Salut tout le monde !

J'espère que vous allez bien en ces temps de confinement !

Je vous poste le chapitre 13, dans le précédent, je viens de voir que je me suis trompée, il s'agissait du 12 !

Sur ce, bonne lecture et à la prochaine !


Chapitre 13 - Le récit d'Ava

Killer ouvrit un tiroir puis un autre avant de faire de même avec l'armoire. Tout était vide. Elle ne devait pas vouloir s'éterniser avec l'équipage du Yonko. Enfin, maintenant qu'il y pensait toutes ses affaires étaient à bord de leur navire à eux. Sa mâchoire se crispa. Il referma le placard et s'assit sur le bureau de la cabine, attendant le retour d'Ava.

Il l'entendit arriver, il aurait reconnu sa démarche entre mille. La porte s'ouvrit et le visage d'Ava apparut. Elle retint un souffle, entra et ferma la porte sans le quitter des yeux. Elle s'approcha de lui sans un mot, ses yeux détaillants le bandage qui couvrait son bras et disparaissait sous son casque. Killer ne bougea pas quand elle vint se planter juste devant lui. Il remarqua qu'on lui avait coupé les cheveux. Ça lui allait plutôt bien. Mais dieu ! Elle avait l'air épuisée.

Il devinait qu'elle hésitait puis après un instant, il sentit sa main fraîche se poser sur son épaule. Son autre main effleura le bandage de son bras puis remonta jusqu'à son casque. Elle le saisit et tira doucement dessus. Killer poussa un grognement. Ces foutues brûlures lui faisaient un mal de chien. Ava voulut relâcher le casque, mais Killer poussa dessus de sa main valide et le posa sur le bureau. Il passa une main dans ses cheveux afin de les ramener tous vers l'arrière puis tâta son pansement doucement pour voir s'il n'avait pas bougé. À l'expression qu'affichait Ava, cela ne devait pas être du plus bel effet.

« Et sous le bandage, ça donne quoi ? »

Sa voix était âpre, mais qu'importe. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas entendue ? Pour toute réponse, il déroula un des bandages pour dévoiler sa peau rougie et flétrie par le traitement de Hegel.

« Et ça remonte comme ça jusque sous ton œil ?

- Je crains que oui Ava », soupira-t-il. Il marqua un long temps d'arrêt avant de reprendre :
« Tu vas avoir pas mal de compte à rendre, dit-il d'une voix plus dure qu'il ne le voulait. Il parait qu'Eustass a perdu un bras…
- Tu ne l'as pas vu encore ?
- Non toujours pas… J'aimerais comprendre Ava, pourquoi un Yonko est venu pour toi ? »

Elle baissa les yeux. Il s'impatienta davantage. Sentait-elle l'agacement gonflé en lui ? Killer lui saisit un bras.

« Regarde-moi bon sang ! Que c'est-il passé là-bas ?

- Comment veux-tu que je le sache ?

- Ne fais pas l'idiote Ava. Tu crois que je ne sais pas que même Sakazuki a voulu tuer les deux bourreaux.

- Vous n'étiez pas là, siffla-t-elle.

- Qu'importe, c'était dans tous les journaux. »

Ava tenta de s'extirper de l'étau de sa main, et quand Killer sentit la peau d'Ava devenir bien plus souple, il utilisa du haki pour la première fois devant elle pour l'empêcher d'user de ses pouvoirs.

« Réponds-moi. Pourquoi Sakazuki saboterait lui-même une exécution qui était son idée ?

- Il a vu ma marque, finit-elle par dire après s'être fixer un long moment. »
Killer la regarda sans comprendre puis finalement le lien se fit dans son esprit. Mais bien sûr ! Quel con.

OOOoooOOO

Darry appuya lentement sur la seringue. Kidd se crispa instinctivement puis se détendit en sentant l'aiguille se retirer. Il soupira de soulagement, il était temps que Darry lui administre une dose de morphine supplémentaire. La douleur se faisait de plus en plus lancinante. Kidd eut une grimace en sentant le médecin défaire avec précaution le bandage qui recouvrait la moitié de son crâne.

