Le lendemain, Newt se demanda si il devait compter sur la venue du jeune homme, mais Aurelius fut bien là, comme prévu. Encore que, Newt eût l'impression que Dumbledore y était peut être pour quelque chose…

-Pardon de m'être enfui hier soir, balbutia le jeune homme, les yeux rivés au sol, alors que dans l'esprit de Newt retentissait deux rires moqueurs…

-Je t'en prie. C'est moi. Je n'aurais pas du profiter de la situation comme je l'ai fait. Je suis désolé.

-C'est, euh, ce n'est pas grave… C'est juste… Je n'ai pas su réagir…

On à vu, ricana Joshua. Newt le fit taire.

-Ce n'est rien. Je dois dire que je me demandais si je te verrais aujourd'hui…

-C'est, euh, Albus m'a obligé… Il avait des classes…

Newt s'efforça de masquer son sourire. Il adorait son Calice. Mais par moment, il avait envie de le torturer…

-Tu es parti si vite hier. J'ai eu peur que tu n'utilise pas ton portoloin et que tu finisse par te blesser…

-Euh… J'ai couru un peu au hasard… Avant de me rappeler que j'avais ce portoloin, c'est vrai…

-Ou te dépose-t-il ?

-Juste devant les barrières de Hogwarts…

-Et donc ? Demanda Newt, amusé. Comment es-tu rentré ? J'ai reçu un mot de Albus, j'ai cru comprendre que tu avais été… Bouleversé…

Aurelius rougit et prit une délicate teinte… Coquelicot !

-C'est faux ! J'ai bien pris soin de régler le problème avant de…

-Rentrer ? Suggéra Newt, de plus en plus amusé.

Mortifié, le jeune homme hocha la tête.

-Et donc ? Qu'as-tu fais pour te… Soulager ?

Tomate. Trop mûre…

-Vous le savez très bien ! Gémit Aurelius.

-Et où ?

-Euh… Dans la Forêt Interdite… Enfin, au bord… Enfin, caché quand même, quoi ! C'était l'heure de sortie des classes…

Incapable de se contrôler, Newt éclata de rire !

-Je dois dire, Aurelius, que je suis surpris ! Tu as certes, vingt-huit ans, mais je te pensais encore trop inhibé pour te masturber…

Écrevisse. Ravissant !

-Certains livres sur les Créatures sont très explicites, grommela-t-il.

-Vraiment ? Et dis-moi, à qui pensais-tu en faisant cela ? Une jolie sorcière as-t-elle sur attirer ton attention ? Ou un sorcier, peut être ? Ou même une autre Créature ? J'ai cru comprendre que la Tête de Sanglier avait certaines… Fréquentations…

Aussitôt, Aurelius détourna le regard, son visage tirant de plus en plus sur la betterave…

-N… Non… Pas une sorcière…

-Sorcier ? Demanda Newt, agréablement surpris.

-Non… Non plus…

-Une Créature ? Demanda-t-il, abasourdi. Mâle ou femelle ?

Incapable de répondre, Aurelius resta le regard obstinément rivé sur le sol. Tout amusement disparu en Newt, remplacé par de l'étonnement pur et simple lorsqu'il comprit.

-Moi ? Balbutia-t-il, sincèrement surpris.

Mortifié, Aurelius hocha la tête.

-Est ce que c'est à cause du lien ? Gémit-il. Est ce que le sortilège s'estompe ?

Tout désir s'évanouit devant l'évidente détresse de son Calice, Newt ne put s'empêcher de se précipiter pour Aurelius pour le serrer contre lui, respirant profondément son odeur.

-Non Aurelius, non ! Pardonne-moi, j'ignore si savoir cela peut te faire te sentir mieux ou non, mais il s'agit d'un sort Vampire, un sort de sang ! Il ne s'estompera pas comme les sorts sorciers, seul un contre-sort, où bien l'acceptation du lien peut le faire disparaître…

-Donc… Donc ce sont bien mes sentiments ?

-J'en ai bien peur… Répondit Newt.

