Miou tout le monde !

Je sais pas chez vous, mais ici la météo fait un peu du n'importe quoi. Mon cerveau en est sacrément perturbé. Genre plus que d'habitude.

Disclaimer : à mon grand déplaisir, je ne possède toujours pas Hetalia


Le soleil finissait de se lever lorsque les deux nations se réveillèrent, pour une fois à peu près en même temps. Sadiq en profita pour immédiatement enlacer Héraklès, sans que celui-ci puisse vraiment protester. Alors qu'il le serrait contre lui, il sourit et attendit quelques secondes avant de le laisser s'éloigner.

- Bonjour aussi, bâilla le grec.

- Tu ne m'as pas laissé le temps de te dire merci hier.

- J'avais sommeil.

Le mage ignora superbement cette magistrale démonstration d'ironie et continua sur sa lancée.

- Comment tu as réussi à obtenir le casque ?

- Perséphone me l'a donné juste avant de vous rejoindre, répondit Héraklès en haussant les épaules. Apparemment, réussir son épreuve validait les conditions requises pour que je le reçoive.

Sadiq hésita un instant avant de poursuivre. Il sentait que son allié, ami, amant, partenaire qu'il ne savait plus trop comment qualifier, lui cachait quelque chose. Il décida de passer outre pour le moment et réorienta légèrement la discussion.

- Quelles que soient ses raisons, notre quête est achevée. Grace à toi, j'ai tous les artefacts dont j'ai besoin pour récupérer mes pouvoirs.

- Et c'est la dernière fois que je passe un accord avec toi, ajouta le grec.

- Ose me dire que tu n'as pas apprécié cette aventure, répliqua Sadiq.

- On a rencontré des dieux qui nous imposé des épreuves qui relevaient presque de la torture physique ou psychologique pendant lesquelles on a failli mourir. Ce n'est pas exactement ma définition d'un bon moment. D'autant plus que si on se réfère à la définition d'amusement ou au concept d'appréciation en lui-même, tels que définis par...

Pendant que la nation grecque exprimait son point de vue et semblait s'apprêter à en faire une analyse beaucoup trop détaillée, Sadiq observait les lèvres bouger bien plus qu'il n'écoutait les mots qui en sortaient. Sans interrompre son allié, il se rapprocha néanmoins de lui et enroula un bras possessif autour de sa taille. Héraklès s'arrêta momentanément de parler, devinant ce que l'ottoman avait en tête. Celui-ci ôta son masque en même temps qu'il prit la parole et planta son regard dans les yeux du grec.

- Il n'y a vraiment aucun moment qui t'a plu ? fit-il suavement.

Il rapprocha lentement son visage de celui de son amant dans l'intention manifeste de l'embrasser, mais celui-ci se déroba au dernier instant.

- Je crois qu'on doit avoir une petite discussion, tous les deux, énonça-t-il clairement.

Sadiq se crispa immédiatement et fit mine de vouloir remettre son masque, mais Héraklès bloqua son poignet à la mi-chemin.

- Je préfère qu'on se parle à visage découvert, ajouta-t-il non sans une certaine ironie.

- Ça ne peut pas attendre un peu ? tenta le mage.

- Non.

Sadiq soupira, puis se redressa sur un coude et envoya son masque suffisamment loin de lui. Naturellement, il profita de la distraction que son geste causa pour attaquer le premier et s'assurer qu'il dirigerait la conversation.

- J'ai eu l'occasion de te voir pendant que tu discutait avec Perséphone. Tu avais l'air... tendu.

- Hadès t'a emmené au miroir d'eau ? en déduisit Héraklès.

- C'est là qu'il m'a posé son ultimatum. De quoi la reine des enfers et toi avez-vous parlé ?

- De chats, de fleurs, ce genre de choses, éluda le grec. Elle est, comme moi, d'avis que les petits bonheurs en apparence superficiels sont en réalité primordiaux au bien-être moral de...

- Et naturellement, le coupa Sadiq, c'est le genre de discussion qui va te forcer à cacher ton visage dans tes mains et te faire pleurer.

Héraklès resta impassible pendant quelques secondes, mais se rendit compte que les yeux brûlants qui le fixaient risquaient de lire en lui un peu trop facilement s'il restait silencieux. Une bataille de regards ne tournerait pas à son avantage dans les circonstances actuelles.

- On a parlé de toi et du danger que tu représentes pour moi, admit-il à contrecoeur.

