Chapitre 2 : Angoisses

Peter avançait dans les couloirs sans but précis. Il était environ 21h, plus qu'une heure avant le couvre-feu. Il sortait tout juste de l'infirmerie ou son amie Mary y était. Elle avait été agressée par un Serpentard, à cause de son ascendance, un peu plus tôt dans la soirée. Mary était née-moldue. Depuis la cinquième année elle subissait de nombreuses humiliations par les Serpentard, notamment par Mulciber et Rosier. Mais cette fois c'était plus grave qu'une humiliation, elle avait été blessée. Elle avait fini à l'infirmerie.

Et ça le rendait malade le Gryffondor de voir son amie dans cet état-là. Sa Mary. Enfin non, ce n'était pas la sienne.

La vision de Sirius et Mary s'embrassant à l'infirmerie lui revient à l'esprit. Prit d'un excès de colère il lança son poing dans l'armure à sa droite.

Ah. Il poussa un cri de douleur et se laissa tomber au sol. Misérable. Il était seul, et misérable, assis à même le sol, les larmes dévalent sur ses joues et sa main avait doublée de volume.

Il était pathétique. Incapable de dire à la fille qu'il aimait ses sentiments, il ne l'avait même pas dit à ses propres meilleurs amis. Il n'avait pas su la protéger, il savait qu'un jour ou l'autre les Serpentard passeraient à un autre niveau que de simples brimades. Il l'avait su, il voulait la protéger, mais il n'avait pas osé. Il avait eu peur, de la réaction de Mary s'il le suivait partout, mais aussi de faire face aux Serpentard.

Il n'était qu'un lâche.

Il resta là, dans le couloir, longtemps, quand il rentra à la tour des Gryffondors, Sirius racontait sa nouvelle romance avec Mary aux deux autres Maraudeurs. Peter les ignora et s'enferma dans la salle de bain. Il pleura encore cette nuit-là, en silence, se maudissant d'être aussi pathétique.

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Ellen fixait son assiette d'un air crispé, tous ses membres étaient tendus, elles sentaient les regards des élèves sur son dos et sur celui de ses camarades. Elle entendait leurs voix, les insultes. Coupables, chuchotaient-ils, mangemort

Hier dans la soirée, une Gryffondor de 7ème année, Mary MacDonald avait subi une agression qui l'avait menée tout droit à l'infirmerie. Elle n'avait pas eu de blessures physiques, à part quelques bleus et surtout un bon traumatisme. Elle n'avait aucun souvenir de son ou de ses agresseurs, mais pourtant elle se souvenait des moindres détails, de tout ce qu'elle avait subi.

A peine la nouvelle de son agression avait fait le tour de Poudlard, que l'unanimité concernant le ou les coupables s'était faite. Il s'agissait forcément d'un Serpentard, comme à chaque fois qu'une atrocité ou que des évènements étranges ou suspects arrivaient à Poudlard. Les vert et argent étaient les coupables parfaits, en majorité des sang-purs aux idées racistes. La plupart destinés ou ayant déjà rejoint les rangs du célèbre mage noir, Voldemort, qui semait actuellement la terreur dans le monde sorcier.

Les Serpentard avaient tous été condamnés par les élèves de Poudlard, sans procès. Seulement par leurs réputations.

Mais ils n'étaient pas tous inhumain. Ils ne venaient pas tous de famille à suprématie sang-purs et aux idées et actions élitistes du sang pur contre les moldus et les nés-moldus. Ils n'étaient pas tous près à adhérer aux idées de mage noir qui terrifiait le monde magique depuis quelques temps.

