Bonjour à tous !

Bon...je vous avoue, je suis un peu nerveuse de publier ce chapitre car...j'ai peur qu'il ne soit pas crédible. Du moins, qu'une scène ne soit pas crédible. J'aime quand les choses soient réalistes et pas "comme un cheveu sur la soupe" (comme certaines fanfics bien OOC, pseudo-dark et bashing) donc je ne veux pas mal faire les choses. On en reparle un peu plus bas pour ne rien vous spoiler.

Sinon, vous l'avez peut être pas remarqué, mais désormais, j'ai édité les chapitres et ils ont tous la date approximative de leur rédaction. Cela permet pour vous et pour moi de voir une certaine évolution dans mon style d'écriture (vous avez peut être vu que ma manière d'écrire est plus fluide depuis le premier chapitre). Dans la fin de la partie 1, les dates se précisent un peu plus car c'est plus récent et j'ai de meilleurs souvenirs mais pour le début de la partie 1, malheureusement, l'échelle est trés confuse.

Bref, merci à kyomi-hime pour sa review et passez une bonne lecture !

(chapitre écrit entre fin 2017 et début 2018)


Chapitre 13 : Un Noël très surprenant

Cette année, la neige avait décidé de se pointer en petite quantité, mais tous les jours. Le froid rendait certains couloirs vraiment lugubres, heureusement que les torches, les feux de cheminées et la salle commune rendaient le château un peu plus chaleureux !

Les vacances de Noël approchaient un grand pas. Comme toujours, nous le faisions chez mamie Molly et papy Arthur. Cette année Louis et sa famille seraient les absents du réveillon, le passant en France chez Gabrielle avec Dominique, ainsi que Teddy et Victoire, qui le fêtaient avec Andromeda.

Mary se remettait doucement, enfin c'était soit ça, soit elle enfouissait ses émotions et faisait croire qu'elle allait mieux. Mais à l'approche de Noël, elle nous confia qu'elle avait vraiment hésité à rentrer chez elle pour les fêtes.

- Vous comprenez, nous expliqua-t-elle dans notre salle de classe abandonnée après les cours, cela va être tellement lugubre comme Noël… Ma tante ne sera plus là, mon oncle et Scorpius seront comme des inferis, ma mère fera encore son intéressante qui critique tout sur tout, et mon père n'osera pas la contredire et essayera sans cesse de changer de sujet… Bref, une très bonne ambiance. Même Warren ne sauvera pas la fête…

- Je comprends, compatit Hugo.

- Je t'aurais bien invité chez mamie Molly pour Noël, proposai-je à Mary. Mais vu que c'est Noël et qu'elle ne te connaît pas…

- Ce n'est rien Lily, c'est une fête de famille, je n'allais pas m'incruster.

-Mais ma mère n'a rien dit quand Scorpius a passé le Nouvel An chez nous l'année dernière !

Á ces mots, je frissonnai en repensant au baiser de Scorpius il y a un an… Yerk ! Je l'avais presque oublié.

- Ce n'est pas pareil le Nouvel An et Noël, dit Jason en fixant la fenêtre.

- De toute façon, si besoin Mary, envoie-nous des hiboux, proposa Hugo.

Cette dernière acquiesça et Solange lui tapota l'épaule.

- Moi aussi je t'aurais bien invité…mes parents sont très gentils, mon grand-père a besoin de voir du monde, ma sœur aime bien découvrir de nouvelles personnes et mon frère…je ne pense pas que ça le dérangera trop. De plus…le jour de Noël, c'est toujours un peu déprimant car on doit voir mes grands-parents paternels à l'hôpital…et vous savez que…

- Oui, courage Solange, en tout cas tu es gentille de proposer, sourit Mary lui caressant les cheveux. Et toi Jason, toi aussi tu veux m'inviter à Noël ?

- Non pas spécialement, répondit ce dernier d'un air détaché. Noël se résume à de longs repas de famille qui ne finissent jamais…

- Jason ! protestai-je. Ce n'est pas sympa ! Et Noël c'est la meilleure fête de l'année !

- Ça dépend chez qui !

Je roulai des yeux. Qui n'aimait pas Noël sérieusement ?

Les vacances arrivèrent plus vite que je ne le pensais et ce fut la valise chargée que je me dirigeai vers la gare de Pré-au-lard. Nous avions d'ailleurs effectué une nouvelle sortie la veille du départ et le village était encore plus merveilleux recouvert de neige. Notre petit groupe s'installa dans un compartiment, rejoint par Alice. Cette dernière se cacha à moitié derrière sa sœur en voyant Jason. Ces deux-là étaient de vrais chats et chiens : Jason la taquinait, Alice ripostait alors il continuait jusqu'à qu'elle boude, cette dernière pensant qu'il était juste méchant avec elle alors qu'il ne faisait que rigoler.

