« Chaos. » : Paroles normales.

« Chaos. » : Paroles de monstres, dragons, dieux.

« Chaos. » : Pensées normales, souvenirs, télépathie.

« Chaos. » : Pensées de monstres, dragons, dieux.

« Mahô. » : Noms de sorts, magies, maléfices, artéfacts.

(Magie) : Traduction des noms de sorts, magies, maléfices, artefacts.

L'univers et les personnages de Fairy Tail ne m'appartiennent pas et sont la propriété d'Hiro Mashima.

Comme toujours, mes excuses si des fautes d'orthographe, de grammaire ou de conjugaison ont survécu à mon épuration. on a toujours l'impression de toutes les avoir mais, au final, il y en a toujours deux ou trois pour nous mettre des bâtons dans les roues !

Je remercie du fond du coeur les personnes qui ont laissé une petite review sur mon prologue : ça fait extrêmement plaisir et ça motive pour écrire la suite ! J'espère continuer à vous intriguer avec mon histoire, et que certaines de vos questions trouveront leurs réponses dans ce premier chapitre !

Bonne lecture !


Chapitre n°1 :

Une lumière blanche éblouissante, un rire féminin inquiétant, des cris, des exclamations, et une sensation de chute interminable. Il avait l'impression de basculer vers le centre de la terre à une vitesse folle, entouré d'une blancheur si éclatante et aveuglante, qu'elle en prenait presque des attributs de ténèbres. Il se sentait… bizarre. Alors qu'il tombait, attendant l'impact inévitable, il avait l'impression d'être aspiré vers le néant. Son esprit était brumeux, ses pensées confuses. Sa vision devint floue et obscure, les dernières silhouettes qu'il aperçu lui étant tout à fait indéfinissables. Les sons lui parurent lointains, comme enveloppés dans un voile brumeux les rendant incompréhensibles. Plus il tombait, et plus il se sentait vide. Comme si ses forces étaient aspirées, comme si son cerveau se vidait de toutes connaissances. Petit à petit, il sentit que des choses lui échappaient, des choses qui étaient pourtant particulièrement importantes : des lieux, des dates, des évènements, des noms… Il essaya de lutter, de maintenir sa conscience éveillée et sa volonté intacte. Ce fut peine perdue : c'était comme si cette lumière aveuglante le purgeait de tout ses souvenirs, de toute son identité.

Finalement, alors que son esprit le quittait et perdait toute lucidité, il entendit une voix féminine résonner dans sa tête désormais vide. La même voix qui ricanait quelques minutes auparavant, une voix dont l'intonation ne lui disait rien qui vaille.

« Ton nom est Natsu. Tu es le second enfant annonciateur du Chaos. Tu t'éveillera aux cotés du premier et, ensemble, vous déciderez du sort de l'humanité qui fut autrefois la cause de vos tourments. »

Ce furent les dernières paroles qu'il entendit avant de sombrer dans le néant de l'inconscience.

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Une gouttelette de rosée qui ne cessait de le taquiner en s'écrasant sur son visage lui fit ouvrir les yeux dans un grognement. La première chose qu'il vit, fut le ciel d'un bleu éclatant et sans nuages, masqué de-ci de-là par le feuillage dense des arbres. Le soleil brillait, son éclat camouflé par l'obscurité relative de la forêt. Le silence régnait, troublé de temps en temps par le gazouillis des oiseaux ou le bruissement des feuilles dans le vent. Alors que cette atmosphère était des plus apaisantes, une pensée émergea dans son esprit encore embrumé. Une voix, inconnue, lointaine, qu'il lui semblait malgré tout étrangement familière.

« Ton nom est Natsu. Tu es le second enfant annonciateur du Chaos. Tu t'éveillera au coté du premier et, ensemble, vous déciderez du sort de l'humanité qui fut autrefois la cause de vos tourments. »

« ... Natsu… ? » Il murmura ce mot, essayant d'en comprendre la signification. Alors c'était son nom ? C'était comme ça qu'il s'appelait ? Il fronça les sourcils. Il ne se rappelait de rien d'autre, absolument rien.

