Se taper la tête contre les murs

Amelia Bones respira longuement pour ne pas claquer la tête du ministre sur la table.

Sérieusement ? Nommer Ombrage à la tête de Poudlard ? Il voulait que toutes les nouvelles générations désertent l'école ou quoi ? Comme si cela ne suffisait pas avec l'évasion massive qui venait d'avoir lieu à Azkaban …

Dès qu'elle avait appris la nouvelle, elle avait entendu les arguments du ministre mais comme elle s'en était doutée, ils étaient un peu trop légers pour être crédibles. Malheureusement, elle ne pouvait rien faire contre cette décision insensée, si ce n'était de la contrer depuis l'intérieur du ministère.

Elle entra dans son bureau et avisa une lettre qui l'attendait gentiment. Après les vérifications d'usage, elle l'ouvrit. Un grand sourire barra son visage. L'audience d'Harry Potter cet été lui avait ouvert les yeux sur certains points qu'elle avait corrigé dans les plus brefs délais. Notamment en lui rappelant qu'elle était certes la directrice de la justice magique mais également lady Bones et donc, qu'il ne lui était pas interdit d'utiliser ses connaissances pour trouver des pistes dans les affaires qu'elle traitait.

Sa nièce Susan avait eu la bonté de lui relater l'humiliation d'Ombrage durant les vacances et elles avaient eu une bonne crise de fou rire. Mais certaines paroles de Loki Potter l'avaient interpellé et elle avait pris sur elle pour mener sa petite enquête.

Il ne lui avait pas été difficile de découvrir que Dolores Ombrage n'avait effectivement aucun diplôme, encore moins dans l'éducation, qui puisse justifier le fait qu'elle puisse contrôler les professeurs. Malheureusement, aucun diplôme n'était nécessaire pour prendre la tête de l'école. Quoique, comme c'était Dumbledore qui le certifiait, c'était une affirmation à prendre avec des pincettes. Par ailleurs, même si elle était certaine qu'elle n'avait pas que des amis au ministère, elle ne se doutait pas qu'elle avait réussi à se faire de nombreux ennemis très coriaces. En posant subtilement ses questions, elle avait appris que beaucoup seraient prêts à donner de leur personne pour mettre hors d'état de nuire le « crapaud rose » qui n'était protégée que par sa place de sous-secrétaire de Cornelius Fudge. Amelia avait donc aisément fait la traduction : si une plainte contre elle pouvait aboutir, alors elle pourrait avoir assez d'éléments pour la faire virer et l'envoyer en prison jusqu'à la fin de sa vie au minimum. Mais pour cela, il fallait trouver le bon angle d'attaque.

Il se pouvait bien qu'elle en ait trouvé un, grâce à cette lettre.

L'auteur ne s'était pas identifié mais indiquait en toute lettre avoir déjà été approché par Ombrage qui avait voulu qu'il lui rende quelques services contre des faveurs souvent d'ordre sexuelles. Le dégoût face à ce souvenir était bien présent et la directrice ne pouvait retenir un frisson d'horreur de simplement imaginer Ombrage en petite tenue. Sachant cela, Amelia savait que les preuves des petits « écarts » de sa « collègue » existaient quelque part dans ce pays.

Quand elle les trouvera, il y en a une qu'elle se ferait un plaisir de foutre en prison avec son pied au cul en prime.

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Molly avait terminé de ranger la vaisselle. Comme d'habitude, la réunion de l'Ordre était programmée vers vingt-et-une heures et Albus Dumbledore en avait profité pour inviter certains membres pour le dîner. Même si elle adorait cuisiner, elle n'avait guère apprécié de passer à un repas pour trois personnes – Sirius, Arthur et elle – à un autre pour dix, de plus à l'improviste. Heureusement, elle disposait des fonds de Sirius – ceux de Dumbledore s'étaient mystérieusement taris à la fin de l'été – mais ce n'était pas une raison pour nourrir tout un régiment trois fois par semaine, et avec des goûts de luxe, s'il vous plait !

