Bien bien, mais qu'avons nous là ?
Mais oui, c'est bien la suite !
Comme promis, je suis tombé en hibernation après le dernier épisode de la série...
J'étais un peu... Déçue ? Désappointée ? Enfin, ce n'était pas le final que j'attendais...
Mais ce n'est que mon avis, et j'ai toujours été salée XD
Merci à Miss-Plume, à Milky07 et à Blue pour leurs encouragements !
Bref, trêve de galéjades, voici la suite !
Je la pose là, dans l'espoir que ca vous fasse passer un bon moment.
Chapitre 17 : Terres de cendre
Il avait été décidé de partir de la citadelle le lendemain.
Si certaine personnes du groupe avaient demandés de laisser du temps à l'alchimiste de se reposer, lui même avait refusé.
Il avait tout ce qui lui était nécessaire pour aller dans le royaume du Nord, et l'ambiance empoisonnée de la citadelle l'empêchait de travailler convenablement… Si on ne mettait pas en plus l'immobilisation temporaire de son bras en compte bien sur.
Il avait recopié le parchemin trouvé et allait faire une explication en bonne et du forme plus loin, ne voulant pas attirer l'attention des citadins.
Dés que le soleil se leva, tout le monde était prêt, quittant ce lieu enchanteur…
Du moins, au premier regard…
Les habitants avaient été assez gentils pour leur donner de la nourriture, leur indiquant qu'ils ne pourraient rien trouver de consommable sur le chemin jusqu'au royaume sombre.
Algrik prit un peu à part Adira, lui faisant d'être sur ses gardes. Autant pour les autres barbares, que à l'encontre du monstre qu'elle avait avec elle.
Elle lui avait rappelé que le monstre avait sauvé la citadelle, et qu'il était bien plus précieux qu'il ne le pensait. Algrik laissa partir Adira. Tout les deux savait que le mal n'était pas fait qu'avec de mauvaises intentions…
Mais les dégâts se faisaient tout de même ressentir.
Varian évita soigneusement le regard de la prêtresse, partant vite vers son Golem, alors que le groupe saluait joyeusement la population, qui avait mit entre parenthèse l'incident pour se concentrer sur l'étuve réparée et les soins apportés par la Princesse du sud.
S'éloignant dans les montagnes, ils traversèrent les cols sans encombre, la faune devenant de plus en plus rare, et le silence s'installant dans le groupe.
Aucuns barbares en vue, Varian se détendit et se plongea dans ses copies pour vérifier ses théories, et même faire un récapitulatif de ce qu'il avait découvert.
Il avait dans l'idée de leur exposer ses découvertes le soir, après avoir vérifier la traduction.
Les cris de la prêtresse lui revinrent soudainement en mémoire, mais il les repoussa violemment.
Cette femme était une fanatique, ses pensées n'étaient en aucun cas guidées par la logique.
Caressant l'épaule de son golem, Varian se rassura doucement. Elle avait deviné la perte de son père par hasard, ou avait simplement fait le lien avec Adira…
Tout n'était qu'une coïncidence, et en aucun cas un fait réel…
Son robot était un automate. C'est tout.
De son coté, Raiponce jetait quelque regard vers Varian, se rassurant elle aussi sur la nature de l'alchimiste.
Algrik lui avait bien parlé du royaume sombre et des Golems qui avait exterminés tout le monde sous les ordres de la reine…
Mais Varian était différent ?
Quelques flashs de l'ancien Corona lui arrivèrent, lui répétant d'être aux aguets par rapport à lui, mais elle les repoussa doucement.
Varian le hurlait sur tous les tons. Ces créations étaient mécaniques, logique et scientifiques.
Il n'y avait rien de magique dedans.
Elle pouvait parier que si elle lui en parlait, il se serait foutu d'elle en lui rappelant que les choses, comme la magie ou l'âme, n'existaient pas. Néanmoins, elle ne se sentait pas à l'aise de suivre les traces d'une reine meurtrière, sa présence semblant englober les lieux.
-Je crois que nous sommes arrivée.
Eveillé par la voix d'Adira, la princesse leva la tête, comme le reste du groupe. Déglutissant, tous fixé cette horizon mort, détaillant cette plaine vide.
Gris… Tout était gris.
Malgré les années sans humains pour ratiboiser, aucun arbres n'avaient investis le lieux, ni même de l'herbe. Le sol était resté nu, rocheux, sans le moindre signe de vie. Il n'y avait ni chant d'oiseaux, ni galopade de rats ou de mulots.
Face à eux, il n'y avait rien, que de la cendre et des cadavres rouillés de Golem.
Le vent souffla un peu, ne leur apportant aucun parfum. Puis ils se remirent à marcher vers le royaume qui s'étendait à leurs pieds.
Traversant les plaines vides, ils décidèrent de s'arrêter quand le jour se mit à décliner.
Ce fut le moment parfait du point de vue de Varian pour expliquer ce qu'il avait découvert dans la bibliothèque cachée de la citadelle.
Etablissant leurs camps entre deux géants de métal, couchés sans vie sur le sol, ils préparèrent à manger alors que Varian était partis pour décarcasser les golems pour voir leurs fonctionnements. Ralentis par son bras blessé, il fut surpris de voir son robot s'éloigner de lui, les lumières pointant vers les deux carcasses, les fixant, comme inquiet.
Varian se tourna vers lui.
-Tu ne finiras pas comme ça ne t'inquiètes pas… Puis si tu es cassé, je pourrais toujours te réparer.
-Tu lui parles vraiment en fait…
Relevant la tête, Varian vit la princesse de Corona s'approcher de lui.
Haussant un sourcil perplexe, il répondit avec sécheresse.
-Vous parlez bien à Shorty, et je pense que sa compétence de compréhension ne dépasse pas celle d'un insecte. Et encore. Un insecte est utile pour l'écosystème.
Entrant de nouveau dans la carcasse du golem, sa voix finit en écho alors que Raiponce se mit prés de l'automate, tentant de parler à Varian.
-Alors ? Qu'est ce que tu trouves ?
-Que la technologie de ses petites merveilles était plus avancée que je ne le pensais… Mais je ne comprends pas trop la source d'énergie de ceux ci… Il y avait plusieurs références de cette science dans les livres que j'ai trouvé, mais je ne pensais pas que ça pouvait aller si loin. L'étuve de la citadelle, à coté de ça, ça a été créé par des néandertaliens…
-Des quoi ?
-Rien de passionnants… Enfin, j'ai quelques idées d'améliorations pour le mien.
Varian ressortit, plusieurs pièces de métaux de contre son bras valide. Il les posa aux pieds de son robot pour grimper sur la tête du golem inerte, se penchant prêt de l'œil.
-Et je pourrais vous exposer ce que j'ai découvert en trouvant la suite du parchemin.
-Quoi ?! Tu as trouvé un autre morceau de parchemins.
