Attention : Je rappelle que l'OC est un personnage de fiction et que ses réactions ne sont absolument pas représentatives des réactions que peut avoir une personne abusée dans la vraie vie. Chaque victime adopte un comportement différent et gère comme elle le peut sa reconstruction après coup.

On ne le répètera jamais assez : Si vous avez été victime de viol, sachez tout d'abord que vous n'êtes en AUCUN CAS FAUTIVE OU FAUTIF et que des numéros verts existent : le 39 19 pour les violences faites aux femmes (anonyme et gratuit). Et le 0 800 05 95 95 : SOS Viol-Femmes-Informations (anonyme et gratuit.)

Vous trouverez tous les numéros et les informations utiles sur le site du gouvernement, sur la page du Secrétariat d'Etat chargé de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations. Onglets : Accueil, J'ai besoin d'aide, A qui m'adresser ?, Les numéros d'écoute, d'informations et d'orientation.

N'hésitez pas à en parler à des professionnels qui sauront vous aider pour vous reconstruire. Et surtout, n'oubliez jamais que vous n'êtes pas seul.

Bonne lecture et à bientôt,

Kitsune-nee-san


Il éclata de rire à sa remarque, juste avant d'étirer un sourire en coin particulièrement pervers. « Fufufu – ce n'est que partie remise Risa-chan. Mais le prix de cette dernière information vient de drastiquement monter. C'est la loi du marché. » Elle laissa quelques secondes avant de répondre d'une voix plate. « Une chance, il paraît que je suis plutôt douée en matière de négociation. » Et elle s'avança vers la porte pour rejoindre Kisuke sous son ricanement presque sadique.

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A peine eu-t-elle refermé la porte en bois de son bureau qu'elle se retrouva enserrée dans une étreinte à lui briser les os. « Ris' ne refais plus jamais ça », lui souffla Kisuke, sa voix étouffée dans ses mèches blanches. Risa mis quelques secondes avant de venir poser ses mains dans son dos et tapoter doucement celui-ci comme elle avait l'habitude de le faire quand le blond l'enserrait dans ses bras. « Excuses-moi, Kis'. Je n'aurais pas dû élever la voix », lui dit-elle platement. Le Second la relâcha et se recula en dodelinant de la tête tout en plantant ses yeux bleus fatigués dans les siens. Mais alors qu'il ouvrait la bouche pour lui répondre, l'albinos leva la main entre eux et le coupa dans son élan. Ses yeux vairons le fixaient gravement. « Tu sais. Et Grimm' aussi. Il n'y a rien à ajouter. »

L'homme referma la bouche dans une grimace et serra fortement ses épaules. « Ris'… », Supplia-t-il presque. « Le sujet est clos, Kisuke. » Enfonça fermement la nécromancienne sans que son ton ou l'intensité de ses yeux ne vacille. L'inventeur relâcha lentement sa prise en soupirant et ferma les yeux pour tenter d'endiguer sa frustration. Lorsqu'il les rouvrit enfin, il prit cette fois le temps de zieuter plus attentivement sa capitaine et son humeur passa du désespoir à la fureur en une seconde. Inutile d'avoir le quotient intellectuel de Risa pour relier entre eux les indices criant ce qu'il venait d'interrompre. Et, comme pour terminer de le faire fulminer, il nota la très distincte marque de morsure encore écarlate dans le cou de la jeune femme.

Sa mâchoire craqua si fort que la nécromancienne craint qu'il ne se la soit brisée. « Ce sale enfant de p-…» La main qui l'avait précédemment coupé se plaqua sur sa bouche. « Pas ici, ni maintenant. » Murmura la jeune femme en même temps que la porte qu'elle venait de fermer s'ouvrait pour laisser passer la silhouette massive de l'ancien Shichibukai. Kisuke intercepta parfaitement le regard que lui lança sa capitaine et, bien qu'il aurait vendu père et mère pour tester l'aérodynamisme de Donquixote Doflamingo avec la toute dernière arme à propulsion de Jinx, il s'exhorta au calme.