N'ayant pas réussi à restaurer la salle à manger – n'ayant pas fait d'efforts en ce sens non plus – la cuisine devait être rangée avant que quoi que ce soit ne puisse être fait. Mais bien entendu, personne ne venait l'aider, c'était son boulot, après tout ! Quand elle avait entendu cela de quelques membres de l'Ordre – dont la seule mission était d'ouvrir leurs oreilles sur leur lieu de travail – elle avait eu envie de montrer les dents et d'utiliser ses nouvelles connaissances sur eux. Mais elle s'était rendu compte que ça ne servait à rien, mis à part à attirer l'attention du professeur Dumbledore.

-Vous avez fini, Molly ?

Ladite Molly se retint de grincer des dents. Elle n'était pas une boniche, ni un elfe de maison, par Merlin !

-A l'instant, répondit Molly le moins froidement possible.

-Très bien, sourit faussement Albus. Nous allons nous installer.

La cuisine fut donc de nouveau envahie et Molly s'installa aux côtés d'Arthur et tira Sirius à son autre côté. Quand tout le monde fut assis, le professeur Dumbledore prit la parole.

Maintenant qu'elle n'avait plus cette confiance totalement aveugle en lui, elle prenait conscience que ce que le professeur faisait pour les préparer à la guerre était … inadapté. Certes, il avait su réunir des sorcières et des sorciers qui seraient prêts à se battre si l'occasion se présentait mais la plupart était trop jeune pour pendant la première guerre, les plus vieux avaient une formation de duelliste et les rares survivants de la première montée de Voldemort – comme Arthur – étaient trop blessés pour être réellement utiles. Dans tous les cas, rien n'avait été fait pour ne serait-ce que vérifier que les nouveaux membres de l'Ordre maîtrisaient les sorts nécessaires pour au moins se défendre. Sous le couvert de materner les plus jeunes membres, elle avait découvert qu'ils ne s'entraînaient pas, persuadés que le professeur Dumbledore viendrait à leur secours dès qu'ils seraient en danger.

Même lors de la première guerre, ils n'étaient pas aussi naïfs …

Mais même à l'époque, le professeur Dumbledore n'avait conseillé à quiconque de se préparer à l'affrontement. D'ailleurs, la plupart des morts de l'Ordre de la première guerre l'était le plus souvent parce qu'ils ne savaient pas se battre. Seuls certains membres, tous présents sur l'un des rares clichés de l'Ordre, avaient pris sur eux pour s'entraîner de leur côté.

-… commencé un entraînement pour Harry Potter, annonça Albus.

-Comment est-ce que vous avez réussi à convaincre Loki Potter ? demanda Sirius, sincèrement curieux

-Il a accepté sans restriction, assura Albus.

Molly nota le petit reniflement de dédain de Severus Snape, assis dans un coin. Le maître de potions officiait en tant qu'agent double et rapportait toute information utile pour lutter contre Voldemort. Toujours par foi aveugle, elle avait toujours cru que les Serpentards étaient indignes de confiance, prompts à torturer les autres et Snape était tenu en laisse très courte par le vieux sorcier. Mais depuis qu'elle avait vu les méthodes du camp de la « Lumière » – notamment la manière dont leur chef traitait l'un des seuls qui pourrait défaire leur ennemi, un enfant qui avait perdu ses parents de manière horrible – elle prenait du recul sur toutes les affirmations d'Albus Dumbledore. La condescendance dont ce dernier faisait preuve à l'égard du professeur alors qu'il était d'une aide inestimable l'avait étonné, une fois ses œillères enlevées. Elle n'avait pas creusé ses réflexions mais il était clair que Loki Potter avait fait en sorte que Dumbledore croie que ses plans fonctionnaient parfaitement alors qu'il avait inséré un petit grain de sable.

-En quoi consiste cet entraînement ? demanda Arthur

-Je préfère garder cela secret, s'excusa Albus. Moins de personne sont au courant, mieux ce sera pour sa sécurité.

Une bouffée de colère envahit Molly et le raidissement de Sirius et de Snape lui avait fait rapidement comprendre qu'ils doutaient autant qu'elle de cette affirmation. Si la Magie en était venue à intervenir et retirer la garde d'Harry au vieux sorcier, c'était que sa sécurité était loin d'être sa priorité !

-Est-ce que vous prévoyez autre chose ? demanda Molly

-Dès cet été, Harry suivra un entraînement sous ma supervision ici même, décréta Albus. Je suis en train de choisir les personnes qui m'y aideront.

