2. Repeupler en paix
Sabrina 20 ans
3 après CS. 2001 ap. JC
Tu regardes Nick près d'Ambrose, très loin de toi.
Tu te sens coupable mais tu es également soulagée. Tu lui avais expliqué et, faute d'être d'accord, il avait accepté. Il avait été déçu, blessé même, mais il n'avait pas fait de scène, aucun geste de colère. Il avait serré les points mais rien de plus. Ça faisait presque un an et il semblait parfaitement heureux avec une jeune sorcière sur les genoux. Le tombeur.
Tu regardes un peu plus proche mais toujours trop loin : les trois sœurs. Les trois merveilleuses sorcières mangent tranquillement avec les enfants. Prudence aurait sans doute aimé être ailleurs mais les enfants l'adoraient, elle était Badass, et Dorcas et Agatha adoraient les enfants. Ce n'est pas comme si Prudence pouvait combattre le petit sourire séducteur d'Agatha ou les yeux implorants de Dorcas.
Vous étiez vendredi, journée de festin, le repas était excellant, tu commençais vraiment à être douée en cuisine, tu passais y beaucoup de temps avec Hilda et les autres cuisiniers. Au grand dam de ta tante Zelda. Tu passais aussi beaucoup de temps avec elle dans l'ancien bureau de Faustus, que Zelda avait pratiquement détruit avant de changer la totalité de la pièce.
Les appartements de Faustus sentaient encore un peu le brûler d'ailleurs, mais personne n'avait rien dit.
Ta tante faisait bien trop peur.
Tu aidais tes tantes… Tu voulais être là pour elle. Enfin trouver ta place dans ce monde qui était le leur. Tu voulais les aider à créer, soutenir et faire prospérer cette Congrégation, être un élément actif, fondateur.
Tu discutais des éléments pratiques, comme des arrangements de vie quotidienne avec Hilda, les arrangements scolaires avec les sœurs et avec Nick, qui t'adressait assez poliment la parole. Frère Abelus, un sorcier de presque 500 ans, se faisait pressentir pour être le prochain Directeur de l'Académie. Zelda hésitait à laisser son bureau à l'Académie en faveur du futur Directeur et à retourner au Mortuaire Spellman.
Avec ton éducation humaine, plutôt laïque, tu pensais que séparer l'Église, ou du moins la croyance et l'école te semblait nécessaire. Tu proposais de créer un chemin entre l'Académie et le Mortuaire, qui passerait près votre petit autel à Lilith.
Un chemin protégé.
Il suffirait quelques plantes protectrices, peut-être demander l'aide de quelques familiers sauvages, tu étais sûre que contre un coin auprès de feux et une gamelle de nourriture, ils seraient d'accord à prêter attention aux petits sorciers qui parcouraient les bois.
Le retour au Mortuaire Spellman était une excellente idée. Tu étais très enthousiaste à l'idée de fuir l'Académie. Car tu dormais dans le dortoir des sœurs, ce qui aurait pu être agréable... mais ça ne l'était pas. Ça te tuait à petit feu. Tu ne savais pas comment te comporter… Une distance s'était installée… Agatha et Dorcas n'étaient plus du tout tactiles avec toi, après avoir dormi toutes ensemble pendant des semaines, ton lit te semblait vraiment froid et si vide. Et quand tu te réveillais en sursaut et en sueur et que les sœurs étaient nichées les unes contre les autres, dans le lit de Prudence, le plus souvent, il y avait comme un sanglot, que tu emprisonnais dans ta cage thoracique.
Alors tu te levais, Salem te suivait. C'était à ce moment-là que tu avais commencé à créer le chemin protégé entre le Mortuaire, que beaucoup appelait désormais le Sanctuaire, lieu de résidence de la Haute-Prêtresse, et l'Académie. Tu mettais des graines au sol, des plantes discrètement magiques, des sortes de trèfles à quatre-feuilles, qui éloignaient les intrus et les êtres aux mauvaises intentions. C'était Gisèle qui t'avait donné ces graines, quand la proposition du déménagement de la Haute-Prêtresse et la création d'une voie entre les deux à travers la forêt avait été acceptée : expliquer la séparation de la croyance et de la connaissance à des sorciers avait été difficile, c'était Zelda qui avait réussi. Zelda avait parlé de distinction, pas de séparation.
C'était lors d'une de tes ballades avec Salem qui te regardait comme si tu étais une fuyarde lâche et peureuse, (tu évitais généralement son regard) que tu avais vu un loup pour la première fois.
C'était un jeune louveteau, une femelle, une fillette de 8 ans, tu l'apprendras plus tard. Quand tu avais vu une sorte de chien se mettre à chasser ton Salem, tu avais d'abord eu peur pour le chien… Il allait clairement se faire dévorer… Mais Salem avait gardé sa forme de chat et s'était laissé « capturer » par la jeune louve. Elle t'avait rapporté toute contente ton familier qui faisait le mort dans sa gueule, comme si c'était quelque chose de normal. Ça l'était peut-être… Les familiers et les loups étaient des races amies.
Tu avais regardé dans les yeux de la louve, tu n'avais nullement peur, si tu avais été en danger, Salem n'aurait pas joué et t'aurait protégé. Il connaissait visiblement le petit loup. Des yeux presque blanc, couleur de lune bleue, tu avais lu ça dans un livre, sur les garous. Tu avais caressé sa tête, calmement comme pour la féliciter, avant d'entendre un grognement derrière toi. Salem s'était redressé et mis entre toi et la meute. La louve avait filé, comme réprimander par la meute.
Tu avais légèrement frissonné en voyant presque 30 loups, des meutes aussi grandes étaient très rares maintenant, tu avais baissé la tête mais tu avais regardé directement le loup que tu devinais être l'alpha, le chef dans les yeux : tu disais bonjour poliment, mais tu rappelais que tu étais sur ton territoire, sur le territoire de ta Congrégation. L'alpha avait baissé la tête respectueusement et la tension avait disparu. Tu étais l'hôte et eux seraient des invités respectueux.
L'alpha avait morphé et tu t'étais retrouvé devant un femme d'une cinquantaine d'année, sans doute plus, les loups pouvaient vivre aussi longtemps que les sorciers, très nue et très à l'aise de ce fait. Tu avais totalement rougi devant la femme et tu étais presque sûre que les autres loups s'étaient moqués de toi, tu étais totalement sûre que si la forme de chat de Salem pouvait rire, tu l'aurais entendu pouffer.
L'alpha avait demandé asile, un gîte et l'autorisation du couvert. Tu ne pouvais décemment pas laisser des loups, surtout des louveteaux dormir dehors. Alors tu les avais conduits à l'Académie.
Désormais vide d'orphelin, le dernier avait fait ses bagages vers sa nouvelle maison depuis presque 10 jours et les maisons des membres décédés de la Congrégation avaient été distribuées, l'Académie était capable de loger une trentaine de personne. Les derniers orphelins sorciers avaient été adopté et des vivants avaient pris la place des morts. La vie reprenait ses droits.
Tu avais envoyé Salem chercher Zelda au Sanctuaire. L'Académie pouvait donc accueillir pour quelques temps les nouveaux visiteurs et Zelda pouvait décider du reste. Tu avais réveillé Hilda, qui semblait mi-ravie, mi-hébétée, de faire cuire un demi tonne de viande à trois heures du matin pour des loups sous forme humaine plus ou moins vêtus.
Prudence, Dorcas et Agatha, réveillées par les hurlements de louveteaux et des jeunes loups affamés, étaient plus que contrariées de la présence de la meute, mais Hilda ne leur avait pas laissé le temps de se plaindre avant d'en faire travailler deux en cuisine et d'aller faire chercher des vêtements à la troisième. Zelda et l'alpha Irène, tout comme Abelus et Gisèle, étaient allés discuter dans le bureau du Directeur.
Hilda s'était précipitée avec l'aide des trois sœurs, assez récalcitrantes mais obéissantes et de toi à vêtir et nourrir les 27 nouvelles têtes, des jeunes pour la plupart. Des enfants et des adolescents. Nick avait visiblement plu aux jeunes louves et Ambrose avait commencé à faire du charme à certains loups et louves, jeunes et moins jeunes. Les sœurs en avaient fait flippé plus d'un. Très vite, d'autres sorciers et sorcières étaient arrivés, moins hostiles que les sœurs. C'était de la curiosité et un peu d'émerveillement. Les loups étaient si rares.
Une fois certaine que tous étaient rassasiés et mis au lit, Hilda était montée sans hésiter, pour prendre part à la discussion sur la question des loups. Tu hésitais à la suivre. Tu pensais que c'était une question à faire saisir par la Congrégation. Il fallait aussi leur parler de Lilith et parler d'eux à Lilith. Tu ne pensais pas qu'elle refuserait de donner asile aux loups. Tu pensais au contraire qu'elle adorerait ça, tu te demandais même si ce n'était pas Lilith qui les avait menés ici. Tu supposes que les loups sont religieux aussi, tu te demandes si elle préfère les prières de sorciers ou des loups…
Tu fermes les yeux et tu penses à Lilith. Tu espères qu'elle est heureuse, forte, entourée, tu espères qu'elle est satisfaite de ce que vous faîtes. Tu commences toutes tes prières comme cela, tu veux d'abord faire une prière pour elle… et puis tu espères qu'elle protège toutes les créatures magiques, marginalisées, écartées, toutes ces créatures qui sont obligées de s'éloigner de la société humaine et parfois de fuir les sorciers ou l'Église de la Nuit. Tu lui demandes de protéger et de guider les âmes perdues, effrayées et chassées vers cette Congrégation, vers cette terre, si proche de l'enfer, mais qui ressemble à un refuge.
Ton esprit divague, tu imagines la vie avec les loups, avec les loups intégrés à la Congrégation. Tu imagines bien Irène et Gisèle débattre sur tel ou tel plante. Tu imagines les enfants jouer ensemble les uns en loup chassant pour rire les autres, et vice-versa. Tu imagines très bien tout cela. Tu te demandais comment Cerberus allait gérer la présence des loups, de l'odeur des loups sur Hilda. Depuis leur mariage, ça avait été intime et rapide. Le temps n'était pas à la fête, mais Hilda voulait véritablement s'engager avec cet hom… ce vampire et Zelda avait accepté de présider la séance. Hilda rayonnait et Cerberus aussi, enfin autant qu'un vampire peut rayonner.
