Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien et que vous ne psychotez pas trop avec tout ce qui se passe en moment.
De mon côté, moyen. Je suis frustrée, jalouse et dépitée. Frustrée car cette fic ne marche pas, j'ai beau avoir dépassé officiellement les 1500 vues sur ce site, les retours sont trop rares (seulement 11 reviews) et j'ai l'impression d'écrire dans le vide, surtout sur Wattpad et A03 où les vues et interactions sont inexistentes. Jalouse car encore une autre de mes connaissances a fait son coming-out "écrivain" et qu'à côté je me sens comme une merde, que ce soit pour mon manque de régularité d'écriture, le manque de richesse dans mes textes ou tout l'impression d'écrire des histoires vues et revues qui ne plaisent à personne. J'ai même des connaissances écrivaines et certaines ont même été publiés, à côté, je les envie énormément. Et dépitée car j'ai tout simplement la sensation d'être complètement à la ramasse, à n'écrire que des fanfics que personne lit car ils ne veulent que du bashing-yaoi mal écrits ou que c'est trop gamin comme média, tout en n'avançant pas dans mes projets persos et que même des personnes dont l'écriture n'est pas leur passion cachée, savent mieux écrire que moi...
Bref, qu'importe. Merci encore à kyomi-hime pour sa rewiew. Passez une bonne lecture.
(chapitre écrit entre février et avril 2018)
Chapitre 14 : Le jeu du feu et de la glace
- BONNE ANNÉE ! hurlèrent en cœur la famille Potter.
Si à chaque Noël, les Potter se rendaient chez la famille de Ginny, le Nouvel An s'était toujours fait en petit comité, avec le couple et les enfants, ou de temps en temps avec Ron, Hermione et leurs enfants, mais sans plus. Il était même arrivé que l'un des parents soit absent, Harry ayant parfois des réunions ou des interventions en plus à cause des fêtes d'années ou de nombreux sorcières et sorcières commettaient des infractions à cause de l'alcool ou de bagarre… Quant à Ginny à l'époque où elle faisait partie des Harpies de Hollyhead, il n'avait pas été pas rare qu'elle ne puisse pas assister à des anniversaires et qu'elle ratait quelques réveillons de la nouvelle année. Elle avait même été une année, coincé en Irlande le soir du réveillon à cause d'un match amical le soir même. Maintenant qu'elle était journaliste, hormis les jours où elle était en déplacement pour des interviews sportifs, elle n'avait plus loupé aucune fête de Noël ni soir du Nouvel An.
Les Potter avaient toujours permis à leurs enfants de rester à Poudlard s'ils le souhaitaient mais aucun n'avait tenté le coup. Tout le monde aimait le repas chez les grands-parents Weasley et revoir la famille. Depuis la fin de la guerre à la fin des années quatre-vingt-dix, rien n'était plus important pour les adultes que la famille, et ils l'avaient toujours enseigné à leurs enfants. Harry avait grandi sans parents, Ginny avait perdu un frère, c'était important pour eux que jamais, au grand jamais, James, Albus et Lily ne se retrouvaient sans famille ou dans le deuil bien avant l'âge.
Leur petite Lily était devenue amie avec Hugo, Albus avec Rose, tandis que James avait très vite fait les quatre cents coups avec Fred, parfois suivi de Lucy. Mais depuis que le fils d'Angelina et George avait quitté Poudlard, James s'était un peu plus rapproché de Lucy.
Une fois les embrassades terminées, peu à peu, des hiboux commencèrent à arriver. Parfois c'était une lettre collective, parfois une lettre pour chacun des membres. Chacun finit par lire tranquillement son petit paquet de lettres. Lily, allongée sur le ventre sur le canapé, commençait à parcourir la lettre que lui avait envoyée son amie Solange, Albus près du feu et assit en tailleur, était concentré sur la longue lettre de sa copine Judith lui avait envoyé (qui en profitait aussi pour s'excuser à propos de leur dernière dispute) et James, collé contre la fenêtre du salon, lisait celle de Lucy, après avoir fini celle de Fred.
