Dans les flammes de l'enfer

Hermione était furieuse.

En tant que préfète, et surtout voulant être à la hauteur de son nouveau poste, elle se faisait un devoir d'aller vers les plus jeunes élèves pour s'enquérir de leur santé.

Mais depuis que Dolores Ombrage était devenue grande inquisitrice, tout le monde avait peur, surtout de ses retenues. La brune avait insisté pendant des semaines avant de faire cracher le morceau à deux élèves de première année. Très vite, elle avait rassemblé les éléments concernant la maison des lions, puis celle des blaireaux et des aigles mais elle ne voulait pas faire de favoritisme donc elle se dirigea vers son collègue serpent, à reculons certes, mais elle alla vers lui quand même. Pas folle, elle avait attendu qu'il soit plus ou moins seul – ou du moins, éloigné de Parkinson – pour lui adresser la parole.

-Malfoy ? appela Hermione

Le blond redressa la tête du livre qu'il lisait dans le cloître qu'il avait investi avec Nott.

-Granger, soupira Draco en marquant sa page. Dois-je être étonné de te voir ici ? Et où se trouvent les deux autres membres du trio d'or ?

-Harry et Ron ne savent pas que je suis là, si c'est ce que tu demandes, répondit Hermione. J'ai besoin de te parler.

-Et je n'ai pas envie de t'écouter, rétorqua Draco. Je n'ai pas besoin qu'une sang de …

-C'est à propos des retenues d'Ombrage, coupa Hermione.

-Je me fiche de … grinça Draco.

-Ecoute-la, trancha Théo.

Le blond regarda étrangement le blond vénitien avant de capituler.

-Installe-toi, soupira Draco. Théo ?

-Elle se trouve de l'autre côté de l'école, répondit Théo. Une invasion de chiots, il me semble.

Hermione se mordit presque la langue pour ne pas poser la question qui lui était venue. Se pourrait-il qu'il existe une autre carte des maraudeurs ? D'ailleurs, en y pensant, il serait temps qu'elle arrache les vers du nez de Sirius pour fabriquer sa propre carte.

La brune lança quelques sorts pour garantir son confort tandis que le blond les protégeait tous les trois contre les fouineurs, ce qui prit quelques minutes.

-Je t'écoute, Granger, fit Draco.

Elle prit quelques instants avant de prendre la parole.

-Ombrage outrepasse ses prérogatives, annonça Hermione.

-Tu as des preuves ? demanda simplement Draco

-Le poste de grande inquisitrice n'existe pas dans la charte de Poudlard, sourit machiavéliquement Hermione. Dans le cas de la création d'un nouveau poste dans l'école, la charte est extrêmement claire : ce sont les directeurs des quatre maisons qui le décident et ils prennent en compte l'avis des autres professeurs. Dans le cas contraire, toutes les décisions prises par le nouvel ajout est nul et non avenu.

-Si elle est là, c'est que Dumbledore l'a décidé, rétorqua Draco. Donc elle a tout légitimité à …

-Tu n'as toujours pas écouté, Draco, coupa froidement Théo en claquant fortement son livre.

Le jeune homme déposa son livre à ses côtés avant de darder son regard vers la lionne.

-Je suis curieux de savoir où tu as trouvé ce document, demanda Théo.

-Je suis un rat de bibliothèque, renifla Hermione.

-Quel est le rapport ? grogna Draco

-La charte de Poudlard n'est plus disponible dans la bibliothèque de l'école depuis que Dumbledore est devenu professeur, répondit Théo. A la place, le règlement de l'école est apparu et a mis en place ce que nous connaissons actuellement. Le règlement n'a aucune valeur dans l'école.

-Tu es en train de dire que toutes les décisions du vieux fou n'ont aucune valeur ? fronça des sourcils Draco

-Une grande partie, corrigea Hermione.

