Chapitre 15 : Et ainsi surgit le calme


Rey observa le plafond en silence. Les petites étoiles fluorescentes qui avaient été collées il y a de cela des années étaient toujours présentes.

Elle tentait désespérément de faire taire son cerveau, mais sans succès. Bientôt, la réalité allait la rattraper, et la jeune femme n'était clairement pas prête à affronter cette nouvelle épreuve. Pourtant, c'était inévitable.

Ben avait grandit dans le luxe et l'abondance. Sa vie allait bientôt reprendre la ou elle s'était arrêtée. Même après une si longue absence, elle était convaincue qu'il allait parvenir à rebondir et reprendre son existence en main. Il le méritait plus que quiconque.

Le problème, cependant, c'est que Rey n'avait pas sa place dans ce milieu.

Elle n'était rien, personne. Juste une pauvre orpheline sans bonnes manières et sans avenir. A l'annonce de son retour, ses anciennes petites amies allaient sans doute ressurgir, et Rey allait paraitre bien fade face à ces somptueuses blondes Californienne.

- Pourquoi es-tu aussi songeuse ?

La voix de Ben la fit sortir brusquement de ses pensées. Elle se redressa légèrement et tenta de faire comme si de rien était. Mais Ben avait apprit à la connaitre au cours des dernières semaines, il était parfaitement conscient que quelque chose n'allait pas.

- Rey… Est-ce que tout va bien ? Demanda-t-il, légèrement inquiet par son attitude.

La jeune femme n'était pas certaine de comprendre pourquoi, ni comment, mais une vague d'émotions dévastatrices la submergèrent.

Le simple fait d'imaginer son retour en Arizona, seule, sans Ben, lui semblait impossible. Elle ne pouvait pas revenir à sa triste réalité et faire comme si cette parenthèse de bonheur n'avait pas existé, c'était hors de question.

Elle avait beau tenter de repousser ses sentiments, il était évident qu'elle s'était attachée à lui. Beaucoup trop attachée à lui. A tel point qu'elle n'imaginait plus sa vie sans lui.

Une avalanche de larmes se déversa sur son visage.

Ben se redressa à son tour, les sourcils froncés. Il attira la brune dans ses bras dans l'espoir d'apaiser ses pleurs.

Mais à son contact, la crise de Rey redoubla d'intensité. Comment vivre sans son odeur, sans son corps, sans sa voix ? Comment retourner à la réalité sans que son cœur ne se brise éternellement ?

- Rey… Tu me fais peur, qu'est-ce qui t'arrive ? Murmura-t-il.

Il se recula légèrement, malgré le fait que la jeune femme s'accrocher à lui d'une façon presque désespérée, et encadra son visage à l'aide de ses deux mains. Il plongea son regard dans celui de Rey tout en caressant sa peau à l'aide de ses pouces.

- Calme-toi… Dis-moi ce qui ne va pas.

Rey renifla bruyamment.

- C'est juste que… J'ai tellement peur, bredouilla-t-elle d'une voix mal assurée.

Le froncement de sourcil du garçon s'accentua.

- De quoi as-tu peur ?

- De beaucoup de choses… Murmura-t-elle en reniflant à nouveau, d'une façon tout sauf gracieuse. Tu vas retrouver ta vie, Ben… Les choses vont redevenir normales. Et… Je suis vraiment très contente pour toi, parce que tu mérites vraiment d'être heureux !

Elle cligna des yeux, tentant de retenir ses larmes.

- Mais… Tu finiras par te rendre compte que je n'ai pas ma place dans… Ton monde. Et, c'est ça qui me fait peur. – Elle prit une grande inspiration, avala sa salive avec difficulté, puis enchaîna – J'ai été seule toute ma vie. Ça ne m'a jamais dérangée, à vrai dire… Je m'étais habituée à la solitude. Mais… Maintenant, je n'ai plus envie d'être seule. Je te veux toi, et personne d'autre.

A nouveau, les gouttes d'eau salés envahir son doux visage. Il n'était pas encore parti mais elle ressentait déjà la douleur de son départ.

Ben l'écouta attentivement, abasourdie par ses propos. Il avait beau se répéter ce que Rey venait de lui avouer, il n'était pas certain de comprendre là ou elle voulait en venir.

- Je ne comprends pas, finit-il par admettre.

- C'est pourtant évident, bredouilla Rey en baissant la tête.

Mais Ben n'était pas de cet avis.

- Rey… Soupira Ben, ne pouvant néanmoins s'empêcher de sourire. Tu crois vraiment que ce qui s'est passé entre nous ne signifie rien pour moi ? Tu penses sincèrement que je vais te laisser repartir au fin fond de l'Arizona, après tous ce que tu as fait pour moi ?

La brunette, la moue boudeuse, hocha la tête à plusieurs reprises.

- Il y a tellement de jolies filles en Californie. Tu finiras par trouver 100 fois mieux que moi.

Le sourire du garçon disparu. Il venait enfin de réaliser à quel point Rey était persuadée de ne pas être assez bien pour lui… Cette constatation le révolta au plus haut point. Pour la faire taire, et surtout lui faire comprendre à quel point il était fou d'elle, il attrapa sa nuque d'un geste vif et écrasa ses lèvres contres les siennes.