Cher James,
Je te souhaite une excellente année 2022. Dans quelques semaines, tu auras 17 ans et techniquement, tu entreras dans ce monde chiant et horrible qu'est le monde des adultes, bonne chance ;)
Non honnêtement, le temps passe trop vite. Tu vas aussi quitter Poudlard, comme notre tant regretté Fred, et ça va vraiment me faire bizarre. On n'a qu'un an d'écart, donc on a grandi ensemble ; pas seulement en tant que cousin, mais aussi en tant que camarade de Gryffondor, en tant que coéquipier de Quidditch mais aussi en tant qu'ami. C'est grâce à toi et à Fred que je suis devenue vraiment « moi » et pas comme un clone de ma sœur comme voulaient mes parents. Vous m'avez entraîné au Quidditch, on a commencé à faire nos rebelles ensemble, on s'est soutenu, on a ri, partagé et on s'est tellement amusé… Qu'est-ce que je vais devenir le jour où tu partiras ?
Bref ! Je ne vais pas partir dans le mélodrame, je ne supporte pas ça ! Veux-tu qu'on se parle à la cheminette ce soir, à 3h du matin ? Et ne tarde pas trop à me faire attendre ta réponse ou me poser un lapin, James Sirius Potter !
Ah et (je t'en supplie, fait en sorte que tes parents, Albus ou Lily ne lisent pas au-dessus de ton épaule ou ne trouvent jamais cette lettre) tu me manques vraiment depuis Noël… Cela fait peut-être qu'une semaine qu'on s'est vus mais j'ai envie de te revoir, entendre le son de ta voix, rire avec toi et…tout simplement être avec toi.
Á ce soir, peut-être
Je t'embrasse,
Lucy.
James ne put s'empêcher de sourire sur ces dernières lignes. Guettant que personne ne remarquait les quelques rougeurs que ses joues contenaient, il rangea la lettre de sa cousine dans sa poche et remonta dans sa chambre pour rédiger une réponse. Dehors, une tempête de neige commençait à se réveiller.
Le réveil de James sonna vers trois heures moins dix du matin, coincé sous son oreiller. Rapidement, l'aîné des Potter coupa l'alarme pour éviter que son frère, sa petite sœur ou pire ses parents, entendent quoi que ce soit. Silencieusement, il enfila un pull, mit une paire de chaussettes et sortit de sa chambre. Ce ne fut pas une chose très compliquée de descendre les escaliers sans faire de bruit. Depuis dix ans, James Potter s'était perfectionné dans l'art de la glissade par la rambarde de l'escalier, et dans un léger sifflement, il réussit à atterrir sur le sol du salon. Sur la pointe des pieds, il prit un peu de poudre de cheminette et après avoir prononcé distinctement mais pas trop fort non plus l'adresse de Percy Weasley, il regarda un peu autour de lui avant de mettre sa tête dans les flammes.
Il ne vit personne dans le salon des Weasley et sans perdre espoir, il appela à mi-voix.
- Lucy ? Lucy, t'es là ?
Il eut un bruit et aussitôt, la tête de Lucy Weasley apparut devant lui.
- James ! murmura cette dernière Tu es pile à l'heure !
- Hé hé, pour une fois ! ricana-t-il. Ça été ta soirée ?
- Á mourir d'ennui ! Les parents de Timéo sont gentils mais un peu ennuyeux. Et lui et ma sœur : quelle horreur ! J'ai eu le droit à une discussion politique pendant presque deux heures, j'ai cru que j'allais me pendre avant minuit !
- Quelle horreur ! grimaça James. Moi ça été, hormis une mini-dispute avec Al, mais c'est limite habituelle.
- Vous au moins, vous arrivez parfois à vous entendre sur certains points… C'est limite impossible avec ma sœur.
La rousse soupira. James avait presque envie de sauter dans le feu pour venir la voir et la consoler.
- Bien effectué ton entraînement ? demanda l'aîné Potter pour changer de discussion.
- Évidemment capitaine ! La coupe est à nous cette année ! N'empêche…ça me va faire bizarre de savoir qu'on a dans l'équipe la copine de Rose.
James acquiesça, le soir de Noël, leur cousine avait avoué à ses autres cousines l'identité de sa fameuse copine, et cette nouvelle s'était très vite propagée parmi les cousins. Même Louis, Victoire, Dominique et Teddy surent la nouvelle et avaient très vite montré leur soutien. Rose avait toutefois recommandé à Lucy et à lui de ne pas en parler au reste de l'équipe de Gryffondor, ce qu'ils avaient évidemment accepté.