Depuis qu'Harry avait changé de garant, Hermione s'était mise à examiner les actes du directeur. En tombant sur la charte de Poudlard dans la bibliothèque du manoir Black, elle s'était rendu compte que Dumbledore était très loin de prendre des décisions censées pour le bien-être et la sécurité des élèves.

-Sans oublier le conseil d'administration, ajouta Théo.

-Comment ça ? sursauta Draco

Le blond était un peu inquiet. Comme la plupart des conseils du monde sorcier, les sièges étaient héréditaires.

-Le conseil d'administration, et par extension le ministère, n'a aucun droit de mettre son nez dans les affaires de l'école, expliqua Théo. Poudlard est une institution indépendante que le ministère a prise sous sa tutelle en abusant de son pouvoir il y a quelques siècles. Mais ce n'est pas le sujet pour le moment. Qu'est-ce que tu as entendu sur Ombrage ?

-A part qu'elle ne peut pas entrer dans le bureau du directeur ? renifla Hermione. Elle est incapable d'entrer dans les salles de classe des différents professeurs et elle tente d'entrer dans leurs appartements privés pendant qu'ils sont en cours.

-Vraiment ? s'étonna Draco. Comment tu le sais ?

-Je l'ai vu faire, répondit Hermione.

Elle s'était d'ailleurs étonnée que Loki Potter n'ait pas mis des protections bien plus radicales pour protéger ses secrets. Ombrage s'en était sortie qu'avec une main brûlée, d'après Harry.

-Les professeurs doivent être au courant des libertés qu'elle prend, songea Théo. Mais ce n'est pas de ça dont tu veux parler, je me trompe, Granger ?

-Non, fit Hermione. Est-ce que tu as eu des retours des retenues qu'elle donne, Malfoy ?

-Ce sont les préfets de septième année qui gardent un œil sur les retenues qui ne sont pas données par le professeur Snape, commenta Draco. Et ils n'ont rien dit de spécial.

-Est-ce que tu penses qu'ils diraient quelque chose si on leur demandait de se taire ? hésita Hermione

Draco et Théo se regardèrent quelques instants.

-Tu penses à quelque chose de précis, fit Théo.

-Je veux d'abord savoir si vous avez entendu quelque chose d'étrange avant de parler, insista Hermione.

-Nous sommes des Serpentards, rappela Draco. Nous ne nous livrons pas aussi facilement que les Gryffondors, comme le veut notre éducation Sang Pur. S'il se passe quelque chose avec Ombrage, il faudra leur tirer les vers du nez.

-Faites-le, pria Hermione.

Théo la regarda pensivement.

-Est-ce que ce que tu penses que nous découvrirons pourrait nous permettre de la faire partir de l'école ? demanda Théo

-Ça pourrait peut-être même lui garantir la prison pour un certain nombre d'années, assura Hermione.

Théo fouilla dans ses poches pour en retirer un morceau de parchemin et une plume. Rapidement, il y inscrivit quelque chose avant de le tendre vers la jeune fille.

-Emprunte ce livre et lis-le, ordonna Théo. Ça te servira.

Comprenant qu'il ne lui servait plus à rien de rester, Hermione empocha le parchemin, salua les deux adolescents et fila vers la bibliothèque. Ce fut à ce moment-là qu'elle regarda enfin ce qui avait été écrit.

Se défendre avec des mots et des faits : la justice dans la Grande Bretagne sorcière semblait être ce qui lui manquait pour attaquer dans les règles de l'art cette garce de Dolores Ombrage.

§§§§§

Amelia Bones recevait Kingsley Shacklebolt dans son bureau. L'enquête concernant l'accusation du ministère au sujet d'un patronus dans une zone moldue venait de se terminer mais également celle pour expliquer le changement de garant d'Harry Potter.

-Nous avons un problème, annonça Kingsley.

-Lequel ? s'étonna Amelia

-Il semblerait qu'aucun membre du département de l'Enfance ne se soit présenté au domicile des Dursley, ni du côté moldu, ni du côté sorcier, répondit Kingsley.

