CHAPITRE 9 : La beauté de la douleur
AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR : Ce chapitre contiendra des mentions de torture, d'abus et de mort (ndlt : *se cogne la tête contre un mur*, je n'ai aucun mal à lire ce type de scènes mais les écrire est … bah … une torture ! *ouais … je sors*). Si vous ne souhaitez pas lire un chapitre aussi sombre, vous pouvez toujours passer au suivant et à l'entretient avec Dumbledore. Le résumé de ce qu'il s'y est passé s'y trouvera.
Je réalise que mes précédents chapitres n'étaient pas aussi « dark » que le rating le suggère, c'est pourquoi je m'assure de publier un avertissement au début des chapitres les plus extrêmes. A vous donc de décider si vous devez, ou non, lire la suite (ndlt : et moi je peux passer la traduction ? … Non ? Zut).
Severus siffla sous la brûlure, elle avait très rarement été aussi intense. Il pouvait toujours la sentir alors qu'il traversait la forêt interdite et les barrières de l'école, afin de pouvoir transplaner vers le lieu de rendez-vous. La sensation était si comparable à celle d'un Doloris, qu'il se demandait à quel enfer il allait devoir faire face lors de son arrivée. Au moins, n'arriverait-il pas en retard cette fois. Il toucha sa marque et une image de cimetière s'imposa à lui. Sans se poser plus de question, il transplana. Après un atterrissage en douceur, il passa sa robe de Mangemort ainsi que son masque, lorsqu'il entendit un hurlement percer le silence de la nuit. Si le son n'était pas inhabituel lors de leurs réunions, Severus se demandait néanmoins pourquoi il arrivait si rapidement, il pressa alors le pas, peu désireux d'arriver ne serait-ce qu'une seconde trop tard.
A son arrivée, seule une poignée de Mangemorts était présents. Plusieurs les rejoindraient bientôt, Severus se glissa jusqu'à sa place, à côté de Lucius, accordant à peine un regard à son ami. Il nota néanmoins une once de panique dans son regard. Ses yeux se fixèrent sur la forme penchée au-dessus de quelque chose au sol, au centre du cercle. Il réalisa alors qu'il s'agissait d'une femme. Le dégoût empli Severus, qui dû le réprimer et occluder son esprit, pour que personne ne puisse deviner ses sentiments. Il prit alors son habituel air ennuyé et froid, veillant à ce qu'il gagne son regard, c'était le masque qu'il portait lors des séances de tortures. Si les autres Mangemorts participaient souvent, Severus l'évitait tant qu'il le pouvait. Il ne le faisait que lorsque cela lui était explicitement demandé, afin d'éviter toute suspicion. Quand il était jeune et naïf, cela se passait autrement et le sorcier participait volontiers aux « festivités », jusqu'à ce qu'il se retrouve à devoir tuer un enfant. Cet épisode lui avait permis de réaliser ce qu'il était devenu, sa volonté à participer aux tortures avait totalement disparue, c'est à ce moment qu'il avait opté pour le masque d'ennui.
Le Lord utilisait manifestement déjà le doloris sur la femme, qui criait et arquait son dos alors que les doigts blafards du Maître parcouraient le côté de son visage assombrit par le sang. Un frisson parcouru le dos de Severus à cette vision, ce dernier aurait souhaité pouvoir détourner le regard, mais ne pouvait le faire sans que cela ne paraisse suspect. Il pouvait sentir la soif de sang et l'excitation parcourir l'assemblée. A mesure que le Lord appelait le nom des mangemorts avec lesquels il souhaitait partager les « festivités », l'esprit de l'espion s'éloignait de la scène, jusqu'à ce qu'il se souvienne de ce qui l'avait amené à tant haïr ces moments.
Severus avait à peine dix-huit ans. Jeune, puissant et confiant, il était entré, aux côtés de Lucius, dans le manoir dans lequel résidait la famille que le Lord leur avait ordonné d'assassiner. Le père, anciennement partisan du Seigneur des Ténèbres, s'était détourné de lui et la trahison n'était pas prise à la légère. Pour Severus, il s'agissait d'une tâche prestigieuse, avoir été choisi par le Maître le rendait fier et il avait bien l'intention de montrer au traitre la colère du Lord. D'un rapide sort, ils ouvrirent la porte, entrèrent et furent accueillit par l'écho des cris d'une femme et de pleurs.
Il n'y avait qu'une entrée et le sorcier auquel ils étaient venu donner une leçon se tenait face à eux, Severus lui accorda un rictus, alors qu'un sort de Lucius le fit promptement s'effondrer au sol, pantelant et hurlant de douleur.