- Á moi aussi, avoua son cousin. Mais je n'avais tellement rien vu venir…
- Moi non plus. De toute façon, ça ne nous regarde pas vraiment en fait. Tant qu'elles sont heureuses, c'est le principal. C'est comme Seamus Finnigan et Dean Thomas.
- C'est vrai. Et puis, ce n'est pas uniquement la chose qu'on n'a pas vue venir…pas vrai Lucy ?
Même avec la tête dans une cheminée, James voyait bien que les joues de Lucy avaient changé de couleur. Il laissa échapper un ricanement et continua :
- De toute façon, vu comment on aime le danger, ce n'est pas très étonnant qu'on en soit arrivé là.
- Je ne suis pas sûre que cela ait un véritable rapport James, gloussa Lucy. C'est quand même fou ce qui nous arrive…
- Un peu ouais, mais ça me plaît. Je ne suis pas effrayé ni dégoûté de ce qu'il s'est passé entre nous.
- Moi non plus. Même si par rapport à mon père…je n'ai pas peur hein, mais le jour où il le saura, il va limite me déshériter !
- Toute la famille va nous en vouloir de toute façon, alors qu'est-ce que ça va changer ?
Il y avait un instant de silence, puis Lucy tendit sa main dans le feu. James attrapa ses petits doigts et les porta à sa bouche.
- Héloïse ne m'a jamais raconté à quel point c'est reposant d'être dans des bras, dit tendrement Lucy.
- Gabriel ne m'a jamais raconté quel point tu embrasses bien ! renchérit James avec ironie.
- James ! s'écrit sa cousine, rouge de honte, en retirant ses doigts.
- Chut moins de bruit ! s'esclaffa le Gryffondor. Imagine que ton père arrive à ce moment-là, il pourrait se poser des questions !
- Et vu ce qu'il s'est passé à Noël, reprit en gloussant Lucy un poil provocatrice, y a de quoi ! Je ne pensais pas qu'on irait aussi loin dans la cabane du jardin…
- On ne verra plus jamais cette cabane de la même manière, répondit James sur le même ton. Et crois-moi, j'espère qu'on continuera à jouer avec l'interdit à Poudlard, maintenant que nous savons tous les deux ce que nous pensons l'un de l'autre…
- Évidemment monsieur James…et crois-moi j'ai hâte.
James sentit que sa température corporelle avait augmenté, et ce n'était pas uniquement à cause du feu.
- Il faut qu'on y aille, James. La rentrée est dans deux jours et on va avoir du mal à se remettre dans le rythme scolaire.
- Depuis quand deviens-tu raisonnable miss Lucy ? se moqua son cousin.
- Vu qui j'ai en tant que parents et sœur, je dois bien l'être un petit peu, sourit la rouquine.
James soupira et céda à contrecœur.
- Ok, on va y aller. Bonne nuit belle demoiselle, dors bien.
- Bonne nuit James, fais de beaux rêves.
James se sentit bien niais quand il envoya avec la main un baiser à Lucy mais voir sa cousine piquer un fard en valait le coup.
- Hé, James ? Appela Lucy subitement.
- Oui ?
-…Je t'aime.
Le cœur de James fit un saut dans sa poitrine à l'entente de ses mots, et jusqu'à ce jour, jamais une fille n'avait réussi à le mettre dans cet état-là.
- Moi aussi je t'aime, lui répondit-il avant de couper la communication.
Dehors, la neige cessa de tomber.
Je me réveillai avec un bon mal de nuque. Devant moi, les passages de l'Angleterre défilaient sous une grosse couche de neige.
- Réveillé la belle au bois dormant ? ricana Hugo en face de moi.
- La quoi ? demanda Jason, les sourcils froncés, à côté de lui.
- Conte pour enfants moldus, lui expliqua rapidement mon cousin. En gros c'est une princesse qui est plongée dans un sommeil éternel à cause d'un fuseau et d'une malédiction par une méchante fée et seul un baiser d'un prince la sortira de son sommeil.
- Peut-être a-t-elle rêvé de son prince ? proposa Jason d'un ton moqueur.
- La ferme, leur lançai-je en me massant la nuque. J'ai juste du sommeil en retard….
Solange, qui était en pleine lecture, sa sœur somnolant, la tête sur les genoux de sa grande sœur, me fit un sourire compatissant.
- J'ai vraiment hâte d'arriver ! s'écrit Mary en s'étirant. Je préfère mille fois Poudlard que l'ambiance à la maison. Heureusement que mon frère était là et un peu mon père, sinon j'aurais passé mon Noël à l'école.
