Bonjour à tous,
J'espère que tout le monde se porte bien en cette periode un peu particulière.
Encore une fois, je vous présente mes excuses pour le rythme tout sauf régulier de mes publications, mais promis cette histoire aura une fin!
Mille mercis à Fleurs d'Ange pour son travail de relecture !
Sinon, je viens de relire le début de Nos corps à la Dérive de Xérès Malefoy. Si vous avez un peu de temps devant vous, je vous la conseille (à coté, je me sens bien petite ;) ).
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Rar :
Aventure: Oui de base, Drago et Théo ne sont pas spécialement proches. Merci beaucoup pour ta review!
Mama : Théo et Hermione sont dans une relation platonique et c'est une Dramione, donc je ne suis pas sûr qu'il y aura ce genre de rapprochement entre eux. Merci pour ta review en tout cas.
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Chapitre 16 : Il est né le divin enfant (Partie 1)
Drago termina de se sécher les cheveux avec une serviette qu'il reposa ensuite sur le crochet prévu à cet effet. Il sortit de sa salle de bain uniquement vêtu d'un caleçon, saisit la chemise qui l'attendait soigneusement sur un cintre, la boutonna méticuleusement puis enfila son traditionnel pantalon noir avant de descendre rejoindre ses parents au petit salon.
Un feu crépitait dans l'âtre, éclairant Lucius et Narcissa installés chacun dans un fauteuil en acajou. Son père lisait un livre, certainement un de ces romans historiques sur la période sanglante précédant la mise en place du Code International du Secret Magique. Tandis que sa mère observait, rêveuse, les flammes qui dansaient devant elle.
- Drago, qu'est-ce que c'est que cet accoutrement? nota Lucius perplexe en apercevant son fils par-dessus son livre.
- Ma tenue pour le dîner de ce soir, indiqua simplement Drago.
- Grotesque...
- Moi, je te trouve très beau avec cette chemise, le contredit Narcissa en adressant un sourire aimant à son fils.
- Merci, Mère.
- Tu pars déjà? le questionna-t-elle.
- Oui. Vous ne voulez toujours pas m'accompagner? tenta-t-il une dernière fois connaissant pourtant la réponse.
- Non. C'est gentil, mon chéri. Tu sais bien que ton père et moi préférons passer le réveillon ici, au calme. Par contre, n'oublie pas que...
- ... que je dois être rentré pour prendre le dessert en famille! continua Drago à sa place. Oui, ne vous inquiétez pas, je serai là.
Drago embrassa sa mère sur le front, puis transplana aux bureaux de son association, sa cape en laine sous le bras.
A son arrivée, il jeta un coup d'œil par la fenêtre, pas un flocon à l'horizon. Pourtant la température devait avoisiner les zéros. Dommage, il aurait aimé avoir un Noël blanc. Il ne le confesserait jamais, mais il aimait les petits plaisirs qu'offrait cette période de l'année.
Sortant de sa rêverie, il ouvrit une armoire pour en sortir une housse de protection renfermant le costume de Père Noël, tenue que Blaise allait faire semblant de détester porter. Semblant, car Drago savait, que comme lui, il retirait une certaine fierté à contribuer un peu au bonheur de ces enfants touchés si jeunes par la cruauté de la vie.
Sans traîner davantage, il attrapa le sac en toile de jute renfermant les cadeaux qu'il avait lui-même emballés et quitta les lieux. Pansy lui avait demandé d'être à l'heure et il valait mieux ne pas énerver la jeune femme le jour du réveillon. Il se souvenait encore de la beuglante qu'il avait reçue l'année précédente alors qu'il était toujours sous la douche à l'heure où commençaient les festivités.
Dans le salon des Zabini, Pansy appliquait soigneusement du vernis sur ses pieds préalablement posés sur la table basse, quand elle entendit son ami transplaner.
- Salut, fit Drago.
- Tu as le costume? l'interrogea-t-elle sans même le regarder ou le saluer.
- Affirmatif! acquiesça Drago tout en brandissant la housse qui le recouvrait.
- C'est quoi cette nouvelle chemise? Tu changes de style vestimentaire? s'étonna Pansy alors qu'elle daignait enfin relever la tête de sa manucure.
- Quoi? Tu trouves que ca ne me va pas? s'inquiètea Drago tout en baissant les yeux pour inspecter sa tenue.
- Non, c'est très bien, admit-elle.
