Bonjour à toutes et à tous!

Merci déjà à celles et ceux qui m'ont laissé un commentaire et qui lisent cette fiction, ça me fait très plaisir ;-)

Un grand merci à Isis7056 qui m'a fourni la belle image de Rogue en armure qui sert désormais de couverture à cette histoire! Elle est juste parfaite^^

Merci encore à Guest pour son gentil commentaire! J'espère que la suite te plaira!

Sans plus attendre, voici le prochain chapitre.

Bonne lecture ;-)


Chapitre 2

La jeune domestique avait pris Amaryllis par la main et était entrée dans le château avec elle tandis que les soldats poussaient les villageois sans ménagement afin de les faire monter dans des charrettes fermées par des barreaux de bois. La fillette les avait regardé partir par-dessus son épaule, se doutant de ce qu'il adviendrait de ces gens : ils étaient tous devenus des esclaves. Certains resteraient sur place afin de travailler pour le compte du seigneur Rogue et d'autres seraient vendus et envoyés dans de lointaines contrées…

Elle secoua la tête pour se reprendre et observa l'immense bâtisse dans laquelle elle se trouvait : ce château était bien plus grand que celui de son père mais aussi bien plus austère, froid et effrayant. Elle frissonna d'appréhension en regardant les tapisseries, les armures, les statues et les sculptures qui décoraient les lieux.

Finalement, après avoir parcouru de nombreux couloirs et emprunté plusieurs escaliers de pierres, la servante s'arrêta devant une lourde porte en bois, l'ouvrit à l'aide d'une grosse clé en fer et pénétra dans la pièce avec la fillette.

C'était une chambre richement décorée dans les tons de vert dont les murs étaient couverts de splendides tapisseries tissées à la main et qui comportait un élégant mobilier taillé dans les meilleures essences de bois comme le chêne, le cèdre et le hêtre.

« Asseyez-vous là un instant, conseilla Annabelle en désignant le grand lit paré de draps émeraude et recouvert d'une chaude courtepointe matelassée. Je reviens avec de quoi vous nettoyer », ajouta-t-elle avant de ressortir de la pièce et de refermer la porte.

La petite fille, encore trop choquée pour réagir, l'observa seulement disparaître derrière le panneau de bois sans bouger. Ensuite, elle se dirigea vers une commode, sur laquelle était disposé un miroir, afin de s'examiner dans la glace et elle comprit tout de suite pourquoi cette femme tenait tellement à la débarbouiller : son visage était couvert de suie et de terre, ses larmes avaient tracé des sillons plus clairs sur ses joues roses et ses longs cheveux bruns et soyeux étaient sales et emmêlés. Elle baissa également son regard sur ses mains qui n'avaient jamais été aussi noires de sa vie et sur sa robe qui était dans un bien piteux état, consternée.

Puis, réalisant soudain qu'on l'avait laissée seule, elle se précipita vers la porte pour s'enfuir de ce château au plus vite et retrouver son père mais elle s'aperçut rapidement avec angoisse qu'on l'avait enfermée à clé. Un véritable élan de panique s'empara alors de son cœur, elle prit sa tête entre ses mains en éclatant brusquement en de gros sanglots et elle se laissa glisser au sol contre le mur de pierres dur et froid à côté de la porte.

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Quelques heures plus tard, Amaryllis, qui était assise sur le lit, uniquement vêtue de sa simple chemise blanche puisqu'Annabelle l'avait aidée à se laver et était repartie avec sa robe pour la nettoyer, tourna sa tête vers la porte en entendant la clé tourner dans la serrure, songeant que la domestique revenait sans doute avec sa robe. Ses yeux s'écarquillèrent donc de stupeur lorsqu'elle vit arriver dans la pièce non pas Annabelle mais bien le seigneur Rogue en personne, plus intimidant que jamais dans ses riches habits noirs, le visage fermé et son regard sombre acéré. Elle eut l'impression que ses yeux la transperçaient de part en part et elle détourna vivement son regard de lui en rougissant, à la fois troublée et terrifiée.