- Tu sais à qui ils me font penser ? me chuchota Hugo un peu plus tard, en regardant du coin de l'œil Jason recevoir une dragée au visage de la part d'une Alice en furie.

- Non, dis-moi ? demandai-je avec intérêt.

- Á toi et à Scorpius…enfin quand il était de bonne humeur. Vous aussi vous vous chamaillez sans cesse.

- Ah non ça suffit ! Là au moins, c'est mignon alors que Scorpius il est juste…

Mais Mary me coupa avec un levé de sourcil, l'air amusé et un regard insistant.

- Vous êtes pareils, Scorpius joue et toi tu fonces les yeux fermés.

- Ce n'est pas vrai ! grognai-je en détournant le regard.

J'attrapai un morceau de parchemin et je commençais à rédiger une lettre pour Teddy puis pour Dominique. Si Scorpius jouait, c'était uniquement pour me provoquer et m'énerver ! Ce n'était pas DU TOUT pareil !

Nous nous séparions une fois arriver à la gare, et après avoir souhaité de bonnes vacances et bonne chance à Mary, je rejoignis mes parents et mes frères. Un peu gênée par ce qui était arrivé lors du cours de défense des semaines plus tôt, je n'osais pas regarder mon père immédiatement dans les yeux.

- Alors ce premier trimestre ? demanda ma mère une fois dans la voiture. Vous avez bien travaillé ? N'est-ce pas James, Albus ?

- Oui, oui, soupira James en fixant le paysage de sa fenêtre. J'entraîne aussi à fond mon équipe pour la coupe de Quidditch ! On est pour l'instant les favoris du classement !

- C'est bien James mais n'oublie pas tes examens à la fin de l'année, rappela mon père. Albus, ça va de ton côté ? Comment s'en sort Scorpius d'ailleurs ? J'ai envoyé mes condoléances à son père au début du mois mais j'imagine que Scorpius ne doit être très en forme non plus…

- C'est le cas de le dire, marmonna Albus. Il n'a plus aucune motivation en rien, c'est limite si je ne dois pas le forcer à manger ou de se lever de son lit…

Il eut un silence pesant jusqu'à que ma mère me demanda à mon tour, comment s'étaient passés mes premiers mois. Une fois à la maison, j'envoyai mes lettres et je me précipitai aussitôt sur mon carnet d'écriture. Enfin du temps pour créer mes histoires !

La première semaine passa trop rapidement, j'avançais à peine dans mes devoirs, trop occupé à écrire ou à parler à Solange, Mary, et même parfois à Jason (enfin ce dernier envoyait plus des commentaires sarcastiques que de vraies lettres…). La veille de Noël, nous nous préparions pour fêter chez mamie Molly et papy Arthur, j'hésitais à prendre mon carnet mais après un rappel à l'ordre de ma mère, je le laissais à contrecœur dans ma chambre. Dehors, il y avait des petits flocons qui tombaient, j'aimais tellement les Noël sous la neige. Un peu de poudre de cheminette et nous voilà parti !

- Joyeux Noël ! nous accueillit ma grand-mère en nous embrassant un par un. Tout le monde est enfin là, asseyez-vous !

Je saluai mes cousins, tantes, oncles et mon grand-père avant de m'installer entre Hugo et Albus près du coin de la table. Le repas fut très animé, les adultes comme les ados discutaient beaucoup et nous mangions comme des géants. Pendant quelques instants, je pensais à Scorpius et Mary qui devaient passer un réveillon morose avant d'être tiré de ma rêverie par oncle Percy et sa voix portante.

- J'ai croisé Lavande Finnigan, enfin Brown maintenant, au Ministère il y a quelque temps. Elle faisait peine à voir, on aurait dit qu'elle portait tous les malheurs du monde sur ses épaules.

- Peu étonnant, elle était très amoureuse de Seamus après la guerre, c'était son pilier, commenta tante Hermione après avoir bu une gorgée de vin rouge.

- Je me demande comment leurs enfants gèrent tout cela, ajouta Mamie Molly en rajoutant une cuillère de purée de pommes de terre à qui voulait.

- Oh mal sans doute ! lui répondit oncle Percy. C'est quelque chose qui peut détruire une famille ce genre de relation.

- Ah parce que selon toi, le fait que leur père se révèle être gay est une mauvaise chose ?

Toutes les conversations s'éteignirent et chaque membre de la famille regarda la personne qui avait pris la parole, à savoir Rose. On aurait dit qu'elle était à deux doigts de perdre son calme.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, bafouilla oncle Percy déconcerté par le ton de Rose. Je dis juste que ce genre de chose…certaines personnes peuvent mal le prendre.

- Et pourquoi ça ? Pourquoi mal prendre le fait que deux personnes s'assument et s'aiment ?

