Cette année va être plus longues que prévu. Et je suis extrêmement surprise? Mais Aurélia ne veut apparemment pas me lâcher la grappe et compliquer les choses.

Jour 16 du confinement... Et le temps semble long. J'espère que vous allez tout-e-s bien!

Kuro_No_Kage : Rogue et Dumbledore sont les personnages les plus compliqué à écrire pour moi. Surtout Dumby. Rogue j'arrive à peu près à capter son esprit. Haha, j'espère bien que les Aces n'auront pas à gérer ce problème. C'est très Armée de Gryffondor, mais ils pratiquent de la magie très poussée qui pourrait leur être interdite. Sachant que ce sont des fondus de Défense, cela a du sens de protéger leurs arrières.

Le personnage de Nathaniel est BIEN plus complexe qu'on ne le pense. J'ai laissé un indice. Nath est particulier, j'avais une idée arrêtée sur lui, mais il est une sorte de projet en construction. Il agit réellement comme un connard, mais j'attends de voir une autre de ses facettes.

Asphodèle : Haha moi aussi au début, mais sachant que c'est juste dans le concept de mariage forcé, j'ai réalisé (avec une discussion avec Y aussi. Elle est ma conseillère xD) Nath a un double discours. Il suffit vraiment de le décrypter, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Jarod ne lui a pas donné un pain. Mais Gilbert l'a sans doute sonné les cloches Auré partie...

Aurélia essaie vraiment. Et cela change la donne. Elle ne veut pas être esclave de ses sentiments, mais il est compliqué de se battre contre soi-même. Elle tient, mais elle ne sera pas toujours logique ou cartésienne. Mais tant qu'elle fera en sorte de réparer ses erreurs, je pense que ça ira.

À propos de Gilbert Ronan…

Gilbert Ronan (prononcez guil-beurt) est Archiviste dans le Département de la Justice du Ministère de la Magie et un ancien Serdaigle. Le jeune homme a les cheveux bruns et ondulés et les yeux gris. Il a le sourire charmant et aime porter des pulls et des chemises. Il adore grimper aux arbres, regarder les étoiles et faire la sieste allongé sur la pelouse avec un livre sur le visage. Malgré son sourire, son côté discret mais érudit, son cœur sur la main… Gilbert a une vie absolument tragique.

Gilbert est l'un des quatre fils de Godfrey et Justine Ronan. Les parents de Gilbert se sont rencontrés à Poudlard en pleine guerre, ils étaient tous les deux à Serdaigle. En fait, la famille Ronan est presque toujours allée à Serdaigle. Les Ronan étaient une famille très influente avant la première guerre des ténèbres, mais leur neutralité les avait détruits. Voldemort voulait leur soutien, l'Ordre du Phénix aussi, et ainsi tous les frères aînés de Gilbert avaient été tués les uns après les autres. Gabriel, l'aîné avait été assassiné alors qu'il sortait du Ministère. Gontran, le deuxième avait été torturé à mort par les Mangemorts qui le soupçonnaient de cacher des Nés-Moldus. Enfin, Gregory, le troisième, avait été transformé en loup-garou et vivait à présent en Europe de L'Est dans une colonie, après s'être enfui pour échapper aux ordres de Greyback. Le petit Gilbert était bien trop jeune pour s'en rappeler mais ses parents n'avaient plus jamais été les mêmes. Pour protéger leur dernier fils, ils l'avaient envoyé en France pendant trois ans. Quand Gilbert était revenu, son père était tombé malade et avait succombé d'une maladie magique, pas la dragoncelle. Personne ne sut vraiment de quoi il était mort.

Gilbert eut une enfance plutôt discrète. Il était un enfant gentil, généreux, poli, mais n'avait pas d'amis. Sa petite cousine Saoirse Ronan était sa seule amie malgré leurs cinq ans de différence. Les Ronan restaient une famille soudée, surtout depuis la mort de son père qui était le deuxième fils, Godfrey. Ils étaient tout le temps chez Gilbert pour faire en sorte que sa mère et lui soient toujours entourés. Cela expliqua pourquoi Justine ne craqua pas. Elle avait assez de soutien pour ne pas s'effondrer, malgré la tragédie qui l'avait frappée. Chaque Noël, elle recevait une lettre de Gregory qui la faisait pleurer.

Finalement, Gilbert entra à Poudlard et comme tous les Ronan fut réparti à Serdaigle. Mais en vérité, aucune autre maison n'était faite pour Gilbert comme Serdaigle. Certainement, il aurait pu accepter Poufsouffle. Une vie de solitude… peut-être qu'il voulait une famille. Mais Gilbert était un solitaire, naturellement seul. Le regard lointain, cherchant un éclat de lumière.

Son amitié avec Bill Weasley, Jarod Mezart, Charlie Weasley, Nathaniel Simpson avait été salutaire. Mais malgré leurs rires, leurs confidences, leurs histoires… Gilbert se sentait toujours mis de côté). Comme déphasé avec le reste du groupe.

Gilbert était un bon élève, mais comme tous les élèves de Serdaigle, il avait soif de savoir. Les runes l'attirèrent presque immédiatement. Leur complexité, leur double, leur triple sens. Leur pouvoir, leur langage. Gilbert était persuadé de faire une incursion dans le monde de la magie à travers le pouvoir des ces mots. Il aurait voulu poursuivre sa passion. Voyager. Décrypter les runes gravées dans les colonnes de pierre blanches des temples druidique d'Irlande. Mais Gilbert n'avait pas ce choix, car son père… était un Ronan. Et un Ronan poursuivait la loi. Sans doute un courage, et une éthique qui se transmettait de génération en génération.

C'était une tradition dans sa famille. La neutralité s'exprimait à travers l'application de la mère justice. La disgrâce de sa famille avait été précipitée car ils avaient voulu être les applicateurs. Les juges, les avocats, les juristes Ronan avaient été exécutés. Seul subsistaient trois ou quatre cousins, deux oncles, trois tantes… Gilbert.

Le fils de l'un des juristes les plus réputés. On l'attendait au tournant. Gilbert s'engagea alors dans le département de la Justice et devint archiviste car il ne voulait pas être sous les projecteurs. Il ne voulait pas s'exprimer devant des salles pleines à craquer. Cependant, il voulait étudier la loi. Voir les dossiers. Des exemples d'application de peines. Gilbert voulait apprendre.

L'Imaginarium n'était pas prévu. Gilbert fit cela pour faire plaisir à Aurélia. Il ne savait pas vraiment pourquoi. Il aimait bien cette gamine. Elle avait la même passion que lui pour les runes, quoi que de façon plus utilitaire. Elle l'écoutait, elle prenait toujours le temps de savoir comment il allait. Ce n'était pas assez pour accepter de gérer un commerce, mais… il avait aimé l'invention. Il avait aimé l'idée de s'éloigner de ses responsabilités, de la pression familiale, des portraits de ses frères qui bougeaient dans les cadres quand il rentrait chez lui.

Gilbert rencontra Seraphina Clyde alors qu'elle venait récupérer un dossier archivé d'un ancien procès pour les affaires courantes. Elle attira son attention tout de suite avec ses cheveux de feu, ses yeux bleu ciel, et son énergie positive. Pour Gilbert, ce fut comme si une comète avait explosé dans le ciel et avait éclairé son monde d'un feu si vibrant qu'il voyait des couleurs dont il ne soupçonnait pas l'existence auparavant).

Gilbert Ronan eut un véritable coup de foudre.

Et maintenant, il ne savait pas où ça allait le mener.

PS : Pour les malins, vous aurez compris que Gilbert Ronan est très inspiré de Gilbert Blythe de Anne WIth An E (Ou Anne of Green Gables), ce personnage est un de mes favoris dans la littérature et la pop-culture. Il est très rare de faire des personnages masculins si sensibles, et forts sans qu'ils ne démontrent d'une masculinité toxique. Séraphina ANNE Clyde est évidemment inspiré de son âme sœur. La seule et unique Anne Shirley-Cuthbert.


Aspirations Part 4

Le lundi arriva et Aurélia retrouva Elisa après ses cours en fin d'après-midi. La jeune fille sortait de cours de Runes tandis qu'Aurélia avait Arithmancie le jour suivant.

- Salut, dit Aurélia à Cédric et Trisha.

- Bonjour Aurélia, sourit poliment Cédric.

- Lut, lâcha Trisha comme si ça lui arrachait la bouche.

Aurélia manqua de rouler des yeux mais préféra faire un signe de la main à Raashid qui lui renvoya un sourire éclatant. Puis elle revint à Elisa :

- Désolée de te déranger, mais j'ai Astronomie après… Est-ce qu'on peut parler ?

Elisa hocha la tête et Trisha avec Cédric prirent cela comme le signal pour rejoindre leur salle commune. Trisha semblait énervée mais Aurélia ignora le problème, elle n'en avait pas vraiment grand-chose à foutre des humeurs de Buttermere.

Les deux filles trouvèrent une salle de classe vide et Aurélia lança un sort d'impassabilité sur la porte pour couper le son entrant et sortant. Au moins elles seraient tranquilles.

- Je sais ce que tu vas me demander, commença Elisa avant même qu'Aurélia n'ouvre la bouche.

Aurélia leva un sourcil, mais Elisa affichait une expression à la fois amusée et grave.

- Et la réponse est non. On ne peut pas intervenir Auré. Et puis franchement, tu veux faire quoi ? Chasser Sirius Black ? Lui parler ? Griller notre couverture ou sa remise en liberté ?

Aurélia ne répondit pas. Elle se contenta de croiser les bras pendant qu'Elisa secouait la tête.

- Je sais que c'est difficile mais il faut attendre que les circonstances soient optimales. C'est la meilleure chose à faire. Black ne fera de mal à personne, surtout aux Gryffondors. Il est fixé sur sa vengeance. Il fera profil bas et nous pourrons exposer Pettigrew au bon moment.

Elisa regarda alors Aurélia qui était toujours silencieuse. Les bras croisés et le visage exempt de toute émotion. Elle attendait qu'Aurélia se prononce. Tempête. S'énerve. Crie. Dise quelque chose de blessant, elle était prête à toutes éventualités. Elle était prête à encaisser.

Mais… Aurélia n'était jamais prévisible.

- D'accord, dit-elle simplement.

Aurélia se détourna et se dirigea vers la porte d'entrée. Elisa la regarda sans comprendre :

- D'accord... ?

- Ouais. Tu as raison. Les Gryffondors sont saufs, dit Aurélia d'une voix cynique. Ce n'est pas comme si ce mec était un désaxé avec le potentiel de craquer à chaque seconde. Tu sais quoi ? Je me demande ce qu'il se passerait s'il croisait Neville pendant une crise de rage avec un couteau à la main. Peut-être que dans notre temporalité, il poignardera plusieurs fois son corps avant de le balancer dans la cage d'escaliers. Ou… peut-être pas.

L'ambiance baissa de cinquante degrés. Elisa ouvrit la bouche tandis qu'Aurélia la fixait d'un regard froid.

- J'imagine que tu veux que je te laisse t'occuper du Diadème ? Tu as l'air de vachement bien gérer la situation.

- Aurélia !

- Quoi ? s'écria Aurélia en colère. Quoi Elisa ? Tu viens de le dire, je suis une Gryffondor, donc forcément je suis immunisée face au coup du destin, ce n'est pas comme si Miss Teigne était morte, ou que le canon s'était fracassé ! Arrêtons trente secondes de croire que la partition n'a pas brûlée. Arrêtons de croire que la psyché des gens est possible à anticiper notamment avec un mec aussi imprévisible que Black ! Et tu sais comment je le sais ? Car ce mec est exactement QUI j'aurais pu être !

Aurélia reprit son souffle, alors qu'Elisa la regardait interdite.

- J'ai le potentiel de sauver tout ce petit monde ou de brûler cet univers avant d'éclater de rire au milieu du carnage, lâcha la Gryffondor d'un ton dur. J'ai la capacité de faire du mal encore et encore. Si je n'avais pas…

Elle montra sa tête.

- ça, j'aurais pété un plomb. Comme lui. Il est au bord de la rupture nerveuse, à moins qu'elle n'aie déjà eu lieu et pourrait faire du mal à une personne sans aucune hésitation. C'est un sadique, tes lettres le disent. Avant même Azkaban il était dangereux ! Il est malade, il a besoin de soins mais avant ça, il doit être arrêté car il est justement imprévisible !

