Disclaimer : Les personnages appartiennent bien évidemment à Masami Kurumada, sauf pour ceux qui ne sont pas à lui et qui sont à moi … (et je dois dire que je les aime bien, moi, mes personnages…)

Rappel du rating : M

Note : Bonjour ! Bonsoir ! Et comme à chaque fois, merci à vous, mes chères lectrices et chers lecteurs, de prendre le temps de lire mon histoire. J'espère que vous appréciez la suite que je propose, et la tournure que je donne aux évènements… D'ailleurs, je remercie une nouvelle fois, et très sincèrement, celles d'entre vous qui prennent le temps de m'écrire des reviews. Je sais que je me répète, mais c'est vraiment très important pour moi, alors encore merci !

ShaSei: Un IMMENSE merci pour ton dernier commentaire ! Je suis tellement heureuse de savoir que tu apprécies mes perso, et l'histoire que j'essaie de raconter à leur sujet … Sinon, c'est vrai que je suis un peu dure avec Seiya… Mais c'est parce qu'il a toujours été mon préféré (depuis que j'ai dix ans… on se refait pas…), alors… qui aime bien, châtie bien, comme on dit… Je ne peux pas te dire qui parviendra à le soulager, ou si même quelqu'un y parviendra… Car cela, seule la suite de cette histoire le révélera… Quoi qu'il en soit, encore merci, vraiment, du fond du cœur pour tes commentaires, qui me touchent à chaque fois. Et j'espère me montrer à la hauteur de tes attentes quant à la suite que je donnerai à cette histoire…

Voici donc le chapitre 18 (déjà le 18… le temps passe vite…). Comme vous pourrez le voir, tous nos chevaliers sont rentrés au Sanctuaire, et chacun pourra probablement apprécier ces quelques heures de repos… Enfin, façon de parler pour certains… Mais chut… je n'en dis pas plus… ^-^

Attention : j'ai glissé un petit passage Yaoi/Lemon dans ce chapitre (que je considère assez « sage » malgré tout…). Pour celles et ceux que cela pourrait gêner, j'ai indiqué le début et la fin de cette séquence par l'utilisation de caractères gras. Vous pourrez donc en sauter la lecture, si vous le souhaitez. Cela ne perturbera en aucun cas la compréhension de l'histoire.

Sur ce, je vous souhaite justement une bonne lecture… en espérant que vous apprécierez… au moins un peu…


Chapitre 18

10 octobre 2001

Sanctuaire, Grèce, au lever du jour

Seiya sent qu'il l'observe. Il ne le voit pas, mais il sait qu'il est là. Quelque part.

Il perçoit son cosmos noir et vide s'approcher de lui, et chercher à entrer en contact avec le sien. Pour l'anéantir ou, plutôt, pour l'étouffer, le posséder.

« Pourquoi ne me laisses-tu pas tranquille ? murmure-t-il, d'une voix désespérée qui ne semble pas lui appartenir.

- Parce que je veux te faire payer l'affront que tu m'as fait subir. Je veux te voir souffrir, comme tu n'as jamais souffert auparavant.

- Mais ne sais-tu donc pas à quel point je peux endurer la souffrance ?

- Si, bien entendu. Et c'est ce qui rend mon intention encore plus délicieuse. Car je sais que tu pourras supporter pendant longtemps ce que je t'imposerai. Et ton supplice n'en sera que plus délectable. Tu comprends ? »

Oui, Seiya comprend, parfaitement. Et c'est pour cela qu'il sait pertinemment ce qu'il doit faire. Le plus vite possible. Dès qu'il en aura le courage.

« Alors, finit-il par répondre au Dieu maléfique dont il ressent toujours la présence, je ne te laisserai pas cette chance.

- Que veux-tu dire par là ? Que tu penses que tu auras la force de t'ôter toi-même la vie ? Je crains malheureusement que ce ne sera pas le cas. Car je ne te le permettrai pas.

- Et comment comptes-tu t'y prendre pour m'en empêcher ? Tu ne pourras pas enrayer ma volonté. Car personne, aucun humain, ni aucun Dieu, n'y est jamais parvenu.

- Je n'aurai pas à enrayer quoi que ce soit, Seiya. Car de volonté, tu n'en auras plus aucune. Oui, ce que tu ne sembles pas comprendre, c'est que j'aurai détruit ton âme et ton esprit. Et que tu seras tout à moi, et à moi seul. »

Le Sagittaire s'apprête à lui répondre, lorsqu'il sent une aura douce et bienveillante venir à sa rencontre. Il ferme les yeux pour mieux la percevoir, et une voix familière résonne alors dans sa tête.

« Seiya, ne l'écoute pas ! Il ne te dit pas la vérité. Tout ce qui sort de sa bouche n'est que mensonge et infamie. Car il ne pourra jamais anéantir ce que tu es, ni te faire oublier qui tu es. »

La voix devient alors de plus en plus forte, de plus en plus claire. Et Seiya voudrait pouvoir la croire, cette voix. Celle de son ami.

« Tu m'entends, Seiya ?! Tu dois me promettre de te battre, de ne pas te laisser faire. Et surtout, de ne pas oublier que nous serons là pour toi, comme tu as toujours été là pour nous. Promets-le-moi ! »

Mais Seiya ne répond pas. Et Shun comprend alors qu'ils l'ont peut-être déjà perdu.

...^...

Shun se réveille en sursaut. Il pleure et il a froid. Tellement froid. Il n'avait plus ressenti un tel sentiment d'horreur depuis longtemps. Depuis plus de quatorze ans. Depuis qu'Hadès avait quitté son corps.

Il s'assied dans son lit et prend son visage entre ses mains.

Il sait que ce qu'il vient de vivre n'était pas réel, que ce n'était qu'un rêve. Mais ce qui le trouble et le terrifie, c'est que ce rêve n'était pas le sien.

Non, ce rêve était celui de son meilleur ami. Celui de Seiya. Et la détresse qu'il a pu y percevoir vient de lui faire comprendre une chose dont il n'avait pas encore pris conscience.

Son ami est en danger. Et cette fois-ci, il risque de le perdre. De le perdre pour toujours.


Vjeko ronge son frein en silence. Il fait cela depuis la veille. Depuis qu'Aleix est revenu au Sanctuaire.

Celui-ci ne lui a pas adressé la parole lorsqu'ils se sont croisés, peu de temps avant la grande réunion qu'ils ont eue avec leur Grand Pope et leur Déesse. Et le faible nombre de mots qu'ils ont échangés juste après n'a rien arrangé à sa douleur.

Car s'il rumine son incompréhension et sa colère face à la réaction de son compagnon, le Phoenix ne peut nier qu'il souffre. Terriblement.

Il souffre du silence du Capricorne, de sa froideur, de son indifférence.

Mais avant tout, il souffre d'avoir la certitude de connaître l'origine de ce changement d'attitude. Car Vjeko croit savoir ce qui perturbe son meilleur ami. Et c'est ce qui rend sa souffrance quasiment insupportable.

Parce qu'il sait, il en a la conviction, qu'il a été trop loin avec ce qu'il lui a avoué près de la cascade le soir des bombardements. Aleix n'était pas prêt à entendre les mots qu'il a eus pour lui ce soir-là, et il regrette infiniment de les avoir prononcés.

Et la nuit qu'il vient de passer, au cours de laquelle il n'a pas fermé l'œil une seule petite minute, n'a fait qu'accroître sa peine et sa colère. Sa colère contre lui-même et contre sa stupidité.

Mais ce matin, il sait qu'il a besoin de se calmer, sinon il ne restera bientôt plus grand-chose des quartiers des chevaliers de Bronze...

