J'ai vérifié le nombre de visiteurs pour l'introduction : seulement 10 ahah. Mais bon, je m'y attendais, c'est ça d'écrire sur une série aussi ancienne^^.
En tout cas, voilà la suite !
J-4 : Première partie
Ce matin-là, ce n'est pas son réveil qui réveilla Chuck. Non, c'était plutôt le poids d'un genou s'écrasant indélicatement sur sa poitrine. L'Intersecret humain émergea de ses rêves en panique ; et ce seulement pour découvrir un Casey souriant, l'air un peu inquiétant, penché au-dessus de son lit.
- Casey, bordel ! Tu m'as fait peur ! Et il est 6h30… ajouta Chuck en jetant un coup d'œil à son horloge. Qu'est-ce qui te prends de me réveiller à une heure pareille ?
- Ça vaut bien la peine de se donner autant de peine pour te protéger, si on peut te tuer aussi facilement pendant ton sommeil, railla l'agent.
- Normalement, tu habites à côté pour éviter ça justement, non ? répliqua l'informaticien en se frottant les yeux, encore ensommeillé.
- Je ne suis pas ta nounou, crétin… Cela dit, j'ai acheté le petit déjeuner, déclara Casey en lui montrant un sachet de croissants. Tu as quinze minutes pour me rejoindre dans ma cuisine.
Acheter le petit déjeuner ? Qu'est-ce qui lui prenait encore … ? Décidément, Chuck avait du mal à suivre l'agent ces temps-ci. Il préférait presque lorsque ce dernier était perpétuellement en colère : c'était plus facile à comprendre. L'informaticien s'étira, et tenta de se redresser. Bordel… 6h30. Et Casey avait eu le temps de se lever et d'aller acheter le petit déjeuner, ce n'était pas humain. Et comment avait-il réussi à trouver une boulangerie ouverte à cette heure-ci d'ailleurs ? Est-ce que la NSA vendait des croissants ?
A force de gamberger, le temps passait : il ne lui restait plus que dix minutes pour respecter la deadline, et Chuck n'avait pas vraiment envie de découvrir ce que le major lui ferait s'il arrivait en retard. Il fila sous la douche. Dix minutes plus tard, et sans une seconde de retard, l'apprenti espion se trouvait une nouvelle fois devant la porte de John Casey, se demandant comment sa vie avait pu prendre un tour aussi déconcertant.
Le major le fit entrer et l'accompagna jusqu'à la table de la cuisine. Chuck, surpris, constata qu'il n'y avait pas seulement des croissants, mais également du pain grillé, du bacon, des œufs, de la confiture et du café. Casey avait-il préparé tout ça pour lui, ignorant ce qu'il aimait ? L'idée lui fit chaud au cœur. Toutefois, il se détrompa en voyant le militaire manger de tous les plats, avec un appétit apparemment exceptionnel. Pas si étonnant pour cette boule de muscles.
Tout à coup, le téléphone de Casey vibra, et le major se rendit dans le salon. Depuis la cuisine, Chuck entendit la voix du général Beckman saluer son hôte. Il se glissa dans l'entrebâillement de la porte.
- Ah, Bartowski, vous êtes là également, parfait. Messieurs, la nuit vous a-t-elle porté conseil ? Vous sentez-vous davantage prêts à remplir votre mission ?
Les deux hommes échangèrent un regard hésitant, puis répondirent d'une voix en réalité peu assurée :
- Oui, général.
Leur embarras n'échappa cependant pas à leur supérieure :
- Major Casey, M. Bartowski, avez-vous "pratiqué" ?
- Oui, général, acquiescèrent-ils bien plus promptement.
- Je n'en reviens pas de devoir demander cela, soupira la femme, mais vous êtes-vous embrassés ?
Cette fois, seul le silence lui répondit.
- Je m'en doutais. M. Bartowski, il existe une seconde solution, si vous ne voulez vraiment pas travailler avec l'agent Casey.
