Et bien le bonjour, tout le monde ! J'espère que vous allez bien et que le confinement ne vous pèse pas trop ! Voilà un nouveau chapitre pour vous soulager un peu si c'est le cas, je l'espère ! Courage, courage ! C'est comme Luke qui est coincé sur Tatooine... Ou pas, mais qu'est-ce que vous voulez ! Il faut bien que je trouve des images, quand même !

Bon ok, je me tais et je vous laisse en tête à tête avec le chapitre.

Bonne lecture !


Chapitre 17: Retrouvailles

Sur une planète très éloignée de la Bordure extérieure…

Le tintement soudain et joyeux du comlink manqua de peu provoquer une collision entre la tête de son propriétaire et le plafond bas de son petit foyer. Seule la volonté de la Force permit à sa marmite de soupe de ne pas finir par terre à son tour. La surprise du propriétaire du comlink était compréhensible : cela faisait bien treize ans que personne ne l'avait contacté par ce biais, de même que cela faisait treize ans qu'il n'avait pas approché quoi que ce soit capable d'émettre un tel son. Il lui fallut d'abord quelques secondes pour se souvenir de ce qui le générait, puis quelques unes encore pour se rappeler de l'endroit où il avait rangé le comlink, des années plus tôt. Il boitilla finalement jusqu'à le trouver abandonné sur son générateur, derrière la chaise.

Il lui fallut quelques instants encore pour reconnaître le visage, marqué par le passage du temps, de Bail Organa lorsqu'il alluma enfin l'écran.

- Sénateur, déclara le propriétaire du comlink, Inattendu, est cet appel.

- « Maître Yoda », répondit le sénateur avec un hochement de tête, les traits visiblement tendus, « Je crains de n'être le porteur de mauvaises nouvelles. »

Le vieux et sage maître Jedi se rassit sur sa chaise, un air sombre plaqué sur son visage ridé.

- Votre fille, cela concerne ?

- « Non, maître, non… Leïa va bien, louée soit la Force. Mais j'ai peur de ne pas pouvoir en dire autant pour Luke. »

Yoda se prépara au pire.

Il ne fut pas déçu.

- « Luke a été capturé par Vador. », continua Bail.

- Sur Tatooine, l'enfant, a été découvert ?

- « Non, maître. C'est une longue histoire, mais maître Kenobi avait quitté Tatooine avec Luke il y a trois ans de cela. Et il y a neuf mois environ, les agents de Vador ont retrouvé la trace de maître Kenobi sur Corellia. »

- La mort d'Obi-Wan, j'ai senti, confirma tristement Yoda.

- « Luke avait réussi à fuir Corellia », continua Bail, « Mais des informations le concernant sont parvenues jusqu'à Vador, d'une façon ou d'une autre. Il a brièvement croisé le chemin du garçon sur Coruscant, mais un pilote rebelle a réussi à le libérer et l'a ramené jusqu'à nos quartiers généraux. Je l'avais récupéré pour le mettre en sécurité dans l'un de nos refuges sur Alderaan. Il semblerait néanmoins que Vador a réussi à retrouver sa trace. Le garçon, ainsi qu'un adolescent qui l'accompagnait depuis les événements de Corellia, ont été enlevés il y a quelques jours de cela. Je pense qu'il est important de souligner que Vador a relâché le second garçon dès que Luke s'est retrouvé entre ses mains. »

- Ce garçon qu'il a libéré…, demanda Yoda d'un ton songeur, Au service de Vador, était-il ?

- « Sincèrement, j'en doute », fut la réponse de Bail, « Il m'a expliqué que Vador lui a promis qu'aucun mal ne serait fait à Luke ».

Le front ridé de Yoda se plissa encore davantage et sa main griffue vint caresser le pommeau de son petit bâton de marche tandis qu'il réfléchissait.

- Un grand danger, vous pensez que l'enfant court, déclara-t-il d'un ton perspicace.

- « C'est ma crainte, en effet, Maître », lâcha le sénateur, un air d'inquiétude accentuant les traits tirés de son visage, « Même si Vador n'a aucune intention de faire du mal au garçon… ».