Il se dirige donc dans la salle de bain de son baraquement, pour prendre une douche. Une douche glaciale. La plus froide possible.

« Non, mais quel con ! » ne peut-il s'empêcher de se hurler au visage en croisant son regard dans le miroir. « Pourquoi je n'ai pas pu fermer ma putain de grande gueule ?! ».

Oui, ce matin, Vjeko est persuadé d'avoir perdu l'homme qu'il aime. De l'avoir perdu parce qu'il n'a pas su canaliser ses sentiments. Parce qu'il n'a pas su les rendre acceptables, pour lui, son meilleur ami. Et ce qui l'accable tout autant, voire davantage, c'est la peur d'avoir aussi perdu son amitié.

...^...

Aleix descend les marches du gigantesque escalier en fixant le paysage devant lui. Ce paysage qui lui manquait tant. Il a toujours beaucoup aimé la vue depuis les hauteurs du Domaine Sacré, dont certains aspects lui rappellent sa Catalogne natale. Et ce matin, il sait qu'il doit concentrer son esprit et ses pensées sur ce genre de choses, pour ne pas penser à lui.

Il a conscience de lui avoir fait de la peine, hier, en se comportant comme il l'a fait. Il a senti sa douleur, et surtout, son incompréhension, face à son attitude. Et après les heures qu'il vient de passer à ne penser qu'à cela, il s'en veut terriblement d'avoir engendré ces sentiments chez son meilleur ami. Celui qu'il ne peut s'empêcher d'aimer malgré tout.

Pourtant, il est convaincu que sa réaction est la meilleure à avoir, et la seule qui soit digne d'eux et de leur rang. Car il a compris que leur amour serait un obstacle à leur rôle de Chevaliers, quoi qu'ils puissent croire ou faire. Et cela, il ne peut pas l'accepter.

Il l'a compris lorsqu'il a senti les bombes s'abattre sur le village, en tuant des innocents, de trop nombreux innocents, alors que lui, eux, étaient si près. Ils étaient juste à côté, et pourtant, ils n'ont pas su empêcher les missiles de souffler les maisons. Ils n'ont pas su arrêter les bombes qui ont arraché à cette petite fille tout ce qu'elle avait de plus cher. Ils n'ont rien fait, et il ne supporte pas l'horreur de leur inaction.

Il se sent coupable, responsable, de la mort de tous ces villageois, dont la vie a volé en éclats à cause de leur égoïsme. Oui, il sait qu'à ce moment-là, ils n'ont pensé qu'à eux, et que la profondeur des sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre leur ont fait perdre, à tous les deux, le sens de leur mission et de leurs devoirs.

Alors, logiquement, car le Capricorne demeure d'une logique implacable, toujours, Aleix sait ce qu'il leur reste à faire. Ils doivent faire abstraction de leur amour. Le mettre de côté, pour le garder auprès d'eux, tout près, mais en l'ignorant, pour ne pas oublier qui ils sont, et ce pour quoi ils ont accepté de revêtir leurs armures.

Ces armures pour lesquelles ils se sont tellement entraînés, ensemble, pendant de si nombreuses années. Les plus belles années de sa courte vie, car passées à ses côtés, avec lui.

Lui qui lui a tant donné, et qui voudrait lui donner tellement encore. Lui dont il connaît chaque sourire, chaque regard, chaque froncement de sourcils. Lui dont le cosmos est certainement la plus belle chose qui ne lui ait jamais été donné de voir. Lui dont la seule présence le comble de bien-être et de joie, et dont l'absence le vide et le prive d'espoir. Lui qui lui a procuré tant de bonheur, par ses paroles, par ses gestes. Et qui lui a offert tant de plaisir, par ses caresses, par ses baisers, avec ses lèvres, avec ses mains,…

Aleix s'arrête subitement et s'assied sur les marches. Il resserre ses jambes contre sa poitrine, et plaque son front entre ses genoux.

Il sait qu'il n'y arrivera pas. Il a beau essayer de se convaincre du contraire, il doit admettre qu'il ne se sent pas capable d'accomplir une telle chose.

Il ne peut pas tirer un trait sur l'amour qu'il éprouve pour Vjeko. Comment le pourrait-il puisque celui-ci occupe chacune de ses pensées, et la moindre de ses tentatives de réflexion ?

Et finalement, cela aussi lui semble être d'une logique implacable.

Mais pourtant, il sait qu'il doit accepter l'idée qu'il n'a pas d'autre choix.


Ikki arrive devant l'entrée du sixième temple, et comme à chaque fois qu'il pénètre dans ce lieu, il sent un profond sentiment de bien-être s'insinuer en lui. Comme si l'aura bienveillante de Shaka était toujours là pour l'accueillir et lui souhaiter la bienvenue, à sa manière…

Il se dirige vers le cœur de l'édifice, et perçoit rapidement le cosmos de son frère. Il comprend assez vite où il se trouve, et accélère le rythme de ses pas pour le retrouver.

Shun l'attend, assis en tailleur et les yeux clos, devant les lourdes portes menant au jardin des Sals jumeaux. Celui-ci se lève dès qu'il entend la voix de son frère s'adresser à lui, et ouvre les yeux.

« Bonjour Shun. Je vois que tu as repris certaines des habitudes de ton prédécesseur…

- Bonjour Ikki. Oh non, j'en serais bien incapable… Mais il est vrai que j'aime venir me recueillir ici de temps en temps… Et je me plais à penser que le cosmos de Shaka emplit toujours les murs de cette maison.

- Je vois tout à fait ce que tu veux dire. Probablement plus que tu ne le croies… Mais dis-moi, pourquoi m'as-tu demandé de te retrouver ici, et pas dans ton bureau au Palais ?

- Parce que je voulais être certain que nous ne serions pas dérangés, et que personne ne pourrait entendre ce que j'ai à te dire.

- Et qu'as-tu donc à me dire qui nécessite de telles précautions ?

- Je dois te parler de Seiya.

- Cela tombe très bien, car moi aussi, je voudrais te parler de lui.

- Vraiment ? Mais pourquoi ?

- Je t'en prie, à toi l'honneur. C'est toi qui m'as invité ici après tout…

- C'est vrai… »

Shun se dirige vers les deux portes derrière lui, contre lesquelles il plaque son dos. Il lève la tête vers le plafond, et reprend le cours de son propos sans rebaisser les yeux.

« Seiya ne va pas bien.

- Oui, ça je l'avais remarqué !… Et la dernière discussion que j'ai eue avec lui n'a rien pour nous rassurer. Quand tu sauras ce qu'il m'a demandé …

- Que t'a-t-il demandé ?

- Il m'a demandé, quoique le bon terme serait plutôt supplié, de l'aider à mourir… Oh pas tout de suite, rassure-toi… Mais il semble convaincu que quelque chose devrait le conduire à solliciter mon aide pour une telle horreur.

- Et, il t'a dit à quoi il faisait référence ?

- Non, bien entendu. Il m'a même donné l'impression de ne pas vraiment le savoir lui-même…

- Je vois… ».

Shun baisse la tête et plonge son regard dans celui de son frère.

« Ikki, je crois que Seiya est en danger, et que si nous ne faisons rien pour l'aider, nous le perdrons. Et cette fois-ci, nous le perdrons pour toujours.

- Qu'est-ce qui t'incite à croire une telle chose ?

- Des tas de raisons, qui me sautent chaque jour davantage au visage. Et ce que tu viens de dire ne fait que renforcer mon sentiment.

- Et, as-tu une idée du danger qui plane sur lui ?

