Disclaimer : Je ne possède pas Harry Potter.

Warning : Cette fiction est un slash avec scènes de sexe explicites et parfois assez dures alors si vous êtes trop jeunes ou que vous n'aimez pas les relations entre hommes, cette histoire n'est pas pour vous.

J'espère que vous apprécierez ce nouveau chapitre. Merci pour toutes vos reviews qui motivent énormément et je vous prie de m'excuser pour le rythme un peu chaotique de mes publications. A bientôt !


Samedi 23 mai 1998, 08h11

« Harry, » dit Hermione le lendemain matin au petit-déjeuner. « Veux-tu m'accompagner près du lac ? J'aimerais te parler. »

Un morceau de son muffin coincé au fond de la gorge, Harry but une gorgée de jus de citrouille. « Euh… j'ai beaucoup à faire aujourd'hui, en fait. Tu sais, les ASPIC débutent lundi. »

« C'est plus important que les examens, » affirma calmement Hermione.

Il fut un temps où Harry aurait éclaté de rire en entendant Hermione dire cela. Mais à cet instant, il aurait souhaité qu'elle se concentre uniquement sur ses études, car il savait très bien de quoi elle voulait lui parler. A la différence de Ron, elle savait qu'il n'avait pas de petite amie. Son regard ce soir-là dans la salle commune…. la pure souffrance dans son expression… oh oui. Elle savait qui était responsable de ces vêtements froissés et de ces lèvres gonflées.

« Tu ne peux pas m'aider, » dit Harry, secouant la tête. « Et nous ne devrions vraiment pas parler de cela du tout. Tu sais ce qui est en jeu. »

« C'est pourquoi j'ai suggéré d'aller près du lac. »

« Hermione… »

« J'ai attendu quatre jours, » l'interrompit-elle. « Mais je n'attendrai pas plus longtemps. Si tu ne me parles pas, j'irai voir le Directeur et lui dirai quelle apparence tu avais ce soir-là. »

Harry la fixa. Pour qui se prenait-elle ? Une Serpentard qui faisait du chantage à ses amis ? Eh bien, il n'y avait qu'une seule façon d'agir avec les menaces, non ? S'y confronter la tête haute. « Va, » conseilla-t-il. « Le mot de passe de cette semaine est Caramel Transfert. Il continue vraiment à utiliser les dernières innovations de Fred et George. Bonne discussion. »

Hermione posa sa cuillère avec un bruit sourd et repoussa son bol de flocons d'avoine. « Tu te fiches que Dumbledore sache que… » Elle baissa la voix dans un murmure. « Ce qu'on t'oblige à faire ? »

« Il le sait, » acquiesça Harry, les yeux fixés sur la table.

« Alors j'irai voir le professeur en question, » siffla-t-elle.

Rogue étant connu pour témoigner de ses rancunes personnelles en classe – la preuve lorsqu'il avait ruiné l'une des potions d'Harry en cinquième année – Harry se sentait en terrain sûr en affirmant : « Il te fera échouer toute l'année. »

« Harry, si tu ne sais pas que tu es plus important pour moi que les notes, tu es vraiment un peu idiot, » rétorqua Hermione. « Je vais le voir tout de suite. » Repoussant sa chaise, elle se leva et se tourna intelligemment vers les portes.

Harry ne doutait pas qu'elle irait droit aux cachots pour en découdre avec Rogue. Et considérant que la dernière fois qu'elle avait interféré, il avait subi le cours de Potions de la mort… Il serra les poings de frustration. Il avait enfin compris comment gérer la situation ! Les quelques derniers jours passés avec Rogue avaient été… eh bien, pas fun, il devait l'avouer. Mais au moins ils avaient été calmes. Cela n'avait pas été une répétition de ce baiser violent.

La dernière chose qu'il voulait, c'était qu'Hermione interfère à nouveau et mette Rogue dans une de ses humeurs massacrantes.

« Très bien, » grogna Harry, tirant sur la manche de sa cape pour la faire se rasseoir. « Bien, le lac. Mais je dois être ailleurs à dix heures, donc ce n'est pas comme si je pouvais discuter toute la journée. »

« Allons-y maintenant, alors. »

« Je dois aller chercher quelque chose dans la Tour de Gryffondor, » expliqua Harry, fronçant les sourcils. « Je te retrouve près du gros rocher escarpé.


Samedi 23 mai 1998, 08h28

Harry fut tenté de flâner, mais Hermione verrait clair dans son jeu. Elle demanderait juste une autre discussion, et elle l'obtiendrait, car Harry ne la laisserait en aucune façon aborder le problème avec Rogue. Cela ne ferait que perturber le compromis auquel ils étaient parvenus. De plus, Hermione ne le savait pas, mais rien de tout cela ne pouvait être corrigé. Podentes était ce qu'il était, et quand ça leur était tombé dessus, Rogue s'était retrouvé aussi coincé que lui.

Elle était assise dans l'herbe, à l'ombre du rocher escarpé quand il arriva et se laissa tomber les jambes croisées devant elle. « Nous devons sécuriser la zone avant de parler de quoi que ce soit, » l'avertit Harry.