Tu riais d'avance à l'idée d'Irène être présentée à Cerberus, dans son costume. Tu imagines sa tête, leur tête… Tu essayes d'imaginer la gêne, la méfiance, mais finalement l'amusement d'Irène et l'acceptation de Cee, c'était un hom… un vampire doux et généreux.
Et tu imagines très bien, dans son magasin, les jeunes loups : les adolescents, traînés dans les rayons, et les enfants, galopés partout, saturés de sucre. Tu imagines des soirées dans les bois, avec des loups partout, et des enfants-sorciers qui apprennent à voler, qui apprennent à faire du feu magiquement ou non…
Tu imagines t'allonger près des personnes que tu aimes la lune haute et pleine. Tu imagines les sœurs à la lumière douce de la lune...
-Tu es bien loin…
Tes yeux en s'ouvrant tombent sur Prudence. Tu sursautes, ça fait presque 10 jours qu'elle ne t'avait pas adressé la parole, sans que cela soit nécessaire.
-Je pensais à… Tu avales difficilement ta salive, quand tu avais encore le courage de tes émotions, tu aimais la défier, la faire sortir de ses gonds… Mais maintenant que tu enfermes tout, tu te contentes de dire… à la réunion de la Congrégation pour voir si les loups peuvent rester.
-Vraiment ? Tu pensais à cela ? Ton mensonge ne passe pas visiblement. N'en as-tu pas marre de mentir ?
-Je…
La colère de Prudence semble explosée.
-Tu disparais presque toutes les nuits… et pour quoi… pour te balader et aller à la rescousse de foutus loups. Tu fais tout pour t'éloigner. Pour t'éloigner de nous.
-Quoi ? Je… Je
-Tu… tu quoi… Tu passes ton temps dans une stupide école humaine, tu passes ton temps dans la cuisine avec Hilda, dans le Sanctuaire avec Zelda, tu ne viens pratiquement plus aux cours communs, tu te contentes de lire des livres et de rendre tes devoirs au Directeur…Ses yeux te foudroient, elle ne t'avait pas regardé comme ça depuis longtemps. Ambrose se plaint de ne plus pouvoir te parler…
Tu rougis de honte. C'est vrai que tu n'avais pas parlé à ton cousin depuis un moment… Mais tu voulais que Nick ait un ami. Tu tentes :
-Je… pour Nick…
Oui, oui ! Ton petit drame avec Nicky… On sait, on sait… Elle se moque de toi, son ton est odieux. Tu serres les dents. Mais c'est quoi ton excuse pour mes sœurs ? Tu mordilles ta lèvre. Avec Dorcas et Agatha... ça fait combien de temps que tu n'as pas parlé avec elles, vraiment parler ! Tu t'éloignes…
Tu souffle doucement.
-Je ne voulais pas vous gêner…
-Nous gêner ? Nous GÊNER ?!
Tu balbuties.
-Dans vos… vos retrouvailles… et votre relation... Je… Tu… Elles… Tu avais les larmes aux yeux. Lilith, tu voulais fuir cette conversation. Tu avais trop peu dormi, tu avais trop peu de contrôle sur tes émotions pour cette conversation.
-Elles quoi ? Sabrina, tu les as jetés comment oses-tu faire cela à mes sœurs ?
Il te semble hurler ses quelques mots, parce qu'ils te demandent tant d'effort, mais en vérité ce n'est qu'un murmure.
-Elles sont à toi.
-A moi ? Prudence se calme soudain. Tu… Tu dis que c'est ma faute ? Sabrina ?! Comment oses-t…
-Non. Ce n'est pas ta faute. C'est moi. Je ne… J'avais pris ta place… Tu baisses les yeux… Tu ne voulais pas voir sa réaction. J'étais leur pilier. Quand tu étais partie… Mais maintenant… Je ne sais pas comment… vous aimer…
Mais tu te tais.
-Ta place, c'est avec nous. Sa réponse est ferme et sans appel.
Mais de quelle manière ? Avec vous ? Avec elles pour rire aux facéties des enfants, avec elles pour manger, avec elles pour préparer les cours, avec elles pour vivre comme une… amie… Tu ne voulais pas être leur amie, tu voulais être tellement plus… Et si elles t'offraient une place, juste une place d'amie, ça allait te tuer. Te tuer de les voir s'aimer sans toi, même si tu n'étais pas sûre de savoir aimer encore... Tu voulais être près d'elles, tu voulais caresser les cheveux de Dorcas pour favoriser son endormissement, tu voulais embrasser Prudence pour faire partir sa mauvaise humeur si adorable, tu voulais cajoler la joue de Agathe pour chasser une moue boudeuse, un rictus sarcastique.
Tu ne voulais pas répondre ça, tu ne voulais pas avoir l'air si… seule, désespérée… Tu étais la petite sang-mêlé, qui n'appartenait pas vraiment au groupe. Qui essayait pitoyablement de se lier à la Congrégation. Tu ne voulais pas répondre et alors tu gardes le silence, regardant tes chaussures comme si c'était la chose la plus intéressante au monde. Devant ton silence, Prudence s'impatiente et attrape fermement ton menton, te faisant relever la tête. Son regard dure s'adoucit légèrement devant mes larmes coulant silencieusement. Tu te mordais la langue pour rester muette, te tordais les mains pour rester immobile, ses yeux capturent presque douloureusement les tiens et tu ne peux t'empêcher de la trouver belle, de trouver ses yeux verts si puissants, presque dorés parfois, ruisselant de magie et de puissance.
-Tu es lâche. Ses mots te poignardent et tu fermes les yeux pour contrôler la douleur, la cacher. Mais la voix de Prudence ne te laisse aucun répit. Tu es lâche et égocentrique.
Elle lâche ton menton et quand tu trouves le courage d'ouvrir enfin les yeux, elle n'était plus là.
Tu ne voulais vraiment pas penser à ça.
()()()
L'arrivée et l'accueil des loups avaient déclenché un retour des créatures, non des êtres magiques dans la forêt de Greendale. On disait juste les petits magiques et les grands magiques.
Les petits étaient des êtres qui avaient souvent été chassé par les sorciers pour leur Des sylvains et des fées étaient venus s'installer. D'abord hostiles à un quelconque dialogue, ils avaient été plus facile à amadouer avec des offrandes sous forme de nourriture et de petits bijoux et objets du quotidien. Les caissières et cassiers du supermarché de Greendale pensaient que tu étais boulimique en vue de la quantité de sucrerie que tu avais achetée.
Les sylvains étaient un peuple terrestre alors que toutes les fées avaient des ailes. Tu avais vite compris, que, même s'ils avaient la même langue, il n'y avait chez les sylvains pas vraiment de gouvernement alors que chez les fées, une sorte de famille royale régnait.
Le dialogue n'était pas facile puisque tu ne connaissais pas du tout le langage commun de la forêt, une sorte de langue naturelle. Fort heureusement, Gisèle connaissait parfaitement ce langage et t'avait aidé à entrer en communication et en commerce avec les fées et les sylvains. Un passage sur dans la forêt pour tous avait été négocié sans mal, mais leur faire comprendre que vous des grands magiques, vous vouliez faire du troc pas spécialement à grande échelle mais du moins tous les jours comme dans le temps, avant la chasse et les massacres, ça les avait étonné et excité. Très vite, les fées comme les sylvains allaient et venaient partout dans les maisons pour faire du troc... Petits services contre petites sucreries... rien de mieux qu'une ou deux fées pour débarrasser un jardin des insectes trop nuisibles...
Khâuh était ton interlocuteur après des sylvains et il était surtout le professeur de langue commune. Il parlait parfaitement la langue des hommes et il avait une grande influence après de son peuple. Zelda avait promis qu'aucun sorcier ne ferait de mal à un sylvain, le meurtre d'un sylvain serait puni de mort et Irène avait promis la même chose. Et cela avait considérablement aidé.
Il avait même aidé à faire accepter une rencontre entre Zelda et Irène et la Reine des Fées. Les fées étaient un peuple plus farouche puisqu'il existait des lois, une véritable nation. Les fées n'étaient pas amicales envers les grands magiques car ces derniers avaient tendance à les capturer pour les utiliser comme ingrédient pour potion ou juste comme casse-croûte. Zelda s'était mordue les lèvres gênée, alors qu'Irène avait légèrement rougi.
La Reine actuelle était une très jeune reine seulement au pouvoir depuis 100 ans, cela avait joué en votre faveur, elle était jeune et curieuse. Zelda et Irène avaient promis qu'une vie de fée valait autant à leurs yeux qu'une vie de grand. Et que quiconque ferait du mal à une fée serait puni comme le veut la loi.
Bien sûr, ça n'avait pas été si simple. Des sorciers et des loups étaient complètement puristes sur ces questions. La Congrégation était tout de même jeune et révolutionnaire et l'intégration des sylvains comme des fées à la Congrégation s'était faite sans trop de mal. Khâul, le lutin des Chênes et Soylyé étaient au même titre qu'Irène et que Zelda un référent pour leur race respective.
Khâul donnait des cours de langue et de civilisation à tous les enfants et aux adultes qui le souhaitaient. Tu voulais que tous puissent communiquer avec les sylvains ou les fées. Au début ni les sylvains, ni les fées n'étaient très volontaires pour apprendre la langue des hommes mais quand ils avaient compris que le troc avec les Grands Magiques, comme ils le disaient pouvait être intéressant, les cours avaient vite été rempli. Maintenant, les jeunes fées et les jeunes sylvains avaient des cours à l'Académie et deux professeurs bilingues Gisèle et Achristo, une sorcière et un loup, venaient au crépuscule, l'un chez les sylvains, l'autre chez les fées.