Il sentit Aurelius qui se crispa contre lui, incertain. Pourtant, au bout d'un moment, le jeune homme se détendit. Légèrement.

-Je ne sais pas. Vous étiez ma première véritable expérience. J'ai peut être pensé à vous, juste comme ça…

Newt retint un soupir et une quinte de toux. Aurelius…

Vraiment, son Calice était d'une candeur adorable. Et il ne s'était jamais senti aussi bien depuis longtemps alors que hier, après leur baiser, le sang se tarissait enfin dans sa gorge… Il venait d'en sentir à nouveau le goût. Aurelius lui avait accordé hier un sursis de la même façon qu'il lui faisait du mal aujourd'hui : sans même s'en apercevoir…

-Tu as sans doute raison, répondit-il d'une voix neutre. Après tout, je suis ton seul point de référence… Je dois dire que j'en suis flatté. Mais dès qu'apparaîtra dans ton monde une nouvelle personne à désirer, tu t'empresseras de m'oublier…

-Ne dites pas ça… Répliqua Aurelius d'une voix triste en se dégageant de ses bras. Je suis désolé, je ne me rends même pas compte du mal que je peux vous faire… Je ne cesse de vous rejeter, n'est ce pas ?

Un sourire tendre étira les lèvres de Newt. S'était-il trompé ?

-Et alors ? Quelle importance ? Lorsque je ne serais plus là, tu veilleras sur mes Créatures pour moi.

-Elles mes détesteront. J'aurais tué leur mère. Elles le sentiront dans leur Magie…

-Tout comme elles ressentiront ton repentir. Ne t'en fais pas pour ça, Aurelius. Si j'avais voulu survivre à tout prix, je ne t'aurais jamais lancé ce sortilège et je ne t'aurais pas laissé le choix…

-Je sais. Et je vous en remercie. De m'avoir laissé ce choix, je veux dire…

-Aucun problème, répondit Newt en se détournant, prêt à commencer la tournée de ses Créatures.

Ils avaient déjà trop tardé. Il était content d'avoir eu cette discussion avec Aurelius, il avait craint qu'il en revienne pas. Au moins, il n'y avait plus de gêne entre eux. Et il avait fait le bon choix, il le savait, même si il devait en mourir… Il se retourna et tendit à Aurelius le seau de granulés pour les Veaudelunes, et s'aperçut avec surprise que le visage du jeune homme s'était teinté de peine…

-Ce n'est pas trop dur ? Lui demanda-t-il.

-Quoi donc ? Répondit Newt, sincèrement surpris.

-D'être proche de moi… La douleur…

De nouveau, Newt s'attendrit.

-C'est plutôt pour toi que tu devrais t'inquiéter, Aurelius. Hier, pendant notre baiser, deux Vampires-Gardiens m'empêchaient de te violer…

Subitement, Aurelius pâlit et recula d'un pas.

-La douleur est gérable, continua Newt. Après tout, je suis un Obscurus depuis plus de vingt ans maintenant, j'y suis habitué. Et tu le sais, Joshua me surveille en permanence, il à autant pour rôle de m'empêcher de laisser le Vampire ou l'Obscurial prendre le dessus, que de te protéger, et il y à peu de temps, il à été contraint de demander du renfort, car l'Obscurus se fait de plus en plus présent…

Aurelius se figea un instant, tentant d'analyser la situation. Il restait bloqué sur le mot viol, mais il avait l'impression de passer à côté de quelque chose d'énorme ! Qu'est ce que Newt avait dit exactement ? Il supportait la douleur, mais seulement parce qu'il l'endurait depuis plus de vingt ans ! Un Vampire pour le surveiller, un deuxième en renfort… L'Obscurial qui tente de prendre le dessus…

Il se sentit pâlir, alors qu'il prenait pleinement conscience de ce que Newt voulait dire.