Hermione rougit quelque peu, et répondit étrangement, « Tu ferais mieux de t'en charger. Je sais de source sûre que mes sorts sont totalement inadéquats. »

« On dirait Rogue, » murmura Harry, agitant sa baguette pour délimiter une petite zone autour d'eux et lancer plusieurs sorts de couverture. « Très bien, ça devrait suffire. »

Après cela, il ne sut pas vraiment comment commencer, et Hermione non plus. Elle fit un vague geste de la main, puis secoua la tête comme si elle savait que c'était à elle de commencer. « Harry… »

« Je dois coucher avec lui, » s'entendit dire Harry ouvertement.

« Il te fait coucher avec lui ? » haleta Hermione. « Oh, cet homme est si mauvais ! »

Harry ferma les yeux, étrangement conscient qu'il n'était pas vraiment d'accord avec ça. Du moins, pas dans le sens où Hermione l'entendait. « Je me suis mal exprimé, » admit-il doucement. « Je ne voulais pas dire que c'est ce qu'il me faisait exactement. Pas encore, en tout cas. Oh mon Dieu, je n'explique pas ça très bien. Il ne le veut même pas, Hermione. C'est le sort. »

« Le sort. » Son regard chercha le sien, bien qu'Harry fît tout pour l'éviter.

« Ouais, tiens » dit-il, baissant les bras. Une partie de lui ne souhaitait pas qu'elle lise le précis, mais il l'avait apporté de la Tour de Gryffondor, pressentant que ce serait difficile de faire sans. Le sortant de la poche de son jean, il lui tendit la liasse de parchemins pliés. « Il explique tout à propos de Cambiare Podentes. Rogue l'a rédigé. »

« Hmm, » dit-elle, puis pendant un long moment, il n'y eut pas d'autres bruits que le bruissement du parchemin et les halètements et gémissements d'Hermione. Nerveux de sa réaction, Harry dut résister à l'envie forte de la laisser le lire seule. Mais cela signifiait qu'il devrait recommencer une autre fois. Une seule fois était déjà plus qu'assez.

La première chose qu'elle dit le surprit.

« Qu'est-ce qui te fait croire que tout est vrai ? »

Harry haussa les épaules. « Quand il me l'a donné à lire, il m'a dit qu'on discuterait du problème lorsque j'aurais tout compris. Il a offert d'inviter le Directeur pendant nos conversations, Hermione, si je me sentais trop mal à l'aise avec… tout ça. Donc à moins que tu ne penses que Dumbledore est dans le coup, tu dois considérer ce que Rogue a écrit comme vrai… »

« Je suppose, » murmura-t-elle, arrachant des touffes d'herbe en signe d'agitation. « Tu… Harry, tu vas invoquer ça avec lui ? Faire tout ce qu'il dit ? »

« Tout ce qu'il dit, et même plus, » soupira Harry. « Oui. Que veux-tu que je fasse d'autre ? Comme je t'ai dit dans la Grande Salle… »

« Je sais ce qui est en jeu, » finit calmement Hermione. Elle reprit les parchemins et leur jeta un nouveau coup d'œil, ses yeux scannant rapidement le texte écrit à la plume. « Qu'est-ce que cette partie ici, quelque chose à propos de l'importance de la magie sexuelle dans votre situation en particulier ? Lui as-tu posé des questions à ce sujet ? »

« Ouais, » acquiesça Harry, se demandant quoi dire. « Hmm, Rogue me l'a expliqué, mais ce qu'il m'a raconté est vraiment personnel, donc je ne peux pas répéter ce qu'il a dit. »

Hermione soupira. « J'ai entendu Binns parler d'esclavage mais je n'aurais jamais deviné que ce serait quelque chose comme ça. »

« Moi non plus, mais c'est ainsi, il n'y a rien que je puisse faire pour l'empêcher. Tu ne veux pas que je meure, si ? Ou voir Voldemort anéantir tout le monde excepté les sang-pur ? »

Hermione souffla. « C'est juste que tu avais l'air tellement ébouriffé, ce soir-là. Ebouriffé et énervé. »

« Ouais, j'ai dit quelque chose que je n'aurais pas dû, et il m'a puni pour ça. »

« Quel genre de punition est un baiser ? » Croisant son regard, elle ajouta, « Oui, c'était évident. »

« C'est l'idée qu'il se fait d'une bonne punition, je suppose, » admit Harry, ramenant ses genoux contre sa poitrine et entourant ses jambes de ses bras. « En tout cas, ça a marché. Je ne veux plus que ça arrive, alors j'ai commencé, hmm… à faire vraiment attention quand je suis avec lui, je crois que c'est la meilleure explication. »

« Mais si ceci est vrai, » elle indiqua à nouveau le précis, « il va recommencer. »

Harry pensa à dire que le sexe ne devait pas nécessairement inclure de baiser, mais les images que cela engendrait étaient tellement sordides qu'il ne voulut pas les verbaliser. D'ailleurs, à cet instant, il sentait bien que ce ne serait pas le cas, du moins pas avec Rogue. « Pas comme ça, » dit-il à la place. « Ce soir-là… le jour même où tu l'as sermonné à propos de mon examen de Potions, il m'a puni, comme je l'ai dit. Il a fait ça… violemment. Mais d'habitude, il n'est pas comme ça. » Harry prit une grande inspiration et posa sa joue sur le sommet de son genou replié.

