Hello, j'espère que ce second chapitre vous plaira. En joie!


"Holà bel ingénieur?"

Martín n'avait pû que répéter les mots, absourdi. Sergio tentait de se cacher derrière sa main, son frère avait fait des choses innomables, pourtant cela ne l'empêcha pas d'avoir simplement honte de la phrase d'accroche.

"Qu'est ce que j'ai dis?

-T'es pas croyable!" Vociféra l'ingénieur, il avait le visage coloré de colère, son regard furieux bloqua toute tentative de parole de son ancien ami. Andrés ne tenta pas le diable et choisi de s'abstenir dans son art d'avoir toujours le dernier mot. Il prît même la peine d'avoir un air désolé. Martín ne manqua pas le changement de comportement, sa tête eu un léger mouvement de recul, ses deux sourcils se levèrent en signe d'incompréhension.

Leurs regards s'accrochèrent un instant, Sergio constata que l'alchimie était toujours là, il profita de ce moment pour s'éclipser, ce que Berlin ne manqua pas:

"Où vas-tu hermanito ?"

Ce dernier tourna ses yeux à droite puis à gauche dans une mimique plutôt comique et répondît:

"Aux toilettes?"

Il s'engouffra à l'intérieur du bar, laissant les deux hommes face à face.

"Tu veux un verre? Il y a du vin blanc plutôt bon.

-Nous ne sommes pas à un rendez-vous galant Andrés.

-En effet. Si je suis ici c'est pour en obtenir un, prochainement.

-Je te demande pardon?

-Je vais être clair, je veux faire amende honorable auprès de toi."

Le regard profond de l'espagnol permis de détourner l'attention sur le tremblement régulier de sa main gauche. Il croyait avoir fait le plus dur, c'était faux, la grande épreuve était là, terrible et effrayante, dans l'un des plus beaux endroits du monde.

"Tu a été très clair, ce soir là."

L'air autour d'eux semblait lourd, Berlin n'eu pas le temps de commencer sa phrase que Martín reprît:

"Mitochondrie. Je n'ai pas oublié ce qui te retenait, tu m'as laissé assez de temps pour que je l'intègre. Qu'est ce que tu espérais? Pendant qu tu t'amusais sur ce plan minable tu pensais que je t'attendais? Bien sûr je ne vis que pour être à la disposition de Monsieur De Fonollosa!

-N'exagères pas.

-Que je n'exagères pas?! Va te faire foutre.

-Donne moi trois semaines pour te convaincre.

-Me convaincre? Que tu es toujours un connard?

-Que l'on partage toujours ce lien unique."

L'argentin secouai la tête doucement, on n'aurait pû dire si cela était un hochement positif ou négatif, Andrés attrapa ses mains, tenta un dernier:

"Por favor."

L'hésitation était palpable, Martín était assailli de tout ses souvenirs, les bons et les mauvais, tout ceux qui concernait l'homme devant lui, un combat acharné entre sa fierté et les sentiments qui l'animait quand il s'agissait d'Andrés; il n'écouta pas sa raison.

"J'espère que tu as amassé beaucoup d'argent avec tes conneries."

Sergio arriva magiquement au bon moment coupant la discussion, sa présence amena naturellement quelque chose de plus léger dans l'atmosphère. Ils discutèrent de tout et de rien, surtout de rien. Le jeune homme au lunettes avait le sentiment désagréable de tenir la chandelle, l'éléctricité crépitait, les regards se cherchaient et s'évitaient. Martín avait gagné en repartie quant à Andrés on ne parlerait pas de douceur mais plutôt de prudence.

Il se sentait marcher sur des œufs, là où il pensait retrouver la passion invincible, il se trouva face à des doutes qu'il croyait avoir écartés.

Reussirai-t-il à fixer ce qu'il avait explosé?


Le soir arriva tranquilement, il apporta une fraîcheur bienvenue, le ciel se teinta de couleurs sombres enveloppant le trio dans un silence réconfortant, le chemin jusqu'à l'hôtel passa rapidement.

Arrivés à la réception, Sergio et Andrés demandèrent leurs clés, Martín était légèrement en retrait, sa valise l'attendait dans un autre établissement du coin. Le plus jeune ne s'attarda pas avec eux. Berlin s'avança auprès de l'ingénieur et lui tendît une clé.

"Tu étais tellement persuadé que je te dirais oui que tu m'as loué une chambre?

-Je n'étais sûr de rien. L'espoir m'as poussé à anticiper.

-Epargne-moi tes nuances."

L'attaque verbale perdît de sa valeur lorsqu'il lui prît la clé. Le sourire qui se glissa sur les lèvres de l'espagnol rappella à Martín à quel point il le trouvait sexy, donc dangereux.

"Mon hôtel est moins beau que celui-ci."