- Blaise n'est pas là?
- Il se pomponne, mais assieds-toi, l'invita-t-elle.
Drago prit place à côté de Pansy et la regarda un instant passer le petit pinceau coloré sur ses ongles.
- Tu as bien dit à Granger de venir pour dix-sept heures trente précises? demanda soudainement Pansy.
- Oui, ne t'inquiète pas, la rassura-t-il. Elle doit être autant à cheval que toi sur la ponctualité. Alors, sois tranquille.
- Tu es sûr que c'était une bonne idée de l'inviter? hésita Pansy. Je ne suis pas certaine que ce soit bon pour toi de passer autant de temps avec elle.
- Ça va, Pansy. Je vais bien. Arrête de te faire du soucis pour moi.
Oui, Granger lui plaisait. Oui, elle allait se marier. Mais il s'en remettrait, non? Quoi qu'il en soit, il n'avait pas envie de penser à cela aujourd'hui. Il voulait juste profiter de cette soirée, de l'ambiance, des enfants,...
- Pans', appela Blaise en entrant dans le salon, tu sais où sont mes... Ha salut, Drago!
- Salut, mec.
- Ils sont dans le troisième tiroir de ta commode, l'informa Pansy sans qu'il ait besoin de terminer sa phrase.
- C'est quoi cette chemise? remarqua Blaise lui aussi perplexe.
- Qu'est-ce que vous avez tous avec ma chemise?! s'agaça Drago.
- Ben, elle est...
- Très bien, interféra Pansy. Elle est très bien. Zabini, dépêche-toi un peu, tu veux.
- Je l'aime bien, moi, cette chemise, nota Drago plus pour lui-même tout en se regardant à nouveau.
- Deuxième tiroir, tu as dit? redemanda Blaise à son épouse.
- Troisième! Blaise, ne commence pas à m'énerver.
Blaise repartit rapidement en emportant son costume. Il aimait sa femme, mais des jours comme celui-ci, il préférait ne pas trop s'approcher.
- Tu nous sers un verre ? suggéra Drago.
- Est-ce que j'ai l'air d'avoir les mains libres? s'irrita Pansy. Toi, sers nous un verre!
Drago qui connaissait la maison comme la sienne, n'eut aucun mal à trouver trois verres et une bonne bouteille. Il posa un verre plein à côté de Pansy. Celle-ci le saisit aussitôt et le vida d'une traite.
Il savait que ce n'était pas seulement son envie que tout se passe à la perfection qui rendait Pansy nerveuse. Elle appréhendait chaque visite à l'orphelinat. Cela ravivait un peu trop son envie de devenir mère. Elle avait beau s'impliquer corps et âme dans la paperasse administrative, elle évitait soigneusement d'aller trop souvent sur place.
- Je sais que tu t'es beaucoup impliquée dans ce repas, commença Drago, mais si c'est trop difficile pour toi, personne ne t'oblige à y aller.
- Ca va, Drago. Je vais bien. Arrête de te faire soucis pour moi, le rassura Pansy en paraphrasant.
- Ok, mais tu sais que...
- Je sais, coupa-t-elle court, fixant ses orteils. Bon si tu allais chercher Granger? Au moins, ce sera déjà un point en moins dont je devrais m'inquiéter.
- Comme tu veux. On se rejoint là-bas?
- Dix-sept heures trente précises! insista Pansy.
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- Pfff ! souffla Hermione devant son miroir.
Elle attachait puis détachait ses cheveux depuis bientôt quinze minutes. Aucunes des coiffures testées ne lui convenaient.
Elle aurait dû s'y prendre plus tôt, avant que Luna ne parte aider Ginny et Harry dans les préparatifs. Au moins, elle aurait pu la conseiller. Ou pas. Hermione se voyait déjà portant un serre-tête en forme de bois de renne.
La jeune femme décida finalement de laisser ses cheveux onduler librement, tant pis si ça lui donnait des airs de sauvage.
Elle passa un trait de mascara sur ses cils et un peu de baume sur ses lèvres, observa une dernière fois son reflet. Ça ferait l'affaire.
- Ha ben, enfin! s'exclama Drago qui attendait depuis vingt minutes dans le canapé.
- On ne devait pas se retrouver devant? hésita Hermione légèrement surprise de découvrir Malefoy dans son appartement.
- Je m'assure que tu arrives à bon port. Ordre de Parkinson.