Ellen Austin en était la preuve, la jeune élève de 7ème année était une sang-mêlé, son père était un sang-pur ayant émigré des Etats-Unis en Angleterre il y a une trentaine d'année où il avait rencontré sa mère. Moldue. Elle avait été répartie à Serpentard du fait de son ambition débordante, et de sa logique qui la menait souvent à manipuler son entourage de façon à obtenir ce qu'elle voulait. Elle savait qu'elle n'était pas forcément une bonne personne, mais elle n'était pas mauvaise comme certains de ses camarades, qui pensait que les moldus ou les nés-moldus était des sous-races. Elle reprenait les mots de sa camarade de dortoir, Alecto Carrow.

Toujours était-il que les regards de ses camarades sur son dos lui avaient coupé tout envie de manger. Elle savait qu'elle n'était pas la seule visée par ses regards, mais elle ne supportait pas ce jugement constant. Les regards, les insultes, les mots laissés sur les pupitres la traitant elle et ses camarades de monstres.

Elle connaissait les coupables, elle savait qui des Serpentards étaient adeptes des idées du mage noir. Et elle savait qui était innocent aussi.

Elle releva le regard, ne supportant plus la vue de la nourriture et croisa le regard inquiet d'une de ses seuls amies, Tracey Flint, ses yeux marrons brillaient d'inquiétudes et elle fronça les sourcils devant le mutisme de son amie. Elizabeth Rowle, assise à côté de Tracey regardait dans le vague en direction du reste des 7ème années. Ellen suivit son regard et elle sentit son sang se glacer alors qu'elle croisait le regard orageux de John Mulciber.

Il lui sourit. De ses sourires inquiétants. Digne d'un sociopathe. Les sourires de Mulciber n'était jamais bon présage, surtout quand il les lui adressait.

Ellen se releva brusquement, Elizabeth sortie de sa rêverie et regarda la brune en fronçant les sourcils.

« Ellen tu vas bien ? » Lui demanda Tracey.

La Serpentard ne répondit pas, elle sortit à toute vitesse de la grande salle, le souffle irrégulier, elle courut jusqu'à une salle déserte à côté des cachots et s'y enferma. Elle se laissa glisser contre la porte, les larmes dévalant le long de son visage.

Le sourire du coupable imprimé dans son cerveau. Elle avait tellement peur, du fait de son ascendance, elle n'était même pas en sécurité dans sa propre maison, et haïe de par sa maison par les autres.

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Dorcas fixait sa montre, agacée, Brett avait un quart d'heure de retard. Comme d'habitude, il n'était jamais à l'heure. Brett Smith était son petit-ami depuis plus six mois environs, et il avait la fâcheuse tendance d'être en retard. Pas qu'avec elle heureusement, à chaque occasion il trouvait le moyen de se perdre dans ses devoirs ou dans ses pensées, qu'il en oubliait totalement la notion du temps. C'était mignon au début, mais maintenant ça commençait sérieusement à l'énerver.

Brett était à Serdaigle, en 7ème année lui aussi.

L'adolescente resserra sa cape autour d'elle et fixa un point devant elle. Elle allait le tuer, oh ça oui il allait regretter de l'avoir encore fait attendre. Elle renifla, elle aller choper un rhume à cause de ce crétin.

Il lui avait demandé de la rejoindre, après les cours de la journée, dans la cour du château. Et alors qu'ils arrivaient tout doucement au mois d'octobre le temps n'était plus aussi lumineux. Le ciel était gris et un léger vent froid traversait la cape de Dorcas.

Alors qu'elle fixait une des entrées du château elle vit deux silhouettes familières s'approcher. Il s'agissait de deux de ses camarades de maison, mais aussi amis, Greta Catchlove et Eliott Bower.

La grande blonde avait son bras enroulé autour de celui du Poufsouffle et riait. Il n'était qu'à une dizaine de mètre d'elle et Dorcas entendait le rire de son amie comme si elle se tenait à ses côtés. Le rire de Greta était rauque et fort, il résonnait partout où la jolie blonde allait.

Ils arrivèrent rapidement à la hauteur de Dorcas, et la jeune fille devina l'humeur joyeuse de Greta en voyant le visage agacé d'Eliott. Celui-ci se laissa lourdement tomber sur le banc à côté de la brunette alors que Greta prenait place à sa droite.