- Justement ! explosa Elisa. Il est dangereux, et il n'est pas question que quiconque l'approche. Si on essaie d'y aller, on va se faire écharper, et si on réussit à indiquer aux Aurors où il est et comment il se cache, il va être abattu comme un… Bah, comme un chien. Je n'aime pas Sirius Black mais je ne vais pas le faire assassiner pour permettre aux gens de dormir plus facilement !

- Tu n'as pas vu le tableau, coupa Aurélia d'un ton dur. C'était le travail d'un sauvage, Elisa. C'était réellement un carnage. Imagine si c'était un élève.

Elisa la regarda comme si elle était folle :

- Et tu veux le tuer pour ça ? Parce qu'il est armé et agressif parce qu'il est traumatisé ?

Aurélia recula comme si Elisa lui avait balancé un coup de poing. Wow, coup bas.

- Non ! Je veux lui donner une raison de pas s'approcher de l'école !

- Oh, fit Elisa. Comme quoi ?

Là Auré marqua une pause.

- Bah, euh… Je sais pas.

Il y eut un court silence. Quand Elisa reprit la parole, sa voix était un tantinet plus froide :

- Tu sais, tu devrais vraiment arrêter de sauter à la gorge des gens pour jouer la mouche du coche. Et je dis les gens, mais ça vaut surtout pour moi. Je sais que tu n'aimes pas la situation, mais me sauter dessus comme si j'étais la responsable, m'engueuler et me faire la morale alors que tu n'as rien de constructif à apporter, c'est particulièrement gonflé.

Aurélia en resta muette. Ce n'était pas souvent qu'Elisa se fâchait avec elle. Après tout, la petite Poufsouffle était du genre à éviter la confrontation. Parfois Aurélia se disait qu'elle était sans doute un peu lâche. Mais là, elle réalisait qu'elle avait peut-être poussé le bouchon un peu loin, car la voix d'Elisa montait lentement en volume, toujours aussi glaciale :

- J'imagine que ça ne sert à rien de te donner tous les arguments raisonnables et cartésiens nécessaires pour justifier le fait que personne ne s'approche de Black, parce que tu ignore la réalité dès qu'elle ne te convient pas. Après tout, tu as bien construit ton petit monde où tu es la seule personne qui distingue le Bien du Mal, et tu ne vas pas remettre ça en question sur la base de quelque chose d'aussi stupide qu'une évidence concrète. Alors voilà un truc que tu vas peut-être écouter : tout ce qui merde, ça sera de ta faute.

Cette fois Aurélia recula comme si Elisa lui avait tiré dessus à bout portant avec une arme à feu. La Poufsouffle continua à marteler d'une voix froide, chaque mot claquant comme un coup de fouet :

- Si Pettigrew n'est pas arrêté, si Black tue quelqu'un, s'il est tué lui-même, ce sera de ta faute. Tu comprends ça ? C'est ça l'enjeu. C'est avec ça que moi je vis, mais apparemment tu ne l'as pas encore capté. Rien ne compte plus que ton envie de te sentir importante alors que, wow, flash info, tu n'es pas importante dans cette histoire, et tu devrais pour une fois dans ta vie rester essayer de rester sur la touche ! Est-ce que tu veux risquer ça, la mort de quelqu'un, juste parce que ça te ferait te sentir héroïque, juste, utile, de te lancer dans une nouvelle quête en rapport avec l'intrigue principale ? Réfléchis bien. Parce que je n'ai pas envie de risquer la vie de quatre-cent élèves pour ton ego et ton besoin pathétique de prétendre que tu es la protectrice de Poudlard !

Silence. Aurélia aurait voulu parler mais c'était comme s'il y avait une énorme boule dans sa gorge. Elle avait l'impression qu'Elisa lui avait planté un couteau en plein cœur et s'en était servie pour lui arracher la moitié de la poitrine, exposant ses plus grandes peurs et ses plus terrifiantes vulnérabilités. Elle déglutit une fois, deux fois. Il lui fallu plusieurs secondes pour réussir à parler, et même là, sa voix tremblait.

- Donc c'est ça. On fait un coup de poker, on considère que ce mec n'est pas un danger ? Alors que si une personne se trouve entre lui et le rat, il y a d'énormes chances qu'il lui fasse du mal ?

- La seule personne qui va se placer entre lui et le rat sera Ron Weasley, asséna Elisa. Personne d'autre ne va protéger un rat. Ou plutôt, Pettigrew ne va certainement pas miser sur la protection d'un élève. Sa stratégie, c'est la fuite.

Les yeux d'Elisa étaient glacés et pendant une seconde vertigineuse, Aurélia se souvint du journal de Jedusor, de son influence, et elle se raccrocha à l'idée que ce n'était pas vraiment Elisa qui venait de lui dire toutes ces horreurs, c'était l'influence du journal… Mais ça ne les rendait pas moins vraies, soufflait une voix cruelle dans son esprit. Est-ce que ce n'était pas son besoin pathétique de se prendre pour une protectrice qui la poussait à agir ? Alors qu'elle n'était qu'une pauvre tâche incapable de se protéger contre son propre esprit ? Sérieusement, pourquoi elle essayait de se mentir, de se dire qu'elle était utile à qui que ce soit ?

- Comme tu veux Elisa, dit Aurélia la voix sourde. Comme tu veux, après tout, je suis une pauvre conne qui ne sait rien du tout. Suivons ton plan, tu sais après tout tout bien faire. Tu ne plantes jamais, l'année dernière a si bien marché.

Un flash de quelque chose passa dans le regard d'Elisa, de la terreur ou de la fureur, ou peut-être un mélange des deux. Le sang battait à ses oreilles. Lorsqu'elle répondit, sa voix était basse, presque sifflante, et pleine de venin :

- Je ne laisserai personne mourir à cause de ma propre incompétence. C'est apparemment plus qu'on peut en dire de toi.

Aurélia avala sa salive. Je sais, voulait-elle crier. Tu crois que je ne le sais pas ?! Mais si elle se mettait à lâcher ce qu'elle avait sur le cœur elle allait se mettre à chialer, et ça, hors de question. L'idée de tomber en miettes était terrifiante : elle n'était pas sûre de savoir recoller les morceaux. Avec toute la hargne qu'elle pouvait maîtriser, elle lâcha :

- Laisse tomber.

Aurélia ouvrit la porte à la volée et sortit de la classe. Juste avant cependant, elle regarda Elisa droit dans les yeux.

- Je ferais rien. Promis.

C'était un mensonge. Aurélia sortit alors les poings serrés. Elle voulait partir quelque part pour casser quelque chose. Elle voulait faire quelque chose. Elle ne voulait pas rester debout à entendre les paroles assassines d'Elisa. Elle ne voulait pas penser à ce qu'elle avait dit.

Aurélia sortit du château et alla mordre son écharpe pour hurler contre un mur. Non. Elle n'avait pas à la laisser la casser. Elle n'avait AUCUNE putain d'idée de ce qu'elle avait traversé pour se décider à agir et à ne pas laisser crever toutes ces personnes, cela n'a jamais été une question d'ego, car sinon elle serait en ce moment même à Mony en train de faire un énorme fuck. Non, elle faisait ça pour faire en sorte que ses amis et sa famille ne meurent pas. Elle avait fait le choix conscient de revenir pour se battre et même de MOURIR pour eux. Aurélia était décidée à ne pas avoir de FUTUR pour ceux qu'elle aimait. Comment pouvait-elle penser qu'elle voulait qu'on lui baise les pieds pour la remercier d'avoir sauvé ce pays de merde ? ELLE VOULAIT QU'IL BRÛLE !

Quant à Black, Ron serait le seul à se mettre en lui et le rat, sauf, espèce d'abrutie congénitale, que ce n'est pas Pettigrew que tout le monde pensait que Black visait dans le dortoir MAIS TON FOUTU PROTÉGÉ. Les gens ne vont pas comprendre, Black va insister, va péter un plomb, va agir pour le pire. On ne sait PAS comment ça peut tourner.

Éloigner Black était la meilleure des solutions, et oui elle n'avait pas la réponse quant au comment, mais elle ne l'avait pas toujours ! Elle était humaine, pas un putain de robot qui venait avec des calculs et des résultats à chaque seconde !

« - Je sais que je suis inutile, marmonna Aurélia.

Elle ne voulait pas le reconnaître, mais elle le savait. Elle était inutile. Elle ne savait pas, elle improvisait. Mais cela la rendait malade. Regarder un accident de voiture au ralenti. Un compte à rebours vers le chaos. S'agiter pour supplier les gens de se décaler. Mais personne ne bouge. Tout le monde fonce droit dans le mur. Pourquoi Elisa croyait être plus utile qu'elle ? putain, elle était aussi paumée qu'elle, c'était ridicule de lui faire croire le contraire !

Aurélia glissa le dos par terre et se prit la tête entre les mains. Elle devait reprendre sa respiration. Souffler. Reprendre le contrôle de son mental.

Elisa pouvait aller se faire foutre. Vraiment. Elle pouvait VRAIMENT aller se faire foutre.

- Ouais, je suis une sale gosse, incapable de rester en place et idiote. Quel dommage qu'on m'ait donné ces informations alors, siffla Aurélia avec fureur. L'imbécile responsable de ça est vraiment un sadique. Peut-être que je suis ton pendant. Ta putain de yang. Le caillou dans ta chaussure. »

Aurélia se leva doucement et épousseta sa robe avec ses mains.

Puis avec la froideur glaciaire du pôle Nord dans les yeux. Elle rentra dans le château.

Elisa pouvait la sous-estimer, elle s'en foutait. Elle trouverait un plan et elle l'appliquerait.

Sans elle.

Le soir même, les conversations des élèves tournaient toutes en boucle sur les évènements. Évidemment, Thelma, le Trio, Angelina… Toutes les personnes au courant qu'Aurélia avaient vu un futur alternatif, se tournèrent vers elle. Son regard soucieux ne fut que confirmation.

Une réunion informelle eut lieu exclusivement entre les Gryffondors, le Trio d'Or exclu. Harry était sous la protection d'Elisa. C'était elle qui décidait pour lui, c'était un accord tacite entre les deux jeunes filles et malgré sa colère, ou son inquiétude, Aurélia respectait ces termes du contrat. Et puis, c'était leur portrait et leur dortoir que Black visait, avant toute chose, cela était admis.

Angelina, Alicia et Trinity comme d'habitude ne voulaient rien savoir. Elles voulaient juste l'assurance que rien de grave n'arriverait sur son chemin. Aurélia put leur en donner la garantie. Pour cette année du moins.

- Merlin Merci, souffla Angelina, on pourra passer nos Buses en paix.

Vraiment les élèves avaient de drôles de priorités parfois, se dit Aurélia en roulant des yeux. Enfin… Plutôt que tout le monde était tellement blasé par la dangerosité de ce qui les entourait qu'ils étaient plutôt philosophes. Un voleur, un basilic… Non vraiment, cela faisait relativiser.

« - Tu savais que Black allait s'évader ? commença Quentin.

Comme d'habitude Quentin semblait présider la réunion dans son dortoir avec Thelma. Les deux Gryffondors étaient ceux qui avaient le plus la tête sur les épaules. Thelma Holmes était extrêmement pragmatique et arrivait à faire rapidement des déductions. Quentin était méthodique malgré ses humeurs, ce qui était une bénédiction. SI les esprits s'échauffaient, ils agissaient en tampon. Enfin, Aurélia était vraiment blasée cette fois, elle n'avait pas vraiment l'énergie de s'énerver ce qui n'était pas forcément le cas de Teddy et Méphisto.

- Oui, répondit la Gryffondor aux cheveux violets.

- Par la barbe de Merlin Aurélia ! s'écria Teddy en laissant tomber sa tête dans ses mains.

- Et tu sais où il est ? continua Quentin imperturbable.

- Non.

Méphisto soupira alors que Teddy était au bout de sa vie. Vraiment ça devenait une routine. Thelma, elle était plutôt songeuse.

- Mais il y a une différence, dit-elle enfin… Avec le Basilic, tu étais prête, sur des charbons ardents… et là tu es bien plus calme.

Thelma se pencha en avant.