Il se redressa, les yeux rivés sur l'herbe douce qu'il caressait distraitement du bout des doigts. Qui était-il ? D'où venait-il ? Que lui était-il arrivé ? Que signifiaient les paroles de cette voix qu'il entendait, ou plutôt de cet unique souvenir dont-il disposait ? Il observa sa main, levant un sourcil intrigué. Il constata que, depuis ces dernières et jusqu'à ses avants-bras, se trouvait une sorte de marque noire représentant comme des flammes ondoyantes. Il en observa les formes, qui ne lui disaient absolument rien. Étais-ce normal que ses bras soient tatoués de la sorte ? Cela ne lui faisait pas mal, alors il n'y prêta pas plus attention.

Alors que son esprit re-connectait peu à peu avec la réalité, sortant de l'état brumeux dans lequel il s'était réveillé, il prêta attention aux bruits l'entourant. Le son de l'écoulement de l'eau attira son regard vers le petit ruisseau qui passait à quelques mètres de-là, où s'abreuvait quelques mètres plus loin une biche. Il s'approcha du cours d'eau et, instinctivement, il se pencha afin d'apercevoir son reflet à la surface de l'eau. Il s'observa, tête penchée, constatant que son apparence ne lui ramenait pas plus de souvenirs.

Il était un jeune garçon âgé d'une dizaine d'années, pas plus. La première chose qui le frappa chez lui, en dépit de ses tatouages qu'il avait déjà remarqués, furent ses yeux. Grands, leur couleur rappelait un brasier incandescent, destructeur : un mélange d'or et de rouge, s'entrelaçants dans une harmonie inquiétante et envoûtante. Il s'y dégageait une puissance ancienne, latente, qui ne demandait qu'à se déchaîner. Plusieurs émotions s'y lisaient également : la surprise, l'interrogation, la colère, l'inquiétude… et une certaine connaissance oubliée. Il se détourna de son propre regard, observant la couleur rose de ses cheveux visiblement indisciplinés, dont les pointes se teintaient d'une vive couleur bordeaux. En dépit de cela, il avait l'air relativement normal : sa peau était légèrement halée, ses vêtements… dans un état légèrement douteux. Un peu comme si il s'était endormi dans un buisson de ronces et qu'il s'était vivement débattu dans son sommeil. Peut être s'était-il battu après tout, et que cela expliquait le vide omniprésent dans sa tête. Peut être même que cette voix était celle de la personne qu'il avait affrontée, et était celle qui lui avait infligé ça.

L'enfant resta planté devant le ruisseau, plongé dans ses questions existentielles. C'était très perturbant, voire effrayant, de ne se souvenir de rien, si ce n'est de son nom et de paroles incompréhensibles. Il ne savait pas où il était, comment il était arrivé là, ce qui lui était arrivé. Avait-il quelqu'un qui l'attendait quelque part ? Qui le cherchait ? Où devait-il aller ? Que devait-il faire ? Allait-il rester comme cela toute sa vie ? Il soupira. Il ne savait pas comment réagir, qu'est-ce qui serait le plus naturel pour lui. Il avait juste l'impression d'être une coquille vide, une espèce de pantin désarticulé qui aurait perdu son marionnettiste et errait sans réel but.

Un bruit dans son dos le sorti de ses pensées. Instinctivement, il se retourna, se rendant compte que son corps et son esprit s'étaient préparés au combat sans même qu'il n'y pense. En position de défense, ses sourcils s'étaient froncés, son regard s'était acéré. En lui, il sentit quelque chose remuer. Comme une bête en cage prête à se déchaîner. Il trouva cela étrange, mais pas désagréable. En réalité, il aimait cette sensation d'adrénaline, d'excitation et de puissance dormante : il avait l'impression d'être en vie, d'être plus qu'un tas de chaire vide.

