Voilà le deuxième chapitre de HBHE, j'espère qu'il vous plaira.
Musique recommandé : Didn't I - One republic
Draco la tirait tellement fort qu'elle ne pouvait pas lui échapper. Il avait enveloppé sa main autour de ses poignets. Elle fut surprise de sa force. Elle se sentait impuissante alors qu'il la poussait dans une salle de classe vide et verrouillait la porte. Une fois qu'il la lâcha, elle ne perdit pas de temps et saisit sa baguette en la pointant sur son torse.
Il demeura immobile, imperturbable.
"Je ne sais pas ce que tu fais, Malfoy, mais tu vas arrêter ça tout de suite." Elle sentit sa voix monter sous l'effet de la colère. "Tu crois que tu peux frapper quelqu'un et faire comme si de rien n'était ? Tu penses que tu peux t'en tirer comme ça ? Je ne sais pas pourquoi Blaise ne parle pas. Je suppose que tu as quelque chose pour le faire chanter, mais tous les autres témoins qui t'ont vu le frapper ? C'est tout simplement ridicule ! Ils ne peuvent pas tous avoir peur de toi ! Tu as surement fait quelque chose !"
Elle sentit sa colère prendre le dessus. Alors, elle laissa tout sortir. Il ne répondit pas alors elle continua. "Et puis quoi ? Tu me bécotes devant tout le monde ! Merlin, qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? "
"Tu as fini ?" Demanda-t-il d'une voix ennuyée.
Les mots moururent dans sa gorge. L'effet qu'il eut sur elle fut surprenant. Qu'est-ce qui l'a rendue si peu sûre d'elle ?
Une phrase de lui avait suffi à la faire taire.
"Tu ne sais rien, mon amour", dit-il lentement, comme s'il parlait à nouveau à un enfant ou à une personne qui ne comprenait pas.
Elle sentit à nouveau la colère bouillonner en elle.
"Arrête de me parler comme si j'étais un enfant, Malfoy !" Elle lui enfonça maintenant sa baguette dans la poitrine, le menaçant. Il ne grimaça même pas. "Je sais au moins que je ne tolère pas tes actions !"
"Ce qui est stupide si tu veux mon avis", dit-il.
"Eh bien, personne ne t'a demandé ton avis, espèce de-"
"L'es-tu, Granger ?", l'interrompit-il. Il fit un pas en avant et elle fit deux pas en arrière. Son expression passa de l'ennui à l'amusement absolu, et il la regardait comme si elle était un morceau de viande fraîche. "Effrayée, je veux dire."
"Non", dit-elle automatiquement. Elle ne lui aurait jamais avoué qu'elle avait peur. Cependant, sa voix s'était légèrement cassée et elle a inconsciemment reculé d'un pas.
Non, effectivement.
Soudain, il la saisit par les épaules et la poussa brutalement contre la porte. Elle gémit de douleur. Il claqua bruyamment sa main gauche près de sa tête, la faisant sursauter. Sa main droite resta immobile de l'autre côté. C'était arrivé si vite qu'elle n'avait pas eu le temps de réagir. Elle vit sa baguette rouler sur le sol à environ un mètre d'elle. La panique commença à se répandre complètement dans son corps. Elle essaya de le pousser, mais il la repoussa brutalement contre la porte, plus fort cette fois-ci.
"Tu vois, tu dois arrêter de faire ça, Granger", dit-il, une main froide lui caressant la joue. Elle tressaillit à ce contact soudain. "Tu ne peux pas être aussi vulnérable tout le temps."
Il y avait quelque chose dans ses yeux ; elle ne savait pas ce que c'était. C'était caché derrière ses piscines d'eau grise, mais elle le vit. C'était si profond et si intense que même avec son visage impassible, c'était quand même visible.
Draco Malfoy a des yeux magnifiques et envoûtants.
"Et si j'étais une mauvaise personne ?" Lui susurra-t-il à l'oreille. Ses mains se déplacèrent de sa joue à son épaule, de son coude à sa main, lui envoyant des frissons tout le long de la colonne vertébrale. Elle ne pouvait pas s'empêcher de trembler. "Et si j'étais vraiment un meurtrier, hmm ?"
Quand il commença à tirer sur sa main gauche en faisant glisser son poignet hors de sa manche, elle ressentit désespérément le besoin de s'éloigner de lui.
