Thème 18 : Fleurs
Canon.
Philippe savait que le chevalier était malade depuis quelques jours. Il n'arrivait pas à s'occuper de lui comme il le voulait, Louis lui interdisait l'accès à la chambre de son amant car celui-ci était très contagieux. Le brun était comme un lion en cage, il ne supportait pas d'être impuissant comme ça. Il réfléchit longuement à la façon dont il pourrait montrer à son amant qu'il s'inquiétait pour lui et qu'il l'aimait. Au bout d'une réflexion interminable il trouva enfin. Il alla voir monsieur Jacques et passa un accord avec lui. Le jardinier fit donc parvenir des centaines de bouquets dans la chambre du malade. Il y avait un bouquet pour chaque variation de fleurs que l'on pouvait trouver dans les jardins et les serres du roi. Avec il y avait chaque fois un mot différent comme par exemple « je t'aime », « j'espère que tu guériras vite », « tu me manques », « j'ai hâte de te revoir » et bien d'autres. Certes Louis avait fait venir le jardin à Henriette lorsqu'elle était sur son lit de mort, et Philippe avait trouvé l'idée merveilleuse. De son côté le brun avait décidé de faire ça de façon un peu plus romantique. Il n'avait pas beaucoup d'informations sur la maladie qu'avait le chevalier, le médecin était resté très vague. De son côté Louis avait des informations mais n'en pipait mot, il répétait simplement à son frère qu'il devait être patient. Philippe faisait donc inlassablement les cent pas en attendant que quelqu'un accepte enfin de lui livrer des informations. Louis vint le voir :
-Mais calme-toi pour l'amour du Ciel !
-Comment veux-tu que je me calme alors que l'homme que j'aime est alité avec un mal qui le ronge et dont personne ne veut me parler !
-Je viens te passer un message de la part du chevalier justement. Les fleurs lui ont plu, il te remercie et te fait dire que tous les messages sont réciproques.
-D'accord, mais qu'est-ce qu'il a ?!
-Le médecin ne trouve pas précisément. Il a des idées mais n'arrive pas à trouver le facteur décisif. Mais il pense que la vie du chevalier n'est pas en danger... du moins pour l'instant.
-Quoi ?! Je veux le voir et tu ne m'arrêteras pas !
Philippe voulu sortir, mais deux gardes le bloquèrent avec leurs hallebardes. Philippe regarda son frère plus outré que jamais :
-Je rêve n'est-ce pas ?
-Non, je ne veux pas prendre le risque que mon frère attrape une maladie inconnue qui pourrait peut-être se révéler mortelle à long terme !
-Je veux le voir ! Ça fait plus d'une semaine que j'ignore tout de ce qui lui arrive !
Le roi soupira et le regarda :
-J'aimerais que tu me fasses confiance. J'ai demandé à mon médecin personnel de s'occuper de lui. Tu connais Claudine n'est-ce pas ? Tu sais à quel point elle est douée.
-J'ai peur, tu comprends ça ?
-Bien sûr que je le comprends. Mais ne t'en fais pas, ça ira. Elle m'a dit ce matin qu'elle était proche du but, que ce n'était qu'une question d'heures. Elle dit que le traitement provisoire qu'elle lui donne le soulage et calme un peu ses maux.
Philippe se passa une main dans les cheveux, il allait devenir fou. Louis lança :
-Oh, j'allais oublier ! Le chevalier m'a demandé de t'apporter ça.
Louis se tourna vers Bontemps. Celui-ci lui tendit une boîte. Louis la prit puis la tendit à son frère :
-C'est de sa part.
Philippe ouvrit la boite et sourit, c'était une magnifique orchidée mauve tachetée de noir. Il y avait un mot avec « Philippe, mon amour, ne t'inquiète pas, Claudine dit qu'elle a presque trouvé ce que j'ai. Elle dit que d'ici quelques jours je serais à nouveau auprès de toi. Ne désespère pas, et merci pour toutes ces magnifiques fleurs mon amour. À très vite, ton chevalier ». Les yeux du brun le brûlèrent, ils étaient remplis de larmes. Philippe tourna la tête vers son frère :
-Merci, ça m'aidera à patienter.
-C'est une variété unique d'orchidée, c'est monsieur Jacques qui l'a créée à ma demande et j'ai autorisé le chevalier à te l'offrir.
-Merci mon frère.
Un garde arriva :
-Votre Altesse, le médecin me fait vous dire qu'il a trouvé la maladie du chevalier de Lorraine. Il dit qu'à présent c'est sans danger, finalement ce n'est pas contagieux. Il dit que vous, ainsi que Monsieur, pouvez venir le voir.
-Bien.
Le garde avait à peine terminé sa phrase que Philippe avait couru hors de sa chambre, poussant les gardes pour sortir. Il alla directement dans la chambre de son amant et le prit dans ses bras. Les deux homme s'embrassèrent longuement, heureux de se retrouver enfin. Claudine les regarda :
-Monsieur, le Chevalier de Lorraine souffre d'un début de diabète, l'urine sucrée. Ce n'est pas tellement étonnant au final, avec tous les excès que vous avez fait toutes ces années. Il faut limiter les aliments gras, trop salés et surtout les choses sucrées. Limiter le vin et marcher, prendre l'air autant que possible. Comme je l'ai dit il a un taux faible pour le moment, alors si vous respectez les instructions que je viens de vous donner, je pense que ça n'augmentera pas et ce ne sera alors pas trop dangereux.
-Bien, nous allons faire attention.
-Il faut aussi qu'il se repose, je lui ai fait beaucoup d'examens ces derniers jours, il devrait donc rester au lit encore un peu. Vous pouvez faire quelques pas dans la chambre pour vous dégourdir, mais je vous recommande de ne pas sortir tout de suite. Toutefois ouvrir la fenêtre pour faire entrer l'air frais serait une bonne chose.
-Très bien, merci pour tout docteur.
-Mais je vous en prie.
Elle leur sourit et partit. Le brun ouvrit la fenêtre en grand et revint auprès de son amant. Il lui tendit la boite :
-C'est la plus belle fleur que j'ai jamais vu.
-Elle est magnifique en effet. Je ne savais pas à quoi elle ressemblait quand le roi m'a proposé de te l'offrir. Il m'a simplement dit qu'elle avait été créé à sa demande, normalement pour l'une de ses maîtresses. Mais c'était très gentil de sa part de m'autoriser à te l'offrir.
Les deux hommes sourirent et restèrent l'un contre l'autre. Au bout d'un moment Philippe aida le chevalier à marcher un peu dans la chambre. Le blond avait les jambes engourdies, il avait donc besoin de se tenir à son amant pour tenir debout correctement. Après ça ils s'installèrent à nouveau sur le lit et le chevalier lança plus heureux que jamais :
-Jamais on ne m'avait offert de fleurs avant. J'ai vraiment de la chance de t'avoir, tu me combles d'attentions mon amour.
Ils continuèrent de discuter, ils étaient heureux que les jours du chevalier n'étaient plus comptés. Les deux hommes pourraient continuer de profiter l'un de l'autre pendant un long moment encore. Philippe regarda la chambre remplie de bouquets et sourit, il avait eu une excellente idée en faisant venir tout ça. De plus ça créait une étincelle dans le regard du chevalier, et ça, ça n'avait pas de prix.
Fin.