« Oh, Harry… » Hermione tendit la main et lui caressa les cheveux.

« Ce n'est rien, » insista-t-il, détestant sa pitié, bien qu'il appréciât le fait qu'elle le touche encore, même en sachant… « Je veux dire, c'était très difficile au début, mais les quelques derniers jours, j'ai compris comment faire pour que ça fonctionne. Pour supporter ça, plutôt. »

Hermione continuait de caresser ses cheveux, le poussant à poursuivre sans dire un mot.

« En fait, c'est vraiment facile, » confia Harry. « Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt. Probablement parce qu'il ne m'avait pas vraiment puni auparavant. » Après tout, il ne comptait pas la fois où il l'avait fait se déshabiller le premier soir, à présent que le fait de retirer sa chemise était devenu un geste régulier dans les contacts avec Rogue.

« Et donc ? » Cette fois, son invitation à poursuivre fut verbale.

Harry fronça légèrement les sourcils, tentant de trouver des mots que quelqu'un comme elle pourrait comprendre, quelqu'un qui avait grandi dans une famille normale. « C'est une longue histoire, mais tu sais que la vie chez mon oncle et ma tante n'est pas exactement une promenade de santé, n'est-ce pas ? Eh bien, j'ai juste appris à me comporter d'une certaine manière avec eux, car si je les énervais, j'étais très sévèrement puni. C'est juste… comme si j'arrêtais de penser, si ça a du sens. Chaque été, ça me prend un moment pour me rappeler comment faire, mais en général, une bonne grosse raclée et ça me revient. »

Maintenant, c'était au tour d'Harry d'arracher des touffes d'herbe. Hermione l'observait, inquiète. « Je pensais que les membres de l'Ordre veillaient sur toi, ces derniers étés ? »

« Oh. Eh bien, ils ont essayé, » Harry dut leur accorder du crédit. « Mais tu sais, Dumbledore n'aurait jamais été d'accord pour me sortir de là tant que je ne courais pas un plus grand danger là-bas qu'avec Voldemort. Et dans quelle mesure était-ce probable ? Ce n'est pas comme si mon oncle m'avait ouvert le crâne ou quoi que ce soit d'autre. »

Hermione arrêta de caresser sa tête et prit ses mains dans les siennes, écartant les brins d'herbe tout autour. « Tu as eu une vie vraiment horrible, » admit-elle. « Je n'en connais pas tous les détails, mais je suis sûre de cela. Mais qu'en est-il de ta capacité à ne plus penser ? Comment est-ce que ça t'aide ? »

« Oh, facile, » dit à nouveau Harry. Ça l'était. Il avait acquis beaucoup de pratique chez les Dursley. « Je me mets juste dans cet état, je suppose, où je ne me soucie de rien, Hermione. Je sais, tu vas me dire que ça sonne mentalement… »

« C'est ce que Ron dirait. »

« Ouais. Tu vas dire que ce n'est pas sain, je parie. Mais c'est mieux que d'être puni, je l'ai appris à la dure. Je suis dans un état où je me fiche de ce qu'on me demande de faire. Je me contente… de le faire. C'est ce qui m'a permis de nettoyer le sol de la cuisine cinq fois de suite parce que les quatre premières n'étaient pas suffisantes, ou de passer une semaine entière à laver les fenêtres. J'ai juste… »

« Fait, » compléta Hermione.

« Sans y penser. Parce que si je n'y pense pas, je ne peux rien dire de grossier, ou me plaindre, et je ne suis donc pas puni. »

« Et ça marche avec le professeur Rogue ? » Elle avait l'air sceptique.

« Eh bien, ça a marché depuis que j'ai commencé mercredi. »

« Harry… est-ce qu'il te traite bien ? Je veux dire, vraiment bien ? »

Harry cessa d'y penser. « Ouais, je suppose. Je veux dire, il a réellement en tête l'idée que je doive être… euh, consentant, pour que ça fonctionne, donc il est, euh… » Il rougit si fort qu'il sentit la chaleur se répandre dans son visage. « En fait, c'est comme s'il essayait de me séduire. »

Hermione étouffa un bruit.

« Vraiment, » insista Harry. « La première journée complète que j'ai passée là-bas, il m'a offert du vin, et quand ça m'est un peu monté à la tête, il m'a donné une potion contre la gueule de bois et m'a laissé dormir. Et puis, oh mon Dieu, tu n'as pas idée à quel point j'étais effrayé, parce que je savais que j'étais là pour qu'il se montre, euh, physique avec moi, mais tout ce qu'il a fait, c'est un massage et embrasser ma nuque. »

Harry laissa échapper un soupir de soulagement. Il n'aurait jamais cru que tout lui raconter l'aiderait à se sentir mieux, mais c'était le cas. Il se sentait moins seul, d'un certain côté. Et d'une certaine façon, quand il prit du recul et résuma la manière dont Rogue avait agi, il réalisa que ce n'était pas aussi affreux qu'il l'avait imaginé… et craint.

Hermione avait l'air de ne pas pouvoir le comprendre, mais elle était bien sûr toujours impliquée dans la lutte pour les droits des elfes de maison, donc elle pouvait difficilement être disposée à approuver un esclavage Podentes, non ?

