Petit mot de l'auteure : Bonjour ! Voici la suite de l'histoire avec le premier plan de Bronn. Comme vous aurez pu vous en douter, cette histoire n'est pas destinée à être sérieuse, et comme l'a fait remarquer Cath, c'est peut-être ce dont le monde (oui, je sais, les chevilles) a besoin en ce moment.
Merci à Angelica, Marina, cathhusset et Lassa pour leurs reviews sur le prologue !
Il était 21 heures lorsque Jaime Lannister et Brienne de Tarth sortirent du travail. Étant tous les deux gardes royaux – titre pompeux pour dire qu'ils appartenaient en effet aux ordres du roi, mais qui cachait le fait qu'ils étaient postés au fin fond des remparts du château – cet horaire tardif ne leur était guère inhabituel.
Jaime s'étira en faisant craquer les os de son dos et en baillant, ce qui provoqua un soupir de sa collègue, peu encline aux démonstrations buccales. Elle s'apprêtait à faire remarquer à son collègue qu'il avait des mains et qu'il pouvait de ce fait les utiliser pour les placer devant sa bouche, lorsque son téléphone vibra frénétiquement. Le numéro indiquant celui de Sansa Stark, Brienne la rappela toute inquiète – la jeune femme, de dix ans sa cadette, ne la harcelait jamais de message sans une bonne raison.
Lorsque la rousse décrocha, celle-ci se contenta de lui dire :
- Je t'attends au Mercenaire. J'ai besoin de prendre un verre. À de suite.
Avant de raccrocher aussitôt. Elle allait se tourner vers Jaime, ayant besoin de manifester sa surprise, lorsqu'elle s'aperçut que lui aussi avait sorti son téléphone.
- Désolé fillette, lança-t-il en sachant pertinemment à quel point ce surnom l'agaçait, mais je dois vous laisser. Mon frère a un truc apparemment urgent à me montrer.
- D'accord. À lundi.
- À lundi.
Les deux commencèrent à marcher en direction du métro, tâchant au mieux de s'ignorer.
Ils continuèrent également de s'ignorer lorsqu'ils montèrent dans la même rame, descendirent au même arrêt, patientèrent au même changement – ce à quoi Brienne n'en pu plus :
- Vous me suivez ou quoi ?
- C'est vous qui me suivez ! Moi je vais juste rejoindre mon frère.
- Et moi Sansa ! Il vous attends où, votre frère ?
- Au Mercenaire. Et Sansa ?
- Pareil...
A cet instant, ils ne trouvèrent pas étrange que les deux personnes les plus proches d'eux aient justement décidés de les appeler au même moment pour les retrouver au même endroit. Premièrement, parce que Tyrion et Sansa étaient bizarrement plutôt proches, et deuxièmement, parce qu'ils étaient actuellement trop occupés à râler de la présence prolongée de l'autre plutôt qu'à se poser des questions.
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Lorsqu'ils arrivèrent enfin au bar à bière, celui-ci était bondé. Ce qui, à défaut d'être agréable, était plutôt logique : le vendredi soir, tout le monde voulait se détendre en prenant un coup avec des amis ou de la famille. Jaime soupira devant le monde et se fraya avec Brienne un chemin jusqu'au bar, où le patron gérait commandes et comptoir.
- Bronn ! l'interpella fortement Jaime. Où est Tyrion ?
Le brun fit un geste vague vers l'autre bout de la salle où ledit Tyrion était en pleine conversation avec une jeune femme – très jolie au demeurant, mais surtout très en train d'embrasser son frère. Jaime savait que cette expression n'avait aucun sens, mais il était fatigué, venait de parcourir la moitié de la ville avec la grande blonde, et il était plutôt agacé de voir que tout ces désagréments étaient rendu vains parce que Tyrion avait trouvé une compagnie plus agréable que la sienne.
Il poussa un soupir vaincu et demanda une bière à Bronn en lui demanda s'il restait de la place dans l'arrière salle.
- Vous n'allez pas rejoindre Tyrion ? demanda Brienne, surprise.
- Non... il a l'air assez occupé.
- Mais vous avez fait tellement de chemin !
- Oui mais... ce n'est pas grave. Il a l'air plutôt heureux, non ?
Quelque chose dans le regard de Brienne changea, comme si elle le considérait d'une nouvelle manière – ce qui, évidement, agaça Jaime qui le prit comme une sorte d'agression visuelle.
- Quoi ?
- Rien...
- C'est ça. Et vous alors ? Vous êtes pas censée retrouv...
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que le téléphone de Brienne sonna. Lorsqu'elle raccrocha, elle avait l'air de ce décider pour savoir si elle devait être légèrement agacée ou complètement furieuse.
- Elle vous a mis un lapin ?
Le silence de la blonde répondit à sa question.
- C'est pas étonnant. Vous n'êtes pas très drôle en soirée.
- Pardon ?
- Vous ne buvez jamais.
- Parce que pour vous il faut forcément boire pour s'amuser ? Si cela ne tient qu'à ça...