« Fufufu – Quel timing Kisuke-san. Juste quand je dévoilais à Risa-chan la marche à suivre pour retrouver Ômori. » Face à son sous-entendu à peine voilé et malgré les deux veines encore pulsantes sur le front du dragon céleste déchu, Kisuke Urahara décida de répondre de la manière qu'il maîtrisait le mieux. Un sourire candide s'afficha sur son visage en même temps qu'il dépliait son éventail et tournait sur lui même pour terminer dans une pose ridicule, avec l'accessoire masquant sa bouche. « Ah-ah-aaah – J'ai toujours eu un don pour tomber à pic Doflamingo-san ! Il faudra vous y habituer ! »

Le pirate se délecta de la vitesse spectaculaire à laquelle une troisième veine colossale enfla sur le front de l'invité de Risa. Celle-ci dû d'ailleurs prendre sur elle pour empêcher la commissure de ses lèvres de tressauter. Malgré tout le critique de la situation, les deux hommes offraient leur lot de distraction en s'appliquant avec autant de soin à appuyer sur les boutons de l'autre. Et si la vie de Kisuke n'était pas en jeu en ce moment même, elle n'aurait pas manqué de déplier une chaise pour profiter pleinement de ce duo dynamite – allumette.

L'albinos décida cependant d'empêcher l'explosion en se mettant en mouvement et en passant entre les deux, coupant ainsi le double meurtre visuel en cours. « Nous en parlerons demain matin dans la librairie, autour des nouvelles cartes dessinées par Ken. » Son intervention eue au moins le mérite d'attirer sur elle l'attention des deux hommes. « A tes ordres Risa-chan ! » Chantonna Kisuke en passant son avant bras autour de ses épaules pour l'entraîner plus en avant sur le pont en direction de la salle à manger. « Zoé-chan a préparé des gâteaux pour célébrer ton réveil, elle m'envoyait te chercher ! » Risa hocha la tête avec un micro-sourire et suivi l'homme qui babilla joyeusement.

Elle sentit néanmoins la main du blond se crisper sur son épaule en même temps que des pas raisonnaient derrière eux. Lorsque son regard croisa celui de Doflamingo elle remarqua son rictus carnassier criant qu'il n'en avait pas fini avec son Second et se stoppa devant la porte menant à la salle à manger, imitée par les deux quarantenaires. « Messieurs, il y a une enfant dans cette pièce. Je vous prie donc de remballer vos instruments, vous les comparerez plus tard. » Sa voix était glaciale, tout comme son regard. Un contraste saisissant avec l'incendie qui consumait encore ses prunelles à peine quelques minutes plus tôt pensa Doflamingo en ricanant, tandis que Kisuke portait théâtralement son poing fermé à son front en pleurant outrageusement fort que jamais il ne se permettrait une telle chose.

Le dîner, puis la dégustation de gâteaux se déroula sans incident notable. Un miracle rendu en partie possible par les hurlements de Kidd sur Jinx. Puis les insultes particulièrement fleuries de celle-ci en réponse, complétées par des menaces sur la virilité du roux par Grimmjow. Le tout saupoudré des remarques abruptes de Ken sur lesquelles Kisuke ne manquait pas de rebondir afin d'ajouter encore un peu d'huile sur le feu. Zoé de son côte avait élu temporairement domicile sur les cuisses de Risa et se laissait coiffer par celle-ci en même temps qu'elle mitraillait Doflamingo de questions, sa précédente réserve envolée.

« C'est comment Dressrosa ? C'est vrai que t'étais un roi ? Moi, même si je suis pas une princesse, Grimmy c'est mon prince et quand je serai grande je me marierai avec lui ! Pourquoi tu souris tout le temps ? T'as jamais mal à la bouche ? Pourquoi tu portes tout le temps des lunettes ? » S'il avait étonnement répondu avec patience à la plupart des questions de l'enfant et n'avait pas manqué d'exploser de rire à la mention du mariage entre le bleuté grossier et elle, il évita habilement sa dernière question en lui en posant d'autres en retour sous le regard torve de Risa.