Les grands magiques étaient les nains, les nymphes et les hydriades.
En plus des petits êtres de la forêt, des Nains avaient repris leur domicile dans les mines de Greendale, dans des endroits qui avaient été abandonné par les ouvriers de la mine et assez loin de la porte des Enfers. Tu avais regardé chaque créature écouter l'histoire de Satan et l'histoire de Lilith. Les nains malgré la croyance n'étaient pas petit, enfin pas tous mais ils avaient surtout la capacité de grandir ou de rapetisser à volonté, c'était leur magie. La magie de la transformation de leur corps et des minerais. Donc, tu avais appris que les Géants de contes pour humains étaient aussi des nains. Tu avais appris aussi que nain voulait dire dans la langue de la forêt, graine car un nain peut être petit comme une graine puis aussi immense que le plus vieux des arbres. Tu aimais cette idée. Tu l'avais vu toi-même. Un nain grandir et rapetisser, les vêtements n'avaient pas survécu et tu avais de nouveau rougi. Tu te demandais si tu étais la seule qui avait un peu de pudeur dans cette forêt.
L'entrée des nains dans la Congrégation s'était faite avec joie. Les nains étaient des artisans et des artistes incroyables et c'était un peuple sage et ancien. Avec la même promesse de respecter la vie et les droits des nains comme ceux des autres magiques, le doyen Fyrnir avait avec dignité pris sa place juste à côté de Zelda, Irène, Khâuh et de Soylyé.
Finalement, des nymphes et des hydriades étaient venus. Invité par la voix de Lilith, par les rumeurs des sylvains, des fées et des nains… D'abord inquiètes et anxieuses, ces deux peuples uniquement féminins avaient par l'intermédiaire des nains demander un endroit où vivre. Lilith elle-même les avait accueillis, elle semblait réellement heureuse d'aider un peuple si souvent rejeter et utiliser. Deux matriarches, une Reine pour le peuple aquatique et une Ancienne pour le peuple des arbres, s'étaient, toutes deux, assise au conseil de la Congrégation : Akos et Gaÿosi.
Quand les hydriades et les nymphes étaient venu près de l'Autel, la première fois, elles avaient offert une goutte de sang chacune. Un cadeau d'une immense valeur puisque le sang des hydriades est comme la plus pure des eaux de source et celui des nymphes recelait la vie elle-même.
Lilith avait lentement baissé la tête devant ces merveilleux cadeaux, et la fête qui avait suivi avait été merveilleuse. Tu avais vu Lilith sourire et même rire devant les tentatives de séduction des plus jeunes hydriades et de quelques nymphes téméraires.
Lilith venait assez rarement, elle semblait fatiguée, tu voulais toujours lui parler, mais tu n'osais pas. Elle t'avait tellement donné, tu voulais l'aider. Tu voulais l'aider pour les démons, pour les Enfers, pour… pour tout ce qu'elle voudrait… Mais tu n'osais pas…
Que pouvais-tu faire ? Une jeune demi-sorcière…
Tu voulais au moins la servir ici-bas. Tu avais parlé à Zelda des démons. Enfin, ta tante t'avait d'abord hurlé dessus pendant presque une demi-heure pour t'être aventurée aux Enfers, puis tu avais enfin pu en placer une. Les Treize Démons étaient devenus des protecteurs.
Deux pour chacune des 6 grandes races et un Chef. Les 13 protecteurs.
Les démons semblaient ravis de parcourir la Terre sans violence et sans peur, pas de chasseurs humains, ni de bannissements sorciers. Des rites et des rituels avaient été créées pour appeler et demander de l'aide ou une audience à ses créatures. Les nymphes et les hydriades avaient deux protectrices chacune mais les autres races avaient des couples de protecteurs, une démone et un démon.
Et leur chef Phystos s'offrait à toutes les races comme protecteur supplémentaire et commun. En tant de paix, les démons seraient surtout des guides et des professeurs pour chaque race. Quelques-uns d'entre eux s'était jeté sur la bibliothèque pour corriger les livres sur eux ou sur leurs frères et soeurs qui n'étaient plus. Certains avaient même écrit leur histoire, l'Histoire des Démons et l'histoire des disparus.
Une immense salle leur avait été offerte pour qu'ils puissent travailler et enseigner. La salle était désormais nommée le Démorium et était un bijou d'architecture et de magie, car le Faux-Dieu ne laissait pas les démons se balader sur Terre sans rien dire. Des sorts qui protégeaient et cachaient les démons avaient été mise en place. Chaque sorcier en âge de faire les sorts les avaient lancés, les nains avaient construit des murs capables de résister à la magie des démons et les autres êtres magiques avaient offert des artefacts pour renforcer l'endroit.
Tu avais la volonté nette d'aider Lilith et pour cela tu allais aider ses enfants à retrouver le goût de la vie. Tu allais aider sa première Haute-Prêtresse à créer une vraie croyance bonne et juste. Surtout, tu allais aider sa première Congrégation à survivre quoi qu'il arrive.
Alors tu travaillais d'arrache-pied. Tu te perdais dans la bibliothèque, tantôt pour apprendre plus de magie, tantôt pour faire des recherches religieuses pour Zelda. Tu travaillais aussi tes cours par correspondance, pour être diplômé d'un point de vue des humains. Tu passais du temps avec les anciens de chaque race, ta langue commune était presque parfaite, et avec les démons, qui voulait partager leur siècle de savoir avec les jeunes.
Tu voulais être puissante et prête, au cas où… Pour protéger les tiens.
Et Zelda voulait corriger ses années à croire en une foi servile qui n'avait que l'apparence de la liberté. Elle ne le disait pas mais elle avait honte de tout cela. De ce qu'elle avait fait pour ou au nom de Satan. Elle voulait ouvrir une voie, donner une voix à la vraie liberté, à la vraie puissance, à la vraie Déesse. Car Lilith était la nouvelle reine des Enfers, notre guide, notre protectrice. Sage, puissante, douce, terrible… Elle était tout cela. Tu parlais souvent de Lilith à Zelda, comment même sous la forme de Miss Wardwell., elle avait pu être douce et te guider. Une sorte de gouvernance c'était mise en place… Gisèle prenait de plus en plus le pas pour les affaires courantes pour les sorciers et les sorcières. C'était peut-être mieux ainsi parce que ta tante allait se tuer à la tâche entre le rôle de Haute-Prêtresse et le rôle de Tête… Chaque race avait une Tête et choisissait deux anciens pour le Vieux Conseil. Les décisions importantes étaient toujours prises à la majorité du 6/7ème… Un truc religieux… Tu n'avais pas très bien compris pourquoi ses chiffres… Zelda t'avait dit de relire la Bible, Pff ! Par Lilith, tu avais autre chose à faire.
Tu pensais souvent à Lilith presque autant que tu pensais aux sœurs. Tu priais, lui parlais sans cesse. Tu te trouvais parfois ridicule mais il y avait des fois où des livres apparaissaient sur ta table de nuit, sans explication, des livres sur le sujet que tu étudiais. Des livres sur les protections, sur les créatures magiques… Tu aimais ça, tu aimais penser qu'elle t'écoutait, qu'elle t'offrait un peu de son précieux temps, de son précieux savoir… les livres ne semblaient pas venir de la bibliothèque mais tu les y amenais après les avoir étudier, bien sûr.
Ça te réconfortait que quelqu'un prenne soin de toi.
Car Zelda ne te voyait plus, ne te traitait plus comme une enfant, mais presque comme son égale, elle t'écoutait vraiment et même si elle avait bien souvent raison sur le monde magique et sur les approches religieuses, tes connaissances sur le monde humain et sur des sujets comme la laïcité ne tombaient pas dans l'oreille d'une sourde. Enfin, vous arriviez à parler, à discuter… Vous passiez des heures à disserter, discuter, débattre sur tel ou tel sujet. Tu aimais cela, mais parfois, tu voulais juste être avec ta tantine Zelda et juste demander un câlin.
Hilda avait tellement de chose à faire. Elle était l'intendante de la Congrégation, qui désormais en comptant les créatures se nombrait à 314 têtes, si on ne comptait que les 4 races de grands, dont 120 enfants, qui étudiaient tous à l'Académie. A cela on rajoute des centaines de fées et de sylvains qui venaient de temps à autre à l'Académie...
Tu n'imaginais même pas le travail que c'était. Elle avait quitté son travail à la Librairie-Café de Cerberus pour se consacrer à la gestion de l'Académie et de la Congrégation. Elle gérait le côté alimentaire et matériel de l'Académie, même si une naine du nom d'Ezram semblait très enthousiasme à l'aider, les nains et les sylvains avaient aidé à retaper le bâtiment et les dortoirs et les fées tout comme les sylvains avaient donné un coup de pouce au potager et aux serres de l'Académie. Elle avait vraiment fière allure, désormais. Gisèle gérait la construction du Village de sorcier et des maisons poussaient dans la forêt et près du Sanctuaire.
Le côté scolaire de l'Académie était aux mains d'Abelus et d'Irène. Un cursus commun de magie, d'histoire, de science naturel et surtout d'éducation physique avait été concocté par les deux anciens, ils avaient presque 1100 ans à deux et s'y connaissaient bien en terme d'éducation. Des dizaines de professeurs et presque 30 groupes-classes différentes, avec des élèves de 5 à 40 ans pour les plus âgés…
L'Académie n'avait jamais été si grande, si foisonnante, si vivante… Si joyeuse aussi.
Tu avais proposé des cours sur l'histoire humaine et sur leur pratique, Miss Wardwell aidait. Mais c'était mieux que ce soit toi qui les dispense… Les gags des petits sorciers frappeurs pouvaient tuer un mortel, merci bien. Donc tu avais une heure ou deux pour chaque classe… tu donnais donc des cours, deux fois par mois, vous passiez votre temps à regarder la télévision, à lire des romans et à discuter… C'était très agréable de faire cela. Donner des cours te permettaient de faire une pause dans ton propre cursus et dans les projets de la Congrégation. Tu étais au plus grand désespoir de Dorcas, la prof préférée des élèves… Apporter des bonbons et donner comme leçon de regarder la télé te donnaient des points d'avance… Inéluctablement. La prochaine sortie ciné pour aller voir Harry Potter était au programme... Tu avais hâte...
