Chapitre 17

PDV Externe

Elle l'avait vu. Il savait qu'elle l'avait vu et reconnu. Il le voyait dans ses yeux iréels.

Floireans avait grandi. Elle devenait plus belle plus dérisable. Très attractive, surtout avec cet air d'impuissance. Lohan Lebesque le voyait. Il avait attendu neuf mois avant de pouvoir se trouver à nouveau dans la même pièce que cette enfant. Il avait assisté au spectacle de fin d'année en juin des maternelle, mais il fut dégouté en voyant que l'objet de son désir malsain n'était pas présent.

Les cheveux de Floireans avaient poussé. Ils semblaient plus emmêlés mais plus beau. Lohan Lebesque voulait les lui tirer, les enrouler autour de ses doigts, les sentir... Floireans allait assurément devenir l'esclave de son maître d'école.

La raison pour laquelle les cheveux de Floireans étaient plus longs et que sa frange lui tombait sur les yeux était simple. Judwal et Sonia passaient la majorité de leur temps à se reprocher tous les maux de la Terre. Floireans restait dans sa chambre à dessiner ou chez Fifi pour jouer. Ses parents s'occupaient à peine d'elle. La chevelure de la petite fille présentait des débuts de rébellion contre le peigne et commençait fortement à onduler. N'ayant pas de serre-tête ou de barrettes, pour retenir sa frange trop longue, Floireans s'était contentée de les nouer avec un ruban qu'elle avait prélevé sur une ancienne robe qu'elle portait à trois ans. Floireans n'avait pas d'accessoires pour cheveux. Habituellement ils ne dépassaient pas ses épaules et donc ne la génaient pas le moins du monde.

Dès le premier jour d'école, ça n'allait pas pour Floireans. C'était comme si rien n'avait changé. Comme si elle n'avait jamais quitté l'atelier, comme si sa grosse bagarre et les punitions qui s'en était suivit n'avaient servis strictement à rien. Comme Floireans avait-elleaussi stupide pour ne pas se souvenir que le maître était celui des CP, de sa future classe ! Floireans s'en voulait à mort. Elle était stupide !

Évidemment, l'instit se vengea. Il pouvait enfin asseoir sa juste domination sur cette enfant du diable.

Dès le premier jour, Floireans fut punie, car sa coiffure n'était pas sois disant aux normes de l'école. Tous les élèves étaient suspicieux quand à cette règle étrange, mais après que Lohan Lebesque leur eu lu le règlement dans l'intégralité, faisant dormir certain au passage, il s'avérait qu'il y avait un vieil article qui datait de Mathusalem et oublié depuis au moins cinquante ans. Bref ce fut le premier motif de punition de Floireans, frange d'une longueur non réglementaire. Punition : nettoyer toutes les tables pendant la récréation.

À cause de ce premier jour catastrophique, Floireans était devenue la risée de la classe. Et évidemment il y avait le roi des bouffons, Loïc Le Luyer. Il avait curieusement arrêté de se moquer de la myopie de la fillette vu qu'il n'était pas mieux lotti de se côté. Il va surtout accentuer sur son côté intello. Floireans était avancée. Elle savait lire, écrire, compter, additionner et même soustraire les nombres ensemble. Floireans était mal regardé au fur et à mesure des jours et des semaines qui passaient. La bande des joyeux singes était jaloux et lui en faisait voir de toutes les couleurs.

Régulièrement, la table de Floireans était salie pendant les récréations. Les autres s'amusaient à se servir de son bureau d'écolier comme d'une poubelle pour leur reste du goûter de la récréation de dix heures. Quand Floireans utilisait les toilettes de l'école, les filles remplissaient un sceau qui traînait et le remplissaient d'eau gelée et le lui jetais par dessus la porte. Étant petites, elles demandaient de l'aide aux caïds des classes supérieures.

