Hello ! Bon, il est vrai que ma vitesse diminue... Faut dire que ma vie d'étudiante commence a être un peu compliquée.
Mais voilà, la suite arrivera malgré tout.
Je vais surement tomber en hibernation quand j'aurais vu le dernier épisode de la série, car je ne suis pas prête...
Mais c'était a prévoir...

La dessus, voilà la suite !

Chapitre 16 : La mère montagne

Il leur restait deux trois jours avant de reprendre la route, mais Algrik avait fait démenager Varian plus loin dans la montagne.
Le plus loin possible de la population.

Varian avait alors fait installer un lit dans l'étrange bibliothèque, pour pouvoir avoir accès à ce savoir à toutes heures de la nuit.
Pour sortir, il devait obligatoirement passer par le temple où il croisait l'étrange prêtresse.

Et à la sortie, il y avait Adira, qui l'accompagnait où qu'il voulait aller.

C'était après tout la seule chose demandée par Algrik pour qu'ils puissent rester à la citadelle. Ça déplaisait fortement à Lance, malgré le fait que les rumeurs qui couraient à présent sur Varian rendaient les hommes méfiants et que peu de prétendants et prétendantes allaient vers Adira.

Les jeunes filles avaient aussi reçues l'ordre de ne plus s'approcher de l'alchimiste, ni même de le suivre. Si cette nouvelle avait donné encore plus envie aux adolescentes de suivre l'étrange alchimiste, le regard d'Adira leur avait enlevé toute envie de s'approcher du brun…

Où plutôt, leur fit comprendre qu'il fallait trouver un autre moyen d'approcher l'alchimiste.

Quiconque parlait avec lui était devenu une championne.
Il était un challenge, un objet interdit à voir de plus prés.

Varian restait la plus part du temps dans la bibliothèque souterraine. Il ne sortait que le matin pour prendre de la nourriture, se faire un brin de toilette et voir la lumière du jour.

Puis il ne voulait pas prendre tout le temps d'Adira.
Seul, au fin fond des souterrains, Varian n'obligeait plus la guerrière de le surveiller, elle pouvait aller où bon lui semble.

Raiponce de son coté, commençait peu à peu à s'ennuyer dans la citadelle. Elle avait aidé les gens malades et blessés, avait fait le tour de la citadelle, visités les endroits reculés du creux de la montagne…

Elle savait que le départ était dans deux jours et qu'il fallait encore tromper son ennuie durant ce temps.
Elle était allée au temple pour le visiter, mais la prêtresse l'avait jetée dehors…

Il semblait que c'était le seul endroit où Raiponce n'avait pas le droit d'entrer, ou du moins, n'était pas la bienvenue…
Et étrangement, c'était le lieux où Varian avait fait ses quartiers.

Ce qui lui avait parut un peu surnaturel, le brun ne jurant que par la science et au faits réels…
S'installer dans un temple était la dernière chose que la princesse l'aurait imaginé faire.
Ou même que le temple accepte de l'héberger alors que des rumeurs couraient le long de la citadelle à propos du sorcier voleur d'âme.

Raiponce en était perplexe.

Par contre, le reste du bruit qui courrait sur l'alchimiste ne lui avait même pas fait soulever un sourcil.
Bien sur qu'il était dangereux, bien sur qu'il était bizarre et à éviter.
Enfin les gens le voyaient comme il était, même si ça avait prit plus de temps qu'elle avait espéré.

Résultat, Varian avait été repoussé dans les ténèbres de la montagne, avec Adira comme garde fou.

Raiponce avait été surprise qu'elle soit à ses cotés, mais ce n'était rien par rapport à la dureté de son regard.
Pas envers l'alchimiste, mais envers le reste du monde.

Adira n'était pas le garde fou de Varian, elle était sa protectrice.

Mais l'alchimiste n'avait pas à être protégé du monde, vu que c'était lui qui le chamboulait.

Raiponce en était certaine. Comme elle était certaine que Varian était lié à ses rêves étranges de ses derniers jours.
Où il y avait toujours cette même femme, les cheveux blancs, le regard triste et acéré…
Même si rien ne l'indiquait, la princesse était assurée qu'il y avait un lien avec l'alchimiste.
Peut être leurs regards, ou leurs colères, mais une chose se partageait entre cette femme et Varian.

Un lien que Raiponce voulait découvrir.


Il faisait nuit, et Raiponce s'était réveillée brusquement…

Encore un de ses rêves.
Se massant les tempes, elle s'habilla et sortit hors de sa chambre, allant sur la grande place où le ciel dégagé montrait les étoiles et la lune blafarde.

Auront ils un jour le fin mot de l'histoire ?

S'asseyant prés de la fontaine, elle tenta de se remémorer ce rêve qui lui semblait plus doux que les autre malgré tout.

Elle l'avait vu de dos, face à une plaine, le vent balayant ses cheveux pâles, ses membres serrés contre elle, comme si elle avait froid.
Elle avait observé l'horizon, pour finalement commencer à murmurer une musique, une mélodie que Raiponce semblait connaître…

Puis elle se le rappela.

Bien sur, c'était sa musique, sa chanson de guérison… Mais émise avec d'autres mots, une autre signification et une tristesse immense dans la poitrine.