- Je n'en suis pas encore certain, mais je crains de ne commencer à comprendre.

- Et de quoi s'agit-il ?

- Je préfère ne pas m'avancer pour l'instant. Pas avant d'en avoir appris un peu plus. Car je ne voudrais pas prendre de mauvaises décisions. Encore…

- Si tu penses que c'est ce que tu dois faire, alors j'ai confiance en toi. Comme toujours.

- Merci Ikki. Mais nous devons absolument veiller sur lui, et lui montrer combien nous croyons en lui et en qui il est.

- Oui, c'est certain. Mais les missions que tu nous as assignées hier ne me permettront pas de garder un œil sur lui comme je le devrais.

- Je sais. Et c'est aussi ce dont je voulais discuter avec toi ce matin. Car je pense que tu pourrais demander à Shaina de prendre ta place dans cette tâche.

- Et qu'est-ce qui te fait penser qu'elle m'écoutera, et qu'elle acceptera d'accomplir une telle chose ?

- Je crois que je n'ai pas besoin de te l'expliquer, Ikki… Ton petit frère n'est pas aveugle, contrairement à ce que tu sembles encore imaginer. Je sais ce que vous partagez tous les deux. Je l'ai compris depuis un certain temps déjà...

- Oh, mais je n'en doutais pas, petit frère, ne t'en fais pas… Mais je connais suffisamment notre chère Ophiuchus pour savoir que cela risque de ne pas être suffisant… Shaina n'en fait toujours qu'à sa tête, et elle a tendance à ne pas beaucoup apprécier qu'on lui dicte ce qu'elle a à faire.

- Oui, j'en ai bien conscience. Pourtant, je suis assez convaincu que cette fois-ci, elle ne devrait pas avoir d'objections à accepter de nous rendre ce service.

- Pourquoi dis-tu cela ? interroge l'ancien Phoenix, en fronçant les sourcils. Si tu fais référence au fait qu'elle était autrefois amoureuse de Seiya, je ne suis pas sûr que cela ait encore une réelle influence sur elle aujourd'hui. Mais, tu n'as toutefois probablement pas tort. Elle devrait accepter de répondre à notre demande. Et si besoin, je trouverai les mots pour la convaincre. Je te le promets.

- Merci Ikki. Et une dernière chose, s'il te plaît…

- Oui ? Je t'écoute.

- Quoi qu'il arrive, promets-moi de rester bienveillant avec Seiya, de le soutenir, et de ne pas le laisser s'enfoncer dans sa solitude et sa souffrance.

- Bien entendu. Je ne pourrai jamais me comporter autrement. C'est une évidence. »

Shun sourit au propos de son frère, et détache enfin son dos des portes contre lesquelles il était toujours appuyé. Il s'approche de lui, et se met sur la pointe des pieds pour lui déposer un baiser sur la joue.

« Merci grand frère !

- Shun ! râle ce dernier, en frottant sa joue avec la main. Quand perdras-tu cette sale habitude ? Nous ne sommes plus des gamins !

- Non… Mais je suis toujours ton petit frère, et cela, tu ne pourras jamais rien y faire… » répond-il, en s'éloignant vers la sortie du temple de la Vierge.


Saori frappe à la porte du onzième temple. A cette heure de la journée, elle sait que Seïka devrait s'y trouver, et elle a terriblement besoin de lui parler. Celle-ci vient lui ouvrir rapidement, et l'invite à entrer. La princesse ne peut retenir un frisson en constatant la fraîcheur régnant entre les murs de cette maison. L'inconvénient de vivre avec un Saint de glace…

« Je suis heureuse de te voir, Saori. Veux-tu déjeuner avec nous ? Camille et Hyoga ne devraient plus tarder à rentrer.

- Non merci, c'est gentil. Je ne veux pas vous déranger, et j'ai promis à June que je déjeunerais avec elle.

- Entendu, comme tu veux. Mais, que me vaut le plaisir de ta visite ?

- Rien de particulier. Je voulais simplement te voir c'est tout.

- Saori ? Qu'y-a-t-il ? Tu as l'air préoccupée. C'est mon frère, c'est ça ?! Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

- Je vois que je ne peux rien te cacher…

- Il faut croire que non… Je n'ai peut-être pas un puissant cosmos, ni de talents particuliers pour les combats, mais je crois pouvoir faire preuve d'une certaine intuition. Au moins de temps en temps…

- Je ne peux pas dire le contraire...

- Alors, de quoi s'agit-il ?

- Seiya m'inquiète. Toujours. Et il m'inquiète de plus en plus.

- Je sais… Et ton inquiétude est légitime. Car je me rends compte moi aussi qu'il ne va pas bien, et qu'il n'a toujours pas accepté ce qui s'est produit ces dernières semaines.

- Oui. Mais, Seïka, il n'y a pas que cela…

- Quoi ? Qu'y-a-t-il d'autre ?

- Je crois qu'une partie de sa colère, que je perçois toujours plus grande de jour en jour, est dirigée contre moi.

- Mais enfin, c'est impossible ! Comment le pourrait-il ? Mon frère est l'un de tes chevaliers les plus fidèles et dévoués, et surtout, tu sais qu'il est profondément amoureux de toi. Depuis toujours !

- Pardon ?! murmure la jeune femme.

- Oh, excuse-moi ! Je ne devrais pas te parler comme cela. Je suis désolée.

- Non, je ne te demande pas de t'excuser, Seïka ! Mais comment sais-tu que ton frère est amoureux de moi ?

- Voyons Saori… Sans vouloir te blesser, tout le monde au Sanctuaire sait pour vous deux… Depuis longtemps. Même si vous essayez de faire des efforts pour le cacher, votre amour a toujours sauté aux yeux. Et en ce qui me concerne, je l'ai compris dès votre retour des Enfers, il y a quatorze ans.

- Oui, nous avons bien conscience de ne pas avoir été toujours très discrets… Mais pourquoi ne jamais avoir abordé le sujet avec moi dans ce cas ?

- Par respect pour toi, et pour votre choix à tous les deux de garder le silence. Tout simplement.

- Alors, merci, Seïka. Sincèrement. Mais, malheureusement, si je veux voir la vérité en face, je crois que je suis en train de perdre son amour.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Oh, je n'en suis pas réellement surprise, à vrai dire, poursuit Saori, sans répondre à la question de son amie. J'ai toujours su qu'un jour, il se détournerait de moi. Parce que nous n'aurions jamais dû céder à nos sentiments, ni nous accorder le bonheur de les vivre pleinement. Je savais que je n'en avais pas le droit, et que je ne pouvais pas imposer cela à l'un de mes chevaliers. Mais je n'ai pas été assez forte pour lutter contre. Non, je n'ai pas été assez forte, pour cela, comme pour beaucoup d'autres choses… ».

Saori prend une profonde inspiration, avant de poursuivre, d'une voix plus assurée.

« Mais ce n'est pas ce qui est important. Non, ce qui me préoccupe le plus, c'est la souffrance que je sens croître dans le cosmos de ton frère, comme si elle se nourrissait de sa colère et de sa rage.

- Alors tu devrais en parler à Shun !

- C'est ce que je vais faire. Mais je sais déjà qu'il partage mon sentiment. Nous n'avons pas réellement besoin de mots pour échanger lui et moi… Et je sais aussi qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour le protéger. J'en suis pleinement convaincue.

- Alors, dans cas, il n'y a pas de crainte à avoir, Saori ! J'ai moi aussi entièrement confiance en Shun.