Drago observa rapidement Hermione. Elle portait une petite robe trapèze noire, aux manches trois-quarts. Simple, mais efficace. Pas de décolleté provocant, c'était mieux pour sa santé mentale.
- Bon, on y va?! Pansy est particulièrement tendue et je t'assure que tu ne veux pas arriver en retard!
Hermione se rapprocha de Drago espérant un transplanage d'escorte. Le peu de fois qu'elle l'avait expérimenté, il l'avait amené à destination avec plus de douceur qu'elle ne l'avait jamais réussi.
Drago s'apprêta une seconde à saisir la main qu'elle lui tendait puis se ravisa. Il s'était promis de ne pas penser à ses sentiments et de profiter de la soirée, et il n'était pas sûr qu'un contact physique allait l'y aider.
- Et puis quoi encore?! Tu connais l'adresse! finit-il par lâcher.
- Charmant!
Hermione atterrit la première devant l'orphelinat. L'établissement ressemblait à une maison traditionnelle, bien qu'un peu plus grande. Dans la pénombre, Hermione ne distingua rien de particulier aux alentours. Ils devaient être relativement isolés.
Drago qui était arrivé à peine une seconde après elle, avançait déjà vers la porte d'entrée.
- Bienvenu, Monsieur Malefoy! les accueillit une petite dame rondelette aux cheveux grisonnants.
- Bonsoir, Agathe. Vous êtes très en beauté ce soir, la complimenta Drago charmeur.
- Ho, c'est juste un vieux bout de tissu, rougit-elle. Vous devez être Mademoiselle Granger?
Hermione acquiesça alors qu'ils pénétrèrent à l'intérieur.
- Enchantée! s'inclina alors légèrement la dite-Agathe, visiblement ravie de la rencontrer. Permettez-moi de prendre vos capes.
- Merci, fit Hermione alors que la femme l'aidait à se débarrasser.
- Il fait bien silencieux, constata Drago étonné de ne pas entendre les enfants d'habitude si bruyants.
- Thémis les a emmenés faire une balade. Ils tournaient en rond comme des chimères en cage.
Drago se rappela à quel point il pouvait aussi être excité, enfant, quand il devait attendre toute une interminable journée avant de pouvoir enfin ouvrir ses cadeaux.
- Thémis et Agathe se relayent auprès des enfants, expliqua-t-il à Hermione. Agathe s'en occupe en journée tandis que Thémis les prend en charge le soir et la nuit.
- Et je vous prie de croire, ce n'est pas toujours de tout repos ! commenta la nourrice non sans humour.
- Je ne sais pas ce qu'on ferait sans vous. Vous êtes une vraie bénédiction pour cette institution, Agathe!
- Ho Ho Ho, surgit une grosse voix derrière eux.
Drago et Hermione se retournèrent pour apercevoir Pansy accompagnée d'un vieil homme bedonnant dans un costume rouge et blanc.
- C'est bon Blaise. Ils ne sont pas là, le coupa Drago.
- Chuuuttt, chuchota Pansy. Ils peuvent arriver à tout moment!
- J'espère qu'ils ne vont pas tarder. Je meurs de chaud là-dedans, rouspéta Blaise, méconnaissable, métamorphosé en un Père Noël plus vrai que nature.
- Arrête un peu de râler. Au moins, on a tout le temps pour t'installer.
Ils quittèrent tous les cinq le hall d'entrée pour pénétrer dans le séjour. La pièce était spacieuse et plutôt chaleureuse. Une longue table avait été joliment dressée pour l'occasion. Les enfants avaient confectionné de nombreuses décorations et garni, dans un coin, un sapin un peu tordu mais duquel se dégageait un certain charme. Au fond de la pièce, quatre divans faisaient face à une cheminée en pierre.
Pansy profita de l'absence des enfants pour transformer une chaise en un fauteuil en bois doré recouvert de velours rouge. Blaise Noël s'assit sur son trône improvisé et attira sa femme sur ses genoux.
- Avez-vous été sage cette année, jeune fille? dit-il de sa voix grave.
- Berkk, vieux cochon ! s'indigna Pansy, malgré tout un peu rebutée par l'apparence de son époux.
- Tu veux que je te fasse visiter ? proposa alors Drago à Hermione.
- Oui, volontiers, accepta-t-elle.