Chuck jeta un coup d'œil vers son coéquipier, qui regardait la télé d'un air interloqué. Il ne savait pas si l'espion était plutôt soulagé ou agacé d'être mis de côté.
- De quoi s'agit-il, Général ? demanda le plus jeune.
- L'agent Bryce Larkin est en ville, annonça Beckman. Si vous le désirez, il peut remplacer le major Casey.
- Bryce ? Moi et Bryce ?! C'est encore plus dément ! C'est hors de question !
- Il s'agit de la seule alternative, M. Bartowski. Sinon, vous restez avec l'agent Casey.
- Alors je reste avec Casey ! Euh… enfin, si ça te va, Casey ? se reprit Chuck en se tournant vers son ami.
- Ce sont les ordres, grogna le major entre ses dents.
- Ainsi soit-il, conclut Beckman. Cependant, je vous préviens Messieurs, si le problème des baisers n'est pas réglé avant ce soir, alors l'agent Larkin reprendra l'affaire.
Sur ses mots, le général coupa la communication. Chuck n'en revenait toujours pas.
- Bryce ? Non mais ils sont vraiment tarés à la NSA ! Bryce, et puis quoi encore, bientôt Trop top peut-être ?
- Je suis flatté que tu me préfères à Larkin, Bartowski, commenta Casey railleusement.
Il avait beau se dire flatté, il n'en avait pas trop l'air, remarqua Chuck en l'observant. Au contraire, il avait le regard noir, et l'informaticien pouvait sentir un parfum de danger flotter dans l'air. Mais il n'avait pas le choix, quitte à affronter la colère de Casey, il ne voulait surtout pas dépendre de l'aide de Bryce. Chuck se rapprocha du militaire :
- Ecoute Casey, je suis désolé, j'aurais dû te consulter avant de rejeter la proposition…
- Ce qui est fait est fait, répliqua l'agent, les bras croisés contre sa poitrine.
- Mais je suis sûr que comme moi, tu n'avais pas envie de céder l'affaire à Bryce et de laisser ma sécurité dépendre de lui.
Casey lui adressa un grognement comme unique réponse. Son mode de communication préféré. Chuck se rapprocha encore et tendit les mains pour tenter de décroiser les bras de l'agent, mais ceux-ci étaient trop fermement serrés. L'informaticien abandonna sa tentative et continua de parler :
- Néanmoins, si on veut remplir la mission tout seuls, il faut régler la question du baiser une bonne fois pour toute. Alors Casey, s'il-te-plaît, ne bouge pas.
Ne bouge pas ouais… Ne me tue pas plutôt. Chuck pouvait lire dans les yeux noirs de l'agent que celui-ci considérait sérieusement cette idée. Il avait parié qu'il passerait l'arme à gauche avant le coucher du soleil ou quoi ? Chuck attrapa Casey par la nuque. Celui-ci ne décroisa pas les bras. Le major, toujours silencieux, était visiblement tendu de la pointe des cheveux jusqu'aux orteils, mais il restait immobile, laissant son coéquipier approcher. Timidement, un peu inquiet, Chuck rapprocha son visage, jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent. Puis il s'arrêta. Ok, c'était vraiment trop bizarre. Lorsqu'il ouvrait les yeux, il voyait la tête de Casey en gros plan. Il entendait son souffle tendu. Il sentait une veine pulser sur son cou. Et le militaire restait immobile. Bordel, Chuck ne savait plus comment embrasser. Il commença à paniquer. Soudain, Casey ne tint plus, et recula brusquement, se débarrassant de la main de Bartowski contre sa nuque comme d'un insecte. Il saisit l'informaticien par le col et le souleva légèrement du sol :
- Ok Bartowski, si tu veux vraiment faire ça, alors on va le faire mais à ma manière, d'accord ?
Chuck, légèrement inquiet, s'accrocha à la main de Casey, comme pour lui faire lâcher prise.
- Euh, et c'est quoi ta manière ?