-Pourquoi côté moldu ? s'étonna Amelia

-Harry Potter a une existence moldue parce que sa mère Lily est elle-même née de moldue, rappela Kingsley. De plus, pour justifier l'allocation versée aux Dursley pour l'éducation du jeune Potter, les gobelins devaient déclarer l'enfant aux services de Sa Majesté.

-Il est vrai que nous rencontrons de plus en plus souvent ce problème, marmonna Amelia. Ensuite ?

-Les voisins m'ont confirmé l'existence de Potter et l'image très négative qu'ils ont de lui, répondit Kingsley. Toutefois, quand on interroge les enfants, enfin la plupart, le discours est tout autre. Ils n'ont jamais eu de problème avec Potter mais ils étaient régulièrement tyrannisés par son cousin Dursley. D'ailleurs, ils sont heureux qu'il soit entré à l'hôpital.

-Donc Potter n'était pas aimé de sa famille, constata Amelia.

-C'est pire que cela, serra les dents Kingsley. Sous le prétexte de leur vendre de l'électroménager, je suis entré chez les Dursley et il n'y avait aucune trace de Potter, aucune photo, rien. A l'étage, j'ai noté la chambre parentale, celle de leur fils, une chambre d'ami et un cachot.

-Un cachot ? sursauta Amelia

-Je ne peux pas l'appeler autrement, s'excusa Kingsley. La porte était bardée de verrous plus gros les uns que les autres et on avait installé une trappe au bas de la porte, sûrement pour passer la nourriture dans la pièce. Bien entendu, je suis entré sans utiliser la magie et toute la pièce était en ruines.

-Potter cassait ses meubles ? proposa Amelia

-Si seulement, soupira Kingsley. Non, les meubles étaient bons pour la déchetterie et si on se fiait à l'état du reste de la maison, c'était intentionnel. J'ai repéré les vêtements sorciers dans l'armoire qui n'en portait que le nom, le lit qui tombait en miettes … il vaudrait mieux que vous puissiez le voir par vous-même.

D'un geste, il sortit un long filament blanc de sa tête et le plaça dans une fiole pour que sa supérieure puisse consulter son souvenir.

-Quoi d'autre ? demanda Amelia

-Il faudrait le confirmer par un interrogatoire en règle mais je suis certain que les Dursley n'ont jamais rien révélé à Potter sur son statut de sorcier, déclara Kingsley.

-Mais Pétunia Dursley a bien vécu avec Lily Potter, non ? s'étonna Amelia

-Je n'ai mis qu'une seule goutte de véritasérum dans leur thé, s'excusa Kingsley, mais ça a été suffisant pour comprendre qu'ils étaient contre la magie. Si vous voulez savoir leur position exacte, soit vous les interrogez officiellement, soit vous demandez des réponses à Harry Potter.

Amelia grimaça. Passer par Loki ne sera pas de tout repos.

-Je prends note, fit la directrice.

-Autre point mais je ne crois pas que ça entrera dans le cadre de l'enquête, fit Kingsley. Vous souvenez-vous des affirmations de Dumbledore concernant la protection du jeune Potter ?

-Oui, fit Amelia. Il a déclaré qu'il avait lancé de puissantes protections autour de la maison d'Harry Potter et de sa famille dans laquelle il vit heureux. On sait qu'il a menti pour la dernière partie. Et alors ?

-J'ai eu l'occasion de vérifier la magie contenue dans la maison à l'aide d'un artefact que le département des Mystères a bien voulu me prêter, révéla Kingsley. La maison est devenue magique peu après l'arrivée du jeune Potter dans le foyer.

-Où est-ce que vous voulez en venir ? pressa Amelia

-Le département des Mystères me l'a confirmé avec des études étrangères à l'appui, soupira Kingsley. Une maison moldue ne devient magique qu'après deux générations magiques, soit une quarantaine d'années environ. Mais il existe un autre cas où une maison devient magique. C'est quand un être magique y vit un grand choc. Je pense que le 4 Privet Drive est devenu magique le jour où Harry Potter s'est fait maltraiter sévèrement pour la première fois.