- Ce que ton oncle essaye de dire, défendit tante Audrey, ce n'est pas que c'est mal d'être homosexuel, après tout chacun son point de vue…

- Encore une chance ! coupa ma cousine.

- Rose je n'aime pas trop le ton que tu emploies, réprimanda tante Hermione.

-…mais que pour certaines familles, ça peut les détruire, continua maladroitement tante Audrey. Quand on est habitué que quelqu'un soit…hétérosexuel, le fait qu'il change subitement d'orientation sexuelle peut être mal pris par certains.

- Tout ça c'est de la connerie ! cracha Rose. On n'en a rien à cirer qu'on aime un homme ou une femme, voire même les deux ! C'est à cause de l'autre idiote de Preciosity Snaper que cette histoire a pris une ampleur médiatique ! Si elle n'avait pas fait sa fouineuse, on n'en aurait rien à cirer que Seamus Finnigan aime Dean Thomas !

- Tu ferais mieux de te calmer Rose et de finir ton assiette, gronda oncle Ron. Il n'y a aucune raison de s'énerver à ce point alors cesse d'agir comme une enfant.

Rose fixa son assiette et je vis son visage prendre peu à peu la même couleur que ses cheveux.

- Heureusement qu'on n'ait pas un scandale pareil dans notre famille…rajouta oncle Percy en s'essuyant la bouche. Nous avons assez de soucis comme ça.

- Percy n'en rajoute pas, soupira grand-père. Noël n'est pas un moment pour parler d'homosexualité ou comment les Finnigan se sentent de leur côté. Cela ne nous regarde pas.

- Il n'empêche qu'il aurait pu faire attention, insista Percy. Je veux dire, enfin que Seamus Finnigan soit gay est une chose, mais avoir une sexualité particulière ne fait pas perdre la raison à ce que je sache. Il ne peut pas permettre d'embrasser son conjoint en pleine rue, cela ne se fait pas, ils doivent être discrets dessus. C'est comme si quelqu'un utilisait un sonorus en pleine rue en hurlant « je suis un pro-mangemort, arrêtez-moi ». Je pense tout simplement que le couple aurait pu éviter le scandale s'ils ne s'étaient embrassés en public. Après tout, de nombreux sorciers étaient en réalité gays mais se sont cachés pour le bien de leur image et de leur famille. Ce serait un miracle que ces enfants ne lui en veulent pas…

Un bruit de verre brisé le stoppa dans sa phrase. Debout, tremblante et le visage rouge de colère, Rose fixa oncle Percy avec une haine que je n'avais jamais vue chez elle.

- Comment oses-tu prononcer des choses pareilles ?! C'est dégueulasse ce que tu viens de dire, c'est horrible de penser ce genre de propos ! Dans quel monde on vit pour penser qu'aimer quelqu'un du même sexe doit être caché ou est responsable du mal-être d'une famille ? Qui es-tu pour les juger, qui es-tu pour définir ce qui est « normal » ou pas ? J'aimerais bien savoir comment tu réagirais si Lucy était lesbienne !

- Hé ! râla Lucy, mais pas trop fort vu le regard noir que lui lança ma cousine.

- Rose ! Tu as perdu la tête ? s'écrit tante Hermione avec fureur. Même si tu n'es pas d'accord avec ton oncle, tu n'as pas à t'adresser à lui de cette manière ! Nous ne t'avons pas éduqué ainsi jeune fille, présentes tes excuses immédiatement !

- Mes excuses pour quoi ? Pour lui faire comprendre qu'il est fermé d'esprit ? Qu'il agît comme un homophobe dans ses propos ! C'est assez ironique pour quelqu'un qui a fui sa famille car il pensait autrement qu'eux !

- Rose ça suffit, qu'est-ce qu'il te prend par Merlin !? s'exclama son père le visage rouge.

- Ce qu'il me prend ? Ce qu'il me prend ?! Ce qu'il me prend, c'est que ses paroles me dégoûtent ! J'ai honte d'avoir un oncle aussi fermé d'esprit ! J'ai honte de vivre dans un monde aussi coincé à l'idée qu'on puisse aimer qui on veut ! J'ai honte aussi de voir que personne ne prenne ma défense dans cette famille ! C'est comme si vous étiez d'accord avec lui !

- Rose, commença doucement ma grand-mère, mais ma cousine la coupa aussitôt, toujours animée par la colère.

- J'ai honte que les sorciers se sentent supérieurs à tous alors que même les moldus acceptent mieux l'homosexualité qu'eux ! J'ai honte de savoir qu'un couple hétérosexuel sera toujours plus respecté, prioritaire à l'adoption et aimé qu'un couple homosexuel ! J'ai honte de voir des familles rejeter un de leurs membres car il aime quelqu'un du même sexe que lui ! J'ai honte que certains aient dû se forcer à épouser un homme ou une femme pour l'honneur de leur famille, et finir malheureux toute leur vie ! Ce monde si fermé me dégoûte !

