Qui est donc Rigel d'Orion, et pourquoi le Grand Pope souhaite-t-il s'entretenir avec Arthur à son sujet? La réponse immédiatement!

Merci à ceux qui me soutiennent, ça fait chaud au coeur. Je n'en dis pas plus et je vous laisse profiter!

Disclaimer: vous vous en doutez, les personnages et l'univers de Saint Seiya appartiennent à Masami Kurumada, Shiori Teshirogi et Megumu Okada. Tout le mérite leur revient! Les OC présents dans cette histoire et dans le volume précédent m'appartiennent, donc dans l'hypothèse (peu probable) où vous voudriez vous en servir, je vous prierais de me demander l'autorisation.


Arthur sursauta à l'entente de ce nom qu'il honnissait tant. Ce salaud, ce fils de chien, ce grand bâtard, cet enfoiré, qu'il soit maudit et brûle aux Enfers jusqu'à la fin des temps ! Mais le Capricorne ne comprenait pas bien le rapport avec Akira Kawajiri. Sadalsuud lui avait expliqué qu'il s'agissait d'un grand magnat de la finance ayant fait fortune depuis peu de temps, passant pour un genre de génie, play-boy, philanthrope, milliardaire.* Arthur avait donc du mal à comprendre ce que le Pope attendait de lui, les Chevaliers d'Athéna n'étaient-ils pas censés rester en dehors des affaires du monde « normal » ?

-Tu te doutes bien que je ne ferais pas appel à toi si la situation ne l'exigeait pas. Les espions du Sanctuaire ont eu vent de l'émergence d'une organisation secrète se faisant appeler HADES, signifiant Habileté À Détruire les Ennemis du Seigneur. Ce nom est d'un ridicule et d'une provocation mesquine, mais ce n'est pas le plus important. Selon les Chevaliers de Bronze que j'avais envoyé en mission, cette organisation aurait réussi à mettre au point une machine infernale permettant d'éveiller le Cosmos chez ceux qui en sont normalement dépourvus. Et s'il n'y avait que ça… Regarde plutôt ce rapport de mission.

Il tendit à Arthur l'amas de documents que les Bronzes avaient rapporté, et l'on y voyait une photo de Rigel d'Orion en gros plan. Une photo du milliardaire japonais était aussi incluse, qu'Arthur examina en détail. Quel pouvait bien être le rapport entre ces deux photos ? Non, vraiment, il ne voyait rien… À moins que… Mais oui ! Une tâche de naissance en forme d'épée se trouvait au coin de la nuque du milliardaire, tout comme Rigel d'Orion ! Mais alors… Cette raclure avait de la famille ? Comme s'il avait perçu les pensées de son fils, Sadalsuud apporta des réponses à ses interrogations.

-Non, Rigel n'avait pas de famille. Le Sanctuaire a des yeux partout et a pu mener son enquête, et il était fils unique. Ses parents n'avaient pas cette marque où que ce soit sur leur corps. Ce qui ne veut dire qu'une chose : il a beau être méconnaissable après toutes ses opérations de chirurgie esthétique… Mais Akira Kawajiri et Rigel d'Orion sont une seule et même personne !

De sentiments partagèrent Arthur suite à cette terrible révélation. Du choc tout d'abord, évidemment : Sadalsuud et lui étaient persuadés que Rigel était mort le même jour qu'Amalthée, et qu'il était donc un souci en moins pour le Sanctuaire. Mais en même temps, le Capricorne ne pouvait s'empêcher de ressentir une forte excitation à l'annonce de cette nouvelle. Enfin. Enfin, il allait pouvoir se venger, trouver la vérité et laver l'honneur de son maître bafoué par tout le Sanctuaire. Mais Sadalsuud le reprit, lui rappelant que la vengeance n'était pas la voie de la Chevalerie. Lui présentant ses excuses, Arthur demanda plus de détails sur ce qui était attendu de lui.

-Les Chevaliers de Bronze qui étaient assignés à cette mission sont revenus il y a peu, et bien mal en point. Mais ils ont réussi à nous transmettre une information capitale : une réception sera donnée au Melia Castilla, un hôtel de luxe à Madrid. Si officiellement il sera question de parler des affaires de la Kawajiri Foundation, la société-écran d'Orion, la réalité est tout autre : Rigel a l'intention de présenter au public sa machine infernale et contre-nature, et peut-être même commencer son trafic d'humains améliorés. Ta mission, si tu l'acceptes : te rendre au Melia Castilla à Madrid, assister à la réception donnée par Rigel d'Orion et l'éliminer, tout en mettant un terme à ses agissements.