- Alors, comme tu as pu le remarquer, le séjour fait presque tout le rez-de-chaussée. On a essayé de le partager en trois zones: un coin repas, un coin jeux et un coin détente, indiqua Drago. C'est plus facile à gérer pour les gouvernantes. Elles peuvent avoir tout le monde à l'oeil d'un seul coup. Les cuisines et la laverie se trouvent au sous-sol et sont gérées quotidiennement par deux elfes. Suis-moi, je vais te montrer l'étage, suggéra rapidement Drago observant déjà un changement dans le regard d'Hermione à la prononciation du mot "elfe".
Il l'invita à monter la première, mais il regretta rapidement de ne pas être passé devant, en découvrant la vue imprenable qu'elle lui offrait ainsi sur ses jambes et son postérieur.
- Oui, alors, là, tu as la chambre de Thémis, essaya-t-il de se reprendre passant une main dans ses cheveux. Juste à côté, ce sont les dortoirs, un pour pour les filles et un pour les garçons.
- Combien sont-ils? demanda Hermione en découvrant plusieurs lits superposés.
- Les enfants? Treize. La guerre a fait bien plus d'orphelins, mais heureusement, la majorité avait encore de la famille pouvant les accueillir. D'autres ont été adoptés aussi.
Hermione pensa aussitôt au fils de Tonks et Lupin et elle réalisa qu'il avait eu de la chance dans son malheur. Contrairement à ces enfants, Teddy vivait aux côtés de sa grand-mère et il pourrait toujours compter sur son parrain. Harry mieux que personne pouvait comprendre ce qu'il traversait.
- Cinq sont déjà à Poudlard, poursuivit Drago. Ils reviennent uniquement pendant les vacances.
- Tu as dit que l'orphelinat n'était ouvert que depuis un an...
- Oui, à peu près. C'est le deuxième Noël qu'on fait ici.
- Qui s'occupait d'eux avant, alors?
- La plupart de ceux qui avaient l'âge, étaient hébergés à Poudlard. Pour les autres, certains étaient placés dans une aile de Sainte Mangouste, d'autres dans des orphelinats moldus ou encore à la rue. Pansy a dû effectuer un vrai travail de détective pour tous les retrouver. Ici, tu as la salle de bains, continua-t-il sa visite, et à côté une petite ludo-bibliothèque.
- C'est superbe! admira Hermione.
- Toutes les bibliothèques sont belles avec toi! se moqua Drago.
- C'est parce que la connaissance est la liberté de l'homme, cita Hermione. Ha, je crois qu'ils sont rentrés, signala-t-elle alors qu'ils entendaient les premiers cris enfantins.
Drago voulu passer la porte de la bibliothèque pour regagner la cage d'escalier, mais Hermione se lança en même temps que lui et ils faillirent se percuter.
- Ho, excuse-moi, dit-elle en posant une main sur son avant-bras avant de quitter la pièce.
Au contact de la paume d'Hermione sur sa peau nue, Drago se maudit d'avoir relevés ses manches. Il ferma les yeux quelques secondes et inspira profondément. Il fallait qu'il se ressaisisse! Un Malefoy était maître de ses émotions. Il n'avait pas des palpitations parce qu'on lui touchait le bras!
- Tu viens? demanda Hermione qui n'avait pas l'air d'avoir remarqué son trouble.
Ils redescendirent un étage pour réintégrer le séjour où les plus jeunes s'affairaient déjà autour du Père Noël, tandis qu'Agathe et une jeune femme qu'Hermione supposa être Thémis, la deuxième nourrice, appelaient les enfants au calme.
- Ça ne sert à rien d'essayer d'aller leur dire bonjour maintenant, signala Drago. Ils n'ont d'yeux que pour les cadeaux.
Il indiqua d'une main Pansy assise seule à table. Cette dernière avait le regard vide, mais elle raccrocha rapidement son masque d'indifférence habituel lorsqu'elle aperçut Drago et Hermione s'approcher.
Les enfants passèrent chacun à leur tour auprès de Blaise qui semblait prendre autant de plaisir qu'eux à ce petit jeu. Au bout de quelques minutes tous les cadeaux furent distribués et Thémis frappa dans ses mains pour attirer leur attention.
- Les enfants! Le Père Noël va devoir y aller car il a encore beaucoup de travail ce soir et cette nuit. Je compte sur vous pour le remercier comme il se doit.
