Voici la suite

Bubble, j'aimerai bien te répondre, parce que tes messages sont très sympas et motivants (et drôles), mais aussi parce que ton message de 2018 m'avait redonné envie d'écrire après une grosse pause (les autres, remerciez Bubble). Dommage que tu n'aies pas de compte ! Mais merci beaucoup pour avoir prit le temps de commenter.

Place au bal

(...)

Fang commençait à avoir chaud.

Elle ne savait pas quelle marque de rhum Caius avait mis dans sa bouteille, mais ce n'était clairement pas leur alcool bon marché habituel. Elle posa un regard critique sur la fille qui osait lui couper la route, et prit une gorgée de sa boisson.

Elle n'avait pas recroisé Vanille depuis le début de la soirée, deux heures plus tôt, et elle supposait qu'elle était avec son rencard du soir. Elle avait un peu dansé avec ses amis, mais déplorait amèrement l'absence d'alcool à cette soirée, qui se classait pour le moment à « bof » sur l'échelle du fun. Heureusement, elle avait vu de nombreuses bouteilles d'eau semblables à celle de Caius circuler parmi ses camarades, et elle saurait vers qui se diriger lorsqu'elle en aurait envie.

Cid et Caius avaient décidé d'aller faire un tour du côté du buffet, et n'ayant pas faim, elle avait choisi de ne pas les suivre.

Elle discuta un peu avec Yuffie et quelques personnes d'autres lycées qu'elle avait déjà croisé lors de soirées ou de matchs, mais son attention toute entière était focalisée sur le jeune homme qu'elle ne connaissait pas, mais qui ne la quittait pas des yeux.

Elle hésitait encore entre aller l'insulter, ou aller danser avec lui. Elle était à fleur de peau ce soir, et se sentait balancer entre « Fang la Garce » et « Fang la Séductrice ».

Décidant que finalement draguer, serait plus intéressant qu'entendre pour la énième fois Yuffie raconter comment elle s'était cassé une jambe en faisant le mur, elle opta pour « Fang la Séductrice ».

Elle accrocha son sourire favori aux lèvres, et accorda enfin un regard au jeune homme qui l'observait depuis de longues minutes. Sentant une ouverture, celui-ci fit quelques pas et se rapprocha d'elle.

-Salut, dit-il.

Elle l'observa de haut en bas, appréciant sa carrure sportive. Elle nota ensuite ses cheveux noirs et frisés ainsi que sa peau très mate, et décida qu'il devait-être d'origine brésilienne ou quelque chose du genre.

-Salut, répondit-elle.

-Comment tu t'appelles ? demanda-t-il en dévoilant un sourire carnassier qui n'avait rien à envier à celui de la brune.

-Fang, répondit-elle.

Elle était désormais convaincue que le jeune homme n'était pas dans son lycée. Sinon elle l'aurait remarqué. Et surtout il aurait su qui elle était.

-Tu es de quel lycée ? interrogea-t-il ensuite.

-Etro High. Et toi ?

Le supposé brésilien ne sembla pas s'offusquer qu'elle ne lui ait pas demandé son prénom. Il se contenta de dire :

-Lycée Jenova, dans le centre de Nautilus.

Fang approuva d'un signe de tête, et sentit que discuter n'était pas ce qui intéressait le plus le jeune homme. Ça tombait bien, elle non plus n'avait pas vraiment envie de parler pour le moment.

-Tu danses ? proposa-t-elle.

Le lycéen ne se fit pas prier. Il tendit la main, s'emparant du verre que tenait Fang, et le déposa sur une table derrière lui. Il lui saisit ensuite le bout des doigts, et l'entraina vers la piste de danse, où s'agitaient déjà de nombreux lycéens.

Ils se retrouvèrent rapidement mêlés à la foule, et le brésilien en profita pour se rapprocher d'elle. Il était de toute évidence très sûr de son charme, ce qui amusa Fang. Peut-être avait-elle trouvé une version masculine d'elle-même ?

Décidant de mener la chorégraphie, il la fit tourner sur elle-même avant de poser une main sur sa hanche et de l'attirer à lui. Au moins, il savait danser, apprécia Fang.