« Peux-tu ouvrir ton œil gauche ? » Demanda le médecn

Le roux s'exécuta, il voyait à peu près normalement, mais sa paupière était douloureuse. Le médecin ouvrit un peu plus grand l'œil avec délicatesse et en évitant les plaies dues aux éclats de l'obus.

« Vous avez eu de la chance capitaine, un peu plus vous deveniez borgne, l'informa Darry.

- Je suis déjà manchot, c'est suffisant j'trouve », répliqua Kidd avec sarcasme.

Darry eut un sourire à sa remarque.

« Si vous parvenez à faire de l'humour, je vais pouvoir baisser les doses de morphine. »

Il déroula des bandes propres et commença à recouvrir la partie gauche du visage de Kidd, puis il s'attaqua alors au côté gauche de son corps.

« Bien bien, ce n'est pas infecté. »

Il nettoya l'épaule désormais tranchée et la recouvra de bandages propres. Killer se présenta devant la porte ouverte. Il ne portait pas son casque.

« Je peux entrer ? demanda-t-il à Darry.

- Oui, j'ai presque fini. »

Il entra, l'air grave. Il s'assit sur une chaise et attendit patiemment que Darry termine. Ce dernier fixa et vérifia une dernière fois les pansements, puis il sortit en fermant la porte. Killer dévisagea son capitaine et ami.

« Tu n'as jamais autant ressemblé à Shanks le Roux.

- Je me serais passé de toute ressemblance tu sais. »

Ils se turent, se détaillant en silence.

« T'es pas reste non plus tu sais. »

Killer regarda son bras bandé et lâcha seulement :

« Ébouillanté de l'intérieur. »

Kidd lâcha un grognement de dégoût. Killer vint s'asseoir près de lui.

« Comment t'as passé leurs gardes ?

- Oh ils ne sont pas bien difficile à contourner, ricana Killer. Ils jouaient aux cartes et il fait nuit noire, je n'ai pas eu de mal à m'éclipser.

- Effectivement. Et la fille ?

- Sur leur vaisseau, elle a ordre de ne pas le quitter, mais j'ai pu la voir.

- Des retrouvailles émouvantes, je suppose. »

Killer ne releva pas la pique de son capitaine, mais se félicita d'avoir conservé son casque.

« Tu as compris pourquoi Akainu a tout stoppé ? » lui demanda Killer gardant son calme.

Kidd hocha de la tête négativement. Ce qu'il savait, c'est que toute cette histoire, ça lui avait valu un bras en moins et qu'Ava avait intérêt à revenir parmi eux pour qu'il puisse rendre la monnaie de sa pièce.

« C'est la marque dans son cou, reprit Killer. Dès qu'elle a baissé la tête et qu'il a vu sa nuque, Sakazuki a tué sans scrupule un des bourreaux.

- Et c'est quoi cette putain de marque ?

- Une marque qui est apposée à chaque enfant baptisé et reconnu comme noble, quelques mois après sa naissance. »

Kidd ne comprit pas directement ce qu'impliquait le mot noble, puis soudainement, il repensa au motif de la serre. Celle au centre du tatouage. Pas une fois l'un d'entre eux avait interrogé la fille là-dessus. Comment ce faisait-il qu'ils n'y aient pas donné plus d'attention.

« Quand tu parles de noble, tu veux dire… Demanda Kidd, pas certain d'avoir bien compris.

- Oui, je veux dire les dragons célestes. C'est pour ça que Sakazuki a causé un tel bordel. Imagine, il n'aurait pas conservé sa place plus longtemps s'il en avait exécuté un. »

Kidd resta pensif, puis les paroles de Marco lui revinrent en tête : il avait dit qu'ils l'avaient trouvée sur une île minuscule près de Red Line.

« Ça voudrait dire qu'elle a sauté du haut du continent rouge ?

- Peut être. Mais nous devons tous entendre son histoire en détail et qu'elle nous en dise plus sur son pouvoir.