Alors que la plupart des enfants se rassemblaient autour du Père Noël pour lui dire aurevoir, une petite fille aux cheveux noirs bouclés s'approcha d'Hermione et lui tira le bras. Une cicatrice recouvrait la moitié de son visage, résultat probable d'une sévère brûlure.
- T'es qui, toi? lui demanda la gamine.
- Bonjour, mademoiselle! salua Hermione en s'accroupissant pour être à la hauteur de son interlocutrice. Je m'appelle Hermione. Et toi?
- Viviane, mais tout le monde m'appelle Vivi, se présenta-t-elle de sa voix enfantine.
- Et quel âge as-tu, Vivi?
- J'ai cinq ans, montra-t-elle avec ses doigts, mais je vais bientôt en avoir six! précisa l'enfant dont l'information semblait capitale.
- Dragooo! T'es beauuu! s'enthousiasma alors la petite. T'as mis une belle chemise rouge comme le père Noël!
- C'est bordeaux, ma chérie, précisa Pansy en portant la petite pour la déposer sur ses genoux.
- C'est pareil, signifia la jeune Viviane en haussant les épaules.
- C'est important les nuances dans la vie, ne put s'empêcher de faire remarquer Pansy.
- Tu as vu? Le Père Noël, il m'a offert une poupée de Harry Potter. Il est beau, hein, Harry Potter, mais pas aussi beau que Drago. Drago, c'est le plus beau de la terre!
Hermione ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel amusée devant le sourire triomphant de Malefoy.
Quand le Père Noël eut quitté la pièce, du lait de poule ainsi que des zakouskis apparurent sur la table. Les enfants se précipitèrent sur la nourriture avec autant d'entrain qu'ils avaient accueilli le Père Noël. Ils n'omirent toutefois pas de venir saluer les adultes dont ils avaient totalement fait abstraction quelques minutes auparavant, tant l'excitation du moment avait été forte.
- Je peux aller jouer maintenant? demanda Viviane toujours installée sur les jambes de Pansy. Je veux aller voir le Dragon de Simon. Il crache du feu pour du vrai!
- Oui, bien sûr, ma puce. Vas-y.
Viviane partit rejoindre deux enfants qui s'étaient installés sur un tapis au pied du sapin pour contempler leurs cadeaux. L'un d'eux tenait un petit dragon en bois dont jaillissaient de petites étincelles.
- Elle était bébé quand les Aurors l'ont trouvée dans les ruines de sa maison, expliqua Pansy. Ses parents travaillaient au Ministère. Ils ont refusé de se soumettre quand Voldemort a pris le pouvoir. Les Mangemorts les ont torturés à mort, avant de mettre le feu à leur habitation. On ne sait grâce à quel sortilège la petite a survécu.
- C'est tellement triste, constata Hermione qui ne pouvait qu'éprouver de la compassion face à un tel drame.
- Ils ont tous une histoire tragique, ajouta Drago. Là-bas, à côté d'Agathe, c'est Marius, désigna-t-il de la tête un garçon visiblement fan de Quidditch, admirant un maillot à l'effigie des Frelons de Wimbourne. Voldemort a fait tuer sa mère parce qu'elle était cracmol. Et son père a subi tellement de doloris qu'il a fini dans le même état que les Londubat. Cette année, il va avoir onze ans. Pourtant, il y a peu de chance qu'il intègre Poudlard en septembre prochain. Depuis la fin de la guerre, il fait un blocage et a perdu tout usage de la magie.
- Je suppose qu'il est suivi par un psychomage, présuma Hermione.
- Oui, ils le sont tous. Tu vois Edèse, la fille qui est plongée dans son bouquin ?
Hermione tourna la tête pour observer une adolescente d'une quinzaine d'années installée dans un des canapés, entamant le livre qu'elle venait de recevoir.
- Quand elle est arrivée, il y a un an, elle était tellement en colère qu'elle faisait voler en éclat tout ce qu'elle touchait. Après six mois de thérapie, elle a pu à nouveau boire une tasse de thé sans avoir les mains écorchées par les éclats de porcelaine.
Hermione prenait davantage conscience de l'importance de cette association. En créant cet orphelinat, Drago n'avait pas offert qu'un hébergement à ces enfants, il voulait aussi leurs offrir les meilleures conditions à leur bon développement.
- Qu'est-il est arrivé à sa famille? demanda Hermione curieuse d'en apprendre davantage sur l'histoire de chacun d'entre eux.