Tout n'était pas perdu.

(…)

Caius observa avec amusement le manège de la petite blonde qui discutait avec Cid. Elle ne cessait de se passer la main dans les cheveux, avant de toucher le bras de Cid du bout des doigts, en riant à chacune de ces phrases. Elle était de toute évidence très intéressée par son ami, et il espérait que celui-ci saurait en profiter, s'il en avait envie.

Caius décida donc de laisser le capitaine de hockey -qui avait l'air plutôt heureux de l'attention qu'il recevait- aux mains de la jeune femme. Il choisit de profiter de sa brève solitude pour se mettre en quête de Yeul. Il n'avait pas l'intention de gâcher la soirée de sa sœur, et était bien décidé à la laisser s'amuser comme elle l'entendait. Mais il voulait quand même s'assurer que le jeune Hope ne prendrait pas trop la confiance.

Yeul lui avait déjà parlé de ce garçon, affirmant que c'était sans doute le jeune homme le plus timide qu'elle avait jamais rencontré. L'information l'avait fait rire, et il s'était demandé comment ce prétendant allait survivre face au caractère bien trempé de sa cadette. Hope semblait pourtant bien s'en sortir jusqu'à présent.

Le motard traversa la salle, ses yeux glissant sur les nombreux visages à la recherche de la chevelure pâle de Yeul. A son grand soulagement, il n'avait capté aucun regard hostile dans sa direction, et commençait même à se dire qu'il s'était inquiété pour rien.

Il aperçut finalement Hope sur sa droite, et devina que sa sœur ne devait pas être loin. En effet, celle-ci apparu dans son champ de vision. Il alla tranquillement s'appuyer contre le mur, sans quitter le jeune couple des yeux, et but une nouvelle gorgée de sa boisson.

De sa position, il n'entendait pas la conversation des deux tourtereaux, mais il distinguait sans problème les rougissements intempestifs du gardien de hockey, et les sourires amusés de Yeul. Il les vit s'essayer à quelques pas de danse, et ne put retenir un petit ricanement.

Hope était de toute évidence un piètre danseur. Il se tenait à une distance respectable de sa sœur, mais uniquement pour ne pas lui marcher sur les pieds, soupçonnait Caius.

La situation semblait amuser Yeul, qui tentait vainement de lui montrer des mouvements basiques. Le jeune homme avait l'air affreusement gêné de son ignorance.

Après plusieurs minutes d'observation, Caius s'estima finalement satisfait. Hope n'était pas trop entreprenant, et sa sœur semblait passer un moment agréable, c'était le principal.

Rassuré, il décida qu'il était temps pour lui de retrouver ses amis. Il parcouru à nouveau la salle du regard et vit presque immédiatement Fang.

Il fronça les sourcils, la voyant en pleine danse avec un jeune homme dont les intentions ne semblaient pas du tout innocentes. Il les regarda une seconde et s'aperçut qu'en réalité, les intentions de Fang n'avaient pas du tout l'air innocentes non plus.

Il hésita une minute. Devait-il laisser son amie tranquille ou devait-il la rejoindre ?

Caius estimait que Fang était assez grande pour savoir ce qu'elle faisait. Il ne pouvait cependant pas s'empêcher de désapprouver son attitude. Les longues conversations qu'il avait eues avec Vanille sur le sujet lui avait permis de mieux comprendre le besoin d'attention dont souffrait la brune. Mais il craignait que sa conduite, souvent provoquante, finisse par lui attirer des problèmes.

Il soupira, s'apprêtant à se détourner, lorsque Fang le vit.

Immédiatement, le jeune homme avec qui elle dansait sembla perdre tout intérêt à ses yeux. Elle lui fit un signe, indiquant qu'elle allait le rejoindre, et se détacha de son partenaire.

Il l'aperçut murmurer quelque chose à l'oreille de son cavalier, et cela ne sembla pas plaire au jeune homme qui tenta de la retenir. La reine du lycée se dégagea cependant sans problème, et le planta au milieu des danseurs.