« Rogue a même essayé de m'aider en Potions après que tu lui aies parlé, » ajouta Harry.

Elle leva les yeux, un peu humides de larmes réprimées. « C'est… eh bien, je suppose que c'est quelque chose. Mais il a dit qu'il ne te laisserait pas travailler. Tu le savais ? »

« C'est dans son résumé, tu te souviens ? Le contrat d'union ne me laissera pas travailler. »

« Oh, oui, » murmura-t-elle, ayant clairement oublié. Et ça, ce n'était pas Hermione du tout.

« C'est bon, t'inquiète, » assura Harry. « Je ne peux pas dire que j'en suis heureux, mais ça pourrait être pire. Bien pire. »

« Tu… » Hermione déglutit, et tira nerveusement ses cheveux en une queue de cheval, qu'elle tordit encore et encore. « Euh, tu peux me parler, tu sais. De tout. Même après… euh, que tu sois plus impliqué dans tout ça, si tu as besoin de parler… Je suis là. Vraiment. Je suis sérieuse. De tout. »

« Tu sais, » murmura Harry, s'appuyant contre le rocher, « je me disais justement que ça aidait d'en parler. Mais c'est dur pour moi d'imaginer raconter, tu sais. »

« Oui, mais j'ai dit de tout, pas juste de tu-sais-quoi, » lui rappela Hermione.

« D'accord. » Harry se leva et rassembla les feuilles de parchemin dans sa poche. Ils étaient assez froissés à présent, mais il ne pensait pas que ça ait grande importance. « J'ai besoin que tu me fasses une promesse maintenant, Hermione. Ne parler à personne… »

« Comme si j'allais en parler ! »

« Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. » Harry se pencha et lui tendit la main, puis l'attira dans une douce étreinte. « J'ai confiance en toi. Plus qu'en quiconque, tu sais ça ? Ce que je voulais dire, c'est que tu es inquiète. Je le comprends. Mais tu dois résister à la tentation de retourner voir Rogue, d'accord ? Ou impliquer le Directeur. Il ne peut pas aider, tu comprends ? Il ne le fera pas. Comme lorsque j'étais chez les Dursley, la fin justifie les moyens. Et la dernière fois que tu m'as soutenue face à Rogue, ça l'a vraiment mis de mauvaise humeur, ce qui rend les choses plus difficiles pour moi. »

Hermione acquiesça, mais ce n'était pas suffisant pour Harry. « Je suis sérieux, » poursuivit-il, la tenant à bout de bras pour mieux voir son expression. « Suppose que tu me voies revenir avec l'air qu'il s'est à nouveau passé quelque chose. Ou que j'aie l'air vraiment énervé. Tu dois venir me voir. Seulement moi, Hermione. Personne d'autre, pas même Ron. Je pense que s'il avait vent de tout ça, il pourrait devenir complètement fou. Et finir à Azkaban, tu vois ? »

« Il le saura, tôt ou tard, » fit remarquer Hermione.

« Nous n'allons pas l'invoquer avant l'obtention de notre diplôme, » expliqua Harry. « Au moins, Ron devra faire tout le trajet jusqu'ici s'il veut, euh, essayer de me sauver. Ça lui laissera le temps de réfléchir, de se calmer. Maintenant, promets-le-moi. »

« Seulement toi, » promit Hermione.

« Bien. » Harry lui sourit. Il n'était pas très heureux, mais il y était habitué. « Je dois y aller maintenant, dix heures, devine où. Mais ne t'inquiète pas pour moi. Je ne pense pas qu'il me battra comme l'oncle Vernon avait l'habitude de le faire. »

« Ce n'est pas vraiment rassurant, » observa sèchement Hermione.

Harry retira les protections, puis rempocha sa baguette. « Je sais que ça ne l'est pas, mais c'est tout ce que j'ai. En tout cas, ne t'inquiète pas. Il n'y a rien que tu puisses faire, de toute façon. »

Sur ce, ils commencèrent à remonter la colline en direction du château.


Samedi 23 mai 1998, 09h55

Harry se prépara à rendre visite à Rogue ce matin-là dans le même état d'esprit qu'il était depuis mercredi. Au début, il avait été vraiment en colère – et inquiet – à propos de ce baiser punitif, mais c'était parce qu'il avait pensé davantage à l'aspect baiser qu'à l'objectif évident : la punition.

D'accord, il n'aurait pas dû qualifier l'homme de trou du cul. Du moins, pas en face. Grave erreur, là.

Donc, Rogue l'avait puni. La façon dont il l'avait puni avait même un genre de signification tordue il s'en était servi comme une opportunité de les faire avancer dans le plan habitue-toi-à-moi que l'homme semblait suivre. Comme lorsqu'il avait conduit Harry à retirer sa cravate et son gilet, ou plus tard, sa chemise. Et bien que ce baiser ait sans aucun doute été physique, c'était plutôt une punition psychologique, une manière d'activer ses boutons et de voir comment il réagissait.

Ouais, c'était bien le genre de Rogue de faire un truc pareil. Il aimait déstabiliser les élèves pendant les cours, posant des questions bizarres à des étudiants sans méfiance, rôdant dans la pièce pour provoquer une certaine nervosité voire une défaillance cardiaque, parlant juste derrière votre épaule alors que vous ne saviez même pas qu'il était là.