- Ses parents étaient Mangemorts. Son père a été tué par l'Ordre du Phénix et sa mère a pris la fuite. On ne sait pas ce qu'elle est devenue.
- Une fille de Mangemorts? s'étonna Hermione.
- Et oui, Granger! La guerre a fait des victimes dans les deux camps. Tu ne croyais quand même pas que tes amis n'avaient pas de sang sur les mains?
- Non, évidemment, mais je trouve surprenant de faire cohabiter ceux dont les parents se sont entretués.
- Je trouve qu'il n'y rien d'idiot à faire grandir ensemble des enfants pour qu'ils apprennent à se connaître et vivre avec leurs différences, tout en espérant qu'ils ne développent pas les mêmes sentiments de haine que leurs parents, releva Drago qui avait visiblement mal pris la remarque d'Hermione. Mais peut-être aurais-je dû faire payer à cette gamine les choix douteux de ses parents et la laisser vivre dans le squat dans lequel elle a été retrouvée?
- Je n'ai jamais dit cela. Pourquoi faut-il toujours que tu interprètes mal mes paroles.
- Peut-être parce que tu es d'une mauvaise foi sans nom.
- Et c'est un Malefoy qui me dit ça ! s'offusqua Hermione.
- Mais vous avez fini, oui! intervint Pansy. C'est quoi la suite du programme, vous jetez des petits fours au visage ? Vous allez finir par faire peur aux enfants. C'est Noël, au cas où vous l'auriez oublié!
- Je suis désolée, s'excusa Hermione légèrement gênée de s'être laissée emporter.
Pansy se tourna alors vers Malefoy, attendant qu'il présente lui aussi ses excuses.
- Drago? insista-t-elle.
Ce dernier finit par lâcher un "désolé" sonnant faux, mais qui sembla satisfaire Pansy.
- Pansy! appela un garçon qui ne devait pas avoir plus de huit ou neuf ans. Tu crois que Blaise va bientôt arriver? Il m'avait promis que je pourrais monter sur son balai.
- Il ne devrait plus tarder, le rassura Pansy.
- Hé, Louis! Tu viens? interpella le jeune Simon. C'est à ton tour de lancer le dé.
- J'arrive! lança le gamin tout en retournant à son jeu.
- Bon, je vais voir ce que fait mon cher mari. Je parie qu'il a fait un détour en cuisine pour soudoyer les elfes pour qu'ils rajoutent du vieux rhum dans son lait de poule, se désola Pansy. Et vous deux, essayez de vous tenir à carreaux pendant mon absence! lança Pansy en quittant sa chaise.
- Pourquoi faut-il toujours que nos conversations s'enveniment ? s'interrogea alors Hermione.
- Ce ne serait pas aussi drôle sinon, lui lança Drago, sourire en coin.
Hermione ne pouvait nier qu'elle ne s'ennuyait jamais en sa présence. En bien ou en mal, leurs conversations étaient toujours animées, mais jamais inintéressantes.
- Au fait, belle chemise, constata innocemment Hermione.
- Il paraît que je ne m'habille que de noir, alors je change un peu. Mais je n'y suis pour rien, à vrai dire. C'est un cadeau que j'ai reçu ce matin. J'avoue, au début j'étais un peu sceptique sur la couleur, mais finalement je trouve que ça me va plutôt bien. En plus, la soie n'est pas de trop mauvaise qualité. Il faut croire que la personne qui me la offerte ne doit pas avoir si mauvais goût.
- Je suis contente qu'elle te plaise.
Il avait été surpris de découvrir, en se réveillant ce matin, un paquet cadeau au pied de son lit. Un petit carton y était accroché "Pour mettre un peu de couleur dans ta garde-robe. Joyeux Noël!". Le mot n'était pas signé mais l'écriture et la couleur typiquement Gryffondor de la chemise ne lui avait laissé aucun doute quant à l'expéditrice.
- J'ai beaucoup hésité, avoua Hermione, mais il est difficile d'offrir quelque chose à quelqu'un qui a déjà tout.
Non, pas tout, pensa amèrement Drago.
- Et comme il est aussi difficile d'offrir un livre à quelqu'un qui les a déjà tous lus... Tiens.
Drago lui tendit un petit paquet rectangulaire, recouvert du même papier cadeau que celui qui avait enveloppé ceux offerts aux enfants quelques minutes plus tôt.
