minuteur de la douche,attendant que l'eau de celle-ci se réchauffe avant de se placer sous le jet. Sa douche matinale elle l'aimait bien chaude. Après un shampooing rapide et un coup de gel douche pas beaucoup plus lent, elle se sécha rapidement, nouant ses longs cheveux blonds en une natte serrée et passa des vêtements simples : un pantalon à la coupe évasée et un simple débardeur. Elle enfila néanmoins les bottes noires qui allaient avec son ancienne combinaison rose bonbon. "Tu m'étonnes qu'on m'appelle Barbie avec autant de rose" pensa-t-elle en se remémorant ladite combinaison tout en quittant la pièce qui avait toujours été sa cabine à bord.

Miimé n'avait pas bougé d'un poil. Toujours très calme et silencieuse,sa présence était essentielle à bord même lorsque l'Arcadia était vidée de ses occupants. Parcourir ces coursives sans fin lui laissaient toujours une saveur amère quand elles n'étaient pas jonchées de caleçons rayés où de marins de l'espace qui étaient trop alcoolisés pour rejoindre leur cabine et avaient trouvé agréable de s'endormir contre les parois froides de la coursive. Un vieux jeu de mah-jong errait encore, aucune des deux femmes n'avait eu envie de le bouger, toutes deux intimement convaincue que les pirates reprendraient leur partie là où elle s'était arrêtée.
Lorsque les bruits de pas de Kei indiquèrent qu'elle était arrivée sur la passerelle, Miimé tourna sa tête vers la navigatrice.

— Bien dormi ? questionna-t-elle, tout en sachant pertinemment ce qu'il en était
— Pas vraiment, mais merci d'avoir demandé.

Kei ne prit pas la peine de demander si la nuit avait été longue, elle savait que le temps ne s'écoulait pas de la même façon pour la Nibelungen que pour elle.
Le psychisme en dents de scie de Kei durant cette nuit avait quelque peu perturbé Miimé, le cerveau humain partant dans tous les sens durant le sommeil.

— Ton sommeil n'a pas été reposant du tout, même si je faisais tout pour l'éviter, tes ondes me parvenaient quand même, j'ai un aperçu de ton calvaire, soupira la femme bleue

— Désolée, je voulais pas te déranger, s'excusa Kei, mais peut-on changer de sujet ?
— Bien sûr, mais tu ne m'as pas dérangée, tu n'y peux rien.

Un sourire en coin, Kei s'installa à sa console et tourna la petite molette à droite de l'écran. Tandis que les plans de Panopticon apparurent encore, la blonde fit la grimace : elle allait vomir si elle avait encore de nouveaux plans devant les yeux !

— Viendra un moment où tu auras tellement tiré sur la corde que les heures passées devant cet écran s'avéreront inutiles Kei, tu sais comme moi que le bourrage de crâne a souvent l'effet inverse de celui escompté, fit remarquer Miimé

Kei plissa les yeux, n'ayant pas besoin que Miimé lui rappelle encore les failles du cerveau humain. Elle posa son index sur l'écran, redessinant le chemin dont elle se souvenait de son ancienne cellule de Panopticon à la salle où l"exécution filmée a été avortée. Sur les plans elle nota un couloir qui partait sur la gauche, plutôt bien camouflé qu'elle n'avait pas du apercevoir lorsqu'elle pensait marcher vers la mort. Sur le plan, un symbole apparaissait au niveau du couloir, lorsqu'elle se reféra à la légende, il était indiqué : "Super Maximum Security Sector".
"Le quartier de haute sécurité !" se dit-elle comme si l'ampoule s'était allumée.

— Je sais où le trouver !
— Tu n'as pas l'intention de forcer le passage en éperonnant une planète pénitencière toi aussi, rassure moi ? questionna Miimé, doutant du fonctionnement d'une telle technique deux fois de suite
— Non ils doivent se douter que quelqu'un essaiera de venir de chercher Harlock, et ils s'attendent à ce que l'Arcadia réapparaisse dans ce secteur et qu'on utilise la force pour le tirer de là, mais on va être plus malines que ça,
— Et les prendre encore une fois par surprise ? Tu comptes faire comment ?
— Dis moi, t'es sûre d'avoir été à bord quand Harlock faisait ses opérations suicides sur un coup de tête ?
— Oh..Je vois où tu veux en venir, souffla Miimé
— Je vais faire quelque chose dans le genre !

La sirène d'alarme hurlait dans l'esprit de Miimé, fortement convaincue que ce plan allait bien foirer comme il le fallait.

— Mais tu as dis qu'ils s'attendaient à ce que l'Arcadia débarque !
— Qui a parlé d'utiliser le vaisseau ? coupa Kei

Cette histoire ne sentait pas bon. l'intrépide Kei allait encore frapper.


Sa pommette gauche lui lançait douloureusement. Ok, il avait eu un excès de confiance. Sauf qu'avoir après tout de temps mal à l'endroit même où était son immense balafre, c'était un coup du destin.

Quelques jours plus tôt

Les doigts encore engourdis par le coup de matraque,il se les massait de sa main qui n'avait pas été blessée. Arf,ça saignait,il s'étonnait de ne pas avoir eu quelques phalanges cassées. Plus loin il entendait les rires des lascars qui l'avaient regardé de travers, comme à chaque fois qu'il arrivait pour son heure de promenade hebdomadaire.