Une fois qu'Harry eut compris ce qui se tramait dans les cachots, il se sentit mieux armé pour l'affronter. Comme il l'avait dit à Hermione, il n'avait qu'à se glisser dans cette calme apathie qu'il avait appris à adopter au fil des étés. Il devait juste passer d'un ordre à l'autre, et ne pas se soucier d'où tout ça allait mener. Et alors, il pourrait faire face.

Il prit donc quelques profondes inspirations dans le bureau du Directeur, étira ses bras derrière sa tête en joignant ses doigts et en poussant fort vers le haut et l'arrière afin de faire travailler tous les plis de sa colonne vertébrale, puis de chaque côté, jusqu'à ce qu'il se sente lâche, souple et détendu. Il adopta une expression placide, et se dit que quoi qu'il arrive, il serait de retour dans la Tour de Gryffondor avant le couvre-feu.

Le quoi qu'il arrive, il le supporterait.

Cette fois, il se dit une chose encore plus réconfortante : quoi qu'il arrive, il pourrait parler à Hermione. S'il le voulait. Mais c'était bon de savoir qu'elle était là, vraiment.

Prêt pour une leçon d'esclavage, pensa-t-il, et il entra dans l'âtre.


Samedi 23 mai 1998, 10h00

Il avait pensé être prêt à ça, mais la première chose que Rogue lui dit fut tellement bizarre qu'au début, il pensa l'avoir mal entendu. C'était une chose de lui dire de repartir et d'aller chercher sa cape. Après tout, il avait eu besoin de sa cape ce soir-là. Mais ça ?

« Allez mettre une chemise d'une autre couleur, » dit Rogue, le regardant de haut en bas, un léger sourire sur les lèvres.

« Une… chemise d'une autre couleur, » répéta Harry, perplexe. Il était sur le point de demander pourquoi, mais trois jours passés dans sa docile routine avaient fait ressurgir des souvenirs d'été, et il se souvint que demander pourquoi revenait à chercher des ennuis. La réponse habituelle était Parce que je l'ai dit, ce qui ne valait pas la peine d'être entendu, et qui était suivi invariablement d'un poing serré sur le côté de sa tête.

Pas que Rogue le frapperait Harry réalisa qu'il n'était pas inquiet à ce sujet. Le châtiment de Rogue serait pire quelque chose d'intime.

Donc plutôt que de demander pourquoi, Harry clarifia, « Euh, d'une couleur en particulier ? »

Rogue lui jeta un regard étrange, comme s'il s'était attendu à autre chose, mais il répondit. Réponse relativement prévisible. « Vert. »

Evidemment. Ce n'était pas comme si la chemise bleue d'Harry était si Gryffondor qu'elle rappelait son allégeance à sa Maison.

« Très bien, » dit Harry, et il repartit.


Samedi 23 mai 1998, 10h18

Hermione lisait dans la salle commune quand il revint. Ses sourcils se haussèrent de surprise, ses lèvres formant les mots, Si tôt ?

Harry haussa juste les épaules et l'invita d'un geste de la main.

Quand ils atteignirent son dortoir – Dieu merci, tous ses camarades étaient occupés à quelque chose d'amusant dehors par cette chaude matinée de samedi – Harry ferma la porte et fit un geste de la main pour indiquer qu'elle n'était pas protégée et qu'ils devaient faire attention à la façon dont ils disaient les choses. Quand Hermione acquiesça, il lui adressa un petit sourire et admit, « J'ai apparemment besoin d'une autre chemise. »

Sur ce, il retira sa chemise et commença à chercher dans sa garde-robe.

Hermione l'observa. « Tu te fiches de moi. »

« Non, non, je sais de source sûre que seul le vert conviendra. »

« Vert ! »

Harry sortit la chemise verte qu'il avait. Ce n'était pas quelque chose qu'il avait l'habitude de porter un samedi matin, mais au moins, ce n'était pas aussi formel que ses chemises blanches d'uniforme. C'était une chemise à boutons, mais sans col. En fait, Harry l'aimait beaucoup mais du fait de sa couleur verte, il ne la portait pas très souvent. Trop aguichant pour son côté Serpentard.

Hermione avait suffisamment surmonté le choc pour se moquer.

« Ouais, continue à te marrer, » grogna Harry tandis qu'il commençait à l'enfiler. « Ce n'est pas toi qui va devoir la retirer pour l'inévitable massage. »

Elle pressa la paume de sa main contre sa bouche. « Euh, tu n'en as mentionné qu'un, tout à l'heure. Sont-ils si fréquents ?

Harry la fixa, un peu surpris de sa franchise, mais comprit qu'elle essayait de s'assurer qu'il comprenne qu'il pouvait tout lui dire. Et il commençait de plus en plus à apprécier cette idée. « Ouais, fréquents. A chaque fois, » expliqua-t-il.

Elle ravala son rire, cette fois. « Est-ce qu'au moins ils sont, euh… bons ? »

Harry lui jeta un coup d'œil. « Pourquoi es-tu de si bonne humeur ? Près du lac, tu ne trouvais pas ça aussi amusant. »

« Je sais, » Hermione perdit son sourire, bien qu'une pointe d'humour brillât toujours dans ses yeux. « C'est juste… changer ta chemise, Harry ? C'est une façon stupide de te tester, c'est tout. »

« Me tester. » Harry n'aimait pas la manière dont ça sonnait. Trop semblable aux Dursley.