"Tu sais ce qu'ils disent de nous ? " Dit-il en examinant son poignet. Elle grimaça au mot "nous". Il n'y a pas de "nous", voulait-elle lui dire. "Ils ont dit que nous avions une relation amoureuse secrète. Tu imagines ? Mais Zabini voulait s'en mêler, alors je me suis débarrassé de lui." Il ricana, sans jamais lâcher sa main. Il le massa légèrement avec son pouce. Sa peau était froide contre la sienne. "Et puis ils ont pensé que je ne voulais pas que quelqu'un s'approche de toi, alors je t'ai embrassé."
"N-non", gémit-elle. Elle en avait assez entendu. Elle fit tout son possible pour ne pas pleurer. Elle le poussa à nouveau, mais il serra son poignet plus fort. Il ne la regardait même pas. Son poignet était bien plus intéressant qu'elle apparemment. Il y avait quelque chose qui n'allait pas chez lui. Elle devait s'éloigner de lui.
Maintenant.
"Les gens ont une imagination débordante. Bien que je ne les blâme pas vraiment, vu qu'on avait vraiment l'air de se battre pour toi."
"Arrête ça", dit-elle encore. Elle fut soulagée qu'il n'est pas vu les quelques larmes qui lui échapèrent.
"Pourquoi es-tu si bouleversée ? Je ne t'ai même pas raconté la meilleure partie de l'histoire ! Ils pensaient qu'on faisait l'amour tous les soirs au dortoir des préfèts-"
Elle hurla "J'ai dit stop !", mais il continua à l'ignorer obstinément et poursuivit son attaque verbale.
"Dans les dortoirs des préfèts. Ils pensaient même que tu n'étais pas aussi prude que tu en as l'air, qu'à chaque fois on bais-"
Le bruit sourd de sa paume heurtant sa joue le stoppa avant même qu'il ait pu finir. Sa respiration était haletante et ses yeux étaient brouillés par les larmes. Elle les essuya du revers de la main.
Elle ne pouvait pas se résoudre à le regarder.
Que lui est-il arrivé ? Il n'était pas comme cela avant... Si vide, si froid.
Hermione commença à comprendre ce que Blaise avait essayé de lui dire. Elle ne le connaissait pas. Elle ne connaissait pas du tout Draco Malfoy.
Elle attendit, les mains serrées dans un poing. Il allait sûrement s'enfuir maintenant, comme il l'avait fait quand elle l'avait giflé il y a quelques années, pendant leur troisième année.
Quelques minutes passèrent, mais elle avait l'impression que ça faisait des heures. Il était toujours là.
Finalement, elle releva la tête. Elle faillit pousser un cri quand elle le vit sourire de nouveau.
"Laisse-moi partir. Maintenant", dit-elle furieusement. Elle ne pouvait s'empêcher de trembler, non pas par peur, mais par colère désormais. Ses larmes menaçaient de s'échapper à nouveau.
Ses yeux ne quittèrent pas les siens, et à sa grande surprise, il s'éloigna d'elle.
"Comme tu veux, Hermione."
Son prénom sonnait dangereusement doux sur ses lèvres. Elle n'aimait pas ça. Elle prit rapidement sa baguette et partit.
"Je t'aurai à la fin", ajouta-t-il dans un murmure.
Mais elle était déjà sortie.
Cela faisait déjà une journée qu'il était sorti de I'infirmerie.
Son corps était encore un peu endolori, mais il n'y prêta pas attention. De toute façon, ça irait mieux avec un peu de repos. Draco l'avait presque tué, il avait de la chance d'être encore en vie. Il avait peur de lui, et il avait raison. Il n'avait pas menti à Hermione quand il lui avait dit que Draco Malfoy était dangereux.
"Où est Hermione ?", il entendit quelqu'un dire à voix haute. Weasley et Potter étaient entrés dans la salle commune des préfets et se trouvaient maintenant face à lui. Blaise était assis sur le canapé près du feu, en train de lire un livre. Presque instantanément, la pièce se remplit de tension.
"Hermione !" Cria-t-il, en regardant les deux Gryffondors avec dégoût. "Tu as des invités indésirables ! "
"Je descends dans une minute !", dit-elle.