À cause de ses farces, Floireans était punie. Punie pour ne pas savoir utiliser une poubelle. Punie pour avoir jouer avec l'eau. Punie pour pousser ses camarades alors que c'était elle qui se faisait martyrisée. Punie aussi pour ne pas avoir mis sa capuche, alors que ses camarades lui avait mis la tête dans les toilettes.

Fifi ne restait pas sans rien faire évidemment. Elle essayait de défendre sa meilleure amie, mais elle se faisait toujours mettre de côté de manière violente. Floireans lui avait dit de ne pas s'en mêler. Fifi têtue, en parlait à l'instituteur mais celui-ci lui répondait :

-Ecoute Fiona ce n'est pas que je ne te crois pas, mais tu es la seule à maintenir cette version. Tout le monde dit le contraire.

Et si Fiona avait le malheur d'insister, elle se faisait punir à cause des mensonges qu'elle proférait. Cependant Lohan Lebesque n'aimait pas la punir ou punir les autres. Car quand c'était comme ça, il n'était plus seul avec Foireans. Il ne pouvait plus se délecter de tout son saoul de la peur qu'il inspirait chez Floireans.

Floireans n'aimait pas voir sa meilleure amie se faire punir à cause d'elle. Elle lui disait à longueur de journée de ne rien dire. Mais d'un autre côté ça la rassurait d'être en retenue avec Fifi après les cours. C'était comme si elle était en sécurité.

Néanmoins plus les semaines passaient, plus Floireans se retrouvait seule et moins Fifi faisait des heures de colle avec elle.

-Lohan,tu ne trouves pas que tu es un peu dur avec cette enfant ? Demanda un jour Adénor Martin en jetant un coup d'oeil au dossier de la jeune Saunier.

-Floireans est incapable de ressentir ce qu'il se passe autour d'elle.

-Mais elle est une élève modèle, insista la directrice. Ses notes sont excellentes. Elle est très en avance. On devrait peut être envisager de la faire une ou deux classes.

Et puis quoi encore ? Lohan Lebesque n'avait pas patienté neuf mois pour qu'on lui retire Foireans au bout de deux mois de reprise ! Il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin.

-Elle est trop passive. Elle n'a aucun intérêt pour ses camarades, les cours et son professeur, argumenta Lohan Lebesque. Je ne pense pas que c'est une bonne idée de la mettre chez des élèves plus âgés. Elle a besoin de rester avec les gens de son âge.

Floireans devait rester avec les CP. C'était vital pour Lohan Lebesque. Le soir même qui a suivit cette conversation, une pulsion le prit en voyant le visage fatiguée de la petite fille. Il savait qu'elle avait manipulée la directrice du primaire comme elle avait manipulé ses parents et les instituteurs de la maternelle. Cette fille était le diable en personne. Il leva sa main et s'abattit sur cette petite démone.

Floireans retint son gémissement comme elle le pouvait. En étouffant son exclamation de douleur, un glapissement s'échappa. Un glapissement qui fit monter une vague de plaisir chez Lohan Lebesque.

Ainsi commença les pires moments que vécu Floireans. Lohan Lebesque commença à lui donner des coups. Plus il entendait Floireans essayer de tout encaisser plus ses coups étaient violents.

-Je te préviens, tu en parles à qui que se soit, et ta mignonne petite amie Fiona te remplacera, la menaçait-il régulièrement.

Floireans était une petite fille de six ans, qui n'était pas très costaude, pas très grande et très frêle. Elle était déjà fragilisée par les privations qu'elle s'imposait pour ne pas être un poids pour ses parents. Floireans s'était ainsi passée de desserts, de goûter, de nouveaux vêtements, de câlins, de protection et d'amour de ses parents. De plus elle ne disait rien sur le harcèlement dont elle était victime. Ses cahiers avaient été plus la plupart abîmer. Elle attrapait froid trop souvent à cause de ses séjours dans les toilettes imposées et avec l'hiver qui arrivait. Les seules forces qui restaient à Floireans étaient regroupées pour cacher ce qu'elle subissait. Elle minimisait tout auprès de Fifi refusant qu'elle perde son beau sourire et son âme d'enfant.