— Alors ça pique ? T'auras peut-être une main dans le même état que ta gueule !

Harlock ne releva pas, qu'il cause toujours. Il évitait de répondre, même si son égo en prenait un coup, il n'était pas en capacité de se "mettre sur la gueule" avec un autre taulard qui, comme lui, n'avait plus rien à perdre. Et surtout parce que l'absence de sabre gravitationnel ou de Cosmodragon et de la cape le rendait bien moins impressionnait. Ce n'était pas la première fois qu'on le provoquait, ni même qu'il se serait battu. Si l'on en croyait son dossier de détenu absolument pas exemplaire, Harlock restait un "salopard de bagarreur" comme l'avait baptisé le gardien qui l'avait séparé d'un autre prisonnier par le passé..

—Bah alors, tu réponds pas ? T'as trop mal pour penser à autre chose ?
— Ferme là, Butch ! tonna le gardien qui avait fracassé les doigts d'Harlock quelques instants plus tôt
— Et sinon quoi ? 'Fait plus peur à personne c'ui-là ! Regarde le, il doit faire une quarantaine de kilos tout mouillé !

Hé ! il était là, il entendait tout. Le problème c'est que dans cet univers où tout le monde était sous tension permanente, la provocation fonctionnait, même sur Harlock.

—Si t'as quelque chose à dire, dis le en face.
— Pas de problème mon gars.
—Je ne suis pas ton gars,Butch.

Harlock plissa l'oeil, s'il avait vingt ans de plus que lorsqu'il avait démoli l'armada des Mazones, il n'était pas rouillé pour autant, il pouvait encore en faire voir de toutes les couleurs à beaucoup en ces lieux. Butch se rapprocha d'Harlock jusqu'à arriver à sa hauteur. Il dominait le capitaine pirate d'une bonne tête, et était une vraie armoire à glace. Il était condamné pour multiples meurtres de femmes et d'enfants.
Le lascar qu'il était donna une pichenette dans l'oeil valide d'Harlock.

—C'est le seul oeil qu'il te reste. Il serait dommage que tu le gardes pas quand même.
— Ah parce que le fait que je ne sois ni une femme ni un enfant t'empêcherait d'aller plus loin ? siffla Harlock, bien moqueur , se doutant qu'il pourrait potentiellement se faire massacrer
— T'as quand même une grande gueule pour un type qui n'a plus son vaisseau, ses armes, où ses animaux de compagnie avec lui.
— Ils seront toujours moins des animaux que toi,enfoiré !

Butch avait déjà serré le poing lorsqu'une voix dans les hauts-parleurs extérieurs se fit entendre. .

— S-00999 et S-00623, éloignez vous l'un de l'autre !
— Pas de problème ! répondit Butch tout en envoyant un uppercut dans l'estomac d'Harlock dont la respiration se coupa (puis se rapprochant du pirate qui suffoquait), si tu savais depuis le temps que je rêve de te massacrer !

Tu...serais..pas le premier.

Le balafré attrapa Butch par la nuque et lui envoya son genou dans les côtes. Après une exclamation de douleur, celui qui avait une cage thoracique douloureuse se jeta sur Harlock et le plaqua au sol, ce dernier bloqua Butch avec son pied droit posé sur le torse pour l'empêcher de le maintenir plus au sol.
Les deux hommes ne purent aller plus loin, l'alarme avait retenti,et une horde de gardiens s'approchaient dégainant leurs matraques électriques. Les coups pleuvaient, ayant raison de la volonté de se battre d'Harlock et de son rival. Ils se firent chacun attraper aux bras par deux gardes qui les relevèrent.

— Regardez bien la cour, c'est la dernière fois que vous la voyez avant un moment ! hurla le gardien qui tenait Harlock par le bras droit.

Toujours motivé à fracasser Harlock, la pommette saignante à cause du coup de matraque, Butch lui hurla de faire attention "à son cul" car il allait "le dépecer" puis "l'égorger".

Il n'avait pas encore été dépecé ni égorgé. par contre la matraque avait bien calmé ses ardeurs bagarreuses. En fait, la prochaine fois pour avoir la paix il faudrait qu'il lui brise la nuque directement, de toute façon rien de pire que ce qui planait au dessus de sa tête ne pouvait arriver, non ?


— Les grilles d'aération !

— Tu peux répéter ? demanda Miimé
— Je vais passer par le sas des déchets de Panopticon, et rejoindre sa cellule par les grilles d'aération !
— Tu n'as aucune idée de la cellule dans laquelle ils l'ont parqué !
— Je trouverai sur place, et c'est la seule solution que j'ai pour le sortir de là , déclara Kei, tout en réglant l'heure de sa console sur celle de Panopticon
— C'est du suicide.
— L'extinction des feux est à vingt-et-une heures. Dans mes souvenirs, passé vingt-trois heures les gardiens relâchent leur vigilance, c'est là que je dois agir.

Miimé soupira, en connaissance de cause, elle savait que rien ne ferait changer d'avis la blonde. Bon dieu,pourquoi "Harlock" rimait systématiquement avec "emmerdes" ?