-Mais, et les protections ? demanda Amelia. Elles auraient réagi à un tel changement magique, non ?

-Madame la directrice, fit gravement Kingsley. Il n'y avait aucune protection ni alarme autour de cette maison. Cet enfant aurait pu mourir sans que qui ce soit ne s'en inquiète avant qu'il ne reçoive sa lettre pour Poudlard.

Amelia ferma les yeux, défaite. C'était pire que ce qu'elle aurait pu imaginer.

-A quoi pensait donc Dumbledore en lâchant cet enfant dans la nature ? pesta Amelia

-A en faire une docile marionnette, répondit Kingsley.

La directrice le regarda, intrigué.

-Disons que ce sont des informations … privées, toussa Kingsley.

-Il n'en sera pas fait aucune mention de ce que vous allez me révéler jusqu'à ce que j'aie des preuves formelles, déclara Amelia.

Rassuré, Kingsley se mit à parler.

-Ça n'a été flagrant que pendant les vacances de fin d'année, déclara Kingsley. Deux jours avant la fin des cours, les enfants Weasley et Harry Potter ont quitté Poudlard au beau milieu de la nuit pour se rendre au QG de l'Ordre du Phénix.

-Loki Potter a accepté ça ? s'étonna Amelia

-Loki Potter n'a rien accepté du tout, ricana Kingsley. D'après Molly Weasley, qui le tient de ses jumeaux, Potter a vertement rappelé à l'ordre Dumbledore concernant ses droits et devoirs envers la nouvelle génération. Il a rappelé son pupille deux jours plus tard sans que Dumbledore n'ait pu le contraindre à rester au QG et depuis, il organise un entraînement pour aider Potter à affronter Voldemort. Des cours d'occlumencie avec Severus Snape pendant l'année scolaire et des cours de défense pour cet été. Les deux derniers Weasley sont de véritables mines d'informations, surtout que cela devait rester secret du reste de l'Ordre.

-Et Loki Potter a accepté ça ? se répéta Amelia

-Loki Potter n'a toujours pas eu son mot à dire, renifla Kingsley. Là où je veux en venir, c'est que Dumbledore semble avoir des projets précis pour le jeune Potter et son bien-être n'en faisait pas partie. Il organise sa vie sans lui demander son avis et il s'attend à ce qu'il lui obéisse au doigt et à l'œil. Il a juste oublié que Potter a un parent qui n'a pas l'intention de le laisser faire.

-Nous ne pouvons qu'en être heureux, souffla Amelia. Rédigez votre rapport, Shacklebolt, et je vais immédiatement le porter aux meilleurs avocats du ministère pour vérifier qu'on peut bien mener les Dursley et peut-être même Dumbledore devant la justice. C'est déjà le cas pour Ombrage.

-Comment ça ? s'étonna Kingsley

-J'ai découvert à Azkaban un document ordonnant à deux détraqueurs de se rendre à Privet Drive pour soi-disant Embrasser un sorcier coupable d'un crime.

-Mais … s'horrifia Kingsley. Harry Potter était le seul sorcier qui vivait là à des kilomètres à la ronde !

-Je m'en suis doutée, soupira Amelia. Maintenant, il reste à savoir si elle a donné cet ordre en toute conscience ou non, auquel cas il nous faut connaître l'identité du commanditaire mais également de la façon dont elle a obtenu l'adresse du jeune Potter qui était sous le sceau du Strict Besoin de Savoir.

§§§§§

Sans un mot, Neville avait conduit Harry vers la salle sur demande et l'avait forcé à s'asseoir. Avec des gestes saccadés, il lui avait pris la main mutilée et l'avait patiemment soigné.