Une cacophonie sans nom s'éleva, tous voulant être choisi pour donner des cours au Survivant. Molly regarda Sirius et ils n'eurent besoin que d'un regard pour se comprendre.

Loki serait enchanté de connaître les projets estivaux de son pupille.

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Minerva McGonagall était une sorcière qui enseignait depuis des années. Elle avait eu Albus Dumbledore comme supérieur hiérarchique pendant la majorité de sa carrière et elle se considérait comme un bon professeur.

Mais s'il y avait bien une chose qui l'horripilait, c'était bien l'incompétence et Dolores Ombrage en était abondamment pourvue !

Depuis la rentrée scolaire, voilà un mois, elle dirigeait intégralement Poudlard en lieu et place d'Albus Dumbledore, relevé de ses fonctions par le ministre en personne. En laissant traîner ses oreilles, Minerva avait appris que si c'était le cas, c'était parce que Dolores avait déclaré à Cornelius Fudge que le directeur laissait faire ce qu'ils voulaient aux élèves, se faisant un point d'honneur à ne pas respecter les directives du ministère.

Elle ne savait pas que le ministère interdisait les contacts entre filles et garçons …

L'école était devenue un modèle de pudibonderie déplacée – sûrement pour coller au statut de vieille fille prude et vierge qui lui collait à la peau – et l'envoyée du ministère semblait croire qu'elle avait révolutionner tout du sol au plafond. Outre les contacts interdits entre élèves du sexe opposé, ils devaient être séparés en cours. Enfin, en théorie …

Derrière sa tasse de thé, Minerva sourit en jetant un coup d'œil vers Loki Potter qui dévorait à belles dents son propre petit-déjeuner. Quand Ombrage avait voulu vérifier l'application de ce « décret d'éducation » chez lui, elle avait comme d'habitude trouvé porte close. Elle avait donc tempêté sur lui durant le déjeuner, pensant que Loki se soumettrait sous la pression des autres professeurs et des élèves qui les regardaient.

Il n'en avait rien été.

Flash-Back

Dolores Ombrage avait dû se lever de sa chaise pour se donner plus de poids en étant à la place du directeur. Sa petite taille n'aidait pas mais elle ne se rendait pas compte que ses tailleurs rose bonbon la décrédibilisaient complètement, sans oublier ses décisions toujours plus insensées les unes que les autres. Ses airs de petite fille qui minaudait avait le don d'exaspérer tout le monde parce qu'il était clair qu'elle était beaucoup, mais alors beaucoup plus vieille qu'elle voulait le paraître, mais son air satisfait qu'elle arborait actuellement était pire, sûre de son bon droit.

Loki Potter l'avait écoutée jusqu'au bout puis était retourné vers sa tasse de café qu'il avait dû abandonner contre son gré pour écouter son discours insipide.

-Mademoiselle Ombrage, fit Loki. Vous êtes bien la seule adulte présente dans cette école qui n'a pas su entrer dans ma salle de classe quand elle a voulu le faire, ce qui me conforte dans l'idée que vous n'avez aucun diplôme de duel et encore moins d'expérience dans l'enseignement. Tant que vous ne m'aurez pas prouvé le contraire, je ne vois pas pourquoi je devrais écouter vos « conseils » si « avisés ». Veuillez vous rappeler que je ne suis ni aux ordres du ministère, encore moins à ceux d'Albus Dumbledore, au cas où vous vous poserez la question, mais au service de Poudlard. Mon rôle est de préparer mes élèves à ce qui les attend hors de l'école et non satisfaire vos quatre volontés parce que vous avez enfin réussi à grapiller un peu de pouvoir.

-Je ne vous permets pas ! rugit Dolores dans le silence de la Grande Salle

-Vous vous permettez de nous dire comment diriger nos cours alors que vous ne connaissez même pas les spécificités de nos matières, rétorqua froidement Loki. Virez-moi si cela ne vous convient pas et donnez les cours à ma place si cela vous chante. Mais autant vous prévenir que quand les parents d'élèves apprendront les raisons de mon départ, ils n'attendront sûrement pas la fin de l'année scolaire pour retirer leurs propres enfants et je vous souhaiterai bonne chance pour justifier au ministre cela. Enfin, si à cause de vos décisions, il ne perd pas non plus son poste.