« C'était qui cette fois ? » demanda Dorcas d'un air mutin.

« Kathleen Stewart », déclara Greta en gloussant, et elle ouvrit son sac à main.

Dorcas se retourna vers son camarade, choquée. Il avait osé.

« T'as essayé de draguer le glaçon ? »

Eliott fit la moue et regarda au loin, un léger sourire flottant sur ses lèvres.

« Elle est vraiment canon tu sais », se justifia l'adolescent en passant une main dans ses cheveux bouclés.

« N'empêche que ça reste une sale garce, frigide et coincée. », répliqua Greta en attrapant son miroir de poche.

Kathleen Stewart, 7ème année à Serdaigle, était en effet une véritable garce. Elle jugeait tout le monde, regardait tout le monde de haut et se croyait supérieure parce qu'elle était riche et plutôt intelligente. Elle ne sortait avec personne, ne jugeant aucun assez méritant pour sa petite personne. Dorcas ne l'aimait pas, elle avait essayé pourtant de la connaître durant leurs nombreux cours en commun. En réponse, elle n'avait eu le droit qu'à des regards méprisants et hautain. Cette fille avait quand même des amis, un véritable miracle.

« Non mais t'as vu son cul ? », reprit Eliott, un sourire en coin sur les lèvres et les yeux brillants.

Dorcas leva les yeux au ciel, Greta à côté d'elle lui lança un regard exaspéré. Eliott était un véritable obsédé, il a toujours été intéressé par ce qui avait un joli visage, de gros seins ou un bon cul. Eliott n'était pas un romantique, mais il n'était pas un mauvais garçon non plus.

Greta sortit son rouge à lèvre rose bonbon de son sac, et commença à appliquer une énième couche sur ses lèvres déjà bien maquillée, tout en regardant dans son miroir de poche.

« Eliott tu est un véritable obsédé c'est pour ça que plus aucune fille ne veut sortir avec toi. », déclara Dorcas un sourire moqueur aux lèvres.

Le grand brun ne broncha pas, il haussa les épaules d'un air décontracté. Eliott Bower prenait beaucoup de chose à la légère, il n'était pas quelqu'un de compliqué. C'était un très bon ami, et ce même pour les filles, enfin pour cela il ne fallait pas qu'il veuille sortir avec vous. A vrai dire il était assez mignon : grand aux cheveux châtains coupés court et bouclés sur le haut de crâne, et aux yeux chocolat. Il plaisait aux filles, enfin bien évidemment quand celles-ci ne le connaissent pas, après c'est une autre histoire.

Alors que Greta regardait dans son miroir de poche si son rouge à lèvre était bien mis, Dorcas et Eliott remarquèrent Libby Faucett, une de leurs amies, arriver jusqu'à eux en courant, ses cheveux châtains voletant derrière elle.

Ils étaient assis sur un banc dans les longs préaux qui entouraient la cour intérieure du château.

« Eh ! Vous-vous ne devinerez...jamais...ce qu'il ce-se passe ! », articula-t-elle tant bien que mal en s'arrêtant à côté d'eux le souffle court.

Intrigués, ils se mirent tous à la fixer, même Greta sortit le nez de son miroir. La Poufsouffle avait les joues rouge dû à sa course, et tenter tant bien que mal de reprendre son souffle.

« Il paraîtrait que c'est Mulciber qui a agressé MacDonald. », déclara Libby au bout de plusieurs secondes de silence sous les regards insistants des trois autres.

Eliott et Greta parurent choqué, et Dorcas aussi, même si elle s'y attendait. John Mulciber, un Serpentard leur année, était un garçon réellement spécial. Il humiliait constamment ses camarades, terrorisaient les plus jeunes. Et par miracle, il ne s'était toujours pas fait renvoyer de Poudlard.