-A votre avis, qu'est ce que je faisais dans la citadelle ? Il y avait une bibliothèque cachée dans le temple, et dedans, un véritable trésor historique, datant de l'ère où ce royaume était encore vivant.
-Un trésor ?
Varian se tourna vers le nouvel arrivant qui n'était nul autre qu'Eugène.
-Je parle de documents, de papiers et de livres. Il n'y avait rien de brillant là-dedans, si ce n'est quelques traité d'alchimie absolument révolutionnaire.
Glissant le long de la carcasse du robot, un de ses yeux dans la main, il regarda à l'intérieur tout en demandant des explications au deux nouveau venues.
-En fait, pourquoi êtes vous ici ?
-Je venais vous dire que le repas est prêt.
-Bien.
Varian alla poser son nouveau jouet sur le tas qu'il avait confectionné, alors que Raiponce se mordait la lèvre, frustrée de ne pas avoir put parler seul à seul avec Varian. Puis, jouant le tout pour le tout, elle posa sa main sur le bras indemne de l'alchimiste, l'arrêtant doucement.
-Varian... Je... Je voulais m'excuser pour la blessure que je t'ai infligé... Je suis désolée.
L'adolescent sentit la colère montée soudainement dans ses veines. Mais il la chassa tout aussi brutalement.
Personnes ne comprenaient ce qu'il s'était passé à ce moment précis, et tout le monde avait été choqué par le résultat.
En vouloir a Raiponce n'était pas juste... Du moins, sur ce détail.
-Je sais que ce n'étais pas dans votre intention de me bruler... C'était un accident.
S'éloignant un peu, Varian continua son explication.
-Cependant, ça n'enléve pas le fait que je ne voulais pas être soigné, mais que vous ne m'ayez pas écouté. Pour cela par contre, je vous en veux.
-Je comprend... Je suis désolée Varian.
L'alchimiste lui jeta un dernier regard avant de repartir, Raiponce devant le suivre pour aller se sustenter.
Au moins la conversation n'avait pas fit en cris ou en blessures... Le sujet qui allait suivre par contre...
Regardant le golem, elle retint un frisson de crainte.
Après ce que lui avait raconté Algrik, elle avait peur que le Golem perde tout contrôle et tente de les éliminer, comme avait fait ceux des anciens temps. Après tout, on ne savait pas vraiment comment fonctionnait cette machine, et elle semblait même doté de sa propre conscience.
Malgré le fait que jusqu'ici, le golem les ait protégés, il pouvait aussi se retourner contre eux.
Et a ce moment là, plus rien ne pourrait l'arrêter, même pas Varian.
Varian, qui ne verra pas le danger, ayant toute confiance en cette machine.
Plus que pour le reste du groupe…
Si le golem décidait de les trahir, Varian serait le premier à mourir… Et elle devait empêcher cela.
Se dirigeant tous vers le lieu où ils allaient se restaurer, Varian exposa ses trouvailles pendant le thé du soir.
Sortant les copies, et autres gribouillis, Varian commença à expliquer l'histoire qu'il en avait comprise au global.
-Nous savions qu'il y avait une guerre, entre trois royaumes. Et que ces trois royaumes étaient le royaume du Nord, Corona, et Saporia.
Posant les cartes devant lui, Varian pointa quelques endroits pour illustrer son propos.
-Mais ce que nous savions pas, c'était les noms de ses personnages, ni même leur réelle place dans cette histoire.
Posant trois pierre de couleurs, une bleue, une jaune et un rouge, il énuméra les personnages de ce drame historique.
-Il y avait Hécate, la reine du Royaume sombre. Orion, roi du royaume de Corona. Et Ilan, roi du royaume de Saporia. Mais ce que nous ne savions pas, c'est que Hécate et Orion était frère et sœur. Dans les écrits, ils sont désignés comme immortel, et ayant des pouvoirs prodigieux. Orion avait une peau indestructible, aussi dorée que le soleil.
Regardant Raiponce, celle ci se toucha les cheveux, étonné d'un tel lien entre Orion et ses cheveux.
Etait-il un ancien détenteur du pouvoir du soleil ? Elle quitta ses pensées, entendant Varian continuer de dire ce qu'il avait découvert.
-Quand à Hécate, rien ne dit qu'elle avait des pouvoirs. Il la nomme comme bâtisseuse et sage, mais c'est tout ce que j'ai put lire. Tout deux vivaient dans le royaume Sombre, sous le règne du roi Orion. Mais un jour, il disparut, laissant sa petite sœur gouverner.
-Et c'est là que tout est partit en vrille.
-Non. La reine reprit le flambeau et éleva son pays dans le domaine de la science. Cette même science qui attira et repoussa tout ennemi les attaquant. Elle conquit de nombreux pays pour les fédérer.
-Mais qu'est ce qui a mal tournée ?
-Et bien… Un jour, Orion revint. Il était partit pour bâtir un pays qui lui serait propre.
-Corona.
-Oui… On sait d'ou vient le sigle à présent.
-Hécate a peut être chassé Orion, ne supportant pas de devoir lui obéir.
-C'est possible. Sous le règne d'Orion, il n'y avait pas de guerre, ou du moins je n'ai pas trouvé de grande trace. Mais ce sont de vieux écrits.
L'alchimiste pointa Corona et Saporia sur la carte.
-Puis, il semble qu'un conflit ait éclaté entre ces trois pays. Après un certain temps de collaboration, vu que nous savons que Démagnitus, qui venait du royaume sombre, est venu sauver Corona… Mais malgré tout, une guerre a éclaté. D'ou le thème du fratricide que nous avions vu auparavant.
Raiponce releva soudainement la tête, piqué au vif par cette information.
-Hécate aurait tué son frère ?
-Possible. Tout ce que je sais, c'est que cette guerre à rayé deux pays de la carte.
Cassandra eut un air dubitatif et exposa l'illogisme de la situation.
-Mais pourquoi Orion aurait fait la guerre à sa sœur. Il avait un pays à lui, non ?
-Peut être qu'il voulait la technologie d'Hécate, ou ne supportait pas de l'avoir sur son trône… En tout cas, si Saporia semble avoir été rasée par les Golems, pour le royaume sombre… On dirait juste qu'il est mort de l'intérieur.
Varian se pencha et prit de la terre entre ses doigts, qui était qu'une mince poussière charbonneuse.
-Après cette guerre, Saporia était devenu tellement faible qu'ils ont dû fusionner avec Corona pour survivre et endiguer la famine apportée par la guerre.
-C'est horrible.
Raiponce avait murmuré cette phrase avec effroi. Deux personnes de la même famille, du même sang qui s'était fait la guerre, détruisant vies et royaumes dans leurs sillages.
-L'histoire regorge de ce genre de récit. C'est ainsi que sont les humains.