Rose se tut quelques instants. Elle paraissait essoufflée, à deux doigts de fondre en larmes et elle possédait dans le regard, une expression qui m'était complètement inconnue.

- Alors vous savez quoi ? reprit-elle plus calmement mais aussi plus froide. Je vous emmerde ! Et vous voulez que je vous dise ?

Elle se tourna vers ses parents et déclara avec une pointe d'ironie et de provocation :

- Papa, maman, je suis lesbienne ! J'ai compris il y a quelques mois que j'aimais les filles et depuis octobre, j'ai une copine ! Je l'aime, elle m'aime, et je n'ai pas honte de ce que je suis ! Des questions ?

Seul le crépitement du feu lui répondit. Un long silence parcourut le salon et chacun essayait de comprendre l'énorme bombe lâchée par Rose.

Rose était lesbienne ? Rose…aimait les filles ? Mais ça n'avait pas de sens ! Enfin…je n'avais rien contre l'homosexualité mais…Rose lesbienne ? Hein ? Quoi ? Comment ? Pour de vrai ?

- C'est une blague ?

C'est oncle Ron qui brisa le silence le premier. Il paraissait complètement perdu et rigolait presque nerveusement.

- Rosie, dis-moi que c'est une blague ? insista-t-il.

- Non cher papa ! Ta fille chérie aime les filles, désolé de vous décevoir ! Il fallait que ça sorte et on peut remercier oncle Percy pour avoir amené le sujet ! Applaudissez-le voyons, grâce à lui mon coming-out fut spectaculaire ! Sur ce, je vous laisse ! Joyeux Noël et allez-vous faire voir !

Elle se dégagea de la table sans un regard vers nous et on entendit la porte d'entrée claquer bruyamment.

- Je n'en reviens pas, commenta James d'une petite voix. Alors ça…je n'aurais jamais soupçonné…

Tante Hermione se prit la tête dans les mains, elle n'était pas particulièrement paniquée mais je pensai qu'elle essayait de faire le tri dans ses pensées. Oncle Ron de son côté, était carrément perdu.

- Et tu le savais ? demanda-t-il à Hugo d'une voix plus aiguë que la normale.

- Pas vraiment, dit ce dernier en haussant les épaules. Ça ne me regarde pas qui aime Rose, tant qu'elle est heureuse je ne peux rien dire de plus.

- Et vous ? renchérit mon oncle en regardant mes cousins et moi.

Nous secouions tous la tête.

- Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ? La raisonner ? Lui dire que c'est…disons peu conventionnel et qu'elle doit se ressaisir ? demanda ma cousine Molly dont j'avais presque oublié l'existence, accompagné de son fiancé Timéo (et Lucy avait raison, il était d'un ennui !)

Hermione releva la tête et fronça les sourcils en la regardant.

- Ce qu'on va faire ? Rien du tout voyons ! Nous allons la soutenir comme il se doit ! Ma fille n'est pas un monstre et sa sexualité encore moins, peu importe si certains trouvent ça inconventionnel ! Á son âge, ce n'est pas facile d'accepter d'être différent.

- Mais peut-être que c'est temporaire…sa…enfin son orientation ? tenta Percy.

- Si j'étais toi Percy, je la fermerais, grogna oncle George. Elle n'a pas totalement tort quand elle dit que tu as été fermé d'esprit sur cette histoire.

- C'est une ado, ajouta Mamie Molly en tripotant un torchon. Elle doit être en pleine construction et le fait que tu aies dit…tout ça, et bien ça a dû la toucher.

- D'où cette annonce précipitée et le fait qu'elle se soit vite énervée, conclut tante Angelina.

- Ah voilà, maintenant on va dire que c'est de ma faute tout ça ?! râla oncle Percy.

Les adultes commencèrent à se quereller tandis que nous, les ados, chuchotions dans notre coin.

- Je vous jure que je ne savais rien, affirma Albus un peu déconcerté mais gardant son sérieux. Pourtant je suis avec elle tous les jours.

- On s'en fiche de ça, souffla Roxanne. On ne devrait pas aller la voir ? Elle est dehors, seule sous la neige et en plus elle doit être bouleversée.

Une impression de déjà-vu résonna dans ma tête. Une fille seule, dehors, triste… Aussitôt je déclarai :

- Je vais y aller, je vais essayer de lui parler un peu et la ramener à l'intérieur quand ça ira mieux.

- Tu es sûre que ça ira ? Toute seule ? demanda Fred.

- Mais oui, ne vous inquiétez pas ! Rose et moi sommes plutôt proches, elle m'écoutera.