- J'en conclus que tu penses que Black ne fera aucun mal.

- Comment ?! s'exclama Teddy, il a tué treize personnes, c'est un tueur en série en liberté ! Il veut TUER un élève de notre maison et s'est introduit dans le château !? Suis-je le seul à m'inquiéter ?

- Les professeurs s'occuperont du problème, dit Aurélia l'air absent. Albus Dumbledore est le sorcier le plus puissant de Grande-Bretagne. Black n'oserait pas.

- C'est bien le moment de faire de l'esprit, tu n'y crois pas une seconde, répliqua Méphisto.

Aurélia haussa les épaules, le visage neutre. Teddy la regardait, en rougissant d'énervement.

- Aurélia !

- On n'a rien à faire, poursuivit Aurélia, la voix monotone. Vraiment. Black sera arrêté et appréhendé. Il n'y a aucune raison de paniquer.

Aurélia n'avait pas envie de rassurer. Elle n'avait pas envie d'être chaleureuse. Elle voulait qu'on lui foute la paix. Elisa lui avait suffisamment pourri la semaine.

- Tu ne disais pas la même chose l'année dernière, sourcilla Méphisto.

- L'année dernière on était seuls face à un serpent géant qui se planquait dans les canalisations, et le ministère n'avait quasiment pas bougé le petit doigt. Cette fois, il s'agit d'un sorcier sans baguette, des Détraqueurs (et Merlin sait à quel point je les déteste) gardent la porte et les professeurs et préfets sont mobilisés. Non, cette fois, les chances d'une catastrophe sont réduites, surtout quand on sait qui est visé.

Un silence souligna les paroles de la Gryffondor. Méphisto la regardait comme s'il la découvrait, Teddy était plutôt confus et Quentin ainsi que Thelma étaient plongés en pleine réflexion.

- Qu'en pense Elisa ? Lâcha Thelma

Aurélia cilla. Se tendit imperceptiblement.

- Elle pense la même chose. Laissons-les autorités faire leur job, dit-elle avec raideur. Maintenant, que tout le monde reprenne une activité normale. Soyez juste vigilants et tout se passera bien.

- Où tu vas ? l'arrêta Méphisto alors qu'il croisait ses bras.

- Finir mes devoirs supplémentaires d'Alchimie, Rogue me fera la peau si je les bâcle, répliqua Aurélia en sortant du dortoir.

Puis en revenant dans sa chambre en forçant un sourire, elle leva sa tête pour regarder le plafond.

Ouais… son plan pourrait marcher.

Aurélia détestait manipuler les gens et elle détestait se faire manipuler. Mais voilà, manipuler les gens de façon subtile, les poser sur une certaine ligne… c'était pratique. Dégueulasse mais pratique. C'était un chant de sirène qui attirait les personnes dotées d'un certain pouvoir. Quand on était puissant, on était écouté et obéi. Par admiration, amour, crainte… Les gens feraient n'importe quoi. Certains n'étaient pas conscients de ce pouvoir. Comme Elisa. Certains le voulaient. Comme Helen Dawlish. Certains n'en voulaient pas.

Comme elle.

Aurélia savait qu'elle était chanceuse. Ses amis ne la lâchaient pas, même sans la comprendre. Elle pouvait envisager de les pousser vers une direction. Pas de les guider. Ça avait marché pour la Chambre des Secrets, quand il avait fallu enquêter sur le meurtre de Mimi Geignarde. C'était la même chose.

Aurélia était bien au courant de ses faiblesses. C'était une tête brûlée. Une émotive de première catégorie. Avant c'était gérable, elle pouvait se permettre d'exploser à chaque fois qu'un paramètre n'allait pas dans la direction qu'elle n'aimait pas. Car avant elle n'avait la responsabilité de personne. Et elle-même ? Sa propre vie ? Elle s'en foutait.

Avant elle voulait contrôler les gens pour son propre bien, sa propre petite existence, son propre égoïsme. Et aujourd'hui, le curseur avait bougé.

Car aujourd'hui elle était responsable. Aujourd'hui, ce n'était pas sa survie en jeu, mais la sécurité de toutes les personnes de ce château.

Aurélia se foutait de rendre le monde plus juste ou de lancer des changements pour le rendre plus chaleureux et bienveillant. C'était de la connerie de Poufsouffle, ça.

Elle ? Elle visait la destruction pure et simple des dangers. Elle ? Elle voulait un monde sauf.

Le reste, les guimauves dans les chocolats, pouvait attendre qu'elle ait buté le méchant de l'histoire.

Aurélia soupira en sortant de la bibliothèque avec son sac rempli à craquer de livres qu'elle venait d'emprunter.

Elle avait du pain sur la planche.

oOoOoOoOo

Aurélia s'était levée extrêmement tôt pour se diriger vers la salle sur Demande. Elle savait quand y aller et quand l'utiliser. Et à 5h du matin le Jeudi, il n'y avait pas un chat. Elle évita Rusard et Miss Teigne, car grâce à son badge de préfète elle pouvait désactiver les alarmes sur le portrait du Chevalier de Catogan qui ronflait tellement fort qu'on aurait cru que c'était le moteur d'un tracteur.

La Gryffondor entra dans la Salle avec sa demande précise en tête.

Son bureau avait réapparu. Elle avait un tableau en liège vide. Une chaise confortable. Aurélia posa son sac extensible sur lu bureau. Elle en sortit des livres, une liasse de papier vierges, une thermos de café de la veille encore chaude, sa radio modifiée où elle mit une cassette et appuya sur play. Le son énervé de Nirvana retentit dans la salle, alors qu'Aurélia se débarrassait de sa robe de sorcière et la posait sur un dossier de chaise pour se retrouver en sweat-shirt noir, jean gris et Doc Martens. Elle attacha ses cheveux violets qui avaient un peu déteint et elle attrapa une grande feuille de parchemin qu'elle jeta par terre.

- Allons-y, se dit Aurélia.

Tracer des lignes. Un patron de boîte. Des cristaux à caler sur chaque coin. Quatre ? Non. Seize. Il faudrait les tailler pour les caler parfaitement à chaque arrête afin qu'ils prennent bien la forme de la boîte et que le blocage circule.

Aurélia croisa ses bras tout en buvant son café. Le bois était la matière la plus facile à enchanter et la plus stable, mais renforcer la boîte avec une amibe en argent pour empêcher tout court-circuit et soutenir l'action des runes pour garder le sujet vivant à l'intérieur et éviter évanouissement, nausée ou énergie vitale pompée par les cristaux était important.

Le plan était de fabriquer une vraie cellule portative. Il y avait une ligne de runes inspirée de ses vêtements adaptables qui permettaient de s'adapter au corps du sujet, donc aucun risque que Pettigrew casse la boîte en se transformant.

Une ligne de runes qui liait les propriétés compressantes des cristaux au bois et traçaient les limites de la prison malgré les changements de taille.

Et enfin, une ligne de runes de verrouillage automatique.

Aurélia s'était rappelée en imaginant cette boîte compressante du coffre à sept serrures où le faux Maugrey avait enfermé le véritable dans le tome quatre . Elle avait pensé que cette boîte serait difficile à trouver et effectivement il s'agissait d'une boîte utilisée par les Briseurs de Sorts pour contenir les Artefacts dangereux et les transporter d'un point A à un point B. Il était impossible de trouver une telle boîte dans la nature, même Vif-Argent ne livrait pas ça. C'était des coffres fabriqués par le Département des Mystères et qui étaient un cadeau de diplôme pour chaque Briseur de Sorts. La raison pour laquelle Maugrey en avait une, c'est parce qu'il avait sans doute un contact avec le Département des Mystères.

Ce qui, au vu de sa passion pour les artefacts de détection de magie noire, est loin d'être impossible.

Ainsi le plan commençait à prendre forme. Fabriquer la boîte. Choper un coffre. Récupérer les données sur Black, et créer une action judiciaire, via Séraphina et Gilbert tout cela dans le plus grand secret. Et entre temps… Il fallait contacter Black. Lui faire savoir qu'il fallait absolument qu'il fasse profil bas.

Elle s'arrêta une seconde. Serra les dents.

Elisa l'avait vraiment fracassée. Tout ce qu'elle voulait pas entendre, elle l'avait dit. Elle voulait se convaincre de son utilité et Elisa lui avait clairement dit : Espèce de sale gosse, va faire un château de sable, manger ta potée et laisse les adultes s'en occuper.

Aurélia était malade de ne plus être une adulte, et d'être diminuée, et Elisa avait osé la mettre face à cela.

« - Même si j'ai plus vingt-cinq ans, marmonna-t-elle, je peux être utile.

Même si elle n'avait plus vingt-cinq ans, elle VOULAIT être utile.

- Même si je suis stupide, si je suis une tête brûlée et que le monde me déteste, monta sa voix. Je veux être utile.

Même Elisa pensait qu'elle était plus une gêne qu'une bénédiction. Elle lui prouverait le contraire.

- Même si Sirius Black pourrait ne faire du mal à personne. JE M'ASSURERAI QUE CE SOIT LE CAS, s'écria Aurélia. »

Elle le ferait. Au diable et aux chiottes les convenances, la prudence, la tête dans le sable. Au diable sa propre sécurité, sa vie et son intégrité mentale. Au diable son égo, ses compétences. Au diable tout ce qu'Elisa pensait d'elle. Elle prenait le risque. Elle le prenait, et elle vivrait avec les conséquences. Même si ça capotait de façon spectaculaire, elle ferait tout pour rattraper le coup jusqu'au bout. Quel qu'en soient les risques.

La justice avait failli. Il fallait lui donner ce qu'il voulait. Pettigrew. Mais aussi son innocence et sa liberté. Accepterait-il d'être le chien de Dumbledore ? Elle se le demandait.

Par contre il accepterait n'importe quoi pour Harry, et c'était cela son point faible.

Aurélia prendrait une page du livre d'Elisa. Pendant que la Poufsouffle faisait une compilation des horreurs que Black avait fait, elle s'occuperait de prouver son innocence. Quel qu'en soit le coût.

Plus tard, Aurélia rangea ses éléments dans un coffre dissimulé dans le débarras de la Salle sur Demande et rejoignit la Grande Salle pile pour le petit déjeuner. Là, elle retrouva le Trio qui la salua :

- Tu étais partie courir ? demanda Teddy en lui souriant.

- Nan, répondit Aurélia. J'avais envie de taper dans un sac de frappe aujourd'hui.

Le Trio échangea un regard pendant qu'Aurélia les poussait pour entrer dans la Grande Salle.

- Ah Phil ! appela une voix féminine, par ici !

Izzie West secouait son bras, assise avec ses amies de sa promo. Aurélia leva un sourcil, mais Méphisto l'ignora royalement, et s'assit en souriant à côté d'Izzie. Aurélia se tourna vers les deux autres qui imitèrent Méphisto et gardèrent une place pour Aurélia qui s'assit à côté de Quentin.

Il y avait de la distance entre elle et Méphisto qui semblait s'amuser en bonne compagnie. Aurélia attrapa des œufs brouillés et les mangea en fronçant les sourcils. Voilà qui était intéressant.

Puis à la fin du petit-déjeuner, elle vit Méphisto et Izzie s'éloigner en parlant ensemble, suivis par le Trio.

- On se voit au déjeuner ? dit Teddy gentiment.

- Mmh, répondit Aurélia qui fixait le dos de Méphisto qui s'éloignait. Non. Ne m'attendez pas, dit-elle, faut que je travaille sur un truc en Alchimie. Je vais me prendre un sandwich en cuisine.

- Ah… d'accord, fit Teddy un peu surpris.

Aurélia lui toucha l'épaule avec un petit sourire puis rejoignit sa promotion. Ils avaient Botanique. Et elle allait forcément croiser Elisa.

En effet, pendant tout le cours, Aurélia fut exceptionnellement calme et silencieuse. Trudy Glaston qui était son binôme lui fit gentiment remarquer, alors qu'Aurélia se battait avec un géranium explosif pour récupérer du pollen.

- Je vais bien, dit Aurélia d'une voix un peu sèche. Je réfléchis juste à certains trucs.

- Vraiment ? quoi donc ? Demanda Lee qui était en binôme avec Raashid juste en face d'elle.

Aurélia ne répondit pas, et Elisa jeta un petit coup d'œil dans sa direction.