« Les maraudeurs ont entendus Mulciber faire une blague sur l'attaque, il en parlait comme s'il en était l'auteur. », débita la petite blonde à toute vitesse.

Dorcas ne prononça pas un mot, Greta elle lâcha un magnifique :

« Oh bah merde alors ! »

Et ce d'une voix forte, si bien que les étudiants aux alentours se tournèrent vers elle, surpris, pourtant le fait que Greta Catchlove soit vulgaire et bruyante n'avait rien de surprenant.

Greta était un peu la définition même de la vulgarité et de l'excès. Grande gueule, un peu trop maquillé, une jupe trop courte, toujours à jurer, elle était vulgaire dans tous les sens du terme. Pourtant pour Dorcas, Greta était sûrement la meilleure amie qu'elle aurait pu avoir. Elle était sûrement la fille la plus loyale et la moins égoïste qu'elle n'ait jamais connue, et ce malgré l'apparence que les autres avaient d'elle. C'est à dire d'une fille superficielle sans cervelle, ce qui en soit n'était absolument pas vrai.

« C'est sûr que c'est lui ? », demanda Dorcas, en fronçant les sourcils.

« Apparemment. », répondit Libby. « Ça n'a rien d'étonnant que ce soit lui soit l'auteur de son agression. Ce mec est un malade mental, un véritable psychopathe et ça tout le monde le sait. »

« Je me demande comment les Gryffondors ont réagi. » Commenta Eliott en se grattant le menton.

« Eh les gars ! Les Maraudeurs sont en train de faire la misère aux Serpentards. », cria, au même moment, un garçon de Gryffondor de quatrième année avant de re-rentrer dans le château.

Tout le monde se tourna vers lui, et se précipitèrent à l'intérieur du château.

Les quatre Poufsouffles se concertent du regard et d'un commun accord se hâtèrent à la suite des autres. Impatients, de voir ce que les Maraudeurs réservaient aux Serpentards de 7ème année.

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Elle ne s'était jamais sentie aussi humiliée de toute sa vie.

Suspendue dans les airs, par la cheville, Ellen fulminait intérieurement, de colère et de honte. Son visage était rouge sûrement à cause du sang qui lui montait à la tête, mais aussi de la gêne.

A ses côtés, eux aussi victime du Levicorpus, Evan Rosier et John Mulciber, ses camarades de maison, insultaient ouvertement les Maraudeurs à grand coup de menaces morbides et d'insultes. Enfin c'était plutôt Evan qui les insultait, John lui se contentait de quelques petites piques et d'un sourire moqueur.

Mais Ellen ne faisait pas attention à ces imbéciles de Gryffondor ni à ses camarades de maison, il n'y avait que les autres élèves qui l'intéressaient. Tout ce qu'elle voyait c'étaient les élèves qui riaient en la pointant du doigt, elle n'entendait que leurs rires, leurs moqueries, mais aussi leurs insultes. Elle les voyait à l'envers et pourtant elle distinguait très bien leurs sourires amusés, et cette lueur qu'ils avaient tous dans le regard comme si elle méritait ce qu'elle subissait en ce moment. Une lueur haineuse et vengeresse.

Et Merlin en était témoin elle n'avait rien fait. Son seul crime était de s'être retrouvé à faire le chemin avec Evan et John jusqu'à la salle commune. Puis les Maraudeurs avaient débarqué et la situation avait dégénéré.

« Alors comment va MacDonald ? » John avait prononcé cette phrase en éclatant de rire, en voyant les quatre Gryffondors arriver devant eux. Grave erreur.

Il avait ri de cette même façon ce matin en passant à côté de MacDonald, plus tôt dans la journée. Un rire froid, qui donnait des frissons dans le dos d'Ellen. Après plus de cinq ans à côtoyer John Mulciber, Ellen savait à quel point ce type était dérangé.