- Je sais, Seïka… Mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur pour lui. Car quoi que je puisse vouloir ou croire, et quoi qu'il puisse faire ou penser, je l'aime. Et je l'aimerai pour toujours. »


Vjeko referme sa main sur l'épaule de son camarade, et la saisit fermement pour le jeter avec violence sur le sol. Sous le choc, un nuage de poussière se soulève de la piste, au milieu duquel Aleix se relève rapidement. Même si l'agressivité soudaine de son ami l'étonne, ce dernier ne compte pas se laisser faire. Surtout pas devant les autres combattants présents dans l'arène, dont il sent maintenant les yeux braqués sur eux avec la plus grande attention.

Il se retourne pour faire face à son adversaire, et se précipite pour lui asséner un coup de genou dans les côtes. Il sait immédiatement qu'il a atteint son but, et profite de la douleur qui paralyse temporairement son partenaire pour le faire tomber, en fauchant ses jambes avec son pied droit.

Le Phoenix s'écroule sur le sable blanc, et le Capricorne se positionne au-dessus de lui, en plaçant ses longues jambes de part et d'autre de son corps étendu.

« Alors Vjeko ! C'est tout ce que tu as à proposer aujourd'hui ?! »

Ce dernier se redresse immédiatement sur les coudes, et fait basculer le Catalan en lui frappant les tibias. Il en profite pour reprendre le dessus, et le plaque vigoureusement contre le sol. Il bloque ses épaules avec ses mains, et appuie fermement ses hanches contre les siennes.

Aleix regarde son ami fixement pour essayer de comprendre ce qu'il a dans la tête. Il sent qu'il est en colère, en colère contre lui, et il sait qu'il a toutes les raisons de l'être. Mais cela ne justifie pas qu'il se comporte de la sorte avec lui.

« Qu'est-ce que tu disais, mon ami ? Excuse-moi, je n'ai pas très bien entendu ! »

Aleix essaie de se dégager, mais Vjeko l'en empêche en le maintenant avec force contre le sol.

« Je disais que tu ne me semblais pas très en forme, répond le Capricorne, en cherchant à reprendre son souffle.

- C'est parce que j'ai passé une TRES mauvaise nuit, figure toi ! rétorque le jeune Croate, d'une voix acérée.

- Tu m'en vois désolé !

- Vraiment ?

- Vraiment », insiste le gardien du dixième temple.

Vjeko relâche sa prise subitement et se relève d'un bon, pour se décaler sur le côté.

« Je crois que nous en avons terminé, Aleix. J'ai obtenu ce que je voulais.

- Ah oui, c'est-à-dire ?

- Des excuses ! »

Le Capricorne se met debout à son tour, et prend le temps de frotter ses bras pour retirer la poussière incrustée sur ses bandages et sur sa peau. Des excuses, il aurait pu lui en faire… Tout à l'heure. Il y avait songé, c'était même précisément son intention... Mais maintenant, il n'en est plus question. Pas après les coups qu'ils viennent d'échanger.

« Alors je crains que nous n'en ayons pas terminé, au contraire. Car je ne vois pas de quoi j'aurai à m'excuser ! »

Vjeko fronce ses épais sourcils et lance un regard sombre à son ami.

« Dans ce cas, il va falloir que je t'explique… Mais avant, prépare-toi à retrouver le contact chaud du sable de l'arène ! » s'exclame le Phoenix en repartant au combat.

...^...

Acrisios regarde ses ainés d'un air médusé. Il se tourne vers Hikari, qui semble autant déconcerté que lui par le spectacle qui se joue devant eux.

« Eh bien ! Je ne sais pas ce qu'ils ont mangé à midi ces deux-là, mais cela doit leur rester sur l'estomac ! s'amuse le chevalier Pégase.

- Oui… Ils ont l'air très remontés l'un contre l'autre…

- C'est le moins que l'on puisse dire… »

L'apprenti Gémeaux jette un nouveau coup d'œil aux deux combattants qui s'étripent sous leurs yeux, avant de s'adresser à nouveau à son camarade :

« Hikari, promets-moi que nous n'en arriverons jamais là tous les deux !

- Je te le promets, Acri ! Enfin… sauf si tu continues à vouloir me protéger de tes coups pendant les entraînements, comme tu t'entêtes à le faire depuis trois semaines !

- Entendu. Je devrais y parvenir… un jour ou l'autre ! » répond le jeune Grec.


Jabu admire Marine qui est allongée auprès de lui, entièrement nue. Il caresse son dos du bout des doigts, et descend doucement le long de sa colonne pour arriver jusqu'au creux tout en bas. Il approche alors son visage du sien, pour déposer un baiser sur les lèvres qui ne cessent de lui sourire depuis qu'il a entrepris son exploration.

« Tu m'as tellement manqué.

- Tu m'as manqué toi aussi », répond-elle, en se tournant sur le côté.

Le Scorpion plaque son corps contre le sien, et la fait basculer sur le dos. Il s'allonge au-dessus d'elle et reprend son baiser. Elle serre ses cheveux entre ses doigts, et écarte un peu ses jambes pour le sentir au plus près d'elle. Il descend alors sa main gauche le long de son buste, s'arrête un peu pour effleurer la courbe de son sein, puis continue jusqu'en haut de sa cuisse. Il la caresse délicatement de son index, en dessinant de petits cercles sur sa peau, puis la soulève délicatement, et entre doucement en elle. Marine détache ses mains de ses cheveux, pour les placer sur ses fesses et accompagner ainsi chacun de ses mouvements. Elle bascule la tête en arrière, et laisse Jabu parcourir sa gorge avec ses lèvres, tandis qu'elle s'abandonne au plaisir qu'il lui offre.

A cet instant, elle se sent pleinement heureuse. Et elle a envie de croire que rien ne pourra jamais venir lui enlever ce qu'elle a la chance d'avoir enfin retrouvé.

Jabu se lève pour se diriger vers la salle de bain. Marine relève la tête de l'oreiller, se redresse sur le coude, et appuie sa joue dans la paume de sa main. Et elle ne peut s'empêcher de sourire en se surprenant à admirer l'anatomie de son amant. Elle doit reconnaître qu'elle adore le regarder, et qu'elle apprécie surtout les muscles de ses fesses...

« Arrête ça Marine ! Tu vas me faire rougir !

- Arrêter quoi ? rétorque la jeune femme.

- Arrête de reluquer mes fesses comme tu le fais !

- Mais tu as des yeux derrière la tête ou quoi ?

- Non, je suis simplement observateur. Mais je te comprends… C'est vrai que je dois admettre que j'ai un très beau postérieur ! » déclare-t-il en passant la tête dans l'ouverture de la porte.

« Tu veux boire quelque chose ?

- Oui, je veux bien un peu d'eau, s'il te plaît.

- Je t'apporte ça tout de suite. Ne bouge surtout pas ! ».

Le Scorpion revient aussitôt, avec un verre dans chaque main.

« Tiens.

- Merci. »

Il se rassied à côté d'elle, en appuyant son dos contre la tête de lit.

« Pour changer de sujet, non pas que de débattre avec toi des qualités de mon anatomie me déplaise… mais disons qu'il y a tout de même des sujets plus intéressants… Je trouve que tu as vraiment fait beaucoup de progrès avec Camille pendant mon absence.

- Oui, je crois que nous avons effectivement bien travaillé toutes les deux. Elle me surprend chaque jour davantage. Et je dois reconnaître que sa maîtrise du cosmos est vraiment exceptionnelle pour son âge.

- C'est certain. Elle est réellement étonnante cette petite, et je suis persuadé qu'elle fera un grand chevalier d'Or.

