Les beaux-jours avaient peu à peu pointé les bouts de leurs nez. Les étudiants les attendaient avec impatience et étaient plus souvent dans le parc. Les quatre maisons avaient des points similaires, mais gryffondor menait davantage chaque jour. Arthur Weasley le Préfet-en-Chef des gryffondor était satisfait de cette année. Pour la première fois, sa maison n'était pas à la ramasse et les élèves avaient essayé de prouver qu'ils n'étaient pas bon qu'à faire des sottises. Arthur souriait en pensant à Alice, une première année, qui avait été si fière de ramener une trentaine de points en défense contre les forces du mal en impressionnant tout le monde sur sa connaissance des créatures humanoïdes marines. Une sorte d'effervescence avait parcouru leurs uniformes. Ils étaient fiers d'être gryffondors et en ces temps devenant obscurs, ils ressentait le besoin de le montrer.
Ils ressentaient le besoin d'appartenir à quelque chose de plus grands qu'eux.
La petite Sarah, malgré sa timidité maladive, avait participé à tous les cours s'obligeant à lever la main au moins une fois ramenant des petits points par-ci par-là. Son amie Elizabeth avait brillamment démontré sa capacité à ne pas s'endormir en classe en parvenant à participer en histoire de la magie. Un exploit, car le professeur y était assommant ! Faiza avait excellé bien des matières théoriques et Bilius avait brillé en vol.
Même le groupe des cancrelats avait rapporté énormément de points, le double de ce qu'ils avaient perdu. Personne ne savait comment Sirius Black s'y prenait, mais même en dormant en classe, y excellait dans toutes les matières sauf en potions, en botanique et lors de la théorie en défense contre les forces du mal où il perdait ses moyens. Il était particulièrement bon en vol et en sortilège. James Potter était tout aussi bon en vol et était un champion en défense contre les forces du mal. De plus, il excellait pour s'attirer les faveurs des professeurs et obtenir des points supplémentaires. Peter Pettigrow s'avéra être le meilleur de la classe en botanique, se débrouillait très bien en métamorphose malgré les critiques acerbes du professeur McGonagall et il sut se débrouiller en potion sans y exceller. Remus était bon dans toutes les matières sauf en vol. Certains étaient même étonnés que le professeur Slughorn ne l'ai pas invité à rejoindre son club élitisme.
Dans le club des papoteurs John Jordan rapportait de nombreux points et Frank Londubat battait des records ! Il fallait dire que Faiza Patil et Lily Evans rabâchaient aux élèves d'être sérieux. Arthur pouvait parier que Faiza l'année prochaine et Lily quand elle aurait l'âge deviendraient préfètes.
Le petit Frank Londubat était particulièrement brillant. Au point que le professeur Slughorn lui avait proposé à lui et à Lily Evans de rejoindre son club. Frank semblait pouvoir dessiner et créer tout ce qu'il voulait avec sa baguette et sa grande concentration était un atout en potion.
Arthur était également fier de l'équipe de quidditch qui allait être en finale face à serpentard. Ses yeux croisèrent ceux de Molly qui détourna la tête et s'enfuit de l'autre côté. Voilà, le seul et unique problème depuis quelques temps ! Arthur avait toujours rêvé que Molly lâche l'affaire ! Elle était chiante, à s'amuser à le provoquer. C'était une psychopathe qui était amoureuse de lui depuis leur rencontre. Elle tenait à peine debout à l'époque et il jouait encore aux billes sauteuses. Il avait pensé qu'elle se lasserait et elle avait tenu bon. Jusqu'à aujourd'hui. Elle passait tout son temps avec sa bande de sorcières et fières. Georgina, Félicia, Daisy, Lily, Faiza, Elizabeth, Sarah, ses autres amies et elle-même arboraient des badges aux slogans catégoriques : « Sorcier, sorcière, mêmes examens, mêmes droits, mêmes choix ! », « T'as une baguette ? Moi aussi. », « ASPIC mère au foyer, tu connais ? », « Sorcière. OUI. Et même salaire ! »
Tilden chez les gryffondors et Charlie chez les poufsouffle étaient les deux garçons qui aidaient particulièrement leurs mouvements. Ils étaient des sympathisants de la cause féminine s'attirant des moqueries de leurs homologues masculins en arborant des badges « sorcières et fières ! » sur leurs bustes. Leur ami Paras Patil n'arborait aucun badge mais restait avec eux ses yeux brillants de sagesse.
Le concierge observait la petite lutte des sexes avec indifférence. Il avait remarqué que Molly fuyait Arthur. Il se doutait de la raison et il trouvait ça idiot. Tout le monde, un temps soi-peu amoureux, avait un jour fait la même bêtise qu'elle. Lui en tout cas l'avait fait. Personne n'est parfait et lui moins que les autres. Aussi il ne comprenait pas pourquoi ça la gênait autant.
Un chat noir banal à ses cotés se changea rapidement en une sorcière en robe violine.
─ Appolon, combien de temps va durer ta mission ?
─ Minerva, prévenez-moi, apparaître de la sorte est effrayant.