Varian ne put cacher l'amertume dans sa voix, mais se concentra de nouveau sur la traduction.
-Ils disent que, après le fratricide, naquit la fleur de soleil. L'opale par contre... Elle serait arrivée au même moment dans les entrailles du royaume sombre.
Un long silence s'installa dans le groupe, avant qu'Eugène prenne parole, aussi intéressé que perplexe.
-Ils présentent vraiment Hécate et Orion comme des personnifications des astres. Lune et soleil, frères et ennemis…
-Peut être que c'est vrai… Comme des dieux venant sur terre, murmura Raiponce.
Varian fronça des sourcils face à ses paroles, énervé par ces questions sans réponses qui commençaient à nouveau à le hanter. Il avait l'impression d'avoir toutes les pièces du puzzle, ou une grande quantité, mais qu'aucune pièce ne va avec l'autre.
-Je ne pense pas que les dieux existent… Ce n'est peut être qu'une ré-interprétation.
Raiponce resta un moment silencieuse, avant de poser la question.
-Mais finalement, c'est ça la malédiction ? La colère d'une reine vielle de mille ans ?
-Je ne pense pas…
Varian se releva doucement et souffla par le nez. Imaginons.
-Si ou ouvre nos chakras et que nous acceptons que les dieux, la magie, et que tout ce bardas existe. Alors peut être que, quand la fleur du soleil a trouvé un réceptacle, comme vous, la malédiction s'est éveillée… Car les deux pouvoirs sont liés, communiquent… C'est pourquoi vous pouvez utiliser vos cheveux pour faire obéir les rochers… Deux énergies, mais qu'une personne pour l'exprimer… Le combat n'était pas terminé…
L'équation n'était pas juste. Deux énergies, mais qu'un seul interrupteur. Comment Raiponce pouvait vraiment avoir un impact sur l'un… Surtout que cet impact sur les rochers étaient variables… Dans le vieux Corona, ils lui obéissaient, puis lors de leurs voyage avant qu'il ne les rejoignent, c'était partis, pour revenir plus tard…
Varian se tourna vers Raiponce, la main sur son menton, comme dans une intense réflexion.
-C'est peut être pour ça que les pierres vous obéissent. Ce pouvoir veut une personne pour sortir, pour se déplacer… Alors, peut être que la solution serait que vous preniez aussi le pouvoir lunaire, pour que ces deux « dieux » soient ex aequo…
Devant le silence total du groupe, Varian s'énerva.
-OUI, JE SAIS ! Mais je suis totalement perdu ! Je pensais trouver des réponses dans ce genre de textes, mais ça me rend juste plus confus ! Comment des gens qui avait comprit le climat, l'électricité, les atomes et les protons peuvent parler de façon aussi cryptique !
-Attend, de quoi tu parles ?
-Je parle du fait que ces gens étaient bien plus avancés que nous, il suffit de regarder les golems qu'ils ont fait pour s'en rendre compte ! C'était des génies, et pourtant, ils n'arrêtent pas d'écrire sur les dieux, la magie et tout ce bordel ! Alors je ne sais pas s'ils étaient idiots, ou simplement.. Que tout ça existe…
Posant sa tête dans ses mains, Varian soupira lourdement, avant de reprendre ses esprits.
-On en découvrira plus quand nous serons dans le château... Il nous faut quoi, deux jours pour y arriver ?
-Oui, a peut prés…
-Parfait.
Varian ne pouvait plus cacher à quel point il voulait que cette aventure s'arrête. Il était fatigué, épuisé, les nerfs en pelote au coté de ses alliés, et blessé au bras. Il se demanda quelques seconde si ils n'avaient pas du rester à la citadelle, mais réfuta cette option.
Il fallait finir tout ce cirque le plus vite possible, pour libérer son père.
Serrant son bras blessé, il s'assit lourdement face au feu de camps. Il n'aimait pas la tournure de cette histoire. Plus il avançait et plus les fondations de son monde en souffraient.
Même si il était toujours persuadé que la magie et les dieux n'existaient pas, beaucoup d'incohérences ébranlaient cette idée.
Et il n'aimait pas ça.
Croire aux dieux et à la magie était facile, c'est pourquoi les idiots s'accrochaient autant à cette idée. Tout est possible avec ça dans sa poche.
Les humains avaient commit les pires injustices, les pires crimes pour des raisons aussi nébuleuses.
Mais penser que tout cela n'était que des coïncidences étaient tout aussi stupides, car les possibilités étaient extrêmement réduites.
Ils découvriront tout ça quand ils arriveront dans le château.
Le lendemain, ils étaient repartis dans un silence de plombs, le paysage lunaire leur coupant tout envies de parler, et le silence de mort s'installant autour d'eux.
Seul le son de leurs pas et des grincements métalliques cassait le silence, alors que tous tentant de relever leur moral. Le ciel était gris et peu de rayon tombait sur le sol de cendre.
L'après midi fut plus difficile encore car une fine pluie leur arriva dessus.
Etrangement, ils n'arrivèrent pas bien loin, leur moral et leur énergie sapées par cette ambiance lourde et morose.
Quand ils s'arrêtèrent finalement pour la nuit, ils n'avaient pas assez parcourt pour finir le chemin le lendemain. Le groupe resta étrangement muet, les plaisanteries de Lance tombant dans le silence le plus complet.
Varian allait toujours de Golem en Golem, regardant leurs fabrication tout en réfléchissant a ce qu'ils avaient appris dans les parchemins. Préférant s'éloigner du groupe que de rester dans cette troupe silencieuse.
Bizarrement, ça le dérangeait que l'équipe soit moins bavard qu'avant…
Peut être par ce que ça donnait au moins de la vie au alentours…
Rudiger sur son épaule pour l'aider quand son bras lâchait, Varian alla dormir avec le reste qui ne semblait pas avoir dit un mot de la journée.
La journée suivant ressembla a celle de la veille, une marche funèbre vers le château, morose et triste. L'équipe allait même deux fois plus lentement, leur énergie dévorée par un mal qui les rendait patauds.
Varian ne se sentait pas différent, si ce n'est que lui et Golem les distançait très rapidement, les forçant à les attendre un peu plus loin. Cette fois quand ils s'arrêtèrent, ils n'étaient plus très loin du châteaux…
Du moins, il l'espérait.
Allant vers le groupe, il les vit vide de toutes joies, les yeux fixant le feu de camp. Bon, pour une fois que c'était lui qui allait faire du bruit et être optimiste… Quoique…
-Allez, on est presque au château. Il faut juste que vous vous réveilliez et que vous alliez un peu plus vite qu'un caillou. Sinon, on peut tout aussi mourir sur cette plaine, les réponses à nos questions à quelques mètres.
-Varian à raison… On doit finir ce voyage, déclara Cassandra.
Le brun fit un petit signe de tête à la guerrière pour la remercier. Puis il regarda le reste du groupe.