- Tu m'as fait un cadeau? s'étonna Hermione, touchée malgré elle par son geste.
- Ne rêve pas. Je n'y suis pour rien. C'est le père Noël qui l'a déposé avec les autres tout à l'heure.
- Tu remercieras le Père Noël alors, lui sourit Hermione reconnaissante.
- Interdiction de l'ouvrir avant minuit, par contre! ordonna-t-il.
- Ha parce que toi, tu t'es gêné ?
- Non, mais il est bien connu que la patience n'est pas mon fort. Et heureusement que je l'ai ouvert d'ailleurs, sinon qu'aurais-je porté ce soir? se justifia-t-il.
Hermione sortit sa baguette pour réduire le cadeau à la taille d'un timbre poste puis le glissa dans son sac à main.
- Blaiiissseee! crièrent Viviane et une autre fillette un peu plus âgée quand celui-ci réapparut sous sa véritable apparence.
- Tu as pris ton balai? Dis, tu l'as pris, hein?! demanda le petit Louis qui lui avait déjà bondi dessus.
- Bonsoir, Louis, salua Blaise en insistant bien sur le premier mot comme pour rappeler à l'enfant les règles de politesse.
- Pardon. Bonjour, Blaise. Alors, tu l'as pris ?
- Mais oui, petit monstre! Laisse-moi juste m'asseoir cinq minutes avant, tu veux bien. Allez ouste, la marmaille!
Blaise s'assit à table à côté d'Hermione, pas mécontent de pouvoir souffler un peu.
- Tu n'as pas croisé Pansy? demanda Drago. Elle est partie te chercher.
- Si, elle fait une pause aux cuisines, informa Blaise.
- Besoin d'un remontant? s'inquiéta Drago.
- Oui, mais ça va aller, tenta de se convaincre Blaise.
- Il y a un souci? questionna Hermione.
- Oui et non, mais ce n'est pas une histoire à raconter un soir de Noël, lui sourit tristement Blaise. Ça vous dit un petit match de Quidditch?
- Sans moi! répondit catégoriquement Hermione qui n'appréciait que moyennement se trouver à des dizaines de mètres au-dessus du sol.
- Allez, Granger! l'incita Drago.
- Je n'ai pas de balai de toute façon.
- Mauvaise réponse! J'avais prévu le coup. J'en ai apporté plusieurs, réfuta Zabini. Regarde ces malheureux orphelins. Ils ne demandent qu'un peu d'attention de ta part, essaya-t-il de l'attendrir.
- Je suis vraiment nulle, annonça Hermione changeant déjà d'avis.
- On sait ça, mais on s'en fout. C'est juste pour que les plus petits puissent monter accompagnés, exposa Drago.
- C'est bon, va pour un match, abdiqua-t-elle.
Le temps que tout le monde s'habille chaudement, ils se retrouvèrent à dix-huit dans le jardin maintenant éclairé par un lampadaire. Même Agathe était présente, manifestement ravie de prendre part au jeu.
Deux garçons dont Hermione se rappelait qu'ils s'appelaient Louan et Jacob, possédant leurs propres balais, virevoltaient déjà dans les airs. Louis ne lâchait pas Blaise d'une semelle, attendant que celui-ci sorte le Saint Graal. C'est finalement Pansy qui dévoila un sac contenant un dizaine de balais, ainsi qu'un coffret renfermant les balles en modèle enfant.
- Simon, tu montes avec Agathe, indiqua alors Drago, Penny avec Thémis, Sophie avec Pansy et Elwyn avec Hermione. Vivi, tu peux venir avec moi. Jacob, tu veux bien prendre Marius avec toi?
- Bien, chef! accepta Jacob sans discuter.
Le garçon aux cheveux blonds mi-longs semblait être le plus âgé de l'orphelinat et à l'écharpe bleue qu'il portait, Hermione en déduisit qu'il devait être chez les Serdaigle.
- Les autres, vous pouvez prendre un balais chacun mais interdiction de monter à plus de deux mètres, termina Pansy.
- Naannn, c'est nul! protesta Louan.
- C'est bon Lou, on sait que tu sais voler, s'agaça Edèse qui s'apprêtait déjà à démarrer.
- On pense aux plus petits, ok? Ce n'est pas parce qu'Hermione est médicomage qu'elle a envie de faire des heures supp' ce soir, sermonna Blaise.