« Tu as trahis le Maître » énonça froidement Severus alors que la terreur s'installait dans les yeux de l'homme, « maintenant, tu vas connaître son mécontentement » à ces mots il leva sa baguette et murmura « endoloris » d'un mouvement de poignet. Des hurlements emplirent la salle, le travail semblait si facile, jusqu'à ce que Severus entende les pleurs de la femme se joindre à ceux du traître. Il détourna son regard de l'homme pour se tourner vers Lucius qui avait jeté un Doloris à la femme. L'expression de l'aristocrate le fit alors s'arrêter.
Ses traits exprimaient le dégoût. Alors que Severus le fixait, Lucius rencontra son regard, ce qui le fit se demander pourquoi l'homme n'appréciait pas la torture qu'il faisait subir à la femme. La question transperçait son regard, ne trouvant pas réponse. Il laissa ses yeux glisser jusqu'à la femme, alors que cette dernière s'effondrait, tentant manifestement de leur cacher quelque chose. Un petit enfant d'approximativement trois ans pleurait, recroquevillé dans un coin de la pièce. Cette simple vision le projeta dans son enfance et il commença à reculer. Severus ne réalisa pas qu'il tremblait avant d'avoir heurté de mur de son dos, lâchant sa baguette par la même occasion, il était plongé dans un souvenir.
C'était alors qu'il avait à peine quatre ans, il était tranquillement attablé alors que sa mère nettoyait les restes de leur léger dîner. Il attendait qu'elle ait terminé pour qu'elle puisse le mettre au lit. Severus, qui chérissait les rares fois où sa mère le bordait, l'avait écouté lorsqu'elle lui avait demandé de s'installer et patientait, lisant sagement.
Moins de dix minutes plus tard, la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas. Severus resserra alors le livre contre lui, cherchant une échappatoire. Il s'élança vers les escaliers, ne sachant que trop bien ce que ce bruit et le pas qu'il entendait signifiaient. Mais il ne fut pas assez rapide, une poigne de fer l'attrapa par les cheveux et le tira violement en arrière. Un cri de douleur lui échappa. Il finit au sol, étalé sur le dos, tentant de reprendre son souffle alors qu'il levait son regard vers l'homme qui était son père.
« Qu'as-tu-là fils, » tenta de formuler l'homme, alors que les vapeurs d'alcool atteignaient les narines de l'enfant. Ce dernier tremblait quand l'ivrogne s'avança vers le livre qu'il tenait toujours contre son cœur. Il tenta désespérément de garder son bien, mais l'adulte fut plus fort, il le saisi par le poignet et le traîna vers la porte derrière laquelle dansait un feu de cheminée. Severus fut brutalement projeté contre le canapé de la pièce et finit par s'écrouler au sol, alors que le livre qu'il lisait quelques secondes plus tôt lui était arraché.
« A'rend ta place » grogna Tobias à l'enfant.
L'homme ne posa même pas ses yeux sur le livre qu'il avait en main avant de le lancer dans les flammes. Terrorisé, Severus vit l'ivrogne se tourner vers lui pour lui donner une bonne leçon au cours de laquelle l'enfant ne quitta pas son livre des yeux. Quand son père eut fini, il se blottit contre le mur, fixant ce qu'il restait de son bien à travers les flammes, jusqu'à ce qu'elles aient totalement détruit son précieux livre. Les larmes coulaient silencieusement sur ses joues.
« SEVERUS » tonna une voix, l'extirpant de ce mauvais souvenir. C'est alors qu'il réalisa qu'il était agenouillé au sol, en larmes et agité de tremblements. La voix qui venait d'à côté de lui appartenait à Lucius. C'est alors qu'il réalisa la situation et l'endroit dans lequel il se trouvait.
Il déglutit, aperçu les corps parsemant le sol et cilla lorsque son regard croisa celui de l'enfant, sans vie. Comment avait-il pu seulement penser qu'il s'agissait d'une bonne idée ? Quand était-il devenu comme son père ? Cette pensée le rendait malade. Il senti alors la main de Lucius se poser sur son épaule. Se tournant vers son camarade, il se mit instinctivement en position défensive, agrippant sa baguette, le dos contre le mur.
Lucius leva les deux mains, « Sev, que ce passe-t-il ? » demanda-t-il, loin de se douter que la réponse à sa question le bouleverserait pour les années à venir.
« Quand suis-je devenu mon père ? » Ce n'était pas la première fois que Lucius assistait aux flashbacks de son ami, mais c'était la première fois qu'il réalisait ce qu'ils faisaient réellement en tant que Mangemorts. D'un coup, la purge que le Seigneur des Ténèbres clamait qu'ils faisaient, anéantissant ainsi les impuretés qui souillaient les lignées de sang-purs, n'était plus que ce qu'elle était réellement : torture et dépravation. Comment avaient-ils pu ne pas s'en rendre compte ?