Et c'était parti de là, étrangement ce fut Pettigrow qui commença les hostilités, il envoya Mulciber en l'air d'un coup de baguette, Rosier et elle n'eurent même pas le temps de faire un mouvement qu'ils furent eux aussi suspendus par la cheville grâce à un fils invisible.

Et évidemment, malin comme ils étaient tous les trois ils avaient fait tombés leurs baguettes et c'étaient retrouvés à la merci des quatre Gryffondors.

Tout ça c'était la faute de Mulciber. Il avait beau être un psychopathe en puissance il était suffisamment débile pour se vanter de ses exploits à demi-mots, sans avouer évidemment. Il était stupide mais pas à ce point. Et évidemment il devait payer pour ses actes. Mais elle, elle n'avait rien à voir dans l'histoire.

« Qui veut voir les vipères payer pour ce qu'ils ont fait ? », demanda Sirius Black d'une voix forte, sa phrase fut accueillie par une ovation de la part des élèves présent.

Les élèves arrivaient encore en masse. La jeune fille, elle, essayait tant bien que mal d'éviter que sa jupe ne tombe dévoilant ses sous-vêtements à la foule.

Ellen releva le regard vers là où se trouvaient les quatre garçons, elle eut juste le temps de voir Black remuer le poignet qu'elle reçut une gerbe d'eau glacé en plein visage. Elle ne prononça toujours pas un seul mot, la gorge nouée par la honte et la colère. Les insultes de Rosier redoublèrent alors que Mulciber continuait à les défier du regard, le visage rouge, trempé et son sourire moqueur toujours bien accroché.

Nouveaux mouvements de baguette, mais de la part de Potter, Lupin et Pettigrow cette fois-ci. Les trois Serpentards de 7ème année se mirent brusquement à tourner dans tous les sens. Une fois la tête en haut, puis à gauche, à droite, et ça recommençait encore et encore. Les rires des élèves redoublaient en intensité au fur et à mesure que les vert et argent perdaient de leurs couleurs. Leurs visages se firent plus pâles. Ellen elle, eu brusquement envie de vomir.

Finalement le sort cessa mais ils restèrent tête en bas, accrochés par la cheville. Pettigrow leva à nouveau sa baguette, et Ellen sentit l'appréhension monter, mais il fut coupé dans son élan.

« C'est quoi ce bordel ? », prononça une voix froide, Ellen la reconnut immédiatement avec soulagement.

Elle releva brusquement la tête et croisa le regard froid d'Elizabeth Rowle, une de ses camarades de dortoir et amie. A côté d'elle Tracey Flint fusillait tout le monde du regard.

Ellen et les deux autres furent brusquement descendu sur la terre ferme, les maraudeurs se tournèrent vers les nouvelles arrivantes.

« Pas de magie dans les couloirs. Et surtout on n'attaque pas les autres élèves. », siffla Elizabeth d'un ton si froid qui si Ellen n'avait pas été habituée avec les années lui aurait donné des frissons.

« C'est assez hypocrite de ta part de dire ça. », cracha Sirius Black en fixant la préfète. « On sait tous que vous êtes à l'origine de l'agression de Mary. Vous êtes tous pareil. Tous des futurs mangemorts. » Autour de lui tout le monde autour hochait la tête vigoureusement, et des regards terrifiés et haineux se tournaient vers les Serpentards.

Ellen toujours assise au sol se tendit au maximum, prête à recevoir une nouvelle attaque.

« Vous n'avez aucune preuve pour affirmer ce que vous dîtes. », contra Elizabeth d'un ton froid sans hausser la voix, elle fixa chaque Maraudeur d'un air glacial en mettant en avant son badge de Préfète.

« Pas besoin », déclara Peter Pettigrow d'une voix sèche prenant la parole à la surprise de tous, il était plutôt du genre observateur habituellement. « On sait tous que tous les Serpentards sont destinés à être des putains de mangemorts. » Il cracha cette dernière phrase avec haine.