À la fin du cours et avec l'assurance d'une dissertation à rendre prochainement, Aurélia quitta la serre direction les cuisines alors que les autres allaient à leurs salles communes avant le déjeuner.

Les cuisines étant à côté la salle commune des Poufsouffles, les jaune et noir lui firent remarquer qu'elle s'était trompée de direction avec un rire :

- Je vais juste aux cuisines, répondit Aurélia.

- Pourquoi ? demanda Cédric avec curiosité.

- J'ai un projet alchimique et je vais passer le déjeuner pour l'avancer et avoir mon week-end de libre, mentit effrontément Aurélia. Je voudrais leur demander un sandwich.

Elisa avança d'un pas, l'air de rassembler son courage, puis déclara d'une voix au naturel un peu forcé :

- Je viens avec toi, je dois parler avec Olly.

- Comme tu veux, fit Aurélia d'une voix glaciale.

Le changement de ton fit ciller Trisha qui ouvrit la bouche mais fut arrêtée immédiatement par Cédric. Devant la coupe de fruit, Aurélia chatouilla la poire et entra. Elisa la suivit en silence, et elles saluèrent les elfes en même temps. Plusieurs d'entre eux s'agglutinèrent devant elles, les saluant avec excitation. Aurélia ne put retenir une pointe d'agacement en voyant combien d'entre eux regardaient Elisa avec des yeux de merlan frit. Même chez les elfes elle était populaire, cette chieuse.

Elle apostropha plutôt un des elfes qu'elle connaissait personnellement :

- Salut Béni, sourit Aurélia. Désolée de te déranger, j'imagine que tu as à faire, mais est-il possible d'avoir deux sandwiches au poulet et…

- De la tarte aux pommes ?

- Tu me connais bien, s'esclaffa Aurélia. Merci !

Elle trouva une chaise et s'assit devant Elisa, qui parlait avec Olly… qui s'éloigna ensuite. Le sourire d'Aurélia flétrit et elle croisa les bras pour regarder ailleurs.

- Je ne savais pas que tu connaissais les elfes, lança Elisa en tentant de faire la conversation.

- Ils ont pris soin de moi en deuxième année, répondit Aurélia. Certains me laissaient à manger devant la salle sur demande.

Elisa hocha la tête. Aurélia regarda les elfes avec un peu de douceur dans les yeux :

- Ils voient bien plus qu'on ne le croit… Et vu leur âge, je me demande jusqu'à quand certains...

Aurélia s'interrompit et se tourna vers…

- Béni !

L'elfe apparut et vint vers Aurélia qui avait un éclat dans les yeux :

- Dis-moi. Est-ce que par hasard, un gros chien noir vous a volé de la nourriture dernièrement ?

Elisa tressaillit en entendant cela, mais se pencha en avant pour entendre la réponse de l'elfe qui secoua la tête.

- Non Miss.

- Et un homme habillé de haillons ? Taille moyenne, squelettique, probablement sale, pieds nus ? demanda Aurélia en haussant un sourcil.

Mais Béni secoua la tête encore.

- Non Miss.

- Et tu as vu un chien noir en faisant le ménage ?

Béni se gratta la tête, mais secoua la tête. Les autres elfes s'avancèrent vers elle.

- Quelqu'un ? insista Aurélia.

Une elfe s'avança, et murmura :

- Je l'ai vu dans le parc, révéla-t-elle. Il courait vers la forêt interdite.

- Le soir où Black s'est introduit dans le château ? demanda Elisa.

- Ou… Oui, Miss.

Un silence passa. Aurélia hocha lentement la tête, et accepta les sandwichs et la part de tarte qu'elle mit dans son sac à bandoulière.

- Merci Béni. A la prochaine.

Elle se leva et sortit de la cuisine alors qu'elle fut suivie par Elisa qui lui attrapa le bras :

- Attends !

- Quoi ? fit sèchement Aurélia.

- Je voulais te dire… La dernière fois… Je suis désolée.

Aurélia cligna des yeux, prise au dépourvu. Okay, elle ne s'y attendait pas du tout. Enhardie par son silence, Elisa enchaîna :

- Je suis allée trop loin. C'était la colère qui parlait.

Aurélia ouvrit la bouche, puis la referma, puis lâcha d'un ton bourru :

- C'est tout ?

Elisa fronça les sourcils, un peu sur la défensive :

- Euh, oui. Mes mots ont dépassé ma pensée. Je ne voulais pas dire des trucs aussi odieux. Désolée.

Aurélia digéra ça en silence. C'était… une excuse. Elle n'aurait pas dû se sentir aussi prise au dépourvu. Pourtant, elle avait l'impression qu'on avait tiré un tapis de sous ses pieds. Les gens ne s'excusaient pas souvent auprès d'elle. Surtout comme ça. Ce n'était pas un concert de platitude, genre « c'est pas de ma faute, la situation est difficile » ou « si tu l'as mal pris, j'en suis désolée », c'était… Franc et direct, à la Poufsouffle. Et sincère, en plus. Elle se sentait un peu coupable de sa colère envers Elisa, maintenant.

- Excuses acceptées, finit-elle par marmonner. Mais t'as vraiment été loin, alors… Laisse-moi un peu de temps, ok ?

Elisa hocha la tête et Aurélia, qui comptait utiliser ce temps pour faire exactement ce qu'Elisa lui avait interdit de faire, se sentit immédiatement coupable :

- Oui, bien sûr !

Rah bon sang. Pourquoi a-t-il fallu que tu t'excuses si rapidement ? hurla intérieurement Aurélia alors qu'Elisa lui adressait un sourire timide. Non ! Arrête ça immédiatement !

- J'y vais, siffla Aurélia. Alchimie tu sais…

- À plus tard, la salua Elisa, soulagée

Aurélia sortit de la cuisine sans un regard en arrière car franchement, elle allait exploser. Il était compliqué d'assumer ce qu'elle faisait maintenant, mais… Mais elle ne pouvait plus arrêter. Le chantier était lancé. Elle était en train de tout planifier. Elle voulait se prouver qu'elle pouvait apporter des solutions.

Car si elle ne le pouvait pas… Elle pouvait prendre le premier Portoloin et boire des Pina Coladas en regardant l'Angleterre brûler. Et emmener tout le monde avec elle dans ses bagages de gré ou de force. Aurélia serrait les dents, elle n'avait vraiment pas besoin de ça.

Elle savait qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur. Elle savait que c'était sa propre fierté qui parlait.

oOoOoOoO

Dans les jours qui suivirent Percy devint sacrément paranoïaque. Tellement flippé que Black entre dans le château, il changeait les horaires des rondes pour empêcher que le fugitif les analyse. Même la sortie à Pré-au-Lard qu'Aurélia surveillait avait été particulièrement stressante.

Au bout d'un moment, Aurélia péta véritablement un plomb en réunion de préfets.

- Bordel Percy, s'énerva finalement Aurélia, ce qui outra le jeune homme. J'ai des devoirs supplémentaires et d'autres clubs, on est aussi crevés ! Il faut se calmer là !

- Tu ne manques pas de toupet, Tu es la première à avoir voulu une telle organisation, répliqua Percy.

- Mais je reste calme ! Tu vois. J'ai grandi ! répliqua Aurélia. Par la barbe de Merlin, va dormir, Ruth prendra la relève, tu es crevé !

- Aurélia a raison, Percy, dit Lisa d'une voix calme mais sereine. On est tous préoccupés, mais en perdant notre calme, on communique cette humeur aux élèves qui sont aussi effrayés. On ne dit pas qu'il ne faut pas de mesures de sécurité ajouta-t-elle, en voyant Percy ouvrir la bouche d'un air scandalisé, mais il faut calmer le jeu.

- Et pour le Patronus, ajouta Quentin, on a les modules du CSD. Tous les préfets maîtrisent le sort, corporel ou non, ainsi que la quasi-totalité des cinquièmes aux septièmes années, le rassura le Gryffondor blond.

Les préfets, dont Cédric qui arborait des cernes marqués, ce qui serait problématique pour son match de Quiddich prochain, approuvèrent.

Malgré tout, Percy tempêta et continua à être aussi autoritaire que précédemment, mais il put dormir et déléguer à Ruth et Lisa. Car finalement, se reposer n'était jamais une mauvaise idée.

La boîte compressante était un sacerdoce. D'abord créer la boîte, puis graver les runes en interne avec un sort et en externe sans une seule erreur. Puis, couler l'amibe métallique de contournement tampon. Et finalement, caler les cristaux. C'était un ouvrage de précision.

L'amibe d'argent était la plus simple à faire. Elle fit fondre l'argent au centre d'un cercle de transmutation et le fusionna avec une potion de stabilisation ainsi que de la poudre de bicorne pour que ça reste liquide dans le flacon jusqu'à ce qu'elle la coule sur la boîte.

Merci Rogue pour les devoirs supplémentaires, qui lui permirent de faire ça en deux jours grâce à l'expérience accumulée.

Puis le plan des Runes méritait l'œil d'un expert. Elle l'avait déjà depuis des années, et avec un œil neuf et de l'expérience, tout semblait plus simple malgré quelques difficultés… Une semaine plus tard, elle envoya une lettre à Gilbert Ronan avec deux requêtes. Déjà celle de vérifier que sa combinaison sur trois niveaux fonctionnait. Puis celle de savoir s'il pouvait exhumer le dossier de Black :

- Gil, Black s'est introduit dans le château. Je ne sais pas si l'école a communiqué sur ça, mais ici c'est le bordel. Les élèves sont flippés et moi je veux juste savoir à qui on a affaire. Certes, l'affaire a fait les choux gras de la presse, mais je souhaiterais du concret. S'il te plaît. Merci beaucoup d'avance. Sois discret cependant, j'imagine que le Ministère est sur les charbons ardents suite à cette affaire.

Auré.

Ps : Est-ce que tu as finalement invité Séraphina à un rendez-vous où c'est un travail en cours ?

Cette lettre envoyée, Aurélia se tourna vers la commande de cristaux à Vif-Argent, ainsi que celle d'une corde incassable enchantée qui se rangeait automatiquement dans son sac. Cela pourrait être utile.

En sortant de la volière, elle sentit une goutte d'eau tomber sur son visage…

La pluie tombait sans aucune interruption alors que le match de Quidditch qui opposait Serpentard à Gryffondor ouvrait la saison. Aurélia soupira. Encore un changement dans le canon. Sérieusement, seuls des naïfs pensaient que le livre tenait toujours. Mais malgré tout, elle était là. Pour soutenir son équipe certes, et par acquis de conscience.

Au moins Elisa ne pourra pas dire qu'elle était inconsistante et inconsciente. La Poufsouffle la prenait déjà pour une idiote, il ne fallait pas non plus lui donner du grain à moudre… D'ailleurs la voilà ! Elle était sur le banc des gradins à côté d'elle.

- Quel temps pourri, s'éleva la voix d'Ambre Kwebana. J'espère que ce fameux Quidditch vaut le coup !

Aurélia sourit. Elle aimait bien cette gamine. Teddy lui était au bout du rouleau, le club de supporters qu'il avait fondé avait lâché l'idée de faire des signes de lumières à travers la pluie. Non. On préférait lancer des impervius et espérer que le match soit rapide et sans douleur pour les rouges et or.

Et apparemment les deux équipes aussi voulaient en finir rapidement. Aurélia n'avait malheureusement pas de multiplettes, mais les commentaires pétillants de Lee rendaient compte de la situation.

Aurélia tourna les yeux sur la tête d'Elisa qui semblait regarder l'entrée du Stade. Effectivement. Aurélia leva aussi sa tête, en croisant les bras, quand tout à coup…. Un froid se leva dans son estomac.

Des hurlements. Des supplications. Ses hurlements.

- … Amenez-moi !

Quoi ?

- … Ame… moi !

Aurélia sentit le froid sortir de sa bouche et pencha sa tête en avant. Elisa était comme figée. Elle semblait parler à un espace vide. Quoi ?

- RAMENEZ-MOI ! hurla sa propre voix dans sa tête.

Un éclair éclata dans le ciel. Cela réveilla instantanément Aurélia qui put voir comme tous les élèves, une vague de Détraqueurs foncer dans le stade. Oh non. Angelina ! Alicia !

Harry.