Bien qu'elle ne fit rien pour empêcher Zoé de lui raconter son passé avec Eld, le lutin qui l'avait autrefois adopté, ainsi que sa vie dans la forêt, elle avait parfaitement saisit l'évaluation mentale de son équipage qu'il était en train de mener. Fort heureusement, les adultes avaient mis un point d'honneur à ne jamais parler des tortures de Jinx, Ken et Risa en présence de l'enfant pour la préserver. Elle savait juste qu'Ômori était leur ennemi parce qu'il avait fait beaucoup de mal à Risa, point barre. Aucun risque donc qu'elle ne dévoile trop d'informations à l'ex-Shichibukai.

Et celui-ci s'en rendit bien vite compte. Une fois sa curiosité sur l'équipage satisfaite de manière superficielle par Zoé, il se désintéressa d'elle, se contentant de répondre par monosyllabes à ses questions. Elle ne sembla pas plus s'en offusquer, sans doute plus qu'habituée au caractère taciturne de sa capitaine avec qui elle décida de continuer à converser jusqu'à la fin du repas.

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Le lendemain matin, Risa, Doflamingo et Kisuke s'étaient retrouvés attablés au sein de l'imposante librairie autour des derniers travaux consciencieux de Kaneki. Si au départ l'albinos avait songé à élever au rang de sport les joutes verbales entre les deux quarantenaires et jouait les arbitres, elle priait à présent pour être emportée par le fantôme de Big Mom. Dans son état d'expérimentation d'une presque mort cérébrale, elle faillit même manquer le dernier commentaire de Kisuke, qui semblait enfin décidé à se recentrer sur la planification de leur expédition sur Tripocana.

« Puisque l'on parle d'une île dans une île, comment arrivera-t-on à y accéder ? » L'albinos tourna la tête vers l'ancien Shichibukai qui étira son fameux sourire de Cheshire tout en réajustant sa position sur son siège. « Fufufu – il existe une entrée secrète au pied du volcan au centre de l'île. C'est à l'intérieur de celui-ci que l'on accède à la Ville Cachée. » Répondit-il sur le ton de la conversation. Son attitude, tout comme sa réponse bien trop facile fit hausser un sourcil à la nécromancienne qui pivota complètement son buste vers lui et le jaugea un instant.

Le rictus du blond ne bougea pas d'un millimètre et elle soupira. « Je suppose que des précautions ont été prises pour qu'un nombre limité de personnes puissent accéder à la Ville Cachée. » Avança-t-elle tranquillement tout en tendant la main pour empoigner sa tasse de café qu'elle porta à ses lèvres. Doflamingo hocha la tête lentement mais ne répondit rien de plus. Un court silence s'installa au cours duquel les deux pirates s'étudièrent sous l'œil noir de Kisuke. Le Second choisi de se lever pour se poster à côté de Risa et se retrouver à hauteur du visage du dragon céleste déchu.

« Où est la clé ou le code permettant d'accéder à l'entrée Doflamingo-san ? » Demanda-t-il d'une voix polaire. Urahara fronça les sourcils et son regard se fit plus dur en entendant le rire sadique de Doflamingo résonner dans la librairie. « Quel prix es-tu prêt à payer pour le savoir, Kisuke-san ? » La main de l'inventeur fusa vers sa canne, déjà prête à tirer son sabre quand d'un coup celle fine et froide de Risa se fracassa sur la sienne pour le stopper. Son visage était toujours braqué sur celui de son invité qui sourit encore plus largement. « Fufufu – écoutes ta jolie capitaine, Inventeur. Il serait regrettable de tâcher le tapis avec ton sang de si bon matin, hm ? »

