~ 22 BBY
Hyper-espace, Croiseur de l'Ordre Jedi ~
La République avait baptisé le conflit la Guerre des Clones. La Confédération des systèmes indépendants, également appelés les Séparatistes, avait lancé les hostilités quelques mois plus tôt lors de la Bataille de Géonosis. La République avait riposté et les conflits faisaient désormais rage. L'Ordre Jedi tout entier avait été mobilisé pour défendre la galaxie. Aidés de leurs nouvelles armées de Clone troopers, ils allaient de planètes en planètes et tentaient de pacifier les peuples ou de les protéger de la menace séparatiste, toujours plus importante. Tous craignaient le pire. Depuis qu'ils avaient découvert qu'un Seigneur Sith, le mystérieux Darth Sidious, se cachait derrière la Confédération, les Jedi étaient sur leurs gardes. La résurgence d'un véritable Ordre des Sith serait une catastrophe pour la République.
Penchée au-dessus du tableau de bord du vaisseau, Cassiopea étudiait la feuille de route qui leur avait été assignée par l'Ordre. Ils devaient se rendre sur une petite planète isolée qui menaçait de céder à la pression et de rejoindre la Confédération. Or cette planète regorgeait de mines de cuivre et il ne fallait surtout pas la perdre.
« Vous avez quelque chose Commandant ?, demanda une voix derrière elle.
- Rien de plus pour le moment, Ulysse. Il semblerait que ce ne soit qu'une mission diplomatique mais j'ai un mauvais pressentiment. Ce peuple n'a pas l'air d'être stupide ou en détresse financière. Je ne vois pas pourquoi il céderait si facilement à la pression des Séparatistes. Ils ont largement de quoi se défendre et la République les traite bien.
- Je suis d'accord avec vous, le Capitaine retira son casque, laissant apparaître son visage de Clone. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Je voulais en parler au Général mais je crois qu'il est occupé à compter des points ?
- Non mais je rêve, Cassiopea plaqua une main sur ses yeux.
- Que fait-il exactement ?
- Une pseudo-compétition avec Maître Windu qui, je le précise, n'a rien demandé et n'est même pas au courant. Il essaye de voir lequel des deux, je cite, "défonce le plus de Séparatistes" pour lui prouver qu'il est le meilleur.
- Depuis combien de temps vous supportez ça ?, demanda le capitaine après une pause incrédule.
- Trois ans.
- Vous m'en voyez sincèrement désolé.
- Merci. Vous voulez bien prendre ma place, je vais le chercher. Nous allons bientôt arriver.
- À vos ordres Commandant. »
Si quelqu'un avait demandé à Cassiopea ce qu'elle s'imaginait faire l'année de ses dix-sept ans, elle n'aurait jamais pu imaginer se trouver à bord d'un Croiseur de guerre, en mission pour sauver la République. Au déclenchement de la Guerre des Clones, tous les Jedi avaient été mobilisés pour défendre les intérêts de la galaxie et ils étaient passés de Chevaliers à soldats. Les Maîtres et les plus puissants des Chevaliers avaient pris le titre de Général et conduisaient chacun leur propre armée de Clones avec un Capitaine à sa tête. Les Padawan, quant à eux, étaient devenus les Commandants de ces armées aux côtés de leurs Maîtres respectifs. Cassiopea se sentait à sa place parmi ses hommes, au milieu des troupes vertes. Elle avait rapidement su s'adapter et prendre son rôle en main et son Maître lui répétait souvent qu'elle était devenue une excellente leader mais elle avait également dû apprendre à grandir trop vite. La Guerre n'est pas un terrain de jeu pour les jeunes Padawan insouciants. Là où les générations précédentes avaient suivi leurs formations dans des centres ou sur des missions de reconnaissance ou encore en faisant des exercices, Cassiopea et sa génération apprenaient à devenir des Chevaliers en dirigeant des armées et en se battant contre des bataillons entiers de droïdes prêts à détruire la galaxie et qui étaient menés par des individus monstrueux comme le mystérieux Darth Sidious ou son terrible disciple, le Comte Dooku. Si c'est le prix à payer pour protéger la République et la liberté, alors nous battre n'est pas un problème. L'Ordre a besoin de toutes les forces à sa disposition et, nous ne sommes peut-être pas encore des Chevaliers, mais nous avons été bien entraînés. S'il y avait bien une chose qui n'avait pas changé pour Cassiopea, au milieu du chaos qu'était devenue la galaxie, c'était la présence de son Maître. Leur relation s'était encore renforcée au cours des trois années de son apprentissage et rien n'avait changé entre eux. Ils étaient au contraire encore plus complices et complémentaires maintenant qu'ils devaient se battre côte à côte et défendre leurs vies respectives. Ce qui n'a pas changé non plus, c'est son absence totale de respect. Cassiopea ouvrit la porte de la cabine de son Maître où elle le trouva plongé dans ses rapports, occupé à comptabiliser leurs succès des mois passés.
« Je peux savoir ce que vous faites ?, demanda-t-elle après s'être raclée la gorge.
- Les comptes sont bons Cassy, les comptes sont bons ! Mace n'a qu'à bien se tenir, nous avons libéré quatre planètes en deux mois et détruit pas moins de deux cents bataillons de droïdes ! Et lui qu'a-t-il fait ? Rien du tout !, Quinlan partit dans un éclat de rire faussement diabolique.
- Vous êtes insupportable. Vous savez pertinemment que Maître Windu ne passe pas son temps en campagne comme nous. C'est un Consulaire et il doit enseigner son art à Ann-Mary. Détruire des droïdes n'est pas sa priorité, c'est notre travail.
- Quand même, nous avons les meilleurs résultats !
- Et nous approchons de notre cinquième planète à libérer et Ulysse attend vos ordres, Général.
- J'arrive, pourquoi es-tu aussi sérieuse ? Tu devrais être contente, nous sommes les meilleurs.
- C'est juste, Cassiopea s'adossa à la porte. Il y a quelque chose qui me dérange avec cette mission.
- Oh ?