Il leva un sourcil en voyant sortir des fourrés un autre garçon de son âge. Ce dernier devait facilement faire une tête de plus que lui, et avait l'air tout aussi perturbé que lui. Comme lui, il avait d'étranges marques sur les bras et le visage, la seule différence étant que les siennes étaient bleues et aux formes bien plus abstraites. Ses cheveux étaient d'un bleu rappelant la couleur de la mer les jours de tempête, d'une coupe tout aussi indisciplinée que celle de Natsu en légèrement plus longue. Sa peau était d'une couleur sombre, et ses vêtements dans un état tout aussi pitoyable. Mais, comme son congénère aux cheveux roses, ses yeux dégageaient quelque chose d'incroyablement inquiétant et puissant. Ils étaient d'un bleu profond, dont la couleur oscillait entre la clarté des lacs les plus purs, et l'obscurité des abysses océaniques. Eux aussi, témoignait d'un pouvoir immense et d'un savoir ancien, deux choses qu'on ne devrait normalement pas trouver chez des enfants de cet âge.

Sans qu'il n'en sache la raison, Natsu senti la tension se dissiper, sa méfiance s'évaporer. Il baissa les poings, et se détendit. En face de lui, l'autre garçon sorti des buissons en regardant partout autour de lui, visiblement perdu. La profondeur de la mer rencontra l'intensité du brasier, et les deux enfants sentirent comme un déclic s'effectuer en eux. Ils écarquillèrent les yeux, tandis que l'unique souvenir qu'ils partageaient tout les deux résonnait avec force dans leurs esprits. La même voix féminine, qu'ils avaient entendue à leurs réveils respectifs, parla de nouveau, comme une prophétie inéluctable.

« Tu t'éveillera aux cotés de l'autre enfant de la Calamité et, ensemble, vous déciderez du sort de l'humanité qui fut autrefois la cause de vos tourments. »

Les deux enfants s'observaient, s'analysaient. Sans qu'ils ne sachent pourquoi, ils le savaient : ils se connaissaient, et tout deux étaient liés d'une manière ou d'une autre, d'une manière plus profonde qu'ils ne pouvaient l'imaginer. Tout deux partageaient la même puissance, la même amnésie inexpliquée, entendaient la même voix étrange. Tout deux avaient ces caractéristiques physiques inhabituelles, tout deux semblaient étrangers à leur environnement. Ils le sentaient, leur rencontre et leur situation n'avait rien d'un hasard. Il ne savait pas en quoi, ni dans quel but, mais ils savaient au fond d'eux que le destin commençait à tourner.

« C'est toi, l'autre enfant dont la voix parle ? » Le garçon aux cheveux bleus demanda, d'une voix étrangement grave pour un enfant de son âge. Comme si il avait déjà traversé les épreuves de la vie, savait comment le monde tournait, et comment le plier à sa volonté.

« Et toi, je suppose que tu es le premier '' enfant de la Calamité '' avec lequel je doit influer le destin du monde ? » Natsu répliqua avec la même intonation, sa voix restant cependant plus fluette. Peut-être était-il le plus jeune finalement.

Le bleuté esquissa un rictus. Cela confirma leurs doutes à tout les deux. La tension disparu alors totalement : aucun des deux enfants ne s'était rendu compte de la puissance magique phénoménale qu'ils avaient dégagée inconsciemment.

« Je m'appelle Acnologia. C'est tout ce que je sais. » Le plus grand s'approcha, tendant la main au rosé. Ce dernier la prit et la serra en hochant la tête. Leurs poignes étaient fortes, comme si chacun d'eux souhaitait broyer la main de son interlocuteur. N'importe qui d'autre aurait eu les os brisés mais, pourtant, aucun d'eux ne ressenti la moindre douleur : ils étaient de force égale.

« Natsu, enchanté. Je ne sais rien de plus non plus, mais ça, tu t'en doute déjà. » Le rosé plongea ses yeux flamboyants dans ceux calmes et impassibles d'Acnologia. Les deux regards étaient les mêmes : deux tempêtes imprévisibles, prêtes à se déchainer sans crier gare et en occasionnant des dégâts irréparables.

Les deux enfants restèrent là, silencieux, pendant quelques longues minutes. Tout deux étaient dans la même situation, et se posaient exactement les mêmes questions quant à ce qu'ils devaient faire. Ils ne savaient qu'une seule chose : ils devaient rester ensemble, ils avaient un rôle à jouer ici. Mais lequel ? Ça, ils aimeraient bien le savoir. Tout comme ils aimeraient bien connaitre la raison de leur arrivée ici, de leur amnésie et, en général, de leurs identités respectives. Qu'est ce que cela signifiait, être les « enfants de la Calamité » ? En quoi devaient-ils et pouvaient-ils influencer le destin de l'humanité ? Quels était ces tourments que les humains leur avait infligés ? D'où venaient-ils ? Étaient-ils seulement de ce monde, de cette époque ? Étaient-ils seulement humains ? Au fond deux, ils avaient déjà leur petite idée sur la question, restait cependant à savoir ce qu'ils étaient, et ce qu'on attendait d'eux.