Sadiq se sentit à la fois soulagé par la révélation et vexé par l'accusation.

- Après ce qui s'est passé pendant ces derniers jours, je ne pensais pas que tu me verrais encore comme un ennemi dangereux.

- Alors que tu m'embarques dans un voyage qui me met en danger de mort tous les deux jours ?

- J'ai fait tout ce que je pouvais pour te protéger et tu le sais. Si j'avais pu t'épargner certaines épreuves ou certains risques, je l'aurais fait.

Les deux anciens adversaires se jaugèrent pendant une dizaine de secondes et la tension devint palpable. Le mage détourna finalement les yeux et reprit la parole.

- Héraklès...

Le grec haussa les sourcils, intrigué par le ton inhabituel de l'ottoman.

- Ces derniers jours ont changé beaucoup de choses entre nous. Et... j'apprécie ce que notre relation devient.

- Notre relation ? releva Héraklès.

- Nos rapports, si tu préfères, tempéra aussitôt le mage. J'aime pouvoir parler et échanger avec toi sans que ça se termine en pugilat. T'avoir à mes côtés dans cette aventure m'a été d'une aide non négligeable.

Le grec resta silencieux mais un petit sourire moqueur étira le coin de ses lèvres à la fin de la phrase de l'ottoman. Celui-ci n'en avait cependant pas fini avec sa déclaration et il se rapprocha langoureusement de son corps, en même temps que sa voix semblait se réchauffer.

- Et il est indéniable que physiquement, on est particulièrement compatibles...

Alors qu'une main agile remontait sensuellement le long de ses cuisses, Héraklès stoppa le mouvement et bloqua le poignet du mage avant que celui-ci arrive à une zone particulièrement sensible de son anatomie.

- Tu as envie de remettre ça, déclara-t-il.

- Toi aussi, contra immédiatement l'ottoman. Tu as aimé.

- J'ai aimé, oui. Ça ne veut pas dire pour autant que j'ai envie de recommencer.

- Héraklès... Tu as autant envie de moi que j'ai envie de toi et ça se voit. On est célibataires, seuls dans un coin perdu et tranquilles pour encore quelques heures. Donne-moi une raison valable de ne pas recommencer.

- Tu n'as aucune idée de ce qu'on fera après.

Sadiq parut surpris un instant par la réponse, et ses yeux exprimèrent une certaine incompréhension.

- Et alors ? Autant profiter l'un de l'autre tant qu'on le peut.

- Et après, qu'est-ce qui va se passer ? Chacun rentre chez soi et reprend ses habitudes ?

- Je n'y vois aucun inconvénient, concéda le mage. Après, si tu as envie de remettre ça plus souvent, je suis persuadé qu'on pourra s'arranger.

Un silence s'installa pendant une dizaine de secondes, qu'Héraklès finit par briser d'une voix apparemment neutre.

- Juste du cul alors ?

- Tu as ma parole qu'il n'y aura rien de plus.

L'air sincèrement rassurant de Sadiq parvint à convaincre le grec que son allié pensait vraiment ce qu'il disait. Il soupira légèrement et soutint le regard de braise du mage avant de se rapprocher de lui, une étincelle de défi et de curiosité dansant au fond de ses prunelles.

- Ça, ça reste à voir, murmura-t-il.

Sans laisser à Sadiq le temps de relever sa dernière phrase, Héraklès emprisonna ses lèvres. Le mage tenta pendant un instant de stopper l'assaut mené par le grec pour avoir des explications, mais renonça rapidement pour se concentrer sur le bien plus préoccupant problème de reprendre l'avantage. Il aurait tout le temps de poser des questions plus tard.

Sa première contre-offensive se porta sur leur baiser. Alors que l'ottoman s'était malgré lui laissé dominer pendant les premiers instants, il ouvrit les lèvres et se mit à jouer avec la langue d'Héraklès. Il imposa rapidement son rythme et sa façon de faire, caressant et tournant assez lentement pour que le grec puisse le suivre, mais de façon un peu trop imprévisible pour qu'il puisse envisager de reprendre l'avantage. Ce premier et presque calme affrontement réveilla néanmoins son esprit de compétition et enflamma son corps.