Casey lui adressa un sourire carnassier, puis se retourna, poussant Chuck contre un mur derrière lui. Il fondit sur ses lèvres, l'empêchant de fuir, une main sur sa hanche et l'autre sur son épaule. L'informaticien resta muet d'étonnement face à cette agression. La bouche de Casey contre la sienne était rugueuse, mais pas foncièrement déplaisante. Contre ses lèvres closes, Chuck sentait la langue joueuse du militaire lui réclamer l'accès. Impatient, le major lui mordit soudainement la lèvre, lui faisant entrouvrir sa bouche dans un cri de surprise. Sans la moindre hésitation, la langue de Casey pénétra ses lèvres, conquérante, entamant un ballet endiablé avec sa jumelle. Une langue experte, qui l'obligeait à rendre les armes, l'invitait à se laisser entraîner. La main de Casey remonta sur la mâchoire de sa victime, la forçant à s'ouvrir encore un peu plus, pour approfondir le baiser. Et Chuck... Chuck se laissa faire.
Par réflexe, l'informaticien avait dressé ses mains entre lui et Casey, mais il était bien vain d'espérer pouvoir le repousser. D'ailleurs Chuck n'essayait pas vraiment, tout occupé à analyser ce qui était en train de se passer. Le baiser du major n'était pas tendre, mais ce n'était pas si étrange, pas aussi compliqué ou aussi effrayant que ce à quoi il s'attendait. Il se sentait presque stimulé par les attouchements de son ami, et ne savait pas trop comment interpréter tout ça. Son ami, qui, hier encore, rechignait à lui tenir la main, et aujourd'hui lui donnait un baiser digne des plus grandes scènes du cinéma.
Alors qu'il commençait à réaliser qu'il allait manquer d'air, le major le relâcha subitement, et fit trois pas en arrière, un sourire victorieux sur le visage :
- Dernière chance, Bartowski, l'avertit Casey. Si tu veux y aller avec Larkin, c'est maintenant qu'il faut le dire.
Chuck, toujours collé au mur, tentait de reprendre sa respiration :
- Je… euh… non, je continue… avec toi
Casey haussa un sourcil surpris, comme s'il était convaincu que sa manœuvre allait faire reculer son cadet. Puisqu'il n'en était rien, le major se retourna pour prendre sa veste sur une chaise.
- Très bien, alors prépare-toi, on part au boulot dans dix minutes… Et ce soir, tu dors ici. On a du pain sur la planche.
Chuck n'eut même pas le temps de protester que son partenaire avait déjà quitté la maison, se dirigeant vers la voiture qu'ils partageaient régulièrement pour se rendre au travail. Dormir chez Casey ? Pourquoi ?!
xXx
Toute la journée au Buy more, Chuck ne pouvait s'empêcher de repenser au comportement de Casey. Ce militaire, pétri de virilité et de fierté, symbole d'une masculinité presque toxique, devait se faire passer pour son petit ami. Après avoir apparemment maudit la terre entière pour cette mission, il semblait finalement s'être pris au jeu et se montrait entreprenant. Et Chuck, lui qui, au départ, pensait qu'il allait devoir prendre les devants, se retrouvait à devoir suivre le rythme et écouter les ordres. Et il devait bien avouer que le rythme lui semblait un peu trop rapide. Pourquoi devait-il passer la nuit chez Casey ? Il ne pensait quand même pas… Non, même avec Sarah, il n'avait pas été jusque-là ! Alors quoi ? Dès que l'agent avait le dos tourné, Chuck l'espionnait du coin de l'œil. Qu'est-ce que lui réserverait la prochaine action de Casey ?
A un moment, alors que l'apprenti espion faisait une ronde dans le magasin en examinant les rayons, il se cogna contre le dos du major et tomba sur les fesses. Il ne l'avait pas vu, debout devant lui, en train de s'entretenir avec un client. Casey se retourna et saisit le bras de Chuck pour le remettre sur pieds, lui murmurant à voix basse :
- Du calme, crétin, les gens vont se poser des questions.