Au bout d'un moment, Natsu soupira tandis qu'Acnologia levait les yeux vers le ciel. La situation commençait à devenir gênante pour eux. Et partiellement agaçante aussi.

« Bon, on fait quoi ? » Le bleuté demanda en donnant un coup de pied dans un caillou, qui alla ricocher dans le ruisseau. Il s'ennuyait, et il en avait déjà marre de se souvenir de rien. Il ne savait pas pourquoi, mais il pressentait que ce n'était pas son genre de rester immobile à penser au sens de la vie.

« Je sais pas, on pourrait peut-être sortir de là déjà ? » Le rosé haussa les épaules en désignant d'un signe de tête le sentier qui suivait le cours du ruisseau. Acnologia n'ayant rien de mieux à proposer, il emboita le pas à son compagnon. Ce dernier avait l'air tout aussi lassé que lui de la situation, cela se voyait dans son expression blasée. Ou alors il était très peu enclin à montrer ses émotions, ce qui était également envisageable.

Les deux enfants sortirent donc de la forêt en suivant le cours du ruisseau, et arrivèrent au bout d'un petit quart d'heure de marche silencieuse sur une corniche surplombant un petit village paysan. Les champs entourant la dizaine de bicoques étaient en feu, plongeant la zone dans un épais nuage de poussière et de fumée noire. Des cris retentissaient, de même que des explosions et des pleurs. Des habitants couraient, essayant de fuir le village, et étaient poursuivis par des individus vêtus entièrement de noir. Natsu et Acnologia observèrent la scène, et décidèrent de descendre demander leur chemin. Aucun d'eux n'avait conscience d'être face à l'attaque d'une guilde clandestine, de même que la potentielle dangerosité de la situation ne leur effleura même pas l'esprit.

Lorsqu'ils arrivèrent à l'entrée du village, Acnologia huma l'air, s'attirant un regard circonspect de son compagnon. Il sentit une odeur de mort, caractérisée par le sang, la cendre et les larmes. Sans qu'il ne sache pourquoi, cette odeur lui était familière, et ne lui déplaisait pas. C'était comme si il y était accoutumé depuis bien longtemps. Natsu quant à lui, fixait les corps jonchant le sol, les flammes léchant les bâtiments. Lui aussi, se sentait à sa place dans cette atmosphère apocalyptique, comme si cette ambiance était une vieille amie qu'il était habitué à côtoyer. Les deux enfants ne se posèrent aucune question, pourquoi le devrait-il après tout ? Ils n'avaient aucun souvenir, aucun repère, peut être était-ce normal de croiser ce genre de spectacle.

« Tiens, tiens, qu'avons nous-là ? »

Ils se retournèrent en entendant une voix caverneuse s'élever dans leur dos. Ils se retrouvèrent face à une dizaine de ces hommes en noir, aux visages camouflés par des capuches aux tailles démesurées. Celui qui venait de parler, qui se tenait en avant du groupe, un long bâton sculpté dans la main, ricana en dévisageant les deux gosses de la tête aux pieds. Constatant leurs vêtements déchirés et sales, il en vint à la conclusion qu'il devait s'agir de survivants de cette pauvre bourgade paysanne.

« Alors les mioches, on pas pu courir assez vite pour échapper à Goth Hydrea ? Dommage pour vous, mais votre village était si pourri, qu'on a pas trouvé suffisamment de provisions pour nous satisfaire. »

« Même si on a la haine, on est pas sans coeur pour autant. » Cette déclaration prit un sinistre ton d'ironie, au regard des cadavres et de l'incendie mugissant. « On va vous laisser rejoindre vos anciens incapables dans l'au-delà. Ne nous remerciez pas, on aurait de la peine de vous laisser vivre seuls dans votre merde ! »

Le groupe de mages noirs éclata d'un rire monstrueux, tandis que Natsu et Acnologia se contentaient de les fixer, inexpressifs. Ils échangèrent un regard, tout aussi blasé qu'agacé l'un que l'autre. Cela suffit à mettre en rogne les vauriens qui leur faisaient face.