Gisèle et Hilda aidaient surtout les nouveaux arrivants… Hilda, parce qu'elle était accueillante et douce et Gisèle, parce qu'elle était efficace et qu'elle savait déléguer. Elle avait organisé une sorte de réseau et former des référents pour chaque race. Les différentes races de magiques devaient se trouver un lieu pour la construction d'une maison, d'un foyer et rien de mieux que les leurs pour les conseiller.
Quelques sorciers ou sorcières solitaires arrivaient de temps en temps… Mais leur intégration était facile… Une chambre d'ami, ici pendant quelques semaines puis une maison à construire quelques parts dans les bois… Certains s'étaient regroupée et une sorte de Village avait vu le jour. Caché des humains, presque 30 maisons s'étaient construites entre le nord du Greendale mortel et l'Autel. Tu devenais très douée pour les sorts de construction et de protection. Gisèle avait proposé la construction d'une sorte de maison d'accueil ou de passage pour les nomades et les nouvelles et nouveaux arrivants. Le Village avait fier allure, tout comme la Tanière.
Les loups, eux, avaient trouvé un lieu-dit, au nord-est de Greendale, où quelques vielles maisons délabrées attendaient de nouveaux habitants. Quelques maisons et beaucoup d'espace. L'achat du terrain et des maisons n'avaient pas été très difficile, ni très coûteux. Une seule route y menait et différents sorts y avaient été jeté pour que tous les loups soient prévenus un mortel s'approchait de leur Tanière. Quelques sorts, beaucoup de travail, des arbres coupés et un peu de maçonnerie… en dix mois, la Tanière était un lieu chaleureux et sûr pour une des meutes la plus grande d'Amérique du Nord. Le regard d'Irène sur sa Tanière était souvent stupéfait de fierté. Tu pensais voir le même regard dans les yeux d'Hilda ou de Zelda quand elles mangeaient avec vous dans la cantine de l'Académie.
Les nains se débrouillaient dans le Chaudron, endroit plus mystérieux. Du moment que les humains ne les découvraient pas, tout allait bien. Ils n'avaient clairement pas besoin qu'on s'occupe d'eux pour l'urbanisme, c'était d'ailleurs le contraire. Ils étaient une race de constructeur et d'artisans. Même si quelques sorciers touchaient leur bille dans le domaine, les nains étaient des experts. Ils avaient construit le palais de la reine Soylyé – la minuscule reine pépiait de joie- et une sorte d'hôtel de ville pour les sylvains. C'étaient des bâtiments magnifiques et incroyables d'une beauté d'un autre âge, d'un autre monde. Ils aidaient chaque sorcier et sorcière dans la construction de leur bâtisse. Il fallait avouer que si le Village, la Tanière et les maisons près du Sanctuaire avaient fier allure, c'était en grande partie grâce à eux.
Les sylvains comme les fées les plus sauvages s'étaient surtout installés près de l'Académie ou sur le Chemin qui mène au Sanctuaire. Des yeux exercés pouvaient trouver des dizaines de maison de sylvains, des nids de fées ou des arbres à gnomes… Lors des réunions près de l'autel, les enfants s'amusaient à les trouver et les compter. Les fées les moins farouches avaient souvent trouvé des jardins d'accueil auprès des sorciers et sorcières, qui ne voudrait pas d'une fée pour protéger son jardin et sa maison. Au Sanctuaire vous accueillez d'ailleurs deux familles de fée, une pour les légumes et les autres pour les fleurs et les plantes. Le cimetière de Caïn n'avait plus rien d'un cimetière. Ce qui rendait les menaces de mort de Zelda moins efficace.
Ambrose, après ses aventures avec Prudence, avait repris un mortuaire, avec un partenaire humain. Il avait racheté un bâtiment en ville. Il avait 40 ans de vie recluse et son compte en banque avait continué à grandir… Les mortels mourraient et les enterrements s'enchaînaient sans problème. Il était un lien avec la ville de Greendale, avec les mortels. Il venait dès qu'il le pouvait faire les cours sur les mortels avec toi.
Même si la magie était un élément central de ton apprentissage, tu allais au cours les plus avancés et Abelus comme Zelda te guidaient vers tel ou tel livre, tu ne négligeais pas ton éducation humaine. Tes cours en ligne, tu les apprenais à coup de sort, tu avais découvert des sorts de mémoire, des sorts pour apprendre des langues étrangères…Tu n'avais pas honte d'utiliser la magie pour cela, c'était ton droit, ton pouvoir et c'était pour les tiens.
Théo, Roz et Harvey même s'ils avaient aidé à mettre Satan en cage, n'avaient pas vraiment compris l'importance de ce geste, de ce que ça signifiait pour vous. Pour eux, c'était juste pour t'aider, pour te sauver. Même Roz ne comprenait pas, malgré ses visions, l'importance et le bouleversement que cela avait produit.
Tu ne leur avais pas parlé des loups et des autres créatures, parce que tu ne voulais pas qu'ils les regardent comme des bêtes curieuses. Tu t'obligeais à une sortie par semaine, souvent le samedi avec tes amis mortels, tu fuyais la soirée jeux et histoire de l'Académie, tu ne voulais pas être trop proche, trop longtemps, des Sœurs.
Harvey travaillait enfin pour pouvoir se payer la fac de ses rêves, puisque son père refusait de lui payer des études de dessin, Roz travaillait elle aussi dans la librairie de Cerberus, car son père ne voulait pas lui payer ses études de Lettres, enfin Théo travaillait toujours pour son père avec un plaisir certain, malgré les moqueries de salariés de l'entreprise. Vous aviez 20 ans, tous les quatre et tu savais que tout était à faire…
Pour chacun d'entre vous.
Depuis ton entrevue avec Prudence, tu avais totalement fui l'Académie pour retourner dans ta chambre au Sanctuaire. Zelda en était ravie car elle était seule là-bas la plupart du temps.
Même si vous aviez votre propre agenda, vous trouviez toujours un moment pour prendre un thé ou dîner ensemble. Parfois vous étiez silencieuses, songeuses, mais souvent tu partageais des moments de tes cours et ta tante te demandait ton avis sur tel point pour la prochaine réunion.
Elle prenait rarement la parole quand la Congrégation se rejoignait devant l'autel. Mais quand elle le faisait c'était plus pour proposer un débat qu'autre chose. Après presque trois heures de discussion, les enfants étaient au lit depuis longtemps, tu avais finalement convaincu les membres de la Congrégation de la nécessité d'entrer dans le monde des mortels, juste un peu.
Enregistrer l'Académie comme un établissement scolaire ultra privée, acheter des terres, des bouts de la mine… Créer une activité pour que la Congrégation ne puisse pas être rayée de la carte par la Sombre Rome, d'un simple geste.
Cela fait plus de trois ans et vous aviez été très discrets… mais votre chance ne pouvait durer. La Congrégation allait entrer dans le monde humain pour sa propre survie.
Tu avais exposé ton plan, tu avais fait des tas de recherche et ta tante avait été derrière toi, comme Hilda et Ambrose. De même Cerberus t'avait beaucoup aidé.
Avec tout l'argent des Spellman, des Blackwood et de la défunte Église de la Nuit vous aviez largement assez d'argent pour démarrer ton projet.
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Sabrina 21 ans
4 après CS. 2002 ap. JC
C'était au nord-ouest de Greendale que vous aviez décidé de construire ton projet pour entrer dans la lumière. D'immenses hectares de forêt et de champs, une grosse rivière et un petit bout de mine… Le projet était ambitieux mais tu y croyais.
Tu savais que tous n'approuvaient pas mais que la grande majorité de la Congrégation n'était pas contre. Il fallait entrer dans la lumière, que des chasseurs ne puissent pas arriver dans votre maison et vous assassinez impunément. Tu voulais que tous les membres de la Congrégation entre dans le monde des humains pour leur protection. Tu voulais que les enfants loups et les enfants sorciers puissent aller à l'école humaine au moins jusqu'au 8ème grade (quatrième/troisième) ou même le 12ème (terminal), s'ils le voulaient. Rien n'empêchait les loups d'aller à l'école, puisque des petits bracelets aidaient les plus turbulents à garder leur forme humaine en cas de grande émotion.
Après presque 6 mois de travail intensif, la grande majorité des maisons et des habitants humanoïdes était enregistrée. Tu avais créé presque 350 certificats de naissance et des permis de conduire et des cartes d'identité à gogo. De fossoyeur à faussaire… avait ricané Zelda.
Convaincre le Maire et le conseil municipal d'accepter ton projet avait été un jeu d'enfant. Irène, Abelus et Zelda, avec un peu des muffins d'Hilda, et bien sûr la promesse de ramener des touristes et de l'argent à la ville avaient été largement suffisants pour que l'on vous vende pour une bouchée de pain, un chiffre qui avait quand même 6 chiffres, des centaines d'hectares de forêt, des bouts de la mine qui appartenaient à la Mairie.
La ville se mourrait sans activité économique viable. La mine n'avait plus que quelque mois à vivre. L'autre étape avait été d'acheter la mine au père d'Harvey, Chris Kinkle. Ça avait été plus compliqué. C'était un homme buté et fier. Zelda avait failli tuer l'homme, mais Irène avait simplement joué la carte économique mais surtout la carte de la fierté, on ne pouvait pas vivre si longtemps sans apprendre à manipuler les mortels… Enfin les petits mortels qui se prennent pour des alphas… ses mots, pas les tiens.
Elle lui avait exposé les bénéfices qu'ils pourraient tous en tirer. Elle lui avait parlé de réinvestir dans un autre branche. Irène lui avait proposé de faire partie du projet de sauver Greendale mais plus virilement… M. Kinkle avait gonflé la poitrine, ta tante avait levé les yeux. La mine n'allait survivre que quelques mois, de toute façon. On lui sauvait la face et il n'était pas tout à fait reconnaissant. Il ne semblait pas l'être. Irène avait fait se rencontrer Adrien Putman et Chris Kinkle. Ils avaient en commun d'avoir perdu leur femme et d'avoir un enfant qu'ils ne comprenaient pas tout à fait.