- Pour son pouvoir, ça doit être un zoan, fit Kidd.- Comment tu le sais ?

- Elle est passée me voir avec Shanks figure-toi. Je l'ai vu se métamorphoser devant moi. Elle était très grande, au moins trois mètres...

- Et bleue ?

- C'est ça... Tu l'as vu aussi alors.

- Je ne savais pas que c'était elle.

- Et son vrai c'est quoi ?

- Saraswati Charulekha. Ils sont à la tête d'une des plus grandes banques mondiales, répondit Killer.

- Alors c'est une marque d'authenticité son tatouage, fit Kidd avec un ricanement qui lui fit pousser un gémissement, rire lui était douloureux.

- On peut voir ça ainsi », répondit Killer très sérieux.

Il se mit à rire aussi. Ils arrêtèrent de parler un moment.

« Y'a eu d'autres blessés ?

- Y'a eu des morts.

- Fait chier. Elle me le paiera.

- Elle ne paiera rien du tout Kidd.

- On verra ça, mais je veux la voir. »

Killer hocha de la tête. Ils étaient dans les ennuis jusqu'au cou. Il espérait que Kidd allait vite comprendre que seule Ava pourrait les sortir de ce pétrin et que la menacer n'était pas une stratégie envisageable.

Il quitta l'Iron Master avec la même discrétion qu'à l'aller et se glissa dans les couloirs du Red Force telle une ombre. L'endroit où dormait l'équipage de Kidd était sommaire, dans une grande salle juste au-dessus de la cale, les hommes étaient à même le plancher. L'odeur âcre causée par le nombre d'homme qui dormait là le gênait, mais il s'allongea parmi eux sans un bruit et ferma les yeux.

Après une demi-heure, le sommeil n'arrivait toujours pas. Il se releva, tenté par une visite nocturne.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Wire était réveillé, à quelques mètres de lui.

« Rendors-toi Wire.

- Tu vas voir le capitaine ?

- Je l'ai déjà vu.

- Et ?

- Et bien pour le moment il est drogué aux anti-douleurs donc il n'a pas à l'esprit d'attaquer le Roux de si tôt.

- On pourrait, nous…

- Non on va récupérer Ava, et partir pour Rush Island.

- Rush Island ?

- Pour construire un bras à Kidd. Maintenant, recouche-toi Wire. »

Killer finit de se lever et quitta l'ambiance moite du dortoir improvisé. Il sortit sur le pont du vaisseau, mais le climat humide et chaud de l'île n'avait presque rien de mieux à ce qu'il venait de quitter si ce n'est l'odeur terrible en moins. Il s'assit par terre contre un garde-fou et s'alluma une cigarette. À l'autre bout du bateau, une silhouette se détachait, approchant de lui. Elle avança jusqu'à lui, et Killer ne tarda pas à reconnaître le fameux second du Yonko qui vint s'appuyer contre la rambarde près de lui.

Killer se sentit passablement frustré quand les minutes commencèrent à s'écouler et que l'homme n'avait toujours pas décroché un mot. Il passa une main sous ses cheveux et se gratta la nuque, tira une dernière fois sur sa cigarette avant de la jeter. Killer regarda Beckmann. Pourquoi s'être approché s'il n'a rien à lui dire. Il fit mine de se lever quand finalement, il se tourna vers lui.

« Il y a quelque chose que je n'ai pas compris. Pourquoi avoir attaqué notre navire s'il t'avait envoyé en éclaireur ? »

Sous son casque, les sourcils de Killer s'arquèrent de surprise. Hein ? Qu'est-ce qu'il me sort là ?Il s'intéressa directement au second du roux qui le fixait avec des yeux d'un gris glacial assez rare.

« Il a voulu reprendre la fille secrètement grâce à toi, mais la vision du Red Force a dû être bien plus séduisante. Je sais que vous nous cherchiez à travers la jungle toi et tes deux hommes.

- Trêve de bavardage, que veux-tu vieil homme.

