Coucou ! Merci beaucoup pour vos messages, ils m'ont tous fait vraiment plaisir, et je suis vraiment ravie de l'accueil que vous avez fait à cette traduction ! J'espère que la suite vous plaira tout autant ! Merci à Sloe Balm pour la correction ! Et bonne lecture à vous 3


L'après-midi suivant, Derek rôde – surprise ! - autour du stade de crosse alors que Stiles souffre pendant l'entraînement. Il ne sait vraiment pas pourquoi il est encore dans l'équipe, mais avoir une réponse franche du Coach c'est comme essayer de faire nager des chats, alors il a arrêté de demander. Une fois l'entraînement terminé il traîne un peu, et tire le T-shirt de Scott pour lui indiquer de rester : RDV lycanthrope top-secret à venir.

Ils s'attardent sur le terrain, s'envoient la balle jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne et que Derek approche. Greenberg se retourne pour les regarder en atteignant le bord du terrain, puis s'éloigne. Vu que Derek ressemble à un dealer très louche, c'est une bonne décision.

Derek n'est vraiment pas subtil.

Stiles fait rouler une de ses épaules en s'étirant, transpire profusément et attend que Derek ouvre la bouche pour lui gâcher la journée.

« Je ne savais pas que tu avais une petite sœur. », dit-il. Ses sourcils entament une danse compliquée et ce n'est pas du tout ce à quoi Stiles s'attendait.

« Mec ! », s'exclame Scott. « Stella sait ? »

« Pas pour toi. », le rassure Stiles. Il pointe un index accusateur en direction de Derek. « Elle sait pour Derek parce qu'il a escaladé ma fenêtre l'autre nuit, crocs et griffes à l'air, et il a tout montré à ma petite sœur de huit ans ! » Il analyse ce qu'il vient de dire. « Attend, ça le fait pas, dit comme ça. Il a montré son secret à ma petite sœur de huit ans. »

« Mec. », répète Scott. Cette fois, son ton désapprobateur est dirigé vers Derek. Être jugé par Scott revient à être jugé par un petit chaton tout poilu, mais Stiles apprécie l'effort.

Stiles a vite oublié le sentiment de terreur qui l'a pris aux tripes lors de la première pleine lune de Scott en tant que loup-garou. Scott ne ferait pas de mal à une mouche – sauf quand il a une bête sauvage à l'intérieur de lui qui le pousse à essayer de tuer son meilleur ami. Stiles est en train de développer une sérieuse dissonance cognitive comme mécanisme de défense, et ça a l'air de bien marcher.

Derek, bien sûr, réussirait à être menaçant et terrifiant même entouré de soleil, d'arcs-en-ciel et de petits lapins bondissants. C'est surtout à cause des sourcils, honnêtement. À quatre-vingt-dix, ou quatre-vingt-quinze pourcents les sourcils. Ils amplifient incroyablement son regard noir et c'est très efficace. Stiles peut sentir ses testicules essayer de remonter se mettre à l'abri à l'instant même.

« Tu dois réparer ça. », ordonne Derek d'une voix basse.

« Je te demande pardon ? » Stiles est peut-être totalement intimidé, mais ça ne le rend pas idiot. « Je ne peux pas lui faire dé-savoir quelque chose, Derek. C'est trop tard pour ça. Les portes de l'écurie sont ouvertes, et le cheval est parti depuis si longtemps qu'il est mort de vieillesse ! »

Un grondement se fait entendre et, oh, c'est Derek.

Stiles fait un pas en arrière. « Elle a huit ans, mec. Elle pense encore que le père Noël existe, même si elle commence à se poser des questions. Personne ne va croire une gamine de son âge qui dit que les loups-garous existent. »

« Ce n'est pas ceux qui ne la croiront pas, qui m'inquiètent. », répond Derek de manière menaçante. Tout ce que dit Derek a l'air menaçant. « C'est ceux qui vont la croire. »

« Elle a huit ans. », répète Stiles en espérant que, cette fois, ça va rentrer dans le crâne épais du loup-garou.

« C'est dangereux. », dit à nouveau Derek, comme s'il pensait exactement la même chose. Puis, soudainement, il tourne les talons et s'en va.

Stiles relâche une respiration qu'il n'avait même pas conscience d'avoir retenue.

« C'est quoi, son problème ? », demande Scott en secouant la tête.

