Cause they don't want to see your pain. They want to forget it.

Merci à : Tout ceux qui ont pris la peine de mettre une review. C'est important pour moi d'avoir des retours.

I wanna see the world crash and burn : On nous dit de se taire, on nous dit qu'on ne devrais pas en parler. On nous dit que ce n'est pas digne, qu'on agis de la mauvaise façon, que ce n'est pas ainsi qu'on se bat. On nous dit qu'on est en colère, comme si c'était mal, comme si on avait tort de l'être. On veut nous faire porter le poids de ce qu'un autre nous a fait, qu'on s'excuse pour oser dire ce qu'on a subi. Mais je continuerais à le dire, à le crier même s'il le faut, je continuerais à les mettre mal à l'aise, à les forcer à regarder ma douleur en face, à ne pas oublier parce que moi je n'oublie pas. Ce n'est pas ma honte, pas mon secret, pas ma culpabilité, pas mon foutu crime. C'est ma force, ma douleur, ma résilience, mon foutu combat. Et je ne serais pas la victime qu'ils veulent, celle qui tremble et se tait, celle qui se blâme et s'accuse, celle qui s'excuse du mal qu'on lui a fait. Je serais tout ce qu'ils détestent, bruyante, insolente et sans honte. Ma dignité elle est là et ils ne me la prendront pas.

I'm a rape survivor. Live with that like I do every single day.

Bonne lecture.


C'est ton nom que je crains

Cinquième chapitre

Ma responsabilité


Je l'observe de l'autre côté de la vitre. Elle semble si jeune, si vulnérable, allongée sur le lit d'hôpital. L'Auror devant sa porte me fait signe d'approcher. Je m'exécute sans réussir à maîtriser mon appréhension.

« Mr Malfoy, je vous remercie d'être venu. »

Je serre la main qu'il me tend en haussant les épaules. Il jette un œil vers l'intérieur de la chambre. Elle s'est assise sur le lit et me regarde, comme si elle attendait quelque chose.

« Elle refuse de parler à qui que ce soit d'autre que vous. C'est fréquent dans ce genre de cas. Vous voulez bien aller lui parler ? »

Je hoche la tête, je ne vois pas trop ce que je pourrais faire d'autre. J'entre dans la pièce et l'odeur des potions me prends à la gorge. Je l'observe sans trop savoir quoi dire. Elle a de long cheveux roux, des tâches de rousseur sur les joues et le nez, un corps qu'on devine maigre sous la chemise d'hôpital.

J'ose enfin la regarder dans les yeux, ils sont d'un bleu quasi électrique, troublant. Je cherche mes mots, que dire à quelqu'un qu'on vient de sauver et qui ne veut voir que soi ? J'aurai dû demander à Potter, c'est plus son rayon que le mien après tout. Je tente un vague sourire.

« Bonjour Julia, comment vas-tu ? »

J'espère que ma nervosité ne se voit pas trop. Elle hausse les épaules, perplexe. J'imagine que je n'en mènerais pas plus large à sa place. Je reste à quelques pas d'elle, ne sachant quoi faire.

« C'est tellement étrange.

- Quoi ?

- Tout. Cet hôpital, les questions qu'on me posent, comment les gens s'habillent ... »

Elle a l'air si perdu. Je m'installe sur un fauteuil près du lit. Je sors ma baguette de ma poche et la fait glisser entre mes doigts. J'ai besoin de m'occuper les mains. Elle observe mes gestes, intriguée, mais ne fait aucun commentaire.

« Est-ce que tu veux qu'on contacte quelqu'un ? Tes parents ? Des amis? »

Elle baisse la tête, se soustrayant à mon regard. Je perçois son trouble, sa douleur trop évidente. Je l'entends soupirer bruyamment avant qu'elle relève la tête.

« Ça a toujours été juste mes parents et moi. Et je crois qu'ils … Je les ai vu quand j'ai été enlevé. Je ne crois pas qu'il y ai besoin de les contacter. »

Sa voix n'a quasiment pas flanché, pourtant je lis une douleur sincère dans son regard. Elle n'a pas été capable de le dire mais elle serre les dents et encaisse. Ça m'impressionne, elle m'impressionne. Tout ça doit être tellement difficile pour elle.

« Je suis désolé, Julia. Je te promets que les Aurors vont tout faire pour le retrouver et obtenir justice pour eux.

- C'est quoi un Auror ? »

La question me surprends mais pas tant que ça. Elle n'a pas l'air de savoir pour la Magie, ça doit ajouter à sa confusion. Je me demande si quelqu'un d'autre l'a remarqué, si on a pris le temps de lui expliquer quoi que ce soit.