- Oui, j'ai un mauvais pressentiment. Ils ne devraient pas se soumettre aussi facilement aux Séparatistes, ils ont largement de quoi leur tenir tête. Cet appel à l'aide ne colle pas avec la personnalité des dirigeants. S'ils sont isolés, c'est de leur propre choix. D'accord ils font partie de la République et ont un représentant au Sénat mais ils accordent énormément d'importance à leur indépendance. Ils auraient dû refuser nettement toute annexion à la Confédération et non pas accepter d'engager des discussions pour ensuite se rendre compte que c'était une mauvaise idée. Ils ne donnent leur cuivre qu'en quantité contrôlée à la République. Une domination séparatiste placerait la totalité de leur production sous le joug de la Confédération et ils n'auraient plus aucun pouvoir. Ils savent qu'ils fonctionnent comme ça et que c'est de cette manière qu'ils ont annexé d'autres planètes suite à de fausses négociations leur faisant miroiter un monde meilleur. Jamais ils n'auraient dû accepter de prendre ce risque. Quittes à ravaler leur fierté et à appeler les Jedi en renfort dès le premier contact établi par les Séparatistes. D'après ce qu'on sait, ces soi-disant négociations durent depuis plusieurs semaines et ils ne nous contactent que maintenant ? Non, quelque chose ne va pas. Ulysse est d'accord avec moi et… Et vous affichez une espèce de sourire vicieux qui veut dire que vous pensez exactement la même chose et que vous vouliez juste voir si j'avais compris.
- Primo, je ne suis pas vicieux. Deuxio, il y a clairement Hutt sous cailloux dans cette histoire.
- Je suis presque certaine que cette expression n'existe pas, Cassiopea avait l'air désespérée. Que fait-on alors ?
- On ne change rien au plan initial. On atterri, on se présente et on les écoute. Si quelque chose ne va pas, je pense que nous nous en rendrons compte très vite.
- Je vais dire à Ulysse de préparer l'atterrissage et de briefer les troupes pour que nous ayons l'air parfaitement innocents. Même si, avec votre tête, ce n'est pas gagné.
- Je vais me comporter en véritable petit ange. Passe devant je te rejoins.
- Ah non. Si je vous laisse, vous allez envoyer une comm à Maître Windu pour vous vanter de vos exploits et vous risquez même de lui chanter votre horrible chanson de la victoire. Je crois que Maître Unduli ne s'en est pas encore remise. Vous venez avec moi.
- Rabat-joie. Elle est très bien ma chanson.
- Maître, rien que d'y penser, mes oreilles saignent. »
Un comité d'accueil les attendait sur le tarmac du petit et unique spatio-port de la planète. Quinlan et Cassiopea descendirent les premiers avec le Capitaine Ulysse pour aviser la situation. Le premier ministre les attendait accompagné de sa fille, en charge du commerce extérieur, et du chef des armées locales. Aucun signe de vaisseau séparatiste à l'horizon, constata Cassiopea en observant les alentours. Aucun signe de vaisseau tout court en réalité. Un bref regard échangé avec Quinlan lui confirma qu'ils s'étaient faits la même réflexion. Un spatio-port désert n'était jamais une bonne nouvelle.
« Maître Vos, salua le premier ministre en serrant la main de Quinlan. Nous sommes tellement heureux de vous voir. Vous êtes arrivés extrêmement vite.
- Votre message indiquait une urgence me semble-t-il, répondit Quinlan. Vous avez parlé de menace séparatiste ? Je n'en vois pourtant aucun à l'horizon.
- C'est un peu plus compliqué que cela, voyez-vous, coupa la fille du ministre qui, lui semblait mal à l'aise. Nous allons tout vous expliquer, si vous voulez bien nous suivre. »
La situation avait beau sentir le piège à plein nez, Quinlan décida de laisser une partie de ses hommes à bord du vaisseau afin d'assurer leurs arrières et de veiller à ce que personne ne tente de leur retirer leur porte de sortie. Ils suivirent ensuite leurs hôtes à bord d'un speeder qui les conduisit rapidement au Grand Ministère de la planète. Sur le chemin, Cassiopea et Quinlan purent constater la présence de plusieurs bataillons de droïdes séparatistes qui semblaient s'afférer avec les habitants.
« Depuis combien de temps sont-ils arrivés ?, demanda Cassiopea à la fille du ministre.
- Depuis presque un mois. Au départ, nous ignorions qu'il s'agissait de Séparatistes. Ils n'étaient que peu nombreux et se sont faits passer pour des voyageurs en manque de carburant et nous les avons bien sûr accueillis. Ils n'avaient aucun droïdes, autrement, nous aurions tout de suite remarqué la supercherie.
- Et comment avez-vous compris ?, s'enquit Quinlan.
- Ils ont commencé à nous parler de la situation de la galaxie et des erreurs de jugement de la République, ils ont tenté de nous retourner le cerveau !, s'insurgea le ministre. Mais il était trop tard quand nous avons deviné leurs intentions. Ils avaient réussi à faire ouvrir une faille dans nos systèmes et ont pu faire poser plusieurs vaisseaux remplis de droïdes. Nous sommes à leur merci depuis. Nous aurions voulu vous prévenir plus tôt, mais nous étions sous surveillance constante et le peuple était terrifié. Il y a quelques jours, les hommes sont partis, nous laissant avec leur maudite armée. Nous avons sauté sur l'occasion, leur vigilance est bien plus évidente à tromper.
- Donc vous n'avez engagé aucune négociation avec les Séparatistes ?, demanda Cassiopea.
- Jamais !, s'insurgea le ministre. Nous sommes un peuple libre.
- Et vous êtes tombés dans un piège, conclut Quinlan.
- Je n'en suis pas fier croyez-moi, nous nous sommes faits avoir comme des débutants. Leur manœuvre était pourtant évidente.
- Ne vous jetez pas la pierre, père. Vous avez fait ce qu'il fallait pour protéger le peuple. En faisant mine de leur obéir, vous avez évité leur colère.