-Nev …

-Pas un mot, gronda Neville. Je suis furieux contre toi donc laisse-moi me calmer avant de me parler.

Harry se tut, la tête basse. Hermione, qui les avait suivis, avait vu l'état de la main de son meilleur ami et avait un air très sombre.

Hermione et Neville avaient été inquiets lorsqu'Ombrage avait donné cette série de retenues à Harry sans motifs valables. Mais le brun avait simplement déclaré qu'il ne faisait que des lignes en sa présence. Mais alors qu'il revenait de sa dernière retenue, Neville, qui avait noté qu'il se frottait régulièrement le dos de la main, avait fait sauter le glamour et avait vu les dégâts.

Et les voici dans la salle sur demande, avec un lionceau penaud et deux lions prêts à arracher quelques têtes.

-Ça dure depuis quand ? demanda Neville d'une voix emplie de colère

-Ce n'est pas … commença Harry.

-Termine cette phrase et je t'en colle une, intervint Hermione. Si tu veux savoir, des élèves de toutes les maisons subissent ce que tu as subis depuis que cette garce est à la tête de l'école. Tu penses que ce n'est pas grave ? Imagine comment se sentent ceux qui sont punis de cette manière depuis le début de l'année !

Harry baissa la tête.

-Alors ? insista Neville

-Depuis qu'elle m'a intercepté à la fin des cours, soupira Harry.

-Tu n'aurais pas pu prévenir un professeur ? grinça Hermione

-Si, comme tu le dis, ces punitions durent depuis un moment, pourquoi penses-tu que les élèves n'aient encore rien dit ? siffla Harry. Je suis certain que les professeurs ne peuvent rien faire contre elle !

-Même Loki ? pointa Neville

Harry baissa la tête, penaud. Il avait toujours tendance à penser qu'il devait se débrouiller tout seul mais maintenant que Loki était là, il aurait toujours du soutien.

-C'est vrai, concéda Harry. Mais elle a assuré qu'elle lui ferait du mal si je parlais !

-Avant d'être professeur à Poudlard, Loki est maître de duel mais aussi et surtout Régent Potter, rappela sèchement Neville. Ombrage n'est qu'une employée du ministère et elle a blessé son pupille. Elle n'a aucun moyen de pression sur lui.

-Et ce n'est pas à toi de protéger les adultes, sauf s'ils ne peuvent pas le faire, ajouta Hermione. Est-ce que Loki te semble incapable de se défendre ?

-Non, souffla Harry.

-Bien, fit Neville. Alors nous allons nous rendre dans son bureau et tu vas lui raconter précisément ce qui se passe avec Ombrage, sans rien omettre. Et tu n'as pas intérêt à contester la punition que tu recevras pour ne pas avoir parlé plus tôt.

Harry se recroquevilla. Même s'il l'avait sauvé l'été dernier, le brun avait peur que son aîné ne le punisse comme Vernon.

-D'accord, lâcha Harry.

Neville vérifia une dernière fois la main de son frère de magie qu'il avait plongé dans de l'essence de murlap avant de la bander et tous les trois se dirigèrent vers le bureau de Loki, non sans éviter la nouvelle brigade inquisitoriale et son chef détesté, Dolores Ombrage. Loki fut surpris de les retrouver sur le pas de sa porte mais les fit entrer. Mais quand Neville enleva le bandage de la main d'Harry, l'aîné Potter bondit pour examiner le membre mutilé avant de se précipiter vers la cheminée.

-SNAPE ! rugit Loki. RAMENE TES FESSES ICI TOUT DE SUITE !

L'instant suivant, Severus Snape arriva de forte mauvaise humeur. Il voulut ouvrir la bouche pour engueuler son collègue mais ce dernier lui désigna son pupille qui tenait toujours sa main. Délicatement, Severus s'approcha et examina la main.

-Je reviens, fit Severus en repassant par la cheminée.

Trois minutes plus tard, il était de retour et faisait boire plusieurs potions à Harry tout en passant une pommade sur la main où une phrase était gravée.