- Pourquoi être venue la chercher ?

- Elle fait partie de notre équipage, vous ne lui avez pas demandé ?

- Si elle a évoqué ce fait.

- Eh bien qu'elle reparte avec nous alors…

- Shanks n'y compte pas, la prime sur sa tête ferait perdre ses esprits à plus d'un. Shanks n'a pas confiance en vous, une vente aux enchères peut vite arriver et vite se conclure avec une telle personne…

- Vous la sous-estimez, elle n'est pas la victime que tu décris. »

Beckmann eut un petit rire que Killer ignora.

« Crois-moi, je ne remets pas en question ces capacités, mais ne la sur-estime pas non plus. »

Beckmann essaya une dernière fois de distinguer quelque chose au-delà du masque de Killer puis se leva avec un mouvement de la tête en guise de salut, puis disparu.

OOOoooOOO

À sa grande surprise, Killer n'eut pas à ruser pour amener Ava à voir Kidd. Elle s'était affairée à convaincre le Yonko de la laisser voir Kidd qu'elle assurait être son capitaine. En début d'après-midi, elle passa sur le pont de l'Iron Master et le suivit jusqu'à la cabine de Kidd.

Quand ils entrèrent, il déjeunait en compagnie de Heat, qui avait autorisé et retourner sur la navire pour en évaluer l'état, mais aussi de Darry qui s'occupait des soins de son capitaine. Kidd mangea lentement, puis entre deux coups de fourchette, il s'adressa finalement à la jeune femme.

«Je crois que tu as beaucoup à dire…»

Killer observa Ava du coin de l'oeil, elle n'avait pas d'expression particulière, mais semblait avoir perdu toute agressivité envers Kidd.

« Je veux ta véritable identité, ordonna Kidd en fixant Ava.

- Nikolaëvna Saraswati Charulekha, mais je crois que Killer a déjà dû te le dire. Ava n'est qu'un surnom.

- Killer m'a dit des choses. Sont-elles vraies ? »

Ava hocha de la tête. Kidd termina de manger, tandis que tous restaient silencieux. Puis il reprit son interrogatoire, trop heureux d'en connaître plus sur les nobles mondiaux.

« Il y a une hiérarchie à Marie Joie entre les différentes familles de Dragons Célestes ? Demanda-t-il en s'essuyant la bouche avec une serviette.

- Non mais une importance sur la pureté du sang.

- Tes deux parents en sont ?

- Non. Seulement ma mère, Galatée. Elle est la fille de l'actuel chef de famille des Saraswati.

- Que veux tu dire par pureté du sang ? Intervint finalement Killer.

- I Marie-Joie vingt familles en tout, sans compter un grand nombre de garnisons de marines, qui y vivent avec leur famille et sans oublier le conseil des cinq sages puis tout ceux qui bossent pour le gouvernement. Mais parmi ses vingt familles, on peut dire que chacune suit un courant spéciale.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire que si certaines familles sont exclusivement constituées de tarés c'est parce qu'ils sont des « puristes ». En clair ils ne font que des mariages consanguins entre cousins majoritairement, mais aussi très souvent entre frères et sœurs.

- Tout-à-fait charmant, ricana Kidd.

- Quels sont les autres courants ? Demanda Killer.

- Les « conservateurs », qui privilégient les mariages entre nobles, et les « généticiens » dont fait partie ma famille. Les « généticiens » arrangent les mariages ainsi que des concubinages, uniquement dans un but de reproduction. Pour obtenir des enfants viables, en se basant sur les caractères héréditaires des parents. C'est pour ça que certains marines, de haut rang figurent parmi mon arbre généalogique.

- Et tes parents ?

- Ma mère n'a pas respecté la loi qui s'applique à tous les membres de la famille, obéir devant l'attribution de partenaire, et dont seul le chef détient les pouvoirs. Elle s'est retrouvée enceinte d'un inconnu.

- Mais pourtant, il arrive souvent que des dragons célestes aient un grand nombre d'épouses, questionne Killer.