« C'est quoi ces gosses ? Vous pourriez avoir peur ! Pleurer, supplier, vous mettre à genoux ! Rendez ça au moins amusant, merde ! »

« Laisse tomber, ces gamins sont déjà morts à l'intérieur. » L'un des mages noirs s'approcha en soupirant. Il avait toujours détesté les mises en scène de son chef. « Mettons un terme à leur vie pathétique et partons avant de se faire chopper. »

Sur ces paroles, il leva la main vers les deux enfants, et d'épaisses ronces noires sortirent instantanément du sol. Il leva un sourcil surpris en voyant Natsu et Acnologia esquiver habilement l'attaque, évitant de se faire empaler vivants sur les plantes tranchantes. Le bleuté sentit immédiatement une odeur de poison se dégager des épines d'une taille tout sauf naturelle. Il ne songea pas à s'interroger sur le pourquoi du comment il était capable de reconnaitre cette odeur parmi toutes les autres. Non, son attention était focalisée sur une seule chose : cette force qui s'agitait en lui.

Le même phénomène se produisit avec Natsu, qui sentit comme une source d'énergie immense se débloquer en lui. Cela s'était produit chez les deux enfants lorsque leur adversaire les avaient attaqués. Ils ne savaient pas comment, ni pourquoi, mais ils avaient senti la magie. Ils avaient senti la structure de l'air changer, ils avaient senti le sort se former. En voyant cet homme utiliser la magie, c'est comme si une partie de leur esprit qui était restée en sommeil, venait de se réveiller. Brusquement, sans qu'ils n'y comprennent vraiment le sens ni la raison, ils se souvinrent de quelque chose. Quelque chose de fondamental.

L'éther, source de toute chose, source de tout pouvoir. Tout les sorts, quels qu'ils soient, proviennent de l'éther, qui est présent dans l'atmosphère sous forme de particules d'éthernano. Sans éther, la magie ne peut pas prendre forme. L'éthernano n'étant pas accessible ni maîtrisable comme tel, les mages ont recourt aux particuliers d'éthernano, pour créer des sorts. Mais l'éther n'est pas que ça : c'est un tout, un flux qui circule entre deux mondes séparés par cette frontière invisible. Les vivants n'ont accès qu'à une partie de cet éther, les morts ont accès à l'autre. Cette source unique de pouvoir, lien entre deux mondes distincts mais coexistants, est ce qui structure le monde magique.

Acnologia et Natsu sentirent une force gigantesque affluer dans leurs veines. Ils se souvenaient de quelque chose, enfin. Un savoir lointain, primordial. Comment savaient-ils cela, ils n'en avaient aucune idée. Mais ils étaient sûrs d'une chose : l'éther était à eux. Ils en faisaient ce qu'ils voulaient, ils en étaient maîtres. Et ce mage qui avait la prétention de le dénaturer par ces sortilèges pitoyables… allait subir le courroux des deux calamités. A partir de cet instant, les deux enfants s'éveillèrent à un instinct qu'ils ne contrôlaient pas : leurs corps bougeaient d'eux-mêmes, naturellement, comme si ils étaient désormais dans leur élément.

Tout se passa très vite, trop vite même. Les mages noirs sentirent une pression magique sans égale s'abattre sur eux, les plaquant violemment au sol en leur coupant la respiration. Ils virent avec effroi le sol se craqueler, des fissures se former autour des deux gamins, l'un entouré d'une aura bleue et blanche, l'autre d'une aura rouge et noire. Ils déglutirent, incapables de faire un geste, de dire un seul mot. Ils n'avaient plus que leurs yeux pour pleurer.

Acnologia s'ouvrit à ses pouvoirs le premier. Il se laissa transporter par le flux d'éther qui les traversaient, lui et le monde. C'était comme retrouver un vieil ami : cela faisait un bien fou. À cet instant, il se sentit presque complet. Presque. Il se rappela de certaines choses, quand bien même il lui semblait que tout ne lui revenait pas encore en mémoire. Se laissant guider par son instinct, il planta son regard bleu, brillant d'une lueur terrifiante, dans les yeux des mages noirs. Un sourire se dessina sur son visage. Il savait ce qu'il devait faire.