-Moi, Arthur, Chevalier d'Or du Capricorne, accepte cette mission et ne reviendrait au Sanctuaire qu'une fois celle-ci accomplie.

-Je n'en doute pas. Mais ne te laisse pas consumer par la vengeance, mon fils.

Sans un mot de plus, Arthur quitta le palais popal, décidant de s'entraîner dans son temple pour le reste de la journée avant de partir à l'aube le lendemain. Au petit matin, il laissa une lettre dans la maison du Taureau demandant à Aldébaran de prendre en charge Algieda le temps de sa mission, et qu'il s'efforcerait de revenir vite. Direction Madrid !

Lorsqu'elle se réveilla ce matin, Algieda était de bonne humeur : depuis qu'elle s'entraînait avec Arthur, elle avait pris un véritable plaisir à se lever et à participer aux exercices, faisant preuve d'une bonne volonté à faire pâlir de jalousie des Chevaliers en poste. S'attendant à voir le Capricorne, elle fut surprise lorsque l'imposante silhouette d'Aldébaran se dessina derrière elle.

-Bonjour Aldé ! Tu aurais vu Arthur ?

-Je suis désolé Algieda, mais le Pope l'a envoyé en mission ce matin, il ne pourra pas s'occuper de ton entraînement pendant les prochains jours et m'a demandé de le remplacer. Rassure-toi, dit-elle après avoir vu la moue boudeuse de la grecque il m'a expliqué dans son message ce qu'il fallait faire. Si tu me montrais plutôt tes progrès ?

Dans l'avion qui le menait à Madrid, Arthur était pensif, se demandant si tout allait bien pour Algieda et qu'elle n'en faisait pas voir de toutes les couleurs à la pauvre Aldébaran… Il se replongea dans sa lecture, essayant de se détendre. Après tout, ce n'était pas sa première mission, alors il n'y avait aucune raison que ça se passe mal, pas vrai ?

Au Sanctuaire, Aldébaran devait reconnaître que les progrès réalisés par Algieda étaient impressionnants depuis son arrivée. Qu'était-il donc arrivé à la petite chose fragile au Cosmos incommensurable qui avait débarqué au Sanctuaire il y a quelques semaines ? Cassant un rocher de taille respectable, Algieda demanda à son aînée si elle avait fait de progrès, ce que le Taureau lui répondit par l'affirmative. Mais la séance du matin allait commencer, il fallait donc qu'Algieda rejoigne son groupe ! La japonaise décida de rester dans l'arène pour son propre entraînement, et surveiller de loin la fillette au cas où quelque chose arriverait. Bien lui en prit : à peine 20 minutes après le début de la séance, le ton monta entre Algieda et son instructeur.

-Répète un peu pour voir ?

-Le Capricorne n'est que le disciple d'une traîtresse et ne mérite pas son Armure ! Rigel d'Orion aurait dû prendre la succession de la traîtresse, tout le monde le sait ! Et tu ne progresseras jamais avec un crétin comme lui.

-Grr… Grr… Tais-toi !

Qu'on parle mal d'Amalthée, Algieda s'en moquait, elle ne l'avait jamais connue, mais PERSONNE n'avait le droit de parler ainsi d'Arthur ! Faisant chauffer son Cosmos et prête à faire une grosse bêtise, provoquant un pas de recul chez l'instructeur et les autres élèves, elle se sentit soulevée du sol par une main gigantesque, devinant bien à qui elle appartenait.

-Lâche-moi, Aldébaran ! Tu as entendu ce qu'il a dit !

-Oui, j'ai entendu ce qu'il a dit. Et si je suis tout aussi en colère que toi, ce n'est pas pour autant que je m'énerve. Tu vas donc me faire le plaisir de te calmer, jeune fille, et me laisser parler.

Le Taureau lâcha Algieda, qui s'étala les quatre fers en l'air sur le sol, avant de se retourner vers l'instructeur. L'air mauvais qu'il avait avec la disciple d'Arthur disparut aussitôt pour laisser place à un sourire hypocrite et mielleux, son intention étant clairement de bien se faire voir par un Chevalier d'Or.