Chuck retourna à son bureau en grommelant et frottant son postérieur. Il se tint tranquille, à son poste, jusqu'à la pause déjeuner.
A midi, Sarah vint lui proposer de manger avec lui. Ils se posèrent sur un banc, derrière le Buy more, pour discuter un peu.
- Alors, lui demanda son amie, comment progresse la mission ?
Chuck s'étouffa avec un bout de sandwich. Il avait beau se douter qu'elle allait poser la question, il ne savait pas trop comment répondre.
- Je… C'est difficile à dire … Enfin, c'est Casey quoi !
Sarah s'esclaffa, de ce petit rire cristallin que Chuck admirait tant. Elle s'était en effet toujours demandé ce que ses conquêtes pouvaient bien trouver à Casey. Il était un peu trop brute de décoffrage pour elle.
- Son comportement pose problème ? Si tu veux, je peux lui parler.
Chuck voyait déjà la tête de Casey si l'agent venait à apprendre qu'il s'était plaint auprès de Sarah. Il grimaça.
- Non, c'est pas ça. C'est juste qu'on a du mal à... accrocher.
Sarah sourit et lui prit la main. Il sentit son cœur battre un peu plus vite.
- Vous allez y arriver ? reprit-elle.
- Je pense, oui… On se voit ce soir, on verra bien.
Chuck était embarrassé. Quelque part, il n'avait pas envie de dire à Sarah qu'il allait dormir chez Casey. Comme si… comme si quoi ? Sa garde du corps lui serra sa main un peu plus fort.
- Ne t'inquiète pas Chuck, je crois en vous… Je crois en toi.
L'informaticien lui sourit en retour. Un peu rassuré, il retourna au Buy More terminer sa journée.
xXx
Après le travail, Chuck prit le temps de passer chez lui déposer ses affaires et discuter avec Ellie. Il n'y était même pas depuis vingt minutes qu'il reçut un message. Bien sûr, c'était Casey : "Fini de jouer Bartowski, on passe aux choses sérieuses. Ramène-toi". Chuck soupira et inventa une excuse pour interrompre sa conversation avec sa sœur et se rendre chez son voisin.
En arrivant chez son garde du corps, Chuck constata que la porte était entrouverte. Il hésita un instant devant l'entrée. Il avait comme l'impression de se jeter dans la gueule du loup. Allait-il vraiment en sortir vivant ? Il était temps de tester son courage… Chuck se glissa dans l'ouverture, referma la porte derrière lui, et se dirigea vers la faible lumière qui émanait du salon. Casey s'y trouvait. Il avait allumé une lampe de table pour éclairer un peu la pièce. C'était plutôt sinistre, si on demandait l'avis de Chuck.
- Approche Bartowski, lui ordonna Casey.
Le major était vêtu de ses vêtements noirs habituels, qu'il portait en dehors des heures de travail. Dans la pièce relativement peu meublée, à part les ordinateurs et le matériel qui lui servaient à espionner son voisin, le militaire et sa carrure de colosse étaient encore plus impressionnants. Chuck se rapprocha Casey, à une distance confortable pour discuter.
- Encore plus près.
Chuck, hésitant, avança d'une cinquantaine de centimètres.
- J'ai dit plus près, gronda Casey entre ses dents.
Ce ton… La recherche de domination qu'il laissait entendre… Et Chuck qui ressentait comme une envie irrépressible d'y obéir. Cette soumission, qui lui paraissait presque naturelle, lui faisait un peu peur, encore plus que l'espion lui-même. L'informaticien se rapprocha, de sorte que seulement quelques centimètres séparaient leurs corps. Casey grogna, le saisit à la nuque, puis l'embrassa brutalement. Par réflexe, Chuck se pencha en arrière, ce que l'agent remarqua. Il le libéra, exaspéré :
- Détends-toi, Bartowski. Je te l'ai déjà dit, si tu as peur de moi, on n'y arrivera jamais !