Je m'éclipsai discrètement de la table, les adultes trop occupés à débattre pour remarquer quoi que ce soit, et je sortis de la maison.

Il faisait un froid de canard dehors ! Heureusement qu'il ne neigeait plus ! Je baissai les yeux et apercevais les pas formés sur la petite couche de la neige. Pas besoin de les suivre pour que je devine où était Rose… Je la retrouvai assise devant le petit étang, sur une vieille chaise sale en plastique. Elle ne prit même pas la peine de se retourner en m'entendant arriver près d'elle.

- Ça va Rose ? lui demandai-je prudemment.

Je pris une seconde chaise qui était renversée par terre, et je m'assis à ses côtés.

- Je…commença-t-elle d'une voix tremblante. En réalité je me sens comme libérée d'un poids mais de l'autre…je me sens un peu mal par rapport à oncle Percy. On s'entend bien d'habitude lui et moi, il est un peu coincé par moments certes mais…enfin il m'a énervé quand il a commencé à donner son avis sur le couple de Seamus et Dean… Tu sais comment je suis quand un sujet me tient à cœur.

Je me tournais vers ma cousine, elle avait les yeux rouges mais elle ne semblait pas vraiment triste. Rose renifla, s'essuya un instant les yeux et se mit à contempler le ciel.

- Alors comme ça…tu aimes les filles ? déclarai-je en fixant à mon tour les étoiles.

- Et oui, répondit Rose en lâchant un petit rire timide. Parfois je n'en reviens toujours pas mais c'est comme ça…

- Tu as une copine donc ? Qui est-ce ? Enfin si tu as envie d'en parler…

- T'en fais pas, je crois que j'en ai besoin… C'est Willow Moncky ma copine.

Voilà pourquoi elle s'était autant inquiétée pour elle lors du match de Quidditch !

- J'avais craqué sur elle lorsqu'elle a rendu un livre de cours à Roxanne en juin dernier, tu te souviens ? Á l'époque, j'étais perdue, je ne comprenais pas pourquoi elle me plaisait alors que c'était une fille, qu'on avait l'air totalement opposé… J'ai pensé à elle tout l'été et je n'arrêtais pas de me remettre en question sur…qui j'étais, qui j'aimais… Les garçons ne m'ont jamais attiré alors que les filles…c'est elles que j'admirais, elles avec qui je me sentais bien… Je me suis beaucoup renseigné sur l'homosexualité, j'ai même pris contact avec une correspondance sorcière anonyme avec des jeunes qui comme moi qui étaient perdus sur leur orientation. Á la rentrée, avec les entraînements de Quidditch, j'y assistais tous les jours, rien pour voir Willow. Une semaine avant le premier match, elle m'a pris à part en disant qu'elle avait remarqué que je la regardais beaucoup, et pas seulement aux entraînements… On a fini par parler puis au final par s'embrasser et donc…depuis on sort ensemble.

L'image de Rose allongée sur mon lit durant l'été rejaillit dans ma mémoire. C'était donc ce sujet-là qui l'avait fait autant réfléchir ce soir-là.

- C'est…comment d'embrasser une fille ? osai-je, un peu intriguée.

Rose quitta le ciel des yeux et me dévisagea.

- Je n'ai jamais embrassé de garçon Lily, et ça ne m'a jamais tenté. Pour moi, c'est normal d'embrasser une fille comme pour toi c'est normal d'embrasser un garçon.

- Ah, répondis-je un peu gênée. Et du coup, ça se passe bien avec Willow ?

- Ce n'est pas la joie tous les jours, admit Rose. On est très opposé en fait. Mais on s'aime, on se découvre, elle est ma première copine donc on prend notre temps. Le problème, c'est qu'on se cache. Et ça m'énerve de me cacher par peur d'être moqué ou d'être jugé… J'ai envie qu'on soit comme tous les autres couples ! Á se donner la main, s'enlacer, s'embrasser…comme tout le monde ! Alors entre ça, les BUSE qui approchent, Scorpius qui va mal et la remarque d'oncle Percy, excusez-moi si je dois exploser un jour ou l'autre…

- Rose, ce n'est pas grave, essayai-je de la rassurer tant que je peux. N'importe qui aurait craqué aussi au bout d'un moment…

- J'ai gâché Noël, soupira ma cousine. Et j'ai agi comme une insolente avec la famille… Je devrais m'excuser mais…pas toute suite je crois. Je n'ose pas trop en fait vu comment j'ai été…et après on s'étonne que je ne sois pas allée à Gryffondor.

On se tut un instant et nous retournions vers notre contemplation du ciel. Je ne pensais pas qu'un ciel d'hiver pouvait être aussi beau que celui de l'été….

- Rose…tu veux que je t'avoue quelque chose ?