Les mages noirs vinrent avec effroi le garçon prendre une grande inspiration, accumulant dans sa bouche de l'énergie magique constituée uniquement d'éthernano. Si un mage normalement constitué ne devrait pas pouvoir supporter une telle concentration d'éthernano pur, cela ne posait aucun problème pour Acnologia. Après tout, l'éther n'était-il pas son élément ?

« Kaosuryû no hôko ! » (Hurlement du dragon de l'apocalypse)

Un immense rayon d'une lumière bleue si intense qu'elle en était presque blanche, jaillit de la bouche du garçon et se précipita vers ses adversaire, qui n'eurent même pas le temps de hurler de terreur ou de douleur. Une explosion retenti, la puissance magique étant phénoménale, de même que l'air se satura instantanément de particules d'éthernano. Natsu leva un sourcil, impressionné. Lorsque la fumée générée par l'attaque se dissipa, il ne restait absolument plus rien des mages noirs. Seul un cratère d'une taille admirable témoignait de l'emplacement où s'étaient autrefois tenus les membres de la guilde Goth Hydrea.

Acnologia esquissa un sourire en coin, ravi. Il avait l'impression d'avoir retrouvé une partie de lui-même, quand bien même il ai agit par pur instinct. Le nom de l'attaque lui était venue naturellement, de même que la manière de former son sort. Il n'avait aucune idée de ce qu'était cette magie, mais il était néanmoins persuadé d'une chose : il était loin, très loin, d'avoir utilisé toute sa puissance, de même qu'il avait la sensation de n'avoir retrouvé qu'une infime partie de ses capacités. Et cela le frustrait, indéniablement.

« Q-qu'est-ce qui s'est passé ici ? » Les deux enfants, qui dégageaient encore tout deux une puissance hors-norme, se retournèrent et virent un nouvel attroupement de mages noirs. Apparemment, ils étaient plus nombreux que prévu.

« C'est vous qui avez fait ça ? Sales morveux ! » L'un des mages, un véritable colosse, se précipita sur eux, une hallebarde qui devait bien faire deux fois la taille de Natsu dans les mains. Alors qu'Acnologia s'avançait, bien décidé à retrouver à nouveau cette sensation jouissive qu'il avait ressentie en usant de sa magie, son camarade aux cheveux rose l'arrêta d'un geste.

« Soit pas si gourmand. »

Le bleuté grogna, tandis que Natsu esquissait un rictus purement démoniaque. Lui aussi avait bien envie de se défouler, de comprendre pourquoi le flux d'éther qu'il sentait circuler autour de lui et en lui l'appelait autant. Comme Acnologia avant lui, il sentit la forme naturelle de la magie circuler, présente absolument partout sous cette forme de particules, n'attendant qu'à prendre forme. Cependant… le rosé senti autre chose. Comme si, derrière une barrière invisible, l'éther continuait de circuler, nourrissant un monde incessible aux vivants. Un monde froid, inhospitalier, obscur. Le monde des morts et de la terreur. Alors que le mage noir levait son arme démesurée au dessus de sa tête, Natsu comprit.

Ce n'était pas l'éther de cette partie-ci du monde qui l'appelait. C'était celle présente de l'autre coté de la frontière. La force appartenant au monde des défunts, l'autre face d'une seule et même pièce. L'exact opposé de la magie, son extrême némésis. Le garçon aux cheveux roses sauta en l'air, s'envolant presque, tandis que le coup qui lui était destiné s'enfonçait profondément dans le sol. Il croisa le regard ennuyé d'Acnologia, posa les yeux sur le cratère formé dans son dos. Il fronça les sourcils, ses yeux brillants d'une flamme dévastatrice. Une affirmation résonnait dans son esprit, sans qu'il ne cherche à en comprendre l'origine : Si Acnologia maitrisait l'éther de ce monde pour former de la magie, alors lui, Natsu, usait de l'éther du monde inverse pour créer des maléfices.