- Ce ne sont que des concubines, elles ne sont pas utilisées dans le but de créer une filiation, mais dans celui de divertir.

La nuit allait être longue, au fur et à mesure des explications de la jeune femme, Kidd commençait à comprendre que s'il écoutait tout ce qu'elle avait à dire, il en apprendrait bien plus sur ceux qui faisait tourner le monde.

OOOoooOOO

La petite fille aux cheveux noirs attend, assise sur l'un des canapés de l'antichambre. L'animosité est palpable en ce jour. Elle n'a pas tout compris de ce qui s'est passé, mais la ville a brûlé pendant la nuit. Elle l'a vu. Puis, ce matin une partie des serviteurs avait disparu. Sa nourrice vint enfin la chercher et elles entrèrent dans la grande chambre. À travers les fenêtres, on pouvait voir la fumée des incendies qui avaient duré toute la nuit. Elle s'assoit à l'endroit habituel, sur le fauteuil d'en face, sa mère est prostrée, ses longs cheveux blonds cachant son visage. Tout à coup, elle relève la tête, regardant sa fille et la crise démarre aussitôt. On fait sortir l'enfant dans la pièce alors que la femme hurle. « Rendez-moi mes enfants ! » « Rendez-moi mes enfants ! ».

La petite est en larmes, cherchant désespérément à repousser son cousin. Ce dernier rit en regardant la plaie qu'il a faite dans la joue de la fille. « Tu vois », dit-il à un second garçon, « mon père me l'avait dit, elle n'est pas vraiment un dieu, son père n'est qu'un sous-homme. Regarde ses cheveux ». Une esclave entre alors, découvrant les trois enfants et décide de mettre un terme à leur jeu sordide. Elle écarte les garçons, et s'approche de la fille. Elle s'effondre contre toute attente, morte. Un homme blond se tient sur le pas de la porte, il emmène la petite fille, la fait soigner, mais elle gardera à vie la marque fait remarquer le docteur. « Aucune importance », répond-il au médecin, « elle ne nous ressemblait déjà pas, cette cicatrice ne changera rien à son futur ».

Elle court à toute vitesse, traversant couloirs et pièces en essayant de semer ses deux cousins. Elle tourne soudainement vers un couloir où elle n'était jamais allée. Au fond de l'allée, une double porte en marbre noire se tient. Sur chaque porte, est gravé le blason familial : le dragon couronné se mordant la queue. Ce même symbole que chaque membre de la famille a sur sa nuque. Sans plus réfléchir, elle pousse une des portes et entre sous le regard de l'ouroboros couronné. La pièce est gigantesque, très sombre et un bric-à-brac monstre la remplie, jusqu'au plafond parfois. Des meubles précieux, des étoffes de toutes sortes remplissent la pièce, ainsi que des statues de jades, de marbres, des commodes et des armoires aux tiroirs ouverts révélant des bijoux et des pierres précieuses de toutes sortes. La petite traverse la salle à pas de loup de peur d'attirer sur elle les regards des personnes figurants sur les tableaux relégués dans ce dépotoir. Plus loin sur de grandes tables, étaient exposés des pierres précieuses aux tailles et proportions extraordinaires, mais aussi des pierres plus étranges qu'aucun homme n'aurait pu tailler ou même extraire au vu de sa forme lisse. Sur l'un des présentoirs, est aligné un grand nombre de fruits aux couleurs chatoyantes. La petite fille est comme hypnotisée par l'un d'eux. Elle se met sur la pointe des pieds et délicatement soulève la cloche sous laquelle repose le fruit. Elle saisit le fruit dans sa main et l'approche de son visage pour l'étudier avec grande attention. Sans même réfléchir elle croque dedans puis l'avale tout rond, mais le goût atroce manque de la faire s'étouffer, et elle ne parvient pas non plus à le recracher. À ce moment là les portes de la grande salle s'ouvrent.