Yoda hocha la tête face à l'allusion au destin de Padmé.

- « Je pense que nous devons récupérer l'enfant, Maître », ajouta fermement Bail, « Le danger qu'il court n'est pas simplement physique, vous en êtes bien conscient ».

- Conscient, j'en suis, oui, acquiesça Yoda, Mais juger la situation trop hâtivement, nous ne devons pas, sénateur. Évalué, le danger doit être.

- « Proposez-vous une mission de reconnaissance ? »

- Observer, nous devons, déclara Yoda, Si nous nous précipitons, blessé, le garçon pourrait être, et non aidé.

Bail prit une grande inspiration.

- « Je comprends. Viendrez-vous constater la situation par vous-même ? »

- Non. Trop dangereux, cela serait. Sur ses gardes, Vador est. Dangereux. Des agents près du Sith, vous avez ?

- « Pas si près », s'exclama Bail, « Il les tue s'ils arrivent à s'approcher suffisamment pour glaner la moindre information de valeur. »

Yoda fronça les sourcils.

- Un droïde, vous devriez peut-être envoyer.

Bail considéra l'idée quelques instants.

- « Cela pourrait fonctionner. Je vais voir ce que je peux faire. »

Yoda resta assis à méditer bien longtemps après que la conversation eût pris fin.

OOO

Quelques temps plus tard…

Les premiers jours, la présence lumineuse d'un enfant apporta aux quartiers plutôt austères de Vador un sentiment étrangement chaleureux. Mais cela changea lorsque l'Executor sortit finalement de l'hyperespace. Durant les onze jours qui suivirent, chaque instant de l'emploi du temps du seigneur Sith – y compris une grande partie des heures qui étaient normalement dédiées à son repos – furent désagréablement passées à expliquer à l'Empereur l'exécution d'Ozzel et le détour inattendu du vaisseau amiral de la flotte impériale tout en passant en revue les remplaçants potentiels pour le poste d'amiral de la Cinquième Flotte et en faisant face aux machinations de la Rébellion… Sans compter les nombreuses autres taches en tout genre qui lui incombaient en temps que commandant en chef de la plus grande flotte stellaire que la galaxie ait jamais vue. Il pouvait passer jusqu'à vingt heures hors de ses quartiers chaque jour. Et il n'osait pas encore laisser Luke sortir hors des zones qu'il avait assignées au garçon lorsqu'il n'était pas présent pour garder un œil sur lui.

En conséquence, le moral de Luke était au plus bas depuis que son père l'avait emmené hurlant et gesticulant à bord du destroyer stellaire. De brillante, la présence du garçon dans la Force s'était faite lourde et morose ; en fait, Luke frisait l'état de dépression à rester ainsi enfermé aussi longtemps. Vador devait reconnaître qu'il s'agissait là d'un changement plutôt difficile à supporter pour le petit lorsqu'on prenait en compte la liberté dont il avait pu profiter au cours des mois précédents. Et comme pour en rajouter une couche supplémentaire, son bras convalescent ne lui permettait pas encore de s'adonner à nombre d'activités qui auraient pu contribuer à chasser son ennui.

Vador n'aimait pas du tout cette situation. Son absence prolongée et forcée était source de grande frustration pour le fils comme pour le père, et se montrait malsaine pour Luke. Le Sith s'était creusé les méninges pour trouver la moindre solution, mais jusqu'ici, cela s'était prouvé vain…

Mais il put ce jour-là retrouver ses quartiers, qu'il avait quittés quelques dix-huit heures plus tôt, avec un sentiment de profond triomphe. De une, il avait trouvé une solution. Et de deux, Luke avait senti son approche à travers la Force, et l'excitation du garçon était aisément discernable dans les fluctuations d'énergie qui englobaient l'univers. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire sous son masque. La situation avait au moins rendu le petit pressé à l'idée de revoir son père, qui était clairement une amélioration comparée à la terreur des débuts.

Le seigneur noir traversa rapidement ses quartiers pour se rendre dans la pièce où il avait laissé son fils. À l'intérieur, les lumières étaient éteintes, mais les photorécepteurs de son casque lui permirent de discerner la silhouette de Luke, assis sur le lit, ses yeux alertes rivés sur lui.