Adrien avait l'idée et Chris allait avoir l'argent. La promesse de former et d'engager tous les mineurs dans une autre usine et la possibilité de faire croire qu'il avait participé au renouveau de la ville, c'étaient ce qu'il avait fallu pour convaincre cet homme.
Il avait signé et vous étiez en possession de l'intégralité des mines de Greendale, enfin. Les nains étaient plus que ravis. Vous aviez fait des mines un patrimoine protégé. Vous prévoyez d'en faire une sorte de musée... Mais la plus part des installations étaient fermées et les nains en prenaient possession.
Donc les mines étaient fermées. Ça avait fait un tollé dans la ville, pratiquement un mouvement de panique… Mais la situation avait été superbement géré par les deux hommes, sans même votre intervention.
Des retraites anticipés et des bonus avaient été donné aux employés les plus âgés.
Aux autres, des formations payées leur avaient été offertes. Il restait donc 45 personnes à ré-employer, 45 familles à faire vivre. Le père de Théo avait ouvert une nouvelle usine de fabrication de meuble et autres objets de décoration, made in Greendale, avec l'aide de Théo.
Quelques formations, quelques bonnes machines, quelques petits sorts sur un ou deux investisseurs et sur les machines, tu ne voulais pas que Théo se blesse... Le tour était joué. Greendale avait, avant même l'ouverture de ton projet, gagné une nouvelle usine, dont Chris Kinkle et Adrien Putmann étaient officiellement les instigateurs.
Harvey allait maintenant pouvoir aller à l'université de ses rêves sans soucis et vous obteniez des dizaines de kilomètre de galeries souterraines. Harvey et Roz étaient partis pour faire leur étude. C'était bien pour eux. Sortir un peu de Greendale… Les humains avaient vraiment l'impression que leur ville ressuscitait. Des nouvelles personnes s'installaient... Des magasins s'ouvraient. Cerberus pensait même agrandir.
Les nains étaient ravis, une maison sans humain. Le Chaudron s'était considérablement agrandi… des dizaines de nains arrivaient chaque mois… Tu trouvais ça dingue. Lilith était très heureuse que sa Porte des enfers ne soit plus à deux pas d'une activité mortelle non surveillée… Lilith te regardait en souriant pendant que tu expliquais ton projet à toute la Congrégation… elle avait même rougi quand tu avais donné le nom auquel tu pensais pour tout cela.
Tu te sentais toujours aussi seule, tu regardais Prudence cajoler ses sœurs et rire avec elle. Tu détestais le sentiment d'envie qui t'enserrait le cœur. Tu crevais de les rejoindre, tu crevais de te nicher entre les bras d'Agathe, de poser ta tête sur les genoux de Prudence, de prendre la main de Dorcas. Agathe, sentant sans doute ton regard, lève les yeux… tu lui souris faiblement.
Mais tu refusais de broyer du noir.
Avec Adrian, le père de Théo, un sorcier du nom de Dédayus et un nain nommé Marjus, Marc pour les humains, vous aviez créé des plans et des croquis… Il fallait que ce soit les humains qui construisent le complexe pour des raisons évidentes. Déjà faire avaler à l'administration de la ville que des dizaines, presque cinquante maisons, avaient été omis dans les registres urbains de Greendale, dans les années 40, avait été un peu difficile, même avec toutes les pâtisseries d'Hilda, alors il fallait que ce soit les humains qui fabriquent ton projet.
La forêt au nord-ouest du Sanctuaire avait été vidé des créatures et des êtres magiques. Le marteau-piqueur n'était pas le bruit le plus agréable du monde pour les magiques. Les quelques familiers sauvages avaient été un peu contrariés mais ce n'était que pour quelques mois et la promesse de viande mariné et de chocolat suffisait à rendre n'importe quel familier de bonne humeur.
A l'est de la ville des mortels, si l'on suivait une petite route accessible surtout en 4x4 et en moto cross, il y avait la Tanière. Là, habitait surtout les loups, même si d'autres changeformes y avaient également élu domicile. Pour les mortels, les habitants de la Tanière étaient une sorte de communauté hippie, paisible et accueillante. Les loups adoraient avoir enfin un chez eux, un territoire et un accès aux activités mortels, surtout à l'éducation.
A l'est, se trouvait le Village pratiquement invisible pour les humains. C'était votre refuge si nécessaire.
Si on allait un peu plus au nord-est de la ville, à quelques minutes de course de loup, on trouvait la sombre bâtisse qui abritait l'Académie.
De l'Académie, un Chemin magique allait jusqu'à l'autel, il traversait la foret presque pleine ouest… Sur le Chemin, le long du chemin, des dizaines d'êtres et de créatures avaient trouvé refuge. Amenez des bonbons et vous vous retrouviez avec des dizaines de jeunes créatures qui vous poursuivaient pour rire… les enfants adoraient les sorties en foret. Une fois à l'autel, le Chemin continuait jusqu'au Sanctuaire. Des dizaines de maison-sorcière avaient discrètement poussé ici et là sur le Chemin et moins discrètement près du Sanctuaire.
L'ancienne demeure des Spellman était devenue un lieu de rencontre et de fête. L'isolé Mortuaire était désormais le centre d'un petit regroupement de maison, c'était un lieu vivant et chaleureux. Tu avais désormais 5 voisins sorciers, avec des enfants et des adolescents… Et le jardin de Caïn était le lieu de prédilection pour la naissance des fées (tu ne voulais pas savoir) et les sylvains adoraient manger un peu de cette terre (tu ne voulais pas savoir non plus).
La Foret était sure, les êtres magiques étaient amicaux et les créatures magiques offraient protection en échange d'un peu de nourriture. La Tanière et le Sanctuaire étaient visibles et accessibles aux mortels mais les routes étaient protégées et surveillées. Des dizaines et des dizaines de sort anti-mortel, tu pensais toujours anti-moldu dans ta tête mais personne n'allait comprendre ta référence, avaient été lancés et étaient lancés sur les territoires de la Congrégation.
Des dizaines de Lys de toutes les couleurs poussaient dans le jardin de Caïn et toutes les maisons vibraient de vie et de joie. Les déplacements se faisaient surtout à pied et les deux seules routes officielles et visibles pour les mortels était celles menant à la Tanière et au Sanctuaire.
Les autres routes, plutôt des sentiers ou des voies, qui serpentaient la forêt avaient été protégé… et les créatures avaient été claires, pas trop de voiture pour les déplacements. Donc les sorciers se prêtaient donc une dizaine de voiture, mais beaucoup se déplaçait en vélo.
Tu avais fait quelques recherches et le vélo électrique était une bonne idée. Donc tu avais l'air de rien lancé que les humains avaient eu cette idée et il avait fallu environ 3 heures à Dorcas, qui était une génie pour la création de sortilège et à Nardo, un jeune nain qui avait tout d'un génie lui-aussi, pour créer un vélo résistant et fonctionnant à la magie, et qui résistait aux atterrissages. Tu n'aurais pas dû faire regarder E.T aux enfants. Mais Agatha avait adoré et riait de plaisir sur son vélo à quelques mètres du sol.
Au nord de la ville, la mine avait été débarrassé de son attirail humain, sauf pour la partie musée. La nature et la magie reprenaient leurs droits. Les nains, les korrigans, les laminas et autres sylvains souterraines cohabitaient plus ou moins paisiblement. Il n'était pas rare que deux ou trois membres du Conseil soient appelés pour résoudre un conflit. Mais ce n'était pas grand-chose… Juste des petites querelles de voisinage.
Donc le Sanctuaire était le dernier lieu magique à l'ouest. Après le Sanctuaire, encore un peu plus à l'ouest, il y allait avoir ton projet, un lieu de vie, de joie, de jeux… tu l'espérais un lieu qui allait protéger ta Congrégation.
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Sabrina 23 ans
6 après CS. 2004 ap. JC
La création du Domaine, tes études humaines par correspondance, que tu avais presque achevées et tes études magiques, pouvait-on jamais avoir tout appris, chaque fois que tu ouvrais un livre, tu avais l'impression d'avoir besoin d'en lire 20 avant pour le comprendre, prenaient tout ton temps.
Tu veux mettre ta pierre à l'édifice. Tu veux être capable de prendre la suite de Zelda ou d'Irène d'un point de vue légal quand le moment sera venu. Tu veux être capable de défendre magiquement les tiens si besoin.
Et tout cela prenait un temps fou.
La journée était dédiée à tes projets humains. La matinée et une partie de l'après-midi étaient pour le Domaine. Tu faisais de l'administratif et des petits boulots qui ne nécessitaient pas de formation. Même si tous les papiers devaient être signé par Irène et/ou Zelda, c'était toi qui les rédigeais. Tu ne pensais pas que c'était si compliqué. Mais ça l'était. Compliqué, fatiguant et parfois frustrant.
Heureusement tes cours t'aidaient. Tu finissais un Master en gestion et en droit de la finance. La magie te donnait un sacré coup de main pour la mémorisation des lois. Tu avais acheté un Power Mac G5 et tu avais commencé à faire entrer la technologie très moderne chez les sorciers. Les téléphones portables et surtout les ordinateurs… Et aussi Internet, Internet était un merveilleux moyen de communication. Les nains avaient été émerveillé, ils s'étaient rapidement mis au travail… Créer un ordinateur qui résistait à la magie, ton Mac malgré son prix n'avait pas fait long feu… Le SAV ne comprenait pas l'était des circuits. Tu avais été remboursé, heureusement, mais voilà, tu avais besoin d'un ordinateur. Il avait fallu quand même quelques mois d'intense recherche : le Chaudron avait mis 200 de leurs meilleurs ingénieurs sur le coup et des dizaines de sorciers et sorcières étaient venus aider pour créer un prototype qui marchait du tonnerre, il se connectait au réseau humain sans problème et ressemblait vraiment à un ordinateur ordinaire. La batterie était magique, tu pouvais la recharger toi-même et les loups et les autres espèces venaient chez les sorciers recharger la batterie de leur ordinateur.
