Bonjour bonjour ( ou plutôt bonsoir )!
Comme promis, ce chapitre arrive rapidement après le dernier. J'essayerai de continuer sur ce rythme tant que le confinement sera là, mais je ne peux rien promettre. dans le doute, je vous conseille mes autres fictions ( notamment le Purgatoire, qui devrait vous occuper un moment ).
Sur ce, je vous laisse avec le chapitre!
Nous sommes la veille de l'arrivée des familles au Palais, et je suis toute excitée à l'idée de les revoir. C'est donc toute guillerette que je me dirige à l'autre bout du Palais pour m'occuper de la décoration du couloir.
J'arrive sur place, où se trouvent les équipes chargées d'installer les différents éléments selon mes instructions, ainsi que différents journalistes auxquels je vais devoir accorder des interviews après l'annonce de l'Elite avant hier soir.
Cette partie m'enchante moins, mais rien ne pourra se mettre entre moi et ma bonne humeur. Je sautille à moitié malgré les stilletos que j'ai aux pieds.
Immédiatement, je remarque la présence de Blaise Zabini, le valet métis toujours près de Malefoy, qui me fait un signe de la main tandis que les journalistes fondent sur moi tel des rapaces.
« - Bonjour Mlle Hermione ! Comment vous sentez vous ?
- Très bien merci, et vous ?
- Bien également, merci de le demander. Alors, comment on se sent de faire partie de l'Elite ?
- Et bien, je me sens très reconnaissante et chanceuse, et j'espère rester aussi longtemps que possible.
- L'Elite a été déclarée pour des raisons particulières, vous sentez vous en danger ?
- Pas du tout, le Palais est sans doute l'endroit le mieux protégé de tout Hogward, et je fais confiance à nos soldats. Tant qu'on respecte les consignes de sécurité, il ne devrait y avoir aucun problème.
- Ces problématiques de sécurités sont elles intégrées aux consignes pour vos projets de décoration ?
- Bien sûr, cela fait partie des contraintes les plus importantes, nous avons d'ailleurs du faire confirmer nos plans à un conseil de Sécurité. Il n'y a donc rien à craindre, vous pouvez être rassurés.
- Pouvez vous nous donner un indice sur la robe que vous allez porter au Bal ?
- Je suis désolée mais c'est une surprise, il faudra regarder l'émission spéciale de samedi soir pour le savoir.
- Merci de nous avoir accordé de votre temps, nous vous laissons, au revoir.
- Au revoir ! »
Je salue les journalistes et souffle de soulagement dès qu'ils ont le dos tourné.
« On ne s'y fait pas hein ? »
Je me retourne brusquement, le valet métis ayant dévoilé sa présence dans mon dos en parlant.
« - Oui, c'est épuisant.
- Dire que vous avez signer pour le reste de votre vie... Je ne vous envie pas sur ce point.
- Je ne vous le fait pas dire. »
Nous conversons ainsi quelques minutes, puis il m'annonce comment l'après midi va se passer : je vais devoir diriger une équipe de servants, c'est à dire répartir les tâches et veiller à ce qu'elles soient bien faite. Il restera à mes cotés pour vérifier comment je m'en sort et, le cas échéant, m'aider.
Je commence donc à expliquer les idées convenues avec les autres Sélectionnées : nous voulons transformer le Palais en un Palais des glaces : il faut donc attacher une multitude de guirlandes différentes. Des bleus glaces, des argentées, des blanches, dans des matières différentes, de manière harmonieuse. Il faudra ensuite installer les lumières, le Bal se déroulant le soir, ainsi que l'effet glacé et enneigé du sol.
Je répartis donc les servants en petits groupes et leur confie un type de guirlande chacun. Puis je leur montre les schémas que j'ai dessiné, et ils se mettent au travail. Je les observe en silence, rectifiant le tir quand j'aperçois une erreur, puis retourne à mon poste d'observation.
Au bout d'une demi heure, mes équipes s'affairent sans que je n'ai besoin de rien faire, et je commence à m'ennuyer ferme. Même le photographe chargé de faire un reportage photo sur la préparation du Bal est parti, et je n'ai plus à poser. Pour une fois que ça ne me dérangeais pas et que ça faisait passer le temps plus vite.