Fin Flash-Back

Folle furieuse, Ombrage avait quitté la Grande Salle, une nouvelle fois humiliée, mais la pertinence des arguments de Loki Potter l'avait frappée et elle avait dû se retenir de le virer, comme elle en mourrait d'envie. Les relations entre Dolores Ombrage et Loki Potter, qui avaient toujours été froides, étaient alors devenues carrément glaciales. Pour protester aux décisions que la grande inquisitrice avait donc prises, les autres professeurs en avaient fait de même, fermant hermétiquement leurs portes à cette dernière qui était incapable de les ouvrir car ne connaissant pas ce sort spécifique propre à tous les maîtres. En réponse à cette rébellion cachée, Ombrage avait durci ses décrets, ayant déjà renvoyé les professeurs qui lui posaient un problème – Minerva avait dû agir en catastrophe quand Sybille Trelawney et Rubeus Hagrid s'étaient retrouvés sans toit du jour au lendemain – et avait réduit encore les droits des élèves.

Ce point commençait à sérieusement agacer Minerva et elle refusait que les élèves en souffrent. D'autant plus qu'elle avait appris que la grande inquisitrice donnait en personne des retenues pour ne pas avoir su respecter son règlement absurde. Les préfets n'avaient rien rapporté là-dessus mais elle sentait que ça allait rapidement dégénérer.

Une petite réunion professorale serait la bienvenue et bien entendu, l'invitation de la grande inquisitrice serait … perdue.

§§§§§

-Je commence à apprécier cette sorcière, ricana Chaos.

-Pas moi, grommela Loki.

Ce dernier était rentré aux Abysses et en avait profité pour réitérer le rituel pour parler aux Entités. Il en avait particulièrement besoin ces derniers temps car Dolores Ombrage lui tapait sur les nerfs. Bien que dans sa propre vie, elle avait commis ses méfaits crescendo, le fait qu'elle ait pris le pouvoir d'un coup sans s'être incrustée dans l'équipe professorale changeait tout. Dumbledore n'avait pas eu le temps de contraindre les professeurs à ne pas réagir à ses exactions ce qui leur avait permis de faire efficacement tampon entre les élèves et elle. De plus, puisque Loki s'entêtait à la rejeter avec pertes et fracas, Ombrage cherchait par tous les moyens de lui nuire. Malheureusement pour elle, quand Loki avait modifié son contrat, Joshua Nikos lui avait été d'une grande aide pour le garder indépendant de toute manœuvre politique de ce genre. Mais ce n'était pas ce qui l'empêchait d'essayer.

-En tant que grande inquisitrice, elle est à la tête de Poudlard, grommela Loki. Elle a tout changé d et elle veut absolument mettre le nez dans les cours. Dès la rentrée, elle nous a pondu un nouveau programme et insensé est le terme le plus poli que je peux utiliser pour le qualifier. Pour résumer, les sorciers sont les meilleurs, la Magie n'est qu'un outil et les autres créatures magiques ne sont que des animaux qui doivent impérativement servir les sorciers. Oh, elle veut réduire le niveau des élèves encore plus qu'il ne l'est déjà, puisque nous savons qu'un élève sortant de Poudlard avec ses ASPICS n'a en fait que le niveau d'un élève de cinquième année dans le reste du monde.

C'était ce que Loki avait rapidement découvert quand il avait préparé son programme de défense. Les livres de Chaos lui avaient révélé la sombre vérité dont il n'avait pas réalisé l'ampleur. Il savait que son propre apprentissage en défense avait été malmené mais il ne s'était jamais rendu compte que Dumbledore avait fait en sorte que des générations d'élèves ne sachent pas se défendre alors qu'il savait que Voldemort, même s'il n'était pas encore mort, avait beaucoup d'adeptes prêts à reprendre ses idées. Ça avait rendu furieux Loki mais il ne pouvait rien y faire.

-Son potentiel de chaos est important, pas aussi important que le tien, mais j'aime bien, commenta Chaos.

-Je le reconnais, concéda Loki. Mais en attendant, elle veut handicaper l'avenir de nombreux élèves, surtout ceux qui ne peuvent pas se payer des cours particuliers pour se remettre à niveau.

-Pas faux, fit Chaos. Qu'est-ce que tu comptes faire ?