- Nous avons mis au point un plan d'attaque pour leur retour, intervint le chef des armées. Ils ne seront probablement pas partis longtemps. Leurs droïdes vident nos mines et préparent les cargaisons tandis que d'autres nous surveillent comme si nous étions des animaux dangereux. Nous espérons qu'avec votre appui, nous parviendrons à les mettre en déroute. »
Il fut conclu qu'un repas serait servi dans la salle d'apparat pour discuter du plan d'attaque. Si les droïdes venaient à poser des questions, le ministre avait l'intention de faire passer les deux Jedi pour des émissaires de passage.
« Et ils le croiront, souffla Quinlan à Cassiopea tandis qu'ils prenaient place autour de la table. Ces trucs sont complètement stupides, ils n'ont aucune capacité de jugement. Ce ne sont pas des unités RD. Ils obéissent bêtement aux ordres et encore, il faut les leur rappeler toutes les cinq secondes.
- Il est donc impossible de les laisser sans surveillance, ajouta Cassiopea.
- Exactement. Ils nous mentent. Les Séparatistes sont toujours ici.
- Il n'empêche qu'ils sont bien cachés. Vu le nombre de droïdes, ils doivent être nombreux.
- Ils attendent certainement leur heure. Fais attention à la nourriture, au cas où ils essaieraient de nous empoisonner.
- S'ils sont sous la menace, ils sont en effet capables de tout. »
Le repas qu'on leur servit était loin d'être celui d'un peuple pauvre à qui l'ennemi dérobait toutes ses richesses. Malgré les explications des locaux et les plans dont ils étaient entrain de discuter avec son Maître, Cassiopea ne se sentait toujours pas à l'aise. Son mauvais pressentiment n'avait pas disparu et quelque chose ne collait pas dans l'histoire qu'on leur servait. S'il paraissait évident que les Séparatistes devaient toujours se cacher quelque part sur la planète, le calme dont faisaient preuve le ministre et ses hommes l'inquiétait. Elle avait déjà rencontré des peuples obligés de mentir sous la menace de la Confédération. Ils avaient beau faire de leur mieux, elle parvenait toujours à déceler leur inquiétude cachée. Mais, dans le cas présent, tous semblaient parfaitement à l'aise avec la situation. Et je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui me tracasse, Cassiopea s'empara de son verre d'eau. Si seulement je pouvais aller fouiner un peu mais il est évident qu'ils veulent nous garder dans cette pièce. Résignée, la jeune fille sirota sa boisson – dont elle s'était assurée la provenance – et se contenta de parcourir la salle d'apparat du regard. Elle observa les différentes rangées de colonnades qui l'encadraient de chaque côté… et manqua de s'étrangler en avalant de travers. Anakin Skywalker se tenait caché derrière un pilier et lui adressait visiblement de grands gestes incompréhensibles. Reprenant contenance, Cassiopea écarquilla les yeux dans sa direction et lui adressa un regard incrédule. Mais qu'est-ce-qu'il fait là ? Il n'était pas censé partir à l'opposé de la galaxie avec Ahsoka ? En presque dix longues années, Cassiopea avait appris à déchiffrer la quasi-totalité des expressions de son meilleur ami. Anakin étant incapable de la moindre forme de neutralité, il en avait un certain nombre à son actif. Celle qu'il affichait au moment présent voulait clairement signifier "attention, danger. Ne pas rester dans le coin". La jeune fille voulu attirer l'attention de son Maître à travers leur lien mais, étant donné qu'il se situait de l'autre côté de la table, elle avait peur qu'il ne se fasse remarquer s'il venait à tourner la tête en direction des piliers.
« Excusez-moi, demanda-t-elle donc à l'attention de la fille du premier ministre. Le voyage jusqu'ici m'a un peu secouée et j'aurais souhaité me rafraîchir. Pourriez-vous m'indiquer un endroit ?
- Mais bien sûr, veuillez me suivre. »
Heureusement, son hôte ne fit pas la totalité du trajet avec elle et se contenta de lui indiquer la bonne direction. Une fois certaine d'être seule, Cassiopea se mit en quête des boucles blondes d'Anakin. Il ne peut pas être allé bien loin. Et en plus il est incapable de passer inaperçu, c'est le type le moins discret de la galaxie. Alors qu'elle jetait un œil derrière une énième rangée de colonnes, elle sentit une main lui attraper le poignet et la tirer en arrière.
« Nom d'un Bantha, Ani ! Mais qu'est-ce-que tu fabriques ici ?
- Chut, chut, chut !, Anakin l'attira dans l'ombre des piliers. Il ne faut surtout pas que ces types me repèrent. Ils ne savent pas que je me suis échappé.
- Mais de quoi est-ce-que tu parles ? Vous ne deviez pas partir sur Caamas ?
- Si, mais on a croisé Obi-Wan en chemin. Il avait besoin d'un coup de main alors on a un peu dévié de notre trajectoire initiale et c'est là que nous avons intercepté le message de détresse en provenance de cette planète. Comme notre mission sur Caamas n'était pas urgente et qu'Obi-Wan devait de toute façon retourner sur Coruscant et que c'est sur le chemin, on s'est dit qu'on allait venir jeter un œil. Laisse-moi te dire qu'ils sont loin d'être accueillants.
- Donc c'est bien un piège, on s'en doutait. Qu'est-ce-qu'il se passe vraiment ici ? C'est le Sénat qui a reçu l'appel à l'aide et le Conseil nous a envoyé. Le premier ministre nous a servi une sombre histoire d'invasion surprise et il a voulu nous faire croire que les Séparatistes s'étaient absentés.
- Ils nous ont raconté la même chose. Obi-Wan a immédiatement trouvé ça bizarre alors j'ai profité de sa séance de soi-disant négociations pour aller fouiner un peu avec Ahsoka. J'étais certain de trouver Dooku ou l'un de ses sbires en planque quelque part mais figure-toi que c'est encore mieux !
- Sous-entendu, encore pire. C'est quoi la vraie histoire alors ?