- Et Scorpius ? interrogea Hugo. Ça ne s'est pas arrangé ?
- Bof, soupira Mary. Il allait un peu mieux le dernier jour mais sinon, rien de nouveau. Voir son père seul dans le manoir et l'absence de sa mère pour les fêtes ne l'ont pas arrangé et ça se comprend.
Je regardai quelque temps la fenêtre où la nuit commençait peu à peu à tomber. Demain, on reprenait les cours et j'avais à peine fini mes devoirs…mais en même temps c'était tellement plus intéressant d'écrire mes histoires !
Une fois arrivé à Poudlard, nous prenions tous les six une diligence puis Alice nous quitta à l'entrée du château pour rejoindre ses copines.
- Elle aime bien traîner avec nous ta petite sœur, dit Jason à Solange. Elle nous préfère à ses amies ?
- Je ne sais pas, rougit Solange. On est proche elle et moi, et elle vous aime bien. Elle fait ça de temps en temps mais…pourquoi cette question, elle vous dérange ?
- Du tout ! rassura Mary. Jason a dû simplement se poser la question, c'est tout. Ta sœur ne nous dérange pas, ne t'inquiète pas.
Je n'écoutais pas la suite de leur discussion, j'avais les yeux fixés sur le lac noir. Difficile à voir avec la lumière de la nuit, mais avec la neige et la chute de la température, j'étais sûre qu'il avait bien gelé. Une idée germa en moi… Depuis toute petite, je rêvais de faire du patin à glace sur un lac. Pas dans une patinoire comme j'avais pu le faire enfant dans la ville près de chez moi, non un vrai lac. Vu le froid qu'il avait fait, et que je n'étais pas très lourde, la glace devait bien supporter mon poids… Mais le problème, c'est qu'on n'avait pas vraiment le droit de s'approcher du lac noir et pas seulement à cause du calamar géant. Sans compter que je n'avais évidemment pas de patin. Que faire… ?
Je craquai finalement le samedi après la semaine de reprise. Ce jour-là, de nombreux nuages gris avaient pointé dans le ciel, même la neige eut du mal à mettre de la gaieté dans ce paysage. La température s'était un peu réchauffée ces derniers jours mais pas assez pour que tous les étudiants restent dehors lors des pauses ou pour se balader.
J'avais prétexté en fin d'après-midi un mal de tête et j'avais laissé mes amis dans notre classe abandonnée. Une fois à l'abri des regards, je courus hors du château. Je n'avais pas de patin à glace mais j'étais sûre que j'arriverais à faire des glissades malgré tout. Quelques élèves étaient dans les différentes cours de l'école, or ils y en avaient très peu dans le parc et aucun près du lac : parfait !
Je grelottais un peu mais j'essayais de ne pas y faire attention, c'était sans doute ma seule occasion de réaliser ce souhait ! Une fois proche du lac, je m'approchai prudemment. Je tâtais le bord au bout de mon pied droit, à priori ça tenait. Après une grande inspiration, je posai mon premier pied sur le lac gelé. Oui ça tenait bien ! Yes !
Doucement mais prudemment, je mis mon deuxième pied sur la glace. Aucun craquement, c'était bon ! Tout doucement, je glissai en traînant les pieds.
- Youpla ça glisse ! m'écris-je en perdant presque l'équilibre.
Heureusement pas de chute ! Je continuai d'avancer, m'éloignant de plus en plus du rivage. J'entendis de légers craquements mais ça devrait tenir à mon avis, sauf si je décidais de sauter violemment ou de courir…
- Lily ? Mais enfin qu'est-ce que tu fais ?!
Je sursautai et je manquai de trébucher en arrière. Je me retournai péniblement sans trébucher et je vis Scorpius un peu plus loin sur le bord.
- Je peux te poser la même question ! lui répondis-je en priant qu'il repartait très vite et me laissait glisser en paix.
- Lily tu te rends compte de ce que tu fais par Merlin ! C'est dangereux, le lac a beau être gelé, pas sûr qu'il tienne autant ! Ça s'est réchauffé ces derniers jours en plus !
- Mais ça ira ! rétorquai-je. Ne t'en fais pas, ça tient, regarde !
Et sans réfléchir, je fis un petit saut sur la glace. J'entendis de plus gros craquements mais aucun signe que la glace cédait sous mon poids.
