Quand les jeunes adultes doivent retourner à l'école pour leur dernière année, Ariel passe presque toutes ses nuits avec Severus. Comme il est au courant de tout, elle ne voit pas pourquoi elle devrait s'en priver. Elle lui fait même quelques suggestions de blagues sans conséquence pour alléger l'atmosphère trop studieuse au goût de son jumeau. C'est ainsi que tous les étudiants, sans exception, se retrouvent avec les cheveux arc-en-ciel et une combinaison de travail de mécanicien vert flou.
- Il me semble qu'il vous manque un petit quelque chose, dit Lily en regardant James et Sirius d'un œil critique. Ah! Je sais!
Elle prend deux fourchettes, les transforme en casques de construction jaune fluo et leur met sur la tête.
- Voilà! C'est parfait maintenant! Dit-elle en les prenant en photo. Je suis certaine que Tom et Ariel payeraient pour voir ça! Et ça nous fera un petit souvenir, dit-elle en dupliquant la photo et en leur en tendant une.
- En passant, tu as eu des nouvelles de ta sœur depuis qu'elle s'est marié avec le gars qui fabrique des perces-trous? Demande Sirius.
- Des PERCEUSES, Patmol, des PERCEUSES, le reprend la rouquine. Mais oui, Tom et moi sommes allé à son mariage en janvier et elle m'a écrit quelques lettres depuis. Elle… elle était anéantit quand elle a apprise qu'elle était stérile et ne pourrait jamais avoir d'enfant. Mais quand Sev l'a appris, il lui a promis de tout faire pour trouver une solution. Ça lui a redonné un peu d'espoir. Vernon a même proposé de le payer, mais tu connais Sev.
- En effet, si c'est pour aider quelqu'un, il se lance corps et âme dans ce projet, dit Remus en approuvant d'un signe de tête. Il a fait la même chose pour moi.
Tous approuvent en regardant le Serdaigle à sa table, en grande discussion avec Pandora Johns et Xenophilius Lovegood. Il en avait fait du chemin, leur ami grognon et antisocial. En fait, depuis que Ariel était officiellement entrée dans sa vie, c'est comme si Severus se permettait ENFIN d'être celui qu'il a toujours été. Un garçon gentil, prévenant, toujours d'attaque pour aider quelqu'un et faire de son mieux pour ce qu'il croit juste.
Il avait finalement accepté d'être Lord Prince à la condition que son frère lui explique tout ce qu'il devait savoir pour exercer au mieux ses fonctions. Sirius et James s'étaient aussi proposé de l'aider dans son apprentissage, comme ils allaient devenir tous les deux Lord de leur famille respective. Harry avait été plus que fier de ses enfants et Rabastan ne se lassait pas de complimenter son compagnon sur la façon dont il avait élevé ses fils.
- J'ai fait ce que j'aurais aimé que l'on fasse avec moi, disait toujours Harry quand on lui demandait comment il avait fait pour élever deux jeunes hommes aussi fantastiques.
Très tard, un soir de mars, Ariel est en chemise de nuit dans les bras de son homme dans la tour des Serdaigle. Sev lui joue dans les cheveux d'un air absent. La jeune femme voit bien qu'il est en pleine réflexion, alors elle ne dit pas un mot.
- El, je me demandais, pour la potion pour Tunie, tu as une idée?
- Ça dépend, dit Ariel en se redressant vers lui. Qu'est-ce que tu as trouvé, jusqu'à maintenant.
- Que c'est une infection qui a endommagée son utérus, explique Sev en prenant une feuille de parchemin dans sa table de chevet. Et pour l'instant, j'ai trouvé ça, comme base de potion.
- En fait, elle n'est pas stérile à proprement parler, dit Ariel en regardant le parchemin avec le dossier médical de la sœur de son amie. Il faut trouvé le moyen que « réparer » son utérus, Sev. Ferme les yeux, concentre toi, dit Ariel en caressant sa joue avec un sourire en coin. Qu'est-ce qui guérit les blessures?
Sev s'exécute donc et se concentre. Il fait donc la liste, à haute voix, des substances qui guérissent le corps humain.
- Les larmes de phénix! S'exclame Sev en ouvrant les yeux.
- Shhhhhut! Dit l'un de ses colocataires de dortoir avec impatience.
Ariel et Sev mettent une bulle de silence autour d'eux et ricanent avant de reprendre leur sérieux.
- Et je fais comment, pour aller porter une potion à base de larmes de phénix dans l'utérus de Tunie? Demande Sev en haussant un sourcil.
- Facile, tu me laisses faire, mon cœur, dit la jeune femme en s'approchant de lui à quatre pattes dans le lit du Serdaigle. Et on avait pas un truc de cravate à tester?
Sans hésiter, Sev la prend par la taille et la couche sur lui en lui retirant sa robe de nuit légère.
Une semaine plus tard, c'était les vacances de Pâques et Ariel était dans la chambre de Pétunia avec Lily. Ariel avait une longue tige en verre incassable et Lily tenait la main de sa sœur, couchée sur son lit, les jambes bien écartée.
- Respire profondément, dit Ariel à Pétunia. Je vais te mettre le gel anesthésiant.
Pétunia hoche la tête et ferme les yeux en prenant de grands respirations. Quand Ariel entre lentement la tige dans l'intimité de la Moldue, Lily sert un peu plus fort la main de sa sœur. Une fois bien gelée, Ariel met la potion de larmes de phénix dans la longue pipette et la replonge en Tunie jusqu'au col de l'utérus et dépose le liquide directement dans l'organe reproducteur de la jeune femme. Ariel lui explique qu'elle doit lever ses jambes en chandelle pour que la potion à base de larmes de phénix puisse se « promener » partout dans son utérus et le réparer.