-Il faudrait la mettre sur la touche, le mieux avant qu'elle n'utilise ses plumes de sang, répondit Loki.

-Magia est inquiète à ce propos, lâcha Chaos.

-Et elle ne l'a pas été à mon époque ? grinça Loki

Les interventions de Magia n'étaient pas pour lui plaire. Depuis qu'il savait qu'Il/Elle s'intéressait à ce qu'il faisait, Loki n'était pas exactement serein. Mais tant qu'il ne comprendrait pas ses motivations, il ne pourrait pas agir dessus.

-N'oublie pas que tu n'es qu'une Faucheuse, fit Chaos, tout amusement disparu. Tu es peut-être sous la protection de plusieurs d'entre nous mais ce n'est pas une raison pour nous manquer de respect !

-Désolé, marmonna Loki.

-Ça ira, grommela Chaos. Ça m'amuse quand tu réponds à Mort mais ça ne passe pas du tout avec moi quand tu es insolent envers l'un des nôtres.

-Compris, frissonna Loki.

Il savait que ce n'était pas bon de se mettre les Entités à dos.

-Bref, reprit Chaos. Magia est inquiète car les enfants qui utilisent des plumes de sang sont définitivement amputés de la magie qui correspond pour son utilisation. Pour reformuler, ils ont de moins en moins de magie au fur et à mesure qu'ils écrivent avec. Selon les cas, quelques mois d'utilisation pourraient les rendre cracmol.

-C'est inquiétant, constata Loki.

-Encore plus quand on sait que des études internationales ont déjà prouvé ces faits, ajouta Chaos. Il y a quelques centaines d'années, un mage de sang particulièrement vicieux a offert à un maître et ses apprentis un lot de plumes de sang. Ils ont écrit avec et tous sont morts en quelques mois. Ce mage a recommencé à travers le monde pendant des années jusqu'à ce que des parents éplorés se posent les bonnes questions et ne permettent son arrestation. Quand Mort l'a choppé, il n'a pas eu de chance puisqu'il a été immédiatement confié à Magia. Quand les sorciers se sont rendu compte de l'ampleur de la catastrophe, ils ont étudié le phénomène et ont transmis les conclusions à tous les ministères du monde qui se sont chargés d'encadrer fermement l'utilisation de cet artefact. Ton crapaud rose sait parfaitement ce qu'elle fait ou pire, s'en fout complètement.

-Ce n'est pas comme si je n'en étais déjà persuadé, bougonna Loki. Dans tous les cas, si elle fait seulement mine d'approcher ces saletés d'Harry, je ne réponds plus de rien.

-Si seulement, ricana Chaos. Allons, nous savons tous les deux que tu n'es plus ce petit adolescent qui fonce dans le tas avec des miettes d'informations. Prends le temps de réfléchir et de chercher de l'aide pour mener à bien cette mission.

-Qui ? demanda Loki

-Je ne vais pas te donner toutes les réponses, gamin, ricana Chaos. Cherche bien et tu trouveras bien des personnes qui veulent se débarrasser d'elle dans les règles de l'art. Et puis, tu sais comment elle peut partir donc tu peux bien bricoler quelque chose d'utile.

-En clair, j'ai intérêt à me bouger pour qu'Harry ne soit pas encore blessé, soupira Loki.

-C'est bien, tu as compris, sourit Chaos. Tu as donc des trucs à faire donc je vais te laisser. Fais attention à toi, gamin.

-Merci, Chaos, répondit Loki.

Il désactiva le rituel et se plongea dans ses pensées. Pourquoi ne pas commencer par une innocente discussion entre collègues ?

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Hermione travaillait furieusement sur son devoir de défense.

Avec cinq professeurs différents en cinq années, elle pouvait sans conteste dire que son préféré était Loki Potter. Il était tout ce qu'on pouvait rêver pour un professeur et savait s'adapter aux niveaux des élèves. Il ne s'arrêtait pas aux maisons et ne cherchait pas à privilégier Harry malgré leurs liens familiaux. Le prof parfait, en somme.

-Mais pourquoi on doit faire ça ? geignit Ron

-Parce qu'il s'agit d'un devoir donné par un professeur, leva les yeux au ciel Hermione. Alors s'il te plait, arrête de pleurnicher et mets-toi au travail.