-Vous êtes en train de mourir, énonça-t-il

Ce n'était pas une question, simplement un constat. Joshua, qu'il avait fini par rencontrer, n'était plus suffisant pour contrôler Newt. Pour contrôler son Obscurial. Parce que l'Obscurial allait finir par sortir. Et lorsqu'un Obscurial sort de son hôte…

-Tu comprends pourquoi je suis content de t'avoir pour assistant, répondit Newt avec un sourire. Comme ça, ils ne seront pas seuls. Tu as raison de m'appeler leur mère, ils sont un peu mes enfants… Dit-il en englobant sa ménagerie dans un geste large.

Ils se trouvaient sur le palier où il préparait la nourriture pour toutes ses Créatures. Un petit coin rien qu'à lui, ensorcelé pour qu'aucune de ses bestioles ne puisse venir fouiner. Autrement, tout le monde serait déjà obèse ! Oui, vraiment, ses animaux étaient ses enfants ! Il les aimait sans condition, quelle que soit leur race, leur espèce et leur dangerosité. Et il le lui rendaient bien…

Avec stupeur, il sentit les bras chauds de son petit humain qui se refermaient sur lui, alors que Aurelius posait sa tête entre ses deux épaules. Horrifié, il sentit une odeur de sel qui montait à ses narines.

-Tu pleure ? Demanda-t-il avec inquiétude.

-Je ne veux pas que vous mouriez à cause de moi ! Gémit l'humain.

Newt poussa un soupir. Lentement, il se détacha de l'étreinte d'Aurelius et se retourna, pour tomber sur son beau visage mouillé de larmes.

-Nous avons déjà eu cette discussion cent fois. Ce n'est pas de ta faute Aurelius. C'est moi qui l'ai choisi…

Il s'était attendu à des dizaines de réactions différentes !

Des cris de frustration, des gémissements de tristesse, encore plus de pleurs.. !

Mais certainement pas à ce que Aurelius le saisisse par le col pour l'embrasser ! Abasourdi, ne sachant pas quand est ce que cette occasion allait se re-présenter, Newt décida d'accepter ce qui lui était donné. Merlin, qu'il était faible…

Aurelius était encore novice, hésitant dans l'art d'embrasser. Newt n'eût aucun mal à reprendre le contrôle du baiser, et il s'efforça de le rendre le plus agréable possible pour son Calice…

Il sut qu'il avait réussi lorsque la langue d'Aurelius se mit à répondre à son baiser avec avidité. Sa langue s'enroula autour de la sienne alors qu'il semblait se couler dans son étreinte avec délice, chacun de ses mouvements provoquant un gémissement un peu plus fort que le précédent…

Ce fut lui qui rompit le baiser, à contrecœur, alors que Aurelius peinait à respirer. Il n'avait pas besoin de vérifier pour savoir qu'il était excité : l'odeur qui parvenait à son nez était simplement divine ! Chargé des phéromones du garçon, l'air avait une odeur sucrée et totalement addictive…

-Je ne suis pas sur que tu sois mieux qu'hier… Plaisanta Newt.

Aurelius, les joues déjà d'une jolie couleur rouge, rougit un peu plus.

-…Et vous ? Demanda-t-il.

-Pardon ? Répondit Newt, sans comprendre.

-…Est ce que ça va mieux ?

Newt s'interrogea un instant, tentant de comprendre ce qu'il voulait dire. Et puis il s'aperçut qu'il n'avait plus le goût de son sang dans la bouche et que l'Obscurus s'était mis en sourdine. La douleur était plus supportable…

-Oui, c'est vrai… L'Obscurial s'est mit un peu en retrait…

-Alors… Peut être que… Qu'on pourrait fonctionner comme ça un moment ? Je… Ne peux pas vraiment vous aimer, mais… Si ça peut vous soulager ?

Newt s'écarta, abasourdi par ce que Aurelius lui proposait.

-Seulement si cela te convient, Aurelius… Autrement, je t'assure que tu n'as pas à faire tout ça…

Le jeune homme rougit encore, détourna le regard et déglutit, avant de timidement relever les yeux vers lui.

-Est-ce que j'ai vraiment l'air d'être dérangé par tout ça ?