« Eh bien, tu ne penses pas que le vert soit le vrai problème, si ? En tout cas, c'est vraiment très joli sur toi. Ça met en valeur tes yeux. »

« Oh, merci, » dit Harry d'une voix traînante, rentrant la chemise dans son pantalon et vérifiant dans le miroir qu'il n'avait pas oublié une partie de l'ourlet.

« Vraiment, » insista Hermione.

Harry haussa les épaules, ayant le sentiment d'oublier quelque chose. Hmm, samedi. Rogue avait dit quelque chose à propos de samedi… N'apportez pas vos livres… non, autre chose…

« Oh, » s'exclama-t-il. « C'est tout aussi bien que je sois obligé de revenir. » Fouillant dans le fond de sa malle, il trouva la clé de son coffre à Gringotts, puis alla chercher la lettre de la banque dans sa table de nuit. « Je suis censé les apporter. »

Hermione n'avait pas de coffre-fort, mais elle reconnut facilement la clé après toutes les fois où elle était allée sur le Chemin de Traverse avec ses amis. « La propriété, » murmura-t-elle, perdant toute trace d'humour. « Ça doit faire mal. »

« Tu n'en imagines pas la moitié, » murmura Harry. « Hmm, je te raconterai plus tard, d'accord ? Je ferai mieux d'y retourner. »


Samedi 23 mai 1998, 10h37

« Cela a pris plus de temps que ça n'aurait dû, » lui reprocha Rogue.

Harry se concentra pour retirer les cendres qui s'étaient déposées sur ses épaules, remarquant qu'elles disparaissaient avant de toucher le sol. Joli sort. Il se demanda distraitement à quelle fréquence il devait être renouvelé.

« Avez-vous fait un détour ? » pressa Rogue, de sa voix toujours aussi profonde mais bizarrement nuancée. Comme s'il cherchait quelque chose. Harry ne comprenait pas quoi.

« Non, mais j'ai parlé à Hermione une minute, » dit-il. « Oh, et je me suis rendu compte que je devais prendre ma clé. » Plongeant sa main dans la poche de son jean, il tenta de la sortir ainsi que la lettre de Gringotts, mais finit par attraper le précis à la place.

Rogue haussa un sourcil. « Vous vous baladez avec ça sur vous ? »

Comme Harry doutait que ça se passerait bien s'il disait qu'il l'avait montré à quelqu'un, il haussa les épaules et murmura, « Eh bien, ouais. Je ne peux pas juste le laisser dans le dortoir. Et si quelqu'un le trouvait ? »

« Il ne peut être lu qu'en votre présence, comme je crois l'avoir déjà mentionné ? »

« Oh, c'est vrai. Désolé, monsieur… euh, je veux dire Severus. »

« Ne vous excusez pas, il n'y a pas de mal, » dit l'homme d'un ton cinglant, l'observant de haut en bas. « Hmm. Je suppose que ça ira. Alors. Avez-vous pris un petit-déjeuner décent ce matin, ou étiez-vous trop stressé pour avaler quoi que ce soit ? »

« J'ai mangé des gaufres et des saucisses, » répondit Harry, ses yeux parcourant les alentours sans rien regarder en particulier.

« Sinon, » continua Rogue, « la potion a-t-elle été efficace ? Vos cauchemars ont-ils cessé ? Vous la prenez tous les soirs comme je vous ai dit de le faire ? »

« Oui. »

« Dommage, » remarqua bizarrement Rogue.

Harry haussa un sourcil tout en allant prendre sa place habituelle sur le canapé. Il réalisa qu'il avait en quelque sorte attendu que Rogue lui indique quel était son plan, mais bien sûr, ça n'était pas prêt d'arriver, n'est-ce pas ?

« Oui, dommage, » murmura Rogue, toujours debout, l'étudiant en détail. « Si vous aviez arrêté, comme je l'ai dit, vous auriez commencé à avoir quelques rêves intéressants maintenant, mais la potion de Sommeil Sans Rêve les réprime totalement. Avez-vous fait ce que j'ai dit ? »

Harry eut l'étrange sentiment qu'il se passait davantage de choses que ce qu'il comprenait. « Oui, » murmura-t-il, penchant la tête en arrière et fermant les yeux. Tant qu'à faire, puisqu'il ne savait pas ce que Rogue voulait.

« Vraiment, » le titilla Rogue, mais Harry refusa de se laisser énerver.

« Oui, vraiment, » dit-il calmement.

« Et ça ne vous dérange pas ? »

« Hmm. Eh bien, un peu, je suppose. Je veux dire, je pense que je suis probablement normal. »

« Combien de temps s'est-il passé depuis votre dernier orgasme ? »

Harry ne put s'en empêcher ses yeux s'ouvrirent brusquement à la question. Un certain nombre de répliques flottèrent dans son esprit. Ce ne sont pas vos affaires… Qu'est-ce que ça peut bien faire… Combien de temps depuis que vous en avez eu un, vieux con graisseux ? Et celle qu'il était vraiment, vraiment tenté de dire, Euh, orgasme ? C'est quoi ça ? Mais quand il leva les yeux, ceux de Rogue brillaient d'une intention féroce, un léger sourire retroussant déjà sa lèvre, et Harry sut que la question était un piège. Ou un test, comme Hermione disait. Pour une raison quelconque, Rogue le poussait et voulait voir si Harry réagirait en retour.