Aurélia brandit sa baguette en avant et hurla :

- SPEREO PATRONUM !

Son Grizzli Magnus apparut et lança un rugissement si fort qu'il fit trembler les gradins.

- DÉFONCE-LES, hurla Aurélia de rage.

Le protecteur argenté sembla comprendre et hocher la tête avant de foncer immédiatement vers les Détraqueurs. Aurélia pointa sa baguette à la gorge comme possédée :

- Sonorus. TOUT LE MONDE SE RÉVEILLE BORDEL. VOUS CONNAISSEZ LE SORT ! ME DITES PAS QUE J'AI PASSÉ DES HEURES À VOUS L'APPRENDRE POUR QUE DALLE ! cria-t-elle avec angoisse.

Teddy qui était à côté d'elle sembla prendre la pleine mesure de la situation. Un cheval partit des gradins des Serdaigles qu'Aurélia reconnut comme le patronus d'Helen Dawlish. Un autre ours. Le puma de Quentin. Le coyote de Méphisto, de la fumée argentée qui venait des trois quarts des baguettes. La musaraigne de Teddy. Un écureuil. Un chat sauvage. Un chien sauvage et un autre coyote qui venaient des jumeaux au-dessus d'elle !

Batman l'ours de Trisha. UN PUTAIN D'ORQUE DE SIX MÈTRES DE LONG. Aurélia en faillit tomber par terre, elle détestait les orques !

Puis l'agent gratouille émergea et rejoignit la vague argentée qui repoussa les Détraqueurs. Cela fit soupirer Aurélia de soulagement :

- OH NON, cria une voix épouvantée. Harry !

Effectivement le corps évanoui du garçon qui avait survécu tombait en grande vitesse. Oh bon sang ! Un sort ! N'importe lequel !

- IMPEDIMENTA !, hurla Aurélia en le lançant directement sur Harry

Mais le rayon le manqua, c'était une catastrophe ! Il allait s'écraser !

Était-ce à cause de la clameur du public ? Mais un joueur de Serpentard, tenta d'attraper Harry et… réussit, non sans difficulté. Aurélia sentit ses jambes céder sous elle. Teddy lui attrapa le bras pour éviter qu'elle ne se casse la figure dans les gradins.

- Bordel, dit Aurélia en tremblant. J'ai cru que j'allais faire une crise cardiaque. »

oOoOoOoOoOo

Harry allait bien. Apparemment le joueur de Serpentard n'était autre que Drago Malefoy. Le hasard faisait vraiment bien les choses. Elisa était inquiète évidemment. Le gamin était son frère adoptif. Aurélia soupira. Elle avait envie de lui parler. Mais sachant qu'elle travaillait sur un plan pour faire évoluer la situation… Et qu'Elisa n'était pas au courant, elle ne voulait rien risquer. Oui, continuer alors que la Poufsouffle s'était excusée était dégueulasse. Mais Aurélia voulait lui prouver qu'elle avait tort. Qu'elle était responsable et utile. Elle réussirait coûte que coûte.

Alors elle préféra rester loin d'elle.

Cela la fit réfléchir plus intensément. Les Détraqueur étaient littéralement des permis de tuer. Il n'avait jamais été question d'attraper Sirius Black, mais de l'éliminer. Qui avait donné l'ordre ? Fudge. Ce mec était vraiment flippé à l'idée que son pouvoir absolu soit remis en question. Le moindre trouble à l'ordre public (du moins, l'ordre public avec les Sang-Purs racistes au sommet) était réglé avec une violence excessive. Pour l'amour du ciel, l'année dernière ils avaient voulu envoyer Hagrid à Azkaban ! Juste pour faire semblant d'agir ! Par étonnant que la véritable action soit si démesurée…

Elle passa du temps avec ses autres amis tout en travaillant sur son projet secret. Elle apprit que Raashid avait fait apparaître l'écureuil gris, et Rhonda un chat sauvage. Elle apprit surtout que Cédric avait fait apparaître l'orque géant !

- Qui es-tu ? s'exclama-t-elle à la fois effrayée et impressionnée.

- Tu as quelque chose contre mon orque ? demanda Cédric en levant un sourcil.

Aurélia et lui étaient dans la salle des préfets où ils savouraient un chocolat avant de partir en était rare qu'ils se retrouvent seuls. En fait. Jamais. Aurélia faisait toujours en sorte que ce ne soit jamais le cas, mais la crise de nerfs silencieuse de Percy Weasley post-match de Quidditch, avait changé le planning des rondes. Et Aurélia n'avait pas vraiment envie d'être avec Miles Bletchley.

- Les orques sont les assassins des océans, dit-elle très sérieusement. Ils mangent même les dauphins. Tu as l'air toujours… gentil. Je remets donc complètement en cause ton caractère.

- On pourrait croire que tu en as peur, dit Cédric avec un petit sourire.

- Non… Pfffrt…. Où vas-tu chercher tout ça ?

Cédric leva son sourcil encore plus haut ainsi que sa baguette. Aurélia lui attrapa le bras immédiatement.

- NON !

- J'ai donc trouvé ta faiblesse, s'exclama Cédric.

- Pas du tout…

- Spereo Pat..

- Arrête arrête arrête !

Cédric baissa sa baguette en rigolant alors qu'Aurélia le fusillait du regard, mais préféra porter sa tasse de chocolat à ses lèvres.

- Je peux te poser une question sans que tu ne te fâches ? demanda Cédric

- ça part mal là.

Cédric la jugea du regard, Aurélia en sourit légèrement mais hocha la tête.

- Qu'est-ce qu'il se passe avec Elisa ?

Aurélia se figea.

- On voit bien que vous êtes en froid, dit Cédric avec précautions. Et elle aussi… tu sais qu'elle n'est pas très rancunière.

- Je sais. Mais… On s'est engueulées. Elle s'est excusée alors qu'elle n'était même pas en tort. Maintenant c'est à moi de réfléchir à comment je réponds à ça, et je… Ça prend du temps.

- C'est si dur que ça ?

- Un peu. Cette fois, c'est… une incompatibilité de nos caractères.

- Cela ne vous a pas vraiment dérangées avant… Qu'est-ce qui a changé ?

Aurélia cligna des yeux. C'était une bonne question. Elle était prête à laisser Elisa faire ce qu'elle voulait. Elle l'avait déjà fait. Et très objectivement Elisa savait mieux mener la barque qu'elle. Prendre ses ordres ne la dérangeait pas. Elle avait fait la paix avec elle-même. Elle faisait confiance à Elisa.

Mais… Les choses avaient aussi complètement déraillé l'année précédente. Et là Harry avait failli mourir. Elle avait contemplé la toile de la Grosse Dame pendant dix minutes. Elle avait lu la Gazette. Elle vivait avec Peter Pettigrew.

Parfois la distance d'Elisa par rapport au fait qu'Aurélia était littéralement dans la gorge du loup était le problème. Aurélia devait regarder les évènements se passer en en étant bien plus proche. Elle n'avait pas le luxe de faire un pas en arrière. Elle vivait dans la tour des Maraudeurs.

Aurélia voulait des options. Elle voulait éloigner le danger immédiat. Parfois au prix du reste car elle se disait qu'elle pourrait prendre les choses comme elles viendraient et improviser.

Elle pouvait faire ce choix risqué en connaissance de cause, car elle ne pouvait pas accepter ce qu'Elisa considérait comme acceptable.

- Moi. J'ai changé, murmura Aurélia.

Elle avait bien plus à perdre maintenant.

oOoOoOoOoOo

Les jours passèrent, le mois de Novembre passa et Aurélia était toujours en froid avec Elisa. Enfin… elle l'évitait. Elle n'alla même pas au Challenge, prétextant du travail en Alchimie. Le mauvais sang avait plutôt disparu au profit d'un réel embarras. Aurélia se contentait de se fermer comme une huître et de penser à autre chose.

Rogue ne la lâchait pas pour le Doctorat, Aurélia réussit à demander un délai de réflexion. Sa réponse était attendue en Janvier après les vacances de Noël. Apparemment, le professeur de Potions n'avait plus de patience.

Dumbledore vint aussi en coup de vent alors qu'Aurélia travaillait sur la possibilité de transformation d'un métal fluide en plusieurs formes sans qu'il ne revienne à son état d'origine.

« - C'est un projet intéressant, Miss Ruva apprécia le vieillard.

- Merci professeur, répondit la jeune fille avec raideur.

Il n'était pas rare que le professeur Dumbledore vienne voir le club d'Alchimie. Il était après tout à l'origine de sa fondation, étant lui-même un curieux de la discipline.

- Qu'est-ce qui vous a donné l'idée ? demanda le directeur avec curiosité.

- La Transmutation est une action finie. Une transformation donnée, une métamorphose figée. Je voulais voir s'il y avait une possibilité de faire un cercle de transmutation jamais fini pour à terme créer des matières en perpétuel changement. Ça donnerait la possibilité d'adapter des concentrés dangereux ou en petite quantité dans les artefacts ou expériences… Les déplacer… c'est sans fin.

Le professeur Dumbledore hocha la tête et avec un petit sourire dit :

- Le professeur Rogue m'a informé que vous êtes en phase de réflexion sur sa proposition de Doctorat.

Aurélia tressaillit. Et d'un seul coup, tout se mit en place. Une flamme de colère se mit à brûler dans son ventre.

- En effet, dit-elle avec raideur.

- Puis-je vous demander pourquoi ?

Aurélia le regarda avec colère, amertume. Tristesse. Frustration.

- Je n'arrive pas à me décider pour mon futur pour le moment. Il s'agit d'une grande décision, je ne tiens pas à me précipiter.

- Cela est sage, approuva le professeur Dumbledore, mais vous êtes aussi l'une de nos meilleures élèves en Alchimie. Vous pourriez faire de grandes choses.

- Peut-être que je n'en ai pas envie, répliqua Aurélia. Peut-être que la grandeur ne m'intéresse pas !

Silence. Dumbledore fut plutôt surpris.

- Ce n'est pas une affaire de grandeur voyons, sourit Dumbledore avec bienveillance. Il s'agit de passion. Votre éthique de travail est évidente, et cette éthique ne peut exister si vous n'aimez pas ce que vous faites. Choisissez une carrière qui vous donnera envie de vous lever avec entrain tous les matins.

Comme vous, faillit répliquer Aurélia.

Mais elle s'en empêcha. Elle ne voulait pas de complications avec Dumbledore. Elle voulait la paix. Ou plutôt qu'elle soit tranquille pour piquer une crise en silence.

- Vous avez raison, fit Aurélia en penchant sa tête. Je… devrais peut-être plus me pencher sur mes envies au-delà de mes compétences.

- C'est un bon état d'esprit Miss Ruva.

C'est ça.

- Professeur, puis-je vous laisser ? J'ai club de foot.

Dumbledore sourit largement en hochant la tête et Aurélia quitta le labo n°3 au pas de course. Elle n'en pouvait plus de ces gens qui lui sortaient des conneries pareilles.

- Car vous croyez que j'ai le choix ? craqua Aurélia. Je n'ai jamais eu le choix. À partir du moment où…

Harry Potter avait mis le pied à l'école ? Elle était arrivée ? Elle s'était prise cet éclair sur la tronche.

Non. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas. Il y avait une énorme différence entre ce qu'elle devait faire, ce qu'elle voulait faire et ce dont elle avait besoin. Il lui avait fallu un voyage à l'autre bout du monde pour se découvrir. Elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Que c'était fini à partir du moment où elle avait une conscience aiguë du bien et du mal. Elle ne voulait pas être le type d'ordure qui laisse des gens mourir alors qu'elle aurait pu aider à éviter le massacre. Mais cela voulait aussi dire adieu à la normalité relative de cette nouvelle vie. Elle devrait toujours faire plus. Toujours envisager le pire. Elle devrait préparer des gosses à une guerre. Elle devrait sacrifier son propre bonheur pour sauver des vies !

Cela voulait dire choisir une vie par nécessité non pas par passion. Elle aurait voulu être Alchimiste. Elle aurait voulu passer sa vie à voyager, à expérimenter, à sentir le vent de la liberté sur son visage, mais elle avait fait le choix de revenir, de laisser ses rêves et ses illusions de côté pour se concentrer sur un unique objectif : La protection de toutes les personnes qu'elle aimait, et ce, par tous les moyens nécessaires.