« Ce sont des policiers qui s'occupent de ce genre de cas. L'homme devant ta porte en est un.

- Et toi ?

- Non, je suis un simple citoyen. »

Elle soupire et je n'en mène pas plus large. Toute cette situation est tellement étrange. Et encore, moi je sais que la Magie existe, pour elle ce doit être encore plus compliqué. Elle ne doit rien y comprendre.

« Quand tu es apparu la première fois, j'ai cru que j'étais devenue folle, que j'hallucinais. Ça ne durait que quelques secondes et puis tu es revenu et maintenant je suis libre mais rien n'a de sens.

- Pour moi non plus. Mais on peut essayer de comprendre ce qu'il s'est passé ensemble quand tu iras mieux. Au moins tu es en sécurité maintenant. »

Elle hausse les épaules, j'aurai envie de me gifler. Je ne suis clairement pas doué pour réconforter les gens. Je ne fais qu'enchaîner les phrases toutes faites et les clichés.

« Je suis désolé, tu dois avoir besoin de réponse mais je suis aussi perdu que toi. Et j'imagine que toutes ces questions sans réponse ne doivent pas aider à te faire sentir en sécurité.

- Non, pas vraiment. On m'a posé tout un tas de question, la moitié que je n'ai même pas compris. Tu es le premier à m'avoir demandé si j'allais bien, à ne pas avoir demandé ce qu'il m'a fait mais si je voulais contacter quelqu'un, à t'inquiéter de ce que je ressens et à répondre à mes questions même quand tu connais pas la réponse. Au moins, tu essayes. »

Elle pose sa main sur la mienne, elle semble si petite. Ses ongles sont cassés et sa peau couverte de fines cicatrices. Le contact est bref, juste le temps qu'elle me remercie. Merlin, elle est si jeune, à peine sortie de l'enfance et elle a déjà traversé l'Enfer.

Et elle me remercie pour le strict minimum de ce qu'elle mérite, un peu d'empathie, un peu d'humanité. Je n'ose imaginer ce qu'elle a dû traversé. Pourtant, ce qui me frappe le plus ce n'est pas sa fragilité, c'est sa force au contraire.

La force qu'il lui faut pour simplement se tenir assise et me parler. Pour réussir à parler à un quasi inconnu. Je comprends qu'elle n'ai pas envie de se confier aux Aurors. Elle ne doit avoir confiance en personne à cet instant. Personne sauf moi, ça me donne le vertige.

« Je connais un Auror. Je peux peut être essayer de voir avec lui pour que je reste avec toi pendant qu'il te posera des questions, si c'est plus facile pour toi. »

Je suis surpris par ma propre proposition. Ce n'est pas une bonne idée pour moi mais je l'ai sauvé et je dois en assumer les conséquences. Elle a besoin de quelqu'un en ce moment et je semble être le seul qui puisse la rassurer.

J'aimerais fermer les yeux sur ce fait, ce serait si simple de se détourner de la situation. Mais je la regarde et je sais que je ne peux pas. Ce n'est encore qu'une enfant, elle a besoin qu'on la protège et celui qu'elle regarde avec espoir c'est moi.

« Oui, s'il te plaît. »

Elle souri. Un sourire hésitant et fragile, celui de quelqu'un qui ne l'a pas fait depuis des années. Je lui rends et on reste ainsi un moment sans rien dire. Finalement une médico-mage vient nous prévenir qu'on va lui faire des examens et que je dois partir.

« Draco peut m'accompagner ?

- Non, c'est contraire au règlement. »

La déception de Julia est visible. Je m'agite mal à l'aise, sans savoir si je dois partir ou rester. Elle pose sa main sur mon bras. Ça me frappe soudain alors qu'elle me supplie du regard. Sauver la vie de quelqu'un c'est en prendre la responsabilité. Je suis son Sauveur et j'en accepte les conséquences.

Ça me terrifie. Je ne suis probablement pas la bonne personne pour ça, je ne sais pas prendre soin des choses, des autres. J'ai déjà du mal à m'occuper de moi. Mais je lui dois. Parce qu'elle est seule, que ce monde lui a tout pris, certainement plus que ce que j'imagine et parce qu'elle n'a que moi.

« Je pense qu'on peut faire une exception pour cette fois, non ? »

L'infirmière me regarde surprise et je dois admettre que je n'en mène pas plus large. Elle dit qu'elle va voir ce qu'elle peut faire avant de sortir de la pièce. Julia souri de nouveau et je sais que j'ai fait le bon choix.