Obnubilé par le besoin de reprendre le dessus dans leur baiser, Sadiq ne remarqua que très tard qu'il avait déjà été pratiquement entièrement déshabillé. Héraklès n'avait presque plus aucun obstacle textile pour accéder à sa peau, et profitait allégrement de la situation. Le mage sentit une main descendre dans son dos et s'arrêter un moment sur ses fesses, avant de venir effleurer son pénis dressé. Il n'avait pas fallut cinq minutes à Héraklès pour le faire bander dur, et ils en étaient tout aussi conscients l'un que l'autre. Un grognement étouffé lui échappa et le grec en profita pour se soustraire de son emprise. Essoufflé, Héraklès regardait Sadiq avec un mélange de défi, de luxure et d'autre chose que le mage ne réussit pas à identifier.

Furieux de s'être fait avoir de la sorte, l'ottoman bloqua son amant d'une main, et fit disparaitre ses vêtements d'un claquement de doigts.

- Tu utilises déjà la magie ? se moqua Héraklès. Je pensais que tu attendrais plus longtemps avant d'admettre que j'avais pris le dessus...

- Si quelqu'un prend le dessus ici, c'est moi.

Une lueur s'alluma dans le regard du grec, et il dégagea ses poignets en quelques instants malgré la résistance physique de son allié. Il se redressa aussitôt pour s'asseoir face à Sadiq, désormais à genoux. Leurs yeux étaient à la même hauteur. Sadiq avait beau être magicien, Héraklès possédait la plus grande force physique. En moins de cinq secondes, le mage se retrouva allongé sur le dos et dominé par son allié, les bras bloqués de chaque côté de son corps. Le grec se pencha pour atteindre le visage de son amant, faisant par la même occasion ressortir ses abdos.

- Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser être au-dessus deux fois de suite ?

L'ottoman ne répondit pas immédiatement. Il pouvait compter sur les doigts d'une seule main les fois où il avait laissé un partenaire sexuel prendre le dessus. Finalement, il libéra ses bras de l'emprise de son amant, le faisant par la même occasion complètement tomber sur lui. Leurs sexes se touchèrent un instant, puis Sadiq les fit basculer sur le côté et empoigna l'érection de son amant pour distraire son attention avec des caresses appuyées. La méthode fonctionna et il en profita pour répondre avant qu'Héraklès ne se reprenne.

- Si tu veux vraiment jouer à ce jeu-là, il va falloir le mériter, murmura-t-il lascivement.

Le défi était lancé, et Héraklès avait la ferme intention de le remporter. Il n'avait pas vraiment montré ce dont il était capable la première fois, se contentant de céder au désir que lui inspirait Sadiq. Il le laissa donc continuer à le masturber, se sachant parfaitement capable de résister aux vagues de plaisir qui lui étaient procurées. Il ne comptait d'ailleurs pas utiliser la même méthode pour parvenir à ses fins. Son bras gauche s'enroula progressivement autour de son amant, pendant que l'autre remontait doucement la ligne de sa musculature hâlée. Le grec ralentit à peine en arrivant aux boules de chair sensibles sur le torse de Sadiq, et les frôla à peine avant de placer sa main sur son cou.

Il s'approcha pour recommencer à l'embrasser, mais alors que Sadiq semblait prêt à reprendre une bataille sensuelle pour avoir le dessus, il fut surpris de voir que ce n'était pas l'objectif du grec. Son baiser était doux, tendre, et leurs lèvres s'entrouvrirent à peine. Une chaleur d'un tout autre type se diffusa dans l'esprit et le corps du mage, et son coeur s'emballa soudainement.

Sadiq ne comprit pas immédiatement ce qui se passait. Il était ridicule que son rythme cardiaque augmente de la sorte pour un échange si sage. La sensation qui parcourait son corps était... étrange. Son désir de compétition le quittait peu à peu au profit d'une autre émotion qu'il n'identifiait pas. Son désir sexuel était toujours bien éveillé, aucun doute là-dessus, mais il sentait une modification profonde s'opérer. D'un coup, savoir qui était au-dessus n'avait plus vraiment d'importance à ses yeux. Et Héraklès l'embrassait toujours de cette manière trop tendre qui lui retournait le cerveau.

Il se détacha d'un coup, incertain de ce qui était en train de se produire.

- Un problème ? murmura Héraklès en se rapprochant de lui.

- Qu'est-ce que tu es en train de faire ?

- Actuellement, je réponds à ta question, mais dans un passé très récent, j'étais en train de t'embrasser.

- Héraklès.