─ Être un animagus doit avoir des avantages et vous n'êtes jamais assez sur vos gardes. Appolon combien de temps partez-vous ?
─ Peu de temps, rassure-toi Minerva. Je suis impatient de découvrir les prochaines bêtises des jeunes de ta maison.
─ Alors pourquoi Dumbledore a-t-il demandé à Russard de te remplacer ? Il n'a guère l'air heureux de se retrouver concierge. D'ordinaire, il ne vient à l'intérieur de l'établissement que l'été quand les étudiants rentrent chez eux. De plus, du fait de ses particularités surveiller la volière était déjà difficile pour lui alors les étudiants …
─ Ne sous-estime pas Argus. Il a passé sa vie ici, il en connait chaque recoin. Tes petits protégés vont être bien plus souvent attrapés lors de leurs escapades nocturnes.
─ Il est cruel. Dumbledore refuse de le voir. Combien de temps, Appolon, pars-tu ?
─ Je ne peux pas te le dire, Minerva. Tu ne veux pas entendre parler de l'ordre du ….
─ Effectivement. Tu as appelé ta famille ?
─ Non.
─ Tu es la personne la plus butée que je connaisse !
─ C'est pour cela que tu m'apprécies, dit-il penchant le visage vers l'oreille de la femme.
─ C'est pour ça que le directeur Armando Dippet était contraint de te punir systématiquement et que le concierge avait initié de nouvelles punitions en ta faveur.
─ Ce bon vieux directeur ! Il était davantage préoccupé par ses rosiers situées à côté de la maison du garde-chasse que par nos états d'âme.
─ Et toi, tu ne pensais qu'à te faufiler dans toute l'école malgré l'insécurité qui pouvait s'y trouver. Qu'allais-tu y chercher déjà ?
─ Plains-toi à Argus, c'est lui qui m'a montré tous les passages secrets.
Elle se pinça le nez. Minerva n'appréciait guère Argus Russard. Elle se souvenait de cet adolescent quand elle était entrée enfant à Poudlard. Il avait vieillit en ce lieu comme-ci il en était un fantôme et elle avait été la première perturbée par le rapport qu'elle avait toujours trouvé malsain entre Appolon Picott et Argus Russard. La différence d'âge dans cette amitié, si elle pouvait nommer ça ainsi, Argus n'ayant toujours exprimer que de la haine envers le concierge.
Elle en comprenait aujourd'hui la raison d'une telle agressivité, elle n'avait pas changé d'avis sur lui. En tant que cracmol, il semblait avoir été recueilli par le directeur Dippet. En tant que cracmol, enfant né de parents sorciers mais ne l'étant pas lui-même, Apollon était sans doute tout ce qu'i haïr. Dès le plus jeune âge, Appolon avait su user de magie sans baguette. Il était né élémentariste et n'avait fait que progresser dans ce domaine. Le petit phénix devait apprendre à contenir son énergie. Ce trop qu'il avait était terriblement en moins chez Argus.
Toutefois, Minerva ne savait pas laquelle des deux situations étaient préférables : avoir été abandonné par sa famille honteuse et haït à Poudlard en étant un cracmol ou avoir été confié à Dumbledore et enfermé à Poudlard par une famille fière et aimante. Sur le papier, la seconde situation était préférable. A l'exception d'un point, un orphelin peut au moins s'inventer sa vie. Appolon n'avait pas ce luxe. Dénué d'imagination, Rusard n'avait toutefois jamais pensé qu'il pouvait être un jour quelqu'un de glorieux.
Le garde-chasse nommé Hagrid avec son caractère bourru et maladroit était davantage agréable à Minerva. Même en tenant compte du fait que ce dernier soit responsable de la mort d'une étudiante à son époque en ayant introduit un animal dangereux dans l'école et en ayant élevé, selon la rumeurs, une portée de loups-garous.
─ Je ne comprends pas pourquoi tu éprouves de l'amitié envers Argus. Il te hait, Appolon.
─ Si on ne doit aimer que les gens qui nous aiment, nous serions dans un monde d'égoïstes. Albus me l'a répété assez souvent.
─ Contacte ta famille dans ce cas.
─ Minerva.
─ Très bien. Contact Malcom alors. Cesse d'être égoïste.
Cette fois-ci le concierge qui semblait avoir réponse à tout ne trouva rien à dire. Il regarda droit devant lui. Il n'enverrait un hibou ni à sa famille, ni à Malcom, ni même à son cordonnier malgré qu'il avait une paire de bottes à refaire. Il avait du travail, essaya-t-il de se convaincre, à son retour il prendrait une décision : sur sa famille, sur Malcom et sur sa paire de chaussures usées qu'il ferrait sans doute mieux de jeter.
─ Je suis ici depuis plus de trois ans et je me pose une question, à laquelle tu pourras sans doute répondre.
─ Je t'écoute.
─ A quel degré de cousins sont Charles Weasley et Arthur Weasley ?
─ Ils sont frères.