Doflamingo se délecta du grincement de dents qui lui répondit. Cependant, il ne pu pleinement profiter de son plaisir car la voix de Risa vint les interrompre. « En fait, il serait avant tout regrettable de gâcher ton sang. N'est-ce pas, Doffy ? » Le blond haussa un sourcil en penchant moqueusement la tête de côté mais ne répondit pas immédiatement. Derrière ses verres rouges, il semblait fouiller activement dans chacun des yeux perçants en face de lui. « Fufufu – qu'entends-tu par là, Risa-chan ? » Ricana-t-il. Ce fut au tour de la jeune femme de pencher la tête de côté. « Une clé se perd, se vole ou se revend. Il en va de même pour un code. Alors que le sang et plus précisément celui des fondateurs… Jamais un dragon céleste ne serait prêt à le donner au petit peuple, même pas par appât du gain. Cela me semble parfait pour sécuriser une planque de la noblesse, je me trompe ? »

Son éclat de rire fit presque trembler les murs et il dû attendre quelques secondes pour se calmer. « Fufufu – terrifiante de clairvoyance, comme d'habitude Risa-chan. Un vrai petit singe savant. » Il sourit encore plus largement face au regard meurtrier de Kisuke qui semblait déployer tout son talent pour mettre au point une technique capable de le calmer. Mais la voix inexpressive de la Capitaine de l'Undertaker ne tarda pas à venir tuer dans l'œuf son amusement sadique. « La plus grande difficulté ne sera pas d'entrer dans la Ville Cachée. Il s'agira surtout de ne pas attirer l'attention en le faisant et ne pas être reconnus. »

Elle soupira tout en posant ses coudes de part et d'autre de la carte de Ken et en posant ses mains sur chacune de ses tempes pour tenter de d'apaiser son mal de crâne. « Je suppose que l'entrée doit être ouverte une fois de temps en temps pour permettre l'approvisionnement de tout ce petit monde en denrées diverses. » L'ancien Shichibukai se désintéressa de Kisuke et l'observa se creuser les méninges en marmonnant parfois dans sa barbe. Si voir sa cadette manquer de se faire exploser le crâne en pressant ses doigts contre ses tempes était un spectacle somme toute fascinant, il fut soudain absorbé par la contemplation de sa main droite qui quitta son profil pour venir se poser sur le bois, laissant ainsi son index tapoter furieusement contre celui-ci.

Le silence tomba et même lui ne souhaita pas déranger cette étrange dynamique. Et il su qu'il avait bien fait lorsque l'index se stoppa brusquement en l'air pour y rester et qu'elle se redressa sur son siège. « Kisuke. » Appela-t-elle en tournant la tête vers son second qui était pendu à ses lèvres. « Quel est le plan Ris' ? » La jeune femme les resservit en café et en bu une gorgée. « Contacte un des amiraux corrompus de la Marine et dis lui que X veut étendre son activité et faire plus de bénéfices sur la vente d'esclaves en proposant une vente directe avec les dragons célestes de la Ville Cachée de Tripocana. Dis lui que nous avons deux arrivages à envoyer cette semaine : mercredi et vendredi. Et que nous avons besoin d'un stand dans leur marché interne. En échange, il recevra 10% des bénéfices réalisés pendant la première vente et 20% pour la deuxième. »

Le blond se frotta le menton pensivement. « Si tu veux poser les pierres pour une révolte en demandant à des esclaves de volontairement se faire racheter, Omori va le savoir tout de suite si jamais il n'est pas là-bas quand la rébellion éclatera. Et comment peut-on savoir s'il existe un marché dans la Ville-Cachée ? » Doflamingo laissa sa joue tomber dans sa main et jaugea le duo. Il ne pu s'empêcher de se demander si c'était comme cela qu'ils avaient planifié sa propre chute. Cependant, il enterra l'amertume de ce souvenir en repensant au retournement de situation qui avait suivi sa défaite et surtout à ce qu'il allait en retirer. Aussi, il se décida à rejoindre leur conversation. « Il y en a bien un. Les dragons célestes détestent s'ennuyer et adorent passer la journée à flâner et à dilapider leur fortune. Ton Second n'a cependant pas tort, Risa-chan. Ta cible va immédiatement savoir que tu as attaqué une de ses cachettes. »