-Dame Aldébaran ! Que me vaut le plaisir de votre visite aujourd'hui ?

-Pas de ça avec moi, Markab. Que vous soyez frustrés de ne pas avoir été jugé digne par l'Armure de Pégase, soit. Que vous passiez votre frustration sur vos élèves et colportiez de fausses rumeurs sur un Chevalier d'Or ayant la confiance du Pope, je ne le tolèrerai pas ! Algieda quitte immédiatement votre groupe, et s'entraînera exclusivement avec les Chevaliers d'Or. Soyez certain que le Grand Pope entendra parler de votre attitude !

Et sans un mot de plus, elle prit Algieda dans ses bras et quitta l'arène. Quelle bande d'abrutis ils formaient, ces niais… Même si Amalthée était une traîtresse, qu'est-ce que ça changeait ? Arthur avait maintes fois prouvé qu'il était un Chevalier d'Or digne de confiance, pourquoi le traiter ainsi alors qu'il n'était pas directement responsable ? On se croirait revenu à l'obscurantisme de la fin du 20ème siècle… Cela n'était pas pour plaire au Taureau, qui se promit d'aller en parler au Pope dès que possible de la situation qu'elle ne pensait pas être aussi grave.

MADRID, HÔTEL MELIA CASTILLA

-George Martin, George Martin… Oui c'est bon, votre nom est sur la liste ! Vous pouvez entrer.

Arthur remercia le portier en retenant un petit rire. Comment un faux nom aussi basique que celui-là avait-il pu berner la vigilance des gardiens et le système de sécurité de l'hôtel ? Il lui faudrait remercier les espions du Sanctuaire pour leurs qualités de faussaire… Mais ce n'était pas le plus important : le Capricorne devait se mêler à la foule pour passer comme un invité lambda et surtout ne pas griller sa couverture. Derrière lui, les invités continuaient à défiler.

-Logan Taylor et Albane Taylor… Oui, vous êtes invités. Bienvenue au Melia Castilla !

Arthur était déjà loin, aussi ne pouvait-il pas s'intéresser aux invités conviés à la réception. Parmi les derniers cités, le plus grand, Logan, atteignait presque les 2 mètres. Il avait de courts cheveux gris-bruns et une barbe impeccablement taillée. Albane, à côté, était plus petite et avait de longs cheveux ondulés bruns lui arrivant au bas de la nuque.

-Rappelle-moi pourquoi on est là ?

Avec un soupir, Logan répondit à sa cadette. -Ça ne m'amuse pas plus que toi, je n'éprouve pas une grande admiration pour Kawajiri, mais depuis que les parents sont morts, il faut que nous fassions des concessions pour assurer la pérennité de notre entreprise familiale. Et ça passe par des relations cordiales avec les gros groupes de la finance.

-Quelle hypocrisie…

-Je suis bien d'accord, mais on y peut rien…

Il voulut rajouter quelque chose, mais s'interrompit en croisant le regard d'un homme. Un certain George Martin, s'il avait tout suivi. Sa sœur lui demanda si tout allait bien, ce à quoi Logan répondit par l'affirmative, assurant qu'il n'avait eu qu'un moment d'absence. Mais c'était faux : il était certain que cet homme cachait plus que ce qu'il voulait bien montrer.

Arthur s'étonna, ayant cru sentir quelque chose. Mais ce n'était sans doute que son imagination ! Il alla prendre une coupe de champagne, histoire de s'intégrer à la soirée, puis grimaça à la première gorgée. Comment les gens pouvaient aimer ce genre de liquide infect ? Se jurant de ne plus jamais boire d'alcool, le Capricorne engagea la discussion avec plusieurs personnes, et à chaque fois, dut se retenir de ne pas leur refaire le portrait tant ils lui inspiraient du dégoût. Entre faux-monnayeurs, trafiquants de drogue et autres marchands d'esclave, c'est comme si toute la décadence et l'indignité du monde s'étaient donnés rendez-vous dans cet hôtel. Et un moment, Arthur regretta de n'être qu'un Chevalier d'Or, dont la mission n'était pas d'interférer avec le monde ordinaire. Pestant, il décida de s'installer, Kawajiri devant faire une allocution. Bien que bouillant d'envie de l'humilier devant tous ses laquais, Arthur sut qu'il lui fallait réfréner ses ardeurs : il devait en apprendre plus sur la Machine Infernale de Rigel. Le milliardaire japonais s'installa à la tribune, remerciant tous ses invités d'être présents. Quel culot de la part de ce chien galeux, pensa Arthur.