Stiles regarde l'endroit où Derek a disparu à travers les arbres. « Qu'il aille se faire voir. Sérieusement. C'est de sa faute, et il le sait. » Il secoue légèrement la tête. « Hey, tu veux venir chez moi, ce soir ? »

« Je ne peux pas. », répond Scott, et il a la décence de paraître déçu. « Je vais manger avec Allison et ses parents. »

Stiles lui jette un regard. Derek est peut-être un enfoiré, mais il a raison sur le fait que Scott devrait prendre ses distances vis-à-vis des Argent. Stiles est un puceau de seize ans, et il est extrêmement pressé de changer ça, mais est-ce que ça vaut vraiment le coup de risquer sa vie pour du sexe ?

Seigneur, comme il l'espère.

Mais en même temps, non, ça ne vaut pas le coup.

« Okay. », se contente-t-il de répondre. Il n'est pas d'humeur à entendre à quel point Allison est incroyable, et comme elle complète totalement Scott. « On remet ça ? »

Scott sourit et lui tape dans le dos. « Oui, on remet ça. »

OoOoOoOoOoOoO

Stella est pleine d'énergie quand Stiles vient la récupérer après l'école. Elle lance son sac dans la Jeep comme si elle voulait intégrer une équipe de baseball et montedans l'auto.

« Steven Foster a mangé un paquet entier d'Oréos à la récré et après, il a vomi sur sa table quand on est rentrés en classe ! »

« Dégoûtant. », répond Stiles. Que d'excitation à l'école primaire. « Papa a appelé. Il a dû aller au travail plus tôt, alors tu sais ce que ça veut dire ? »

Stella lui fait un check. « Des glaces ! »

Stiles essaie de ne pas se sentir coupable quand ils se rendent au centre commercial. Il y a apparemment un alpha en ville qui tue des gens. Le shérif et ses adjoints se démènent pour résoudre ces meurtres, sauf qu'ils n'y arriveront jamais sans savoir que les loups-garous existent. Et clairement, ils ne vont pas pouvoir le deviner tout seuls.

Tout le monde n'est pas aussi intuitif que Stiles.

Il avait aussi probablement pris trop d'Adderall le jour où il a compris pour les loups-garous.

Le truc, c'est que son père travaille dur pour résoudre un mystère que Stiles essaie de lui cacher plus que tout, et ça le fait culpabiliser. Stiles a vu le corps de Laura Hale, d'accord ? Le shérif a un métier suffisamment dangereux sans qu'un alpha loup-garou fou furieux lui mette le grappin dessus.

Stiles est peut-être un menteur né, mais il ne ment pour les choses insignifiantes comme les devoirs, le couvre-feu, ce genre de trucs. Il ne le fait pas pour ce qui est important. La culpabilité lui tord le ventre et même son Sundae géant (chocolat menthe) ne lui remonte pas le moral.

Stella et lui mangent leur glace et se promènent dans le centre commercial. Stella adore traîner dans les rayons jeux, alors ils regardent les peluches et les Legos. En partant, Stiles aperçoit la belle, glorieuse, Lydia Martins au rayon parfum. Pendant un instant, il pense qu'elle va le remarquer aussi, mais son regard ne fait que passer sur lui quand elle se retourne et oui, bien sûr, Stiles est invisible.

Il a un béguin pour elle depuis le CE2.

Pourquoi n'en aurait-il pas ? Elle est parfaite. C'est la plus belle fille qu'il ait vu, et il a un plan sur cinq ans pour gagner son cœur, et toutes les autres parties d'elle aussi. La première étape de son plan, c'est qu'elle le remarque, ce qui n'est pas vraiment le cas pour le moment et ça fait échouer tous ses autres plans.

« Stiles. », l'appelle Stella en lui tirant la main. « Stiles ? »

« Euh ? » Il baisse les yeux pour la voir le fixer.

« J'ai dit, est-ce qu'on peut manger des sushis ce soir ? »

C'est vrai, Stiles a tendance à déconnecter quand Lydia est dans les parages. Il devrait mener l'enquête maintenant qu'il sait que le surnaturel existe. Elle doit être une sirène ou quelque chose du genre.

Est-ce qu'elle sait chanter ? Il n'en est pas certain, mais il parierait que oui, et incroyablement bien. Elle est formidable dans tout ce qu'elle entreprend.

« Stiles ! », s'exclame Stella, et il sursaute.

« Oui. » Il remet son cerveau dans la bonne direction. « Prenons des sushis pour ce soir. »

OoOoOoOoOoOoO

Il y a la queue au resto de sushis et il commence à faire nuit quand ils prennent le chemin du retour. Stella tient délicatement la boîte de sushis sur ses genoux, comme si elle berçait un bébé fragile. Stiles chante en même temps que la radio en s'engageant sur Telegraph Road – un détour que Stiles fait pour éviter les feux rouges sur la route principale. Telegraph Road longe la Réserve. Il y a quelques maisons, mais c'est calme et il y a peu de trafic. Parfois, ils voient des animaux au bord de la route, alors Stiles respecte toujours les limitations. Et puis, son père lui botterait le cul s'il se faisait prendre en excès de vitesse, surtout avec Stella dans la voiture.