-Tu n'as rien vu pendant les cours ? grinça Loki

-Je pourrais te retourner la même question, il s'agit de ton pupille ! rétorqua Severus. Je t'ai déjà dit qu'il sait parfaitement garder ses secrets quand il s'en donne la peine mais il ne sait pas le faire consciemment ! Mais ce n'est pas le sujet. Qui vous a fait cela, Potter ?

-Do … commença Hermione.

-Je vous poserais la question si je voulais que vous y répondiez, mademoiselle Granger, tança Severus. Monsieur Potter, répondez !

-Ombrage, soupira Harry.

-Pourquoi, par Merlin, n'avez-vous pas prévenu votre directrice de maison ou un professeur. Même, votre garant magique ! éclata Severus. En plus, vous ne devez pas être le seul !

-Ils ne pouvaient pas, intervint Hermione.

-Mademoiselle Granger … gronda Severus.

-Avant de me crier dessus, écoutez-moi, insista Hermione. Les élèves ne peuvent rien dire sur le contenu des retenues. J'ai rencontré ce problème avec d'autres élèves punis.

-Et vous n'en avez pas avisé votre directrice ? railla Severus

-Si, fit Hermione. Mais tout comme madame Pomfrey, elle a les mains liées puisque le statut de la grande inquisitrice veut que les punitions qu'elle donne ne soient plus contestables par les professeurs.

-Combien d'élèves sont concernés par ces punitions inhumaines ? demanda Severus

-D'après ce que je sais, douze de Gryffondor, sans compter Harry, neuf de Serdaigle et dix de Poufsouffle, répondit Hermione. Tous nés de moldus ou sang mêlés. Pour ce qui est de Serpentard, mes contacts m'ont confirmé qu'il y en avait eu quelques-uns mais je n'ai pas le nombre exact.

Severus pinça ses lèvres. Il pouvait comprendre que les Serpentards n'aient pas parlé mais les autres maisons ? C'était impossible !

-Elle va payer ! gronda Loki

Le professeur de Défense avait une aura noire autour de lui, signe qu'il perdait vraiment le contrôle de ses nerfs. D'un geste, le bandage d'Harry se remit en place et un filet de magie le caressa pour le rassurer. Sûrement pour contrebalancer le sourire sadique qui ornait son visage.

-Il est temps de mettre cette salope face à ses crimes, gronda Loki. Allons dans la Grande Salle.

-Potter … prévint Severus. Ne fais pas ton Gryffondor de base !

-Ce serait être trop gentil pour elle, ricana Loki.

Perturbés par cette nouvelle facette, Hermione, Neville et Harry s'empressèrent de sortir du bureau, sur les talons de Severus et de Loki. Tous les cinq se rendirent dans la Grande Salle où le dîner était servi.

-DOLORES OMBRAGE ! rugit Loki en faisant claquer les doubles portes

Tous les élèves sursautèrent violemment. Il était extrêmement rare de voir Loki Potter perdre son calme. Hausser le ton, oui, mais exprimer sa colère, non. Le professeur arriva rapidement devant la dernière table où la grande inquisitrice s'était redressée, un air fier sur le visage.

-Voyons, Loki, vous montrez un si mauvais exemple aux élèves et … commença Dolores.

-Déjà, mettons les choses au clair, c'est professeur ou maître Potter pour vous, on n'a pas élevé les cochons ensemble ! claqua Loki. Je ne vous ai jamais proposé de m'appeler par mon prénom et moi vivant, ça n'arrivera jamais !

-Je suis … protesta Dolores en montant dans les aigus.

-Je m'en tamponne de vos titres ! cracha Loki. Si je suis ici, c'est pour vous provoquer en duel d'honneur pour avoir blessé mon pupille et fils Harry Potter !

Une aura magie entoura Loki Potter et Dolores Ombrage, signe que la magie avait bien pris en compte sa demande et qu'elle avait accepté que le duel ait lieu.