La mélodie devenue une complainte dans sa gorge, la femme chanta encore un peu, les mots balayés par le vent qui faisait fuir les couleurs.
Bientôt, le paysage devins sombre, avec juste les cheveux de la femme qui semblait luire sous la lune, et une lumière dorée un peu plus loin.

Marchant vers cette lueur dorée, la femme et Raiponce se retrouvèrent face à la larme de soleil. La femme s'agenouilla doucement au coté de la fleur, comme à la recherche d'une chaleur, ses doigts devenus bleues par le froid.
Mais la fleur n'en fit rien. Seul l'éclat de ses pétales illuminait le visage terrassé de la femme qui attrapa d'un coup la fleur, prés à l'arracher.

-Tu n'es qu'une lumière clinquante, rien d'autre !

Lâchant la fleur, la femme se leva. Raiponce se sentit soulagée de voir la fleur intacte, mais elle hoqueta de terreur en voyant la femme fouler du talon la larme du soleil, plusieurs fois, rendant la fleur à la terre en une bouillie sombre.

L'éclat avait disparu.

-Tu n'es rien ! Inutile ! Sans intérêt !

Frappant encore en encore la fleur, la femme hurla de rage.

-Tu n'as rien fait ! Tu n'as même pas essayé !

Puis le calme revint, et après un court silence, la femme jeta sa tête en arrière, sa gorge explosant dans un rire désespéré.
Le rire enfla encore pour lui aussi s'éteindre, tout comme la femme qui tomba au sol, achevée par son désespoir.
Raiponce avait vu sa masse s'affaisser au sol, et n'avait pus que rester loin, l'observant avec crainte.

Puis, doucement, s'approcha pour poser une main sur son épaule.

-Est ce que… Est ce que je peux vous aider ?

-Et comment ? Tu ne peux même me regarder sans haine…

C'était Varian qui avait répondu. Raiponce avait retirée rapidement sa main, comme brulée par sa voix, alors que l'alchimiste se relevait lentement, les yeux vagues et un sourire triste au visage.

-Qu'importe… J'ai l'habitude. Mais ne fait pas de promesse que tu ne peux tenir.

-Si je te hais, c'est pour une raison, Varian.

-Je sais.

Varian l'avait observer, puis avait regarder le ciel avec intensité, les mains serrant ses bras.

-Il fait froid.

La musique était revenue en écho, alors que le sourire de l'alchimiste s'étendait un peu plus sur son visage.

-Si la fleur… Si tout cela n'avait pas existé… Nos vies seraient différentes. Vous ne seriez pas écrasée sous ce destin.

-Mais je n'aurais pus sauver personne.

Varian fit un petit rire qui se transforma en sanglot.

-Sauver quelqu'un… Tu en es devenue incapable, Raiponce.

Puis elle s'était réveillée, la musique tournant toujours dans sa tête.

Restant assise proche de la fontaine, elle se regarda dans l'eau, les écho de ce songes pasant encore devant ses iris.
Les paroles n'étaient que de son cerveau mais il avait un réel impact sur elle.

Tout comme le regard de Varian en avait un, même dans ses rêves.


Varian s'était réveillé en sursaut. Quel rêve bizarre.

La gorge sèche, il se leva pour voir que la carafe d'eau qu'il avait prise était vide.
Zut.

Sortant donc de son antre, il entra dans le temple où il y avait des cuisines.
Prenant de l'eau et avalant quelques gorgées, il déambula un peu dans le temple, segmenté en plusieurs parties.

Allant dans l'aile « éducative », il vit plusieurs livres, dont sur l'astronomie et la géologie.
Plusieurs volumes sur la science et sur les plantes…
Comme quoi, ils étaient plus instruits qu'ils ne le paraissaient.

Passant de pièce en pièce, il tomba sur une classe de musique où trônait tubas, tambours et un piano.

Des objets de luxe pour un tel endroit. Ou pour un paysan comme lui.
Les instruments les plus vus étant les tambours, puis venait les cordes, comme les violons et le luth, et enfin un ou deux cuivres.

Passant d'instruments en instruments, il fini par s'asseoir sur le tabouret poussiéreux du piano. Frôlant les touches d'ivoires, il appuya sur l'un d'elle, se crispant soudainement face aux bruits. Il allait réveiller quelqu'un.

Tendant l'oreille, il écoutait s'il y avait âme qui vive. Cinq minutes, ou cinq heures s'écoulèrent, mais aucun bruit autre que sa respiration ne vint le déranger. Appuyant des touches de ci et là, une suite de trois notes lui rappela quelque chose.

Répétant encore et encore celle ci, il comprit que c'était la mélodie de Raiponce, lorsqu'elle guérissait les gens malades. Suivant cette logique, il réussit, avec plus au moins de succès, à trouver les notes manquantes.

Tout en répétant la mélodie, il murmura des paroles lues dans un des parchemins de la bibliothèque, la composition de ses dernières lui rappelant celle de la princesse.

S'amusant à les murmurer avec la mélodie, il s'entraina à bien placer les notes et à calibrer sa voix pour que ce ne soit pas trop faux.
Ce qui en soit était bien plus difficile que de comprendre des équations à trois inconnus…
Mais ça faisait du bien de faire autre chose que de construire et rechercher des réponses parfois.