Stiles allume les phares – la sécurité avant tout – en prenant un virage, puis –

« Stiles ! », hurle Stella.

– un homme titube sur la route.

Stiles écrase la pédale de frein et grimace quand l'homme -

Veste en cuir.

Regard noir.

Mâchoire carrée à faire pâlir n'importe qui.

C'est Derek.

Oh merde, je viens juste de renverser Derek Hale !

- rebondit contre le pare-choc avant et titube en arrière.

« Tu as renversé quelqu'un ! », crie Stella alors que les sushis s'envolent de ses genoux. « Tu as renversé quelqu'un ! »

Derek vacille, prend appui contre la fenêtre passager et ouvre la porte violemment. Stella glapit à nouveau.

« Tu lui fais peur ! », hurle Stiles et Derek recule, les yeux grands ouverts. « Stella, tout va bien. Il va bien. Il... »

Derek ne va vraiment pas bien. Il est pâle, son visage a une sous-teinte presque bleue et il a la main agrippée à son autre bras. Du sang noir coule entre ses doigts.

« Derek, tout va bien ? »

« Chasseur. », lâche Derek entre ses dents. « Elle m'a tiré dessus. »

« Elle ? », demande Stiles.

« Kate Argent. »

« Est-ce que tu as besoin que je t'emmène à l'hôpital ? » Stiles l'a littéralement renversé, c'est le moins qu'il puisse faire.

« Non. », répond Derek, avant de lui envoyer un regard noir. « Oui. »

« Stella, passe derrière. », ordonne Stiles en débouclant la ceinture de sécurité de Stella. Elle passe dans l'espace entre les deux sièges, écrasant les sushis sur tout l'intérieur. C'est dégoûtant, mais pas autant que l'espèce de truc noir bizarre que Derek étale partout en s'installant dans le siège.

« Il faut que tu m'emmènes chez Deaton. », dit Derek. Puis. « Où est Scott ? »

« Il, euh, il mange chez les Argent, ce soir. », hésite Stiles.

« Est-ce que Kate y est ? »

Stiles croit se souvenir que c'est la tante d'Allison. « Probablement ? »

Stella passe la tête entre les deux sièges. « Pourquoi ton sang est noir ? »

C'est une très bonne question, en vrai.

« Qu'est-ce que c'est ? », demande Stiles. « C'est contagieux ? Tu sais quoi, tu devrais probablement sortir d'ici. »

« Appelle Scott. », lui ordonne Derek, tendu. « J'ai besoin qu'il fouille dans les affaires de Kate et qu'il trouve quelle espèce d'aconit elle utilise dans ses balles. »

« Pourquoi ? », questionne Stiles avant que Stella le puisse. Si Derek doit se mettre en colère, et Derek est toujours en colère, alors mieux vaut que ce soit contre Stiles que contre elle.

« Parce que j'ai été empoisonné. », répond Derek en serrant les dents.

« Oh. »

Derek mène une vie très compliquée. Il se passe beaucoup de choses avec lui.

« Un jour, il va falloir t'asseoir et m'expliquer tout ça, tu sais ? », lui dit Stiles. « Tu n'arrêtes pas d'apparaître quand tu as déjà des ennuis et c'est très déconcertant, et ça n'aide pas du tout. »

« Stiles. » Derek a l'air de résister à l'envie de l'étrangler. Stiles connaît bien cette expression, il l'a vue sur le visage de pas mal de monde. « Emmène-moi chez Deaton. »

Stiles n'apprécie pas beaucoup ce ton. « Je ne pense pas que tu sois en position de m'aboyer dessus, vu l'état dans lequel tu es, d'accord ? En fait, je crois que si je le voulais, je pourrais traîner ton petit cul de loup-garou au milieu de la route et te laisser crever là. »

Derek montre les dents. « Stiles. Démarre la voiture. Maintenant. Ou je t'arrache la gorge avec mes dents. »

Grossier, pense Stiles, mais il tourne la clé.

Puis, comme un petit écho, Stella prend la parole, sa petite voix portant bien depuis la banquette arrière. « Wow. Grossier. »

Stiles n'est pas assez brave pour regarder l'expression sur le visage de Derek.

Il se dirige vers chez Deaton.