Je me rapproche donc de Blaise Zabini, qui est dans le même état que moi, et nous commençons à discuter. C'est un homme très sympathique, très cultivé, et je comprends très vite pourquoi il est aussi respecté du personnel à un aussi jeune âge. Il est extrêmement charismatique, d'une manière plus discrète que Malefoy, mais il a l'air tout aussi inaccessible, d'une certaine manière. Ses manières sont impeccables, et j'ai le sentiment qu'on pourrait facilement le prendre pour un noble s'il n'était pas si effacé. Le métis est également – et ce sentiment est partagé avec le reste des Sélectionnées – entouré de mystère, et on ne sait rien sur lui. Pourtant, il est le confident et bras droit du Prince, et aucune d'entre nous n'en avait jamais entendu parler, ni même aperçu dans un magasine.
Cela ne nous empêche de discuter longuement : il me questionne sur ma famille, et je suis étonnée d'apprendre qu'il sait que ma grande sœur a accouché récemment. Il m'avoue avoir lu l'ensemble de nos dossier pour conseiller au mieux Drago. Curieuse, je ne peux m'empêcher de lui poser une question qui me brûle les lèvres :
« - Dis moi, je peux te poser une question indiscrète ?
- Pose la toujours, je verrais si j'y répondrais.
- Comment cela se fait il que tu sois aussi proche de Drago, alors que...
- Alors que je ne suis qu'un valet ?
- Oui, c'est ça.
- C'est une histoire assez longue. »
Le métis prend une inspiration, et commence à me raconter :
« - Mon histoire commence bien avant ma naissance, très exactement au mois de septembre il y a dix huit ans. Ma mère, qui s'appelait Imane Zabini, était une splendide jeune femme de dix huit ans. C'était une Quatre, mais elle était si belle que tous les Trois de la ville la courtisaient. Mais elle était ambitieuse, et elle profitait de sa beauté sans s'engager auprès de ses courtisans. En septembre, les lettres de participations à la Sélection sont arrivées, et elle a été tirée au sort.
- Ta mère était une Sélectionnée ? »
Je suis sous le choc, abasourdi par la nouvelle. Ne suivant pas les actualités people – les magasines coutent cher – je n'ai aucun idée de comment s'est déroulé la dernière Sélection. Des fois quand une belle femme passe à la télévision, ma mère fait un commentaire et j'apprends qu'elle était une ancienne Sélectionnée, mais mon niveau de connaissances s'arrête là. En tout cas, cela explique sans doute la beauté de Blaise.
« - Oui, mais laisse moi continuer.
- Excuse moi.
- Comme tu peux t'en douter, ma mère était ravie de participer. Elle qui visait l'ascension sociale plutôt qu'un mariage d'amour, elle n'aurait pas pu rêver mieux. Cependant, à son arrivée au Palais, elle déchenta très vite : elle qui avait toujours eu tout les hommes à ses pieds grâce à sa beauté se retrouvait face à une femme aussi belle qu'elle. Narcissa Black, destinée à devenir Narcissa Malefoy.
- Comment à réagit ta mère ?
- Pas très bien au début. Elles étaient les deux favorites tout le long grâce à leur beauté, et on ne cessait de les comparer dans les médias : la beauté ébène contre la reine des glaces. Elles se retrouvaient donc rivales en privé et en public, et les deux géraient très bien leur image. La grande différence venait de leur caractère, et de ce qu'elles avaient à offrir au futur roi : Narcissa était folle amoureuse et promettait de devenir une excellente mère et épouse tandis qu'Imane offrait au Prince une vie de tranquilité, sans problèmes liés aux potentiels sentiments. Elle aurait été à ses ordres, gardant l'image d'une reine parfaite sans jamais interférer avec ses affaires, lui proposant même de l'aider à cacher de potentielles maitresse.
- On sait quel choix il a fait...