Elle l'entendit refermer doucement la porte derrière lui puis déclarer fermement de sa voix grave et soyeuse :

« Vous n'avez pas à avoir peur de moi. Je n'ai pas l'intention de vous faire le moindre mal. »

Surprise, Amaryllis releva ses yeux vers lui en fronçant légèrement ses sourcils bruns et l'écouta poursuivre, dubitative :

« Je vois bien que vous ne me croyez pas mais c'est la vérité.

- Pourquoi ne me laissez-vous pas partir, dans ce cas ? » demanda-t-elle, téméraire.

Rogue esquissa un sourire en coin face à sa question et il approcha légèrement d'elle, les mains dans le dos.

« Disons que j'ai un contentieux à régler avec votre père depuis quelques années… se contenta-t-il de répondre, énigmatique.

- Mon père ? rétorqua la petite fille, étonnée. Mais… mon père n'est qu'un simple fermier… Comment pouvez-vous…

- Oh, bien essayé, jeune fille ! l'interrompit-il aussitôt. Vous êtes rusée et d'une grande vivacité d'esprit pour une enfant de votre âge, la complimenta-t-il en penchant légèrement la tête dans sa direction. Mais il est inutile de me mentir car je sais parfaitement qui vous êtes », ajouta-t-il en fixant ses deux émeraudes.

La fillette détourna une nouvelle fois la tête, déstabilisée par son regard noir si pénétrant, et elle l'entendit interroger, sarcastique :

« Comment ce cher seigneur Potter vous a-t-il nommée ?

- Le seigneur Potter n'est pas… tenta-t-elle encore, mal assurée.

- Votre prénom ! exigea-t-il en la coupant et en haussant le ton.

- Amaryllis… chuchota-t-elle, après avoir sursauté, effrayée.

- Amaryllis… » répéta-t-il, pensif.

Un silence angoissant s'installa entre eux et dura plusieurs minutes avant que Severus ne le rompe en décrétant :

« Eh bien, Amaryllis, vous allez rester ici en tant que mon invitée.

- Non… Je vous en prie, laissez-moi retourner chez moi… le supplia-t-elle, peinée, en l'observant de ses grands yeux verts brillant de larmes.

- C'est hors de question. Vous ne quitterez pas cette chambre, refusa-t-il, inflexible, alors que la fillette se mettait à pleurer. Vous serez bien traitée mais vous ne sortirez pas d'ici, décréta-t-il en se dirigeant vers la porte. Je ferai venir une couturière dès demain afin de vous faire confectionner quelques vêtements », ajouta-t-il avant de quitter la pièce et de refermer la porte à clé tandis que de grosses larmes dévalaient sur les joues roses de l'enfant.

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Le seigneur Potter, après s'être battu contre les derniers hommes de Rogue qui avaient laissé ses terres en ruines, se dirigea au grand galop vers le territoire de son ennemi avec la poignée d'hommes qui lui restait mais il ne parvint même pas à s'en approcher. Il fut aussitôt repoussé par le millier de soldats que Rogue avait à sa solde et il réussit de justesse à échapper à la mort et à s'enfuir pour retourner sur ses terres dévastées, le cœur en miettes, ignorant totalement ce qu'il était advenu de sa chère petite fille.

Ne pas savoir si elle avait été tuée, si elle avait été capturée ou si elle était parvenue à s'échapper mettait sa raison à rude épreuve. Il n'en dormait presque plus la nuit.

En tout cas, ce qui était sûr désormais, c'est qu'elle n'avait pas réussi à s'enfuir, sinon elle serait déjà là, auprès de lui… songea-t-il, anéanti par la tristesse.

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De son côté aussi, Amaryllis était désespérée. Cela faisait une semaine entière qu'elle était retenue dans ce château et elle avait pu constater que le seigneur Rogue avait respecté toutes les promesses qu'il lui avait faites. Une couturière était bel et bien venue pour prendre ses mesures afin de lui constituer une nouvelle garde-robe pour qu'elle puisse se vêtir décemment, elle n'était pas mal traitée et était bien nourrie mais elle n'avait jamais pu sortir de la chambre dans laquelle il l'avait installée…

En plus de la peine qu'elle ressentait d'être ainsi séparée de son père, la fillette souffrait de la solitude car Annabelle ne venait que quelques fois par jour pour lui porter à manger ainsi que l'aider à se laver et à s'habiller et elle mourait littéralement d'ennui à force d'être enfermée dans cette chambre sans la moindre distraction.