- Bonjour, mon fils, déclara-t-il sans quitter le pas de la porte.

Luke était beaucoup plus à l'aise avec son père qu'il ne l'avait été, c'est vrai, mais on était encore loin de l'accueil enthousiaste et retentissant que ses petites sœurs lui auraient réservé. Le garçon demeurait très nerveux en sa présence. Même s'il avait compris que cette dernière signifiait pour lui une plus grande liberté, il ne pouvait vraiment se débarrasser de la peur sous-jacente qui était encore présente et discernable dans son esprit.

Mais Vador était certain que cette peur finirait elle-aussi par disparaître, avec le temps et l'habitude. En attendant, il s'efforçait d'apaiser son fils en maintenant une zone qui lui appartiendrait exclusivement. En retour, Luke ne touchait ni à sa chambre hyperbare, ni à son bureau. La tactique semblait fonctionner plutôt bien : Luke paraissait plus apaisé à l'idée qu'il disposait d'une zone de sécurité vers laquelle se replier si le besoin s'en faisait ressentir.

- Bonjour, répondit doucement le garçon.

- Viens, mon petit, fit Vador en lui faisant signe, J'ai quelque chose pour toi.

Luke se redressa immédiatement et entreprit de s'extirper de son nid de couvertures. Ce fut quelque peu difficile, surtout en prenant en compte le fait que son habit de nuit provenait en fait de l'inventaire du vaisseau, et que même la plus petite des tailles disponibles était encore bien trop grande pour lui ; la tunique et le pantalon fournis se prenaient souvent dans les draps. Mais le garçon finit par réussir à se lever pour se rapprocher, ses pieds nus crépitant sur le sol métallique.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il d'un ton curieux.

- Quelque chose pour t'occuper lorsque je ne serai pas là, répondit Vador en lui indiquant de le suivre.

Luke accéléra quelque peu afin de ne pas se laisser distancer par les grandes foulées de son père.

- Quel genre de chose ? insista-t-il, dubitatif.

Vador ne répondit pas, mais ils arrivèrent dans le hall d'entrée, le Sith se retourna juste à temps pour voir le visage de Luke s'éclairer sous le coup de la joie.

- Je peux vraiment les garder ?

- Oui, mon fils. Ils ont été interceptés alors qu'ils transportaient des informations pour la Rébellion et auront besoin de réparations.

Bien que Luke ne se mette pas à pousser des cris de ravissement enfantins - une autre phase de la vie de son fils à laquelle il n'avait pas pu assister, se dit Vador avec une légère amertume – le lien mental encore fragile qu'ils partageaient vibrait d'excitation tandis que le jeune adolescent se faisait à la solution proposée par son père pour remédier au problème de solitude et d'ennui qui le rongeait.

- Je peux te fournir des outils et des pièces, continua Vador avec satisfaction tandis qu'il observait son garçon examiner son cadeau sous toutes les coutures, Ils devraient pouvoir te distraire quelques temps pendant mes absences.

- Je ne vois pas leurs numéros de série…, constata Luke en continuant ses observations, les sourcils froncés.

- Ils s'appellent C-3PO et R2-D2, déclara le Sith.

Voilà bien longtemps que leurs numéros de série s'étaient effacés, mais Vador les reconnaîtraient au premier coup d'œil. Il ne lui avait pas fallu plus de deux secondes pour savoir qui étaient les droïdes que ses agents lui avaient amenés.

C'était plutôt idiot de la part des rebelles d'avoir confié leurs rapports de renseignements à un couple de droïdes. Néanmoins, sans une fuite d'information fortuite à ses agents, ces deux-là seraient sûrement arrivés à bon port sans la moindre difficulté. Il avait malheureusement été impossible de connaître leur destination, les droïdes ayant été programmés pour effacer cette information de leurs systèmes en cas de capture. Les rapports qu'ils transportaient avaient été récupérés, mais il ne s'agissait là que d'informations volées à l'Empire et il n'y avait aucune autre trace qui aurait permis de leur donner un avantage sur la Rébellion. Il avait ordonné à ce que l'on nettoie le système de commande des deux droïdes, mais n'avait pas eu le cœur à ordonner leur destruction. Tout comme le sabre laser, ils étaient source de nombreux souvenirs, notamment R2, qui avait été un cadeau de mariage de la part… de Padmé.