Je suis resté avec elle jusqu'à la fin des heures de visite. Elle m'a dit avoir quinze ans et qu'on l'a enlevé peu avant ses onze ans. Je n'en ai pas demandé plus, je ne veux pas la brusquer et ce n'est pas mon rôle. Si elle ressent le besoin de se confier, elle le fera quand elle se sentira prête.

Je suis passé à la boutique, j'y ai trouvé quelques lettres de commandes et en rentrant au Manoir, une de Harry me confirmant qu'il viendrait ce soir. J'ai essayé de manger mais j'ai l'estomac noué. Je ne peux que l'attendre en me demandant comment il réagira à ma demande.

Quand il arrive enfin, je l'emmène dans le bureau. Il regarde autour de lui avec curiosité, c'est la première fois qu'il vient ici. J'ai besoin d'un terrain neutre. Je m'installe dans le grand fauteuil qui a appartenu à mon père tandis qu'il prends place face à moi.

« Avant tout, j'ai une faveur à te demander. »

Je m'agite nerveusement sur mon siège. Je ne lui ai jamais rien demandé. J'ai gardé ses secrets, je me suis tu sans jamais rien demander en échange. C'est étrange à quel point une seule soirée a pu changé les choses. Il m'invite à poursuivre d'un geste.

« Julia, la fille que j'ai trouvé, elle voudrait que ce soit toi qui l'interroge et que je reste avec elle.

- Pourquoi ? »

Il semble plus perplexe que réellement curieux. Je reste un temps silencieux, cherchant les bons mots pour le convaincre, pour lui montrer la nécessité que les choses se passent ainsi, malgré les risques.

« Parce qu'elle a confiance en moi et que j'ai confiance en toi. »

Il s'agite et je sens que mes mots ont visé juste. C'est la pure vérité et tout ce qu'il avait besoin d'entendre. Finalement, il hoche la tête et je pousse un soupir de soulagement.

« Je ne te promets rien mais je vais essayer. »

Je sens un sourire étirer mes lèvres et ma nervosité baisse d'un cran. Pourtant nous sommes loin d'en avoir terminer avec les sujets compliqué, je le sais aussi bien que lui. J'ai envie de me lever et de le serrer contre moi, de l'embrasser en lui murmurant un millier de merci.

Je ne le fais pas, ce n'est pas le moment. On a encore beaucoup de choses à se dire avant de pouvoir se laisser aller à ce genre de pensées. Je me contente de le remercier poliment. Il assure que ce n'est rien avant de changer de sujet.

« Tout le bureau des Aurors ne parlait que de toi aujourd'hui. »

Je hausse un sourcil. Il a parlé d'un ton léger mais je ne le sens pas si indifférent. Il me souri doucement et je lui demande pourquoi.

« Tu as sauvé la vie d'une enfant et tu as passé la journée à prendre soin d'elle. Forcément ce n'est pas passé inaperçu, j'ai ai même entendu quelques unes dire que tu étais l'homme idéal mais surtout tu as surpris les gens.

- Et toi je t'ai surpris ? »

La peur de sa réponse me noue l'estomac. Je ne sais pas quelle réponse je préférerais, comme trop souvent avec lui. Je ne sais jamais ce que je voudrais qu'il ressente pour moi. Je suis toujours perdu entre ce que je veux et ce qui est juste.

« Non, je te connais Draco. Je savais que tu le ferais.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est ce que tu es, tu es là pour ceux qui ont besoin de toi. Toujours. »

Il a prononcé ces phrases avec désinvolture mais son regard s'est fait intense. Il en pense chaque mot et ça me touche au plus profond de moi. Il se lève et contourne le bureau, il a cessé de sourire. Il me regarde comme seul lui me regarde, comme s'il voyait tout de moi et que tout lui plaisait.

Il m'embrasse avec passion, avec une force qui me coupe le souffle. Je l'enlace et il fait de même. Je veux le sentir contre moi. Je ne pense qu'à ça depuis la veille. J'avais tant besoin de le sentir près de moi. De sentir son corps contre le mien, ses lèvres sur les miennes.

Tant besoin de lui parce que au milieu de la tempête, il n'y a que lui auquel je peux me raccrocher, que lui pour m'empêcher de sombrer. Pourtant nous sombrons ensemble. Nous nous déshabillons avec précipitation sans cesser de nous embrasser.

Je frissonne en sentant sa peau nue contre la mienne. J'ai oublié tout le reste, il n'y a que lui, que ses mains qui parcourent mon corps avec expertise, que ses lèvres qui sont faites pour embrasser les miennes. Je l'allonge sur le bureau et arrête de l'embrasser.