Mal à l'aise, je pris une bouffée d'air avant de cracher le morceau.

- Pendant tout ce temps…je croyais que, toi et Scorpius vous…enfin tu vois quoi ? Que vous vous…tournez autour. Vu que ces dernières semaines, vous étiez tout le temps ensemble, tous les deux…

Rose s'esclaffa et partit presque dans un fou rire avant de retrouver, peu après, son calme.

- Non Scorp et moi…Je ne sais pas, peut-être que oui, si je n'étais pas lesbienne, on aurait sans doute fini ensemble. C'est plus qu'un meilleur ami pour moi, c'est comme…une sorte d'âme sœur manquée en quelque sorte. Mais j'aime les filles. C'est d'ailleurs le premier auquel j'en ai parlé parce que je savais qu'il ne me jugerait jamais. On a beaucoup discuté lui et moi ces derniers temps, il me parlait de sa mère, sa famille, et moi de ma découverte de mon orientation, ce que je ressentais. J'avais peur d'en parler avec Albus, c'est autant mon cousin que mon ami mais j'ai plus de mal à me confier avec lui, bien qu'on ait grandi ensemble. Et Miu…elle l'a su trop vite malheureusement… Elle a vu nos lettres entre Willow et moi et elle…elle m'a rejeté. Pour elle, je la dégoûtais, j'étais devenue…sale…contre-nature et perverse. Et je l'ai perdue…je n'aurais jamais cru que…

Ses dernières phrases firent trembler sa voix et elle lâcha malgré elle un sanglot. Je me levai de ma chaise et la pris dans mes bras. Elle pleura un bon moment, au moins plusieurs minutes dans mon étreinte. Elle devait évacuer tout ce qu'elle avait accumulé ces derniers mois alors je la laissais faire, j'étais même à un fil de pleurer avec elle tellement elle me touchait. Elle finit par se calmer doucement, j'avais de la bave sur mon épaule mais je m'en fichais.

- Ça va un peu mieux ? lui demandai-je.

- Ça ira, ne t'inquiètes pas…c'est juste que tout ça, parfois c'est vraiment dur…tout ça…

Je lui caressai le dos, un bruit de pas me fit sursauter mais ce n'était que tante Hermione, une petite couverture sur les épaules.

- Les filles ! Rentrez donc, il ne faut pas attraper froid le soir de Noël !

Elle s'approcha de nous et vit les yeux rouges de sa fille.

- Oh ma Rosie, mon petit cœur, ne t'en fais pas, ça va aller. Tu veux qu'on parle un peu avant de revenir à l'intérieur ?

Rose hocha la tête et je laissai ma place à tante Hermione. Je repartis direction le Terrier, mais avant de rentrer, je me retournai et entendis au loin les pleurs de Rose, dans les bras de sa mère.


L'horloge de grand-mère du salon de Mrs Zabini faisait résonner son tic-tac dans toute la salle à manger. Assise à la place centrale, Queenie Zabini, surnommé la veuve noire, observait sa famille. Voilà bien des années qu'elle avait renoncé à obtenir un autre mari. Étant désormais septuagénaire, il fallait bien reconnaître que sa beauté n'était pas éternelle et que les vieilles dames n'intéressaient plus vraiment les fortunés…

Alors son temps libre, quand elle n'était pas dans des galas, réunions ou en voyage, elle le passait avec ses petits-enfants et son fils depuis quelques années. Blaise n'avait pas vraiment été un enfant désiré à l'origine, Queenie n'ayant que faire de s'occuper d'un bébé braillard et contraignant. Il fallait le reconnaître qu'avec le temps, son fils était plus utile qu'elle ne le pensait et qu'elle l'aimait bien plus qu'elle n'osait l'avouer. Aujourd'hui, bel homme, marié, père et directeur d'une grande entreprise, Blaise Zabini, fils de son quatrième mari, avait bien réussi sa vie.

Il était marié depuis presque vingt ans avec Tracey Davis, une ancienne Serpentard de son année, dont le sang était désormais mêlé depuis que la mère de cette dernière, Katarina Gibson, une sorcière d'origine américaine, avait épousé un né-moldu, Ruben Davis. Mais ce détail importait peu à Queenie, elle voulait que son fils épouse une bonne fille et pas une fille d'anciens mangemorts ou partisans de ce grotesque personnage que fut Voldemort. Á peine deux ans après les noces, ils eurent leur première héritière, Victoria Queenie Zabini suivit trois ans et demi plus tard, de l'héritier Jason Phoenix Zabini. Tous deux à Serpentard, ils rendaient la vieille dame fière de sa descendance, tout en espérant que son argent bien récolté des coffres-forts de ses dizaines de maris, n'allait pas être dilapidé en quelques années. Ayant connu une enfance triste et frôlant la pauvreté suite à l'addiction aux jeux de son père et de la dépense excessive de sa mère à la boisson, Queenie Zabini ne voulait plus jamais connaître cette situation, ni que son fils la vive un jour.