Raiponce était toujours dehors quand un son, une musique attira son oreille.
Se levant, elle avança vers la source, pour se retrouver confronter à la porte du temple.

Poussant les battants de celles ci, elle pénétra dans l'endroit, baigné dans l'ombre de la nuit, si ce n'est quelques faisceaux lumineux, traversant les vitraux pour tomber en arabesque sur le sol.
Suivant toujours la musique, elle entendit après une voix.
L'écho déformant le timbre, elle ne sut vraiment qui s'était que quand elle aperçut Varian au piano, semblant s'amuser.

Ca aurait put la réchauffer un peu par rapport à l'alchimiste, si ses paroles ne lui avaient pas rappelées le chant de la femme dans ses rêves…
Sa voix posée, le timbre bas, l'alchimiste chantait doucement les paroles étranges, où suintait perte et colère.
Vengeance et justice.

Wither and decay
Ends the destiny
Break the earthly chains
Set the spirit free

Take all will be hurt
Grant with no mercy
Bent and break the reign
Set the spirit free

Raiponce, intriguée par cette musique que Varian semblait connaître, murmura elle aussi la musique. Elle aurait trouvé ça relaxant, si les pierres bleutées ne s'étaient pas mit à luire.
Varian s'était de suite arrêté et s'était retourné, pour voir Raiponce le fixer.

-Qu'est ce que vous faites là, princesse ?

-Comment…. Comment connais tu cette musique ?!

-Peut être par ce que vous la répétez toujours…

-Non. Non, ce que tu as chanté n'était pas pareil. Où as tu entendu ces paroles ?!

Varian ouvrit la bouche pour lui répondre quand Adira arriva à son tour.

-Qu'est ce que vous faites debout à cette heure ?

-Rien d'extraordinaire. Là dessus, je vais dans ma cellule.

Varian se faufila à une vitesse impressionnante entre les deux femmes et disparut dans l'ombre du temple.
Raiponce pouvait presque jurer l'avoir vu se téléporter.
Mais elle était davantage énervée par le manque de réponse du brun.

Elle ne savait comment il pouvait être lié à ses rêves, savoir ce qu'elle voyait, entendre ce qu'elle écoutait…

Varian était toujours là, dans sa tête…
Mais comment ? C'était un mystère.

Adira se tourna donc vers la seule qui restait pour l'interroger du regard.
Raiponce resta un moment silencieuse, et finis par en parler à la guerrière, dans l'espoir d'avoir une hypothèse.

Pendant l'histoire, Adira semblait pas plus marquée que cela, si ce n'est quand elle arriva au passage où Varian murmurait la chanson, et Raiponce avec, les pierres s'étaient misent une nouvelle fois à luire et s'arrêtant dés qu'elle avait cessé de chantonner.

-Comment… Comment fait il pour savoir tout ça.. Je veux dire ? Est ce qu'il a un passage vers l'inconscient des autres ? Et s'il fait ce même genre de rêve pourquoi lui ne semble pas touché par ce qu'il voit dedans…

Adira allait répondre que tout ne tournait pas autour d'elle, quand un doute lui prit. Et si elle s'était trompée de personne ?
Varian n'était peut être qu'un électron libre, naviguant dans cette histoire, avec un lien prononcé mais sans conséquences…

Adira se sentit soudainement perdue. Que ce passerait-il si elle s'était trompée de personne ?

Au pire, ils avaient Raiponce, mais… Elle ne savait vraiment pas ce qu'elle ferait si ce n'était pas lui.
Commandant à Raiponce d'aller se coucher, elle resta un moment dans le temple de la citadelle.

Si elle croyait encore aux dieux, elle prierait surement à ce moment là.


Varian était entrain de lire le parchemin et de finaliser sa traduction quand il entendit un bruit sourd et des cris paniqués.
Inquiet, il était sortit de son sanctuaire, et avait vu des gens courir dans tout les sens sur la place, terrifiés.

Tentant de voir ce qui n'allait pas, il vit soudainement la cascade se déverser dans la citadelle, la quantité d'eau ayant triplée.
L'étuve était en train de lâcher, ne mesurant plus la quantité d'eau entrant dans la citadelle. Si elle venait à se casser, c'était peut être la vie de plusieurs centaines de personne qui était en jeux.

Sortant de suite du temple, il accourut vers la cascade mais fut de suite attrapé par Algrik, le regardant comme s'il était la cause même de cet accident.

-Qu'est ce que tu fais ici ? Retourne dans le sanctuaire, on a déjà un problème à rêgler, pas besoin que tu viennes nous rajouter du boulot.

-Je peux peut être réparer l'étuve, mais si vous préférez mourir noyés à cause de votre fierté, ce n'est pas mon cas.

Retirant son bras de la main d'Algrik, il regarda celui ci, énervé mais tout de même plus concentré sur la potentielle mort de tout le monde.

-J'ai besoin de mon automate pour soulever la plaque de métal. Ce n'est pas ça qui lâche, mais bien la machinerie qui est derrière. Depuis quand vous n'avez pas fait de vérification ?

-Nous n'avons jamais touchés aux œuvres des anciens.