Il s'est accoudé et me regarde, un éclat farouche dans le regard. Ses cheveux noirs sont complètements décoiffés et ses lunettes de travers, tout son corps respire l'abandon et je veux me perdre avec lui, me perdre en lui. Je retire ses lunettes avec délicatesse.

Il est ma bénédiction et ma condamnation. La dernière chose qui ai un sens quand tout le reste n'est que confusion. Je reprends ses lèvres et ses jambes s'enroulent autour de mes hanches. Il me dit avec son corps ce que nos têtes savent qu'on ne devrait vouloir.

Je le pénètre avec douceur. Il a passé une main autour de mon cou et l'autre s'est posé sur ma hanche qu'il agrippe avec force. Il commence à gémir contre mes lèvres, ses jambes me poussant à aller plus loin, plus fort.

« Tu me rends fou. »

Sa voix à mon oreille me fait frémir. C'est lui qui me rend fou, lui qui me fait perdre toute retenue. Je lui fais l'amour. Juste pour l'entendre gémir, pour le sentir se contracter autour de moi, sentir son souffle se faire rapide, pour lire cet abandon dans son regard.

Il est beau quand il jouit, beau à en foutre le monde en l'air, beau à m'en faire oublier tout le reste. Alors je le fais jouir, encore et encore. Il n'y a que lui qui compte, que cette étreinte, nos deux corps se réunissant pour la énième fois.

Qu'importe que ce ne soit pas la première fois, c'est toujours aussi fort, aussi nouveau. Je ne me lasserais jamais de le voir ainsi parce qu'il me semble qu'il n'est jamais aussi vrai que dans ses moments. Quand le plaisir se fait si fort que sa voix se bloque dans sa gorge.

Quand il ne peut que murmurer mon nom encore et encore, comme une litanie, une supplication. On peut faire semblant, on peut se mentir mais dans ces moments là il ne reste que la vérité. Et il la répète, encore et encore, jusqu'à la hurler alors que l'orgasme l'emporte.

Je le sens se contracter autour de moi et je me laisse submergé à mon tour. Je l'embrasse avec intensité alors que l'orgasme me fauche avec une force rarement atteinte. Tout mon corps tremble et on s'effondre sur la table, sans force.

Je pose ma tête au creux de son cou et il m'étreint avec douceur. On reste un moment ainsi, incapable de se séparer immédiatement. Incapable de dire un mot. Tentant simplement de reprendre notre souffles, de calmer les battements erratiques de nos cœurs.

Je me retire non sans une pointe de regret et je murmure contre son cou, sans oser le regarder.

« Tu sais qu'il faut qu'on en parle. »

Je le sens hocher la tête sans répondre. Je ne peux pas le blâmer, ce serait tellement simple de continuer à fermer les yeux, tellement plus simple de continuer à agir comme si ça n'existait pas. Mais il a prononcé les mots et il n'y a pas de retour en arrière possible.

Il a ouvert la boîte de Pandore et je ne peux plus fermer les yeux, je ne peux plus continuer à agir comme si je ne savais pas. Il est trop tard pour reculer désormais, on ne peut plus qu('affronter les conséquences de son aveu.

J'ai évité le sujet si soigneusement, j'ai respecté son choix de ne pas en parler. De bout en bout, je n'ai rien dit, j'ai respecté son silence comme je me l'étais promis il y a une éternité. Son choix, ça devait toujours être son choix et non le mien.

Au point que j'en oublie que j'y avais pris part, que j'en suis responsable autant que lui. Aujourd'hui il est temps qu'il assume son choix et que j'accepte ma responsabilité.

A suivre ...


Posté le 3 Mars 2020 à 05h52.

Roman Polansky a eu un foutu César. Mon cousin a violé une enfant et n'a eu qu'un foutu avertissement. Et je suis tellement en colère. Alors j'ai écris ce chapitre. Je l'ai écris d'une traite, sans pause, j'ai vu l'heure tourner, en sachant que ce n'était pas raisonnable, que je devais me lever tôt mais les mots venaient et je ne pouvais que les écrire. J'ai pris toute cette douleur, toutes ces humiliations, toute la rage que ce monde m'inspire et je m'en suis servie pour créer ce que ces connards ne pourront jamais. Quelque chose de beau pour remplacer leurs horreurs. Parce qu'on a pas réussi à me prendre ma plume et que je continuerais d'écrire jusqu'à mon dernier souffle. Malgré la douleur, malgré l'humiliation, malgré tout.

Merci de m'avoir lu. Une fois encore j'attends vos retours.

"Je ferais taire ces voix, je ferais taire ces doutes qui n'auraient jamais dû exister et j'arriverais à reconstruire ce qu'ils ont détruit."

Mary J. Anna