Brienne se saisit de la bière que venait d'apporter Bronn et là où une personne normale aurait simplement lancé la bière en elle-même, elle lui balança à la figure la chope. Enfin, pas exactement. Alors qu'elle se préparait à lancer le verre, elle fut bousculée par quelqu'un qui souhaitait se rendre au comptoir – et emportée par la force de son élan, la chope ne se contenta pas d'arriver à la figure de Jaime mais d'exploser. Ils restèrent un instant incrédules, avant que Bronn ne dise précipitamment :
- Jaime, n'ouvre surtout pas les yeux. Tu as du verre partout sur le visage.
- Oh, vraiment ? répondit-il pâteusement. Je n'avais pas remarqué.
- Et ferme la bouche aussi. Tu es tellement stupide que tu serai capable d'en avaler.
Jaime voulut rétorquer quelque chose comme « n'importe quoi ! », sauf que Bronn avait raison – il risquait d'avaler du verre s'il ouvrait la bouche. Il se contenta donc d'émettre un « homfr » furieux. Brienne, elle, avait l'air complètement mortifiée.
- Brienne, va chercher Tyrion et ramène le ici par la peau des fesses s'il le faut, commanda Bronn avant de se tourner vers son employé : Oberyn ! Je te donne la gestion du bar, j'ai une urgence santé. Et dis au nain et à la géante où je suis quand ils vont revenir.
L'autre acquiesça et Bronn amena Jaime dans son bureau pour commencer à enlever les bouts de verre. Après s'être bataillé avec Epée (son chat) qui avait décidé de dormir sur la trousse de secours (c'était un abruti de chat qui prenait plaisir à toujours se trouver là où il ne fallait pas), Bronn commença à désinfecter les petites coupures qui parcouraient le front et la tempe de son ami. Ce fut à cet instant que Brienne et Tyrion arrivèrent, essoufflés. Ce dernier regarda médusé la scène, avant de demander :
- Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
.
- Donc si j'ai bien compris, Jaime a insulté Brienne, et celle-ci lui a fracassé une chope sur la tête ?
- Pas exactement. Enfin, oui. Mais elle a pas fait exprès, elle voulait juste lui lancer à la figure, mais elle a été bousculée par quelqu'un. Je crois.
Sansa regarda Tyrion d'un air ébahi, comme pour s'assurer que Bronn ne mentait pas. Voyant que son ami hochait la tête gravement pour confirmer ses dires, elle éclata tout simplement de rire.
- Il faut croire que ton plan n'était pas si parfait que ça.
- Bien sûr que si ! se défendit Bronn. Tout était calculé dans les moindres détails : vous qui leur posez un lapin, eux, dépités, prennent un coup ensemble histoire de ce dire qu'ils ne sont pas venus pour rien, l'alcool aidant ils s'avouent leur amour et c'était réglé !
- Oui, enfin je t'avais dit que c'était une idée à la con, l'enfonça Tyrion.
- Mais c'est eux qui sont cons, pas l'idée ! Ce plan était génial ! Punaise, on avait même trouvé une prostituée à Tyrion qui acceptait de jouer le jeu !
- Elle était sublime en plus... rajouta ce dernier, rêveur. Shae... Je crois que je vais la recontacter. Mais je me demande, Sansa, qu'est-ce que tu as trouvé comme excuse de lapin à Brienne ?
- Je n'ai même pas eu besoin de mentir. J'ai trouvé cette boule de poil abandonnée au pied de mon immeuble, hurlant comme âme en peine. J'ai décidé de l'emmener chez Talisa, vous savez, la copine de mon frère ? Elle est vétérinaire. Bref, donc c'était une vraie excuse, et je savais que s'il était question d'un animal, Brienne ne m'en voudrait pas. Surtout quand la boule de poils est aussi adorable que Lady !
Tyrion jeta un regard vers le chien qui se tenait sagement près de Sansa. La chienne était certes très belle, mais à ses yeux, ressemblait plus à un loup prêt à vous dévorer qu'à un gentil toutou. Le fait qu'elle fasse presque sa taille n'aidait pas à le rassurer.
- Vous n'avez pas eu l'air de vous ennuyer en tout cas, dit distraitement la rousse en caressant le pelage de neige de Lady.
- Ça, c'est sur.
Bronn, lui, ne répondit rien. Il essuyait rageusement son comptoir pourtant immaculé – Sansa et Tyrion connaissaient bien cet air là. Ça voulait dire qu'il avait une idée derrière la tête.
- Je n'ai pas dit mon dernier mot, finit-il en effet par dire. Si le plan 1 n'a pas marché, je vais passer au plan 2. Et il sera encore plus élaboré que le premier !
Petit mot de fin : Ce texte a répond au deuxième prompt de la foire organisée par le FoF : il fallait au moins un chien et un chat, que l'action se passe à un moment dans un bar à bières, un vendredi soir, et que la citation "Je t'avais dit que c'était une idée à la con" apparaisse.
Je voulais que ce soit Sansa qui ait un chien, et j'ai cherché pendant dix ans quel prénom donner à l'animal. J'ai commencé à en faire une dogue allemand et à l'appeler Ramsay (blague très douteuse sur la saison 6) avant de me rappeler que, hé, mais Lady ! Donc voilà, Lady est dans l'histoire. Et je ne compte pas la faire injustement mourir comme dans le livre.
D'ici à ce que je vous retrouve dans le prochain chapitre (voir ailleurs), bonne ondes sur vous !