- Il n'y a jamais eu d'invasion Séparatiste. Ce sont des Séparatistes. Ils font partie de la Confédération depuis le début et ils ont simulé être des alliés du Sénat pour obtenir des informations. Et maintenant, ils entrent en action. Je suppose qu'ils espèrent attirer le plus de Jedi possible. Après, ils ne nous ont pas tués donc je pense qu'on doit servir de monnaie d'échange. J'ignore ce qu'ils veulent vraiment par contre.
- Non mais je rêve. Ce sont leurs droïdes ! Pas étonnant qu'ils soient aussi calmes. Où sont les autres ?
- Obi-Wan et Snips sont toujours prisonniers et il en va de même pour Cody et certains de nos hommes. Rex était resté au vaisseau et j'ai pu le prévenir à temps. Il est allé se planquer quelque part avec le reste des bataillons. Il attend mes instructions et je voulais justement aller le chercher quand je vous ai vus passer.
- Et le vaisseau ? Vous n'en avez qu'un ?
- Obi-Wan a renvoyé son Croiseur directement sur Coruscant avec plus de la moitié de son bataillon. Ça ne devait pas nous prendre trop de temps et un seul Croiseur nous paraissait suffisant. Il serait sûrement encore venu avec nous sur Caamas après. Évidemment, ils ont confisqué le vaisseau juste au moment où Rex et les autres partaient se planquer. Comment aurait-on pu imaginer que la situation dégénérerait comme ça ?
- Anakin.
- Quoi ?
- C'est la quatrième fois que vous êtes faits prisonniers en mission. En trois mois.
- Oui bon, ce n'est pas non plus une généralité.
- Est-ce-que c'est de ta faute ? Non attends, laisse-moi reformuler. Qu'as-tu fait, cette fois, pour vous mettre dans cette situation ?
- J'ai simplement voulu les confondre et leur montrer que nous étions plus malins ! Je n'avais pas prévu leur espèce de garde du corps immense issu d'une race inconnue. Le truc m'a attrapé par derrière et un type de mini-droïde a profité des discussions et de l'inattention d'Obi-Wan pour lui piquer son sabre et Ahsoka s'est aussi faite attraper. Il n'avait qu'à surveiller ses affaires correctement.
- Anakin. J'ai du mal à imaginer Obi-Wan responsable de quoi que ce soit dans cette histoire. C'est toi la calamité ambulante. Où est-ce-qu'ils sont enfermés ?
- Dans les sous-sols, ils ont une véritable prison là dessous. Ils nous ont séparés et il y a des gardes partout. Évidemment, ils m'ont aussi pris mon sabre donc j'ai préféré aller chercher des renforts avant de tenter de les libérer. Tu vois que je réfléchis avant d'agir !
- Et c'est bien la première fois. D'habitude tu fonces, tu crash un ou deux vaisseaux au passage, et tu analyses les dégâts a posteriori. Il faut prévenir Maître Vos. Il sait que quelque chose cloche mais il n'imagine sûrement pas ça.
- L'avantage c'est qu'ils vont avoir bien du mal à le désarmer. Vu la manière dont il sangle son sabre laser.
- Pour une fois, ses étranges habitudes pourraient bien s'avérer utiles. »
Discrètement, Anakin et Cassiopea se redirigèrent vers la salle d'apparat. Se plaçant derrière une colonne en face de la chaise de son Maître, la jeune fille joua avec leur lien afin d'attirer son attention. Il ne mit que quelques secondes à lever légèrement les yeux dans leur direction. Pointant son meilleur ami du doigt, Cassiopea laissa filtrer ses émotions à travers le lien et, en prenant soin d'afficher également une expression de désespoir profond, elle fit rapidement passer le message à Quinlan. Ce dernier changea subrepticement de position, fit glisser son sabre entre ses doigts et adressa un léger signe de tête à sa Padawan.
« D'accord on y va, chuchota Cassiopea.
- Qu'est-ce-qu'il raconte ?, demanda Anakin.
- Il va gérer la situation ici avec Ulysse. Ils ne s'attendent pas à être démasqués et ils vont les prendre par surprise. Ensuite, ça ne devrait pas être trop compliqué de les faire parler. J'espère que notre vaisseau est toujours sur le tarmac ou que les hommes ont pu eux aussi se cacher. Une idée de l'endroit où ils pourraient avoir parqué le tien ?
- C'est un Croiseur Jedi, pas vraiment le plus petit modèle sur le marché. Ils doivent avoir un grand hangar quelque part.
- Bon, le plus important est de retrouver Obi-Wan et Ahsoka. Ensuite, on avisera.
- On va commencer par redescendre dans les sous-sols. Il me faut mon sabre et je pense qu'on retrouvera les autres avec.
- Bon allons-y. Profitons-en tant qu'ils pensent que nous n'avons pas compris leur ruse. Il faut faire vite, ils ne vont pas tarder à remarquer mon absence prolongée. »
Trouver l'entrée des sous-sols fut rapide. Préférant rester discrets, ils choisirent d'emprunter les escaliers. Anakin marchait en tête, tout en pestant contre leurs soi-disant hôtes. Soudain, un bruit venu du bas des marches les arrêta.
« Qu'est-ce-que c'était ?, demanda Anakin. On aurait dit un bruit de tôle et… R2 ?!
- R7 ?, lâcha Cassiopea d'une même voix. »
Les deux unités RD s'étaient arrêtées devant les escaliers et semblaient les observer. Cassiopea avait laissé son droïde à bord du Croiseur car il se remettait d'une réparation suite à quelques cascades périlleuses effectuées à bord de son starfighter. Visiblement, il avait voulu prendre l'air. R2D2, l'unité d'Anakin, accompagnait ce dernier partout où il allait et était généralement d'une aide précieuse. Le Chevalier Jedi s'accroupit à côté de son droïde et ce dernier en profita pour étendre l'un de ses bras mécaniques. Entre ses pinces, se trouvait l'arme d'Anakin.
« R2, tu es le meilleur droïde de la galaxie, s'exclama Anakin en empochant son sabre. D'où est-ce-que vous sortez tous les deux ?
- En tous cas, ils ont trouvé l'armurerie, commenta Cassiopea en récupérant le sabre d'Obi-Wan que lui tendait R7. Ils ont ceux d'Ahsoka aussi ?