- J'en suis convaincue. Mais rien ne presse ! Elle a encore besoin de progresser, et nous avons la chance de pouvoir lui accorder tout le temps qui lui sera nécessaire. Même si j'ai l'impression que je vais devoir poursuivre son entraînement sans toi.

- J'en ai bien peur… Tu as entendu les consignes de Shun hier. Il nous renvoie en Afghanistan Ikki et moi, et je crains que cela ne dure encore un certain temps…

- Je m'en sortirai toute seule, ne t'en fais pas. Car grâce à toi, j'ai repris confiance en moi et en mes capacités pédagogiques, et j'ai beaucoup moins de doute quant à la réalisation de la tâche qui m'a été confiée.

- Es-tu certaine que je sois le seul à l'origine de ton changement d'état d'esprit ? Marine, tu ne m'as rien dit, et je comprends ton silence et je le respecte, mais je sens combien tu sembles heureuse aujourd'hui. Et même si j'aimerais croire en être l'unique responsable, je sais que ce n'est pas le cas… »

Le chevalier de l'Aigle regarde son amant avec tendresse, et ne peut s'empêcher de déposer un baiser sur sa joue.

« Merci Jabu. Merci d'être ainsi entré dans ma vie, et de comprendre mes choix et mes silences. Je sais que cela ne doit pas être facile pour toi, et je sais aussi que je suis une femme un peu compliquée… Alors merci pour tout ce que tu es, et pour chaque instant que tu partages avec moi. »

Jabu saisit le cou de Marine et l'embrasse passionnément. Il écarte ensuite ses lèvres des siennes, et murmure : « Je t'aime. »

Elle ferme les yeux et prononce à son tour ces mêmes mots. Ces mots qu'elle ne pensait jamais plus entendre sortir de sa bouche : « Je t'aime aussi ».

Marine se lève, attrape ses vêtements et commence à se rhabiller.

« Tu ne veux pas rester encore un peu ?

- Non, je dois aller lui parler. Je voudrais essayer de le convaincre de ne pas partir.

- Je ne suis pas sûr qu'il t'écoute… Je crois que ton fils est malheureusement aussi têtu que toi…

- Merci du compliment… réplique-t-elle en souriant. Cela dit, je veux quand même essayer. Car je ne le crois pas suffisamment rétabli pour retourner en mission avec Seiya et Shaina. Et puis…

- Et puis quoi ?

- Et puis, je dois admettre que Seiya m'inquiète.

- Ah ça… Je te confirme qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez lui en ce moment.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Crois-moi, j'ai mes raisons…

- Lesquelles Jabu ? Explique-toi, s'il te plaît !

- Disons que notre Sagittaire a développé la fâcheuse tendance à perdre son sang-froid assez facilement ces derniers temps. J'ai bien cru qu'il allait me taper dessus lorsque nous sommes allés inspecter le camp d'Al-Qaïda la nuit des bombardements. Mais je peux te rassurer malgré tout : il a réussi à se maîtriser, et a fini par retrouver ses esprits… Au bout de quelques heures…

- Alors c'est plus grave que ce que je pensais ! Il faut en parler aux autres !

- Je crois que c'est déjà fait. En tout cas, je sais qu'Ikki est allé discuter avec lui à la suite de notre altercation, et je suis persuadé qu'il en aura touché deux mots à son frère depuis notre retour. Donc tu n'as pas de souci à te faire. Car si Shun a malgré tout accepté de laisser Seiya repartir en mission, et s'il a permis à Hikari de prendre la place de Shiryu pour l'accompagner, c'est qu'il doit considérer qu'il n'y a rien à craindre.

- Oui, ou alors c'est qu'il pense que la présence d'Hikari pourra peut-être le raisonner. Je sais que Seiya s'en veut toujours terriblement de ne pas avoir été là pour le protéger le jour de l'attentat contre le Commandant Massoud. Donc il est probable qu'il voudra tout mettre en œuvre pour garantir sa sécurité, et que de ce fait, il veillera à ne rien faire d'extravagant. C'est peut-être à cela que Shun a pensé…

- Oui, peut-être, effectivement... Et il n'aurait certainement pas tort. Il me semble évident que Seiya ne se comportera pas de la même manière en présence de son disciple. Il tient tellement à lui… Et puis n'oublie pas qu'il y aura également Shaina auprès d'eux. Donc tout devrait bien se passer, tu verras.

- Je l'espère. Mais je veux quand même essayer de le convaincre de rester.

- Comme tu veux. Tu es sa mère après tout…

- Oui, ça, je le sais !

- Pardon, Marine, je ne voulais pas faire cette remarque déplacée…

- Il n'y a pas de problème. Oui, je suis sa mère, et cela ne me gêne pas de te l'entendre dire. Ne t'inquiète pas… » répond-elle, avec un sourire chargé de tendresse.

Elle s'assied sur le lit pour remettre ses talons, et l'embrasse avant de se relever. Elle se dirige ensuite vers la porte de la chambre, et juste avant de sortir, elle ajoute :

« Et une dernière chose pour en terminer avec Seiya.

- Oui, laquelle ?

- Tu n'as rien remarqué lors de la réunion d'hier ?

- Non, pas spécialement. A quoi penses-tu ?

- Il n'a pas regardé Saori. Pas une seule seconde.

- Vraiment ?

- Oui. C'est la première fois que je le vois se comporter comme cela avec elle.

- Ils se sont peut-être disputés… Etant donné le caractère de notre ami ces derniers temps, il n'y aurait rien d'étonnant.

- Oui, peut-être... Tu as probablement raison. Allez, à plus tard !

- Attends ! Est-ce que tu viendras me rejoindre cette nuit ?

- Evidemment que je viendrai ! » lance-t-elle, en sortant de la chambre.

Le Scorpion s'allonge sur le lit, croise ses mains derrière la tête, et sourit.

Il est heureux et il se sent bien. Parce qu'il a retrouvé la femme qu'il aime, évidemment.

Mais aussi, il doit bien se l'avouer, parce qu'il a retrouvé, au moins pour quelques heures, l'ordre et la propreté de son cher huitième temple…


« Fous-moi la paix ! J'ai besoin d'être seul ! »

Vjeko comprend que cette fois-ci, il a dépassé les bornes… Aleix le bouscule violemment en passant à côté de lui, et part en courant dans la direction du gigantesque escalier.

Et malgré la frustration et la colère qui bouillonnent encore dans son esprit, il ne peut réfréner son angoisse et sa douleur en le regardant s'éloigner. Parce qu'il sait que c'est lui que son ami veut fuir, et il sait aussi exactement pourquoi.

Il a perdu le contrôle, perdu le sens des réalités, et il s'en veut terriblement de ce qu'il vient de faire subir à l'homme qu'il aime. Car il ne peut effacer de sa mémoire le désespoir qu'il a pu lire sur son visage, lorsqu'il l'a plongé dans les limbes de son illusion.

Vjeko se dirige vers le bord de l'arène, et plaque ses mains contre l'une des rares colonnes encore debout. Il baisse la tête, et regarde fixement le sol à ses pieds. Comment a-t-il pu infliger l'Illusion du Phoenix au Capricorne ? Oh, il a parfaitement conscience des raisons qui l'ont conduit à en arriver là… Il voulait savoir. Il voulait comprendre ce que son ami avait dans la tête. Comprendre l'origine de son comportement des derniers jours, de son silence et de son indifférence. Mais ce qu'il ne s'explique pas, c'est comment il a pu laisser son angoisse et sa peine le convaincre de soumettre Aleix à la folie de cette attaque.