Elle se dirigea ensuite immédiatement vers Caius qui lui souriait, avec la ferme intention de lui raquetter encore un peu de son rhum et de l'entraîner de nouveau avec elle parmi les danseurs.

(…)

Sa soirée était parfaite, estima Claire.

Elle cliqua sur « épisode suivant », et croqua dans sa pomme. Elle avait calculé que si elle se débrouillait bien, elle pouvait terminer sa saison ce soir, et commencer la série suivante le lendemain.

Résistant au harcèlement dont elle était victime depuis des jours au sujet de leur bal à la con, elle avait préféré rester tranquillement chez elle. Son père et sa mère étaient de sortis avec des collègues ce soir, et elle avait la maison pour elle. Enfin de la tranquillité.

Serah et Noel était partis au bal sur les coups de neuf heure du soir, et même si elle ne l'aurait admis pour rien au monde, elle devait bien s'avouer qu'ils formaient un joli couple.

Lightning se passa une main dans les cheveux pour chasser ces pensées, et balaya sa chambre du regard pendant que la publicité se lançait sur son ordinateur. Son sac de cours était jeté au sol, et vomissait ses manuels. Sur son bureau encombré, les fiches s'entassaient en piles inégales. Des vêtements à demi-portés étaient posés sur sa commode, dont les tiroirs ouverts laissaient échapper quelques chaussettes orphelines.

Elle devait absolument ranger.

Reportant son attention sur l'écran, elle appuya sur « play » pour lancer la vidéo, et se calla plus confortablement contre ses oreillers, qu'elle avait empilé dans son dos. Le générique venait à peine de jouer ses premières notes que son téléphone se mettait à vibrer.

Jetant un coup d'œil sur l'appareil, elle vit apparaître le contact « Maman ». Claire soupira, hésitant à le laisser sonner. Elle regarda sa montre qui affichait minuit et cinq minutes, et se demanda ce que sa génitrice pouvait bien lui vouloir. Elle finit par se décider à décrocher dans un grognement.

-Mmmoui ? répondit-elle.

-Claire ? demanda sa mère.

-Qui veux-tu que ce soit, grommela la jeune femme.

Madame Farron eut un rire, indiquant qu'elle n'était visiblement plus tout à fait sobre, et continua :

-Ma chérie, écoute, je viens d'avoir Noel au téléphone, qui me dit que ta sœur a laissé son portable à la maison.

Claire mit son épisode sur pause, n'arrivant pas à suivre l'action en même temps que la conversation, et se concentra sur ce que lui disait sa mère.

-Et ?

-Pourrais-tu lui apporter s'il te plait ?

Claire fronça les sourcils au point de sentir des rides se former sur son front.

-Non mais tu m'as prise pour Colissimo ? s'indigna-t-elle.

Un bruit de verre cassé et des gloussements se firent entendre derrière sa mère, et Lightning jeta un regard courroucé au combiné.

-Je sais que c'est chiant, s'excusa sa mère, mais je n'aime pas savoir ta sœur sans téléphone, il peut arriver n'importe quoi.

-Mais elle a qu'à venir le chercher, protesta la blonde.

-S'il te plait Claire, demanda Madame Farron en prenant une voix un peu plus ferme.

Lightning se massa les tempes et poussa un long soupir qui dû faire souffrir les tympans de sa mère –et c'était bien fait-.

-Bon ok, se résigna-t-elle.

-Merci ma grande. A plus tard, bisous.

Et sa mère raccrocha. Claire balança son téléphone au fond de son lit en guise de vengeance, et jeta un regard dépité à son ordinateur. Sa soirée avait été tellement parfaite …

La jeune femme repoussa difficilement ses couvertures, et se souvint qu'elle était déjà en pyjama. Elle estima qu'il était préférable qu'elle se rhabille avant de traverser Nautilus à pieds, et remit donc son jean noir qu'elle avait abandonné par terre plus tôt, ainsi que son pull.

Sa mère avait toujours été du genre parano. A son humble avis, Serah ne risquait absolument rien. Mais bon, peut-être qu'il valait mieux être prudent ? Depuis qu'elle avait installé une application de presse en ligne sur son téléphone et lisait les nouvelles, Claire se rendait compte que le monde était bien plus sombre qu'elle le pensait.