La clique d'Ambrose avait kiffé et les jeunes et les moins jeunes étaient légèrement accro. C'était une bonne ouverture sur le monde, comme la télévision… Même si tes cours étaient devenus des cours de numérique, principalement. Aucune communauté de sorcier n'avait jamais été aussi en avance ou du moins aussi en accord avec la technologie des mortels.
Toutes les Têtes, les chefs de chaque race, possédaient un téléphone et tous pouvaient les appeler en qu'à de besoin. Ton numéro avait été donné, tu étais sûre que c'était Zelda pour te punir des treize fractures dues au match de Quiddith, qui avait été organisé... tu ne regrettais rien... Mais tu recevais des dizaines d'appel par heure… Par Lilith, parfois tu haïssais ta tante.
La Congrégation et ses membres entraient à vitesse grand V dans le XXIème siècle. Il était assez amusant de voir une jeune sorcière de 12 ans, montrer à Gisèle comme se servir de son téléphone ou de l'ordinateur. Plusieurs nains étaient partis du chaudron pour faire des études de numérique et d'informatique. Ils t'avaient demandé de les aider à entrer à l'université et Lilith en soit remercié, Mary t'avait aidé. Elle avait délivré un nombre incroyable de diplôme de fin d'étude pour permettre à qui voulait d'entrer dans école, faculté ou formation.
Dans ta grande diligence, tu avais créé un sort, enfin tu avais demandé de l'aide, bien sûr, mais tu étais quand même à disons 25 % la créatrice du sort… Tu avais donc partiellement créé un sort pour faire entrer les quelques quinze ans de cours humain dans la tête de qui le voulait. Vous aviez fait de même pour le code de la route et la conduite en général… Un nain au volant est un taré sans nom… Vraiment, par les démons protecteurs, tu n'allais plus jamais, jamais, entrer dans la voiture d'un nain. Sous aucun prétexte. Tu aurais pu en faire des cauchemars, si tes nuits n'étaient pas déjà si peuplées.
Tes cauchemars ne sont plus si terribles et tu t'y étais habituée. Tu te réveillais en sursaut avant le lever du soleil, mais ça te convenait. Tu avais placé des dizaines de sort de silence sur tes murs pour ne pas réveiller ta tante. Elle n'avait rien dit et tu n'avais rien dit quand tu avais vu les siens sur ses propres murs.
Vous vous ressembliez beaucoup, il n'y avait pas de doute.
Tu te levais et tu allais à la cuisine, tu faisais du café, du chocolat et du gravos.
Le gravos était une boisson naine qui redonnait des forces et qui stabilisait la magie et plus que tout c'était sucré et doux. Les nains en buvaient dès leur plus jeune âge et un nain qui ne sait pas faire de gravos n'est pas un vrai nain. Il avait fallu toute la persuasion d'Hilda pour avoir la recette secrète et il avait fallu que tu promettes d'en offrir chaque jour pendant 10 ans à Lilith pour avoir la recette. Tu n'étais pas très douée pour marchander…
Te réveiller si tôt te permettait donc de parcourir bien avant l'aurore, le chemin jusqu'à l'Académie pour être certaine que le Chemin était sûr. Tu avais des thermos magiques avec sort agrandissant que tu vidais ici ou là, dans des souches sculptées et emplies de magie, pour garder les boissons à température. Ici du chocolat, ici du café, là du gravos. Toutes les fées et tous les sylvains à l'Ouest de l'Autel savaient où aller pour avoir un peu de chaque. Des fées virevoltait avec de minuscules mugs, que tu leur avais offerts, tu trouvais ça trop mignon. Théo les avait sculpté et tu les avais rétrécis. Sur la route donc, tu offrais un peu des boissons aux créatures nocturnes et matinales, qui en raffolaient et en échange, ils remplissaient ton sac de champignons, de baies, de fruits, de racines et autres plantes utiles à la cuisine ou la magie. Chaque jour, tu arrivais avec un sac souvent surchargé à l'Académie. Tu adorais ça, cette impression de communion, de complémentarité, d'échange avec les petits magiques.
Tu posais toujours un petit quelque chose sur l'Autel de Lilith, en plus de la coupelle que tu remplissais de gravos. Tu espérais que cela plaisait à Lilith, parfois c'était juste une Lys que tu avais cueilli près du Sanctuaire, d'autres fois c'était un fruit ou autres... Puis tu murmurais une courte prière la main sur l'Autel, parfois tu avais l'impression de sentir sa présence. Parfois tu étais presque sûre de sentir sa main sur ta joue.
Ensuite, tu reprenais la route. Tu t'approchais sans bruit de l'Académie, tu offrais ta dernière thermos de café aux veilleurs, loup, nain ou sorcier qui étaient de garde, tu entrais discrètement et tu allais directement dans la cuisine pour déposer ton sac et commencer le petit déjeuner.
En général, tous les enfants mais aussi beaucoup d'adulte venaient manger ici. Le réfectoire après rénovation de la part des nains, pouvait accueillir environ 500 personnes et chaque matin, presque toutes la Congrégation venait manger à l'Académie. Même ta tante qui haïssait le bruit venait y manger de temps en temps… Rarement il fallait l'avouer.
Du lait, du café, du chocolat, du gravos et des jus étaient servis et il n'était pas rare de voir ici ou là des carafes se balader magiquement de table en table. Les grands comme les petits déjeunaient riait et commençaient leur journée ensemble. C'était parfait.
Tes journées commençaient comme cela, ton propre hurlement de terreur te réveillait, tu t'enfonçais dans le silence de la forêt nocturne, pour finalement t'occuper de la préparation du premier repas de la journée des trois quarts de la Congrégation.
Tu étais la première à arriver en cuisine, tu rangeais les dons des créatures et tu commençais par allumer tous les feux. D'un côté, les boissons chaudes, de l'autre les boissons froides comme les jus… Le jus de citrouille était visiblement très apprécié et tu pensais à Harry Potter à chaque fois... Regarder les films ne suffisaient pas... Tu imaginais déjà un autre match de Quiddith… Tes tantes allaient péter un câble. Tu allais pas du tout regretter le savon qu'elles allaient de passer…
Puis, après voir allumer le four à pain traditionnel avec une petite boule de feu, tu commençais la pâte à pancake et à gaufre. Pouvoir magique ou pas, pelage ou non, vivant dans les mines ou pas, un enfant est un enfant. Et il fallait des dizaines de gaufre pour rassasier un louveteau. De plus les fées et les sylvains à l'Est de l'Autel raffolaient des gaufres. C'était une razzia à chaque fois.
En général, Hilda arrivait à ce moment-là. Elle t'embrassait, te disait ce n'était pas la peine, amour. Et elle allait se servir une grande tasse de gravos, elle vérifiait la température du four à pain et enfournait la première tournée de pain et de viennoiserie préparés la veille… enfin elle se plaçait à côté de toi pour faire cuire ce que tu avais préparé.
Après l'arrivée d'Hilda, la cuisine se remplissait en même temps que l'odeur de pain frais remplissait la pièce… La brigade de l'Académie se constituait d'un second en la personne d'Artis, une jeune naine, de deux autres nains et trois sorciers. Les nymphes ou les hydriades sont trop tête en l'air pour cuisiner, même si elles adorent manger et, soyons honnête, un loup mange presque immédiatement ce qu'il prépare. La cuisine était principalement féminine, même si un nain et un sorcier étaient présent.
Le silence avait été remplacé par des bavardages agréables sur les familles des uns et des autres et par le bruit des couteaux et des casseroles en mouvement. Tu écoutais silencieusement l'un parler d'une naissance, l'autre d'un nouvel amour qui se forme, ou d'un enfant qui a fait tel ou tel exploit à l'école… Finalement ta tante finissait immanquablement par te mettre dehors pour que tu ailles manger avec tes petits camarades.
Nick et Ambrose étaient rarement là, mais toujours accompagné de leur groupe de jeunes-pas si jeunes sorciers et sorcières entre 40 et 100 ans, encore des enfants, mais plus tout à fait, qui allaient et venaient. Ambrose, après 3 ans d'activité, avait revendu le mortuaire qu'il avait construit en ville, pour se concentrer sur ses vraies passions, le voyage et le sexe. C'était du Ambrose tout craché.
Lui et sa petite clique, il était une vingtaine, allaient et venaient, ramenant d'ici ou de là des nouveaux membres, un livre ou une plante. Ils étaient suffisamment au courant des mœurs des mortels, grâce à toi surtout, pour s'intégrer sans problème aux communautés humaines. De plus, les cartes d'identité et de crédit leur permettaient de voyager vite et loin, un avion était assez impressionnant même pour un sorcier.
Les sœurs étaient là, et parfois quand tu trouvais le courage, tu allais manger avec elle. Tu essayais de le trouver une ou deux fois par semaine. Tu étais là aussi assez silencieuse. Tu répondais à leurs questions, riaient à leur histoire et souriaient chaleureusement avec elles, mais tu te sentais encore si souvent à l'écart. Tu aurais aimé t'adosser aussi librement à Prudence que Dorcas le faisait avec Agatha.
Tu ne savais pas si manger avec elles était bon ou mauvais pour toi. Mais tu continuais parce que ignorer ces sentiments, tes sentiments n'était clairement pas une solution. Cela faisait presque 3 ans et ils étaient toujours là.
Après le déjeuner, tu empruntais un vélo magique pour te rendre aussi rapidement que possible au Sanctuaire avec quelques pâtisseries pour Zelda et pour tes voisins lève-tard, elle affirmerait ne pas en vouloir mais tu savais que vers 10h, elle aurait un petit creux et elle serait bien contente de trouver de bons croissants à porter de main. Chaque soir quand tu rentrais les pâtisseries étaient mangées.