Aurélia enviait Elisa. Elle avait trouvé l'équilibre entre ce qu'elle voulait et ce qu'elle devait faire. Elle ? Elle était encore à la recherche de ce but. Elle pensait ne pas avoir le droit à une vie insouciante. Elle n'était pas une enfant. Elle avait perdu la capacité de rêver.

Elle devait simplement atteindre des objectifs. Créer un monde où des enfants pourront rêver. Elle, c'était trop tard.

- L'alchimie est un rêve, dit Aurélia d'un ton amer. C'est un rêve, pas ma réalité.

Elle n'était plus une enfant. Elle ne l'était plus depuis ses onze ans.

Après une longue hésitation, Aurélia inspira et expira en entrant avec un grand sourire dans la salle du CSD.

C'était une énième réunion des Aces et ils mettaient en place les prochaines sessions Aces pour le mois de Décembre jusqu'à Février.

- Donc… Il y a le Fight Club d'Aurélia que j'ai finalement déplacé à Janvier soupira Quentin. Bon sang, va falloir prévoir des potions de soins et des compresses.

- Je m'en occupe, dit Teddy.

- On continue… La démonstration de parkour par Vivian. Sérieusement arrêtez de faire des choses aussi stupides !

- Le parkour n'est pas stupide ! s'insurgea Vivian.

- Merlin. Alors Lisa fera un module sur les contre-sorts. Phil un autre sur les créatures classées obscures, et les méthodes des Nettoyeurs… Phil, je suis surpris, tu ne voulais pas être Soigneur ?

- Les choses changent, dit Méphisto… Le module portera sur les loup-garous.

Aurélia se figea en regardant Méphisto. Oh merde.

- Je ne sais pas, mais le cours du professeur Rogue sur le sujet a fait une forte impression aux troisièmes années. Il y avait des conseils utiles et pratiques. Et j'ai trouvé plein d'informations sur les colonies de Loups en Europe de l'Est. J'ai lu une autobiographie aussi…

- Cœur de Loup, cœur d'homme ? finit Heather. Je le connais, il est très intéressant.

- Exactement. Je pense qu'on ne sait pas grand-chose de ces personnes, de leur mode de vie etc. Je ne suis pas d'avis d'avoir peur de ce que je connais pas. Les mythes m'énervent aussi bien concernant les loups… que d'autres choses.

Un silence passa. Méphisto qui était d'ordinaire si rigolard n'arborait aucun sourire. Quelque chose devait le travailler.

- Bien, toussota Quentin un peu préoccupé par l'humeur de son ami, suivant. Chuck ?

Les autres Aces proposèrent leurs modules et des idées d'ateliers pour le reste du CSD. Puis finalement Aurélia leva sa main :

- Je voudrais bien une masterclass sur le Département des Mystères, fit-elle faussement songeuse. On n'en parle pas vraiment, mais ils embauchent des Briseurs de Sorts… des Chercheurs… Les Langues de plomb ont des formations similaires à celles des Aurors.

- ça pourrait être intéressant…

- Un Briseur de Sorts pourrait venir. On pourrait lui poser des questions… et aussi pour le module sur les artefacts détecteur de magie noire, je sais que les Briseurs de sorts ont des coffres à sept étages pour les stocker. J'aimerais bien en voir une pour l'étudier.

- C'est une excellente idée….

Aurélia en laissa échapper un rictus satisfait. Méphisto lui, ne rigolait pas.

- Tu comptes demander à ton pote là… Simpson ?

Le reste du Trio se tourna immédiatement vers lui en le jugeant avec de gros yeux quand Aurélia leva un sourcil :

- Bonne idée. Malheureusement Nath est encore un apprenti, je pense que ce serait plus logique de parler à son mentor. Je lui enverrais une lettre pour qu'il glisse un mot.

Méphisto afficha le visage de quelqu'un qui avait mordu dans un citron. Quentin en secoua la tête alors que Childéric intervint timidement :

- Melissa fait aussi ses études pour passer sa Licence de Briseuse de Sorts.

- Ah oui, s'exclama Teddy avec un enthousiasme feint alors qu'Aurélia et Méphisto se fixaient droit dans les yeux comme s'ils s'étaient engagés dans une bataille épique de regards.

Il fut alors décidé que Melissa Wandsworth serait contactée par Chuck Gambit qui s'entendait bien avec la Serdaigle. Aurélia demanda s'il était possible qu'elle prête le coffre pour une étude sur une semaine ou deux. Le Serpentard rajouta cela dans ses notes.

Puis tout le monde quitta la salle du CSD. Aurélia dit au revoir aux Aces de son année et rejoignit le Trio, mais cette fois avec une idée derrière la tête :

- Méphisto, gronda-t-elle. Toi et moi nous allons parler.

- Non. Je ne crois pas non.

Aurélia écarquilla les yeux. Alors qu'Izzie sortait de la Salle avec Quentin, elle attrapa le bras de son ami et le poussa dans la salle vide du club. Quentin et Teddy en restèrent bouche bée mais le regard meurtrier d'Aurélia les dissuada d'intervenir. Alors, ils guidèrent Izzie hors du périmètre explosif, direction salle commune des Gryffons.

Dans la salle du club, Aurélia avait complètement explosé.

- Peux-tu arrêter de te comporter comme un sale con ? Qu'est-ce que je t'ai fait bon sang ?

- Tu as du culot de me dire ça, répliqua Méphisto avec une voix plus forte.

- Je ne sais réellement pas…

- Menteuse ! Tu n'es vraiment qu'une menteuse Aurélia. Et parfois c'est extrêmement irritant ! répliqua Méphisto.

Aurélia ferma brutalement sa bouche alors que le garçon donna un coup de pied énervé dans une chaise.

- Black ? Ne rien faire ? C'est du foutage de gueule, tu prépares un truc et tu fais de ton mieux pour le cacher.

- Absolument faux, répliqua Aurélia en croisant les bras.

- Et tu mens encore. Comme quand tu dis que tu n'as pas de sentiments pour ce connard de Nathaniel.

- Je n'ai pas de…

- Et t'es même pas capable de voir ce que je ressens. Bon sang, je drague Izzie pour te faire réagir, et y'a rien qui se passe, car tu en a strictement rien à foutre !

Les derniers mots résonnèrent comme un sort explosif. Méphisto était rouge de colère et embarrassé. Regardant partout mais le visage d'Aurélia qui était sous le choc.

- C'est complètement faux, dit Aurélia d'une voix tremblante… Je n'en ai pas rien à foutre.

Aurélia baissa la tête et mis sa main sur la nuque.

- Je me demande… souvent ce qu'il se serait passé si j'avais grandi dans ce monde sans un éclair sur la tête. Sans tout ce que je sais.

Elle ferma les yeux.

- Je ne veux juste pas te perdre. Ni toi ni les autres. Ni moi-même.

- Je t'aime tu sais, dit Méphisto d'une voix sourde.

Aurélia sentit les larmes couler sur ses joues. Non. Pourquoi ?

- Je sais, souffla-t-elle dans la douleur. Mais je ne pourrais jamais te donner ce que tu me donnes. Et ce n'est pas à cause de Nathaniel ni de personne d'autre.

- On serait pourtant bien ensemble, répliqua Méphisto. Je te comprends, tu me comprends… Je n'ai jamais… Si ce n'est pas toi, ce ne sera personne d'autre Auré.

PARDON ? MAIS. NON ?

- Méphisto, ne dis pas ça, répondit Aurélia, catastrophée. Bon sang, je… Meph, je suis colérique, catastrophique, je suis un chaos sans nom. Méphisto, tu as seize ans, sérieusement, tu es au début de sa ta vie. Tu vas rencontrer des gens bien meilleurs que moi. C'est plus qu'une certitude.

- Pas du tout.

- SI ! Méphisto, tu ne sais pas… Tu ne me supporterais pas ! Je ne me supporte pas !

- Je t'aime Auré, répéta Méphisto. Pour le meilleur et le pire.

- Le pire est vraiment plus présent que le meilleur. Je peux te l'assurer.

- Auré, on serait bien ensemble ! Tu le sais, on pourrait… enfin, Auré, tout le monde pense qu'on est déjà ensemble ! Car ça a du sens !

Silence. Aurélia était sans voix alors que Méphisto la regardait avec adoration, embarras, désespoir. Bon sang. À quel moment, les choses avaient déraillé à ce point ? Aurélia baissa la tête, sa main sur les yeux. Elle ne savait pas comment lui dire. Elle n'était pas assez honnête pour le dire. Mais elle essaierait. Elle lui devait au moins ça.

- Méphisto, je pense ne jamais avoir la capacité d'aimer qui que ce soit comme tu le penses.

Un nouveau silence passa et alors qu'Aurélia leva sa tête avec hésitation. Méphisto s'était avancé, du désespoir dans les yeux, et il posa sa main sur la joue d'Aurélia. Elle le regarda avec douleur. Une douleur telle qu'elle pourrait avoir une combustion instantanée dans la seconde.

- Je pense que c'est faux, souffla Méphisto. Je pense que tu vas aimer quelqu'un. L'aimer tellement que tu lui donneras tout. Et moi je serais là à te regarder faire.

Puis il enleva sa main et quitta la salle alors qu'Aurélia ne bougeait pas. La porte se ferma avec un bruit sourd derrière lui et Aurélia fondit en larmes.

oOoOoOoOoOo

Les vacances approchaient, Merlin merci, et le volume des devoirs diminuait, mais le froid était trop mordant dehors pour courir en tenue légère, alors Aurélia préférait marcher autour du Lac en fin de journée avant le dîner couverte de sa cape préférée.

Méphisto l'évitait depuis leur dispute à cœur ouvert. Aurélia s'éloigna de lui et du Trio. Méphisto avait besoin de temps pour guérir et même si Teddy et Quentin étaient ses meilleurs amis, il avait besoin d'eux plus qu'Aurélia. Aurélia n'avait même pas eu le cœur d'aller à pré-au-lard. Elle avait déjà rempli ses devoirs de surveillance le mois précédent.

À la place, la jeune fille s'enferma plus souvent dans la Salle sur Demande pour travailler sur sa boîte compressante. Et aussi…

Elisa lui avait laissé deux crochets de Basilic avec du poison en fin d'année précédente, ce qui lui permit de créer des armes. Aurélia y apposa un cercle de transmutation et solidifia le poison en lames pas plus larges que trois poignards aux lames très fines et noires comme du charbon.

Aurélia cacha les trois armes dans une boîte qu'elle posa sur une étagère du débarras et quitta la Salle sur Demande. Voilà une mission qu'elle voulait faire juste avant Noël. Mais pas toute seule.

Les traces de pas l'emmenèrent vers l'orée de la Forêt Interdite. Elle observa les arbres pendant un instant. L'une des phases de son plan avait ce volet-là. Trouver cet idiot de Black. C'était risqué mais il fallait absolument trouver un moyen de le localiser pour lui faire passer un message.

Aurélia se détourna de la forêt avec le regard froncé. Les choses auraient été tellement plus simples, si elle avait eu la carte du Maraudeur. Bon sang, pourquoi ne pouvait-elle pas remonter le temps, si seulement…

Aurélia se figea. Non. Elle le pouvait.

C'était risqué mais… Si elle était méthodique et rapide, personne ne s'en rendrait compte.

Elle sourit légèrement. Allait-elle vraiment faire ça ?

Elle pencha sa tête sur le côté. Ça demanderait de la préparation, mais si elle jouait bien, elle pourrait tout faire d'un seul coup. Piéger Pettigrew, informer Black et échec et mat.

Aurélia afficha un rictus qui s'effaça directement. Elle envisageait une telle action sans Elisa. Et…

Après ce qu'il s'était passé avec Méphisto ce serait égoïste. Ce serait tout détruire. Leur confiance. Leur partenariat. Elle était énervée contre Elisa c'était acquis. Elle avait l'impression que la Poufsouffle la sous-estimait tout le temps… Mais avec Méphisto qui avait éclaté… Peut-être que la Poufsouffle pensait la même chose d'elle. Peut-être que la Poufsouffle pensait qu'Aurélia la voyait comme une idiote sans esprit et idéaliste.

Aurélia leva sa tête vers le ciel blanc de l'hiver… Il y avait toujours la possibilité de réparer ce qui était réparable.