-Je vois… Dites à la population de partir et faites évacuer ceux qui ne peuvent plus marcher. Je suis pas sur de mon coup alors…

Varian fut coupé par Eugène qui arriva vers lui, lui prenant ses épaules.

-Ouf, Varian je te trouve enfin. Il faut partir, la citadelle va être inondée…

-Je sais. Mais je vais réparer ça. J'aurais surement besoin de la princesse. La force de ses cheveux pourrait aider Golem à porter la porte en métal.

-Quoi mais…

-Eugéne, tu devrais aider les autres à partir d'ici. Oh, et prend Rudiger avec toi ! Met le en sécurité avec les autres.

Varian décrocha Rudiger de ses épaules et le posa dans les bras d'Eugène, lui gratouillant au passage l'arrière d'une oreille, pour partir en courant vers la cascade.

-On se retrouve plus tard !

Allant vers la cascade, Varian appela le Golem qui arriva part le haut de la crevasse où était niché la citadelle. Se posant à coté de son maitre, Varian commença à lui donner des ordres précis. Il devait le porter jusqu'en haut de la cascade, puis il devrait aller en bas de la porte et la maintenir comme il pouvait.

Grimpant sur le dos de son Golem, ils arrivèrent en deux trois temps mouvements sur le haut de l'étuve.

Le golem se jeta de suite en bas de celle ci pour retenir les portes, alors que Varian couru le long de la plaque de métal, les rebords étant assez larges pour qu'il puisse marcher dessus sans trop de difficulté.

Arrivant aux rouages de l'étuve, il se pencha devant le cas et étudia le problème.

Pendant ce temps, Raiponce avait, elle aussi, rejoins le Golem pour maintenir la porte, priant ses amis de partir vite de la citadelle au cas ou. Il avait été dur de se séparer que Cassandra, celle ci affiliée à sa protection et étant sa meilleure amis, mais le fait simple qu'elle ne pouvait les aider qu'en restant loin et en évacuant le reste de la population finit de la convaincre.

-Varian ! Je ne vais pas pouvoir tenir très longtemps ainsi, pas plus que ton Golem.

-Ils n'ont pas prit soin de cette technologie depuis longtemps. Il n'y a pas un problème mais plusieurs.

Ré-alignant plusieurs rouages rapidement, il en renouvela quelques un où la rouille avait réduit le métal à l'état de carton.
Il retira aussi des plantes qui avait élu domicile dans la machinerie, et indiqua à son Golem et à Raiponce l'angle qu'ils devaient prendre pour soulever un peu plus l'étuve et la remettre dans son axe.

Ce n'était pas grand chose, mais il fallait vite changer la machinerie de celle ci… C'était un miracle que tout n'avait pas cédé plus vite encore.

L'axe ré-alignée, l'étuve se mit en branle et se referma doucement pour diminuer le débit d'eau.

Raiponce soupira d'aise, la citadelle était hors de danger.
Elle allait descendre de l'étuve quand elle vit Varian étrangement silencieux, semblant tirer quelque chose avec hargne.

-Varian ?

-Partez devant, tout va bien…

Raiponce, vit au travers de la brume de la cascade la silhouette de Varian, son bras coincé dans les engrenages en branle, les muscles tendus alors qu'il essayait de sortir son membre de ce guet-apens.

Tirant sur son épaule, les yeux humides de douleur, le brun ravalait un cri de rage et de douleur. Pour l'instant, ça ne déchirait que sa peau, mais il fallait vite le retirer avant que son avant-bras soit broyé.

Un crissement se fit entendre, et Varian hurla soudainement, quelque chose ayant pénétré ses chairs, arrachant ses fibres musculaires.

Tirant encore, il arriva enfin à se dégager, son corps partant en arrière sous l'effort. Se rattrapant à l'étuve à la dernière seconde, il s'évita une chute dans la cascade qui lui aurait été surement fatale. Se hissant comme il le pouvant, il sentit son sang sortir de ses veines, se répandre sur sa chemise et sa peau, se mélanger à l'odeur de l'acier.

Regardant son membre blessé, il fut rassuré de sentir tous ses doigts, de pouvoir les bouger, ainsi que son poignet. Finalement seule sa peau et une partie de sa chaire avaient été meurtries. Les muscles avaient pâtis aussi, mais rien d'aussi final qu'une amputation.

S'accrochant son golem de son bras valide, il fut déposé où une masse de gens les attendaient déjà.

-Blondie, t'as réussi ! Tu nous as sauvé !

Raiponce, prenant Eugène dans ses bras, jeta un œil à Varian, trop occupé à serrer son bras contre lui, et à clopiner vers Algrik qui le regardait comme un serpent venimeux. Varian grogna de douleur et jeta un regard furieux au chef de clan pour cracher son verdict.

-Pour l'instant, les réparations tiendront. Mais il faut que vous remplaciez plusieurs pièces et que vous preniez soin de l'étuve. Sinon, je ne pense pas que vous passerez l'hiver prochain.

Algrik resta silencieux, mais eut la politesse d'hocher la tête pour bien montrer qu'il avait écouté ce que l'alchimiste avait dit. Serrant son bras contre lui, ce dernier grimaça en sentant le sang imprégner ses vêtements, les rendant poisseux et morbides à regarder.