-Puis nous n'avons que des rations pour une semaine… Et nous ne savons pas combien de temps nous allons rester dans ce château, ou même si on ne va pas se perdre dedans…
-C'est vrai, mais… il ne faut pas que l'on tombe dans un rythme morose.
-Je sais que c'est un peu compliqué de rester positif dans un tel paysage, mais nous sommes si proches du nœud de cette histoire.
Raiponce baissa un peu la tête, réfléchissant à ce que tout cela signifiait pour elle. Le voyage finit, elle devrait rentrer à Corona et reprendre sa place de princesse. Et cette perspective ne l'enchantait guère même si revoir ses parents lui donnait envie de rentrer.
Et Varian ? Lui, quand cette histoire sera terminé, allait-il retourner en prison ?
Non, Raiponce le savait très bien. Varian n'allait pas se laisser attraper, ni enfermer. Et il avait déjà prouvé qui pouvait s'évader d'une prison.
Il devait avoir d'autre plan pour l'avenir, dés que son père serait libre.
En fait, tant mieux.
Raiponce ne voulait pas le savoir sous le château, dans une des cages. Mais elle se demandait cependant si ses plans d'avenir n'étaient pas mauvais pour le reste de la population.
Il avait prouvé que malgré tout son savoir, il arrivait vite aux extrêmes quand il était contrarié.
Et pourtant c'était le même qui tentait de les relever maintenant, les attendant quand ils étaient trop loin.
Au début de cette aventure, il les aurait juste abandonné sur la plaine, arrivant au château le premier.
Raiponce devait bien le reconnaître. Varian avait évolué durant ce voyage… Mais il n'était pas le seul.
Elle aussi avait changé.
Elle savait qu'elle avait des failles, et qu'il fallait qu'elle les comble les plus vite possible. Où du moins qu'elle sache mieux les cacher le temps de trouver une solution.
Elle était plus méfiante, plus réfléchis…
Elle avait l'impression que l'alchimiste déteignait sur elle, mais c'était à elle seule de retenir que les bons cotés de cette action. Elle refusait de devenir parano comme l'alchimiste, ou de devenir aussi amer.
Mais être un peu plus à l'écoute et avoir du recul sur les choses étaient plutôt des qualités…
Cependant à ce moment là, elle devait écouter sa méfiance et dire tout haut ce qu'elle craignait.
Dans l'espoir que le groupe comprenne et prenne son parti.
-Très bien. Nous n'allons pas abandonner maintenant, et arriver à ce château demain. Mais, Varian… Je te demanderais de laisser ton Golem ici quand nous repartirons.
Le groupe resta silencieux alors que l'alchimiste avait seulement fixé la princesse dans la plus grande incompréhension.
Puis, l'incompréhension était devenue de la colère.
-Quoi ?! Vous qui prônez la gentillesse et la tolérance, vous me demandez d'abandonner mon robot ici ? Avez vous oublié le nombre de fois qu'il vous a sauvé la vie ?
Raiponce semblait sûre de son ordre…
Ce qui n'était pas le cas du groupe qui regardait la blonde, un air perplexe ou surpris sur leurs faciès.
Raiponce pris la décision d'expliquer son geste dans l'idée d'avoir un soutien des siens.
-Regarde autour de toi Varian, énonça Raiponce en montrant la brume nocturne. Nous sommes entourés d'automates qui ont détruits tout un pays. Qu'est ce qui te dit que ton Golem va rester de ton coté ?
-Nous sommes bien entourés de barbares et de criminels et pourtant vous n'abandonnez pas vos amis humains pour autant.
-Ce n'est pas la même chose.
-Pour moi, c'est tout comme.
-Arrête de voir ton Golem comme un personne ! C'est un tas de ferraille qui peut vite devenir dangereux pour nous tous !
-Ce n'est pas un tas de ferraille !
Varian frappa le sol d'un coup de pied, énervé par les propos de la princesse qui osait le commander sur sa perception de son automate.
-Et je ne l'abandonnerais pas ici, au milieu de rien !
Refrappant du pied au sol, Varian continua de cracher son venin.
-Oh, Bien sur vous le supportez quand il vous sauve la vie ou qu'il se montre plus utile que la moitié du groupe, mais dés que vous le pouvez, vous voulez vous en débarrasser. Vous êtes comme les autres !
-C'est toi qui assez fou pour considérer cette.. Chose comme vivante !
-Vous êtes aussi stupide et égoïste ! Vous ne comprenez même pas ce qu'il est, mais vous préférez vous en débarrassez au cas ou !
Varian resta un moment silencieux, répétant les derniers mots lentement… Se souvenant par tout ce qu'ils avaient traversé, tout ce qu'il avait subit pour arriver ici.
Personne ne savait pour sa mère… Pour sa famille…
Personne ne savait pour sa terreur à comprendre pourquoi… Pourquoi tout était arrivé.
Il ne voulait pas faire partit d'un destin grandiose, il voulait seulement trouvé une solution et repartir sauvé ce qu'il pouvait encore. C'est tout.
Ne plus rien perdre. Ni Rudiger, ni Adira, ni Golem. Juste… Ne plus rien perdre de plus…
-Faites ce que vous voulez, mais je ne laisserais pas Golem ici, murmura Varian.
Reculant, Varian se détourna du groupe pour allez vers son Golem.
Mais alors qu'il allait vers lui, il se stoppa net. La voix de Raiponce faisant toujours écho a son acte.
-Ce n'est qu'un automate de métal, pas un humain!
Varian était devenu immobile. Mais ça ne semblait pas à cause des paroles blessantes de Raiponce, non. Il fixait le Golem, sans bouger.
Eugène, sentant que quelque chose n'allait pas, avança d'un pas, se qui fit réagir Varian, levant la main pour lui ordonner de rester là ou il était. Finalement, le brun posa la question.
-Varian ? Qu'est ce qui se passe.
-Ce n'est pas mon Golem.
Dans un timing parfait, plusieurs autres yeux s'illuminèrent, prouvant à tous qu'ils étaient encerclés par des automates qui s'étaient approchés dans l'ombre nocturne.
Si tous reculèrent d'un pas, Varian grogna de mécontentement.
-Prenez la carriole. On doit se réfugier au château le plus vite possible !
Varian n'osait pas faire un seul pas, le golem face à lui le fixant avec intensité. Et même si l'alchimiste ne voyait aucune forme d'agression chez les Golems, il pensait bien que ça n'allait pas être le cas du groupe.
Et si un seul d'entre eux attaquait un Golem, alors ils seraient fichus.
Derrière lui, l'alchimiste sentit le groupe remballer vite et doucement les affaires.
Il était difficile de faire rapidement quelque chose tout en évitant les gestes brusques.
Finalement, ils abandonnèrent la plupart des choses dont l'importance était moindre face à leurs vies, et Eugène appela doucement Varian qui n'avait toujours pas bougé.