Une fois la jeune femme rhabillée, elle remercie chaudement Ariel. Cette dernière lui assure que ce n'est rien et que c'est Severus qui a tout fait.
Ce soir là, Severus semble plus nerveux que d'habitude. Ariel s'inquiète et lui demande si il va bien.
- Je me demandais quelque chose, dit lentement Sev, comme si il réfléchissait à chaque mot avant de les prononcer.
- Je t'écoute, dit Ariel en se redressant pour se concentrer.
- Si Dumbledore est hors d'état de nuire depuis 1960, pourquoi on ne s'est pas rencontré avant? Pourquoi avoir attendu tout ce temps pour se revoir? Pourquoi tu n'es pas venu à Poudlard avec nous?
- Au début, mes parents voulaient m'envoyer à Poudlard. Mais je me suis rappelé de mon ancienne vie et j'ai eu peur.
- Peur de quoi? Demande Sev sans comprendre.
- J'ai… j'ai eu peur de retrouver le même garçon amoureux fou de Lily Evans, dit Ariel en baissant la tête. De me retrouver dans le même bâtiment que toi et de revivre ça. Alors j'ai choisi de retourner à Beaubâton, comme la première fois. Quand on s'est vue à la fête du nouvel an, j'ai eu de nouveau un coup de foudre pour toi. Pour le garçon fantastique que tu étais devenu avec une vie plus douce avec des gens qui te ressemblent. Mais… tu avais l'air si mal à l'aise en ma présence. Alors je n'ai pas voulu m'imposer, murmure Ariel en essuyant une larme sur sa joue. Quand… Quand Sirius m'a dit que tu lui parlais souvent de moi, lui demandant de mes nouvelles et tout le reste. Au début, je ne l'ai pas cru.
- Pourquoi?
- Parce qu'on ne se connaissait pas, dit-elle en haussant les épaules. Peut importe la vie que tu as, tu restes la même personne, Severus. Un être brillant, perspicace, d'une logique implacable et comme tu es la personne la plus rationnelle que j'ai rencontré dans mes vies, je ne pensais pas que pour toi, tomber amoureux d'une inconnue était possible.
- Tu n'as jamais été une inconnue, pour moi, tente de lui expliquer Severus en resserrant ses bras autour d'elle.
Il lui explique qu'il a toujours été heureux dans sa vie familiale et dans ses amitiés. Mais que pour lui, depuis qu'il a posé les yeux sur elle, quand ils étaient en première année, c'était une vraie torture que de ne pas la revoir, ne pas savoir si son amour dévorant pour elle était réciproque ou non. Que si ce n'était pas de Sirius, il aurait cru l'avoir rêvée ce soir là.
- Si c'était possible, dit Sev en entrelaçant ses doigts à ceux de la jeune femme, je retournerais en arrière pour te connaitre depuis toujours.
- C'est… c'est vraiment ce que tu veux? Demande Ariel, incertaine.
- Je n'ai jamais rien voulu aussi fort que d'être avec toi, dit-il en déposant un baiser sur les doigts fins, mêlés aux siens.
- Sev… Tu… tu sais que c'est possible, n'est-ce pas?
- Tu pourrais vraiment le faire? Lui demande Sev, les yeux plein d'espoir.
Elle acquiesce doucement en le regardant dans les yeux. Elle lui dit que c'est possible, mais elle n'a aucune idée de comment faire pour que ça ne change pas les choses biens qu'ils ont fait. Mais c'était sans compter l'intelligence et la ruse de Severus. Il se lève lestement de son lit sans prendre la peine de s'habiller et va chercher un parchemin et un stylo dans son salon et revient auprès de la jeune femme dans son lit.
Toute la nuit, ils échafaudent un plan pour se rencontrer le plus tôt possible dans leur vie. Comme Harry était au courant du rôle de voyageuse de Ariel depuis des lustres, la jeune femme allait retourner en 1960, après la mort de Dumbledore, pour qu'il la retrouve à l'orphelinat de Provence et la ramener à sa famille. Mais pour ça, il fallait qu'il rencontre les Potter ET les Black avant. Il pourra donc leur expliquer comment il a reconnu la fillette aux yeux d'acier avec le pendentif aux armoiries de la famille Black. Harry en parlera donc avec Fleamont qui en parlera à coup sûr à sa femme, qui est une Black de naissance.
- Mais… mais si tu ne m'aimes pas, dans cette autre version du monde? Demande nerveusement Ariel en le regardant, les yeux emplis de larmes contenues.
- C'est impossible, dit Sev avant de l'embrasser avec passion. On est fait l'un pour l'autre, Ariel. Ça a toujours été ainsi. Même dans la ligne temporelle ou j'ai cru être amoureux de Lily, je suis convaincu que si elle n'a pas voulu de moi, c'est non seulement qu'elle me voyait comme un frère avant que mon autre moi ne lui dise cette horreur, mais que je t'ai toujours été destiné, Ariel. Je ne veux plus jamais vivre sans toi.
- Moi non plus, lui répond Ariel avec conviction. Donc, quand est-ce que tu crois que ce serait le meilleur moment pour y retourner?
- Pas cette nuit, lui dit Sev avec un regard de prédateur en s'approchant d'elle sur le matelas confortable du petit appartement au dessus de la boutique d'apothicaire.
- Pas cette nuit, confirme Ariel en s'étendant sous le corps de son amant qui la couvre du sien.