Aussi avait-il décidé, comme pour le sabre laser, de les donner à son fils. Luke pourrait réparer les dégâts minimes sur les deux droïdes et reprogrammer leurs systèmes de commande. La tâche le tiendrait occupé quelques temps, et les deux compères pourraient par la suite offrir une forme de compagnie pour son garçon esseulé. Seule la volonté de la Force pouvait avoir fait resurgir ces droïdes.

OOO

Quelques temps plus tard…

- R2 ! R2 ! Tout va bien ?

Tous mes systèmes sont opérationnels, arrête de te surchauffer les circuits.

- Eh bien, s'offusqua le droïde doré pointilleux, Pas besoin d'être aussi impertinent.

- Hey, ça marche ! s'exclama joyeusement Luke en se rappuyant sur ses talons.

- Oh, juste ciel ! s'exclama 3PO en rivant ses photorécepteurs sur le garçon, Je vous demande pardon, monsieur, je ne vous avais pas remarqué. Je crains que mes circuits de réaction conjoncturelle n'aient été éprouvés, dernièrement.

- Ouais, moi aussi, marmonna Luke en songeant à la frustration des deux dernières semaines.

- Oh, je suis peiné de vous l'entendre dire, messire.

- Tu peux m'appeler Luke, déclara le garçon.

- Très bien, messire Luke.

Luke lui jeta un regard horrifié.

- Euuh… Juste Luke, insista-t-il énergiquement.

- Mais cela ne conviendrait pas à mon encodage, protesta 3PO, Je suis un droïde de protocole, après tout.

- C'est bien ce qui me semblait, répondit Luke avec résignation, Tu n'es pas vraiment un modèle ordinaire, pourtant.

- Il me semble bien que j'ai été modifié, monsieur, mais je ne peux en être certain. Ma banque de mémoire indique avoir subi au moins un nettoyage.

Pauvre chou.

- Franchement, je ne sais pas ce qui m'a pris de m'inquiéter pour toi, persifla 3PO d'un ton hautain à l'astromech à côté de lui.

- Qu'est-ce qu'il a dit ? demanda Luke avec curiosité.

- Il est aussi insupportable qu'à son habitude, répondit le droïde de protocole, parvenant à donner une impression convaincante de regard furieux malgré l'absence totale d'expression sur son visage figé, Puis-je vous demander où nous sommes, monsieur ?

- Sur l'Executor, déclara Luke en resserrant un dernier boulon sur la jointure du coude de 3PO.

- Voilà un nom qui me paraît bien sinistre, constata le droïde, S'agit-il d'un vaisseau de l'Alliance ?

Luke renifla pour cacher son ricanement.

- Non, au contraire. C'est un vaisseau impérial.

- Un vaisseau impérial !? s'exclama le droïde d'un ton paniqué, Oh, juste ciel ! R2, nous allons être démantelés ! Envoyés aux mines d'épices de Kessel !

Pour l'amour du Créateur, arrête un peu !

- Mais non, le rassura Luke, Vous êtes tous les deux à moi, maintenant. Personne ne va vous faire quoi que ce soit. Je viens juste de terminer vos réparations.

- Nos réparations, monsieur ?

- Ouais, vous avez tous les deux été plutôt amochés lorsqu'ils vous ont arrêtés. Et puis, vos systèmes de commande ont été nettoyés, donc j'ai dû réinstaurer certains programmes. Mais ça devrait être bon, maintenant.

- Vous avez toute notre gratitude, monsieur, déclara 3PO, de toute évidence apaisé par les explications du garçon, …Êtes-vous vraiment sûr que nous ne risquons rien ?

- Oui, vous avez déjà été passés au peigne fin pour toute information rebelle que vous pourriez transporter. C'est mon père qui vous a donné à moi.