-Varian, il faut y aller. Dés que tu peux, fait un sprint vers la charrette.
-Hmm…
Varian resta un moment immobile, puis eut un léger frisson quand le Golem face à lui se mit à bouger. Très lentement, comme si il ne voulait pas l'effrayer.
Il leva ses mains de métal à trois doigts vers lui. Puis d'une extrême douceur, il l'avança vers son visage pour remettre une ses mèches de cheveux en place.
Varian était statufié.
Le même… Le même geste que faisait son Golem. Pousser par cet étrange moment de réconfort, il enleva son gant droit et leva timidement la main pour toucher le métal glacé de son homologue mécanique.
Mais avant que tout contact soit fait, Lance arriva derrière lui, le souleva pour le jeter sur son épaule et fuir à toute jambe.
Ballotté dans tout les sens, Varian prit quelques secondes pour comprendre ce qui venait de se passer.
Furieux d'un tel acte, même si il était guidé par l'envie de le sauver, Varian frappa l'épaule de Lance.
-Bon sang mais qu'est ce que tu fais ?!
-Je te sauve la vie, ça ne se vois pas ?
Le golem, lui, avait prit aussi quelques secondes pour réagir.
Retombant sur ses bras tel un gorille, il émis un grincement semblable a un cri. Cri auquel les autres Golem répondirent avant de se mettre à courir vers eux.
Le premier fonçait vers Lance et Varian quand, celui crée par Varian, arriva sur le coté pour plaquer avec force l'ennemi à terre.
Les autres automates se mirent à attaquer ce Golem renégat, quelques uns restant derrière la carriole qui avait commencé une course effrénée.
Varian avait été jeté par Lance dans la charrette, avant de monter dessus pour ne pas être laisser en arrière.
L'alchimiste, un peu sonné par ce sauvetage express, se releva pour monter sur le toit ou Lance reprenait sa respiration avec difficulté.
-Qu'est ce que tu as fait Lance ?! Je gérais la situation.
-Tu ne gérais rien du tout ! Si je ne t'avais pas sauvé, tu aurais fini en purée !
-Il n'y a que quand tu m'as « sauvé » qu'ils ont commencé à nous attaquer. Je vous avais dit de ne faire aucun geste brusque.
-Ils nous auraient attaqué de toute façon. Nous sommes des étrangers sur leurs territoires.
Varian resta silencieux et fixa les golems qui les coursaient, certains arrêtés par son golem qui avait déjà perdu quelques morceaux au grand chagrin de l'alchimiste.
Celui ci, cramponné au toit, hurla quelques ordres.
-GOLEM ! SAUVE TOI ! ILS VONT TE REDUIRE EN MORCEAUX !
Contrairement a ce qu'il pensait, son golem n'eut cure de ses ordres, et les autres Golems mirent deux fois plus d'énergie à les rattraper.
Raiponce pilotant la charrette comme elle pouvait, vit avec joie les murailles du château. Ils n'étaient plus très loin. Si seulement les golems leur foutaient la paix !
Adira resta silencieuse alors qu'elle réfléchissait sur la raison de cette attaque. Si son hypothèse était bonne, alors Varian ne risquait rien, mais eux devaient passer aux yeux des Golems, comme des kidnappeurs. Logique qu'ils les attaquent.
Surtout qu'ils avaient dû entendre l'alchimiste crier.
Mais elle n'allait pas balancer Varian par dessus bords pour sauver leurs peaux. Elle alla sur le toit, au coté de l'adolescent pour lui conseiller de rentrer à l'intérieur.
Le voir devait juste renforcer la rage des Golems.
Passant prés des murailles, Raiponce eut une idée. Donnant les rennes à Eugène, elle fit un lasso avec ses cheveux et les enroula autour d'un des rochers noirs pour faire à la charrette un virage de 90 degrés et faire que les Golems s'empalent sur les pics acérés.
Si le groupe poussa un petit ris de victoire en voyant leurs ennemis amoindris, Varian sentit juste un énorme poids sur le cœur. Toute cette destruction…
Mais contrairement à ce que pensait le groupe, ça ne s'arrêta pas là. Les Golems, bien plus résistants que ceux de Varian, se décrochèrent des pics et continuèrent leurs courses, plus enragés que jamais.
Mais ils avaient gagné quelques mètres de distances.
Fonçant dans le château, Adira sortit à l'extérieur de la charrette, et avec son épée, trancha la chaine qui tenait la herse ouverte.
La grille tomba, faisant un rempart solide entre le groupe et les golems.
Cette fois, aucun d'entre eux ne furent blessés, seulement énervés de ne pouvoir continuer de les poursuivre.
Raiponce soupira de soulagement en voyant les Golems arrêter de frapper la grille pour repartir. Stoppant la charrette, elle fit par de son soulagement.
-Ouf… Ils ont arrêtés.
-Je ne serais pas si optimiste. Ils font surement le tour des murailles pour trouver une faille ou ils pourront passer.
Encore et toujours l'alchimiste casseur d'ambiance.
Varian sauta hors de la charrette et regarda l'extérieur avec inquiétude. Il espérait que son automate aille bien…
Mais avant qu'il ait put ouvrir la bouche, Raiponce reprit les rênes de l'expédition.
-Bon. Nous avons un peu de temps devant nous. Fouillons ce château afin de trouver l'opale lunaire et partons.
Le groupe hocha la tête, Adira se posant aux cotés de Varian pour le surveiller.
Prenant quelques denrées au cas où, ils traversèrent la cour tout aussi recouverte de cendre que le reste du paysage et arrivèrent sur le perron, où une porte étrange leur faisait face.
Varian et Cassandra allèrent chacun examiner la porte pour conclure à la même chose.
Il n'y avait pas de jointures, donc elle devait coulisser. Pas de coupure au milieux, ce n'était qu'un seul bloc sans point faible où frapper en premier.
Eugéne se tourna vers Raiponce.
-Blondie… Tu ne penses pas que c'est comme les rochers noirs ? Peut être qu'il n'y a que toi qui peux ouvrir la porte.
Raiponce fixa son brun pour finalement tenter sa chance. Une mèche de cheveux dans sa main, calée contre la parois lisse du métal, elle invoqua ses pouvoirs en chantant sa mélodie.
Mais contrairement à ce que tout le monde pensait, rien ne se passa.
Après quelques secondes d'attente, Raiponce recula.
-Hmm.. Ca ne semble pas marcher.
-Peut être que ce n'est pas la bonne mélodie. Essayez peut être la seconde.
Si Raiponce hocha doucement la tête face aux conseils de Varian, les autres se contentèrent de les regarder de façons interrogatives.
Remettant ses cheveux contre la paroi, la princesse entonna la seconde mélodie. Chantant méticuleusement chaque paroles, Raiponce se concentra sur la puissance qui pulsait de sa chevelure.