Lightning récupéra son propre portable, récemment enfouit sous sa couette, et le glissa dans sa poche. Elle quitta ensuite sa chambre, et entra dans celle de sa sœur, juste en face. Le téléphone était posé bien en évidence sur la table de chevet de Serah. A croire que celle-ci l'avait oublié volontairement. Claire commença même à se demander si tout cela n'était pas un stratagème pour la forcer à aller à cette fichu fête. Elle osait espérer que non.

Elle récupéra l'appareil, quitta la pièce, et se dirigea vers la porte d'entrée. Elle enfila rapidement son blouson et ses chaussures, puis sortit, en prenant soin de fermer à clé derrière elle.

Heureusement, la salle des fêtes n'était pas très loin. Si elle coupait par le parc à l'arrière de leur quartier, elle devrait en avoir pour 10 minutes, calcula-t-elle. Prenant cette direction, la jeune femme se mit à courir à petite foulées, autant en finir le plus vite possible et retourner au chaud dans son lit.

Claire remonta rapidement la rue, passant devant les maisons de Caius et Fang, puis bifurqua sur la droite. Elle ne tarda pas à se trouver nez à nez avec le portique du parc qui faisait la fierté des résidents. Le portillon était fermé à cette heure-ci, bien entendu, mais la blonde sauta par-dessus sans difficulté pour atterrir souplement dans l'herbe. Sans arrêter sa course, elle remonta le chemin pour atteindre l'entrée opposé qui lui permettrait de sortir de l'autre côté.

Lightning n'était pas du genre froussarde, mais elle devait bien s'avouer que de nuit, et avec le faible éclairage apporté par les habitations alentours, l'endroit était plutôt glauque. Elle parvint cependant sans encombre à la sortie, qu'elle enjamba de la même manière que la première.

Claire fit une pause pour reprendre son souffle et s'orienter, puis poursuivit son chemin vers le lieu de débauche de la soirée.

Lorsqu'elle arriva enfin, la jeune femme se félicita à nouveau de ne pas être venue. Devant la salle des fêtes, des dizaines de lycéens discutaient et riaient grassement en tirant sur leurs cigarettes. Les portes ouvertes laissaient filtrer les échos de la musique qui passait à l'intérieur, tandis que dans l'ombre, des couples se bavaient dans la bouche.

Où était Serah ?

Claire sortit son téléphone pour l'appeler avant de se souvenir que c'était une idée débile. Elle n'avait bien entendu pas le numéro de Noel pour le contacter. Grognant de frustration, la blonde prit le portable de Serah, supposant que sa sœur devait bien avoir le numéro de son prince charmant dans ses contacts, mais s'aperçut rapidement qu'elle ne connaissait pas le code de son téléphone. Elle tenta la date de naissance de sa cadette, puis la sienne, sans succès. Dans l'agacement, elle tenta des combinaisons au hasard et finit par le bloquer.

Lightning releva les yeux vers la porte d'entrer, et soupira pour la énième fois. Pourquoi était-elle si gentille ?

Elle enfonça ses mains dans ses poches, les doigts serrés autour des téléphones, et prit quelques pas vers l'entrée. Trouver Serah, partir. Excellent plan.

Sous le regard curieux des élèves massés autour de la porte, elle entra dans la salle des fêtes.

Une odeur de sueur, mélangée à des parfums d'hommes et de femmes diffus la submergea brièvement. Elle jeta un œil autour d'elle, n'apercevant aucun visage familier. La musique était bien entendu bien plus forte ici, et le sol carrelé avait été rendu complètement glissant à force de renverser des boissons par terre.

Trouver Serah allait se révéler plus complexe que prévu.

Claire fendit la foule, évitant au maximum le contact avec cette multitude de lycéens agités. Sa tenue détonnait avec les robes de cocktails, les costumes et autres fanfreluches, et elle se sentait la cible de nombreux regards hautains -qu'elle ignora superbement-.