- Oui, R2 les a trouvés. À présent, il faut mettre la main sur les bonnes cellules. Je pense qu'ils doivent avoir d'autres prisonniers là dedans. »
Accompagnés de leurs droïdes, les deux Jedi poursuivirent leur route. Pendant de longues minutes, ils ne croisèrent aucun signe de vie. Il y avait bien des cellules mais elles étaient vides et ils ne virent pas la moindre trace de gardes. Il leur fallut traverser quatre pièces vides avant d'arriver devant une porte gardée par des droïdes séparatistes. Ils se cachèrent et observèrent leurs cibles.
« Je déteste ces engins, grommela Anakin. Ils sont complètement inutiles mais il nous faut quand même un temps fou pour en venir à bout puisqu'il en sort toujours de partout.
- Ils sont seuls, je ne vois personne dans les parages. Au moins, nous pourrons nous permettre d'être bruyants.
- Je n'étais pas enfermé là. Ma cellule était carrément dans un autre couloir. J'espère qu'ils sont là tous les deux.
- On va vite le savoir. Messieurs, bien le bonjour. »
Cassiopea était sortie de sa cachette et s'avançait vers les droïdes, Anakin sur ses talons. Les robots s'agitèrent immédiatement et se mirent à crier à l'attaque. Ne voulant pas leur laisser le temps de prévenir leurs supérieurs, Anakin déploya son sabre laser et l'expédia droit sur les deux premiers gardes qui finirent découpés en morceaux. Une fois son arme de retour entre ses mains, il la fit tournoyer dans tous les sens dans le but précis d'impressionner, voire de terrifier, les robots. Cassiopea, exaspérée par l'attitude de son ami et par son goût pour la mise en scène, activa elle aussi ses sabres laser et se positionna face aux droïdes restants qui se ruaient sur eux en gesticulant et en tirant de leurs blasters dans leur direction.
« Ils ne savent toujours pas viser, commenta Anakin en déroutant les tirs de son sabre. Et pourquoi est-ce-qu'ils crient comme ça ?
- Ce ne sont pas les robots les plus intelligents de la galaxie, ajouta Cassiopea en séparant plusieurs têtes de leurs corps respectifs. Vous en êtes à combien avec Ahsoka ?
- On a dépassé Obi-Wan. Il en était à soixante-quatre bataillons pour le mois dernier et, on a fait le compte avec Ahsoka, il se trouve que nous en avons anéanti soixante-sept !
- Pas mal, pas mal. D'après les comptes de Maître Vos, qui tente toujours de faire un concours inutile avec Maître Windu d'ailleurs, nous en avons quatre-vingt-trois à notre actif pour le mois dernier. Et nous sommes bien partis pour faire encore mieux.
- Vous êtes clairement inhumains. Je croyais que tu trouvais ces histoires de compétitions stupides ?
- Uniquement lorsqu'il s'agit des délires de mon Maître pour faire enrager Maître Windu. En revanche, si ces chiffres me prouvent que je suis bien meilleure que toi, alors je les prends volontiers.
- Et meilleure qu'Obi-Wan ! Il fait genre, les compétitions ce n'est pas son truc, il est trop sage et sérieux pour ça mais en vrai, il ne supporte pas de perdre.
- Vraiment ? Il m'a juste félicitée quand je lui ai donné les comptes la semaine dernière.
- Ça c'est parce que c'est toi et qu'il est incapable du moindre mauvais sentiment à ton égard. Ce qui est d'ailleurs complètement injuste. À ce que je sache, j'étais quand même son Padawan. Je devrais être son préféré !
- Tu lui as fait vivre les pires années de sa vie, Ani, dit Cassiopea en riant et en détruisant un droïde.
- N'importe quoi ! Je suis la perfection incarnée et le plus adorable des Padawan ! »
Croisant leurs sabres, les deux Jedi achevèrent de détruire le bataillon de droïdes. Combattre avec Anakin était devenu une seconde nature pour Cassiopea, de même qu'elle pouvait combattre avec Quinlan les yeux bandés. Ils s'étaient tellement entraînés ensemble qu'ils avaient acquis une technique coordonnée parfaitement rodée et il n'était pas rare de les voir discuter tandis qu'ils croisaient leurs armes. Les droïdes séparatistes étaient devenus leur terrain de jeu favori.
Alors qu'ils rengainaient leurs armes et qu'ils s'assuraient de ne pas avoir attiré l'attention, R7 et R2 s'occupaient de déverrouiller la porte qui menait au prochain couloir de cellules.
« Tu n'as rien d'adorable Skyguy, dit Cassiopea. Mise à part ta gueule d'ange qui ne sert qu'à tromper l'ennemi, tu es une véritable calamité. Je me demande encore comment Padmé fait pour te supporter. À sa place, je t'aurais déjà viré à coups de pieds.
- Ce sont les mystères de l'amour, Cassy. Ils sont impénétrables.
- Dis plutôt qu'elle a une patience inégalable et que tu as trop peur d'elle pour faire l'idiot en sa présence.
- Je préfère me considérer comme un mari aimant et prêt à tout pour rendre sa femme heureuse.
- Un mari qui vit dans l'illégalité la plus totale. Est-ce-que tu comptes le dire à Obi-Wan un jour ?
- Tu rêves, il va me découper en morceaux ! Il n'arrête pas de me rabâcher le Code à longueur de journée dès que je fais un pas de travers.
- Je suis certaine qu'il sait. Il attend juste de voir combien de temps tu vas mettre à te trahir.
- Tu veux dire qu'il attend le bon moment pour me transformer en chair à Diet.
- Exactement.
- Tu crois qu'il me dénoncera au Conseil ? C'est la pire offense que je pouvais faire au Code quand même.
- Il ne ferait jamais ça. Pas Obi-Wan. Il te fera la leçon c'est clair, mais il ne t'empêchera pas d'être heureux.
- Tu penses vraiment qu'il comprendrait ?