Le sourire sadique qui s'afficha sur le beau visage de Risa le ravit et il ricana en s'avançant légèrement vers elle. « Fufufu – Mais quelque chose me dit que cette charmante petite tête blanche a plus d'un tour dans son sac, hm ? » Elle hocha la tête « Tu devrais le savoir mieux que quiconque, nee Doffy. » Répondit-elle, ses yeux brillants de malice. Il claqua sa langue contre son palais et attendit qu'elle dévoile la suite de son plan, sa curiosité primant sur sa colère. « Une fois que tu auras l'accord de l'amiral, Kisuke, contacte Sabaody et dis leur de ne pas exécuter les prochains Kidnappeurs sur notre liste. Qu'ils les envoient sous bonne escorte à Tripocana : un groupe mercredi et un autre vendredi. Nous allons faire goûter à ces rats leur propre médecine. »

Le visage de Kisuke s'illumina et ce fut à son tour d'afficher son sourire de renard. « Oh. Tu fais d'une pierre deux coups Ris' en punissant les chasseurs et en faisant baisser la garde des dragons célestes qui s'habitueront à de nouvelles entrées dans la Ville Cachée. » L'albinos hocha la tête. « Une fois que nous serons sur place, il nous faudra être discrets pour entrer par effraction dans la planque d'Ômori. S'il est sur place, alors nous lancerons une attaque. Si non, il nous faudra poser du matériel pour toujours garder un œil sur le lieu avant de nous rendre jusqu'à la deuxième cachette. »

Kisuke hocha encore la tête et jeta un bref coup d'œil sur Doflamingo qui souriait comme un dément à l'entente du plan de sa capitaine avant de lui faire de nouveau face. « Et si il est là, quel plan d'attaque préconises-tu ? » Le visage de celle-ci devint sinistre. « Ce sera entre lui et moi. » Risa et Kisuke s'observèrent longuement, comme s'ils discutaient sans même avoir besoin de se parler. Un tel niveau de complicité entre deux personnes était extrêmement rare et Doflamingo repensa à ses propres relations avec son cercle proche. Avait-il un jour entretenu un tel lien, même avec les premiers hommes à l'avoir suivi ?

Ils avaient après tout partagé aussi bien ses joies que ses peines et le connaissaient sur le bout des doigts. Pourtant, un élément semblait manquer pour retrouver l'alchimie quasi-parfaite qu'il pouvait observer entre la nécromancienne et l'inventeur. Et aussi étrange que cela puisse paraître, il se demanda sincèrement ce dont il pouvait s'agir. Finalement, le blond à la barbe de trois jours soupira en dodelinant de la tête. « Tu es impossible », l'entendit-il marmonner avant de le voir se lever et quitter la pièce, laissant Risa avec lui.

La jeune femme soupira et grommela en se détournant de la porte pour refaire face à la carte tout en reprenant le massage de ses tempes douloureuses. Doflamingo vit sa peau laiteuse virer au rouge à force d'être frottée par ses doigts et ricana. « Fufufu – tu ne mentais pas en mentionnant tes maux de tête Risa-chan. » Deux yeux vairons fatigués se posèrent sur lui et elle grogna. « Tout a un prix, Doffy. Et je peux te dire que je paie très cher mon gros cerveau. » Il gloussa amusé par sa détresse. « Fufufu – j'aurais presque de la peine pour toi. »

Son regard devint ennuyé et il éclata de rire en voyant une belle veine pulser sur sa tempe gauche, poussant même le vice jusqu'à la retracer avec son index. « C'est fascinant, Risa-chan. » Reconnaissant l'exact même commentaire qu'elle avait fait à Kisuke à son sujet lors de ses colères, elle claqua sa langue contre son palais et le gratifia d'une pichenette sur le front. Dès que deux veines apparurent sous la peau de l'ancien Shichibukai qui la fusilla du regard et agrippa douloureusement sa main, elle laissa apparaître un minuscule sourire. « Nous voilà assortis, Doffy. » Une troisième veine pulsa et elle sentit son poignet être serré plus fort.