Après avoir fait le tour de la salle en longeant les murs pour éviter le tourbillon de danseurs central, elle finit par apercevoir la chevelure rose de sa sœur un peu plus loin. Soulagée, elle se dirigea immédiatement vers elle.

Ok première étape réussie.

Sans s'embarrasser de formalités, la blonde posa la main sur le bras de Serah pour lui signaler sa présence.

-Ah Light ! s'exclama sa soeur en la reconnaissant.

Claire lui tendit son portable sans un mot, impatiente de quitter les lieux. Sa cadette s'en empara comme s'il s'agissait du Saint Graal, et jeta ses bras autour du cou de Claire dans une étreinte excessive.

-Merci, merci, merci ! répéta Serah. Je te revaudrais ça promis !

Lightning se dégagea en douceur, appréciant la gratitude de la lycéenne.

-Ouais ouais, marmonna-t-elle. Bon aller je me casse.

Serah eut un rire et tenta :

-Inutile de te proposer de rester j'imagine ?

Claire ne prit même pas la peine de répondre. Elle se contenta de saluer sa sœur de la main et de lui adresser un bref :

-A demain !

Prenant le chemin inverse, la jeune femme fit mentalement le trajet du retour, et sourit avec satisfaction. Pas de problème, elle pourrait finir sa saison ce soir.

(…)

Fang devait avouer qu'elle commençait franchement à s'amuser. Caius et elle avaient vidé la quasi-totalité de la bouteille de rhum qu'avait apporté le jeune homme, et ils dansaient à présent comme des possédés, sans aucune notion de rythme. Cid avait été abordé par une téméraire élève d'un autre lycée, et dansait avec elle un peu plus loin, quant à Vanille, la brune pouvait la voir à quelques mètres, aux côtés de Tidus avec qui elle semblait passer une très bonne soirée.

Caius lui saisit une main pour la faire tournoyer, et elle rit aux éclats. Son ami semblait avoir complétement oublié ses réticences, et Fang n'avait pas perçu de regard hostile dans sa direction. Les rumeurs avaient dû finir par s'apaiser.

Tandis qu'elle tournait sur elle-même, les yeux de Fang accrochèrent brièvement une scène qui coupa net son élan. Elle s'arrêta si soudainement, que Vanille et Caius lui adressèrent un regard inquiet qu'elle ne capta pas.

A quelques pas d'elle, la reine du lycée venait de voir Claire Farron.

Non mais cette fille se foutait de sa gueule ?! Après avoir rejeté Cid, l'avoir embrassée puis avoir soutenu farouchement qu'elle n'avait pas envie de venir, voilà qu'elle se pointait sur la piste de danse ? Et habillée comme ça en plus ? Une colère bien soutenue par le rhum monta en Fang. Elle se dirigea à grands pas vers Lightning, avec la ferme intention de lui rentrer dans le lard.

Elle sentit Vanille et Caius lui emboîter le pas, tandis qu'elle traversait la foule.

Voyant que Claire l'avait repérée également et qu'elle jetait des regards autour d'elle à la recherche d'un échappatoire, Fang accéléra encore. Cette fois inutile d'essayer d'éviter la confrontation ! Hors de question que Farron se débine !

-On peut savoir ce que tu fous ici ? Attaqua-t-elle dès qu'elle fut assez proche pour être sûre d'être entendue.

Devant l'éclat de la brune, les quelques personnes qui entouraient Lightning choisirent de reculer prudemment. Sans doute ne souhaitaient-ils pas se retrouver dans la ligne de mire de la reine du lycée, encore moins quand celle-ci semblait furieuse. Sage décision.

-Pardon ? s'offusqua Claire.

Inconscientes du cercle avide de ragots qui qui se formait autour d'elles, les deux jeunes femmes se défièrent du regard.

-Je croyais que tu ne voulais pas venir à ce bal débile ! cria la reine du lycée.

-Mais je ne veux pas venir ! s'enflamma Lightning.

-Ah ouais ? Parce que t'as vachement l'air d'être ici ! s'emporta à son tour Fang en la désignant du doigt.

-Eh j'ai une super idée ! rétorqua Claire, mêle-toi de tes affaires !