- Non mais attend un peu, t'es gentil toi ! commença à s'énerver Chuck. Comment je suis censé me détendre, alors que tu me balances des ordres sans cesse, me fais venir chez toi la nuit tombée et m'embrasses sans prévenir ?!
- C'est ma méthode, grogna Casey.
Chuck soupira et s'écarta pour déposer son manteau sur une chaise.
- Ça ne me plaît pas plus que toi, reprit l'espion en le suivant de près, mais je suis un pro, j'exécute les ordres ! Tâche d'en faire autant, imbécile.
- D'accord, d'accord, super agent veut accomplir sa mission, j'ai bien compris, railla Chuck en se retournant vers lui. Mais rejoins-moi à mi-chemin, veux-tu ? Si tu veux vraiment qu'on fasse selon ta méthode, explique-la moi au moins ! Et si tu pouvais arrêter de m'insulter aussi, ça me ferait très plaisir !
Casey pouffa dédaigneusement
- Très bien, princesse.
Chuck leva les yeux en l'air en l'entendant l'appeler ainsi, mais ne l'interrompit pas. Son garde du corps s'expliqua enfin, avec des paroles troublantes :
- Ma méthode, c'est de t'habituer à moi. Habituer ton corps à ma présence, à mon contact, afin que tu arrêtes de me repousser instinctivement. Je dois pouvoir te toucher quand je veux, où je veux, comme je veux. Et pour ça, il n'y a qu'une solution : s'entraîner.
L'informaticien resta muet. Dans un sens, les attentes de Casey étaient compréhensibles. S'il n'arrêtait pas d'avoir des mouvements de rejet dès que le major l'approchait, ils n'avaient aucune chance de faire illusion. Mais quand même... Je dois pouvoir te toucher quand je veux, où je veux, comme je veux. Chuck n'était pas sûr de vouloir autoriser ça.
- Ça te va, Bartowski ? s'enquit l'agent, devant son silence.
- Non !
Casey le regarda avec étonnement.
- Enfin, je veux dire, oui… se reprit Chuck. Enfin, je veux dire, ça dépend ! Il y a des limites quand même !
- Comme quoi ? demanda tranquillement son aîné.
L'espion s'était éloigné pour arroser le bonsaï près de son bureau. Chuck l'avait toujours vu prendre soin de cette plante avec délicatesse, mais cela ne cessait jamais de l'étonner. Il se demandait si Casey pouvait être aussi doux avec d'autres êtres humains.
- Comme… comme… je ne veux pas coucher avec toi ! s'exclama l'informaticien, se sentant bête aussitôt les mots prononcés.
Casey éclata de rire, interrompant son travail :
- S'il n'y a que ça Bartowski, ne t'inquiète pas, ce n'était pas mon intention. Comme si… oh putain, c'est la meilleure que tu m'ais jamais sorti.
L'informaticien se sentit agacé de voir son garde du corps se moquer de ses craintes. Il croisa les bras dans un geste qui n'était pas sans rappeler le major dans ses moments d'agacement.
- Mais, si ça te rassure, reprit Casey une fois qu'il s'était un peu calmé, on peut choisir un mot de code. Dès que tu le dis, j'arrête tout, c'est d'accord ?
Chuck se sentit un peu soulagé. Cela le rassurerait effectivement beaucoup. Il acquiesça :
- Oui, j'aimerais bien.
- Très bien, alors c'est quoi, ton nom de code ?
- Euh… Je ne sais pas… Pourquoi pas Star Trek ?
- Star Trek, vraiment ?
- Ben oui, au moins, je suis sûr de ne pas le dire sans faire attention ! se défendit Chuck.
- D'accord, d'accord, va pour Star Trek, accepta Casey en levant les mains en l'air, comme s'il rendait les armes.
Le major se dirigea vers la cuisine, et Chuck le suivit. Cela tombait bien, il mourrait de faim.
- Juste, Casey, dis-moi, comment je fais pour dire le mot de code si tu es encore en train de m'embrasser sauvagement ?