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La couturière était revenue pour lui faire essayer les vêtements qu'elle avait confectionnés pour elle et elle était déjà repartie, ravie que toutes ses robes lui aillent comme un gant.

Amaryllis avait laissé la dernière robe qu'elle lui avait fait essayer, composée d'un épais tissu bleu nuit et brodée de jolis motifs argentés au niveau du bustier, et elle s'était assise sur son lit en tailleur, la tête posée dans l'une de ses mains, dépitée. Elle aurait tellement aimé qu'un ou plusieurs de ses habits ne lui aille pas… Ainsi, la dame serait revenue une nouvelle fois et cela aurait quelque peu égayé l'une de ses mornes journées…

Tout à coup, la fillette se redressa légèrement et posa son regard émeraude sur la porte en entendant la clé tourner dans la serrure afin de voir qui venait lui rendre visite. Ça ne pouvait pas être Annabelle car il n'était pas encore l'heure de manger. Peut-être la couturière avait-t-elle oublié quelque chose, se dit-elle en jetant rapidement un œil autour d'elle.

« Bonjour, Amaryllis, prononça alors une voix profonde et basse.

- Mon Seigneur », se contenta de répondre la petite fille en posant son regard sur lui, surprise de le trouver là.

En effet, elle ne l'avait plus revu depuis le jour où ses hommes l'avaient capturée et qu'il avait fait d'elle sa prisonnière ou plutôt son invitée, comme il le lui avait dit, cela faisait déjà deux semaines de cela.

Rogue fit quelques pas pour approcher de son lit, les mains dans le dos, en la fixant de ses yeux sombres, et il demanda :

« Êtes-vous satisfaite de vos nouveaux vêtements ?

- Oui, Monsieur, acquiesça-t-elle simplement en baissant la tête et en détournant son regard de lui.

- Vous n'avez pas l'air très enthousiaste pour une jeune fille qui vient de recevoir tout une nouvelle garde-robe, lui reprocha-t-il alors en fronçant ses sourcils noirs.

- J'avais déjà une très belle garde-robe chez mon père et j'aurais préféré les retrouver tous deux ! » rétorqua-t-elle alors spontanément en relevant soudainement la tête vers lui pour le fusiller de ses yeux verts.

En un éclair, avant qu'elle ait pu réaliser ce qui se passait, Rogue avait fondu sur elle. Il avait pris dans sa grande main blanche son petit menton qu'elle venait de lever vers lui et le serrait fermement entre ses doigts sans toutefois lui faire mal.

« Faites… bien… attention… » la menaça-t-il en vrillant ses yeux émeraude de ses prunelles encore plus sombres que les ténèbres de la nuit et en détachant bien chacun des mots de sa phrase.

Les yeux de la fillette s'agrandirent de peur et se mirent à étinceler plus fort, réellement terrifiée par son air menaçant. Son rythme cardiaque accéléra subitement, elle sentit son cœur cogner furieusement dans sa poitrine et ses joues se tintèrent de rouge et s'échauffèrent sous le coup du stress et de l'adrénaline qui venaient de se répandre dans ses veines.

Qu'est-ce qui lui avait pris de lui répondre comme ça ? Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Elle savait pertinemment qu'il ne ferait qu'une bouchée d'elle, s'il le voulait…

Constatant l'évidente panique qui s'était soudain emparée d'elle, Severus tiqua légèrement, ses prunelles vertes ne lui rappelant que trop bien sa défunte mère, il desserra la prise qu'il exerçait sur son menton et il éloigna son visage du sien en reprenant le contrôle de ses émotions.

Amaryllis ferma brièvement les paupières en soufflant, soulagée, puis elle les rouvrit en l'entendant interroger sèchement :

« Auriez-vous préféré devenir une esclave, comme tous ces gueux avec qui vous vous trouviez ?