Les oreilles de Fang sifflèrent. Personne n'avait le droit de lui parler comme ça. Elle posa la main sur l'épaule de Claire et la poussa en arrière. A peine déséquilibrée par l'assaut, Lightning serra les poings avec fureur.

-Quelle mouche te pique Yun ? gronda-t-elle.

- TA MERE LA MOUCHE FARRON ! Beugla Fang en agitant les bras.

Claire cligna des yeux. Elle n'en était pas sure, mais elle supposait que Fang venait d'insulter sa mère. Elle fronça les sourcils. Elle n'était pas en colère, elle avait dépassé ce stade depuis longtemps. Elle se détourna, adressant un dernier regard plein de mépris à la reine du lycée et partit.

-Tarée, gronda-t-elle entre ses dents.

-Ouais c'est ça, fuit ! C'est ce que tu fais de mieux Farron ! lui jeta la brune, tandis qu'elle s'éloignait.

(…)

Vanille bailla, puis jeta un œil à son reflet dans le miroir. Ne pas se démaquiller hier soir n'avait pas été une bonne idée. Elle s'empara d'un coton, versa un peu de liquide nettoyant dessus, puis entreprit de se tamponner le visage. Il était tôt pour un lendemain de soirée, à peine 11h. Elle et Fang avaient été réveillées par le bruit d'un défilé d'ambulances qui avait traversé la rue en trombe, et avaient fini par se tirer du lit.

Son amie, qui passait presque autant de temps chez Vanille que chez elle, était allée s'installer dans le salon pour terminer sa nuit sur un fauteuil, pendant que la rousse gagnait la salle de bain.

Une fois sa peau immaculée, la lycéenne retourna dans sa chambre, et s'habilla de sa tenue du dimanche, à savoir un jogging bleu marine qu'elle affectionnait particulièrement, et un confortable t-shirt. Elle enfila des chaussettes, puis glissa ses pieds dans des claquettes. Satisfaite, elle attacha ses cheveux en deux couettes, comme elle en avait l'habitude.

Voilà, elle était fin prête pour engueuler Fang.

Vanille regagna le salon, et se planta devant son amie. Elle croisa ensuite les bras sur sa poitrine, et regarda longuement la reine du lycée, vautrée de tout son long dans le canapé.

-T'as merdé de ouf Fang, commença-t-elle.

La brune tourna les yeux vers elle, et eut la décence de ne pas prétendre ignorer de quoi il s'agissait.

-Tu crois ? marmonna-t-elle.

-Mais grave, affirma Vanille.

Fang soupira et posa son bras sur ses yeux. Voyant qu'elle ne semblait pas décidée à s'exprimer, la rouquine continua :

-Qu'est ce qui t'as pris de taper une scène comme ça ? questionna-t-elle.

La reine du lycée poussa un long soupir.

-Elle m'a soulée, lâcha-t-elle.

Vanille sentit que cette conversation pouvait durer, et alla prendre place sur un fauteuil. Ainsi installée, elle avait l'impression d'être la psy de Fang.

-Mais encore ? demanda-t-elle.

La brune se redressa un peu, et poussa son bras pour dégager ses yeux. Elle fixa son regard sur le plafond, semblant réfléchir. Elle avait déjà raconté à son amie comment Lightning lui avait sauvagement sauté dessus quelques jours auparavant. Son éclat de la veille ne l'étonnait pas beaucoup.

-Tu sais … soupira Fang en guise de réponse.

Sentant qu'elle n'aurait pas suffisamment de patience pour attendre que son amie mette des mots sur ses pensées, Vanille décida d'aider un peu les choses.

-T'as pété un câble sur Lightning gratuitement, rappela-t-elle. Et tu as traité sa mère de mouche.

La brune se frotta le visage en poussant un grognement rageur.

-Mais cette meuf a un don pour me faire sortir de mes gonds, se justifia-t-elle. Elle est tellement … Tu sais ! répéta-t-elle.

La rouquine était habituée à parler le Fang, aussi saisit-elle à peu près de quoi il était question. Evidemment, pour quelqu'un comme Fang, qui fonçait tête baissée, en réfléchissant rarement aux conséquences, l'indécision dont semblait souffrir Claire avait de quoi agacer. Mais ce n'était pas une raison valable.