Car dès qu'il a commencé à pénétrer son esprit, il a compris qu'il avait fait une erreur. Une erreur monumentale. Parce qu'il a pu percevoir le désespoir, l'horreur et la souffrance. Des sentiments qu'il n'aurait jamais voulu avoir à lire dans le cœur du Capricorne.

Oui, lorsque son Illusion a atteint son cerveau, Aleix lui a ouvert ses pensées, et l'a laissé entrevoir le plus terrible de ses cauchemars. Et c'est lui-même qu'il a eu la surprise de voir …

Il s'est vu mort. Mort dans les bras de son ami, maculés de sang et de poussières. Il a vu les larmes d'Aleix tomber sur son visage, inexpressif, livide et blanc, et il a vu ses mains caresser sa joue. Puis il a vu le Capricorne s'écrouler sur le sol, en le serrant contre lui de toutes ses forces. Et il a vu l'homme qu'il aime lever son bras, pour mettre fin à sa douleur et à sa propre vie, d'un seul coup, par le tranchant de sa lame.

Vjeko frappe la colonne avec son poing, et celle-ci se brise aussitôt. Il se retourne sans prêter attention aux dommages qu'il vient de faire subir à ce vestige millénaire, et il quitte l'arène en courant.

Il sait ce qu'il lui reste à faire…

...^...

Acrisios se lève du gradin où il était assis, et s'adresse à son camarade d'une voix teintée d'inquiétude :

« Tu ne crois pas qu'on devrait aller prévenir Ikki ?

- Non, laisse-les se débrouiller tous les deux. Ils sont adultes et responsables.

- Mais, tu n'as pas vu ce que je viens de voir ?

- Si, mais Ikki n'y pourra rien. Et Vjeko se fiche pas mal de se faire sermonner, même par son ancien maître… Et puis surtout, je pense que celui-ci a très certainement autre chose à faire en ce moment…

- Que veux-tu dire ? s'étonne l'apprenti des Gémeaux.

- Acri… T'es vraiment super naïf !

- Mais quoi ? De quoi parles-tu à la fin ?!

- Tu n'as pas vu que ton maître était parti avec Shaina tout à l'heure ? Et qu'ils s'étaient dirigés vers le cinquième temple, tous les deux.

- Ah je vois… Oui, ils doivent effectivement être occupés...

- Mais pourquoi tu rougis, Acri ?! Ce sont des choses naturelles qu'ils sont en train de faire !

- Je ne rougis pas !

- Si tu rougis ! T'es tout rouge ! On dirait que tu vas éclater !

- Lâche-moi la grappe, Hikari ! Qu'est-ce que tu peux être lourd parfois !

- Oh, ça va… Pardon… J'arrête avec ça, promis… Je ne voudrais pas à mon tour devoir subir les foudres de mon meilleur ami…

- Oui, tu fais bien. Surtout que la dimension vers laquelle je t'enverrais n'aurait rien à envier aux supplices infligés par le Hōō Genma Ken …

- Quel vantard tu fais ! Allez viens, partons. Nous n'avons plus rien à faire ici, et la nuit commence à tomber. »

...^...

Vjeko monte l'interminable escalier en courant. Il dissimule un peu son cosmos en passant à proximité de la maison du Lion, même s'il se doute que son ancien maître est actuellement bien trop occupé pour ressentir sa présence, et continue son ascension aussi vite qu'il le peut.

Il arrive devant l'entrée du dixième temple, et se rue à l'intérieur sans se donner la peine d'annoncer sa présence. Il se dirige aussitôt vers l'appartement et commence à en pousser la porte, lorsque celle-ci se bloque subitement.

« Va-t'en Vjeko ! S'il te plaît, laisse-moi tranquille !

- Aleix, attends ! Je suis désolé ! Je suis tellement désolé ! Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, et je ne me le pardonnerai jamais. Mais je t'en prie, laisse-moi te parler ! »

Pas de réponse.

« Aleix, s'il te plaît. Laisse-moi entrer. Il faut que je te voie. Je ne peux pas te laisser comme ça. Aleix, j'ai senti ta douleur tout à l'heure, et je ne peux pas l'accepter. Aleix, je t'en supplie… ».

La porte s'ouvre de quelques centimètres.

« Et pourquoi crois-tu que je pourrai être disposé à t'écouter ?

- Parce que je suis ton meilleur ami…

- Et alors ?

- Et alors, tu ne peux pas me laisser dans cet état. Tu vois bien que je vais devenir fou…

- Justement, c'est tout ce que tu mérites ! » ajoute-t-il en claquant la porte.

Vjeko se retourne, et plaque son dos contre le bois dur et froid. Il sait que son ami a raison, et qu'il ne mérite ni ses excuses, ni son pardon. Il commence à s'éloigner lorsqu'il entend la porte s'ouvrir à nouveau derrière lui.

« Je sais que je vais le regretter, mais viens. Je veux bien entendre ce que tu as à dire pour ta défense.

- Merci Aleix ! »

Vjeko se faufile dans l'appartement, et reste dans l'entrée, comme s'il ne souhaitait pas envahir davantage l'espace de son ami.

« Je suis impardonnable, et tu as le droit de me détester.

- Voilà un point sur lequel nous sommes entièrement d'accord ! Continue…

- Et, même si je sais que cela ne pourra rien justifier, sache que si j'ai fait cela, c'est parce que j'ai eu la faiblesse de vouloir comprendre.

- Comprendre quoi ?

- Comprendre ton changement d'attitude ! Aleix, je sais que je suis allé trop loin dans ce que je t'ai dit près de la cascade l'autre soir. Je n'aurais pas dû étaler mes sentiments de la sorte devant toi, et j'en suis sincèrement désolé. Mais pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ? Pourquoi n'es-tu pas venu me dire ce que tu ressentais ? Pourquoi ce silence ?

- Parce que je n'ai pas encore trouvé la force d'affronter la douleur de ce que j'ai à te dire… J'ai été extrêmement heureux de t'entendre prononcer les mots que tu as eus pour moi. Et je le suis encore aujourd'hui. Profondément. Car je les partage, et je ne peux pas croire que tu ne l'aies pas compris. Je t'aime Vjeko, du plus profond de mon âme. Et de cela, je veux que tu saches que je n'ai aucun doute.

- Alors de quoi doutes-tu ?

- De nous. Je ne nous crois pas capable de concilier nos sentiments avec notre devoir de chevaliers. Et ce qui s'est produit l'autre soir en est la preuve.

- Mais de quoi parles-tu ?

- De l'attaque qui a eu lieu lorsque nous étions à la cascade. Nous aurions dû empêcher les bombes de détruire le village !

- Mais comment ? Nous ne pouvions pas savoir que celles-ci allaient s'abattre sur le sol, puisque, au cas où tu l'aurais oublié, les missiles n'ont pas de cosmos que nous aurions pu détecter. Enfin Aleix, qu'aurions-nous pu faire de plus ?

- Si nous avions été vigilants, nous aurions pu les détourner de leur trajectoire. Avec nos armures, cela n'aurait pas été si difficile, surtout en alliant nos forces tous les deux. Et dans le pire des cas, nous aurions dû atteindre le village avant qu'elles ne frappent, pour mettre à l'abri les habitants derrière la protection de nos cosmos.

- Mais nous n'aurions pas pu les protéger tous, Aleix ! Pas juste à nous deux ! Et comment aurais-tu choisi quelle maison secourir ? Comment aurais-tu pris cette terrible décision ?

- Je ne sais pas. Mais cela n'a pas d'importance.

- Ah oui ? Tu le crois réellement ? Et comment aurais-tu fait pour expliquer les raisons de ton choix aux survivants qui auraient perdu leurs voisins, leurs proches, leurs familles ? Que leur aurais-tu dit ?