Le ton s'était durci et le grec nota pour une fois une lueur d'inquiétude bien réelle dans les prunelles mordorées du mage. Celui-ci continua d'ailleurs sans attendre de réponse.

- Je ne sais pas à quoi tu joues, mais ce n'est pas ce qu'on avait convenu.

- Et qu'est-ce qu'on avait convenu exactement ?

- Du sexe et rien de plus.

- Je ne me souviens pas qu'on ait tous les deux manifesté notre accord là-dessus, répliqua Héraklès.

En parlant, il trouva un intérêt aussi soudain que prononcé pour les broderies du coussin le plus proche. De son côté, le mage comprit enfin où son allié voulait en venir et un air extrêmement sérieux se dessina sur ses traits.

- Tu connais mon point de vue sur les relations de couple. Il me semblait avoir été clair à ce sujet.

- Et il me semblait que tu avais été forcé de considérer d'autres possibilités.

Un silence glacial s'installa pendant une poignée de secondes avant que la nation ottomane reprenne la parole, en détachant lentement chaque mot. Son visage s'était fermé.

- Je te demande pardon ?

- Je sais à quoi sert vraiment le miroir d'eau.

Un éclair de colère passa dans les yeux de Sadiq.

- J'ai dû admettre que tu étais plus important à mes yeux que ce que je croyais, éluda-t-il. Ce qui ne change strictement rien à la situation présente.

- Vraiment ?

- Je ne m'engagerai pas dans une relation exclusive et conventionnelle. Je n'y ai aucun intérêt. Je pensais que tu l'avais compris.

Héraklès resta silencieux et impassible pendant quelques secondes, puis ferma les yeux un court instant avant de les rouvrir pour dévisager son allié.

- Il semblerait qu'Hadès et Perséphone nous aient surestimés.

Sadiq fronça les sourcils, sans comprendre ce que le grec signifiait par là. Ce dernier poursuivit sans s'en soucier, comme s'il la phrase était davantage destinée à lui-même qu'à son interlocuteur.

- J'ai l'impression que notre accord touche à sa fin.

- En effet.

En quelques minutes, les deux nations se rhabillèrent et Sadiq fit disparaître la tente. Kida revint un peu plus tard et alla directement se lover dans les bras de son humain. Pas un mot ne fut prononcé lorsque le mage tendit sa main pour signaler au grec de le rejoindre à l'intérieur du portail magique qui les ramènerait à sa demeure.

Les montagnes grecques devinrent floues et se muèrent progressivement en un paysage bien différent. Lorsque l'image se stabilisa enfin, ils étaient de retour à leur point de départ, devant la grille d'entrée de la demeure de l'ottoman.

Gupta arriva en courant, ayant senti l'énergie magique caractéristique de Sadiq. Son regard capta immédiatement la froideur qui régnait entre les alliés temporaires, mais il n'en montra rien.

- Je n'ai pas eu de vos nouvelles depuis des jours ! s'exclama-t-il. Je commençais à penser qu'il vous était arrivé quelque chose...

- Nous sommes en vie et j'ai tous les artefacts, répondit sèchement Sadiq. Maintenant que c'est fait, allons ouvrir cette fichue boîte. Héraklès, je ne te retiens pas, tu as rempli ta part du contrat et tu n'as plus d'obligation envers moi.

Le grec ne répondit même pas et le mage s'engagea directement dans l'allée pour rejoindre son laboratoire. Lorsqu'il se fut éloigné de quelques mètres, Gupta siffla légèrement et se tourna vers Héraklès.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Tu veux la version détaillée ou le résumé ?

Connaissant son ami, l'égyptien le pria immédiatement d'opter pour la version résumée, en espérant que celle-ci durerait moins d'un quart d'heure. A sa grande surprise, le grec semblait également ne pas être dans un bon jour et fut inhabituellement concis.

- Les dieux ont voulu nous mettre ensemble, il a failli mourir, j'ai failli mourir, on a failli mourir, on a couché ensemble, on est allé aux enfers, j'ai failli devoir y rester pour toujours, on en est ressortis et j'ai refusé de coucher une deuxième fois avec lui si c'était juste pour du cul.

Les yeux écarquillés, Gupta hocha une ou deux fois la tête très lentement, le temps d'emmagasiner toutes les informations. Au bout de quelques instants, il soupira et regarda le grec d'un air compatissant.

- Je t'avais dit de te méfier de lui.