- Mais tu es folle ?! T'es complètement idiote de faire ça ? cria Scorpius à l'autre bout de la rive.
- Tu vas faire quoi ? lançai-je avec colère, perdant ma patience qu'il ne me laissait pas en paix. Tu vas appeler mes frères ou mes cousins ? Fiche-moi la paix Scorpius, je ne fais rien de mal, j'ai testé la glace et elle tient ! Je veux m'amuser sur la glace une seule fois dans ma vie, c'est trop demander quelques minutes de glissade ?! Alors laisse-moi seule Scorpius, tu m'entends, laisse-m…
Mais un sinistre craquement me stoppa dans mes protestations et avant que je comprenne quoi que ce soit, la glace où reposait mon pied droit céda et ma jambe plongea dans l'eau glacée.
Je lâchai un horrible cri de frayeur mais aussi de douleur. L'eau froide me donnait l'impression que ma jambe était train de se faire broyer ou d'être lacérée en plusieurs morceaux par le lac gelé. Je m'appuyai difficilement sur de la glace pour me relever mais j'entendis d'autres craquements dès que je forçais un peu trop dessus.
- LILY ! hurla Scorpius de l'autre côté de la rive.
Miraculeusement, je parvins à me relever sans briser la glace sur laquelle j'étais et je trottinai péniblement jusqu'à la berge, le sol craquant à chacun de mes pas, menaçant de me faire chuter à nouveau. Scorpius me rejoignit sur le lac très rapidement et me tendit sa main, mais il restait encore très près du bord. Je l'attrapai maladroitement mais la paroi de glace auquel on se tenait, céda, elle aussi sous notre poids. Je chutai à moitié dans le lac, lui parvint à reculer et à retrouver la terre ferme, les chaussures trempées. Il me tira hors de l'eau et je réussis à sortir, complètement sale et mouillé, des pieds au bassin.
- T'ES COMPLÈTEMENT INCONSCIENTE ! rugit Scorpius mais d'une voix tremblante une fois sur la terre ferme. Tu aurais pu te noyer ou rester bloqué sous la glace ! Tu te rends compte ? TU AURAIS PU MOURIR !
Pendant un instant, je me demandai, vu son expression, s'il n'allait pas fondre en larmes. De mon côté, j'avais le cœur qui tambourinait beaucoup trop vite à cause des derniers événements. J'étais à la fois soulagée mais encore apeurée de ce qu'il venait de m'arriver. J'avais les jambes qui claquaient de froid, le gel me brûlait la peau et je tenais à peine debout.
Et tout à coup, il se précipita sur moi et me prit dans ses bras. J'en perdis presque l'équilibre, il mettait tellement de force dans son étreinte qu'il pouvait presque me soulever du sol. Je sentis son souffle chaud contre ma nuque et j'en rougis.
- Pardon, me dit-il doucement, au bord des larmes. Pardon de m'être énervé mais…putain Lily j'ai eu peur… J'ai eu tellement peur.
- Scorpius ? tentai-je maladroitement, en espérant qu'il se reprenne et me lâche.
Mais au lieu de ça, il se colla encore plus contre moi, resserrant davantage son étreinte.
- Je t'en prie… J'ai déjà perdu ma mère… Je ne veux pas te perdre toi.
Aussitôt, toute force venant de mon corps m'abandonna. Cela ne m'étonnerait même pas que la rougeur qui s'installait sur mon visage, arrive à me réchauffer tellement j'étais gênée.
Qu'est-ce… Quoi ? Hein ?! J'avais bien entendu ce qu'il venait de dire ? Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Il avait perdu la tête ! Ça me paraissait la seule solution sensée ! Il avait eu peur pour moi et avait perdu toute raison une fois la pression redescendue : voilà ! Scorpius ne pouvait pas… Non définitivement, il avait complètement perdu l'esprit !
- Euh… Scorpius ? demandai-je timidement, au bout de quelques secondes. Tu…peux me lâcher s'il te plaît ?
Il eut un blanc et il finit par se redresser. Il me regarda un instant dans les yeux avant de se dégager de moi.
- Hum…désolé. Je ne savais plus ce que je faisais, s'excusa-t-il un peu nerveusement.
Ah bah voilà j'avais raison !
Il se reprit donc et m'observa attentivement.
- On va aller à l'infirmerie toute suite, tu es gelée !
- Oui…répondis-je honteusement en baissant la tête, n'ayant pas la force de riposter.