- Non, mon Seigneur, répondit-elle d'une toute petite voix en secouant négativement la tête.

- Alors ayez au moins la présence d'esprit et la décence de me témoigner un peu de reconnaissance ! exigea-t-il en se détournant d'elle et en rejoignant vivement la porte de sa chambre.

- Merci… » chuchota-t-elle tandis qu'il avait posé sa main sur la clenche.

Étonné de l'avoir entendue prononcer ce mot, Severus se tourna de nouveau vers elle en fronçant ses sourcils pour l'observer, intrigué par son changement d'humeur et d'attitude.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle seulement en plongeant ses yeux dans les siens.

Rogue fit quelques pas vers elle en haussant un sourcil interrogateur et la petite reprit :

« Pourquoi ne m'avez-vous pas tuée ? Pourquoi ne m'avez-vous pas réduite au rang d'esclave ? Pourquoi ne m'avez-vous pas envoyée en exil, très loin d'ici ? clarifia-t-elle alors sans le quitter de son regard vert.

- Parce que ce n'est pas comme cela que je fonctionne. C'eut été bien trop simple, répondit-il en soutenant son regard. Votre père a pris la seule personne qui comptait à mes yeux et j'ai bien l'intention de lui infliger le même supplice, expliqua-t-il brièvement.

- Mon père viendra me chercher. J'en suis sûre, répliqua-t-elle, confiante.

- Il peut toujours essayer mais je suis convaincu qu'il se lassera vite et qu'il finira par abandonner, lui opposa-t-il alors.

- Non, il n'abandonnera pas, refusa-t-elle en secouant sa petite tête.

- Nous verrons bien lequel de nous deux a raison », déclara-t-il en haussant une épaule, indifférent, avant de quitter la pièce et de la refermer à clé.

Dès qu'il eut quitté sa chambre, Severus parcourut les couloirs de l'aile des invités, emprunta la volée d'escaliers et monta jusqu'au pigeonnier afin de s'emparer de l'un de ces volatiles.

Il écrivit rapidement quelques mots sur un petit morceau de parchemin, le roula précautionneusement une fois l'encre sèche et l'inséra dans la petite capsule qui était déjà fixée à la patte de l'oiseau. Il prit ensuite le pigeon entre ses mains, s'approcha de la fenêtre et l'ouvrit avant de libérer l'oiseau et de le regarder partir à tire d'aile, une satisfaction féroce éclairant soudain son visage et un sourire sadique étirant ses fines lèvres.

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Dans son château, James Potter plissait son front en réfléchissant à l'endroit où pouvait bien se trouver sa fille. Il avait fait fouiller ses terres et retourner tous les cadavres qui jonchaient le sol mais on ne l'avait pas trouvée parmi eux. Il avait tenté d'intercepter un convoi d'esclaves constitués de gens de ses villages mais elle n'était pas là non plus et il avait encore perdu des hommes dans la bataille sans parvenir à les libérer…

En plus de n'être bon à rien, d'avoir perdu des territoires, des villageois et des soldats en se faisant ridiculiser par Rogue dont les forces, les effectifs et la stratégie étaient clairement supérieurs aux siens, il n'avait absolument aucune idée de l'endroit où pouvait bien se trouver sa fille, si elle allait bien ni si elle était seulement toujours en vie…

« Seigneur Potter ! s'exclama l'un de ses hommes en pénétrant dans la grande salle.

- Quoi ? rétorqua-t-il sèchement, agacé et à cran.

- Nous avons intercepté un pigeon qui portait un message à votre intention », lui apprit-il en approchant de lui pour lui donner le petit bout de parchemin.

Vivement intrigué, James se leva de son siège et lui arracha le message des mains avant de lire ces quelques lignes en fronçant les sourcils :

« C'est moi qui détiens ta précieuse petite fille. Sache que sa vie et son intégrité dépendent uniquement de mon bon vouloir…

Lord Severus Rogue »


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)

A la prochaine pour un nouveau chapitre!

Je posterai tous les dimanches.

Bisous ;-)