Vint un jour alors que Floireans était une fois de plus seule avec Lohan Lebesque, où se dernier franchit une nouvelle étape. Le mois d'octobre était bien engagé, quand une nouvelle pulsion prit le dessus sur la raison de Lohan Lebesque.

Floireans était sur la pointe des pieds en équilibre sur une chaise, en train de nettoyer le tableau couvert de nombres. Elle tremblait épuisée. Aujourd'hui elle avait encore eut la tête dans les cabinets et cette fois, ses « camarades » avaient tiré la chasse d'eau en même temps, la noyant à moitié. Floireans commença à ressentir un très gros stress en étant entourée de plus de cinq personnes. Elle craignait les regards de dédain qui se posaient sur elle. Elle était exténuée.

La voir ainsi excita Lohan Lebesque. Il tendit la main et Floireans fut effrayée en sentant la main caresser son dos de manière intense. Les larmes montaient et Floireans ne put les contenir. Elle reniflait, tressautait et se mordait la langue pour éviter d'émettre le moindre son. Elle n'aimait pas ça.

-Pourquoi est-ce que tu pleures ? demanda d'une voix faussement douceureuse Lohan Lebesque en lui caressant les cheveux. Tu devrais être heureuse d'être la seule avec qui je suis aussi gentil.

Floireans n'en pouvait plus. Elle allait craqué d'un jour à l'autre. Elle devenait plus sombre, moins vivante, plus irritante. Depuis cette horrible soirée, il n'était pas rare que Floireans se prenne la tête avec Loïc et qu'ils finissent tous les deux par se battre. Les deux étaient systématiquement punis mais par la directrice. Ils passaient pas mal de temps pendant les récréations à copier des lignes sous l'oeil vigilant d'Adénor Martin. Il devenait évident pour le corps enseignant que Floireans était en train de devenir une délinquante et qu'heureusement il ne lui avait pas permis de sauter des classes avec un tel comportement.

Un vendredi après-midi, pendant la séance de sport, les CP faisaient un petit match de foot. Ils étaient en train de s'échauffer en faisant des tours du terrain de foot municipal qui était placé à côté du cimetière. Coïncidence ? Message divin à faire passer ? Nul ne savait la véritable raison de cet étrange placement.

Floireans était au bout de ses forces. Elle courrait le moins vite de la classe ce qui lui valait des moqueries mais des encouragements de la part de Fifi qui faisait exprès de courir à la même vitesse qu'elle. Cependant Loïc, qui était le plus rapide de la classe, avait un tour d'avance sur les autres et fonçait délibérément droit vers Floireans. Arrivé à sa hauteur il 'expulsa violemment hors de son chemin avant de continuer comme si de rien n'était.

-Fais attention l'épouvantail ! Avait-il hurlé en leur passant devant.

Une douleur fulgurante apparut au niveau des paumes de mains et des genoux. La coupure au genou est suffisamment profonde pour la faire saigner. Fifi vociférait des insultes à l'égard de Loïc qui éclatait d'un grand rire cinquante mètres plus loin. La riche héritière aida Floireans à se remettre debout.

La jeune Saunier ne fit pas attention à son amie qui l'aidait. Ses yeux suivaient la course du sang jusqu'en dans l'herbe. Le sang rouge vermeille sur l'herbe verte, éveilla chez Floireans quelque chose de merveileux. Ça lui rappelait l'herbe de sang que lui avait montré un jour sa mère. Une plante vraiment étonnante. L'harmonie entre les deux éléments faisaint qu'ils pouvaient donner vie à une nouvelle espèce. Floireans trouva curieux que deux formes de vie aussi différente que l'humain et l'herbe avaient besoin d'eau, de soleil et d'amour pour vivre. Sa mère lui avait toujours dit que toutes formes de vie avait son importance. Si c'était réellement le cas, alors pourquoi ce brin d'herbe semblait si heureux avec du sang alors qu'elle était si triste bien qu'elle avait du sang sur elle ?