-Fang ! Claire a le droit d'être paumée, elle a le droit de refuser les avances de Cid, et elle a le droit de ne pas vouloir venir au bal ! –Même si c'est incompréhensible- martela-t-elle.

-Mais pourquoi me sauter dessus comme une sauvage ? s'énerva Fang.

Vanille écarta les bras, signifiant qu'elle n'avait pas la réponse.

-Peut-être que c'était impulsif ? Peut-être qu'elle n'a pas fait exprès ? théorisa-t-elle.

-Pas fait exprès de m'embrasser ? ironisa la brune. A d'autres.

La rouquine se gratta la nuque, trouvant effectivement que ça restait bizarre.

-Peut-être que tu as un don pour la faire sortir de ses gonds ? suggéra-t-elle.

La reine du lycée poussa un long soupir, puis roula sur le ventre, et appuya son menton sur ses paumes, observant Vanille.

-Et alors quoi maintenant ? questionna-t-elle.

Vanille la fixa sévèrement.

-Maintenant tu vas aller t'excuser de t'être conduite comme une garce, affirma-t-elle.

Fang prit un air scandalisé.

-Oh mais comment tu me parles ! s'indigna-t-elle.

Son amie haussa les épaules, inflexible.

-Désolée mais c'est vrai.

La brune se laissa tomber contre le canapé.

-J'aime pas faire ça … grommela-t-elle.

-Je sais, confirma Vanille, mais ne t'inquiètes pas, tu survivras.

La reine du lycée marmonna encore quelques phrases incompréhensibles, étouffées par le tissu du coussin dans lequel elle avait enfouit son visage.

Elle détestait s'excuser, ça lui arrivait tous les 29 février à peu près, et c'était toujours une épreuve d'admettre ses torts. Ok elle avait gueulé sur Farron, mais et alors ? Elle gueulait sur tout le monde et jamais personne n'était venu s'en plaindre. Ou peut-être jamais personne n'avait osé s'en plaindre ? Enfin bref !
Et était-ce vraiment sa faute si Lightning l'horripilait depuis quelques temps ? La blonde avait tout saboté ! Elle avait rejeté Cid, puis l'avait violemment embrassée, manquant de briser son amitié avec le capitaine de hockey, puis s'était mise à fuir tout le monde, évitant d'assumer ses actes ! Non mais qui avait le vrai comportement de garce au fond ?

Alors d'accord, Fang allait faire le premier pas vers une trêve –Vanille y veillerait- mais Lightning avait intérêt à y mettre aussi du sien. Hors de question qu'elle soit la seule à faire des efforts.

(…)

Claire commençait à baliser. Il ne leur restait plus que 3 jours pour rendre leur rapport de projet, et l'incendie qui faisait rage entre elle et Fang ne semblait pas prêt de s'éteindre. Que devait-elle faire ? Compléter elle-même le dossier et l'envoyer à leur prof sans consulter la reine du lycée ? Premièrement se taper tout le reste du boulot seule la faisait grandement suer, et deuxièmement, il y avait fort à parier que ça ne conviendrait pas du tout à Miss-Relou.

Non mais sérieux, c'était quoi le problème de cette fille ? Quelle avait été l'idée, exactement, de l'agresser de la sorte la nuit dernière ? Il fallait être franchement stupide pour penser qu'elle était venue au bal de son propre chef.

Et puis … Rien de tout ça ne serait arrivé si Serah n'avait pas oublié son téléphone ! Ou si Vanille ne l'avait pas invitée à sa fichue fête ! Ou mieux ! Si Nabaat ne l'avait pas collée avec Fang pour leur projet débile !

Blâmant la terre entière, la blonde souffla sur sa tasse d'un air énervé. Quelques gouttelettes de thé giclèrent hors du récipient et vinrent s'écraser sur la nappe.

Et ça voulait dire quoi l'ultime phrase de la brune ? « Fuit c'est ce que tu fais de mieux ! ». On était bien loin du « bisou ».