Mais ce n'était pas forcément la peur qui luisait dans le regard des barbares.
Plus de… D'admiration ? De gratitude ?
Varian ne savait pas trop déchiffrer leurs visages mais ils étaient moins désagréables que d'habitude.

La prêtresse et Adira arrivèrent, la seconde le prenant de suite par les épaules pour lui dire d'aller au temple se faire soigner alors que la première appelait déjà quelques prêtres avec elle pour lui raccommoder le bras.

Varian allait les suivre quand une poigne le rattrapa, l'happant loin de ses futurs soigneurs.
Se retournant, il fut surpris de voir Raiponce, qui lui faisait un petit sourire.

-Allons, Varian… Je peux bien guérir tes blessures, vu ce que tu as fais pour la citadelle.

Varian se retint de lui demander depuis quand elle guérissait les gens selon leur mérite, tout en sachant pertinemment que cette règle ne s'appliquait que pour lui. Sortant de l'entrave de Raiponce, il lui répondit simplement.

-Tu es sûre ? Jusque là, à chaque fois que tu as tenté de me guérir, ça n'a pas marché.

Alors que le brun était assuré d'avoir mis le doute en la princesse, du moins assez pour qu'elle n'ose pas essayer de le guérir en public, Eugène et Lance arrivèrent.

-Allons Varian, ça fait une semaine que Blondie guérit plein de gens, sans problème. Et puis, t'as assez donné niveau blessures dans cette histoire, tu ne crois pas ? Ca te changera de voir ta douleur disparaître d'un coup.

-Oui, et puis ce n'est pas désagréable de se faire guérir.

Prisonnier entre Lance et Eugène, Varian fut a nouveau tracté vers Raiponce qui avait pris une mèche de ses cheveux en main, prête à l'enrouler autour de son bras.

Logiquement, Varian n'aurait eut aucune réaction. Il aurait simplement tendu le bras, et aurait à peine hausser un sourcil face à l'échec de sa guérison miracle.
Mais là, à cet instant, l'instinct de Varian lui hurlait de partir loin, de ne pas s'approcher de Raiponce.
Il ne fallait pas que ses cheveux ne le touche, que sa magie lumineuse aille sur sa peau.

Alors qu'il se mettait à reculer, la gorge serrée et la panique au ventre, la poigne des deux se firent plus serrées encore, pendant que de légères plaisanteries sortaient de leur gorge.

-Allez, Varian. C'est un peu impressionnant au début, mais pas plus que tout ce que tu as déjà vu…

-Non… Je ne veux pas qu'elle s'approche, murmura l'alchimiste.

-Varian, fait pas l'enfant. Tu vas voir, ça va être super rapide, plaisanta Lance.

-Je veux pas de sa magie…

-Fais pas un caprice.

Avant qu'il ne puisse dire une autre objection, Varian se retrouva avec le bras entouré de mèches blondes, Raiponce lui faisant un petit sourire avant de commencer son incantation.
Varian sentit son cœur battre à toute allure, et tira violemment sur les mèches pour s'en dégager.

-STOP ! Arrête !

-Varian, arrête d'hurler.

La lumière alla dans les cheveux de Raiponce alors qu'Adira repoussait Eugène, un air inquiet au visage.
Mais le temps qu'on lâche l'alchimiste, la magie de Raiponce l'avait touché.

Alors que les gens avaient été habitués aux chants gracieux, suivi d'un miracle de guérison, ils furent confrontés à un hurlement horrible, et à une odeur de brulé. Les cheveux de Raiponce, en contact avec l'alchimiste, se teintèrent de noir et une fumée étrange sortit du paquet de nœud.

Varian retira vite son bras, hurlant toujours de douleur pour se recroqueviller autour de son bras. Les chaires blessées s'étaient teintées de nuances sombres et ses veines ressortait en d'étranges arabesques de couleurs froides.
Sa main était crispée, les doigts en griffes alors que ses muscles avaient des spasmes.

La prêtresse s'agenouilla prés du brun, tentant de le relever.

-Varian ? Vous allez bien ?

Le brun la repoussa pour clopiner vers la fontaine où il plongea le bras, laissant échapper un geignement de douleur. De la vapeur sombre se souleva au contact de l'eau, et celle ci devint moins limpide, des particules sombres se détachant de la peau calcinée pour repartir dans les flots.

C'est comme si son cœur avait migré dans son bras, le crispant de douleur à chaque battement qui se faisait de plus en plus lourd et de plus en plus rapide.

Posant le front contre la pierre froide, Varian sentit des larmes dégouliner sur son nez et son menton alors que ses yeux hagards ne regardait que le vide, toute sensation de son corps tournées vers le froid rassurant de l'eau contre sa peau.
Sa respiration devenant à peu prés normales, et la douleur s'étant endormie sous la fraicheur de la cascade, Varian se laissa tomber en arrière, son bras à nouveau serré contre son estomac.

Il prit quelque temps pour comprendre qu'il avait été réceptionné par Adira qui attendait patiemment qu'il se calme.
La respiration à nouveau lente, il déglutis un peu, alors qu'Adira lui demandait de voir son bras. Histoire de voir les dégâts.

Se dépliant doucement, Varian mit son bras au jour, sous les yeux d'Adira, de la prêtresse qui les avait suivi et de Lance, qui inquiet, l'avait accompagné.