Tu déposais les croissants devant la porte de tes voisins, en échange, l'Académie obtenait de délicieuses confitures, des vêtements tricotés mains et surtout un coup de main non négligeable pour le jardin du Sanctuaire et pour le jardin et les serres de l'Académie. La fosse de Caïn était devenue un jardin et le pouvoir vital prenait de plus en plus d'espace. Tu avais presque un champ entier de divers plantes et légumes, de simple basilic aux ronces étrangleuses, il y avait de quoi faire... Sans compter les arbres fruitiers qui poussaient à une vitesse dingue. Les habitants du Santy, comme on le nommait, c'est-à-dire les cinq maisons qui s'étaient construites près de ta maison d'enfance, du plus jeune, un petit bout de chou de trois ans que Zelda avait fait naître à la plus âgée une sorcière de presque 700 ans, mais aussi les sylvains et les fées du coin, s'entraidaient pour s'occuper et faire fructifier le jardin. Les surplus allaient à l'Académie ou aux autres membres. Tu ne faisais plus que rarement les courses. Toi, tu passais un dimanche après-midi sur deux à pacifier les plantes agressives et à désherber. En vérité, tu servais plus de baby-sitter à Caled alors que sa mère Alicia s'occupait du jardin de Caïn comme on l'avait renommé, même si une petite parcelle restait proprement un cimetière. Alicia avait la main verte et en plus du jardin du Sancty, quand son petit était à l'Académie, elle co-gérait avec d'autres, les serres de l'Académie.
À l'Académie, le Jardin avait lui aussi pris de l'ampleur et c'était un véritable travail combiné de tout le monde pour le gérer. Les enfants aidaient de temps en temps, bon gré mal gré : les jeunes étaient parfois de corvée et certains avaient découvert une passion ; les adultes, qui aimaient ça, y mettaient du temps et des efforts. Les fées et les sylvains aidaient avec joie. Ils demandaient parfois de l'aide à tout le monde pour les gros travaux mais les choses se faisaient sans mal, entre la magie et le nombre.
Dans les Serres de l'Académie, c'était bien plus organisé. Il y avait des rotations précises et des responsables. Il fallait, par exemple, tous les deux jours en gros faire pleuvoir et c'était un sort assez complexe et fatiguant.
Une des serres était celle de l'école et ne servaient que pour les cours des enfants et des jeunes. On l'appelait la Petite Serre, elle ne contenait que des plantes magiques sans danger ou peu dangereuse.
L'autre, celle qu'on appelait le Verger, était une merveille de magie. Les nains avaient réparé sa magie dès leur arrivée. Avec un sort de dimension, le Verger semblait la plus petite mais elle abritait presque 80 arbres fruitiers. Mary était la seule humaine qui n'avait jamais visité le Verger, elle s'était émerveillée comme une enfant ! Les pommes et les poires étaient de véritables délices.
Jardiland était la serre la plus grande, elle abritait des légumes plus délicats. Vous aviez des tomates délicieuses toutes l'année et vos fraises étaient un péché en soi. Mary venait très souvent durant l'hiver et elle se délectait toujours de la qualité de vos légumes.
Enfin la dernière serre, la Nocive, était celle des plantes dangereuses. Celle-ci était fermé à clé et seule une poignée de personne y allait. Tu ne voulais même pas savoir ce qu'il y avait dedans. Beurk !
Une fois rentrée, tu avais le temps de prendre une petite douche et de te préparer car trois fois par semaine, le soleil caressait la cime des arbres quand le pick-up d'Adrian Putnam arrivait pour t'emmener au Domaine. Trois fois par semaine, tu allais avec les Putman vérifier l'avancée des travaux. Tu mettais ton vélo à l'arrière et rejoignait Théo et son père à l'avant. Tu avais trouvé Adrian très gentil malgré la difficulté qu'il avait eu à accepter son fils. C'était un homme d'un autre temps, qui avait du mal à accepter les changements. Mais désormais en paix avec la décision de Théo, c'était un homme heureux et comblé.
Il était fier de Théo, de son fils, qui était un travailleur manuel excellant et un bon administrateur. Tu pensais que Théo allait pouvoir sans soucis reprendre les affaires de son père. Des nymphes et des hydriades trouvaient Théo à leur goût sans compter les louves, mais Théo avait la tête dans le travail et n'était pas encore à l'aise avec sa sexualité. Il n'était pas encore à l'aise avec son corps, tu avais fait de recherche et une potion assez facile et sans ingrédient trop dégoûtant avait le même effet que les hormones de synthèse hors de prix que Théo voulait se procurer.
Avec beaucoup de persuasion, tu avais rassuré Théo sur la composition de la potion et sur d'éventuels effets secondaires. Théo en prenait depuis 6 mois, le début de la formation qu'il voulait faire commençait dans 3 mois et tu voulais que le traitement soit fini. Théo méritait d'être ce qu'il voulait.
Tu allais parler à Théo de ton changement plus radical, d'une possibilité de faire de même… Mais c'était une conversation que tu avais peur d'avoir.
Ta routine allait bientôt toucher à sa fin. Le Domaine était bientôt près et tu allais être diplôme.
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Sabrina 24 Ans
7 après CS. 2005 ap. JC
Tu regardais Théo en face de toi. Il était heureux. Totalement heureux. Il touchait son entre-jambe de manière assez impudique, sans pouvoir y croire. Tu avais fait le sort et Abelus et Zelda s'étaient contentés de le sceller. Trois magies, une jeune et deux anciennes, pour un sort qui donnait à Théo une nouvelle existence, une identité pleine et entière. Son identité.
Il avait enlacé Abelus et Zelda dans sa joie. Le choc sur le visage de Zelda était presque comique. Il t'avait aussi enlacé et serré fortement. Ton amie d'enfance, ton ami était enfin ce qu'il voulait un homme de haut en bas. Il était toujours assez frêle et pas très grand même si les potions l'avaient fait un peu grandir. De plus, le travail avec son père l'avait joliment musclé. Il était beau dans une androgynie assez masculine mais douce. Il partait demain pour une formation d'ébéniste et il était le dernier mortel avec lequel tu étais ami.
Si avant ton seizième anniversaire, on t'avait dit que Roz et Harvey ne seraient plus tes amis moins de 10 ans plus tard, tu en aurais bien ri. Mais maintenant…
Roz était amère et Harvey la suivait dans sa rancœur. Depuis la mort de son père, Roz et donc Harvey, ils s'étaient mariés après leur entrée tardive en fac, ne t'adressaient plus la parole. Et elle refusait toute interaction avec les créatures magiques ou autres. Tu comprenais qu'elle t'en veuille mais elle se comportait véritablement mal avec les membres de la Congrégation, ça ce n'était pas juste, pas bien.
Dans son amour des livres et après ses études, Roz avait ouvert une librairie-bibliothèque, dans un style un peu plus classe et normal que Cerberus. Les enfants et les membres adultes de la Congrégation y avaient été les bienvenus au début. Roz accueillait même tes classes à certains moments.
Mais maintenant, elle avait très clairement fait comprendre que vous n'étiez plus les bienvenus. Tu comprenais que la mort de son père l'avait bouleversée, mais de là à t'en rendre responsable. Franchement. Le pasteur Thomas Walker avait fait une crise cardiaque extrêmement dévastatrice et il était resté entre la vie et la mort durant des jours.
Roz était venue te voir, elle t'avait demandé de l'aide, de l'aider, elle t'avait demandé de sauver son père. Mais tu ne pouvais pas. Tu ne pouvais pas sauver un homme du faux-Dieu. Pas que tu ne voulais pas, mais la magie surtout la magie douce comme celle des soins ne fonctionnait pas bien sur les hommes d'Église. Mais Roz n'avait pas voulu comprendre, elle avait dit que tu lui devais bien ça, que la Congrégation lui devait bien ça. Zelda lui avait ri au nez, ce qui n'avait pas arrangé la situation.
Roz avait alors menacé de nous dénoncer. Et tu avais dû magiquement amortir sa chute quand Hilda (et non Zelda à ton plus grand étonnement) l'avait fait sortir violemment de la maison.
Roz était partie furieuse. Son père avait rendu l'âme dans la semaine et tu n'avais pas assisté à son enterrement, tu n'y avais pas été convié. Tu trouvais ça injuste, un homme qui t'avait vu grandir, que tu avais aimé dans une certaine mesure, comme une enfant sans père voit le père de sa meilleure amie…
Tu avouais tes tords, mais tu lui avais rendu la vue, tu avais permis à Harvey et à Roz d'aller plus rapidement et plus facilement à l'université, grâce à la rentrée d'argent de la vente des mines. Et ils te voyaient quand même comme une sorte de monstre.
Tu étais blessée du comportement de Roz et de celui de Harvey. Il se contentait de t'ignorer quand tu allais voir son père. Chris Kinkle, le père d'Harvey et donc le beau-père de Roz restait égal à lui-même. Le travail est le travail. C'était un homme que tu n'apprécierais jamais, mais tu ne pouvais pas dire qu'il n'était pas honnête et droit. La perte de son fils l'avait dévasté, et tu n'y étais pas pour rien. Tu l'avais ensorcelé pour qu'il ne touche plus une goutte d'alcool et il était un homme triste mais correcte. Depuis quelques temps, avec l'arrivée de nouveaux habitants, tu avais entendu parlé d'une jolie Lady de 54 ans, belle et fine, qui faisait du charme au vieux Kinkle… Tu ne voulais vraiment pas savoir.
Les Kinkle, anciens chasseurs, étaient désormais des alliés, du moins le père, économiques de choix. La ville de Greendale voyait dans le Domaine et dans l'entreprise Putman-Kinkle un second souffle inespéré et la confiance et l'influence de Chris Kinkle servait votre intérêt et donc l'intérêt de tous, être magique ou non.
Tu étais troublée de cette rupture entre toi et tes deux amis. Mais ce qui te troublait le plus était la nécessité de porter un charme d'illusion, tu avais désormais 24 ans, et tu ne pouvais pas te trimbaler une tête de lycéenne pendant les soixante premières années de ta vie. Tu devais porter un charme pour paraître plus vielle. Tu voyais les premières rides de sourire apparaître sur le visage de Théo et la vieillesse prenait peu à peu le dessus sur la vigueur des visages burinés de Chris Kinkle et de Adrian Putman.