- Je ne sais pas.

- Et puis tu oublies une chose qui me semble fondamentale.

- Laquelle ?

- C'est que c'est justement à cause de ce qui existe entre nous que nous nous sommes retrouvés sur place ce soir-là. Je sais que c'est purement par hasard, et que le destin est souvent bien surprenant, mais si je n'avais pas voulu t'emmener là-bas à ce moment-là, nous serions probablement arrivés trop tard pour venir en aide aux quelques rescapés que nous avons pu secourir.

- Je n'en suis pas convaincu.

- Et moi, je ne suis pas convaincu que nous aurions pu sauver plus de gens en agissant autrement. »

Aleix baisse la tête avant de répondre à la dernière remarque de son ami.

« Oui, mais je persiste à croire que nous n'aurions pas dû laisser nos sentiments prendre le dessus sur notre mission.

- Je dois admettre que tu as certainement raison. Mais je ne vois pas pourquoi cela devrait remettre en cause ce qui existe entre nous !

- Parce que cela démontre que nous ne sommes pas capables de faire la part des choses.

- Non, cela montre juste que nous avons fait une erreur. La première et la dernière. Je t'en fais la promesse. Mais moi, je n'accepterai pas de tirer un trait sur toi. Je ne le pourrai pas, Aleix ! Je ne le supporterai pas ! »

Le Phoenix se rapproche du Capricorne, et lui relève le visage de la main droite pour plonger ses yeux dans les siens. Ces yeux noirs comme la nuit, dans lesquels il voudrait se perdre pour toujours.

« Tu m'entends ? Je ne peux pas concevoir le reste de ma vie sans toi, sans ta présence à mes côtés. Sans pouvoir partager chaque jour que le destin nous donnera la chance de vivre tous les deux. Sans pouvoir admirer ton sourire, t'écouter rire, ou essuyer tes larmes, quand tu en auras besoin. Sans pouvoir te toucher, te caresser, sentir ta peau frémir sous mes doigts. Sans pouvoir te rendre heureux, te donner du plaisir à la hauteur de celui que tu m'offres à travers chaque seconde que tu passes auprès de moi. Je ne le pourrai pas, tu m'entends !? »

Aleix pose sa main par-dessus la sienne, en fermant les yeux. Il ne sait plus quoi penser. Mais ce qu'il sait en revanche, c'est que l'amour qu'il éprouve pour son ami est immense, et qu'il ne se sent pas capable de l'ignorer davantage.

Il ouvre les yeux, et dès qu'il croise à nouveau le regard de son compagnon, il sait exactement ce qu'il veut. Et il le veut maintenant.

« Fais-moi l'amour, Vjeko ! S'il te plaît… »

Le Phoenix saisit le visage du Capricorne et l'embrasse de toutes ses forces. Il l'entraîne vers la chambre de l'appartement, sans détacher la bouche de la sienne, et tout en avançant, il retire ses chaussures et détache la ceinture de son pantalon. Il se débarrasse de celui-ci en arrivant devant le lit, et soulève le T-shirt de son ami pour le faire passer par-dessus ses épaules. Il prend alors quelques secondes pour l'admirer, son Capricorne, qu'il désire plus que tout.

Il enlève à son tour son maillot, et reprend ses baisers. Aleix se laisse basculer sur le lit, et attend son amant étendu sur le dos. Il attend de le sentir enfin contre lui, de retrouver la chaleur exquise de sa peau, de s'abandonner une nouvelle fois à la douceur de ses mains …

Vjeko se penche au-dessus de lui, et commence à parcourir son torse avec sa bouche. Il suit les contours de ses muscles, avec précision et application, comme pour s'assurer de ne pas en oublier un seul. Puis, il s'aventure plus bas, toujours plus bas, sans détacher ses lèvres, il ne le pourrait pas, et défait les boutons du dernier obstacle qui le sépare de ce qu'il désire. Il fait glisser le pantalon le long de ses jambes, qu'il trouve interminables et parfaites, absolument parfaites, et remonte lentement, en les frôlant du bout des doigts.

Le Capricorne ferme les yeux, et s'abandonne à chacune des caresses qu'il reçoit. Son corps tremble, son cœur s'emballe, son esprit s'embrume, ses sens se troublent. Il ne pense plus à rien. Il ne pense plus qu'à l'homme qui le touche, qu'à ses mains, qu'à ses lèvres, qu'à son souffle. Et lorsqu'il sent sa bouche s'emparer de lui, lorsqu'il sent sa langue effleurer son sexe, il sait que sa raison n'est plus. Il l'a perdue, et il s'en contrefiche.

« Attends, Vejko… Attends… » parvient-il à murmurer après un instant.

« Ne vas pas trop vite… Je veux…

- Oui, dis-moi ce que tu veux...

- Je veux te sentir à l'intérieur de moi. »

Le Phoenix relève la tête, et remonte avec délice le long du corps qu'il sent frémir sous ses mains. Il approche ses lèvres de son oreille, et après y avoir déposé un baiser, encore un, il lui demande doucement, avec tendresse :

« Retourne-toi ».

Aleix obéit et s'allonge sur le ventre. Vjeko caresse alors ses épaules et le haut de ses bras, et laisse courir ses doigts sur ses muscles longs et fins qu'il a toujours trouvés magnifiques. Il s'amuse aussi du contraste de la couleur pâle de sa peau contre ce corps si bronzé, qu'il aime tant regarder et dont il sait qu'il ne se lassera jamais. Il embrasse ensuite son dos, qu'il parcourt lentement de baisers, jusqu'à atteindre le creux de ses reins. Il s'y attarde un instant, quelques secondes qu'il voudrait éternelles, pour le sentir toujours au plus près de lui. Puis, il se redresse légèrement, prend ses hanches entre ses mains, les soulève délicatement, et s'abandonne enfin au plaisir qu'il veut donner à l'homme qu'il aime.

Aleix se mord les lèvres, d'abord pour atténuer la douleur, puis pour ne pas se laisser aller trop vite au désir, infini, presque irréel, qu'il sent monter en lui. Il veut profiter de chacun des mouvements de Vjeko à l'intérieur de lui, maintenant, finalement. Enfin. Toujours.

« Encore, souffle-t-il dans un soupir. Ne t'arrête pas… »

Et le Capricorne, dont la logique demeure implacable, toujours, sait désormais qu'il ne pourra jamais plus se passer de l'homme qu'il aime. Quoi qu'il puisse croire ou vouloir. Et quels que soient son rang et ses devoirs.


June se tient debout face à la porte, qu'elle scrute sans bouger. Elle hésite encore un peu, puis frappe deux petits coups. Elle entend des bruits de pas de l'autre côté, et ferme les yeux en attendant que celui qu'elle est venu voir apparaisse devant elle.

« Bonsoir June. Je désespérais de pouvoir à nouveau me réjouir de l'une de tes visites. Entre donc, je t'en prie.

- Bonsoir Sorrento. Oui, je suis désolée, mais j'ai été très occupée ces deux derniers jours. Surtout depuis le retour de tous les autres au Sanctuaire.

- Oui, je l'imagine bien. Et Shun a dû avoir besoin de toi pour préparer la réunion d'hier. Merci encore d'ailleurs à vous deux de m'avoir permis d'y assister.

- Tu n'as pas à nous remercier. C'était naturel que tu y participes étant donné l'aide précieuse que tu as apportée à Shun dans ses réflexions sur ce sujet. Je sais qu'il avait besoin de soutien et de conseils, et il a beaucoup apprécié que tu acceptes de l'écouter et de lui donner ton avis.