- Oui, mais figure toi que pendant une grande partie de la Sélection, ce n'était absolument pas le cas. Lucius gardait Imane comme sa favorite, n'étant lui non plus pas le moins du monde intéressé par un mariage d'amour. Cependant, plusieurs évènements ont tout fait basculer. La première chose était la jalousie des autres Sélectionnées face à notre duo de tête. Elles ont commencé à leur faire des crasses, et Narcissa et Imane ont été obligées de s'allier. Et je pense sincèrement que c'est la meilleure chose qui ne leur soit jamais arrivé, à l'une comme à l'autre.
- Comment ça ? »
Une servante vient me voir pour préciser une de mes demandes : je m'exécute puis me retourne vers Blaise, dont j'attends avec impatience la suite de l'histoire.
« - Leurs caractères étaient à l'opposé, et elles se sont donc entre aider : la douce et timide Narcissa a apprit à moins laisser paraître ses sentiments, notamment face aux critiques, et ma mère s'est adoucie et ouverte à son contact. Ensemble, elles étaient inarrêtables, totalement invincibles. Et elles sont rapidement devenues meilleures amies. Rapidement, elles furent à la tête de l'Elite, mais c'était loin d'être au goût de tout le monde.
- Qu'est ce que tu entends par là ?
L'une des participantes à la Sélection était la nièce du ministre de l'Education de l'époque, et cela ne lui plaisait évidemment pas que sa nièce ne soit pas la favorite. Il a donc fait une des pires choses possibles : il a monté un complot visant à empoisonner Narcissa et à accuser ma mère pour cela.
- Heureusement, ça n'a pas marché.
- Non, mais ça a bien failli : Narcissa est restée hospitalisée deux semaines entières, durant laquelle Imane était accusée par les autres participantes. Heureusement, un soldat a dénoncé la cuisinière, qui a été interrogé par Lucius en personne. Elle a fini par avouer de qui venait les ordres, et l'intrigant a été exécuté en discrétion.
- Et Narcissa ? Comment elle s'en est sortie ?
- Elle a fini par s'en remettre, mais c'est durant sa convalescence que Lucius s'est rendu compte qu'il était fou amoureux d'elle. Cela s'est compliqué à son réveil, car le poison qu'avait ingurgité Narcissa l'avait très probablement rendu stérile, ce qui aurait du l'écarter du rôle de reine, et le Roi lui même voulait la renvoyer chez elle. Cependant, Imane a refusé, par amitié, d'épouser le Prince, et on connait la suite de l'histoire.
- Le mariage royal, le couronnement du Roi Lucius et de la Reine Narcissa, la naissance du Prince... Mais, qu'est devenue Imane ?
- La reine en a fait sa dame de compagnie, et elle avait une foule de prétendants à ses pieds. Elle a fini par épouser un des membres du Conseil, le Trésorier. Cependant, ce n'était pas un mariage d'amour, ce qui ne l'a dérangeait pas du tout au début, vu que c'est ce qu'elle avait toujours souhaité.
- J'imagine que ça n'a pas duré ?
- Exactement. Elle a prit un amant, dont Narcissa n'a jamais voulu me parler. La seule chose que je sais, c'est qu'alors que Narcissa elle même était enceinte de deux mois, elle a vu arriver Imane en pleurs, lui annonçant être enceinte de son amant. Narcissa a donc aidé a cacher le scandale, Imane voulant tout de même garder l'enfant de son amour. Elles ont donc accouché à un mois d'intervalle. Hors du Palais, personne n'était au courant de mon existence, ma mère s'étant cachée des médias toute sa grossesse.
- Tu es donc ami avec Drago depuis votre naissance ?
- C'est même pire que ça. A peine deux semaines après ma naissance, la première attaque de Mangemorts a eu lieu sur le Palais. Ma mère et son amant sont parmi les premières victimes.
- Blaise...
- Ne sois pas désolée, c'est ce qu'a voulu le destin. Narcissa nous a donc élevés tout les deux ensemble, Drago et moi. Nous avons reçu la même éducation, mais je devais rester dans l'ombre. On m'a donc fait former en tant que valet, et j'ai pu rester au Palais.