Je voulus avancer mais je perdis rapidement l'équilibre et je tombai de nouveau, dans la neige. Mes jambes n'arrivaient même plus à me soutenir à cause du froid !
- ZUT ! lâchai-je furieusement.
- Attends, je vais t'aider, me dit Scorpius en s'approchant de moi.
Il tendit ses bras vers moi. Je pensais qu'il allait m'aider à me relever et me soutenir dans mes pas, mais non pas du tout ! Il me souleva et me porta comme une jeune mariée.
- Mais, mais, mais tu fais quoi là ? m'écris-je en essayant, en vain, de me dégager.
- Ça ira plus vite si je te porte, répondit-il en avançant à grands pas.
- Mais tu n'étais pas obligé de me porter comme ça ! REPOSE-MOI !
Ignorant mes plaintes, Scorpius continua d'avancer. Une fois arrivé dans le hall, je vis plusieurs élèves nous dévisager, Scorpius me portant comme une princesse et moi rouge de honte.
Ma faible réputation était maintenant complètement fichue…
Ce fut uniquement arrivé à l'infirmerie qu'il me reposa enfin pour m'allonger sur un des lits disponibles.
- Elle est tombée dans le lac, expliqua-t-il à Mrs Pomfresh qui avait demandé des explications.
- PARDON ?! Mais vous êtes tombés sur la tête Miss Potter ! Que faisiez-vous près du lac ? Encore une chance que Mr Malefoy était là pour vous secourir !
Elle me donna un pyjama et je me changeai sous les couvertures, le visage cramoisi. Scorpius et moi recevions une grande tasse de chocolat chaud et l'infirmière refusa de me faire quitter le lit avant demain matin…génial.
- Tu pourrais éviter de raconter ça à qui que ce soit, et surtout à mes frères ? demandai-je à Scorpius en cachant une partie de mon visage honteux derrière la tasse.
- Il y a quelques mois, je devais cacher ton harcèlement, là je dois cacher ta petite escapade sur le lac, on commence à avoir pas de mal de petits secrets toi et moi ! me répondit-il avec un semblant de malice.
Tiens, il avait l'air d'aller mieux du coup… Au moins ma bêtise lui avait un peu changé les idées…
- Plus sérieusement, reprit-il plus grave. Tu es maintenant consciente de ce que tu as fait ?
Je soupirai, mais je devais reconnaître que oui, c'était bel et bien parfaitement idiot d'avoir eu cette idée-là…et encore plus de sauter alors que je savais bien que ça pouvait céder.
- Oui, grommelai-je.
- L'infirmière a raison…tu as eu de la chance que j'ai eu envie de me balader près du lac à ce moment-là.
- Tu n'étais pas avec Rose ou Al ?
- Non… J'avais envie d'être seul.
Il baissa les yeux et se renferma à nouveau. Gênée, je me redressai dans mon lit et l'interpellai :
- Scorpius…tu ne peux pas être tout seul à supporter ce que tu vis… Je comprends ce que tu ressens mais…
- Non Lily, me coupa-t-il. Non, tu ne comprends pas. Tes parents sont en vie, tes frères sont en vie. Ma mère est morte… Je le savais depuis l'enfance qu'elle était faible et malade mais…on ne peut pas être préparé à ça.
- Mais tu n'es pas le seul à être triste, essayai-je de reprendre maladroitement. Ton père l'est, et Mary aussi ! Elle nous a dit que c'était comme une mère pour elle !
- Je sais ça…mais…
Il ne finit pas sa phrase et je n'insistai pas. Peut-être que oui en effet, je ne pouvais pas comprendre…
- En tout cas, continuai-je après quelques instants de silence, enfin Rose et Albus ont dû te le dire un milliard de fois mais…on est là quoi…
Je bus une gorgée de chocolat pour tenter de cacher mon malaise. Lui, tapait des pieds, sans doute pour se réchauffer mais peut-être aussi par nervosité ?
- Merci Lily, dit-il d'une petite voix. Et puis, comme dirait Rose, il y a quand même les BUSE à la fin de l'année et ma mère n'aimerait pas que je les rate à cause de ça… Il y a le Quidditch aussi mais…enfin faut que je m'y remette, ça fait des semaines que je sèche l'entraînement. C'est un miracle que je ne sois pas viré…
Il se tut soudainement et but lui aussi, une gorgée de chocolat.