- Il semble être un homme plein de considération.

Luke posa brusquement ses outils tout en marmonnant quelque chose de peu cohérent.

- Je vous demande pardon, monsieur ?

- J'ai dit « comment va ton bras, maintenant ? ».

- Oh, s'exclama le droïde en tendant l'appendice concerné, Il me paraît tout à fait fonctionnel, monsieur.

Aussi fonctionnel que tu ne le seras jamais…

- Et qu'est-ce que tu veux insinuer par-là, exactement ? s'insurgea 3PO.

Luke fronça les sourcils devant l'astromech gazouillant. Je vais devoir apprendre à déchiffrer le binaire pour comprendre ce qu'il raconte, songea-t-il.

- Et toi, ça va ? demanda Luke à R2.

Comme je l'ai dit plus tôt, tous mes systèmes sont opérationnels.

- Il dit que oui, monsieur, traduisit 3PO, Personnellement, je le trouve quelque peu branlant, mais je crains que vous ne puissiez pas faire grand-chose pour arranger cela.

Ooh, très drôle, le comique.

3PO ignora superbement les trilles sarcastiques de son compagnon.

- Puis-je vous demander qui est votre père, monsieur ? s'enquit-il.

Ce fut à ce moment-là que la porte de la chambre de Luke s'ouvrit dans un sifflement, révélant aux droïdes la personne concernée.

- Juste ciel ! s'écria 3PO en se remettant à paniquer, Fuyez, maître Luke !

Luke se contenta de regarder le droïde d'un air un peu perdu avant de se tourner vers son père.

- Tous les droïdes de protocole sont comme ça ? demanda-t-il.

- Celui-ci est un peu particulier, admit Vador en croisant les bras, J'ai déjà eu affaire à lui par le passé.

- Partez, maître Luke ! Je vais le retenir !

- Tout va bien, 3PO.

Tu peux desserrer tes boulons, intervint R2.

- Oh non, monsieur ! Nous courons tous un terrible danger ! continua à piailler le droïde doré en se mettant à tourner en rond éperdument.

- …Le bouton de désactivation est juste sous sa tête, déclara Vador.

Luke s'empressa de tendre le bras pour désactiver temporairement le droïde.

- Je vois que tu as réussi à les remettre tous les deux sur pied.

- En grande partie, acquiesça Luke, Mais je ne comprends pas ce qu'il raconte, ajouta-t-il en regardant R2 s'agiter, son dôme tournant sur son axe tandis que ses lumières clignotaient furieusement.

- Cela changera. Tu peux apprendre en quelques mois, répondit Vador, Viens à présent, mon petit.

Luke lui jeta un regard quelque peu amène en rangeant ses outils.

- Je ne suis pas petit.

- Préfèrerais-tu que je t'appelle « fils » ?

Luke eut une hésitation, et la mâchoire de Vador manqua de peu se décrocher derrière son masque lorsque le garçon déclara :

- Oui.

Sa surprise était telle qu'il lui fallut un moment pour répondre.

- Très bien, lança-t-il finalement, Viens, mon fils.

Et Luke obéit. Instinctivement, Vador plaça son bras sur les épaules menues du garçon, qui ne le repoussa pas pour une fois. Empli d'une grande satisfaction, il gratifia Luke d'une légère pression de sa main et d'une caresse mentale. Et quel ne fut pas son plaisir de ressentir la timide réponse de son fils à travers la Force… Presque entièrement dénuée de peur !

Il conduisit Luke dans une autre pièce et commença par vérifier l'état de son bras. La blessure était presque complètement guérie, à présent, quelque chose qui accentua encore davantage sa satisfaction. L'enfant serait en mesure dès le lendemain d'en faire à nouveau usage et d'en renforcer les muscles. La nouvelle parut également enjouer Luke.

Mais la nouvelle suivante le rendit encore plus joyeux :

- La Flotte passera de nouveau en hyperespace demain, déclara Vador en remettant son pansement en place, Nous avons un trajet de deux jours à effectuer.

Les yeux bleus de Luke s'illuminèrent d'excitation.