Deux cotés d'une pièce unique. Deux némésis complémentaires à la force égale. Une seul et même flux, une seule et même puissance, partagée en deux mondes opposés et coexistants. Incarnée en deux êtres singulièrement semblables, et sensiblement différents. Un paradoxe fondamental.

Alors qu'il retombait souplement sur le sol, Natsu se retrouva encerclé par la horde de mages noirs furieux. Avant même qu'aucun d'entre eux ne puisse faire un geste, le garçon claqua des doigts. Comme Acnologia avant lui, il appela l'éther à lui. Sauf qu'il usa de celui présent de l'autre coté de cette frontière invisible, celui qui devrait normalement être inaccessible aux vivants : pourtant, c'est bel et bien cette force qu'il appela à lui.

« Disparaissez. »

Les membres de la guilde clandestine furent en proie à un étrange phénomène de combustion instantanée. Aussitôt Natsu eut-il prononcé ces mots, que ses adversaires furent tous entourés de flammes noires et rouges, qui au lieu de brûler ce qu'elles touchaient, semblaient plutôt ronger la chaire et le sol. Pour être exact, ce n'était pas vraiment du feu, ce n'est que par souci purement pratique et esthétique, que le rosé choisi de donner cette forme à l'éther qu'il invoqua. Il aurait pu lui donner n'importe quelle autre forme après tout : l'éther était la base de toutes magies, il n'avait aucune forme en lui-même. C'était la porte ouverte à la création infinie, à la puissance absolue.

Les victimes du maléfice hurlaient à la mort, les flammes les rongeant telles de l'acide. La chaire se craquelait et disparaissait, lentement mais sûrement. Au final, au bout de quelques instants, il ne resta plus aucune trace de l'attroupement de mages noirs qui se tenaient en face des deux enfants, si ce n'est une trace noire sur le sol en parti rogné. Comme avec Acnologia, les victimes n'avaient pas seulement été tuées : elles avaient été littéralement supprimées de la surface de la terre, comme si leurs existences n'avaient jamais eu lieu. La seule différence résidait, certes, dans la nature de l'éther invoqué, mais également dans le niveau de sadisme des deux enfants.

Acnologia siffla, tandis que Natsu éprouva comme une déception. Lui aussi avait l'impression qu'il pouvait faire mieux que ça, que sa puissance était loin d'être déployée à son maximum. Les deux compagnons monstrueux échangèrent un regard, presque comme des complices de crime. Ils avaient bien fait de venir ici : ils auront au moins retrouvé quelque chose de très important parmi la multitudes de choses qu'ils avaient vraisemblablement oubliées.

« Mon attaque était la plus impressionnante. » Le bleuté annonça fièrement tandis qu'ils avançaient parmi les ruines encore fumantes du village. Natsu renifla d'un air dédaigneux, visiblement piqué au vif.

« Moi, au moins, j'ai fait preuve de subtilité ! »

Si pour eux cette discussion était tout à fait normale, n'importe qui aurait été effrayé de voir deux enfants âgés d'une dizaine d'années à peine débattre sur lequel d'entre eux avait été le plus efficace dans l'annihilation de leurs adversaires. Un peu comme un concours, non pas pour savoir lequel était le plus puissant, mais plutôt pour déterminer qui était le plus monstrueux.

Tandis que Natsu et Acnologia traversaient sans états d'âme les ruines d'un village, où jonchaient encore les débris calcinés des bâtiments et les corps des habitants massacrés, une escadre de Chevaliers Runiques s'approchaient au loin. Envoyés par le Conseil de la Magie pour stopper les derniers fugitifs de la guilde clandestine Goth Hydrea, récemment dissoute pour meurtres et autres criminalités, ils étaient accompagnés par le mage saint et maître de la guilde légale la plus puissante du royaume de Fiore : Makarov Drear.

Le vieil homme, qui avait été réquisitionné par un fâcheux concours de circonstances par le Conseil, était soucieux. Ils avaient vu de la fumée s'élever depuis la route, puis entendu une importante explosion dans cette zone. Et à mesure qu'ils s'approchaient, il ressentait la présence d'une puissance magique incroyable et terrifiante. Une concentration d'éthernano comme il n'en avait encore jamais ressenti, comme si quelqu'un avait décidé d'user du Canon à Impulsion Magique Aetherion. Makarov avait également une étrange sensation, un mauvais pressentiment qui ne daignait pas le quitter, et qui ne faisait au contraire que s'amplifier à mesure que les secondes passaient.

