08_ murder or pleasure

Le souffle saccadé, Shikaku déposa sa tête sur la poitrine nue de Yoshino, un fin sourire au coin des lèvres ; la brune passa ses doigts dans les mèches ébènes de son époux et claqua un tendre baiser sur son front tremblant. Ils s'étaient aimés, encore et encore, pendant deux bonnes heures ; ils faisaient ça, chaque fois que le brun recevait un ordre de mission un peu trop dangereux.

— « prêt pour un autre round ? » proposa-t-elle.
— « tu as encore assez de force pour ça ? » s'amusa-t-il, en se hissant légèrement à l'aide de son coude. « je suis plutôt vieux. »
— « et moi, je suis encore terriblement jeune. » clama-t-elle.

Les doigts du brun passèrent délicatement sur les côtes nues de la trentenaire ; qu'est-ce qu'il l'aimait.

— « c'est bizarre. » souffla-t-il. « je me souviens de mon grand-père qui disait constamment qu'après un enfant, les couples n'avaient plus de vie sexuelle. »
— « ton grand-père disait ça ? » dit-elle, un sourcil arqué, mais un sourire sur les lippes.
— « oui, constamment. » acquiesça-t-il. « il me le répétait à chaque anniversaire. »
— « dommage qu'il ne soit plus de ce monde. » lâcha-t-elle, dans un murmure sensuel. « j'aurais adoré voir sa tête, quand tu lui aurais soufflé qu'il se trompait totalement. »

Un léger rire s'échappa des lèvres du shinobi, une main sur la hanche de son épouse et dans un mouvement doux, il la tira contre lui.

— « Yoshino Nara. » murmura-t-il, contre ses lèvres. « vous êtes une femme affreusement, délicieusement et incroyablement foll-. »
— « la ferme. » le coupa-t-elle.

La seconde d'après, elle plaquait une main sur la nuque du brun et prenait ses lèvres en otage. Il étouffa maladroitement un grognement dans les baisers qu'elle lui offrait et la repoussa, amusé, lorsqu'elle glissa une main sur son bas-ventre.

— « okay, pour un autre round. » dit-il, face au désir dans les prunelles de la brune. « mais d'abord, j'ai vraiment besoin d'un verre d'eau. »
— « hm. » souffla-t-elle. « bien, je t'attends, seule et nue. »

Un autre rire s'extirpa de la bouche du garçon et il acquiesça, se hissant maladroitement sur ses deux pieds ; il s'empressa de remettre son caleçon, qui traînait sur le sol et s'échappa de la pièce. Shikaku appréciait les moments où il n'y avait que lui et elle, bien sûr il aimait vraiment ses deux enfants, mais ce n'était pas le même amour et Yoshino, elle était clairement la femme de sa vie ; il aimait cette vie de famille, mais les moments seuls avec son épouse se faisaient de plus en plus rare.

D'une démarche silencieuse, il s'engouffra dans la cuisine et attrapa l'une des bouteilles d'eau dans le frigo ; la nuit était déjà plutôt bien avancé et dans moins de dix heures, il serait en mission, quelque part près de la frontière de pays du vent.

En remontant les escaliers, le bruit d'un sanglot attira son attention ; les sourcils froncés, il repassa devant la porte de la chambre de l'un de ses fils et tapa doucement contre la planche marbrée. Un autre sanglot parvint à ses oreilles et inquiet à l'idée que son petit garçon ne pleure à cause d'un cauchemar ou d'un autre problème quelconque, il repoussa la porte et s'enfonça dans la chambre.

— « Naruto ? tout va bien ? »

Un hoquet de sursaut flotta dans les airs et la seconde d'après, il se rendit compte qus ses deux fils traînaient dans le même lit, accroché l'un à l'autre, en larmes. Il s'approcha et s'installa au bord du matelas.

— « eh, les garçons, qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-il.
— « m-maman. » bégaya le petit blond, en pleurs.
— « maman ? » répéta-t-il. « qu'est-ce qu'il se passe, avec maman ? »
— « on a tout entendu. » lança le brun, les sourcils froncés.
— « tout entendu ? » souffla-t-il.
— « oui. » acquiesça Shikamaru. « tu as.. tu as tué maman. »
— « attends quoi ? » grimaça l'adulte.
— « on a entendu l-les cris. » lâcha le blond, dans un reniflement indiscret.


Un énième soupir s'échappa des lèvres de la brune, qui attendait seule et nue, dans le lit conjugal. Shikaku était parti boire un verre d'eau depuis une dizaine de minutes et elle attendait, encore et encore ; dans un bond agile, lasse d'attendre, elle se glissa hors des draps et couvrit son corps d'un simple short ample et d'un tee-shirt trop large, appartenant tous les deux à son époux. Très vite, elle se retrouva dans le corridor et s'arrêta dans l'encadrement de la porte de la chambre de Naruto, les sourcils froncés ; il était un peu plus de deux heures du matin et pourtant, la lumière vive dans la pièce prouvait que son fils ne dormait pas.

— « Shikaku ? qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés.
— « eh bien.. Naruto et Shikamaru sont réveillés. » lâcha-t-il, simplement.

Ses iris d'un beau brun se posèrent sur ses deux fils qui, effectivement, étaient bien réveillés, mais dont les joues étaient couvertes de sillons de larmes ; inquiète, elle s'enfonça dans la chambre et s'installa sur le lit, tirant ses deux petits garçons contre elle.

— « qu'est-ce que tu leur as fais ? » grogna-t-elle, à l'intention de son époux.
— « mais rien du tout, figure-toi. » répliqua-t-il. « c'est juste que quelqu'un a fait un peu trop de bruit, pendant que papa lui montrait des recettes de cuisine très cools. »
— « pardon ? » souffla-t-elle, les sourcils froncés.

Le brun tenta maladroitement de lui faire comprendre la situation et il n'eut aucun mal à comprendre qu'elle se retenait de rire, après avoir compris ; elle claqua quelques baisers sur les joues de ses deux garçons et secoua doucement la tête, amusée.

— « c'est vrai ce que papa dit ? » interrogea Shikamaru.
— « exact. » acquiesça-t-elle.
— « pourquoi tu criais, alors ? » demanda le blond.
— « eh bien, vous savez. » souffla-t-elle. « c'est juste que papa est très très nul en cuisine, alors ça m'a mise hors de moi. »
— « attends, tu es sérieuse ? » s'exclama Shikaku, les sourcils froncés.

Un doux rire s'échappa des lèvres de la brune et elle haussa simplement les épaules ; ce n'était pas son problème si son époux était nul pour trouver des excuses.