Le sourire de la nécromancienne retomba et son visage redevint impassible tandis qu'elle l'observait patiemment manquer de casser son poignet. Voyant qu'il ne comptait pas la lâcher, elle soupira. « Finis-en si tu dois en finir ou relâche moi, Doffy. J'ai mal au crâne et je veux juste aller m'allonger et dormir. » Elle cligna des yeux avant d'ajouter de sa voix vide d'émotion. « Ou bien sois un gentleman et aide moi à me fracasser la tête contre un mur. Sois même un vrai chou et assommes-moi sur le coup. »

Le dragon céleste déchu renifla d'amusement à sa dernière phrase et à l'appellation ridicule qui jurait avec ses manières avant de finalement relâcher son poignet qui était déjà marqué par ses doigts. « Fufufu – et moi qui pensais que les femmes étaient plus sensibles aux fleurs et aux mots doux Risa-chan. » L'albinos se leva et ne fit qu'une dizaine de pas sur sa droite avant de se laisser tomber sans grâce sur un canapé en cuir, son bras gauche passant par-dessus ses yeux. « Plus qu'aux fracture du poignet, c'est une certitude. Mais je chéris par dessus tout une chose, Doffy. » « Hm ? » « Un silence de mort. » « HAHAHAHA ! »

Lorsqu'il se tut, le calme prit enfin place dans la grande librairie. Il ne fut troublé que par deux choses : le bois de la chaise occupée par Doflamingo qui grinça lorsqu'il se leva puis le bruit de ses pas. Ils se stoppèrent un instant, devant une bibliothèque supposa-t-elle en reconnaissant au bout de quelques secondes le bruit caractéristique d'un ouvrage tiré de son étagère. Puis ils reprirent jusqu'à elle avant de se stopper à côté de sa tête. Risa releva son bras pour zieuter la grande forme du Shichibukai qui lui souriait narquoisement. « Chaque chose à un prix, Risa-chan. Mon silence pour cette place. » Désigna-t-il sous son regard vairon furieux de ce coup bas.

Elle soupira néanmoins et redressa son buste pour le laisser s'asseoir. Mais à peine ses fesses eurent-t-elles touchées l'assise que la nécromancienne se laissa retomber en arrière, sa tête posée sur la cuisse droite du blond qui haussa un sourcil. « Ta place vaut ma tête sur ta cuisse. » Répondit-elle sèchement avant de reposer à nouveau son bras sur ses yeux et de laisser échapper un soupir d'aise. Elle l'entendit glousser et se contenta de lui tirer la langue avant de profiter d'un silence plus que bienvenu, uniquement perturbé par le bruit des pages tournées au fur et à mesure de la lecture de l'ancien Shichibukai.

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Ce furent d'abord des spasmes dans les jambes de l'invitée sur sa cuisse qui le tirèrent de son roman. Puis dans ses bras, avant que ses mains ne se mettent à s'ouvrir et se refermer en même temps que les muscles de ses avant-bras se contractaient. Doflamingo délaissa définitivement sa lecture lorsqu'il vit avec fascination apparaître une fine pellicule de sueur sur le front de la nécromancienne dont les sourcils se froncèrent comme il ne l'avait vu que lorsque la jeune femme était profondément contrariée. Bientôt une impressionnante chair de poule tapissa ses bras. Sa mâchoire se contracta à intervalles réguliers en même temps que sa respiration s'accélérait et que sa tête commençait à dodeliner de gauche à droite. D'un coup, elle se releva dans une grande inspiration sifflante en portant une main à sa gorge, l'autre fermement refermée sur le cuir du canapé.