Le maître de Fairy Tail ne le savait pas encore, mais le destin était en marche. Et la balance penchait malheureusement déjà du coté de la noirceur et du désespoir.


Merci à tout ceux qui seront arrivés au bout de la lecture de ce premier chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu, je n'avais pas vraiment prévu qu'il soit aussi long, mais il faut croire que je me suis un peu emballée... J'espère en tout cas ne pas m'être trop perdue, et que mes explications étaient assez claires !

Deux/trois petites informations importantes (attention, spoilers pour les potentiels retardataires qui ne sont toujours pas à jour dans le manga) :

- Déjà, en ce qu'il concerne les personnages, et notamment Natsu : je ne fait pas de différence entre Natsu et E.N.D. qui sont, pour moi, la même personne. Dans cette fanfiction, Natsu a juste les pouvoirs et la personnalité qu'il aurait, selon moi, dû avoir si il n'avait pas été élevé par Igneel. En fait je me base sur toutes les informations qui nous avaient été données avant l'arc d'Albareth (fondateur de Tartaros, créateur des maléfices, démon overpowered, ect...) pour interpréter le personnage de Natsu / E.N.D.

- Ensuite, pour ce qui est de l'éther, ça m'est venu comme ça. En fait je me suis toujours demandé comment la magie marchait (ce qui, soyons d'accord, est stupide) et j'en suis venue à l'idée, en voyant comment Zeleph créait les Ethérious (qui sont pour moi une race différente de celle des démons, je préviens tout de suite !) qu'il devait y avoir une matière de base depuis laquelle toutes les formes de magies découlaient. C'est aussi en voyant les pouvoirs d'Acnologia (insensible à toutes les magies et capable de toutes les absorber) que mon idée s'est renforcée, et que j'ai eu envie de la développer. Et, en prenant en compte le fait qu'E.N.D. nous est présenté à Tartaros comme suffisamment fort pour "effrayer" Acnologia, que les Ethérious naissent à partir de l'éther, et que E.N.D. est (selon mon interprétation) né en ayant insufflé de l'éther dans un véritable corps mort (très glauque au passage xD) ; voilà pourquoi j'ai tout simplement fait que les pouvoirs d'E.N.D. / Natsu sont en fait les mêmes qu'Acnologia, mais dans leur forme "inversée". Pour la frontière entre le monde des morts et des vivants, c'est encore une fois pour justifier les différences entre l'origine et la manifestation de leurs deux pouvoirs, quand bien même ils usent tout les deux du même élément (et aussi parce que ça à son importance pour la suite, mais là je n'en dirai pas plus !)

Bon, tout ceci sera bien entendu expliqué au cours de l'histoire mais j'ai tellement peur que ce soit trop farfelu et que, au final, je sois toute seule à me comprendre... Du coup si jamais vous êtes complètement paumés, n'hésitez pas à poser vos questions ! J'essaierais d'y répondre de la meilleure des manières possibles ! Bon et aussi, pourquoi Acnologia et Natsu / E.N.D. (faut vraiment le voir comme ça) en personnages principaux et en enfants ? Juste parce que c'est fun xD ! (et parce que j'adore vraiment trop ces deux personnages, sans vraiment savoir pourquoi d'ailleurs...)

Bref, j'ai fait un pavé énorme et je m'en excuse ! Je voulais juste mettre ces deux points au clair, histoire de ne pas vous déstabiliser. J'espère en tout cas continuer à vous embarquer dans mon histoire, qui n'est finalement rien d'autre qu'un délire né d'une théorie loufoque faite par une fan un peu dégénérée... mais au fond, c'est le principe d'une fanfiction non ?

Sur ce, je vous remercie encore d'avoir lu, et vous dit à très vite pour la suite ! Et comme d'habitude, n'hésitez pas à laisser un commentaire si l'envie vous en dit : je prends tout avec plaisir sauf les insultes !

- SilverYuuki