- Comprendre, je ne sais pas. Mais il te connaît. Tu n'as jamais été fait pour les restrictions du Code, pas en ayant eu l'enfance que tu as eue. Il ne peut pas attendre de toi que tu oublies ça. Si tu avais grandi au Temple, ce serait différent. Encore que. J'ai grandi au Temple et je n'arrive toujours pas à comprendre en quoi l'absence d'attachement ferait obligatoirement de nous des meilleurs Chevaliers Jedi. Ça devrait être le contraire.
- Tu sais que tu es la meilleure ?, Anakin passa un bras autour des épaules de Cassiopea pour la serrer contre lui et lui posa un baiser dans les cheveux. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
- Dis-toi que tu n'auras plus jamais à te poser la question. »
Une fois la porte ouverte, les Jedi s'avancèrent dans le couloir à la suite de leurs droïdes. Il faisait nuit noire et aucun bruit ne filtrait. Des cellules s'alignaient le long des murs et ils jetèrent un regard dans chacune. Certaines étaient vides mais d'autres renfermaient effectivement des prisonniers. Les visages ne leur étant pas familiers, ils préférèrent ne pas ouvrir les portes et attendre des renforts pour évaluer plus précisément la situation. Mieux valait éviter de libérer des Séparatistes rivaux. Après plusieurs tentatives infructueuses, Anakin retrouva enfin sa Padawan.
« Ahsoka !, cria-t-il en regardant dans une cellule. R2 vient ici, il faut ouvrir cette porte.
- BIP BOUP BAP !, le petit droïde s'affaira quelques instants puis la porte s'ouvrit et la jeune Togruta sortit de sa cellule en pestant.
- Franchement Maître, vous étiez obligé de jouer les héros devant ces imbéciles de Séparatistes ? Vous nous avez faits prendre !
- Mais je suis venu à ta rescousse Snips. Je suis ton chevalier servant !
- Je dois commenter ça ?, intervint Cassiopea.
- Cassy !, Ahsoka se précipita pour prendre son amie dans ses bras. Mais qu'est-ce-que tu fais ici ?
- Il semblerait que mon Maître et moi soyons tombés dans le même piège. Tu vas bien ?
- Oui oui, les boîtes de conserve m'ont juste jetée là dedans et ils ont emporté Maître Kenobi dans une autre cellule mais je ne sais pas laquelle. Où est Maître Vos ?
- Entrain d'occuper nos amis Séparatistes. Si tout se passe comme prévu, ils ont sûrement réussi à les maîtriser avec Ulysse. J'espère qu'ils ont pu prévenir nos hommes et qu'ils les ont rejoints.
- Les nôtres sont aussi quelque part. Connaissant Rex, ils doivent préparer un plan de sauvetage.
- Une idée de l'endroit où sont Cody et les autres ?, demanda Anakin.
- Oui, confirma Ahsoka. Ils sont dans une grande cellule de groupe dans le couloir de droite. Je vais aller les chercher pendant que vous essayez de trouver Maître Kenobi. Tu viens R2, je vais avoir besoin de toi. »
Toujours aussi énergique, se dit Cassiopea en souriant. Ahsoka avait deux ans de moins qu'elle et elles se connaissaient donc depuis longtemps. Anakin ayant plus ou moins sauté l'étape Novice, il n'avait pas vraiment eu l'occasion de côtoyer la jeune Togruta avant de se la voir assigner pour Padawan. Cassiopea se souvenait de l'état dans lequel cette nouvelle avait mis son meilleur ami. Anakin n'avait pas eu à passer les Epreuves pour devenir Chevalier. Son duel contre le Comte Dooku et la grande bravoure dont il avait fait preuve lui avaient valu son sacrement. Il n'avait alors pas tout à fait vingt ans et il comptait bien profiter de ses jeunes années de Chevalier avant d'espérer devenir Maître un jour. D'ordinaire, il était très rare pour un tout jeune Chevalier de se voir attribuer un Padawan. Si le titre de Maître n'était pas nécessaire, une certaine expérience était tout de même requise. La guerre avait cependant changé la donne et Anakin était un excellent leader. Il avait donc été promu Général, au même titre que les Maîtres, et s'était vu attribuer une Padawan pour le seconder dans sa tâche. Il avait été furieux à l'idée de devoir passer son temps à s'occuper d'une jeune apprentie inexpérimentée et n'avait pas vraiment accueilli Ahsoka à bras ouverts. Quand je pense qu'il serait prêt à tout pour sa Snips maintenant, les choses ont vraiment changé. Le duo était vite devenu fusionnel. S'il y avait bien une Padawan capable de tenir tête à Anakin et de suivre son rythme effréné, c'était bien la Togruta. Ils se complétaient à merveille et Ahsoka montrait déjà toutes les qualités d'un vrai Chevalier. Le fait qu'elle passe la moitié de son temps à sauver son Maître d'une mort certaine n'était qu'un bonus.
Tandis qu'Anakin fouillait les cellules du mur de droite, Cassiopea s'occupait de celles du mur de gauche. Soudain, elle passa devant un cachot qui retint son attention. Il était vide mais la lumière y était allumée. Étrange, s'il y a lumière, il devrait y avoir prisonnier. La jeune fille siffla son droïde qui vint immédiatement la rejoindre. Il se mit rapidement au travail sur le verrou de la porte. Méfiante, Cassiopea empoigna ses sabres en se préparant à entrer. Une fois la voie libre, la jeune fille fit un pas prudent à l'intérieur. Elle n'eut pas le temps de se retourner qu'un bras lui avait enserré la poitrine, bloquant les siens le long de son corps.
« Cassiopea ?, lâcha une voix incrédule.
- Bonjour Maître Kenobi, répondit-elle d'une voix amusée.
- Bon sang, excuse-moi, dit le Maître Jedi en la lâchant promptement.
- Il n'y a pas de mal, est-ce-que vous étiez au plafond ?
- Je prévoyais de surprendre d'éventuels visiteurs. Je n'avais pas pensé que tu me rendrais visite. Quinlan est avec toi ? Vous êtes tombés dans le même piège ?