Ellen se mit à trembler alors que tout le monde approuvait les paroles de Pettigrow. Une main apparut dans son champ de vision, elle reconnut le bracelet frappé des armoiries de la maison Flint et l'attrapa d'un geste sur. Une fois sur ses pieds, elle remit de l'ordre dans ses cheveux trempés et attrapa toute ses affaires tombées au sol, elle reprit sa baguette et se sécha d'un sort. Elle se sentit tout de suite un peu mieux. Elle hocha la tête en direction de Tracey pour signifier que tout aller bien.

« Merde Brett, Greta, lâchez-moi ! », grommela une voix à la droite de Tracey et Ellen. Elles se tournèrent toutes les deux et virent Dorcas Meadowes s'éloigner de ce pot de peinture qui lui servait d'amie et de l'armoire à glace qui lui servait de copain.

Elle se dirigea vers Evan Rosier, personne ne faisait attention à elle tout le monde était trop occupé à écouter les Maraudeurs s'emporter contre Elizabeth.

Dorcas prit le bras d'Evan qui c'était relevé tout seul, et elle partit dans la direction opposée des Maraudeurs avec lui, la tête haute. Tout le monde le savait, Evan et Dorcas étaient meilleurs amis depuis le jardin d'enfance et ce malgré tout ce qui les opposent ils ne s'étaient jamais lâchés. A cause de cela, la jeune Meadowes était victime de nombreuses rumeurs, les mêmes que celles qui couraient sur tous les Serpentards.

Mulciber passa à côté d'Ellen en compagnie de Tracey et Elizabeth, chacune de ses deux amies lui prirent un bras et l'emmenèrent loin de la foule.

« Ils vont le payer cher, très cher. », lui murmura d'une voix venimeuse John Mulciber le regard noir.

Elle tourna la tête vers lui et croisa son regard vengeur. Elle échangea pour la première fois un regard entendu, complice même, avec lui. Et elle ne sentit même pas coupable de pactiser avec un être aussi cruel que John Mulciber.

Parce qu'ils allaient se venger, et ça allez faire mal, très mal.

Elle avait peut-être peur, mais elle n'allait pas laisser les autres élèves l'humilier, la traiter sans raison.

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Dorcas avait retrouvé Brett dans la foule, avec les autres ils étaient arrivés en même temps que Elizabeth Rowle, la préfète de 7ème année de Serpentard. Ils n'avaient donc pas assisté à la scène. Alors qu'elle allait attraper le bras de son petit-ami elle l'aperçut. Assis sur le sol trempé comme une soupe et le regard noir. Il était furieux.

Soucieuse, la jeune fille s'élança vers lui, mais deux paires de mains lui agrippèrent le bras l'empêchant d'aller plus loin. Elle se tourna et vit son copain et sa meilleure amie la regarder en signe d'avertissement, chacun une main sur son avant-bras. Signification : elle ne devait pas y aller sinon ça aller jaser.

« Merde Brett, Greta, lâchez-moi ! », leur lança-t-elle d'un ton sec en se détachant brutalement d'eux, le regard noir.

Elle s'avança à toute vitesse, vers celui qu'elle considère comme son frère, ignorant les regards des autres élèves et elle l'emmena loin de toute l'agitation.


Dorcas avait emmené Evan dans la première salle vide qu'ils avaient trouvés.

La jeune fille était assise sur un vieux bureau et elle regardait Evan s'énerver tout en tournant en rond dans la petite pièce, comme un lion en cage. Tout en se plaignant des maraudeurs, les insultants de toutes les insultes possibles, il faisait de grands gestes et son visage avait pris une teinte écrevisse.

« Evan » cria-t-elle après l'avoir laissé s'énerver pendant plusieurs minutes.