L'espion était tourné vers les placards pour chercher une casserole, mais Chuck aurait pu jurer l'avoir vu esquisser un sourire en coin.
- Tu as un souci avec la façon dont je t'embrasse, Bartowski ?
Le plus jeune frissonna en entendant ces derniers mots : la façon dont je t'embrasse.
- Non…
Il savait bien que s'il ne supportait pas les baisers de Casey, autant annuler la mission tout de suite.
- Alors ça ne devrait pas poser problème.
Casey mit de l'eau dans une casserole, posa la casserole contre le feu, puis se tourna vers Chuck, le coinçant entre le plan de travail et son corps. Il avait les deux mains posées sur les tiroirs, à côté des hanches de l'informaticien.
- Je vais t'embrasser Chuck, l'avertit-il.
Et il fit comme il avait dit. C'était toujours brutal, mais Chuck avait eu le temps de s'y préparer. Il réagit à peine lorsque l'agent approfondit le baiser, sa langue investissant la bouche de son protégé comme si elle lui appartenait. L'informaticien sentit le corps du major se coller au sien. Il était littéralement envahi par sa présence, son goût (une pointe de whisky dans son haleine), son odeur, son toucher… Une des mains de Casey se décolla du plan de travail pour venir frôler sa joue, et Chuck ouvrit les yeux, surpris de ce geste presque tendre. Puis la main se glissa dans ses cheveux et tira dessus, un peu sèchement, mais sans douleur. Elle força Chuck à pencher la tête en arrière, pendant que l'espion embrassait sa mâchoire, puis sa gorge. Devant cette percée inattendue, le plus jeune sentit sa peau picoter à l'endroit où les lèvres de l'agent était passée. Ses genoux flanchaient un peu. Son corps… son corps réagissait aux caresses de Casey. Probablement parce que l'agent savait ce qu'il faisait, mais c'était quand-même gênant… Le major finit par le relâcher en rigolant :
- Si tu voyais ta tête. Ça vaudrait presque le coup de toute cette mission stupide.
- On dirait que ça t'amuse bien plus que de raison, répondit Chuck en frottant son cou machinalement.
- Je suis professionnel, je prends tout ça au sérieux. Mais si tu me donnes l'occasion de me moquer de toi, compte sur moi pour la saisir.
Chuck soupira. Tout était compliqué avec Casey. Le major ne lui laissait aucune occasion de se détendre ou de baisser sa garde, toujours prêt à le reprendre s'il faisait un pas de travers. Et cela lui faisait perdre tous ses moyens. Sarah avait bien compris que, pour qu'il puisse donner le meilleur de lui-même, il avait besoin d'être soutenu et rassuré. Mais comment pouvait-il expliquer ça à Casey ? Il le voyait déjà lui rire au nez. Quatre jours : il ne lui restait plus que quatre jours à tenir, et tout reviendrait à la normale.
Pendant que Chuck se noyait dans ses pensées, Casey avait préparé le repas. Rien de bien compliqué, des pâtes au pesto, mais il avait prit la peine de préparer la sauce lui-même. L'agent lui posa une assiette entre les mains puis partit dans le salon regarder la télé. Chuck le suivit mécaniquement. Ils mangèrent en silence, jusqu'à ce que le plus jeune s'éclabousse avec la sauce.
- Bartowski, si tu salis mon canapé, tu devras me le payer.
Tout en le menaçant, Casey se pencha puis essuya le pesto qui coulait du menton de Chuck avec son pouce, avant de sucer son doigt. L'informaticien le regarda faire avec stupéfaction. Ce geste, c'était… excitant.
- Un problème, Bartowski ?
Chuck réalisa qu'il fixait la bouche de Casey en silence depuis tout-à-l'heure, ce qui devait effectivement paraître un peu suspect. Il dit la première chose qui lui passait par la tête :
- Arrête de répéter mon nom à tout bout de champ.
- Quoi ? lui demanda son partenaire, l'air interloqué.
- Bartowski… Depuis le début de la mission, tu le répètes bien plus souvent.