-Tu ne pourrais pas me montrer ce que tu as déjà écrit ? supplia Ron

-Aucune chance, assura Hermione. Et ne t'avise pas d'essayer de lire par-dessus mon épaule ou même de me le prendre, tu ne vas pas apprécier ce qui va t'arriver.

Le roux déglutit.

Depuis les fêtes de fin d'année, Ron se montrait de plus en plus irritant. Vexé qu'Harry n'ait passé qu'une journée au manoir Black, il l'avait été encore plus quand il avait appris qu'Hermione avait été invitée non pas une mais deux fois au nouveau domicile du brun. Il avait violemment attaqué Harry à la rentrée mais ce dernier lui avait rétorqué que ce n'était pas une obligation pour lui de passer ses vacances au même endroit que lui, encore plus de l'inviter chez lui. Depuis, le brun ne lui adressait plus la parole et Hermione, qui s'était également pris la tête avec Ron sur le même sujet, avait refusé de faire comme l'année dernière et n'avait œuvré ni pour l'un ni pour l'autre, restant rigoureusement neutre. Quand le roux avait compris que ses amis ne reviendraient pas docilement vers lui et se souvenant parfaitement que s'il faisait mine d'harceler Harry, Loki Potter lui tomberait dessus, il avait décidé de tenter de convaincre Hermione qu'il avait raison, en pure perte puisque la brune refusait de l'aider à redevenir l'ami d'Harry.

Hermione s'était rendu compte que si on ne se tenait pas aux côtés d'Harry, personne ne faisait attention à eux avec autant d'acuité. Ça avait peut-être arrangé ses affaires mais pour Ron, il était clair qu'il ne supportait pas de ne plus être sur le devant de la scène avec le héros.

Ce qui agaçait Hermione, c'était que Ron la collait sans cesse et refusait de réviser pour ses BUSES. La première fois, elle l'avait laissé parler mais dès la seconde, elle lui avait jeté un sort de silence et laissé s'égosiller sans bruit. Cela lui avait servi de leçon et depuis, il prenait des précautions quand il approchait de la brune.

Laissant le roux bougonner dans son coin, Hermione laissa ses pensées vagabonder. A son anniversaire, la brune avait reçu de la part d'Harry et de Loki une chouette qui passait facilement les filtres installés par Albus Dumbledore concernant le courrier et avait continué une correspondance fournie avec Sirius. Elle lui avait fait part de l'insistance de Ron et de Ginny pour revenir dans les bonnes grâces d'Harry et il lui avait conseillé de ne pas se mêler de cette histoire. Mais depuis que Dolores Ombrage était devenue grande inquisitrice, elle cherchait auprès de lui les meilleures idées pour lui faire payer ses idées saugrenues. Elle avait découvert grâce aux jumeaux Weasley que les professeurs n'aideraient pas la nouvelle directrice si des dégradations avaient lieu dans l'école mais aucun témoin de ces derniers. Elle allait donc lui faire regretter sa venue à Poudlard.

Elle en venait presque à souhaiter le retour d'Albus Dumbledore.

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En parlant du loup …

Le vieux Sorcier avait été surpris d'avoir été convoqué dans le bureau du ministre la veille de la rentrée scolaire mais encore plus de se voir signifier sa suspension de la direction de Poudlard. Avec son échec pour amener Harry à rester au QG de l'Ordre, c'était un nouveau coup dur. Heureusement, il avait pu donner ses ordres avant mais puisque l'année scolaire avait repris, Severus Snape ne pouvait lui donner aussi souvent qu'il le voudrait les informations qu'il voulait connaître d'après les cours d'occlumencie. Albus avait tenté d'interroger Sirius à propos de sa correspondance avec son filleul – malheureusement, ses sorts n'affectaient ni Hedwige ni Aaron, le messager d'Hermione Granger et donc, il ne pouvait pas connaître illégalement le contenu des lettres – mais l'ancien évadé restait évasif, souvent perdu dans ses pensées. Ça l'arrangeait que Sirius ne reprenne pas pied car ainsi, le clan Black ne pourrait pas reprendre son importance d'antan.

Mais son problème le plus urgent était de récupérer son influence dans la politique britannique et de prendre le luxe de faire payer à Fudge le petit dans le dos qu'il lui avait fait avec Dolores Ombrage.