La blonde but d'une traite le reste de sa boisson et décida de sortir prendre l'air. Elle avait besoin de se vider la tête, et de faire le point. Elle déposa la tasse dans l'évier, et froissa l'emballage de son sachet de thé dans sa main avant de le jeter.

Chaussant des baskets, elle ouvrit la porte en grand d'un geste décidé … Pour tomber face à face avec Fang, la main levée, apparemment sur le point de sonner. La reine du lycée eut un mouvement de recul, visiblement surprise par la violence avec laquelle elle avait failli se prendre une porte dans la tronche.

Il y eut une seconde de flottement, pendant laquelle les deux jeunes femmes se regardèrent, étonnées, puis Claire vit Fang ouvrir la bouche pour commencer une phrase, et elle préféra refermer la porte aussi brutalement qu'elle l'avait ouverte.

-Mais t'es sérieuse ? cria la voix de Fang sur le palier.

Lightning se passa rapidement une main dans les cheveux, nerveuse. Ok, elle venait de se conduire de manière extrêmement puérile. Mais la vision de la reine du lycée surgissant subitement devant sa porte un dimanche après-midi avait de quoi la déstabiliser. Dehors, la brune s'impatienta.

-OH ! Tu vas m'ouvrir Farron ! s'écria-t-elle.

Une fraction de seconde après, la sonnette était prise de convulsion sous les impulsions répétées de Fang sur le bouton. Claire grimaça et se décida à rouvrir la porte. De nouveau face à face, elles se défièrent mutuellement du regard.

-Qu'est-ce que tu veux, gronda Lightning.

La reine du lycée la toisa, visiblement furieuse qu'on lui ait claqué la porte au nez. Elle resta silencieuse un moment, puis soupira et ses traits se détendirent un peu. Elle croisa les bras, baissa les yeux et marmonna quelque chose d'une voix si faible que Claire n'entendit rien.

-Je n'ai rien compris, fit-elle remarquer.

-JE M'EXCUSE, s'écria Fang. T'as compris cette fois ?

Lightning fronça les sourcils. Non seulement la phrase avait visiblement failli arracher la langue de la reine du lycée, mais en plus … C'était la pire façon du monde de s'excuser !

-Non mais tu as cru qu'on demandait pardon en hurlant sur les gens ? s'agaça Claire.

Fang eut un geste énervé de la main, comme si elle chassait la remarque.

-Eh ça va, tu veux pas que je me mette à genoux en suppliant non plus ! s'offusqua-t-elle.

-Pourtant je mériterai ! estima Claire.

La brune releva fièrement le menton.

-Bon, t'acceptes mes excuses ou merde ?

Lightning eut un rire nerveux. Décidément, cette situation était tellement incongrue qu'elle ne savait pas comment réagir –bien que répondre « merde » soit extrêmement tentant-. Que Fang vienne lui présenter –agressivement- ses excuses était totalement inespéré. Peut-être les dieux l'avaient-ils entendue ? Même si envoyer bouler la brune à cet instant était plus qu'alléchant, Claire supposait que l'occasion de faire la paix ne se représenterai pas de sitôt.

Elle secoua la tête, et passa en revue ses options avant de relever les yeux vers le visage impassible de Fang.

-OK, lâcha-t-elle finalement.

La reine du lycée hocha la tête avec satisfaction, et décroisa les bras. L'affaire était apparemment enterrée pour elle désormais.

-Parfait, approuva-t-elle.

La brune glissa les mains dans les poches arrières de son pantalon, et prit appui sur son autre jambe, attendant visiblement quelque chose. Lightning balaya son jardin du regard, fuyant les yeux de son interlocutrice. Ne pouvait-elle pas, juste s'en aller ?

La blonde prit une inspiration, puis s'écarta doucement du passage.

-Bon … Puisque tu es là … Tu veux qu'on travaille sur notre rapport ? proposa-t-elle.

Même si ce n'était pas ce qu'elle voulait entendre, Fang sembla s'en contenter et entra docilement dans la maison.

Lightning la conduisit vers sa chambre, qu'elle se félicita d'avoir pris le temps de ranger.