Varian se tient soudainement le bras, comme si un courant électrique venait d'y passer. Puis remarque que sa main droite était toujours dégantée.
Bah, il remettra son gant quand la porte sera ouverte. Faut dire qu'il n'était vraiment pas habitué a les retirer.
Fronçant les sourcils de douleur, il reporta son attention sur la princesse qui disait la dernière syllabe de la chanson.
Mais encore une fois, rien ne bougea.
-Quoi ?! Mais ça devrait marcher.
-Ce n'est pas grave, déclara Cassandra en posant la main sur l'épaule de son amie. Nous allons passer par une autre porte.
Varian se plaça devant la porte, la main sur le menton. Ca aurait du fonctionner… Pourquoi…
Regardant de plus prêt la porte, il entendit Cassandra derrière lui.
-Tu penses avoir trouvé quelque chose.
-Non. Je suis juste désappointé… Mais on ne pourra pas ouvrir cette porte par la force.
S'appuyant contre la porte, il grimaça à la sensation de la pierre sur la peau de sa paume.
-On va trouver une autre entrééEEEEHH !
Varian s'écroula au sol, la porte s'étant illuminée pour s'ouvrir d'un coup.
Restant quelques secondes au sol, l'alchimiste fut relevé par Cassandra et Adira, l'une étonnée de ce qui s'était passé alors que l'autre tentait de cacher un sourire.
-Bon sang… Ça a un certain temps de latence, grogna le brun en se massant l'épaule qui s'était pris la chute.
-Bon bah… Le bon point, c'est que c'est ouvert.
Eugène se prit un petit coup dans les cotes de la part de Lance. Avançant dans les couloirs, des pierres s'illuminèrent devant eux, faisant découvrir des couloirs décorés de pierreries et de mosaïques. De grandes fresques s'étalant sur les murs, contant et illustrant le royaume qu'avait jadis existé en ses terres.
Marchant un peu, Raiponce se stoppa face à une des mosaïques où deux personnes étaient debout, cotes à cotes. Derrière eux, deux trônes étaient dressés.
Ce devait être Orion et Hécate…
L'un avait une barbe et des cheveux dorés. Grand et solide, les épaules carrés et une épée posée devant lui, plantée au sol. Il avait une posture de guerrier, alors que la mosaïque elle même illustrait l'aura radieuse qu'il dégageait.
Son visage était rieur, malgré ses yeux profonds et son manque de sourire sur la fresque.
-C'est Orion ?
Raiponce se tourna vers Eugène qui était arrivé à ses cotés.
-Il semblerait.
-Et Hécate, sa sœur.
Varian était lui aussi là, sa voix enrayée faisant sursauter Raiponce qui regarda alors la seconde silhouette.
Plus petite et menue, elle avait des cheveux sombres et un teint plus mate que son frère. Elle n'avait pas d'arme, et pourtant Raiponce sentit de la crainte en la regardant.
Ses yeux étaient acérés, son visage arborant cependant un léger sourire. Sa tenue était sobre, une robe bleu marine, bien coupée, qui mettait en avant ses épaules carrées. Elle aussi était de constitution robuste…
Elle ne semblait pas avoir la délicatesse que l'on imputait à une reine, mais une autorité comparable à un général.
-Ils ne se ressemble pas du tout…
-C'est vrai.
Raiponce jeta un regard en coin à Varian qui restait concentré sur la fresque. C'était déroutant de voir à quel point les avenirs, les vies pouvaient basculer en rêve ou en cauchemar.
En une journée, en une seconde…
Tout pouvait s'écrouler.
Elle en était le parfait exemple.
Elle aurait put rester dans sa tour et y pourrir toute sa vie, si Eugène n'était pas arrivé.
Et Varian aurait peut être toujours son père avec lui, et serait resté le gentil petit Alchimiste, si…
Si rien ne s'était passé.
-Nous devons continuer.
Encore une fois, la voix de Varian claqua sur les murs. Reprenant la route, Raiponce ne put s'empêcher de regarder la fresque évoluer avec eux.
On y voyait le royaume, luxueux, verdoyant. Un peuple heureux et lumineux.
Orion était représenté, entouré de ses sujets. Lors de fêtes ou de chasse… Les illustrations avec Hécates étaient plus… Moins…
Hécate était représentée seule.
Ou avec un peuple lointain, anonyme, jamais à ses cotés. Etudiant les étoiles, construisant des objets… Ce qui devait être un portrait personnages faisait un peu mal au cœur à la princesse.
Ils arrivérent à une nouvelle porte qui poignarda le cœur de Raiponce.
Sur chaque battant, il y avait un des personnages veillant sur son royaume.
Orion était face a sa contrée où tous l'acclamé, les sujets fêtant sa présence dans la ville. Lampions et couleurs fleurissant sur le battant.
Et a coté, Hécate veillait sur des hommes en armure, prêt à se battre. Dans les couleurs sombres des cieux, on pouvait voir les formes des automates et autre engrenages, mettant en exergue le sérieux de la scène.
Ouvrant les battant, ils tombèrent sur des couloirs quelques peu écroulé, les fresques n'étant même plus visibles. Le plafond s'était effondré et de la végétation sortait des fissures.
-Malgré tout, ça fait plaisir de voir de la verdure, murmura Cassandra.
C'est vrai que c'était les premières plantes qu'ils voyaient depuis longtemps.
Varian resta un moment à fixer les plantes. C'était les seules à avoir poussée… Car leurs racines n'était pas en contact avec le sol.
-Le sol de ce royaume à dû être tellement abimé et pollué que plus rien ne pousse…
Continuant leurs périples, ils entendirent soudainement un bruit.
Se retournant, les épées tirées, où bien les jambes prêtes à courir, ils perdirent toutes couleurs en voyant un automate atterrir prés d'eux, boitillant.
Alors qu'ils allaient s'élancer, Varian les stoppa en se mettant entre l'automate et le groupe.
-Stop stop STOP ! C'est Golem. Mon Golem !
S'assurant que tout le monde baissait les armes, il se tourna vers son automate.
-Il a dû trouver un moyen de leur échapper et d'entrer. Ce qui est une bonne et une mauvaise nouvelle.
-Ah bon ?
Varian se tourna vers Lance.
-Oui, réfléchis. La bonne nouvelle, c'est que nous avons Golem avec nous pour nous protéger.
-Et la mauvaise ?
-La mauvaise… C'est que, si ils sont intelligents… Eh bien… Ils ont dû le suivre.
Comme pour ponctuer l'annonce de l'alchimiste, trois Golems atterrirent à leurs cotés, les yeux illuminés de rouge.
Le groupe ne prit pas la peine de regarder de plus prêt ces golems qu'ils partaient déjà au galop. Courant dans les couloirs, le seul fait que les automates aient du mal à passer leur donner un peu de temps pour s'enfuir.