Il ne bougea pas. Se contentant de l'observer étrangement comme il le ferait face à un miroir. Ressemblait-il lui aussi à cela lorsqu'il était en proie à ses propres cauchemars ? Ses membres se réveillaient-ils en même temps que son angoisse montait crescendo jusqu'à le tirer de l'enfer que lui refaisait vivre son cerveau ? Il se retrouva dans ses halètements lourds et les restes de tremblements de ses mains. Lorsqu'elle sembla sentir sa présence derrière elle, l'ex-Shichibukai vit l'intégralité de son dos se raidir. Il su d'instinct ce qu'il avait à faire. « Risa. » Appela-t-il gravement. Parce que c'est à chaque fois ce qu'il désespérait presque d'entendre quand son esprit oscillait encore entre les dernières brumes du sommeil et la réalité. Quelqu'un l'appeler pour lui rappeler que ce n'était qu'un rêve. Un souvenir enterré depuis longtemps.

Le visage de l'albinos se tourna vers lui au ralenti. Il se retrouva bientôt face à face avec son regard exorbité qui fixa d'abord ses cheveux blonds avant de rapidement se focaliser sur ses lunettes. Dès qu'elle les vit, sa respiration qui s'était brusquement coupée reprit. Elle se força à inspirer longuement, puis à expirer et répéta l'opération sans qu'il ne bouge ou tente à nouveau de lui parler. Lorsqu'elle sembla se calmer, il vit avec stupeur son ventre se contracter violemment. Une fois. Deux fois. Et sa main gauche se porter automatiquement contre sa bouche en même temps que son buste tombait vers l'avant.

Rien ne s'échappa cependant de ses lèvres scellées. Mais comme mécontent de cette maîtrise, son ventre recommença ses contractions de plus belle. La nécromancienne bondit du canapé et marcha rapidement vers la sortie. Elle du cependant se stopper une ou deux fois pour tenter de contenir son malaise, son épaule percutant le bois des étagères. Et quand elle atteignit enfin la porte, ses pas devinrent une course.

Encore figé sur le fauteuil, Doflamingo ne bougea que lorsqu'une porte s'ouvrit et se referma violemment. Sans doute celle des toilettes, s'il se souvenait bien de son exploration de l'Undertaker. Il referma son livre dans un 'clap' qui résonna dans toute la pièce avant de se lever pour sortir à son tour de la bibliothèque. Une fois dans le couloir, il entendit la toux de la jeune femme qui ne cessa que lorsqu'elle recommença à vomir pour mieux reprendre ensuite.

Face à cette situation, trois options se dessinaient dans son esprit : ignorer la crise de Risa, prévenir son médecin de bord ou aller l'aider. Il n'était définitivement pas le bon samaritain de service. Cette pensée le fit d'ailleurs ricaner lorsqu'il s'imagina affublé d'une armure de preux chevalier. Ridicule et tout simplement hors de question. S'agissant de la gamine rousse, il mettrait sa main à couper que l'albinos préfèrerait s'étouffer dans son malaise plutôt que de l'impliquer. Il ne lui restait plus que sa dernière option : l'indifférence.

Cependant, lorsqu'il repensa aux quelques minutes ayant précédé sa fuite vers les sanitaires, mais surtout aux yeux exorbités d'horreur pure, il soupira lourdement en levant les siens au ciel. Aussi, il se décida pour une quatrième option tout en se pinçant fortement l'arrête du nez et en laissant échapper un nouveau soupir. Il rebroussa chemin jusqu'à la table qu'ils avait occupée et continua jusqu'au minibar installé près de l'immense fenêtre, non loin de fauteuils disposés en cercle. Il en extirpa une bouteille de whisky à moitié pleine ainsi qu'un verre et les déposa à côté de la carte de Kaneki avant de tourner les talons pour de bon en direction de sa cabine.