- Dès que le vaisseau sera passé en hyperespace, tu pourras circuler où bon te semble dans mes quartiers, sauf dans ma chambre et mon bureau, continua Vador bien que Luke connaisse déjà tout cela, Je serai présent la plupart du temps.

Luke se dandina d'un air mal à l'aise en apprenant cela, et cela rappela à Vador qu'il y avait encore beaucoup à faire pour que le garçon commence véritablement à se sentir en sécurité près de lui. Il avait peut-être accepté que Vador l'appelle « fils », mais ce n'était pas de l'entendre l'appeler« père », quelque chose qu'il n'avait encore jamais fait.

Prenant soin de ne pas alarmer Luke, Vador tendit lentement mais sûrement sa conscience vers celle du garçon afin de se faire une nouvelle idée de la structure émotionnelle complexe de son fils, cette dernière ayant entamé un lent processus de métamorphose depuis que l'enfant lui avait été rendu. Luke se raidit brusquement à ce contact, la peur emplissant de nouveau son regard. Une seconde plus tard, les boucliers mentaux impressionnants de son fils se levèrent, repoussant Vador et coupant immédiatement le lien entre eux. Le Sith se tendit à son tour, s'attendant à un retour de la douleur qui l'avait hanté pendant treize ans… Mais lorsqu'elle se fit sentir, il fut surpris de constater qu'elle était bien moins forte qu'avant.

Luke, légèrement tremblant, avait profité de l'occasion pour s'éloigner. Vador débattit intérieurement pendant quelques instants sur la meilleure façon de faire face à la réticence de l'enfant. Le Sith comprenait que Luke ait encore besoin de temps pour s'habituer à cette nouvelle situation, qu'il avait encore beaucoup de choses à accepter. Mais il allait falloir trouver un équilibre entre compréhension et fermeté. Était-il temps de pousser Luke à se laisser faire ?

Oui. Cette fois, il pousserait un peu plus loin.

- Ne me bloque pas, mon garçon, ordonna-t-il.

Le petit se tendit sous le coup de la défiance. Il semblait bien que ni l'un ni l'autre n'accepterait de capituler. Mais que Luke le veuille ou non, il était le fils de Vador, et il lui faudrait tôt ou tard apprendre à obéir. Il attrapa fermement son fils par le menton, prêt à pousser contre les murs entourant l'esprit du garçon…

… Quand ces derniers s'effondrèrent soudainement sous le coup des violentes émotions qui secouaient l'enfant. Luke hoqueta un sanglot étranglé, et Vador le relâcha dès qu'il réalisa pourquoi, regrettant amèrement sa décision de pousser l'adolescent dans ses retranchements. Son geste avait rappelé au petit leur rencontre sur Coruscant, c'est pour cela qu'il était si bouleversé. Leur rencontre et le traitement qu'il avait alors reçu de la part de son propre père.

Du calme, mon enfant, tenta-t-il de l'apaiser, Je ne relèverai pas la main sur toi.

La réponse fut, sans surprise, une succession rapide d'images et de sensations brûlantes déboulant à travers le lien qui les unissait, ourlée de la peur et de la douleur que Luke avait ressenties ce jour-là. Avec lassitude, le seigneur noir tendit la main pour la poser sur l'épaule du garçon pour tenter de le calmer, mais Luke eut un mouvement de recul, bondissant sur ses pieds et se précipitant hors de la pièce. Vador l'imita et le suivit immédiatement, rattrapant son fils juste avant que celui-ci n'atteigne sa chambre.

- Luke…, commença-t-il.

- Lâchez-moi… S'il vous plait

Et pour une fois dans sa vie, Vador décida de ne pas insister.

Luke ne perdit pas une seconde de plus, se précipitant dans sa chambre, vers la sécurité qu'elle lui offrait.


... Et on s'arrête là pour cette fois ! Ca vous fait plaisir de revoir les deux compères ? Un vrai bonheur à traduire, et je dis ça sincèrement !

Allez, à très vite et que la Force soit avec vous en ces temps difficiles ! Ca finira par s'arrêter un jour :)

Lereniel