Il s'arrêta brusquement de tourner en rond, et croisa le regard de sa meilleure amie. Dorcas semblait le sonder de son regard bleu. Il fronça les sourcils, et une légère angoisse lui monta à la gorge. Il n'aimait pas quand Dorcas le regardait comme ça. Il se sentait nul, comme à découvert.

Ils n'étaient plus des enfants. Evan frisait maintenant le mètre quatre-vingt-dix, ses cheveux châtains étaient coupés en brosse. Son regard n'exprimait plus aucune émotion, ses yeux étaient sombres, les traits de son visage étaient devenus dur. Il était devenu si sérieux, si froid en apparence. Il ne ressemblait plus à l'enfant insouciant et jovial avec qui Dorcas avait grandi.

Dorcas était devenue une jolie adolescente, de taille moyenne, avec de longs cheveux ébène. Elle avait gardé sa bouille d'ange, et était toujours souriante. Dorcas était facile d'approche, contrairement à Evan.

Ils restèrent un moment à se défier du regard, puis Dorcas brisa le silence, d'une voix cassée.

« Dis-moi que ce n'était pas toi. Que tu n'as pas fait de mal à Mary, que tu n'as aucun lien avec ce qu'il s'est passé. »

Le masque d'Evan se brisa légèrement. Il passa une main tremblante dans ses cheveux et détourna le regard de la jeune fille.

« Non » déclara-t-il au bout de quelques secondes de silence. « Ce n'était pas moi Dora. Mais…mais je le savais. Je savais que John allait agir. Et je n'ai rien fait. Il la voulait depuis tellement longtemps, je ne l'ai pas encouragé, mais je ne l'ai pas découragé non plus. Parce que c'est ce qu'on attend de moi. Je suis leur leader ici, je suis censé être celui qui donne les ordres. Je ne dois pas paraître faible sinon… »

Il laissa sa phrase en suspens, mais Dorcas connaissait les conséquences qui attendait Evan au moindre faux pas.

Au milieu de l'été Evan avait débarqué chez elle. En pleurs. Son père l'avait emmené voir Vous-savez-qui, et il avait été marqué. Il en était officiellement devenu un. Il était le seul à Poudlard, même Mulciber n'avait pas encore reçu la marque, alors que Dorcas savait que ce n'était pas l'envie qui lui manquait.

Evan était destiné à faire du mal, il n'avait pas le choix. C'était ce que sa famille attendait de lui, ce qu'il et ses sbires attendaient de lui. Il devait semer la terreur à Poudlard, endoctriner des élèves à rejoindre ses rangs.

Alors Dorcas ne prononça pas un mot. La gorge serrée, elle était incapable de prononcer quoique ce soit de toute façon. Elle s'approcha doucement de Evan. Elle voulait l'aider réellement, elle voulait l'emmener loin de tout, des Mangemorts, des morts, de la guerre. Elle voulait qu'ils partent ensemble, et qu'il puisse se reconstruire ailleurs. Il était sa famille, et malgré toutes les choses affreuses qu'il avait pu faire, et qu'il allait faire, elle ne se sentait pas capable de le laisser tomber.

Alors, elle le prit dans ses bras. Une simple étreinte, par laquelle elle fit passer une promesse silencieuse, et fragile. « Je serais toujours là pour toi Eve, autant que je le pourrais. Jusqu'à ce que je ne le supporte plus. »

Evan se détacha d'elle. Il posa un regard sombre sur elle, légèrement fou, et d'une voix froide il lui dit.

« Je vais me venger Dora. Ils n'avaient pas à s'en prendre à moi, à nous humilier. »

L'air dans la pièce sembla s'électriser. Dorcas recula légèrement, mais Evan ne remarqua pas que sa meilleure amie s'était écartée de lui. Il eu un sourire mauvais, et sortit de la pièce en claquant la porte d'un air décidé.

Elle voulut l'empêcher, le raisonner, mais il était déjà sorti de la salle. Inquiète la jeune fille regarda la porte claquer.