Le dernier cri d'agonie fini par ramener Severus dans le présent. Il évita de regarder la femme, peu désireux de constater le résultat de leur « festivités », comme le Lord les nommaient. Ce dernier était debout, au centre de son cercle, observant chacun de ses Mangemorts, ses traits montrant clairement la satisfaction qu'il avait tiré de cette séance de torture. Severus prit une attention toute particulière à ne pas regarder le sang qui maculait les mains de son « Maître » et rencontra alors les yeux rouges sang de ce dernier. Il senti une haine brulante monter en lui. La seule chose qui lui permit de rester stoïque, son masque toujours en place, fut de savoir que s'il agissait maintenant, il n'aurait pas la satisfaction de voir ce bâtard tomber.
Si Lily avait été la raison finale de son changement de camp, sa loyauté avait commencé à flancher bien plus tôt. Non, l'homme qui lui faisait face n'avait pas été assez stupide pour penser qu'il pouvait forcer Severus à rejoindre joyeusement sa « purge ». Après cette nuit, Severus avait refusé de continuer, aucune torture ne pouvant le faire changer d'avis. Le sorcier se souvenait du moment où le Seigneur des Ténèbres avait réalisé qu'à moins de vouloir en finir avec lui, il devait changer de tactique pour s'assurer de sa loyauté. Il avait toujours besoin de lui pour ses talents de potioniste. C'est ainsi qu'il avait fini par l'envoyer espionner Dumbledore et bien d'autres, tout en lui demandant de concocter toutes sortes de potions et l'avait, enfin, fait travailler sur divers projets.
« Le fiasco que j'ai devant moi me fatigue », siffla Le Seigneur des Ténèbres, dont le ton laissa entendre à ceux qui se trouvaient autour du cercle à quel point il était mécontent. « La femme », cracha-t-il, « était la sous-secrétaire du Ministre de la Magie, Avery l'a menée à moi. Une bonne distraction, mais maintenant, nous allons devoir la remplacer et je veux quelqu'un de facilement contrôlable à cette position. Malefoy, tu t'en chargeras ». Il posa son regard de sang sur l'homme situé près de Severus, un rictus maléfique aux lèvres. « J'ai besoin de plus de contrôle sur le ministère Malefoy. Je fais confiance à ta grande influence pour accomplir ma volonté. »
« Oui Maître », répondit doucement Lucius, d'un ton neutre et respectueux, très aristocrate.
« Bien. Maintenant, Severus », il se tourna vers les deux orbes d'obsidiennes froides et dépourvues d'émotions. Le Seigneur des Ténèbres savait qu'il détestait ces sessions sportives et se délectait de le forcer à y assister, le torturant alors qu'il prenait lentement la vie de ses victimes. « Dis-moi ce que le fou des moldus sait à propos de ma pierre ! »
« J'ai découverts que la pierre est supposément gardée dans un coffre de Gringotts, Maître », il continua, sans attendre qu'on lui demande plus de précisions « le coffre 713, Maître. »
« Bien, bien, bien », continua le Seigneur des Ténèbres en se tournant vers le reste du cercle, un sourire aux lèvres, « Je me demande si tu vas crier pour moi ce soir, Severus », finissait-il, se tournant vers le sorcier, sa baguette pointée vers lui, tout en chuchotant « Doloris ».
Severus se raidit en essayant d'empêcher ses genoux de fléchir alors que son corps tressaillit en réponse à la douleur atroce. Tandis que le sortilège se développait et que son corps commençait à trembler de façon plus visible, incapable de contrôler les contractions musculaires, Severus se retrouva à se mordre la lèvre pour ne pas crier. Son dos se cambra légèrement en arrière et ses jambes cédèrent. Il se retrouva au sol, dans un bruit sourd et réussi à peine à se rattraper pour rester à genoux. Ses yeux se fermèrent et quelques larmes traîtresses coulèrent de ses yeux alors que sa respiration devenait irrégulière. Néanmoins, il ne cria pas.
Finalement, le sort se brisa et le Seigneur des Ténèbres parut assez satisfait du résultat. Sans un autre mot, il se détourna de Severus, à qui il fallut quelques minutes pour se redresser et plus encore, avant de réaliser ce qui se passait autour de lui. D'autres Mangemorts étaient à terre, pour une raison qui lui était inconnue. Avaient-ils seulement fait quoique ce soit pour irriter le Seigneur des Ténèbres? D'une manière ou d'une autre, Severus en doutait. C'est ainsi que la réunion se termina et il s'éloigna rapidement pour transplaner à Poudlard où il pourrait finalement se réfugier dans ses appartements, calmes et sombres.
Note de la traductrice :
Coucou,
Le confinement aura au moins ça de bon, j'ai aussi traduit le chapitre 10 et presque achevé le 11 (il me manque une ou deux relecture(s) ). Bref j'ai de quoi faire. Sinon, pour ce qui est de mes autres fics (qui, cette fois, ne sont pas des trad), je ne les ai pas abandonnées, mais juste mises en pause histoire d'avancer fiction par fiction,
Voilà,
J'espère que vous avez apprécié la lecture,
Bonne journée