- Anakin nous a trouvés et m'a prévenue à temps. Je pense que Maître Vos et Ulysse s'occupent du cas de nos hôtes. J'espère que notre bataillon les a rejoints. Ahsoka s'occupe de libérer votre capitaine et le reste de vos hommes et…
- Maître !, Anakin arriva dans la cellule. Vous étiez de nouveau au plafond ? Ça devient une habitude.
- Nous faire capturer est devenue l'une des tiennes dans ce cas. Tout va bien ?
- Disons que la situation est entrain de retourner à notre avantage. Je pense que nous pouvons faire confiance à Maître Vos pour instaurer l'ordre dans le Grand Ministère. Une fois que Cody sera avec nous, nous pourrons prendre contact avec Rex et voir comment les choses se passent de leur côté. Ils ont peut-être rejoint les troupes vertes.
- Il faut retourner dans la salle d'apparat. J'ai ceci pour vous, Maître Kenobi, Cassiopea tendit son sabre au Jedi.
- Merci. Je crois qu'Ahsoka et les autres reviennent. Qu'est-il advenu des gardes ?
- Je pense que nous pouvons nous partager un bataillon dans le comptage des points avec Cassy, répondit Anakin. Pour information, vous êtes bien parti pour vous retrouver à nouveau en troisième position dans le classement du mois, Maître.
- C'est ce qu'on verra. Je pourrais te surprendre. »
Cody, capitaine des troupes jaunes – celles d'Obi-Wan – avait pu récupérer tout le matériel de communication confisqué par les Séparatistes. Une dizaine de clones avaient été faits prisonniers avec les trois Jedi et tous se préparaient à présent à prendre leur revanche. Anakin prit contact avec son propre capitaine et Rex mit immédiatement ses hommes en marche vers le Grand Ministère. Les troupes bleues avaient entre temps réussi à retrouver leur Croiseur avec l'aide des hommes de Maître Vos qui étaient restés en poste dans le leur. Les vaisseaux se tenaient donc prêts au décollage, ne restait plus qu'à trouver un moyen de les rejoindre sans risquer de se faire capturer à nouveau. Les droïdes étant très nombreux et de catégories variées, la chose n'allait pas être une partie de plaisir.
Il leur fallut peu de temps pour retourner à la salle d'apparat. Sur leur chemin, ils se rendirent rapidement compte du changement d'atmosphère qui régnait dans les lieux. Des droïdes s'agitaient dans tous les sens tandis que des clones tentaient d'en abattre le plus possible et les Séparatistes essayaient de prendre la fuite. En vain, constata rapidement le petit groupe. Quinlan Vos, debout sur la grande table au milieu des plats renversés, hurlait des ordres à ses hommes tandis que, de son sabre, il décapitait tous les robots en approche. À ses pieds, le premier ministre, sa fille et son chef des armées, avaient été soigneusement ligotés et bâillonnés. Obi-Wan ne perdit pas de temps pour venir en aide à son ami tandis qu'Anakin et Ahsoka partaient à la rencontre de Rex et de leurs hommes qui venaient d'arriver.
« Tu n'as pas l'impression d'en faire un peu trop ?, s'enquit Obi-Wan en embrochant trois droïdes d'un coup. Qu'est-ce-que tu fais sur cette table ?
- Question de perspective et d'aérodynamisme, répondit Quinlan. Est-ce-que tu étais encore emprisonné ?
- C'est à cause d'Anakin, il a encore voulu jouer les héros et ils nous ont pris par surprise. Tu as pu prévenir le Sénat ?
- Ils étaient ravis d'apprendre la trahison de leur premier fournisseur de cuivre. L'armée républicaine est en route pour s'occuper de leur cas. Il ne nous reste plus qu'à calmer la situation ici et nous pourrons plier bagage. Je crois que nos vaisseaux sont prêts au décollage. D'ailleurs, qu'est-ce-que tu as fait du tien ?
- Il est reparti sur Coruscant avec la plupart de mes hommes. Je pensais que ce serait une petite mission de routine.
- Kenobi. Depuis quand est-ce-que le mot routine fait partie de ta vie ? Tu passes la plupart de ton temps avec Skywalker. Il n'y a pas une mission qui passe sans qu'il ne vous arrive un truc et ensuite c'est toujours à nous de vous tirer d'affaire. Comme cette fois sur Aargonar.
- Nous avions la situation parfaitement sous contrôle.
- Vous étiez suspendus par les pieds au-dessus d'un trou rempli de créatures tentaculaires carnivores.
- C'est ce que je dis, sous contrôle. Elles ne nous avaient pas encore dévorés. Et c'était de la faute d'Anakin si nous nous sommes retrouvés dans cette situation.
- Il mériterait le prix du pire Padawan du siècle.
- Ce n'est plus mon Padawan, je ne suis plus responsable des dommages qu'il peut causer.
- Non mais tu te retrouves toujours pris dedans. Les choses n'ont pas vraiment changé.
- Que veux-tu que je te dise ? On ne peut pas tous se vanter d'avoir une Padawan parfaite, n'est-ce-pas ?
- Elle est à moi et je la garde, Kenobi.
- Rien que le fait qu'elle arrive à te supporter relève de l'exploit.
- Ça, je ne vous le fais pas dire, Cassiopea venait de rejoindre son Maître sur la table. Vous n'étiez pas censé gérer la situation sans faire de vagues ?
- Les choses ont légèrement dégénéré, expliqua Quinlan. Leurs droïdes étaient déjà prêts à nous sauter dessus depuis un moment.
- Il va falloir qu'on s'en aille, dit la jeune fille. Ulysse vient de me dire qu'il en arrive d'autres en provenance des mines. Combien de temps avant l'arrivée de l'armée républicaine ?
- Une heure tout au plus, ils devraient réussir à calmer le jeu rapidement.
- Il y a de fortes chances que Mace les accompagne, intervint Obi-Wan. Il prend généralement part à ce genre d'intervention.
- Alors c'est clair, nous devons être partis avant, conclut Quinlan. Je n'ai pas envie d'avoir à gérer ses humeurs et ses remontrances et, en plus, il va nous filer de la paperasserie et j'ai horreur de ça.