Le jardin arrive à sa fin. « Sale monstre » hurle l'un des garçons. « Oui, c'est ce que tu es ! Grand-père n'a pas voulu nous croire », « Nous allons tout lui dire ». Les deux garçons aux cheveux d'un blond presque blanc courent après la petite fille brune. Mais celle-ci disparaît soudainement, laissant la place à une créature translucide. Elle traverse les hautes grilles délimitant le domaine, à la grande surprise de ses poursuivants qui se la prenne de plein fouet. Quand l'herbe, peu à peu, laisse place à une roche rouge, elle s'arrête enfin et se retourne regardant le palais qui surplombe tous les autres. Mais des cris très proches résonnent : « AVA ! ». La petite fille effrayée tressaille et se remet à courir, jusqu'à arriver aux extrémités du continent. Devant elle, il n'y a qu'un mur de nuage et en dessous un vide insondable. Elle fixe le vide avec fascination puis fait un pas, et laisse un pied au-dessus du vide, en équilibre. Elle entend son prénom une deuxième fois, mais n'y prêtre pas attention. Elle se laisse tomber dans le vide.

Son ventre gronde, elle peine à garder les yeux ouverts alors qu'une barque glisse sur l'eau dans sa direction. Derrière elle, la cascade jaillissant du continent rouge assourdit tout, elle plonge les mains dans l'eau, cherchant l'eau douce au-travers de la mer pour l'envoyer vers le bateau. Elle a un petit rire en constatant que cela marche, il avance moins vite qu'avant. Le navire dont vient le petit bateau lui fait peur, avec sa proue en forme de baleine et sa taille hors-norme, près de cinq fois la taille d'une jonque céleste. Elle continue de manipuler l'eau, mais soudain, on l'écarte loin du bord : un homme aux cheveux dorés la prend dans ses bras. Les yeux verts de l'enfant s'écarquillent d'émerveillement, l'homme a des ailes d'un bleu chatoyant aux multiples reflets d'or.

L'enfant se ratatine, jamais elle n'a vu un homme aussi grand. L'homme-oiseau est en train de parler au géant. De parler d'elle. « Elle très maigre, ça devait faire quelques jours qu'elle était sur cet îlot » Dit-il, « Et, j'ai l'impression qu'elle contrôle l'eau, enfin la mer… ». « Non, c'est pas vrai ! Juste celle qui est pas salée ». La petite fille met ses deux mains sur sa bouche en se rendant compte qu'elle lui a coupé la parole. Le géant lâche alors un grand rire : « Eh bien, je suis ravi de voir que tu as une langue ! » , lui dit-il, « comment t'appelles-tu ? ». La petite fille ouvre des yeux ronds et enlève les mains de devant sa bouche : « Nikolaëvna ». À nouveau, le géant se met à rire, puis reprend la parole : « C'est un nom bien trop compliqué pour une aussi petite fille, Aëvna sera plus court et plus simple » décide-t-il. « Et surtout moins reconnaissable… » Murmure l'homme-oiseau. Celui-ci se penche vers la petite et la prend dans ses bras, « Aller princesse, on va manger un bout ! » L'enfant a une exclamation ravie et passe ses petits bras autours du cou du blond.

« Eh alors ? C'est tout ce que tu sais faire Ace ? » Lance l'adolescente à son adversaire d'entraînement. « Tu triches ! » Râle-t-il, « ben voyons ! » Répond-elle, sarcastique. « Je ne veux pas te blesser, tu es si jeune… » Tente-t-il d'expliquer dans une justification ratée, « Oh ça va ! Je n'ai que trois ans de moins que toi, imbécile », rétorque-t-elle. « Bah ça fait que quinze ans espèce de sorcière ! ».

En retrait, près de Marco, elle observe en silence Le Roux traversé le pont. Elle résiste à son aura avec beaucoup de difficulté. Il parle avec Barbe Blanche d'Ace et de la guerre à venir, pendant ce qui lui semble une éternité. Quand enfin, il reprend le chemin de son bâtiment, les yeux du Roux se posent sur Ava, la fixant pendant quelques secondes d'un air énigmatique légèrement teinté de surprise.

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