Ce n'était pas beau à voir.
Varian était rassuré qu'il puisse toujours sentir sa main et ses doigts, mais sa peau et sa chaire avaient été touchées plus profondément encore. Alors que ce n'était au départ que de profondes entailles, c'était à présent des écorchures qui semblaient avoir été brûlées au fer rouge.

Des grandes marques de brulures et autres cicatrices couraient à présent sur son avant bras gauche…

Varian regarda à peine son bras qu'il eut un haut de cœur, rejetant sa tête sur le coté pour que son membre sorte de son champs de vision. Respirant plus doucement, il s'extirpa de la poigne d'Adira, qui lui demanda s'il pouvait marcher, mais il resta muet, la vision de sa chaire noire dans le coin de son cerveau.

Hochant à peine la tête, il recula soudainement en voyant Raiponce devant lui, stressée et les yeux humides.

-Varian.. Je suis désolé, je ne savais pas…

Varian gifla la main qui s'approchait de lui, sifflant avec rage.

-Je vous avais dit de ne pas me toucher… Je ne voulais pas, mais vous avez préférer me bruler avec votre magie que d'accepter que vous ne pouviez me guérir.

Varian serra un peu plus son bras contre lui, la douleur se ravivant sous sa colère.
Ravalant un râle, il passa à coté de Raiponce, s'adressant directement à la prêtresse.

-Je crois que je vais avoir besoin de vos soins.

Sans un mot, la prêtresse le conduisit au temple alors que Raiponce se sentait devenir de plus en plus petite dans cette foule.
Cette fois ce n'était pas de l'admiration dans leurs yeux, mais bien de la crainte.
Ce fut Eugène qui vint la voir en premier.

-Blondie… Qu'est ce qui s'est passé ?

-Je ne sais pas… Je ne sais vraiment pas. Je n'ai fait que l'enchantement habituel…

-Tu ne crois pas que… Vu que vous êtes un peu en froid…

-Attend. Tu sous-entends que je l'aurais fait exprès !?

-Non, bien sur que non ! C'est juste que ses derniers temps, nous ne savons plus trop où s'arrête tes pouvoirs. C'était un accident…

-Ce n'était pas ma faute ! J'ai fait mon chant habituel !

Raiponce était perdue, et même si elle voulait se défendre, elle garda l'hypothèse qu'elle avait en tête, histoire de ne pas attiser plus de regards froids.
Pour elle, la seule raison de ce fiasco était Varian.

Après tout, elle avait crut un long moment ne plus avoir ses pouvoirs de guérisons car elle avait essayer sur lui.
Pareil pour la seconde fois. Ca n'avait pas marché, et on avait mis cela sur le compte d'un temps impartis avant de pouvoir les utiliser une seconde fois…

Mais toutes ses hypothèses avaient été balayées par Raiponce elle même, en guérissant encore et encore des gens.
Le seul qui faisait ébranler son pouvoir était Varian.

Varian, et toujours Varian, qui semblait imperméable à ses pouvoirs, avant que sa peau ne fonde sous l'action de cette dernière. Lui qui aimait tellement la logique semblait ne pas être sous l'influence de cette dernière, rejetant la physique et l'univers sans s'en soucier, sans s'en rendre compte.
Raiponce se mordit les lèvres sous l'effet du stress, ce qu'Eugène compris comme de la culpabilité, et la prit de suite dans ses bras.

-Excuse moi Blondie… Je n'aurais pas dû dire ça. Je suis sûr que c'est moins grave qu'il n'y paraît…

Raiponce laissa sa tête dans le creux de l'épaule d'Eugène, réfléchissant à ce qui s'était passé. Comment faire comprendre à tout le monde que le mystère ne résidait plus en ses cheveux, mais bien en l'alchimiste.
Voyant Algrik s'éloigner, elle se fit la réflexion qu'il avait lui aussi des mots durs envers l'alchimiste, le regardant avec méfiance et crainte…


Varian resta immobile alors qu'on enduisant son bras d'un onguent qui le fit grimacer, tellement s'était froid. La prêtresse lui banda son appendice brulé, lui expliquant ce qui se passait.

-Ta peau et ta chaire ont été sérieusement brulées… Mais plus comme… comme…

-Une brulure à l'acide.

-Je ne sais pas…

-Je reconnaît cette douleur. Vous avez bien fait de mettre cet onguent… Par contre, j'ai fait n'importe quoi en mettant mon bras dans l'eau… J'ai été stupide.

-C'est un de premier réflexe après ce type de douleur… C'est normal.

Finalisant le bandage, la jeune femme regarda de nouveau l'adolescent.

- Je ne sais pas vraiment si ça te guérira. Mais ça stoppera déjà la brulure…

-Merci.

Tenant fermement son bras contre lui, la jeune femme finit par lui poser la question qui incendiait la gorge de toute la citadelle.

-A votre avis… Qu'est ce qui s'est passé ?

-Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que je leur ai dit que je ne voulais pas être soigné, et qu'ils ne m'ont pas écouter. Et encore une fois, c'est moi qui en paye le prix. Et vu que ce n'est pas eux qui souffrent de leurs erreurs, ils n'apprennent jamais.