Eh bien, non, il ne le ferait pas car cela ne méritait pas qu'il se retrouve plaqué contre le mur et embrassé. Ou pire.

« Hmm, deux semaines et demi, quelque chose comme ça, » répondit-il, refermant les yeux. C'était ça, juste se laisser porter. Répondre ce qu'il voulait, faire ce qu'il voulait, se laisser porter jusqu'à ce qu'il le laisser rentrer à la Tour.

Rogue émit un étrange grognement, donc Harry ouvrit les yeux. Curieusement, l'homme avait l'air encore plus en colère maintenant que lorsqu'il avait hésité à répondre. Puis son regard se remplit d'une lueur sauvage, comme s'il avait trouvé une idée qui lui plaisait. Un test qui pousserait Harry au-delà de ses limites rien d'aussi simple que d'aller revêtir une autre chemise.

« Venez dans ma bibliothèque, » ordonna doucement Rogue, une expression déjà satisfaite sur le visage, comme s'il savait quelque chose qu'Harry ignorait. « Et apportez votre lettre de Gringotts. Nous avons une affaire à mener. »


Samedi 23 mai 1998, 10h48

Severus observa le garçon se lever, ces yeux verts briller de méfiance. C'était au moins ça. Ce Harry soudain soumis était une vue étrange et déconcertante, et Severus n'aimait pas ça. Plus que ça, ce n'était pas le vrai Harry Potter, ça n'avait rien à voir avec lui, ce qui signifiait bien sûr que ça ne pouvait pas durer.

Severus avait l'intention de le choquer, car même si Podentes exigeait l'obéissance du jeune homme, il n'exigeait pas de lui d'être si intimidé qu'il ne pouvait même pas donner son avis. D'ailleurs, comme Severus l'avait conclu plus tôt, les efforts d'Harry étaient en réalité dangereux. Personne ne pouvait tenir longtemps en agissant ainsi. Cela finirait par exploser, mais si Severus ne contrôlait pas le moment, cela pourrait arriver pendant l'invocation. Pourrait ? Severus fronça les sourcils. Il en savait beaucoup plus que ce qu'il avait écrit dans le précis. Invoquer Podentes exigeait qu'Harry subisse un comportement extrêmement humiliant. Cela mettrait un terme à son semblant de soumission, ou quoique ce soit qu'il pense faire.

Il avait pensé que de lui demander quelque chose de totalement irrationnel, tel que de changer de chemise, pousserait Harry à faire un commentaire désobligeant. Ayant échoué, une franche discussion à propos du sexe le ferait sans doute au moins rougir, bégayer et tenter d'esquiver une réponse. Ou c'est du moins ce que Severus avait cru. Il avait fait son possible pour ne pas soupirer tandis qu'il se demandait quoi faire pour briser cette étrange personnalité servile qu'Harry avait adoptée.

Mais ensuite, il avait aperçu le précis froissé sur la table, et s'était souvenu du commentaire d'Harry à propos de sa clé, ce qui lui avait rappelé le grand malaise que le jeune homme éprouvait à laisser tout son or. Il en avait même fait mention dans sa liste de questions : Peut-on passer un accord pour que tout me soit rendu ensuite ?

Peut-être que le chemin jusqu'au vrai Harry Potter passait par les affaires que son père lui avait léguées.

Severus ouvrit la voie vers sa bibliothèque et s'assit derrière son bureau, faisant signe à Harry de prendre un siège dans l'alcôve. Lorsque Harry fut installé face à lui, une vaste étendue de bois de fer laqué entre eux, il demanda doucement, « Avez-vous étudié le contenu de votre coffre-fort ? »

« Ouais. » Harry sortit la lettre de sa poche, puis la déplia et mit sa clé à l'emplacement indiqué. Une liste courte de possessions, agrémentée de quelques explications, apparut sous l'image d'un gobelin au visage sombre et renfrogné qui tapait du pied avec impatience. « Il y a des titres de propriété de plus d'une maison, ici. Je n'en ai jamais entendu parler. Et quelque chose appelé une Tige de Pursel. »

Severus haussa un sourcil. « C'est pour détecter les poisons. Et le montant financier ? »

« Oh, des tonnes de Gallions, » lança Harry. « Hmm, c'est un peu dur à dire, d'après la manière dont ils ont rédigé le dernier paragraphe, mais je pense que le coffre-fort a gagné davantage d'intérêt que ce que j'ai dépensé ces sept dernières années. »

« Une éducation à Poudlard coûte relativement cher, donc c'est difficile à croire, » murmura Severus. Tendant la main, il prit le papier des mains d'Harry, s'assurant bien que la clé reste en contact. Un peu déçu, vraiment, qu'Harry n'ait même pas réagi. C'était mal de sa part, Severus le savait il aurait dû demander à la voir. Même le gobelin le savait il secouait un doigt en guise de réprimande. Mais à moins qu'Harry ne dise quelque chose, le gardien de la lettre ne ferait pas disparaître les mots de la page.