Puis le silence.
Potter se tenait près de la porte qui menait à la chambre de Granger. Il essayait de rester calme, mais cela ne marchait pas. Weasley faisait les cent pas et murmurait des jurons sous sa barbe, son visage était presque aussi rouge que ses cheveux.
"Depuis quand l'appelles-tu Hermione ?" Dit Potter, enfin, avec un léger ton d'irritation dans la voix. Il lui fit comprendre que Blaise ne méritait pas de l'appeler par son prénom.
"Ça s'appelle faire la paix, Potter", répondit-il d'un ton glacial.
Blaise n'était pas comme Malfoy. Il ne provoquait ni ne menaçait. Il ne harcelait pas les gens juste parce qu'il en avait envie ou ne frappait pas quelqu'un pour une quelconque raison. Il préférait se fondre dans le décor, observer son entourage et se taire.
Il préférait une vie plus ennuyeuse.
Il n'était pas vraiment ennuyeux en réalité... Il a juste choisi de l'être.
Potter, cependant, était une personne qui lui tapait toujours sur les nerfs. Blaise ne pouvait pas contrôler sa colère quand il était là, pas après ce qu'il avait fait à sa mère. Blaise voulait sa mort.
"Il l'a embrassée", dit Weasley avec colère, encore et encore, sans se soucier des deux autres. "Il l'a embrassée, bon sang... Putain de harceleur sexuel..."
"Je suppose que tu y es pour quelque chose ?" Dit Potter de manière accusatrice. "Tu es son meilleur ami après tout."
"Les Serpentards n'ont pas d'amis, imbécile. Ne nous compare pas à ta pathétique maison", rétorqua-t-il. Bien sûr, il était calme et réservé, mais il n'était pas sage de le provoquer. Il détestait Potter passionnément.
Potter était sur le point de dire quelque chose quand ils entendirent les pas d'Hermione. Elle apparut quelques secondes plus tard, portant des vêtements moldus comme à son habitude. Son expression changea à la vue de Potter et Weasley.
"Il t'a embrassée, bon sang !" Cria Weasley. Potter hocha la tête. "Comment tu as pu ne pas nous le dire ? C'est un acte grave. Bon sang, Hermi-"
Elle regarda Blaise pour avoir de l'aide, mais il ne dit rien. Il haussa juste les épaules. Super. Pourquoi ne voulait-elle pas le dire aux garçons ? Elle était gênée ?
"De quoi tu parles ?", sortit-elle soudainement.
"Lavande me l'a dit", dit Weasley, agacé. "C'est donc vrai ? Dis-nous ! Dis-nous et on va lui-"
"Vous dire quoi exactement ?" Elle paniquait maintenant. Elle n'a jamais été une bonne menteuse.
"Que le furet t'a embrassé en public, bordel !" Dit Potter, en craquant enfin. "Ce n'est pas bon cela Hermione ! Il en a après toi ! C'est pour ça que tu nous as dit hier-"
"Draco ne l'a pas embrassé." Blaise intervient. Voir Granger si désemparée était douloureux à regarder. Il devait au moins faire quelque chose pour se racheter après qu'elle lui ait sauvé la vie.
"Reste en dehors de ça", grogna Potter.
"Il a raison, Harry."
"Quoi ! Tu prends son parti ?"
"N-non ! Je suis juste... C'est..." Murmura Hermione nerveusement. "Ce n'est pas vrai."
"Ce n'est pas vrai ?" dit Weasley, en lui saisissant les épaules brutalement. " Ce n'est vraiment pas vrai ?"
Elle émit un rire nerveux et ferme.
"Bien sûr que ce n'est pas vrai. Arrêtez, c'est de Malfoy qu'on parle là. Je l'ai juste mis en retenue et il est parti", expliqua-t-elle, sa voix craqua un peu de nervosité.
Le soulagement apparut dans les yeux de Weasley et il fut instantanément convaincu. Il la lâcha et passa sa main dans ses cheveux. "Merlin, c'est un soulagement. Lavande a dit qu'elle l'avait entendu des Serdaigles, mais je suppose que ce n'était qu'une rumeur, hein ?"
Il donna une tape sur l'épaule de Potter. "Allons-y Harry."
Potter regardait toujours Hermione avec incrédulité. On aurait dit qu'il voulait dire quelque chose, mais il ne dit rien.