Les yeux bruns de Berlin parlèrent pour lui et l'ingénieur esquiva. Ce dernier aurait pû trouver le moyen de faire parvenir ses affaires mais il avait besoin de ce temps de route afin de réaliser sa journée. Alors qu'il s'appretait à passer la porte principale il entendît dans son dos:

"Je suppose que Sergio et moi pouvons t'attendre pour le dîner de ce soir?"

La voix était parfaitement maîtrisée entre la gentille moquerie et la réelle attente d'une réponse positive. L'argentin ne s'arrêta pas agitant simplement la main en l'air. Andrés trouva ce geste suffisament satisfaisant. Il sentait son large sourire pinçer ses joues. Martín était un déclencheur des possibles pour lui, il aimait penser que la totalité des émotions qu'il pourrait lui faire ressentir n'était qu'à un tiers explorées. C'est sur cette agréable pensée qu'il alla dans sa chambre se rafraîchir et se préparer pour le repas du soir.

Le plateau de fruits de mer présenté comme l'incontournable du menu avait l'air délicieux, sublimé par une bouteille de Chablis blanc, il aurait fait rosir les pommettes de Martín, si ce dernier était venu.

Le troisième hôtel qui longeait la plage fût le bon, Andrés avait le cœur qui battait à tout rompre, un mélange subtil de peur et de colère, un rien pouvait le faire basculer dans une de ses émotions. Lorsque le réceptionniste annonça sobrement 'Monsieur Berrote ne se trouve pas dans sa chambre', l'espagnol se sentît tomber mentalement, un filtre sombre voîla son regard.

"N'avais-vous donc aucune compétences pour me renseigner convenablement?

-Eh bien..." L'employé était mal à l'aise, il cherchait ses mots, les yeux bruns devant lui ne faisait que de le déstabiliser.

"Berrote?" Une voix féminine s'éléva dans son dos, c'était une jeune femme de ménage, elle resta interdite devant l'expression féroce du client se trouvant devant elle, après un toussotement discret elle reprît:

"Il m'as demandée de nettoyer sa chambre pendant qu'il était à la plage."

Il n'eut besoin de plus d'informations pour s'élancer, un petit chemin à l'extérieur de l'établissement le mena à l'étendue de sable, il quitta ses chaussures en cuir ainsi que ses chaussettes, il fît des ourlets au bas de son pantalon de costume et marcha vers la silhouette qui se dessinait au loin. La seule luminosité provenait du bâtiment derrière lui, heureusement que l'argentin avait enfilé des vêtements clairs.

Chacun de ses pas s'enfonçant dans les petits grains semblaient lourd, quels arguments pouvait-ils trouver à présent?

Une fois proche de l'homme assis dans le sable, il se racla la gorge:

"Tu as toujours su te faire désirer."

Martín sauta sur ses pieds, se retourna vivement et frappa le visage de l'espagnol, celui-ci s'était penché sous le coup, il aurait pû dire qu'il l'avait vu venir mais cela aurait été faux. Jamais il aurait imaginé son ingénieur lui faire ça, il réalisa son erreur, il était venu en terrain conquis, s'octroyant le plaisir de croire qu'il serait à jamais irrésistible aux yeux de Martín. Les régles du jeu avaient changées et il n'y était pas préparé.

"Pelotudo ! Cinq mariages! Tu m'en a fais subir cinq! Tu me donnes le baiser de ma vie et fous tout en l'air dans le même temps. Qui fait ça Andrés? Hein? Qui à part toi?!"

Il reprît une grande inspiration, posa ses mains sur ses hanches, la tête baissée, quelques secondes de répit pour les deux hommes, la voix était cassée à présent. Les larmes qui montaient lui donnait l'impression d'avoir la gorge gonflée, il serra les dents réprimant un maximum la tristesse qui tentait de le submerger.

"Cela tournai dans ma tête, il est revenu pour toi, il est revenu pour toi... Pourtant j'arrive pas à écarter ce soir là, c'est impossible."

Prudemment Andrés s'approcha de Martín, il passa une de ses mains sur la nuque de l'homme, les gestes étaient semblables à ceux de l'ingénieur lors de cette soirée où il l'avait laissé. Aujourd'hui c'était à l'espagnol d'amorcer le baiser, la passion se présenta directement, ils émirent un gémissement lorsque leurs lèvres s'entrouvrirent pour approfondir le baiser, c'était comme une claque. Dans un dernier sursaut de lucidité Martín éloigna son visage, Berlin ne relacha pas sa prise et murmura:

"Es possible."

Il répeta les deux mots, une véritable litanie qu'il accentua de baisers entre chaque ponctuation. L'argentin réussi à ralentir les assauts éffrénés, il colla son front à celui d'Andrés et chuchota:

"Trois semaines?"

A suivre...