- Tu es tout ce que je désire Rey. Tu es celle que j'ai attendu désespérément durant des années. Tu me rends fou. Jamais je ne pourrais me passer de toi, jamais.

Rey essuya ses larmes d'un revers de la main. Elle ferma les yeux et se glissa dans les bras du garçon, enfonçant son visage contre son cou.

Son cœur tambourinait dangereusement dans sa poitrine.

Elle n'avait jamais compté pour personne. Toute sa vie, elle avait vécu dans l'indifférence la plus totale. Mais ce temps était révolu. Il allait lui falloir du temps avant de l'admettre, avant de réaliser qu'elle n'était plus seule.

Ben encercla le corps de la brune, la serrant étroitement contre lui.

Après une longue étreinte réconfortante, Rey lui demanda :

- Et si nous allions prendre une douche ?

- Ensemble ?

Rey hocha la tête et se leva du lit. Ben la devança et alla ouvrir une porte qui donnait directement dans sa chambre. La brunette poussa un petit cri d'excitation.

- Tu as ta propre salle de bain ! s'exclama-t-elle. Enfin… ça ne devrait pas m'étonner, vu la taille de ta maison.

Elle entra dans la pièce avec curiosité. Ce n'était pas une simple petite salle d'eau d'appoint. Non. Il y avait une baignoire ET une douche, ainsi qu'un meuble à double vasque surmonté d'un immense miroir.

- Je suis certaine que cette salle de bain fait la taille de ma chambre.

- Hum… Possible, murmura Ben avec une toute autre idée en tête que discuter déco et aménagement de salle de bain.

Il s'avança vers la jeune femme et colla son torse contre son dos. Il écarta, d'un geste délicat, les cheveux masquant sa nuque puis y déposa plusieurs baisers. Lentement, il descendit jusqu'à son épaule, tirant par la même occasion sur la bretelle de son débardeur. Sa main s'aventura progressivement le long de son ventre, effleurant sa peau avec douceur. Ses doigts tracèrent une ligne invisible sur son abdomen qui les guida jusqu'à la frontière de son soutien-gorge. Sa main engloba sa poitrine et Rey lâcha un soupire de satisfaction.

- Allons sous la douche, souffla la brune en se détachant de lui.

En quelques secondes, ils se déshabillèrent pour se glisser sous le jet d'eau. Les deux amants prirent le temps de s'admirer, l'eau dégoulinant le long de leurs corps.

Rey enroula ses bras autours de la nuque de Ben. Ce dernier s'avança vers elle et picora ses lèvres. Les seins de Rey pointèrent contre son torse et un rauque de plaisir lui échappa. Sa bouche descendit contre la courbe fragile de sa gorge, sa langue traçant le schéma de ses veines. Ses lèvres s'arrêtèrent sur l'auréole de son sein droit, il prit son mamelon en bouche et l'aspira. Rey se mit à couiner de plaisir, le laissant s'occuper de sa poitrine avec une dévotion toute particulière.

Lorsqu'il se recula soudainement, la brunette protesta. Mais lorsqu'il tomba à genoux face à elle, sa protestation se transforma en une excitation toute particulière. Le voir dans cette position fit grimper soudainement la température de son corps, elle se dandina d'impatience.

Ses mains, imposantes et puissantes, s'enroulèrent autours de ses hanches. Sa bouche traîna lentement le long de ses cuisses jusqu'à arriver au sommet de toutes ses convoitises. Rey laissa sa tête basculer en arrière, la bouche entre ouverte.

C'était la toute première fois qu'un homme lui faisait ça, là. Et si elle avait su à quel point la sensation était merveilleuse, elle l'aurait supplié de lui faire ce plaisir plus tôt.

La façon qu'avait sa langue de se glisser dans ses plis les plus intimes étaient extraordinaires. Elle s'accrocha à sa tignasse d'une façon presque désespérée, terrassée par le plaisir. Lorsque ses dents raclèrent son petit bourgeon de nerf, pour ensuite l'aspirer, s'en fut trop pour la jeune femme.

Rey sentit ses jambes trembler, son ventre se contracta et le prénom de Ben résonna dans toute la salle de bain. S'il n'avait pas saisi ses hanches pour la maintenir contre lui, elle se serait sans doute effondrée de plaisir.

Ben s'essuya rapidement la bouche et se releva sans pour autant relâcher son étreinte.

- Wow… marmonna Rey, encore sous le choc de l'orgasme.

Après s'êtres lavés mutuellement, ils s'extirpèrent de la douche.

Rey, enroulée dans une serviette de bain, ouvrit la penderie du brun à la recherche d'un tee-shirt qu'elle pourrait lui emprunter. Elle en attrapa un au hasard, le déplia puis l'enfila. Lorsqu'elle sortit du placard, Ben s'était déjà glissé sous la couette et la brunette se dépêcha de le rejoindre.

Elle se coucha contre lui, posant sa tête contre son torse. Ben glissa un bras autours de ses épaules, enroulant l'un de ses doigts autours de l'une des mèches de cheveux de Rey.

Les deux amants étaient plus paisibles que jamais. Rien, n'y personne, ne pouvait gâcher ce moment.

Et c'est ainsi qu'ils s'endormirent, là, dans le lit qu'occuper Ben, 13 ans auparavant.