- Je n'ai pas vu Ann-Mary depuis des semaines, protesta Cassiopea. Nous pourrions au moins les saluer.
- Je suis d'accord avec Quinlan, Cassiopea. Mace ne va pas être ravi d'apprendre que je me suis fait entraîner là dedans et il sera encore plus énervé en comprenant que j'ai laissé la moitié de mes hommes rentrer avec mon vaisseau. Je ne suis pas spécialement enthousiaste à l'idée de l'entendre me faire la morale. Sans compter qu'il finira obligatoirement par se prendre la tête avec Anakin et, les choses étant déjà tendues entre eux, je préfèrerais éviter. En parlant de ça, où est-il encore passé ?
- Il a retrouvé Rex et ils sont partis dans les hangars avec Ahsoka pour faire exploser les vaisseaux. Hors de question que qui que ce soit quitte cette planète avant l'arrivée de l'armée, expliqua Cassiopea.
- Pour une fois qu'il prend une décision sensée, soupira Obi-Wan.
- Il s'agit de faire exploser des choses, Maître Kenobi. Je crois qu'on peut lui faire confiance sur ce terrain, pouffa la jeune fille.
- Tu as bien raison, c'est son domaine de prédilection. »
Au bout du compte, il s'avéra qu'Anakin avait également fait exploser trois hangars en plus des simples vaisseaux. Une simple erreur de calcul, selon les dires du jeune homme qui tentait d'avoir l'air innocent lorsque les autres Jedi le rejoignirent avec les clones restants. Quinlan se contenta de se rouler de rire dans un coin tandis qu'Obi-Wan reconsidérait ses choix de vie et que Cassiopea assénait une tape à l'arrière du crâne de son meilleur ami. Les Croiseurs de la République n'allaient pas tarder à arriver. Les hauts dignitaires Séparatistes avaient été soigneusement enfermés dans le bureau du premier ministre par Quinlan et tous les droïdes présents dans le Grand Ministère avaient été réduits en poussière. Ulysse et Rex étaient déjà entrain de faire tourner les moteurs des Croiseurs Jedi. Cody fit monter les troupes jaunes dans le vaisseau d'Anakin à la suite d'Ahsoka.
« Où est-ce-que vous allez ?, demanda Anakin à Cassiopea.
- Nous n'avons pas encore reçu de nouvel ordre de mission et si Maître Windu vient en personne pour s'occuper de cette planète, ils vont avoir du travail.
- Vous voulez venir sur Caamas avec nous ? Notre intervention n'était pas urgente puisqu'ils tiennent pour l'instant la menace séparatiste à distance mais ils ont subi des attaques assez sévères depuis l'espace et ils ont besoin d'aide pour remonter leurs défenses. Il est possible que ce soit Dooku lui-même qui s'en soit pris à eux. Il a des officiers avec lui, ne me demande pas leurs noms, tu sais que l'anonymat est la clé de fonctionnement de la Confédération. On pourrait y rester stationnés quelque temps histoire de s'assurer qu'ils vont bien. Caamas est une belle planète, et alliée en plus, ça nous changera des attaques de droïdes à répétition.
- Ça sonne bien, qu'en dites-vous Maître ?
- C'est une bonne idée, je n'ai jamais été sur Caamas, approuva Quinlan.
- On doit d'abord vous ramener sur Coruscant Maître Kenobi ?, demanda Cassiopea.
- J'avais prévu de partir avec Anakin de toute manière. Cette mission me semble intéressante et ce n'est pas comme si nous n'avions pas l'habitude de travailler ensemble.
- La bonne vieille équipe de choc se reforme !, s'exclama Quinlan. En voiture Cassy, il ne faut pas traîner ici, je peux presque sentir Mace en approche et j'ai le nez qui gratte.
- Je vais envoyer une comm à Ann-Mary pour lui expliquer que nous sommes partis plus tôt parce que vous vous êtes découvert une nouvelle allergie, soupira Cassiopea. Vous montez avec nous Maître Kenobi ? Ou vous préférez partir avec Anakin ?
- Tu as plusieurs missions à me raconter je crois, dit Obi-Wan en dirigeant Cassiopea vers le Croiseur de Quinlan. Et j'ai bien besoin de passer un moment loin de la tornade Skywalker.
- Et je ne serai plus seule avec Maître Vos. Il est particulièrement en forme ces derniers temps et son absence de respect frôle la stratosphère.
- Il n'empêche qu'il a raison, nous formons une bonne équipe à nous cinq. Même si je pense qu'Ahsoka se demande souvent dans quel monde elle a atterri.
- Elle s'est vite habituée je trouve, elle calme un peu Anakin et il en a grandement besoin.
- Votre grande sagesse vous honore, chère Padawan, dit Obi-Wan en riant. Quinlan a vraiment beaucoup de chance.
- Ça doit dépendre du point de vue, répliqua Cassiopea. D'après Maître Windu, je lui ressemble trop et c'est préoccupant.
- Il ne faut pas toujours écouter Mace. Il a une vision très rigide et stricte du Code et n'a jamais vraiment apprécié la façon qu'avait Quinlan de le considérer, c'est tout.
- Étant donné que j'ai le même point de vue, je peux comprendre qu'il grogne dès qu'il nous aperçoit.
- Le monde évolue Cassiopea. Il est peut-être temps qu'il en aille de même pour les mentalités. C'est ton caractère qui effraye surtout Mace. Il n'aime pas que les choses échappent à son contrôle et je doute que tu laisseras un jour qui que ce soit te contrôler. C'est en cela que tu es parfaitement assortie avec Quinlan. Jamais il ne ferait une chose pareille.
- Vous n'auriez pas essayé ? Si vous aviez été mon Maître.
- Oh non, jamais. Déjà parce que je pense que ça aurait très mal fini pour moi et ensuite parce que cela aurait été un sacrilège. Que serait-il advenu de notre soleil si nous avions essayé de l'éteindre ?
- Personne ne m'appelle comme ça, marmonna Cassiopea.
- Si, Cassy. Tout le monde le fait. Et moi le premier. »