Elle était plus en colère. Elle faisait semblant de l'être. Elle devait juste être honnête pour une fois.

Le dernier cours de Potions eut lieu le Mercredi avant le départ des vacances. Rogue comme d'habitude donna ses devoirs de vacances qui fit soupirer tous les élèves et trois livres en référence à Aurélia. La salle était vide tandis que le Maître de Potions récupérait les derniers devoirs d'Aurélia de l'année.

- Oui Miss Ruva ? Que voulez-vous ? demanda-t-il en la voyant plantée devant lui.

- Je voulais savoir… pouvez-vous me donner des informations plus précises sur… le Doctorat d'Alchimie.

Rogue leva un sourcil.

- Je pensais que vous n'étiez pas intéressée.

Aurélia se crispa. Non. Elle avait dit qu'elle y réfléchirait.

- Je pense que des informations complémentaires pourraient m'aider à y voir plus clair.

Rogue la regarda très fixement pendant des secondes qui semblaient être des minutes.

- Miss Ruva, ma patience est limitée. Je veux votre réponse à la rentrée des vacances de Noël.

Aurélia voulut répliquer mais elle hocha la tête lentement et Rogue lui donna une brochure.

Sur celle-ci, le titre fit écarquiller des yeux à Aruélia :

« Centre d'Etudes et de Recherches sur la Vérité, l'Ensorcellement et les Avancées Universelles. »

Ou plus simplement le CERVEAU.

Aurélia salua Rogue en s'inclinant légèrement, et quitta la salle de classe la tête haute, en marchant mécaniquement. Merlin. Apparemment, les réponses lui venaient les unes après les autres.

Le lendemain matin, Aurélia baillait après sa marche matinale et s'installa devant Angelina qui buvait son thé l'air songeur. Alicia somnolait debout.

- Vive les vacances, pouffa Trinity en s'asseyant à côté de Thelma qui s'était glissée à côté d'Aurélia. Vous êtes toutes exténuées.

- Année de BUSES, année de mooooort, lâcha Lee d'un ton dramatique qui fit sourire les Gryffondors.

Sur ces mots, une nuée de hiboux entrèrent dans la Grande Salle. Ils n'avaient pas tous du courrier, car les élèves rentraient en grande majorité chez leurs parents pour fêter Noël et le nouvel an. Ponyo, la chouette d'Aurélia se posa délicatement à côté d'elle avec son air ébouriffé et ses grands yeux marrons. Aurélia lui toucha délicatement la tête pour la remercier avant que la chouette ne s'éloigne à tire d'aile. Puis un hibou grand-duc se posa sur la table et Aurélia le reconnut immédiatement. C'était le hibou de Gilbert :

- Ulysse, salua Aurélia en souriant au volatile.

Le dit volatile croassa et la remercia en penchant sa tête lorsqu'elle poussa son verre d'eau dans sa direction pour qu'il puisse boire, et lui laissa sa lettre. Aurélia l'ouvrit immédiatement et se figea. Angelina vit son changement d'attitude :

- Un problème ?

- Hein ?

Aurélia leva sa tête et plongea la missive dans sa poche.

- Rien… Rien de grave.

Angelina fronça les sourcils, mais Aurélia s'était déjà jetée sur un morceau de parchemin qu'elle plia en forme d'enveloppe après avoir écrit rapidement quelques mots. Elle siffla alors et Ponyo revint.

- Le plus vite possible Ponyo.

L'oiseau hocha la tête et s'envola immédiatement. Puis, Aurélia se servit en œufs brouillés. Angelina semblait perdue, mais Aurélia… avait le regard résolu. Il fallait prier pour que ce soit rapide.

La journée se déroula normalement, et Aurélia passa à la Salle sur Demande où elle trouva Lisa Hawking qui tirait à l'arc.

- Oh salut ! sourit Aurélia. Décidément, vous adorez cette salle.

- Elle est tellement pratique, renchérit Lisa.

Vivian était aussi présente et lui fit un signe de la main. Elle lisait un polar dans un fauteuil pour se détendre. Les trois filles étaient seules.

- Tu étais venue pour quelque chose de particulier ? demanda Lisa.

- Taper dans un sac, s'esclaffa faussement Aurélia, mais du tir à l'arc ça me dirait bien.

Sitôt dit, une cible apparut à côté de Lisa, un carquois rempli de flèches et un arc posé de côté. Aurélia se mis au niveau de Lisa et arma une flèche :

- Vous savez, dit Vivian. Je pense que cette Salle a été créée par Helga Poufsouffle en réponse à la Chambre des secrets.

Aurélia en rata la cible tandis que la flèche de Lisa se plantait au centre. Les deux jeunes filles se tournèrent vers Vivian Eris qui était en pleine lecture.

- Cela a du sens, continua la Poufsouffle tout en continuant son livre. Une salle qui répond à un besoin ? Qui marche pour n'importe quel élève ? Quel que soit sa maison ? C'est du Poufsouffle tout craché. De plus, la salle n'est pas simplement un amas de sortilèges. Chaque pierre a été gravée de Runes complexes. On peut les afficher avec un simple sort de Révélation.

Lisa et Aurélia s'échangèrent un regard, alors que Lisa agita sa baguette.

- Nox.

Les lumières s'éteignirent.

- Scriptura Revelio.

En effet… Des lignes minimales de runes apparurent sur le sol, les murs et le plafond, toutes fluorescentes et brillant d'une lumière jaunâtre. Aurélia en resta bouche bée et toucha une ligne.

- ça semble être du futhark… Non. Plus ancien. Je suis très étonnée, je ne pensais pas qu'Helga Poufsouffle était si avancée en Runes. Je n'ai jamais vu des combinaisons de niveaux aussi poussées !

- Helga Poufsouffle était la plus douée des fondateurs, répliqua Vivian en se détournant de son livre. Serdaigle était certainement la plus érudite, mais en termes de pure application c'est Poufsouffle qui tenait la baraque. Elle a inventé des Sortilèges, des procédés révolutionnaires de soin et pas seulement des sorts de bouffe. Le château a été conçu par elle et bâti par les trois autres. Son seul problème c'est qu'elle avait trop de foi dans les autres fondateurs qui étaient des imbéciles trop individualistes. Regarde Serpentard et sa Chambre. Sans parler de la tour de Serdaigle qui était un vrai bunker à une époque. Pourquoi crois-tu qu'on appelle la tour des bleus le Perchoir ?

Aurélia se tourna lentement vers Vivian qui jouait avec la couverture de son livre.

- Et… Gryffondor ?

- Veux-tu que j'explose le mythe de ton fondateur ? pouffa Vivian.

- Franchement… ça me va.

Lisa sourit légèrement. Mais ne dit rien. Elle préféra rallumer la lumière. Vivian grimaça mais sourit :

- C'était un mercenaire. Un chevalier errant, mais pas très chevaleresque, à la base. Il parait qu'il s'est amélioré avec le temps mais il a tué pas mal de gens parce qu'il était payé pour. Il n'a rencontré les Fondateurs qu'à l'âge de cinquante ans et il entamait tout juste son chemin vers la rédemption…

- Tu nous fais marcher.

- J'ai pas fini ! Il était un expert en magie noire.

- Objection, la reprit Lisa en fronçant les sourcils. Cela n'est pure conjecture. On n'est pas sûrs.

- C'est de la bêtise. Ça semble évident que l'un des plus grands duellistes de notre histoire, spécialiste en Défense a forcément étudié la magie noire pour mettre en place des sorts et des routines efficaces contre elle.

Aurélia croisa les bras.

- Et puis continua Vivian, il était aussi extrêmement bon en maniement d'armes blanches. Votre tour n'a pas vraiment été explorée. Il y a sans doute des cachettes secrètes avec le labo de Gryffondor et son armurerie.

- C'est un mythe, siffla Lisa.

- La Salle sur Demande aussi, ainsi que la Chambre des Secrets… et pourtant nous voilà, siffla Vivian en levant ses bras.

Aurélia fronça les sourcils.

- Cette armurerie… J'imagine que les armes sont enchantées ? Ou… volées à des Gobelins ?

- Je croyais que tu n'écoutais pas le professeur Binns, rigola Lisa.

- Je m'y suis mise cette année, soupira Aurélia en roulant des yeux. J'ai promis des acceptables au minimum dans toutes les matières à ma mère.

Les deux Poufsouffle en rirent. C'était toujours drôle de voir Aurélia se plaindre.

- L'armurerie de Gryffondor, hein… se dit Aurélia. Il y avait bien une armurerie autrefois, mais elle a été vidée.

- Armurerie des élèves, corrigea Vivian, pas celle réservée aux plus hardis. Je pense que la clef a été léguée ou est quelque part dans l'école.

- Si seulement il y avait des portraits des fondateurs, soupira Aurélia. Ça nous aurait aidé.

- Bah, dit Vivian. Ce château est un vrai mystère, ça prendra des siècles pour en comprendre la complexité.

Aurélia hocha la tête, et Lisa lui tendit une flèche. Elle n'avait pas dit grand-chose, mais cela donnait à réfléchir.

- Tiens, dit-elle.

Aurélia la remercia et arma sa flèche qui cette fois toucha sa cible.L'armurerie des Gryffondors hein… ? Voilà un mystère à résoudre quand elle en aurait le temps.

Car pour l'heure, elle avait besoin de courage.

Le vendredi soir fut le dernier dîner avant les vacances de Noël. Évidemment Aurélia rentrait avec Louis pour passer les fêtes avec leurs parents. Louis avait été aussi invité par Isaac à passer quelques nuits chez lui avec Colin et Oswald. Owen lui partait en vacances avec ses parents chez ses grands-parents au pays de Galles.

Aurélia lui proposa aussi de les inviter à la maison. Après tout leur mère était en garde et son père continuait à travailler. Les Ruva n'avaient que deux jours de congés assurés pendant les fêtes, Noël et le Nouvel An. Mais depuis qu'Aurélia et Louis avaient grandi et pouvaient passer du temps seuls, il y avait de grandes chances que ce Noël soit passé au bureau pour Victorien et Annabelle au bloc. Le regard de Louis s'éclaira et il proposa l'idée à Isaac qui accepta avec bon cœur. En fait le garçon n'avait pas vraiment envie d'embêter sa sœur Trisha alors aller chez les Ruva était la meilleure option.

Puis, après le dîner, Aurélia chercha rapidement Elisa du regard et la vit descendre les escaliers en direction de sa salle commune. Après une microseconde d'hésitation, Aurélia la rattrapa en courant :

- Elisa ! Attends !

Elisa Bishop se tourna vers Aurélia qui était en haut de l'escalier, le regard rempli de doute mais avec un éclat plus déterminé. Trisha renifla alors que Cédric semblait agréablement surpris. Le flot des élèves descendait ou rejoignait les salles communes, mais le temps semblait s'être arrêté entre les deux élèves.

- Je… Je voulais te dire que j'étais aussi désolée.

Désolée de ne pas t'avoir écoutée. Désolée d'avoir agi dans ton dos. Désolée d'être une imbécile qui se croit trop grande dans un monde qui lui hurle qu'elle est trop petite. Elisa s'affaissa de soulagement et ses yeux s'écarquillèrent un court instant. Aurélia descendit vers elle et s'approcha d'elle pour qu'elle soit la seule à l'entendre.

- La vérité, c'est que j'ai besoin de toi. Mais pas juste car tu rattrapes mes erreurs. Mais parce que tu es mon amie et sans doute la seule personne qui comprenne vraiment ce que je traverse chaque jour.

Et c'était vrai. Aurélia tenait vraiment à Elisa. La poufsouffle l'énervait au plus haut point, la diminuait, la poussait dans ses derniers retranchements. Elle était tout ce qu'elle n'était pas, mais c'était pour ça qu'elle tenait à elle. Et Elisa n'était pas là pour nettoyer ses conneries. Car à partir de maintenant…

- Tu avais… non. Tu as raison, dit Aurélia à voix basse.

- Auré, je ne le pensais pas…

- Si. Et il fallait que je l'entende. Pour arrêter de faire semblant une seconde. Et assumer tout ce que je fais et dis.

Aurélia sourit légèrement avec amertume.

- Je ne veux pas forcément être une héroïne Elisa. Je veux juste trouver une raison pour laquelle j'ai été brûlée vive.