- Frôler la mort plusieurs fois en quelques jours et avoir à la fois sauvé et été sauvé par une seule et même personne, ça créé un état de tension assez particulier, objecta Héraklès.

- Je veux bien te croire. Allez, entre quand même. Tu as au moins mérité un verre et une sieste dans un vrai lit avant de repartir.

Le grec hésita un instant, mais suivit l'égyptien, qui le conduisit à sa chambre personnelle. Bien que n'étant pas réellement chez lui, il y avait quand même mis sa marque. Derrière l'influence orientale se cachait discrètement un certain nombre de symboles de l'Egypte, principalement des statuettes en bois représentant divers dieux. Il y avait également des plantes de désert un peu partout et un bureau surchargé de papiers, que Gupta rangea prestement lorsqu'Héraklès posa les yeux dessus.

- Désolé, s'excusa-t-il en empilant la plupart des rouleaux. C'est rare que quelqu'un vienne ici.

La nation grecque signifia d'un geste de la main que ça n'avait aucune importance et s'assit dans un des fauteuils. D'un petit coffret dans un mur, l'égyptien sortit une bouteille et deux verres, remplissant les seconds avec le contenu de la première. Il en tendit un à son ami, et leva l'autre en s'asseyant en face de lui.

- À la réussite de ce plan foireux.

Avec un sourire ironique, Héraklès leva son verre. Après en avoir siroté chacun une gorgée, Gupta reprit avec plus d'empathie.

- Je suis désolé que ça se soit si mal passé. Sadiq est juste incapable de s'attacher sérieusement à qui que ce soit.

- C'est plutôt à moi d'être désolé. Cette expédition a brisé ce qu'il y avait entre vous sans que personne n'y gagne.

- Je n'ai pas encore dit mon dernier mot avec cette tête de mule, sourit l'égyptien. Maintenant que tu es définitivement hors course et que son problème est pratiquement réglé, ça me laisse le champ libre.

- Je te souhaite bon courage pour obtenir davantage qu'une relation à sens unique qui ne tient que par l'assouvissement mutuel de besoins charnels.

- Je l'aurai à l'usure. Je peux lui apporter bien plus que ça et il finira par s'en rendre compte.

- Si tu le dis, céda Héraklès.

Chacun retourna à son verre pendant quelques instants, puis une onde d'énergie les frappa soudainement et Gupta se leva avec un regard incrédule.

- Il est déjà en train de l'ouvrir !?

Il adressa quelques vagues mots d'excuses à Héraklès et se rua vers le laboratoire de l'ottoman, faisant au passage tomber son verre.

Sans un mot, le grec ramassa le contenant et le reposa sur le bureau, en déplaçant quelques-uns des papiers que son ami avait empilé à la va-vite. Malheureusement, les rouleaux ont en général une fâcheuse tendance à vouloir rejoindre le sol en se déroulant, et les trois du dessus de la pile ne firent pas exception à la règle.

En soupirant, Héraklès les ramassa, et son regard tomba sur la belle calligraphie que représente l'écriture arabe et qu'il savait parfaitement lire. Le début d'une phrase attira son attention et lui fit froncer les sourcils. Parfaitement conscient de l'indiscrétion qu'il était en train de commettre en lisant des papiers vraisemblablement privés, il déroula entièrement la feuille et la parcourut rapidement.

-oOo-

Lorsque Gupta revint finalement dans sa chambre, Héraklès avait disparu et les deux verres trônaient sur le bureau. Ses papiers n'avaient pas plus bougé que la bouteille et il soupira de soulagement. Levant le verre auquel le grec avait à peine touché, il sourit largement, une étrange lueur dans les yeux.

- Merci Héraklès.

Et il vida le verre d'un trait.

-oOo-

Allongé sur son lit, Sadiq baignait dans une douce euphorie. Il sentait enfin ses pouvoirs revenir à leur pleine puissance. A peine la boîte avait-elle senti la présence des artefacts autour d'elle qu'elle s'était ouverte, laissant apercevoir deux parchemins jaunis par le temps. Sur l'un d'entre eux était inscrit le sort en lui-même, mais le second était tout simplement trop abimé pour pouvoir être déchiffré. L'ottoman avait détruit consciencieusement les deux bouts de papiers, annulant ainsi la malédiction dont il était injustement victime. Une fois cette tâche accomplie, les artefacts s'étaient tout simplement évanouis et Sadiq avait légitimement supposé qu'ils étaient retournés à leurs propriétaires originaux.