Passant une autre porte partie en miette, ils virent une première déviation. Ils ne prirent pas beaucoup de temps pour tous s'engouffrer dans le couloir de droite, les vibrassions du sol devenant de plus en plus rapprochés.
Les couloirs devenaient de plus en plus large, et ils savaient que les Golems prendraient bien plus de vitesse prochainement.
Malgré le fait qu'il n'y ait pas de fenêtre, le tous était éclairé parfaitement, des pierres au plafond illuminant le couloir et les choix qu'ils avaient en intersection.
Adira attrapa un moment Varian pour le hisser sur son épaule, le voyant ralentir considérablement.
Continuant leur fuite à toute jambe, Raiponce paniquait en ne voyant ni sortie, ni objets à faire bousculer dans le chemin pour les stopper, même si ce n'était pour quelques secondes.
Se retrouvant soudainement dans une salle hexagonale, ils durent se rendre à l'évidence.
Ils ne pouvaient pas fuir éternellement des choses qui ne connaissaient pas la fatigue.
Se mettant en demi cercle, Adira se posta devant Varian.
Cassandra, Raiponce et Eugène se mirent en position d'attaque, Lance et Hook se mirent derrière eux… Avec la chose que l'on nommait Shorty.
Et l'automate, son Golem, se mit devant tout le monde.
Il tenta de se mettre sur ses deux jambes mais un grincement sinistre et quelques étincelles leur fit comprendre qu'il ne pouvait plus bouger correctement.
Prés à en découdre, chacun tenta de calmer sa respiration malgré les lourds pas qu'ils entendaient approché.
Comme s'ils avaient sentis qu'ils ne fuyaient plus, les Golems s'étaient mis à marcher.
Les pas étaient de plus en plus proche et Cassandra sentit ses mains se resserrer d'appréhension autour de son épée.
Se serait tellement bête de perdre ici, après tout ce qu'ils avaient traversé.
Varian se mit à la hauteur d'Adira qui le fusilla du regard.
-Non, Varian. Reste à l'arrière.
-Je vais pas vous laissez seule devant ses automates. J'ai quelques bombes artisanales à leur lancer en cas échéant…
-Peut être, mais pour l'instant reste derrière moi. Je ne veux pas que tu sois blessé.
Varian regarda un moment Adira, puis hocha la tête pour reculer.
A moitié désappointé par ce qu'elle venait de déclarer mais aussi… Touché ? Etrangement, ce qu'elle avait dit, qu'elle ne veuille pas qu'il soit blessé, l'avait rendu heureux, mais avait aussi fait grandir l'envie de la protéger.
Il n'eut pas à penser plus longtemps que les pas des Golems s'arrêtèrent devant la porte.
Resserrant un peu plus leurs armes dans leurs mains, ou bien tentant de se faire plus petit encore derrière les autres, le groupe cessa de respirer pour ce qu'il semblait une éternité.
Puis la porte sortit de ses gonds pour tomber à plat sur le sol, soulevant un nuage de poussières où seules de grandes silhouettes hostiles étaient visibles.
Cassandra et Adira partirent en première, épées levées, mais ce fut Golem qui les atteignit en premier, en plaquant un au sol pour lui frapper le crâne avec hargne. Les deux autres repoussèrent Golem pour libérer le troisième automate qui balaya Cassandra du revers de la main. Adira esquiva l'attaque, mais se prit un coup d'un des deux compères.
Les trois Golem coururent soudainement vers le reste du groupe. Raiponce serra une de ses mèches de cheveux, en faisant un lasso prêt à empêtrer le premier qui l'approcherait, elle et Eugène.
Mais les Golems ne les regardèrent même pas.
Ils sautèrent au dessus d'eux et fonça vers le membre le plus éloigné de la troupe.
Varian.
Ce dernier, serrant Rudiger contre lui, se mit à courir pour fuir les Golems.
Lâchant Rudiger pour qu'il puisse fuir, Varian vit une sortie de cette étrange salle. Une porte, coulissante vers le haut, pas tout à fait ouverte, où un espace de 30 centimètres était visible.
Glissant au sol, il roula sur le coté pour passer de l'autre coté de la porte qui ne tenu même pas quelques secondes.
-Bon sang mais c'est pas vrai !
-Varian ! On arrive !
Un lasso de cheveux blond entoura le bras droit d'un des Golems alors que son automate attaquait un autre de ses poursuivants.
Si ces deux là tombèrent au sol avec perte et fracas, le troisième avançait toujours vers Varian qui avait été rattrapé par Adira.
Celle-ci para une des attaques sur Varian et trancha la main gauche du Golem. Malgré ses facultés de combats, Adira avait toujours à la tête qui tournait suite au choc précédent.
Elle para quelques autres approches du monstre mais un des Golems vient le seconder après avoir envoyé balader Raiponce. Adira réussi finalement à transpercer le crâne du second Golem, mais, l'épée coincé dans le métal, elle fut sans défense alors que le second lui envoya un soufflet qui la fit faire un vol plané pour atterrir durement sur le sol.
Cette fois, Varian était seul face au Golem. Rudiger arriva devant son maitre et feula devant le monstre, mais celui ci ne s'en préoccupa pas, les lumières rivées sur l'alchimiste qui n'osait plus bouger, dos au mur.
-Varian !
Le cri d'Adira est déchirant.
La peur était présente, rampant sur les murs et la peau de l'alchimiste.
Pourquoi… Pourquoi les Golems le suivait, les attaquaient…
Avant, il était serein, quand ils étaient arrivés la première fois. Peut être par ce qu'il y avait de l'espace pour fuir, pour courir…
Là, son dos est contre un mur froid et indestructible…
Il ne pouvait pas rouler sur le coté. Et pire, il était mortellement inquiet pour Rudiger qui continuait de grogner sur le Golem.
Varian se baissa soudainement, et se roula en boule autour de Rudiger, ne quittant pas le Golem des yeux.
Il était hors de question que son ami soit blessé à cause de lui.
Les griffes de son compagnon s'enfoncent dans sa chaire, faisant grimacer Varian. Mais il ne lâcherait pas…
Ne plus perdre qui que ce soit.
Derrière le Golem, Varian vit qu'une vingtaine de soldat de métal était arrivé dans la salle, prenant le groupe en tenaille.
Ils étaient fichus.
Le golem se mit enfin en branle, et posa doucement la main sur Varian.
Relevant la tête, il vit le Golem le prendre en coupe pour finalement le soulever dans ses deux mains.
Il l'approcha de ses lumières qui restèrent braquées sur lui.
Puis après quelques secondes d'inactions, les lumières redevinrent vertes, illustrant le contentement du Golem. Il émit un doux grincement, recouvrant un peu les bruits de combats qui continuaient un peu plus loin.