Si Harry ne réagissait pas à la grossièreté dont Severus avait fait preuve, peut-être qu'il pouvait le narguer avec sa condition d'esclave. « Hmm, James avait sans aucun doute beaucoup d'argent, » fit remarquer Severus. « Le total indiqué est assez étourdissant. Je pourrai finalement ajouter une autre aile à mon manoir. »

Aucune réaction. En fait, la posture d'Harry sur la chaise changea légèrement pour devenir légèrement plus détendue, si l'on puisse dire. Il faisait genre qu'il était à l'aise, qu'il était d'accord avec tout ça, mais Severus savait très bien qu'il avait des sentiments très fort à ce sujet.

« Votre père a toujours pensé que son or pouvait lui acheter tout ce qu'il voulait, vous savez, » tenta Severus, faisant lui-même genre d'être à l'aise tandis qu'il caressait de ses doigts la lettre de Gringotts comme s'il était profondément ravi à la pensée de tout cet argent. « Je suppose qu'en grande partie, il avait raison. Ce fut certainement son principal attrait pour Lily. Cela et son sang pur. Vous avez vu vous-mêmes à quel point elle pouvait difficilement le supporter pour ses propres qualités. »

Toujours aucune réaction, bien qu'il ne lui ait pas échappé que le regard d'Harry était devenu étrangement vide. Severus était fortement tenté de le gifler pour le sortir de son état. Il se souvenait d'un jeune homme provocateur qui affirmait avec confiance, Mon père ne se pavanait pas, défiant Severus du regard de suggérer une telle chose. Cette volonté d'encaisser les insultes ne correspondait pas à Harry du tout. Surtout des insultes envers ses parents.

Si les insultes n'avaient pas d'effet, quelque chose d'autre en aurait peut-être. Il était temps de plonger Harry dans l'horrible réalité de devoir laisser partir tout cet argent.

« Ecrivez cet ordre à Gringotts, » ordonna brusquement Severus, poussant parchemin et plume de l'autre côté du bureau. « Commencez : Je, soussigné Harry James Potter, demande à la Banque des Sorciers Gringotts, par la présente, de transférer, le dix-sept juin de cette année, tout le contenu de mon coffre dans le coffre numéro trois cent quarante-sept, assigné à Severus Rogue. Ne souhaitant pas payer de frais de gestion de mon coffre, je vous demande de clore mon coffre et de l'offrir aux personnes intéressées. Je vous enverrai ma clé par hibou à la date précédemment indiquée. L'empreinte de clé ci-dessous et le serment d'authenticité qui lui est lié complèteront cette autorisation. »

« A présent, » dit Severus, prenant la clé, « mettez ceci sous le texte, votre main par-dessus. Je vais invoquer l'empreinte. La première fois que je m'arrêterai, vous devrez lire à voix haute tout ce que vous avez écrit. Quand vous aurez terminé, vous devrez répondre aux questions que je poserai avec clarté et honnêteté. Est-ce que c'est clair ? »

« Ouais, lire et répondre. »

Severus tendit sa baguette et tapota chacun des doigts d'Harry qui tenaient la clé sur la lettre, puis dit, « Veritas scribere et veritas signeo », avant de fixer le jeune homme du regard.

Harry lut l'ordre avec une expression neutre, même si ses yeux s'écarquillèrent légèrement quand, une fois le dernier mot prononcé, le texte disparut totalement.

« Etes-vous Harry James Potter ? » demanda Severus.

« Oui. »

« Avez-vous écrit cet ordre de votre main ? »

« Oui. »

« Cet ordre est-il votre souhait incontestable ? »

« Oui. »

« Veritas mostrato, » finit Severus, lui tendant une enveloppe. « Donnez-moi votre clé maintenant, et adressez ceci à Banque des Sorciers Gringotts, Service de clôture des comptes, Contenu confidentiel sous clé. »

Harry le fit, ce qui donna presque envie à Severus de grincer des dents. Il était censé protester à présent, dire qu'il n'avait pas à donner sa clé jusqu'à ce que l'invocation l'exige… bien sûr, songea Severus, quand Harry avait fait la liste de ses actifs de lignée, abandonner son or avait été le cadet de ses soucis. Il s'était battu davantage pour garder la cape d'invisibilité et ce vieux bout de parchemin hors de la liste. Ces choses lui importaient plus que les Gallions, visiblement.

Severus voulait voir l'esprit du jeune homme reprendre sa place, et c'était sûrement le moyen de le faire réagir.

« Très bien, » annonça-t-il, rangeant la clé du coffre et la liste d'Harry. « C'est un bon début, je suppose, mais j'aimerais également prendre en charge vos autres actifs de lignée à présent. Allez les chercher. »

Le jeune homme hésita, du moins. Cela voulait probablement dire quelque chose. Mais il se leva, et dit, « Je reviens, » et sortit calmement de la pièce.

Severus entendit le bruit caractéristique de la Cheminette qui emmenait Harry chercher ses affaires, et mit la tête sur son bureau tandis qu'il pensait, Eh bien, c'était inattendu. Qu'est-ce que le stupide Gryffondor n'abandonnera pas dans ses efforts pour être quelqu'un qu'il n'est clairement pas ?


A suivre !