Drago passa encore quelques minutes à former les équipes et Hermione se retrouva projetée au poste de gardien. Au moins, elle ne devait pas bouger beaucoup.
Toutefois, le vol ne semblait pas être non plus la tasse de thé du petit Elwyn qui s'agrippait au manche et tremblait contre le ventre d'Hermione chaque fois que le vent les faisait légèrement vaciller.
Au bout d'une demi-heure, alors qu'Hermione n'avait arrêté aucun des souafles lancés dans sa direction, Drago et Viviane attrapèrent le vif d'or mettant fin au match, permettant ainsi à Hermione et Elwyn de reposer les pieds sur l'herbe tangible avec soulagement.
- Je suis nul, se chagrina le petit garçon en shootant dans un caillou invisible.
- Mais non pourquoi tu dis ça?
- J'ai la frousse alors que mon frère, Louan, c'est un super attrapeur.
- C'est normal d'avoir peur, tu sais. Moi non plus, je n'aime pas voler, mais je sais faire plein d'autres choses. Je suis sûr qu'il y a des jeux où tu es plus doué que ton frère.
- Oui, je suis meilleur que lui au Crackbouille. Je gagne à chaque fois! lui sourit l'enfant.
- Ça va ? demanda Drago atterrissant à leurs côtés.
- Oui, oui, on discute.
Hermione avait le joues rougies par le froid et le vent avait ses complètement emmêlé ses cheveux. Pourtant, à cet instant Drago l'a trouva plus craquante que jamais.
- Je crois qu'il est l'heure d'aller manger une bonne soupe pour nous réchauffer, annonça Agathe une fois tout le matériel rangé.
- A la soupe les mioches! cria Blaise.
Tous installés à table, ils s'apprêtaient à déguster une soupe de châtaignes dont l'odeur embaumait la pièce.
- Ha! C'est le retour d' Herlionne à ce que je vois, rit Blaise en face d'Hermione.
- Pardon?
- C'est le petit surnom que les Serpantard t'avaient donné en première année quand tu arborais ta plus belle crinière, expliqua Pansy.
- Haha, je l'avais oublié celui-là. Hair-Lionne, ricana Drago à son tour.
- Super drôle, dit-elle à la fois gênée et un peu vexée en passant les mains sur ses cheveux pour les aplatir.
- Ho ça va, fais pas cette tête. On avait onze ans et c'était encore gentil en plus, dédramatisa Drago.
- Mouais.
- Est-ce que ce n'était pas justement Théo qui lui avait trouvé ce surnom ? repensa Blaise. A mon avis, il en pinçait déjà pour toi.
- Il n'en pince pas vraiment pour moi, tu sais.
- Mais oui, bien sûr!
- Blaise! intervint sévèrement Pansy.
- Quoi? Toi aussi, tu disais que...
Mais il s'arrêta net quand il sentit le talon de son épouse s'enfoncer dans son tibia.
- Elle est délicieuse cette soupe. Vous ne trouvez pas? intervint Thémis sentant pointer le malaise.
- Pansy, tu penses que Théo est amoureux de moi? insista malgré tout Hermione.
- Non! Enfin...Je ne sais pas. Avoue que cela ce pourrait, Granger. Il a quand même exigé que ce soit toi sinon personne.
- C'est de la connerie! Nott est con, c'est tout, s'exaspéra Drago. C'est pas de l'amour quand tu obliges l'autre à prendre la pire des décisions pour toi.
- Tu penses que j'ai pris une mauvaise décision? demanda Hermione quelque peu paniquée.
- Non, je...
HOUHOU HOUHOU
Tous s'arrêtèrent de manger pour apercevoir une chouette effraie qui était rentrée dans l'orphelinat. L'oiseau criait tout en effectuant des ronds au-dessus de la table. Les plus jeunes enfants s'émerveillèrent devant l'oiseau, vraisemblablement peu habitués à recevoir du courrier.
- Qui a laissé entrer ce volatile?! s'écria Pansy.
- On dirait la chouette de Neville, s'étonna Hermione.
L'animal finit par plonger sur elle, lâchant un bout de papier à côté de son assiette.
- Il n'a pas intérêt à laisser des déjections ! maugréa Pansy qui voyait déjà la nappe souillée.
- C'est Neville, lut Hermione. Il y a un problème avec Hannah.