Casey déposa son assiette vide sur la table basse, et se rapprocha de Chuck avec une aura un brin inquiétante.
- Et comment veux-tu que je t'appelle, petit génie… chéri ?
- Chuck, c'est très bien Chuck ! répondit-il hâtivement, en s'étouffant avec une bouchée. Normalement deux amants s'appellent par leurs prénoms.
Chuck déglutit à nouveau lorsqu'il réalisa qu'il avait dit le mot amants. Et il ne s'imaginait pas du tout appeler l'agent John, autrement que pour plaisanter en tout cas. Ce dernier le regardait toujours avec un sourire de prédateur. Il lui retira son assiette presque terminée.
- Chuck, va te laver des mains.
- Pourquoi ? demanda-t-il, l'air surpris.
- Fais-ce que je te dis, ordonna Casey, la voix grondante.
Chuck s'exécuta sans plus protester. Il obéissait toujours lorsque Casey prenait cette voix. Enfin, sauf quand il lui disait de rester dans la voiture, ou de ne pas se précipiter au secours de ses amis… A part ça, il obéissait toujours. Lorsque Chuck revint auprès de l'espion, celui-ci n'avait toujours pas bougé. Alors qu'il s'asseyait, la major l'attrapa par les jambes, les tira et les posa sur ses propres cuisses.
- Qu'est-ce que tu fais ? s'alarma Chuck, surpris et un peu apeuré.
- Donne-moi-ta main, répliqua l'agent.
Chuck obéit. Il savait que son garde du corps testait son pouvoir de domination, et pourtant, il n'avait aucune envie de se rebeller. Il préférait ne pas imaginer les conséquences. Le major lui saisit la main, et la porta à sa bouche. Il commença à sucer son majeur sensuellement, en dévorant l'informaticien du regard.
Chuck en resta… stupéfait. Son doigt… dans la bouche de Casey. Sa bouche chaude et humide… C'était incroyablement érotique. Bien sûr, c'était Casey, mais comment rester de marbre devant ce spectacle ? L'informaticien se sentait comme si la température avait soudain bondi de plusieurs degrés dans la pièce. Et le regard brûlant du major n'arrangeait pas les choses. Les doigts de l'espion, pressés contre la paume de sa main, excluait toute tentative de fuite, si encore il en avait eu envie. Lorsque la langue de Casey eut fini de caresser chaque creux, chaque recoin de son majeur, elle passa au prochain doigt. En fait, elle infligea la même douce torture à tous ses doigts, sous le regard médusé de Chuck.
- Eh bien, Major, M. Bartowski, je constate que vous avez résolu vos problèmes, déclara la voix du Général Beckman.
Casey lui lâcha immédiatement la main, et se retourna vers la télé, avec laquelle leur supérieure avait établi la communication sans crier garde. Chuck ramena sa main contre lui, encore perturbé de sentir entre ses doigts la salive de l'agent de la NSA.
- Je venais simplement m'assurer que vous travailliez bien à l'établissement de votre couverture, les informa Beckman. Ce que j'ai vu m'en a convaincue. Bonne soirée, messieurs.
Et elle repartit aussi vite qu'elle était venue. Chuck tourna un regard craintif vers Casey et replia ses jambes, qui se trouvaient toujours sur les genoux de son coéquipier. Les jointures des mains du major étaient blanches de serrer son poing aussi fort, et sa mâchoire était tendue d'une manière très caractéristique du Casey en colère. Les tripes de Chuck lui signalèrent immédiatement le danger. Il était seul avec un tueur furieux, pour des raisons auxquelles il n'était pas totalement étranger. Le jeune homme tenta de détourner son attention :
- Et maintenant ?
Fin du deuxième chapitre !
J'espère que mes perso sont convaincants et pas trop OOC.
Au départ, j'avais prévu de diviser les chapitres en fonction des journées, mais ça aurait fait des chapitres un peu trop longs, alors j'espère que ça convient comme ça !