Car merlin, il DEVAIT y avoir une raison. Sinon, elle pouvait sauter de la tour d'astronomie immédiatement. Elisa la regarda sans faillir. Elle soupira.

- Je sais, dit-elle en murmurant. Je sais Auré.

Puis elle se regardèrent et se sourirent rassérénées. Comme si les choses avaient enfin retrouvé leur place. Mais Aurélia savait que ce n'était qu'une courte accalmie. Car la suite allait faire mal.

- Est-ce que… tu as du temps libre ? Maintenant ?

Elisa hésita mais Cédric sembla comprendre et emmena Trisha avec lui. Elisa monta alors et rejoignit Aurélia, l'air fatiguée et vraiment blasée.

- Où est-ce qu'on va ?

« - Non, dit Elisa la voix blanche devant la Salle sur Demande.

- On ne peut pas éviter le problème Elisa, dit doucement Aurélia. Et à deux, cela ira bien plus vite.

Elisa la regarda avec l'envie de crier, de la frapper, de la secouer ? Mais Aurélia se contenta de lui toucher l'épaule.

- Allez. Les armes sont prêtes. Il n'y a rien qui nous retienne objectivement.

- Je ne peux pas, répéta Elisa.

- Pourquoi ? fit Aurélia.

La Gryffondor se tourna vers elle, Elisa hésita, elle tremblait de tous ses membres. Aurélia inspira et expira tout en la détaillant du regard. Elle avait rarement vu Elisa sans sa maîtrise d'elle-même. La dernière fois… c'était après que Tom l'a possédée. Lorsqu'elle était venue la voir devant la salle commune des Poufsouffle pile un an auparavant.

Elisa n'avait jamais reçu d'éclair en plein cœur, mais elle n'en avait pas moins ses propres démons.

- Elisa… Il ne te fera aucun mal. On ne va pas toucher à ce diadème, à aucun moment il n'aura le pouvoir de te posséder. Je le tuerai avant même qu'il ne tente quoi que ce soit.

- Tu n'en sais rien, répliqua Elisa d'une voix qui dérailla dans les aigus. Tu n'en as aucune idée !

- Je sais juste qu'il va falloir faire preuve d'un peu de courage, répondit Aurélia avec patience. Car sans cela on n'ira pas loin.

Aurélia soupira :

- On peut prévoir, on peut calculer, on peut attendre… Mais repousser l'inévitable ne le rendra que trop imprévisible. Quel était ton plan avec le diadème ?

Elisa laissa échapper un rire nerveux :

- M'en occuper après les vacances, après avoir fait le plein de courage. Je ne comptais même pas le toucher, juste l'emmener à Dumbledore !

Ah, merde, Dumbledore. Elle l'avait oublié. Aurélia grimaça, puis tenta :

- Tu peux lui apporter après l'avoir détruit. Et, euh, dans quelques jours, le temps que je me fasse à l'idée ? Tu sais que j'aime pas ce barbu.

Elisa émit un rire étranglé. Au moins, ça avait détendu l'atmosphère. Puis la Poufsouffle inspira profondément, très pâle. Malgré sa peur évidente, elle se plaça devant la porte et serra sa baguette.

- A… Allons-y dit-elle d'une voix décidée avec toute la confiance qu'elle avait en stock.

Aurélia ne se risqua pas à sourire, elle préféra afficher un air grave et ouvrir la porte.

Le débarras de la Salle Sur Demande était un énorme espace de stockage. Chaises, étagères remplies d'objets cassés et dissimulés. Elles avaient récupéré une lame dans la boîte tout en faisant attention à ne pas toucher les autres.

- Le poison sera plus rapide en action avec cette transmutation, expliqua Aurélia en tournant le dos au débarras. Cela permettra un travail bien plus efficace avec les autres. Et puis j'en ai fait des poignards car…

Elle fit un geste de la tête pour pointer le poignard qu'Elisa dissimulait sous sa robe.

- Je pense que tu es plus à l'aise avec les armes de jet.

Elisa ne put s'empêcher de laisser échapper un léger sourire, même nerveux. Puis Aurélia revint à ses côtés. Elle hésita. Mais peut-être qu'elle devait dire ce qu'elle préparait à Elisa après la destruction de l'Horcruxe. Chaque chose en son temps.

- Je veux tout ce que Tom Elvis (sourire moqueur) Jedusor a laissé ici, demanda Aurélia.

Le débarras disparut instantanément, et fut remplacé par un tas d'objets divers. De la monnaie, une vieille robe, une balance cassée, des livres, un manteau et… Un élégant diadème en argent, serti de saphir.

Elisa sembla retenir son souffle alors qu'Aurélia sentit ses yeux s'assombrir. Le voilà. Ce salopard.

- Elisa. Tu veux le faire ?

Elisa ne répondit pas. Elle semblait se battre avec elle-même. Aurélia elle avait dressé ses barrières mentales. Ce truc ne lui faisait pas peur. C'était un parasite, une bestiole, à buter sur le champ. C'est tout. Ni plus ni moins.

- Tu peux le faire ? demanda Elisa d'une petite voix.

- Si tu me couvres.

Elisa la regarda et pendant deux secondes, le silence passa entre elles. Aurélia hocha la tête et Elisa lui tendit la lame.

- Oui.

Aurélia lui sourit timidement avec confiance et fit finalement tomber le diadème par terre d'un coup de pied sur l'étagère.

L'objet centenaire s'écrasa au sol, restant intact. Aurélia soupira alors qu'Elisa semblait se concentrer pour ne pas faire un AVC. Aurélia lança la dague sur le saphir et la lame sembla être attirée par l'ornement comme un aimant. Aurélia en fronça les sourcils de confusion, alors qu'Elisa expirait à petites goulées. Le diadème poussa un léger cri aigu comme si le métal était en fusion ou que quelqu'un avait ouvert une porte non huilée.

Puis après un dernier sifflement… le silence.

Aurélia et Elisa en étaient bouche bée.

- C'est… une blague ? lâcha Aurélia d'une voix éraillée.

Elisa ne dit rien. Aurélia se mit les mains sur ses cheveux magenta en secouant la tête complètement ahurie.

- Mais. TOUT ça POUR ça ? MAIS C'EST RIDICULE !

Elle commença à rire d'incrédulité, puis le petit rire se transforma en rire sincère, et puis… en véritable fou rire. Elisa, qui était aussi confuse qu'elle, sans doute à cause de cet incroyable ascenseur émotionnel, se vit attirée par ce rire, et elle y céda aussi. De soulagement. De délivrance. De confusion. Les deux filles riaient tellement que des larmes coulaient sur leur visage.

D'un seul coup, elles se retrouvèrent comme à leur première vraie rencontre. Comme si rien n'avait changé. Comme si tout était si simple.

Les rires se tarirent et Aurélia demanda deux fauteuils. Maintenant que l'ambiance était bien moins lourde avec cet objet de satan détruit sur la pierre de l'école, elle devait être honnête.

Elisa semblait savoir que ce n'était pas fini. Un regard lassé mais attentif éclaira son visage.

- C'est vrai que j'ai commencé à travailler sur quelque chose, commença la tempête violette.

Elisa ne répondit rien. Elle attendait la suite, prête à engueuler Aurélia, très certainement.

- J'ai reçu une lettre hier matin de la part de Gilbert Ronan. Je lui ai demandé d'exhumer le dossier de Black et voilà ce qu'il m'a répondu.

Elle tendit la missive à Elisa qui la lut rapidement… et les yeux s'écarquillaient.

- Auré..

- Je sais fit la Gryffondor sombrement.

Chère Aurélia,

Le dossier de Black est verrouillé et entre les mains de Dolores Ombrage. Cependant, j'ai creusé un peu avec Séraphina et ce que nous avons découvert dépasse l'entendement. Black est la partie émergée de l'iceberg. Si ce que nous avons trouvé est vrai, 88 personnes ont été exécutées ou emprisonnées sans procès et les responsables d'une telle injustice sont encore au pouvoir.

Aurélia. C'est grave. Nous ne pouvons plus nous écrire. Nous devrons nous voir pendant tes vacances.

Viens mercredi prochain à l'Imaginarium. N'en parle à personne. Je suis très sérieux Aurélia.

Avec amitié,

Gilbert

PS : Ta suite de Runes a du sens. Je te conseillerai en effet de mettre la main sur un artefact de verrouillage pour étudier les placements. Bonne chance.

- Je savais que Black avait été un instrument utile à la réélection de Fudge et la prise du pouvoir de Malefoy, mais cela est terrifiant, fit Elisa. C'est pour cela que je t'avais dit de ne rien faire ! Aurélia, Gilbert et Séraphina risquent de mourir !

Aurélia se contenta de regarder Elisa sans rien dire. Le regard droit.

- Ils ont effacé leurs traces. Ils ne sont pas bêtes. Et vu la lettre de Gilbert, j'ai confiance en ça, répondit Aurélia.

- Et s'ils creusent ? S'ils souhaitent agir ? Tu es prête pour ces conséquences ?

Aurélia observa Elisa qui la regardait avec un mélange de colère et d'amertume.

- Je ne les laisserai pas mourir.

- Aurélia, dit Elisa d'une voix presque suppliante. Fudge est le genre de personne qui ordonne l'exécution sommaire de quelqu'un s'il a peur de ce qu'il peut raconter. Souviens-toi de ce qui arrive à Croupton Junior.

Aurélia l'avait oublié, et ça lui fit comme un coup au cœur. Mais elle ne perdit pas son calme. Elle avait prévu que les choses pouvaient devenir aussi terribles, même sans penser à cet exemple concret (qui allait lui faire faire des cauchemars quelques jours, merci bien). Elle renifla.

- J'ai envoyé un message à un ami de mon père pour un aller simple aux Barbades pour deux personnes, j'y ai mis une partie non négligeable de mes économies. Ils partiront sous mon nom et celui de mon petit frère. Je rentre chez moi pour les héberger, s'il le faut.

Elisa eut un temps d'arrêt. Aurélia était très calme.

- La boîte compressante dont je t'ai parlée… Elle sera prête en Janvier. Et j'ai prévu de voler la carte du maraudeur et emprunter le retourneur de temps d'Hermione pour 24h. Le temps d'attraper le sale rat chez moi. Puis d'informer Black, de lui offrir une porte de sortie et de le faire réapparaître avec un maximum de bordel.

Elle afficha un regard froid et décidé.

- Fudge va regretter d'avoir voulu jouer avec le système, lui et Ombrage vont payer.

Un silence passa entre les deux jeunes filles.

- Tu n'as aucune idée de ce dans quoi tu te lances, murmura Elisa d'un air horrifié. Fudge est le système. Tu penses que les gens vont se retourner contre lui si tu leur donne des preuves des corruptions ? Ils savent que ce système est pourri. Ils s'en foutent. Ceux qui souffrent à Azkaban, ils s'en moquent, ça ne les affecte pas.

- Alors je ne devrais rien faire ?! s'échauffa Aurélia.

Le regard d'Elisa s'adoucit.

- Non, bien sûr que non. Je pense que tu devrais être prudente. Brouiller les pistes. T'assurer de soutiens. Ne pas jeter des infos au vent mais impliquer des gens qui ont du pouvoir.

Aurélia réalisa ce que ça voulait dire, et pendant une seconde elle se sentit incroyablement stupide. Elle était là en train de vouloir révéler un scandale au public pour retourner l'opinion contre une puissante figure politique. Elle était en train de dire ça à Elisa. Elisabeth Bishop, qui avait monté la moitié du monde magique contre Voldemort et écarté Lucius Malefoy du pouvoir par la même manœuvre.

Pas qu'Elisa s'en soit vanté, ni même qu'elles en aient discuté, mais Aurélia avait un cerveau. La révélation de la parenté de Tom Jedusor ne pouvait venir que d'une personne. Et le fait que tout le monde pense que Lucius Malefoy en ait été la source, et que toute la haute société puriste se retournée contre lui, ça, ça avait été la cerise sur le gâteau.

Aurélia changea complètement d'angle :

- Qu'est-ce que je devrais faire ?

Elisa esquissa un sourire très froid (le sourire de Tom Jedusor, réalisa Auré avec un sursaut glacé) et se pencha vers elle :

- Alors, on va commencer avec une liste… »