Le monde des mortels devenait ça, le monde des mortels, plus vraiment ton monde. Même si tu avais donné envie aux nains et aux autres magiques une certaines technologie, et que maintenant vous aviez des téléphones mi magie, mi technologique qui était vraiment utile pour communiquer. Le monde des mortels bougeait à grande vitesse, Zelda et Hilda trouvaient cela un peu effrayant mais il fallait s'adapter.
Des idées très écologiques (-peut-être avais-tu légèrement influencé quelques personnes. Une centaine ? Ta tante Hilda était une excellente professeure de potion et de pâtisserie-) s'étaient installée dans la tête des gens mais aussi à la tête de la ville.
La ville avait mis en place des zones cyclistes et des jardins communautaires qui marchaient très très bien. Peut-être avais-tu offert des amulettes d'invisibilité aux sylvains et d'invisibilité et d'insonorisation (le bruit que font les ailes des fées est incroyable en vue de leur taille) aux fées pour qu'ils viennent aider s'ils le souhaitent les jardins humains. Bien sûr, ils prenaient une commission sur le jardin, mais les humains ne s'en rendaient pas compte et s'extasiaient devant leur pied de tomate.
Les voitures électriques, sous l'impulsion de la mairie, avaient remplacé les voitures à moteur à combustion pour le plus grand plaisir des sylvains et des fées, aux oreilles sensibles.
Il y avait aussi l'assainissement de l'eau. Les hydriades s'étaient plaintes de la pollution de leur rivière et tu avais lancé Mary Wardwell, actuelle adjointe au maire, sur l'affaire. Malgré ses airs gentils et depuis la rencontre avec Lilith, Mary était d'une aide précieuse.
Et elle avait même gagné le cœur de Dorcas. Elles s'adoraient.
Dorcas avait trouvé en la personne de Mary, une sorte de figure maternelle. Agathe avaient dû gérer la crise de jalousie de Prudence mais Mary semblait s'être remise de son empoisonn… de sa mauvaise grippe grâce au remède d'Hilda et de Dorcas. Merci, Lilith ! Mary n'était pas totalement dupe sur son mal et elle regardait Prudence avec inquiétude. Tu évitais de les laisser ensemble sans Dorcas…
Prudence était incroyable, vraiment… Empoisonner Mary, sérieusement. Tu étais presque sûre qu'elle avait été viré du lit commun par Dorcas… Enfin, c'était ce qui se murmurait à l'Académie et l'humeur maussade et hargneuse de Prudence le faisait penser…
Des décrets municipaux avaient été mis en place et l'eau était désormais bien plus au goût des hydriades. Des filtres de la dernière génération et la gestion impeccable des déchets avait valu à Greendale de passer aux informations nationales. Les magiques avaient un peu paniqué mais Zelda avait presque sans hurler géré la crise. Les petits magiques avaient été très discrets, les grands s'étaient caché des caméras.
Mais Mary avait fait un contrat béton et tu avais avec les Anciens et les Têtes visionné la bande du reportage à 16 (16, Par Lilith, tu les détestais) reprises pour être sûre, vraiment, vraiment très très sûre, que rien de bizarre, ni aucun magique n'apparaissait sur le bande.
Le reportage avait fait un tabac et une pub de fou pour ton projet.
La Rome sombre n'avait toujours pas pointé son nez et tant que les dons étaient envoyés régulièrement, personne ne vous embêtait. Des dons… de l'extorsion… Chaque communauté offrait des dons annuels à hauteur de sa richesse.
Après la chute de Satan, un simple papier avait informé Rome du changement de Haut-prêtre et de Directeur. Z. Spellman était le Haut-prêtre et A. Zolfiac était le directeur de l'Académie, c'était tous les changements dont la Sombre Rome était au courant. Personne n'avait pas posé de question… Et le don annuel de 30 000 dollars, Bonjour la secte, ouais, suffisait à répondre à leurs questions.
La Roman satanique ne savait rien des loups, des nains, des hydriades ou des nymphes… Elle ne savait surtout rien des fées et des sylvains. Loué soit Lilith... Certains sorciers tueraient père et mère pour des yeux ou des ailes de fées. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle les fées et les sorciers s'étaient éloignés au début... Se faire tuer pour un charme de beauté était quand même un peu trop.
Surtout que le corps des morts n'avait aucune valeur dans la civilisation des fées, seul l'esprit comptait. Après une longue discussion, les fées avaient accepté sans trop de difficulté d'offrir aux sorciers et aux sorcières le corps de leur mort. La vie des fées vacillait de 30 pour les plus éphémères et les plus nombreuse à 200 ans environ.
Les fées communes, celle de la fée clochette si l'on peut dire, les jeunes fées adoraient entendre les histoires des humains sur elles, vivaient entre 20 et 40 ans et offraient leur corps à la magie à la condition de ne faire que des potions de soin et de prolongement de la vie, pas de sort de vanité. La plupart des plus efficaces potions de soin étaient fait avec des morceaux de fée…
Il y avait environ 700 fées dans la forêt de Greendale, toutes ayant accepté à l'unanimité d'offrir leur corps à la magie, à la communauté pour son enrichissement et donc sa force. Il avait été difficile d'expliquer le concept d'argent et ce que ça apportait à la communauté. Mais Zelda avait réussi à convaincre les fées réunis en conclave exceptionnel. La motion avait été voté à presque 600 voix pour et la don restait une question personnelle. Chaque fée avait averti de son choix.
Les sylvains c'était différent. Chaque sous-race de sylvain avait leur propre rite. Pour certains le corps était sacré et vous n'aviez pas discuté. Pour d'autres, des parties particulières du corps étaient nécessaire pour l'enterrement mais pas le reste… Ceux-là acceptaient généralement.
D'autres enfin comme les fées s'en moquaient totalement. Les mêmes accords avaient été mise en place avec chaque espèce de sylvains.
A l'Académie, la réserve de produit magique n'avait jamais été aussi rempli et Hilda, voyant l'argent disparaître assez vite puisque le Domaine n'était pas encore ouvert, avait proposé de vendre certains composants. Ça comportait certains risques, comme des sorciers ou sorcières un peu véreux qui allaient venir fouiner…
Cette fois, la solution vint d'une des membres de la clique d'Ambrose. Une certaine Samantha avait trouvé un moyen. Elle proposait de se servir du réseau quasi mondial qu'Ambrose avait constitué pour dissimuler les lieux réels de provenance. Ambrose et sa petite bande était foutrement ravis d'être des contrebandiers du dimanche et d'avoir une réelle et importante implication dans la Congrégation.
Officiellement, tout ce qui était fée provenait d'Amazonie et tout ce qui était sylvain venait des grandes forêts d'Alaska. Ça marchait du tonnerre. Et en vue des prix du marché, vous étiez sacrément riches.
Des membranes d'œufs de fée étaient notamment très en prisé. Tu ne voulais pas savoir et alors qu'Agathe te tenait les mains pour t'empêcher de fuir ou de te boucher les oreilles et que ta bouche était fermée d'un sort de Prudence, Dorcas t'avait méticuleusement expliqué leurs vertus fertilisantes et érotiques. Par Lilith, tu aurais pu les tuer… ou les embrasser…
Bref, le gramme de membrane se vendait à 300 dollars donc les finances de la Congrégation s'étaient largement renflouées. Le réseau marchait très bien et personne n'était venu fouiner. Les fées et les sylvains n'accordaient que peu d'importance à l'argent mais quand vous leur aviez offert une machine à Pop-corn que vous aviez installé à l'Académie, (Zelda avait dû lancer un sort pour que seul une fée ou un sylvain ou quiconque avec l'autorisation d'une fée ou d'un sylvain puisse sans servir. (Les louveteaux était très très serviables depuis)) les fées avaient compris l'intérêt de l'argent… Les machines à fabriquer des sucreries étaient un achat que Zelda Spellman avait catégoriquement refusé de faire…
En riant, tu avais embarqué les trois sœurs, jusqu'à la zone commerciale la plus proche. Évidemment, tu t'étais vu assailli de question et tu n'avais pas pu résisté. Ni aux doux sourires de Dorcas, ni à la mine envieuse d'Agatha, ni à la furieuse convoitise de Prudence…
Vous étiez non seulement rentrées avec la machine, des dizaines de cadeaux pour les enfants sorciers et loups, des kilos de sucrerie et cochonnerie, mais aussi avec des livres sur les pierres énergétiques, dont l'auteure était sans doute une sorcière, un nécessaire extrêmement coûteux de peinture et surtout de la lingerie fine… ça allait hanter tes fantasmes pendant des semaines… Tu avais fui le regard inquisiteur de ta tante quand elle avait vu les achats sur les relevés bancaires.
Samantha avait gagné le respect des chefs de chaque peuple et de la communauté avec son idée. Et la clique d'Ambrose avait gagné en crédibilité. Samantha était charmante et peut-être allait-elle devenir une Madame Spellman. Hilda l'adorait et Ambrose avait l'air d'un chiot en manque d'affection quand ils n'étaient pas ensemble… Enfin… la vie amoureuse, enfin sexuelle d'Ambrose était le cadet de tes soucis.
La tienne par contre était à un point très difficile à expliquer. Tu passais pas mal de temps avec les trois sœurs. Avec Dorcas, tu faisais des ballades dans les bois et elle te parlait de tel ou tel plante, tu crevais d'envie de prendre sa main. Avec Agathe tu passais de longs moments silencieux dans la bibliothèque de l'Académie ou du Sanctuaire à lire un peu des grimoires d'un autre temps et à la regarder lire ces dits-grimoires. Avec Prudence, les choses étaient plus compliquées, elle ne passait que peu de temps seule avec toi : les rares fois où vous étiez de corvées ménages ici ou là… rien de plus. Ça te tuait mais tu ne disais rien. Tu ne savais pas comment faire… pour entrer dans son monde, dans son cœur…
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