- Oh, mais j'ai été ravi de pouvoir me sentir utile, car tu sais combien c'est quelque chose qui me fait cruellement défaut, le plus souvent, et je suis très flatté de la confiance qu'il m'accorde. Que vous m'accordez tous les deux », précise le Marina en se dirigeant vers la cuisine du petit appartement qu'il occupe.

« Tu veux un thé ? Je m'apprêtais justement à m'en préparer un, lui crie-t-il depuis l'autre pièce.

- Oui, très volontiers.

- Et installe-toi, je t'en prie ! »

June balaie du regard la pièce autour d'elle, et repense alors à ce que Sorrento et elle ont partagé ensemble l'autre nuit. Sur ce canapé, mais aussi sur ce fauteuil, et sur ce tapis... Elle rougit instantanément, et s'assied aussitôt, justement sur le canapé, en attendant sa tasse de thé.

Sorrento sort à cet instant de la cuisine, avec un plateau entre les mains.

« Tu préfères jasmin ou nature ? J'ai trouvé les deux dans les placards.

- Jasmin s'il te plaît. »

L'Autrichien se penche au-dessus de la table basse pour y déposer les tasses, et se retourne vers son invitée, un sourire amusé sur les lèvres.

« Pourquoi est-ce que tu rougis, June ? J'étais là moi aussi, et rien de ce que nous avons fait ne me donne envie de rougir. Nous avons partagé un moment délicieux, et j'en garde personnellement un excellent souvenir… »

La jeune femme décroise nerveusement ses jambes, et place les mains sur ses genoux. Elle s'apprête à ouvrir la bouche, lorsque Sorrento la coupe :

« Ah, j'entends la bouilloire qui siffle. Attends-moi, je reviens tout de suite. »

Elle le regarde repartir vers la cuisine, et ne peut réfréner un sourire. C'est vrai qu'elle se sent bien avec lui. Et elle est certaine que cela n'a rien à voir avec les charmes envoutants de son Ecaille…

« Et voilà… » s'exclame-t-il en revenant dans le salon. Il pose la théière sur la table et s'installe dans le grand fauteuil juste en face d'elle.

« Alors, ma belle, qu'as-tu donc besoin de me dire ? Car je sais que tu n'es pas ici juste pour profiter du thé, très bon par ailleurs, que vous laissez à disposition des invités du Palais.

- Il faut croire que tu commences à bien me connaître…

- Je crois qu'on peut le dire, répond-t-il, en souriant.

- Il est venu me parler.

- Je sais.

- Comment le sais-tu ?

- Parce que c'est moi qui lui ai demandé de le faire.

- Quoi ?!

- Oui. Je ne supportais plus de vous voir tous les deux dans cet état. Alors j'ai fait mon possible pour que les choses changent…

- Eh bien, je suis désolée de t'annoncer que rien ne changera.

- Que veux-tu dire ? Shun ne t'a pas avoué ce qu'il ressentait pour toi ?

- Si, il me l'a dit.

- Et alors ?

- Et alors, rien. Il m'aime, mais cela ne changera rien.

- Je vois… Il t'a dit qu'il n'avait pas le droit de se permettre ce genre de chose, c'est ça ?

- Oui. A peu près.

- Et que lui as-tu répondu ?

- Je lui ai promis que j'essaierai de comprendre les raisons de son choix. Mais je ne suis pas sûre d'en être capable. Je crains même de ne jamais y parvenir.

- Alors n'essaie pas ! June, il changera d'avis, tu verras. J'en suis convaincu.

- Je crois que tu te trompes…

- Ah oui, comme j'avais tort lorsque je disais qu'il t'aimait. C'est ça ?

- Oh Sorrento… Je ne sais pas. Je ne sais plus où j'en suis…

- Alors, je vais t'aider à te retrouver, June. »

La Sirène se lève et se met à genoux devant elle. Il pose ses mains sur ses cuisses et plonge ses yeux dans les siens.

« Ecoute-moi. Tu es une personne merveilleuse, et tu ne peux pas imaginer à quel point je suis heureux que tu sois entrée dans ma vie. Et s'il est vrai que c'est l'amour que nous partageons pour lui qui nous a rapprochés au début, je ne crois pas faire erreur en disant qu'aujourd'hui, il y a autre chose. »

Sorrento approche son visage de celui de June, si près que leurs fronts finissent par se toucher.

« Je crois que je t'aime. Je ne pensais pas cela possible, mais je crois que je t'aime peut-être autant que je l'aime lui. Et je compte donc tout mettre en œuvre pour que vous soyez heureux, tous les deux. »

Il détache alors ses mains de ses cuisses pour les placer de part et d'autre de son visage. Il la regarde encore quelques secondes, avant de l'embrasser en fermant les yeux. Il sent alors des larmes couler sur ses doigts, et il approfondit son baiser. Il sait qu'il doit lui faire comprendre combien elle compte pour lui. Il sait qu'elle en a besoin.


...


17 octobre 2001

Seiya la regarde fixement. Il ne comprend pas ce qu'elle veut lui dire. Il est certain qu'elle se préoccupe de lui, mais il ne comprend pas pourquoi. Il ne le mérite pas. Il ne le mérite plus. Il voudrait juste qu'elle le laisse tranquille, avant qu'il ne soit trop tard.

Elle lui dit qu'il doit avoir confiance en lui. Qu'il doit se souvenir de qui il est, qu'il doit lutter contre sa rage et sa colère, que cela lui permettra d'effacer sa souffrance, et d'oublier sa douleur.

Mais que connaît-elle de sa douleur ? Que comprend-elle à sa souffrance ? Rien. Absolument rien. Et de toute façon, comment le pourrait-elle ? Personne ne le peut.

Non, personne ne sait la souffrance qu'il lui inflige. Personne n'a la moindre idée du supplice qu'il lui fait subir.

Et surtout, personne ne peut imaginer ce qu'il lui demande de faire. Ce qu'il susurre dans sa tête, depuis des jours, et encore maintenant. Surtout maintenant. Quand il la sent si proche de lui. Quand il ne peut s'empêcher de plonger son regard dans ses grands yeux verts. Dans ses yeux qu'il trouve magnifiques, et qu'il a l'impression de voir pour la première fois.

Les yeux de Shaina…

A suivre…


Merci de m'avoir lue… j'espère que cela vous a plu…

PS 1 : Je sais... désolée de vous abandonner là-dessus… (niac niac niac !...)

PS 2 : Certains d'entre vous pourront peut-être se demander pourquoi avoir glissé un passage "yaoi/lemon" dans ce chapitre. La réponse est très simple : Vjeko et Aleix sont deux de mes OC que j'ai pris en affection au fil de mon écriture. Je les trouve très mignons tous les deux, et j'ai donc simplement voulu leur offrir un petit moment de bonheur… (après les avoir un peu maltraités... je vous l'accorde). C'est tout… Donc c'était purement égoïste de ma part… Mais à quoi servirait l'écriture d'une fanfiction si ce n'était pour s'autoriser ce genre de petits plaisirs ?… ) (et ce d'autant plus qu'il se trouve que le 10 octobre est le jour de mon anniversaire… alors encore une raison pour m'être fait plaisir avec ce chapitre… ^_^ )

PS 3 (promis, c'est le dernier) : Juste une petite précision pour ceux qui n'auraient justement pas lu ce passage, afin de garantir une bonne compréhension de la suite de mon histoire: comme vous vous en doutez peut-être, Vjeko et Aleix se sont finalement réconciliés… et ils devraient donc pouvoir laisser libre cours à leurs sentiments dans les prochains chapitres…

A bientôt…