Jason Zabini, le cadet de la famille, s'ennuyait profondément. Aucune conversation ne l'intéressait, sa sœur faisait son intéressante et le dessert était déjà bien entamé depuis un moment. Minuit était encore loin et il était pressé d'envoyer ses lettres de Noël et avoir une bonne excuse pour aller se coucher ! Jason n'aimait pas les repas de famille, même avec la famille de sa mère. C'était long, ennuyeux et souvent silencieux, presque austère en fait. C'était peut-être pour ça qu'il aimait peu voir sa grand-mère, où le silence et le respect étaient maîtres. Même Noël paraissait vide et triste dans le grand manoir des Zabini. Peut-être que c'était mieux à Poudlard en effet…mais ça restait une fête commerciale et insipide. Quel intérêt d'offrir des cadeaux une fois par an juste pour faire plaisir alors qu'en réalité, cela devenait plus une contrainte de trouver le cadeau parfait à des personnes que tu connaissais à peine, et surtout une perte de temps et d'argent ?

Même s'il ne l'avouerait jamais complètement, ses amis commençaient à lui manquer. Enfin amis…pouvait-il les considérer comme tels ? Ils traînaient et parlaient ensemble, mais hormis Mary où il partageait la même maison, Hugo le même sexe, Lily la même place en histoire de la magie et Solange…la même discrétion peut-être, il ne sentait pas hyper proche d'eux. Ils n'avaient pas vraiment les mêmes centres d'intérêt, comme le flirt par exemple. Pourtant, il y avait ce petit quelque chose qui faisait que Jason…se sentait bien avec eux. Depuis sa première année à Poudlard, il n'avait pas vraiment cherché à avoir des amis : comme dirait son père, on n'était jamais mieux servi que par soi-même. Cela en était presque ironique qu'aujourd'hui, il était avec le petit groupe.

Jason fixa le mur un instant et pensa à la petite Lily Potter. Elle lui paraissait si naïve dans ce monde, si fragile, si niaise, si immature, si soupe-au-lait. Pourtant, elle avait quelque chose en plus. Enfin, légèrement en plus que les autres moutons de l'école. Mais elle le faisait rire et il prenait plaisir à la titiller. Elle et la petite Alice aussi. Solange un peu moins, il avait l'impression qu'il se passait quelque chose dans sa tête dès qu'il la secouait un peu. Un je-ne-sais-quoi qui le perturbait un peu. Quant à Mary et Hugo, c'étaient des camarades et des bons moyens d'avoir des discussions intéressantes.

Oui, jamais il ne leur avouerait qu'au final, il était content de les avoir rencontrés.


Rose et tante Hermione ne revinrent que vers vingt-trois heures, soit presque une heure après que je les aie laissés. J'avais dû rester une bonne demi-heure avec Rose de mon côté. Quand j'étais rentrée, tout le monde m'avait regardé comme si j'allais annoncer une nouvelle guerre des sorciers et ça m'avait vraiment rendu mal à l'aise…

Avec les cousins, on s'était ensuite un peu isolé dans un coin du salon. Aucun ne m'avait demandé de détails sur ma discussion avec Rose, ils m'avaient juste demandé si elle allait mieux, ce que j'avais confirmé à moitié. Pour détendre l'atmosphère, Fred avait sorti un jeu de cartes explosif tandis que Hugo était allé chercher un jeu d'échec, avec Roxanne en fond sonore qui racontait ses potins habituels. Quand Rose et tante Hermione étaient revenues, nous avions attaqué enfin le dessert. Mamie Molly faisait en sorte d'animer le plus possible le repas et même oncle George avait sorti quelques pétards. Mais tout le monde voyait bien que Rose évitait le plus possible de nous regarder, en particulier oncle Percy. Heureusement que l'arrivée de hiboux à minuit avec les diverses cartes de vœux nous souhaitant un joyeux Noël avaient un peu détendu l'atmosphère !

- Ah voilà le hibou de Teddy ! s'écrit mon père en reconnaissant Sebastian, le hibou petit-duc de mon presque frère.