- Tu n'es pas en colère de n'avoir qu'un rôle de valet ? Tu ne penses pas mériter mieux ?
- Au contraire, je suis très reconnaissant. Je suis un enfant illégitime, né hors mariage. Sans l'intervention des Malefoy, je serais un Huit.
- Je n'y avais pas pensé.
- En tout cas, je te demanderai de garder cette histoire pour toi. Je ne veux pas que les autres soit au courant, on ne sait pas à qui elles pourraient parler.
- Je te le jure.
- Merci. Remettons nous au travail maintenant. »
Encore abasourdie par l'histoire de Blaise, je me remet distraitement au travail. Durant notre échange, les servants ont eu le temps d'attacher l'ensemble des guirlandes, et je leur indique maintenant où placer les lumières. L'ambiance, bien que nous soyons encore éclairés par la lumière extérieure – le couloir ayant l'entièreté d'un coté vitré et donnant sur l'extérieur – donne vraiment le résultat voulu : tamisé et intimiste, majestueux et travaillé.
Le travail sur le sol est plus long, pour éviter de surcharger le décor et que ça fasse trop « métallique », ce qui n'est pas le résultat voulu. Quand nous avons fini, j'ai l'impression de marcher sur un lac gelé, comme celui qu'il y avait près de chez moi en hiver. Les enfants adoraient enfiler des patins – ou rien, pour les plus pauvres – et glisser jusqu'au couvre feu.
Nous rajoutons une matière imitant de la fausse neige, et le travail est terminé. Je remercie chaleureusement tous les servants qui ont travaillé d'arrache pied, et je retourne vers Blaise qui doit évaluer mon travail.
« - Alors, tout s'est bien déroulé ?
- Je pense que oui. Tu es une meneuse née, et tu traites bien tes équipes. Tu ferais une excellente reine, de mon point de vu.
- Tu connais mon avis.
- Et je le respecte entièrement. C'est dangereux de vivre à la lumière, ma mère en a fait les frais.
- Je suis vraiment désolée pour ta mère.
- Je te l'ai dis, on ne peut plus rien y faire. Mais je te remercie de t'inquiéter pour moi. Tu peux remonter dans ta chambre, il faut te préparer pour le diner de ce soir, vous mangez avec le Roi et la Reine. »
Je le salue et suis ses instructions, remontant immédiatement dans ma chambre. Pendant que mes caméristes me coiffent et me préparent, je prends le temps de me poser et de songer à tout ce que je viens d'entendre. Blaise a raison : la révélation de son existence – ou de sa vraie identité – mettrait tout le monde en danger, à commencer par lui, mais également le couple royal. Je ne connais pas bien les lois, mais modifier la caste d'un individu – d'autant plus un Huit – doit être un crime puni très sévèrement par la loi.
Au bout d'une heure, je suis prête, et tourne en rond dans ma chambre. L'histoire de Blaise tourne encore dans mon cerveau. J'ai du mal à imaginer la reine en jeune noble timide et le roi en amoureux transi, fou d'inquiétude pour la femme qu'il aime. Je me rends aussi compte que si Malefoy n'a pas de frère et sœurs, c'est sans doute parce que sa maman était incapable d'en avoir, et qu'il était donc réellement intéressé de savoir comment se déroulait ma vie en famille nombreuse.
Il n'était donc pas si moqueur, au final...
« - Mademoiselle, c'est l'heure du dîner !
- J'arrive ! »
J'enfile mes escarpins et je bondis vers la porte, prête pour le dîner.
Ce chapitre est un peu plus court que le précédent, mais il est aussi un peu "bonus". En tout cas, j'espère que cela vous as plus!
Comme d'habitude, je vous laisse avec les questions pour le chapitre suivant:
1) Comment pensez vous que les autres candidates seront habillées pour le Bal?
2) Quels seront les membres de la famille d'Hermione à venir?
3) Comment seront ils habillés?
4) Avez vous aimé en savoir plus sur Blaise? Voudriez vous l'histoire d'un autre personnage?
5) Pensez vous que Blaise doit finir en couple? Si oui avec qui?
A bientôt j'espère pour un prochain chapitre!