Hermione soupira de soulagement quand ils sortirent tous les deux de la salle commune. Elle se vautra sur le canapé à côté de lui.
"Ne te réjouis pas encore", dit Blaise. "Potter n'était pas convaincu."
Il rentra au château. Il y avait des flocons de neige sur ses cheveux et son manteau. Il pouvait voir la buée sortir de sa bouche et ses mains se trouvaient dans les poches de son manteau. Tout était recouvert de feuilles enneigées : ainsi que les arbres et les petites boutiques de Pré-au-Lard. Il n'avait jamais aimé la neige. Il n'avait jamais compris comment quelque chose d'aussi joli et blanc pouvait être si... si vide. Il se jeta rapidement un sort de chaleur.
Ça ne fit rien pour combattre le froid.
Poudlard. Il pouvait déjà voir son sommet d'où il se tenait. L'école empestait les élèves et les professeurs ennuyeux et superficiels, inconscients du destin qui les attendait tout. Ça empestait la peur et le désespoir de la guerre qui allait bientôt éclater... mais cela ne semblait pas le déranger.
Il considérait toujours Poudlard comme sa maison.
Alors qu'il approchait au détour d'un chemin, il vit quelqu'un étendu sur la neige. Il aperçut des cheveux bruns touffus et il sourit.
"Sang-de-bourbe", dit-il, avec arrogance, debout à côté d'elle, regardant le sol. Elle leva les yeux vers le son de sa voix, agita les mains frénétiquement sur la neige, puis rit bruyamment sans raison apparente. "Es-tu devenue folle ?"
"Dis ce que tu veux, Malfoy." Elle sourit, tout en se levant et en se dépoussiérant. "Tu ne pourras pas gâcher ma bonne humeur aujourd'hui."
"Qu'est-ce que tu fais ?" Elle était en train de dessiner un cercle sur la neige avec son doigt... Juste au-dessus de ce - ce - qu'est-ce que c'était ?
"Qu'est-ce que c'est ?"
"C'est un ange de neige, idiot." Elle sourit. "Tu vois, ça, c'est la tête." Elle pointa du doigt. "Ça, c'est le corps et l'auréole."
Il la regarda et leva un sourcil. "Un quoi ?"
"Viens, je vais t'apprendre", dit-elle en lui tendant le bras et en saisissant sa main.
C'était étrange. Elle n'aurait jamais fait une chose pareille en temps normal. Elle serait dégoûtée à la simple vue de lui et vice-versa.
Sa main aussi, il fut surpris de la trouver si chaude.
Il la laissa l'entraîner par terre et il ne savait pas pourquoi, mais il suivit ses instructions. C'était probablement parce que Granger était si belle aujourd'hui. Son visage s'illuminait à chaque fois qu'elle souriait et il y avait quelque chose en elle qui était fascinant. Pourquoi était-elle si heureuse ?
"Et c'est comme ça qu'on fait un ange de neige", dit-elle avec fierté. Elle se leva et lui offrit sa main. Il la prit et se leva à son tour.
Il fronça les sourcils quand il vit son ange de neige. Il était déformé et ne ressemblait en rien à un ange. Il ressemblait à un monstre.
"Le mien est affreux", dit-il avec une légère irritation, bien que son visage ne montrait jamais rien.
"Ne sois pas si dur", dit-elle en riant, et frappa son bras de façon enjouée. "Je vais te l'arranger."
Elle s'allongea à nouveau et répéta ses gestes, mais cette fois, elle était au-dessus de son monstre de neige.
"Voilà !", dit-elle, en se levant et en se dépoussiérant pour la troisième fois. Elle le regarda, les yeux bruns remplis de joie. Il sentit quelque chose remuer dans son estomac. "Maintenant, c'est parfait."
Il regarda son monstre de neige. Il était encore un peu déformé, mais il n'avait plus l'air si terrible.
Et c'était parfait.
Il sourit pour la première fois cette année-là.
La neige ce n'était pas si terrible après tout.
Draco sourit à ce souvenir. Il regarda à nouveau le centaure devant lui. Il était sur le sol, hurlant, se tordant de douleur.
Et il n'avait même pas encore levé le petit doigt.
"Je t'aurai à la fin."