Varian fixa méchamment le sol avant de sauter de son lit de soin pour quitter le temple.
Tentant de le stopper, la prêtresse posa la main sur l'épaule du jeune alchimiste.

-Attendez, Varian. Où allez vous ?

-Je vais faire mes affaires. Nous partons demain.

-Mais votre bras…

-Je peux marcher, et c'est tout ce qui compte. Et même si j'étais dans l'incapacité de me déplacer, Golem le fera pour moi. Je ne veux pas rester une minute de plus ici, nous avons déjà perdu trop de temps.

-Si vous êtes fâché contre la méfiance des habitants, j'en suis désolé. C'est vrai, ils n'ont d'yeux que pour la princesse blonde, sans ce rendre compte qu'ils ne regardent qu'une usurpatrice.

-De quoi parlez vous ?

Varian se recula, le regard de la prêtresse lui faisait un peu… Peur ?
Elle semblait fière, heureuse… Ou quelque chose comme ça, mais puissance 1000, juste en posant ses yeux sur lui.

Illuminée, voilà le mot.
Cette dernière n'attendit pas longtemps avant de prouver les pensées de l'adolescent en continuant sa tirade.

-Quand vous êtes arrivé, moi aussi, au départ, j'étais aveuglée par sa lumière traitresse, mais à présent, je sais.

S'éloignant de lui en regardant la grande statue de la mère montagne, la prêtresse continua ses divagations.

-Quand je vous ai vu, vous, à la forge, ou même accompagné de votre golem de fer, j'ai comprit. J'ai comprit que caché derrière l'éclat vide de la princesse, vous étiez le vrai sauveur, le véritable élu.


Raiponce se baladait dans la cité, tentant d'oublier ce qui s'était passé.
Tout le peuple était en train de nettoyer et voir les dégâts provoqués par la cascade.

Slalomant parmi eux, elle se convainquit qu'ils ne l'évitaient pas, mais étaient trop occupés à ranger et sauver le moindre meuble.
Puis, elle aperçut Algrik au loin, parlant à une de ses soldats avant de repartir.

Trouvant enfin le bon timing pour l'interroger sur Varian, elle arriva prêt de lui.

-Alors ? Pas trop de perte ?

-Non, et tout ça grâce a vous et… L'autre.

-Oui. Dommage que ce soit mal finit.

-On ne peux pas réussir à chaque fois.

Raiponce continua de le suivre, puis accéléra pour se poster devant lui.

-Excusez moi, mais, j'ai vu que vous n'apprécier pas trop Varian, et..

-Et alors ? Vous même, vous ne semblez pas l'apprécier.

-J'ai mes raisons… Il a fait du mal, à moi et à mon entourage. Mais vous ? Qu'est ce qui vous pousse à être ainsi avec lui ? Je dirais que c'est depuis que vous avez vu le Golem que vous avez peur de lui.

-Je n'ai pas peur d'un enfant.

-Pour ça, il faudrait que vous le considériez ainsi… Mais ce n'est pas le cas.

-… C'est vrai.

-Mais alors pourquoi ?

Algrik souffla bruyamment, puis passa une main dans ses cheveux. Il semblait embarrassé et ennuyé de parler d'un tel sujet.
Puis, il abandonna son mutisme pour jeter un œil à la jeune princesse devant lui.

-Quand on m'a parlé du Golem, je n'osais y croire. Pour moi, ce n'était qu'un conte pour faire peur aux petiots… Puis je l'ai vu. Ce gosse… Ce gosse a vraiment fait ce Golem. Il lui obéit, il combat pour lui… J'ai comprit que j'ai face à de la magie de l'âme.

-De la quoi ?

-Une magie très ancienne qui permettait de mettre des âmes humaines dans des objets. Pour le faire des soldats immortels et insensibles à la douleur.

Raiponce resta un moment silencieuse. Ce que disait ce type avait l'air dingue…
Mais combien de fois avait elle vu le Golem faire des geste typiquement humain que même Varian ne comprenait pas ?
Et si.. Si..

-Comment connaissez vous cette magie ?

Algrik regarda un peu autour d'eux pour lui indiquer d'aller un peu plus loin. Arrivant prés du temple, Algrik prit à part Raiponce pour lui raconter l'histoire du royaume sombre.
Ou du moins ce qu'il en était resté.

-L'histoire de ce royaume a été totalement oublié, effacé… Vous savez pourquoi ?

-Non.

-Tout simplement parce qu'il n'y avait plus personne pour en parler.

S'asseyant, Algrik passa sa main dans sa barbe avant de regarder la princesse qui s'assit elle même sur le rebord d'une fontaine, écoutant ce que le chef du clan avait à lui dire.

-Mes ancêtres sont arrivé ici, et ce sont installé car tout était déjà construit. Le temple, la cascade… Tout était là, mais juste abandonné. Depuis des décennies. Il n'y avait ni cadavre, ni impacts… Rien, rien qui nous expliquait pourquoi ce lieux avait été laissé. Ils ont donc explorés plus loin… Ils ont traversés les montagnes pour arriver au royaume sombre.

Raiponce déglutit, aux aguets, accrochée aux mots d'Algrik dans l'espoir d'avoir la réponse à toute ses question, même si elle en doutait.