- Commence par voler tranquillement avec Al ? proposai-je. Je pense qu'il serait content de passer un peu de temps avec toi.
Il haussa les épaules mais j'arrivai à percevoir un faible sourire.
- Mr Malefoy, ne tardez pas trop à repartir ! lança Mrs Pomfresh de son bureau. Miss Potter doit se reposer !
Scorpius soupira et finit sa tasse en une seule gorgée. Je finis également le chocolat, mais plus lentement avant de me glisser plus profondément dans les couvertures.
- Faut quand même que je prévienne que tu es à l'infirmerie, me dit Scorpius en se levant. Sinon tes frères, ma cousine, tes amis et le reste de ta famille vont s'inquiéter.
- Ah…bah dis-leur que j'ai glissé et que je suis tombé sur le lac gelé qui a craqué sous mon poids…
- Tu crois vraiment qu'ils vont croire à cette excuse ? me répondit-il avec un petit rire.
- Je ne sais pas…dis n'importe quoi…mais pas la vérité, grognai-je.
- Ok Lily-Jolie !
- C'est Lily…
Seuls mes yeux et le sommet de mon crâne dépassaient de la couverture. J'étais encore gelé mais étonnamment, j'étais aussi très fatigué. Je ne dirais pas non à une sieste…
- Au fait, dis-je la voix étouffée par la couverture. Rose te l'a peut-être dit mais…on est au courant qu'elle sort avec Willow et que…elle m'a avoué que tu l'as beaucoup aidé ces derniers temps.
- Oui, elle me l'a dit. Ça nous a fait vraiment du bien de parler ensemble de nos problèmes… Je tiens beaucoup à elle, c'est comme…une sœur pour moi. J'ai toujours rêvé d'en avoir une…
Scorpius ne le vit pas mais je souris discrètement sous ma couette.
La fatigue me rattrapa, et je commençai à avoir les yeux qui clignotaient. Scorpius le remarqua et fit un petit sourire.
- Dors, tu en as besoin…
J'acquiesçai et je fermai les yeux. Ça ne servait à rien de lutter contre le sommeil et il me fallut moins de quelques secondes avant de sombrer définitivement.
Je me réveillai en pleine nuit en sursaut. J'avais un peu chaud, j'étais assoiffée, j'avais faim et l'impression d'avoir trop dormi ! Je regardai l'heure : il était vingt-trois heures passé. Sur ma table de chevet, un sandwich, une cruche remplie d'eau et une pomme. J'allumai la lampe de chevet et je m'attaquai directement au sandwich salade-dinde. Pendant que je le mangeai à petite bouchée, j'essayai de me souvenir avec difficulté du rêve que j'avais fait. Un rêve étrange…
Dans ce rêve, il n'y avait que de l'obscurité, mais je n'en avais pas peur. J'avais l'impression d'être en sécurité, au chaud et dans un certain état de béatitude. Et puis, j'avais senti quelque chose sur ma tête. Quelque chose de doux. Comme si on m'avait caressé les cheveux tendrement. Je me souvenais d'avoir eu un frisson à ce contact et à ce moment-là, la sensation avait aussitôt disparu. Et puis, plus rien, j'avais sombré dans un sommeil sans rêve. Vraiment très étrange comme rêve…
Mais quelques jours plus tard, je regrettai presque que Scorpius m'ait sauvé la vie. Entre cet abruti qui n'avait pas su tenir sa langue avec Albus, ce qui fit que ce dernier raconta la vérité à mes cousins, ce qui m'avait valu beaucoup de blagues à ce sujet (et de me faire remonter les bretelles par certains d'ailleurs…) ou que la moitié de l'école fit tourner une rumeur comme quoi Scorpius et moi étions secrètement en couple à cause de ce stupide Malefoy qui avait parcouru une bonne partie de Poudlard en me portant comme sa chère et tendre… Juste : AU SECOURS !
Le point positif, c'était que Scorpius s'ouvrait de nouveau, il recommençait à être un peu plus souriant et à faire des blagues. Il s'était même remis au Quidditch comme nous l'avait rapporté Jason. Le point négatif…c'était que parfois il était de nouveau triste…et que c'était toujours un idiot.
Crétin de Scorpdébile…
En espérant que ce chapitre vous a plu. Le prochain sera publié le 29 mars et on arrivera à la moitié de l'histoire. Il se nomme "Déception".
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