Lorsqu'elle retourna dans la bibliothèque, Risa ne fut que peu surprise de la trouver vide. En revanche, elle se stoppa net devant la bouteille et le verre abandonnés devant elle. L'alcool semblait en effet de circonstances après sa crise. Et tandis qu'elle avançait vers sa médication controversée et qu'elle vidait promptement le liquide ambré dans son verre, elle se surprit à nouveau lorsqu'un sentiment qu'elle pensait exclusivement réservé à ses proches la frappa : de la reconnaissance. Non seulement pour le whisky déposé ici bien en vue, mais aussi pour le respect de l'intimité de sa crise. D'ailleurs, pensa-t-elle tout en avalant le contenu du verre d'une traite sans sourciller avant de le remplir à nouveau, elle avait déjà ressentit cela la veille lorsqu'il n'avait posé aucune question sur sa « sieste ».

Doflamingo était de loin un des adversaires, puis des 'alliés' les plus intelligents avec lesquels elle avait eu l'occasion d'échanger en dehors de Ben et de Kisuke. Il n'avait mis que peu de temps à comprendre que son physique mutilé était l'œuvre d'Ômori et devait donc pertinemment savoir qu'elle avait dû revivre une de ses tortures. Fort heureusement il ne semblait pas pour l'instant privilégier la piste des abus qu'elle revoyait de plus en plus fréquemment ces derniers temps. Bien qu'elle ne doutait pas que l'idée ait dû lui traverser l'esprit.

Elle posa son regard sur l'alcool dans son verre qu'elle fit paresseusement tourner et repensa à sa réaction à son réveil. Contrairement à ses hommes, qui, lorsqu'ils assistaient aux crises se noyaient dans un flot de paroles rassurantes, il n'avait ouvert la bouche qu'une seule fois et avait immédiatement fait mouche pour calmer l'embardée de son subconscient.

L'albinos prit le temps de s'asseoir et de tirer son paquet de cigarettes de sa poche arrière pour s'en allumer une. Elle tira longuement sur le cylindre de nicotine tout en repensant à toutes leurs conversations précédentes. Aux informations qu'elle avait pu obtenir de son passé misérable et les mit en perspective avec les nouveaux éléments remarqués plus tôt.

Ce n'était pas la première fois qu'il était confronté à un réveil aussi brutal. Et bien qu'elle ne l'imaginait pas une seule seconde tenter de réconforter quelqu'un avec des mots rassurants, cela n'expliquait pas le fait qu'il ait immédiatement su quoi dire et comment se comporter. Un peu comme s'il connaissait parfaitement son état d'esprit et le cours de ses pensées à ce moment précis.

Comme s'il s'était lui aussi déjà trouvé dans ce type de situation. Car si celle-ci avait été inversée, Risa aurait réagit exactement de la même façon. Parce que c'était ce qu'elle avait eu besoin d'entendre et qu'il aurait certainement eu envie d'entendre lui aussi. Parce que sur ce point également, ils étaient les mêmes. Comme deux faces d'une seule et même pièce.


Les choses se mettent en place. Toutes voiles dehors, la vengeance est en route ! J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu.

Mentions spéciales :

- Merci infiniment à pour sa review, ses compliments et ses encouragements ! Je suis ravie de pouvoir échanger avec elle sur notre bon ami Doflamingo et sa psychologie si complexe qu'elle me fait parfois me taper la tête contre les murs quand j'essaye de le mettre en scène :D

- Merci également à Seerafina qui m'encourage toujours autant et me motive à travailler régulièrement cette fiction ! Encore une fois, si vous cherchez une bonne fiction sur OP je ne peux que vous rediriger vers la sienne : Une fleur au coeur des flammes !

De manière générale, merci aux lecteurs de continuer à suivre Sur le fil, j'espère que cette histoire vous permet de passer un bon moment et vous occupe un peu pendant le confinement :)

Prenez soin de vous et de vos proches.

A très bientôt pour la suite !

Kitsune-nee-san.