-Au delà de ces montagnes, ils n'ont vu qu'une terre dévastée, tapissée de cendre et de métal… Et dans ce désert, il n'y a qu'un château qui y réside. Parcourant cette plaine de ruine, mes ancêtres tombèrent sur des documents et comprirent qu'il y avait eut une guerre.

Algrik fit une petite pause, qui continua.

-Un clan s'était installer dans ce château il y a des années, pour protéger le monde de cette magie maléfique... Mais ils ont tous disparus, detruit par cette chose. Alors la revoir, vive, dans les mains de cet enfant...

-C'est à cause de cette magie qu'il y a eut la guerre ?

-Non. Elle y a mis fin. Car c'était un combat qui n'utilisait ni homme, ni chevaux…

Relevant le regard vers la princesse, il appliqua la sentence.

-Une guerre de golem. Venu de ce château. Un massacre, une vague de métal qui a tuée toute la population.

Raiponce resta silencieuse, choquée d'une tel histoire. Puis, elle posa à nouveau la question.

-Mais pourquoi ?!

-Parce que plus il y avait de mort, plus elle pouvait donner vie à ses monstres.

-Qui ça, elle ?

-La reine de ce château… Celle que les gens appellent la mère montagne.


Varian se recula doucement, prêt a se carapater alors que la prêtresse partait dans un discours grandiloquent.

-Vous êtes celui qui arrêtera la malédiction, celui qui nous sauvera. Dés que j'ai vu que vous aviez le don, le don de donner la vie aux golems, j'ai compris. L'opale vous attend désormais, et vous allez prendre le pouvoir et enfin redonner vie à ce pays grâce à votre magie !

Varian la regardait, les yeux écarquillés. Mais de quoi elle parlait ?

-Alors déjà… Je ne donne pas « vie » aux golems. Je l'ai juste construits, et encore, en me basant sur des golems plus anciens.

-Vous comprenez la magie des anciens et leurs langues !

-Non. Je traduits approximativement les sigles sur les parchemins, et je comprends leurs technologies… C'est vraiment lourd à la longue de tout mettre sur le compte de la magie et du destin.

-Oui, je vois… Vous n'êtes pas encore éveillé, mais ça viendra. Votre corps commence déjà à combattre la lumière de l'usurpatrice, alors c'est que vous êtes en bonne voie pour reprendre votre rôle.

Varian resta sceptique, pinçant l'arrête de son nez alors que la prêtresse devenait de plus en plus insistante.

-Ok, en fait, le problème c'est que vous êtes givrée.

-Bientôt, votre heure viendra, ainsi que celle de ce monde. L'ascension du royaume de l'ombre ! S'exclama la prêtresse en levant les bras, comme dans une imploration.

-Et vous ne m'écoutez pas du tout en plus… Déclara Varian d'un air dépité.

Varian décida donc de partir. De toute façon, il n'allait pas écouter ces bêtises plus longtemps.

-Bon, j'en ai marre de votre délire de fanatique. Alors je part faire mes valises, et vous, vous pourrez continuer à prier un je-ne-sais-quel destin…

Tournant les talons, Varian allait passer la porte quand la voix de la prêtresse le stoppa a nouveau.

-Ce sera le tien. Si tu veux sauver ton père de l'ambre éternelle.

Figé sur place, Varian resta un moment le regard vide sur le bois de la porte.
Le tutoiement faisait bien trop intime, tout comme les connaissances qu'elle avait sur sa vie.
Il se tourna finalement pour regarder, terrifié, la prêtresse face à elle.

-Comment… Comment vous savez ?

-S'il vous a emmené dans le sud, toi et ta mère, ce n'est pas pour rien.

-Vous connaissiez mes parents ?!

-Non. Mais je connais ton destin, et le désespoir qui y est lié.

Varian resta un moment silencieux, avant de se frapper le front en riant.

-Mais oui bien sur ! Raiponce a dû vous vendre la mèche. Après tout, elle adore raconter à tout le monde le monstre que je suis… Elle ne s'en tient qu'à sa version, mais ça suffit à tout le monde.

-Personne ne sait à quel point tu as été seul… Comme tu l'es toujours aujourd'hui.

La prêtresse s'avança vers Varian, et posa sa main sur son épaule.

-Ton destin n'est pas enviable… Loin de là. Mais tu feras ce que nul autre a pu faire, ni roi ni prince…

Varian baissa le regard, un sourire triste de narquois sur le visage.
Puis, riant jaune, il reposa le regard sur son homologue.

-Vous qui connaissez mon destin, dites moi. Serais-je un jour heureux, entouré et aimé de mes semblables ?

La prêtresse resta un moment muette, fixant Varian, comme dans la réflexion d'une réponse potable.
Puis doucement, elle regarda la statue de la mère montagne.

-Le problème Varian, c'est que tu es unique… Ce sera ta fatalité.


Voila voila... C'est que ça devient intéressant tout ça XD
ATTENTION JE VAIS PARLER DE SPOIL SOUS CETTE PHRASE ! PASSEZ VOTRE CHEMIN ! C'EST PETIT MAIS QUI SAIT...

Ps : je suis tombé sur un spoil du dernier épisode et j'ai vu Varian au piano... Ce timing de malade !
La dessus, je vous dis à bientot !