Alors qu'il parcourait la lettre, je repensais à la grossesse de ma cousine. Elle était désormais à plus de quatre mois de grossesse, cela lui faisait une belle bosse au niveau du ventre. Tante Hermione nous avait raconté qu'à cette période-là, les femmes moldus connaissaient déjà le sexe de leur bébé grâce à leurs machines et ordinateurs. Les sorciers eux, ne savaient rien jusqu'au jour de la naissance, aucun sort ou potion ne permettaient de deviner si on attendait un garçon ou une fille (même si de vieilles recettes de sorcières ou grigris enchantés favorisaient la fertilité ou aidait à influencer le sexe de notre choix selon de vieilles coutumes). Il était également impossible de déterminer les maladies héréditaires ou contractées durant la grossesse par le bébé. Ainsi, les abandons bien que tabou, n'étaient pas rares, ce qui expliquerait pourquoi rares étaient les sorciers handicapés (être cracmol étant déjà un déshonneur suffisant pour eux). Il n'était pas non plus exclu que certaines filles soient abandonnées voire même pire, tuées certains siècles plus tôt, car le culte de l'héritier mâle unique, bien que plus présent dans les vieilles familles de sang-pur, avait longtemps perduré.

- Comment se passe la grossesse de Victoire ? L'accouchement est prévu pour le printemps, c'est bien ça ? demanda mamie Molly après avoir lu au-dessus de l'épaule de mon père, un grand sourire aux lèvres.

- Oui c'est cela, répondit mon père d'une voix émue. Merlin, ça approche…c'est comme si j'allais devenir grand-père, c'est si étrange.

- Harry mon chéri, c'est si merveilleux… Imagine-nous, moi et Arthur, ainsi qu'Andromeda, nous allons devenir arrière-grands-parents !

- Et nous, oncle et tantes, souffla Roxanne. Je n'avais pas réalisé au début mais ça fait bizarre…

- Enfin, surtout des oncles et tantes éloignés ! commenta Hugo. Hormis les Weasley-Delacour et les Weasley-Potter qui sont presque la famille adoptive de Teddy, on aura juste un lien de parenté éloigné avec le bébé.

C'est vrai que j'allais être tante vers mes quatorze ans ! Merlin que c'était jeune en fait ! Et avant que je commence à déprimer sur le fait que le temps passait trop vite, la chouette de ma marraine Luna vint à ma rencontre, me souhaiter un joyeux Noël de sa part ainsi que son mari et des jumeaux (qui écrivaient de mieux en mieux).

Le soir, seuls Molly et Timéo avaient quitté la maison. Nous partagions donc, mes cousines et moi, la même chambre, comme d'habitude. Au moment d'aller se coucher, Lucy et Roxanne avaient pris Rose dans leurs bras, et avaient certifié qu'elles la soutiendraient, peu importe ses choix. Rose, un peu émue, avait versé une énième larme. Peu avant, elle avait discuté avec son frère, ainsi que James et Albus, qui l'avaient également réconforté et soutenu. Mais elle craignait de se confronter son père et surtout oncle Percy.

Les lumières éteintes, je pensai longuement aux événements de la soirée. D'une part, cela me faisait encore bizarre mais de l'autre, j'avais l'impression qu'une nouvelle page venait de s'écrire, et que je voyais aussi plus clair désormais. Je comprenais mieux le comportement suspect de Rose ces derniers temps et pourquoi elle avait été si souvent avec Scorpius. J'espérais que tout irait bien pour elle à l'avenir, et qu'ensuite, elle pourra enfin affirmer ses choix sans crainte. Je la trouvais vraiment courageuse au final…bien plus que moi.

Je ne sus pas pourquoi…mais je m'endormis avec une pensée envers Scorpius. Pourquoi je pensais soudainement à lui sans raison ? Pourquoi fallait-il que j'éprouve autant de compassion pour Scorpius ces derniers temps ? J'étais sûre que je l'avais prise en pitié à cause de la mort de sa mère, et que dès qu'il ira mieux, il recommencera à être insupportable. Nom d'un dragon, j'avais l'impression de subir un syndrome de Stockholm avec lui ! Malgré tout…j'espérais qu'il avait passé un Noël pas trop triste…et Mary aussi.


Et voilà ! J'espère qu'il vous a plu !

Je croise les doigts pour que le coming-out de Rose vous paraisse crédible...c'est donc le fameux point qui me stresse le plus. J'avais envie que ce soit crédible et assez fort comme scène, bien que les lecteurs les plus attentifs avaient sans doute déjà deviné son petit secret. Je n'ai pas vraiment de personne proche qui ont eu un "coming-out houleux" donc pardonnez-moi s'il vous paraît un peu too much ou mal amené. (Et désolé de donnez à Percy un peu le mauvais rôle mais c'était le seul de la famille qui pouvait réagir ainsi sans que ça fasse OOC).

S'IL VOUS PLAIT, N'HÉSITEZ PAS Á LAISSER UNE REVIEW, C'EST TRÉS IMPORTANT POUR L'AUTEUR, C'EST SON UNIQUE GAGNE-PAIN ET SA MEILLEURE SOURCE DE MOTIVATION !

On se retrouve le 15 mars pour le chapitre 14 "Le jeu du feu et de la glace" et à bientôt !