-Mes chers amis, commença Kawajiri, vous ne pouvez savoir le bonheur que cela représente pour moi que vous soyez tous réunis. Ici, à la Kawajiri Foundation, nous multiplions les efforts afin de faire en sorte de rendre le monde meilleur. C'est pour ça qu'aujourd'hui, j'aimerais vous présenter notre nouveau projet : le programme Guerrier Parfait.

Il claqua des doigts, et un homme à l'aura menaçante apparut derrière lui. Non, impossible ! Julius ! Mais il semblait dénué de toute volonté propre, comme si son esprit était contrôlé. Les soupçons d'El Hadji étaient-ils donc confirmés ? Rigel reprenait son discours.

-Notre monde va mal, c'est une évidence. Voyez un peu : guerres, famines… Et parfois, je me demande si pour construire un nouveau monde, il ne faut pas d'abord se débarrasser de l'ancien. Déjà avant nous, Machiavel se posait déjà cette question : mieux vaut-il être craint, ou respecté ? La question que je me pose, moi, c'est est-ce trop que de demander les deux ? C'est là qu'entre en piste le programme Guerrier Parfait. Vous avez devant nous notre premier prototype : je l'ai baptisé Téleia ! Il tire ses facultés de sa capacité à interagir avec l'essence même de l'univers, ce qu'on appelle le Cosmos ! Il est rapide, puissant, technique, résistant et docile, incapable de se rebeller contre les ordres et ne s'arrêtant pas tant que sa mission n'est pas accomplie. Téleia disposait de la capacité à interagir avec le Cosmos, c'est pour cela qu'il nous fut plus simple de développer ce projet en le prenant comme ADN source mais sur le long terme, nous avons prévu d'insuffler du Cosmos chez des êtres qui en sont dépourvus. Bientôt, grâce au programme Guerrier Parfait, le monde sera à nouveau libre !

Des applaudissements se firent entendre aux quatre coins de la salle, au grand désespoir d'Arthur qui se demandait comment on pouvait adhérer à ce projet insensé. Mais se passa alors un évènement auquel il ne s'attendait pas… Logan Taylor, c'était son nom, s'était levé, un air passablement énervé sur le visage.

-Ce que vous proposez, Kawajiri, ce n'est pas la liberté, c'est la terreur. Et si je ne peux parler qu'en mon nom, soyez certain que je n'adhèrerais jamais à votre programme !

Le silence se fit dans la salle, comme si l'invective du jeune homme avait jeté un froid sur l'assemblée. Mais Rigel ne semblait pas du tout gêné.

-Évidemment, il y allait avoir des fortes têtes… C'est dommage, réellement dommage… Téleia, montre donc à ce jeune imbécile une partie de ton pouvoir.

Le Guerrier Parfait commença à charger son Cosmos, prêt à oblitérer le réfractaire qui eut un pas de recul. Arthur pesta, prêt à partir à l'action malgré les risques que cela impliquaient : des vies étaient en jeu. Mais avant même qu'il ait pu appeler son Armure, une faille dimensionnelle s'ouvrit, et une silhouette en Armure d'Or décocha un coup de pied dans le mention de Téleia, qui fut projeté à l'autre bout de la pièce, détruisant plusieurs meubles sur son passage. Une voix féminine appartenant à l'auteur du coup se fit alors entendre.

-Il ne s'appelle pas Téleia… Son nom est Julius !


*Si seulement il était davantage comme Tony Stark !

La discrétion, c'est raté: place à l'action désormais! Les Chevaliers d'Or parviendront-ils à mettre en déroute les plans de Rigel et à ramener Julius au Sanctuaire? La réponse demain!

N'hésitez pas à fav, follow ou laisser une review, c'est vraiment ultra motivant pour les auteurs! D'ici le prochain chapitre, portez-vous bien et surtout, que brûles votre Cosmos!