Varian déglutit doucement, posant doucement Rudiger à coté de lui et se mettre sur ses genoux. Les paumes du Golem étant un peu petite, l'équilibre y était précaire.
Puis, doucement, il posa sa main sur le front du Golem qui grinça un peu plus fort. L'onde devenait de plus en plus profonde, calmant les autres Golems qui s'arrêtèrent soudainement, leurs lumières devenant vertes…
-Mais qu'est ce qui se passe ? Demanda Lance en regardant autour de lui.
Tout les Golems s'étaient stoppés pour se tourner vers celui qui avait agressé Varian.
L'alchimiste resta un moment, la main posé sur le métal glaciale du Golem, pour finalement murmurer doucement.
-Nous ne sommes pas à pour vous faire du mal. Et ils ne sont pas mes ennemis… C'est pour ça que vous les avait attaqué, n'est ce pas… Vous pensiez que j'étais en danger.
Le golem grinça pour approuver les dires du jeune alchimiste qui se tourna vers le groupe, tout sourire.
-Tout va bien… Ils ne nous feront pas de mal.
-Alors pourquoi ils nous ont attaqués ?
-Parce qu'ils pensaient que vous me vouliez du mal… Du moins c'est ce que j'ai compris.
Descendant des bras du golem, il s'avança vers le groupe, les golems s'écartant pour le laisser passer.
-Vu que je suis arrivé avec un Golem en bon état.. Qui sait, ils me voient peut être comme un des leurs. Bref, quelqu'un qui peut les réparer, donc, quelqu'un a sauver au cas où. Ils ont dû m'entendre crier et on penser que vous étiez mes ennemis. De plus, le fait que Lance m'ait « kidnappé » devant eux n'aidait pas à leur faire comprendre que nous étions dans le même camp.
Le groupe le regarda, un peu circonspect, puis voyant que les golems ne les attaquaient plus, les yeux seulement rivés sur Varian, ils haussèrent des épaules.
Il était celui qui comprenait le mieux les machines. Mieux que les humains, même.
D'un coup, Varian se redressa, comme électrocuté et partit plus loin, traversant le groupe en courant et la seconde rangée de Golem. Dans un dérapage contrôlé, il arriva enfin à son golem, son automate…
Brisé au sol, les autres lui avait arraché un bras, deux de ses yeux avait été détruit et le torse presque entièrement ouvert, laissant ses produit chimique s'écouler doucement au sol.
Varian eut un gémissement d'effroi avant de s'accroupir au coté de son ami de métal.
-Ca va aller… Oui, ca va aller. Je vais te réparer vite fait tout ça, tu vas voir ! Et tu seras encore mieux qu'avant…
Varian se retint de verser une larme face à la détresse de son ami de métal qui tentant encore de se lever sans se rendre compte des membres qu'il avait perdu. Puis une main de métal arriva prés de son épaule, dans une tentative de réconfort.
D'autre Golems venaient déjà autour de celui qui l'avait suivi depuis le début de cette aventure, et l'observèrent pour amener les membres prés du corps.
Ils émirent des grincements puis plusieurs se mirent autour de son ami, remboitant les pièces de métal avec douceur.
Ils allaient le réparer ?
Voyant les gestes des autres robots, Varian comprit que c'était bien ce qu'ils comptaient faire. Le Golem l'ayant porté revint à ses coté pour émettre une sorte d'étrange bruit.
Le sien faisait des grincements de ce genre… Et même, Varian s'était toujours demander pourquoi il en faisait.
La seule conclusion qu'il en avait tiré, c'est que les golems, le sien comprit, avaient remarqués que la plupart des êtres humains communiquaient grâce aux bruits. Alors ils tentaient de créer des sons qui pouvaient être comprit par le reste des êtres vivants.
Entre les bruits rapides et forts qui visaient à faire peur, et ceux lent et languissant qui semblaient plus à des sanglots.
Varian posa la main sur la carcasse de celui qui émettait ce son si profond.
Ça semblait être des excuses.
-Vous avez intérêt à le réparer, grogna à demi mot Varian.
-Varian… Nous n'avons pas le temps.
Revenu à la réalité grâce à Raiponce, l'alchimiste se tourna vers le Golem qu'il avait sous la main.
-Sinon, si nous sommes ici c'est parce que nous sommes à la recherche de l'opale lunaire… Tu saurais où elle est ?
Le Golem recula soudainement, et alors que Cassandra grognait en ressortant son épée « Quel idée de lui dire pourquoi il était venu ici », elle se calma tout de suite et voyant le robot clignoter, et porter à nouveau Varian entre ses mains dans une étrange valse. Le Golem semblait exulter de joie pour se calmer tout de suite aprés.
Varian posa son front contre le métal. Inspirant doucement, il souffla.
-Je vois… Vous aussi elle vous en a fait voir de toutes les couleurs… On va arranger ça.
Varian se redressa et regarda le groupe.
-Il va nous conduire à la pierre.
-Comment peux tu faire confiance à ces… Machins.
-Parce que eux ne savent pas mentir.
La réponse avait été d'une franchise acérée.
Descendant du Golem, il alla voir son ami de métal.
-T'inquiètes pas, on reviens. Et là, je te guérirais totalement… Si ils me laissent quoi que ce soit à réparer.
Les autres golems firent un doux grincements, et Varian repartit non sans reprendre Rudiger contre lui. De savoir son robot H.S ne faisait qu'agrandir son stress, mais il ne pouvait pas perdre trop de temps.
Il préférerait le réparer quand ils seront sortis de cet étrange endroit.
Le golem, qui s'était proposé de les guider, partit donc devant et le groupe suivit. Adira se plantant au coté de Varian, en lui demandant si ça allait.
Varian ravala une réplique, et lui répondit juste que c'était à lui de s'inquiéter.
Un œil au beurre noir se formait déjà, et la guerrière avait prit de méchants coups dans la bataille.
-Tant que tu n'as rien, ça va.
Varian resta silencieux, digérant ses paroles qui lui firent chaud au cœur de façon très égoïste. Il se demandait souvent pourquoi elle le protégeait autant alors qu'elle ne le connaissait pas.
Elle semblait si détachée du reste, alors pourquoi s'accrocher a lui ?
Lui qui n'était ni le plus fort, ni le plus stable…
Mais il n'allait pas se plaindre d'avoir quelqu'un à ses cotés, chose qui lui avait fait défaut une bonne partie de sa vie.
Bon, il semblerait qu'il n'arrivait jamais à ce faire des amis de son âge, si ce n'est Jack, mais qu'importe.
Un petit sourire aux lèvres, Varian marcha plus joyeusement au coté d'Adira qui lui fit, elle aussi, un petit sourire.
Oh mon dieux mais ça avance ! Ils sont arrivés dans l'antre de la bête... A savoir si ils vont s'en sortir...
La dessus, je vous dit a bientôt pour la suite !