En voyant cela, Ombrage devint pâle comme la mort.

-Les duels sont interdits … balbutia Dolores.

-Pas les duels d'honneur validés par la Magie, sourit machiavéliquement Loki. Professeur Flitwick, acceptez-vous d'arbitrer ce duel ?

-Etes-vous sûr de cela, Loki ? demanda Filius

-Certain, assura Loki.

-Très bien, fit Filius. Quelles sont les conditions ?

-Si Ombrage gagne, j'accepte de quitter mon poste de professeur de défense à Poudlard, déclara Loki.

Les élèves murmurèrent. Loki Potter était l'un des meilleurs professeurs qu'ils aient pu avoir et il était bien parti pour passer outre la malédiction. Son départ serait une tragédie.

-Et dans le cas contraire ? fit Filius

-Je veux qu'elle obéisse à tous mes ordres jusqu'à la fin de ses jours, décréta Loki.

La stupeur s'empara de l'assemblée. C'était une demande surprenante.

-Mademoiselle Ombrage, acceptez-vous ces conditions ? demanda Filius

Ces quelques instants avait permis à la grande inquisitrice de se reprendre.

-J'accepte, répondit Dolores. Je vais maintenant choisir mon champion …

-Vous êtes mineure ? coupa Loki

-Non, répondit Dolores, surprise.

-Incapable d'utiliser la magie ? demanda Loki

-Non, répondit Dolores.

-Ou sous tutelle ? insista Loki

-NON ! rugit Dolores

-Alors vous pouvez faire ce duel, en conclut Loki.

-Comment ça ? piailla Dolores. Dans un duel officiel, les participants peuvent parfaitement désigner un champion pour les remplacer !

-Pas dans le cadre d'un duel d'honneur, toussa Filius. C'est d'ailleurs l'un des seuls cas où l'accusateur et l'accusé doivent impérativement combattre eux-mêmes.

Le visage cadavérique de Dolores Ombrage fut un délice pour tout le monde.

-Selon les règles ancestrales, le duel doit se dérouler à la tombée de la nuit, déclara Filius. Etes-vous d'accord pour qu'il ait lieu demain soir ?

-Oui, répondit Loki.

-Je n'ai pas le choix, hoqueta Dolores.

Satisfait, Loki tourna des talons et quitta la Grande Salle avec sur ses talons ses trois élèves ainsi que Severus Snape. Ils retournèrent dans le bureau de Loki dont il referma soigneusement la porte derrière eux.

-Snape, j'ai besoin de la liste des potions que tu viens de donner à Harry, ordonna Loki. Mademoiselle Granger, la liste des élèves qui ont subi les punitions de cette chère Ombrage. Monsieur Longbottom, vous allez m'accompagner Harry et moi.

-Les élèves n'ont pas le droit de sortir sans l'autorisation de leur tuteur, rappela Severus.

-Un point que j'ai rappelé à Dumbledore aux dernières vacances, ricana Loki. J'ai l'autorisation d'Augusta Longbottom depuis le nouvel an, ne t'inquiète pas. Mademoiselle Granger, quand pourrais-je avoir cette liste ?

La brune se mordit les lèvres, hésitante, faisant voyager son regard entre Loki et Severus.

-Il me manque des noms, avoua Hermione.

-Et quand pourriez-vous les avoir ? demanda Loki

Hermione soupira lourdement avant de répondre.

-Ce sont Malfoy et Nott qui ont ces noms, déclara Hermione.

Loki se tourna vers Severus qui comprit aussitôt.

-Donne-moi quelques minutes, fit Severus.

Cinq minutes plus tard, les deux Serpentards furent conviés dans le bureau de Loki Potter.

-Messieurs, fit Severus. J'ai besoin de la liste des élèves qui ont eu des retenues avec Dolores Ombrage. Le professeur Potter en aurait besoin dans les plus brefs délais.