Chapitre 15
PDV Externe
Cette fille était redoutablement intelligente pour son âge. Comment une fille aussi adorable et désirable que Floireans pourrait soudainement se battre violemment au point d'être interdite d'activités créatives ? Elle l'avait planifiée.
Lohan Lebesque ne supportait pas de voir sa domination sur elle disparaître peu à peu. Il avait peu à peu développé le désir ardent de la soumettre, de voir la peur briller dans ses yeux. Mais c'était fini. Floireans reprenait des couleurs. Souriait à nouveau de ce sourire qui rendait fou Lohan Lebesque. Son aura délicieusement fade était redevenu innocente, lumineuse, chaleureuse. Dans les jours qui suivirent, le corps enseignant était satisfait que la petite Floieans se soit reprise bien que Loïc était visiblement celui qui lui cherchait des noises.
À chaque fois que Lohan Lebesque posait les yeux sur cette enfant, sa mâchoire se contractait, ses dents crissaient et ses poings se serrèrent. Un désir obsessionnel grandissait en lui. Un désir de la soumettre. Un désir de lui faire ravaler ce sourire qu'elle donnait à tout le monde sauf à lui. Un désir de briser cette enfant au plus profond de son âme et de sa chair.
Floireans osait éclater de rire aux côtés de cette gosse de riche. Floireans osait même sourire à son institutrice alors qu'elle l'ignorait royalement ! Floireans était redevenue la petite fille discrète mais adorable que tout le monde à vu grandir. Floireans cachait son intelligence presque maléfique sous ses grands yeux pétillants. Cette enfant était capable de manipuler les adultes pour obtenir ce qu'elle voulait.
La flamme qui était apparue deux ans auparavant, prenait possession de l'esprit de Lohan ne pouvait pas la contenir. Il se défoulait lors de ses rapprochements avec sa femme. Peu à peu il remplaçait le visage de son épouse par celui de Floireans, imaginant tout ce qu'il pourrait faire sur cette enfant pour la punir. Son épouse le trouvait plus brusque, plus sauvage, plus dominant. Bien que cela ne lui déplaisait pas spécialement, elle se demanda vaguement d'où lui venait toute cette vigueur. Ce qu'elle ignorait était que l'esprit de son mari devenait chaque seconde un peu plus malsain et immoral.
Bien que Floireans soit enfin libérer de l'emprise de ce maître, elle n'en était pas moins la petite fille la plus heureuse au monde. Depuis sa bagarre non prémédité, ses parents semblaient plus en colère. Floireans s'en voulait à mort que la petite fille modèle qu'elle était sensée être, ait laissé place à une sauvageonne dont personne ne voulait la naissance.
Floireans ne savait plus quoi faire pour réconcilier ses parents et faire en sorte qu'ils l'aiment à nouveau. Juste avant le réveillon de Noël, des membres de la famille étaient venus passer les fêtes chez eux. Accompagné par ses grand-parents maternels, Floireans était aller dans la forêt et malgré l'hiver et la neige, elle avait ramassé un maximum de houx qui portait leurs fruits rouges. Elle en avait fait des bouquets et avec l'aide de sa grand-mère en avait accroché partout dans l'ancienne ferme.
La conséquence qu'il y eut, fut une claque sur les joues de Floireans qui était revenu trempée avec un début de fièvre et fut envoyer dans sa chambre. Ses parents s'étaient disputés de plus belle mais cette fois leur colère s'était rejointe pour s'en prendre aux Lazard qui ne comprenaient pas pourquoi on leur criait dessus.
-C'est complètement irresponsable d'emmener une enfant dans la forêt par ce temps ! Hurla Judwal. Que serait-il arrivé si elle était tombée gravement malade, ou si vous vous étiez écroulés ?! Je vous rappelle que vous êtes narcoleptique Edwina. Et quant à vous Kilien vous faites de l'hypoglycémie ! Floireans n'a que cinq ans, bon sang !
Même Sonia avait haussé le ton, prenant la défense de sa fille pour son bien.
Mais Floireans ne comprenait pas. Comme d'habitude elle s'était recroquevillée dans un coin en larme. Elle n'y arriverait jamais. Tout ce qu'elle entreprenait finissait inexorablement par une violente dispute. Sa joue chauffait énormément. Son cœur lui faisait mal. Sa respiration était difficile. Elle avait besoin de s'exprimer. Floireans tira de sous son lit son matériel de dessins et se remit à peindre, à imaginer un monde coloré où tous les enfants étaient acceptés. Un monde où chacun aimerait son prochain. Un monde sans bagarre, sans méchant, sans dispute.
La nuit où le Père Noël était sensé faire sa tournée, Floireans ne dormait pas. Elle n'avait pas été très sage ses derniers temps. La raison de son existence était de rendre heureux ses parents. C'était ce que lui avait dit Fiona. Même si elle n'avait plus les siens, sa famille était heureuse qu'elle soit là, du moins son grand-père. Mais Floireans ne rendait pas heureux ses parents.
Alors qu'elle entendait encore les cris en bas dans le salon, Floireans rêva d'un ami qu'elle pourrait serrer dans ses bras, d'un ami qui ne la jugerait pas, d'un ami qui ferait attention à elle, d'un ami pour dormir avec en le serrant très fort dans ses bras. Elle rêvait plus d'un ami, elle rêvait d'une famille aimante et câline. Floireans rêvait d'une peluche. Mais pas d'une peluche qu'on voyait partout dans les magasins et qu'elle avait aussi dans son immense chambre. Un doudou. Voilà ce qu'elle voulait. Son propre doudou rien que pour elle.
Floireans sortit en tapinois de sa chambre et se rendit dans le grenier. Même si le grenier était poussiéreux et lugubre, il n'avait jamais vraiment effrayé Floireans. Elle attrapa de vieux vêtements que plus personne ne portait, prit une vieille boîte à couture laissé par la vieille tante de sa mère et redescendit tout aussi discrètement dans sa chambre.
Florieans fit un croquis de l'apparence que son doudou devait avoir et se mit au travail.
Même s'il était extrêmement maladroit, il était son doudou. Un petit extra-terrestre de toutes les couleurs, un peu tordu, avec des yeux en bouton et un sourire un peu biscornu. Il était le gardien de Floireans et elle ne comptait pas se séparer de lui.
Ce fut ainsi qu'était né Siwgr.
Petite note : siwgr veut dire sucre en gallois mais Floireans n'a pas remarqué (le destin...😁 )
Voilà, voilà, à la prochaine !