Ses pouvoirs revenaient, c'était tout ce qui comptait. Il se sentait de nouveau complet et en harmonie avec son corps. Une petite partie de son esprit lui fit toutefois remarquer qu'il aurait été d'autant plus agréable de fêter l'évènement avec Héraklès dans son lit. Dommage que le grec se soit montré aussi réticent à son fonctionnement relationnel. Quelqu'un frappa à sa porte à l'instant où il se disait qu'il était peut-être de bon ton d'au moins envoyer un message à son allié temporaire pour le remercier de son aide.

- Entrez.

Gupta entra, avec dans le regard une étincelle que l'ottoman connaissait bien.

- Tu comptes vraiment dormir seul ce soir ? le provoqua l'égyptien.

Le mage soupesa la question pendant environ deux secondes. S'il ne pouvait pas avoir dans son lit celui qu'il avait vraiment envie d'y voir, rien ne l'empêchait de s'amuser avec quelqu'un d'autre.

- J'imagine que je ne dirais pas non à de la compagnie.

Et il fit signe au plus jeune de venir le rejoindre.

-oOo-

Héraklès retrouva ses chats avec plaisir et remercia grandement la voisine qui s'en était occupé pendant son absence. Il passa plusieurs heures à distribuer croquettes, caresses et bols d'eau à ses félins adorés pendant que Kida se pavanait en reine de l'endroit. La nation grecque alla finalement s'allonger sur son lit, son cerveau réfléchissant à plein régime. Les dernières vingt-quatre heures avaient ébranlé un grand nombre de ses certitudes, et il avait besoin de temps pour décider quoi faire. Ses chats – du moins une partie d'entre eux – le rejoignirent plus ou moins rapidement pour l'entourer de ronronnements heureux, et il s'endormit.

-oOo-

Sur l'Olympe, Héra bouillait presque de colère tandis que Zeus était globalement satisfait.

- Comment a-t-il osé se contenter de ça !?

- Mon petit paon en sucre, calme-toi s'il te plait. Lequel blâmes-tu exactement ?

- Les deux, mais surtout ce Sadiq. Quel crétin ! Dire qu'Hadès avait fait un si bon travail ! Toute cette énergie gâchée...

- Notre représentant s'est enfin un peu dévergondé, c'est déjà ça de pris, tempéra le roi des dieux.

Il se prit un regard incendiaire de son épouse, pendant que Poséidon s'amusait à compter les points avec Hermès. De son côté, Déméter félicitait une fois de plus sa fille chérie pour son excellent travail sur Héraklès, en évitant soigneusement d'évoquer la suite des évènements. Aphrodite roucoulait presque en non-stop devant la situation qu'elle qualifiait de délicieux drama romantique, et Artémis faisait pour la troisième fois semblant de vomir en écoutant son babillage. Hestia se tenait gentiment à côté de la flamme centrale, Athéna à côté d'elle et les deux avec un sourire entendu sur le visage. Arès et Dyonisos râlaient encore sur le sujet des épreuves en soutenant qu'un bon duel à mort ou un concours de shots auraient quand même été des épreuves bien plus intéressantes. Quant à Hadès, qui avait exceptionnellement été convié, il discutait tranquillement avec Héphaïstos du type d'arme le plus adapté pour le démembrement de zombies, les deux étant complètement désintéressés par le sujet principal de la soirée.

- De toute façon je ne leur donne pas dix ans avant de retomber dans les bras l'un de l'autre, lança Zeus pour calmer sa reine. Pas la peine de s'en faire.

Héra haussa un sourcil circonspect, puis un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres et une aura bien connue se dégagea de la reine de l'Olympe, forçant progressivement tous les autres dieux à observer le couple royal.

- Dix ans ?

Se rendant compte de son erreur en donnant une durée précise, Zeus tenta de rebrousser chemin, mais Hermès choisit ce moment précis pour entrer dans la danse et ruiner définitivement toute possibilité de retour en arrière.

- Zeus dit moins de dix ans ! Moi je dit moins de cinq ! Annoncez vos paris, les gars !

Et cinq minutes plus tard, la mêlée était devenue générale.


Vous ne pensiez quand même pas que ce serait si facile, pas vrai ? *rire diabolique* Rassurez-vous, il reste encore quelques chapitres avant que cette histoire soit complètement achevée. En attendant... review ? *puppy eyes*

Plein de fondants au chocolat pour vous !