─ Frères ? balbutia abasourdi Appolon tant ça lui semblait impossible, sont-ils en conflit ?
Minerva n'en savait rien. Elle avait posé déjà posé la question à son amie et directrice de la maison poufsouffle, Pomona Chourave quand elle l'avait remarqué à l'arrivée des garçons. Pomona avait tenté d'en parler avec Charles qui avait répondu que lui et son frère n'avaient pas envie que ça se sache mais qu'ils s'entendaient très bien : ils étaient d'ailleurs souvent ensemble mais aimaient mieux se faire passer pour des amis. Minerva avait posé la question à Arthur qui avait simplement dit que Charlie n'aimait pas qu'on sache qu'ils étaient frères et qui étaient ses parents. Vu l'histoire de sa mère et de son père, ça pouvait se comprendre.
Minerva avait craint pour Charles Weasley après sa fugue en 1969. Elle savait qu'il ne rentrait plus chez ses parents depuis cette époque et ne savait pas où vivait le garçon mais Dumbledore lui avait assuré de ne pas s'inquiéter.
Les deux frères qui ne se doutaient guère qu'on parlaient d'eux se retrouvèrent sur la même allée. Charlie se rapprocha d'Arthur lui faisant un signe de la main. Arthur avait toujours des difficultés à devoir jouer la comédie. Il adorait son petit frère mais depuis qu'ils étaient à l'école, Charles avait renié sa famille et nié être son frère, agissant avec distance. Au point que nombreux de leurs camarades de septième et sixième année pensaient qu'ils étaient cousins éloignés et même très éloignés tant Charlie semblait être dans un autre univers. Arthur aurait aimé que Charlie ne le fuit pas en permanence.
Les étudiants les plus jeunes ne savaient pas qu'ils avaient un lien du sang. En effet, Charlie avait teint ses cheveux en un jaune poussin. En cette journée de pause, il portait un tee-shirt d'un jaune encore plus voyant que ses cheveux. Ils ne se ressemblaient en rien : ni en carrure, ni en taille, ni par un aspect physique ou de caractère. Pourtant quand Arthur regardait Charlie, il se voyait. Il voyait son précieux petit frère.
─ Désolé pour le match.
─ Pour une fois que tu nous bats, sourit Charlie, j'avais la tête ailleurs.
─ Mauvais excuse. Tu pars toujours en Amazonie cet été ?
─ J'y vais pour étudier, Arthur, c'est la chance de ma vie.
─ Essaye de passer voir nos parents, avant de partir.
─ J'aurais pas le temps.
─ Ils ne t'ont pas vu depuis longtemps Charlie.
─ Arrête, je ne suis pas venu te parler de ça.
─ De quoi voulais-tu me parler ?
─ T'es au courant que le concierge a puni Molly jusqu'à la fin de l'année ?
Minerva avait un peu honte d'écouter la conversation des deux garçons. Elle donna un coup sur la baguette d'Appolon pour qu'il cesse ses enfantillages. C'était déjà son problème à l'école, d'aimer écouter les uns et les autres.
─ Vous avez des points communs avec Charlie.
─ Fuir sa famille est souvent la meilleure solution.
─ Tu es horrible. Tu devrais essayer de le convaincre de parler à sa famille. Les Weasley sont des gens bien.
─ Même chez les Weasley, on n'est pas si parfait et on a des cadavres dans les placards.
Il s'éloigna, rejoignant les deux adolescents qui discutaient sans se douter avoir été espionnés par un adulte. Ce dernier posa une main sur chaque épaule des deux garçons. Il pencha la tête vers eux, étant plus grand.
─ J'ai les oreilles qui sifflent, Weasley n°1 et n°2.
─ Monsieur, on …
─ Charlie et Arthur Weasley de la branche rejetée des Black, tt, n°2, vous m'avez caché des informations.
─ Oh, remarqua Charlie, il vous aura fallu trois ans pour faire le lien entre Arthur et moi. Vous êtes un mauvais enquêteur, monsieur.
─ Monsieur, vous venez nous voir pour une raison ? questionna Arthur.
─ Je venais chercher Monsieur Weasley n°2 pour m'aider. On m'a dit qu'il avait la main verte.
Arthur regarda Charles s'éloigner en soupirant, Charles avait l'air très heureux de ne plus avoir à lui parler et de suivre le concierge. Quand avait-il arrêté d'être le petit frère adorable pleurant pour rien et venant sans cesse chercher de l'aide auprès de lui ? Hier, un simple genou écorché le faisait pleurer. Aujourd'hui, il vivait en solitaire et ne se plaignait jamais.
Molly les observait en coin. Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle avait essayé de faire un philtre d'amour qui l'avait conduit à être sanctionné pour avoir été découverte dans les toilettes de Mimi Geignarde. Ce maudit concierge était visiblement partout ! Evidemment qu'elle ne l'aurait pas utilisé. C'était juste si difficile de ne pas être aimé d'Arthur. L'amitié, c'est nulle, quand ce n'est pas ce qu'on veut !
Ce n'était pas Charlie Weasley qui dirait le contraire.
