Salut salut les gens ! Et voilà, le chapitre 19 est là ! J'espère que vous allez bien rire, et que ça vous plaira, comme d'hab'
Bonne lecture et gros bisous !
Midi moins cinq. Parfait, Temari était en avance. Elle se dirigea alors vers le café, situé à l'artère principale de la ville. A cette heure-ci, la plupart des citadins étant partis déjeuner, le café était loin d'être bondé.
12h05. Comme à l'accoutumée, les filles étaient en retard. Elles ne dérogeaient jamais à cette règle d'or, qui consistait à se laisser désirer. Sauf qu'en toute logique, cette règle ne s'appliquait que pour le sexe opposé. Et Temari détestait les personnes en retard.
Ce ne fut alors qu'à 12h15 que celle-ci repéra le troupeau au loin, en train de se pavaner et discuter tranquillement, sans se presser. Après tout, ce n'était pas comme si elles avaient 15 minutes de retard !
Arrivées à hauteur de Temari, celle-ci les accueillirent avec un sourire forcé, qui cachait en réalité une furieuse envie de les insulter. Dieu, tant de claques se perdaient, en ce bas monde!
- La ponctualité, ça vous parle ?
- Bonjour Temari, ravie de voir que tu es de bonne humeur ! Nous allons très bien, merci de t'en inquiéter ! répliqua Ino, avec sarcasme.
- Tu t'es levée avec deux pieds gauches ou quoi ?! enchérit Sakura
- Plus précisément, je me suis levée avec la tête au fond de mon cul, un mal de chien au crâne, agrémentée d'une envie de sombrer dans mon lit pour ne pas en sortir. Mais force est de constater que je n'ai pas oublié notre rendez-vous, et L'HEURE !
- Oooh ça va, tu vas pas nous en faire toute une montagne, Tema' ! dit Tenten.
- Effectivement, je n'en ai même pas la force, en fait.
Ino, qui ne les écoutaient qu'à moitié, repéra un serveur qui se dirigeait vers une table, chiffon en main, pour la nettoyer.
- Eh garçon, bonjour ! On pourrait avoir cinq cafés longs, s'il vous plaît ? lui demanda Ino, avec son plus beau sourire. Merci d'avance ! Puis elle recentra son attention vers Temari.
- Bon, comment tu te sens, chérie ?
- Hm... J'hésite. Humiliée ? Énervée ? Meurtrière ? Ou les trois en même temps ?
- Ah ouais d'accord. T'es au fond du trou, quoi.
- J'aurais pas mieux dit moi-même.
Comme pour tenter de la réconforter, son café arriva à point nommé, fumant et parfumé à souhait des effluves de caféine.
Et avant de laisser l'opportunité à ses amies de démarrer son propre procès, elle détourna rapidement l'attention d'elle, au moins pour s'accorder un minimum de sursis.
- Bon alors, Hinata ? C'était comment ce baiser avec Naruto ? Ça a fait bougé les choses entre vous ou pas ? demanda Temari.
Toutes les filles concentraient alors leur intérêt vers la jeune Hyûga, qui rougissait violemment.
Tentative de diversion réussite !
- Ah... ahah... eh bien... je ne vais pas cacher que c'était agréable... Ses lèvres étaient si douces... J'y ai pensé tout la nuit... avoua-t-elle, tête baissée et rouge de gêne.
- Moooh, c'est mignon ! Et donc ? On veut savoir la suite nous ! Vu qu'on t'as vu rentrer avec lui hier soir, lança Tenten, sans prendre la peine de dissimuler sa curiosité. Pas de prises de gants entre copines !
- Effectivement, il a tenu à me raccompagner jusqu'à chez moi.
- A mon avis, il n'était pas juste question de galanterie, je me trompe ? demanda à son tour Sakura.
- Il ne s'est rien passé, je vous le jure ! On s'est juste à nouveau embrassés... et je dois passer le voir ce soir...
- AAAAAAH JE LE SAVAIS ! cria Ino, qui s'était subitement levée de sa chaise, un doigt pointée vers Hinata.
- Arrête de crier, bordel ! Tu ne penses pas que j'ai suffisamment mal au crâne pour que tu en rajoutes une couche ?! pesta Temari, les mains collées à ses oreilles et prise d'une nouvelle migraine assassine.
- Pardon, pardon ! Je me suis laissée emportée par la joie, répondit Ino avant de se rasseoir à sa place. En tout cas, c'est super Hinata! Pense juste à...
- Pense juste à essayer de te préserver et de ne pas coucher le premier soir comme ces deux-là, coupa Temari en pointant des doigts Sakura et Ino avec dédain. Je supporterais assez mal que tu passes du côté obscur, étant la plus sage d'entre nous.
Les deux coupables lancèrent un regard meurtrier à leur amie pour cette remarque acerbe avant d'éclater de rire. Elles savaient qu'il ne fallait pas se vexer avec Temari, celle-ci ayant toujours eu un humour... on ne peut plus particulier. Et un franc-parlé inégalable.
Hinata, quant à elle, ne devait avoir qu'une envie selon la No Sabaku : fuir cette discussion et se terrer au fond d'un trou pour qu'on lui foute la paix. Ça se voyait sur son visage comme un nez en plein milieu de la figure. Temari fut obligée d'éprouver de la compassion et de l'empathie pour elle. Car son tour n'allait pas tarder à venir aussi.
- Bon, arrêtons d'embêter Hinata. Elle va finir par nous claquer dans les pattes, si ça continue. Par contre...
Temari, qui buvait tranquillement son café, su sans le voir que tous les regards étaient dorénavant braqués sur elle, comme si elle avait une cible dessiné sur la tronche.
Et voilà, qu'est-ce qu'elle disait ? Elle n'allait pas échapper à l'interrogatoire. Le sursis touchait à sa fin.
- Temari ? annonça Ino.
- Hum ? Répondît l'intéressée, sans accorder un regard à son amie, étant concentrée sur le petit tourbillon qu'elle créait dans son café à l'aide de sa cuillère, qu'elle tournait inlassablement.
- Bah, raconte nous! Arrête de faire genre, tu savais très bien que t'allais y passer aussi !
Oh oui qu'elle le savait, sauf qu'elle n'avait tellement pas l'envie de remettre sur la table LE sujet épineux. Mais pas le choix. Ino était tel un chien qui ne lâchait jamais son os, peut importe la force que l'on y mettait pour le lui retirer. Elle était tenace, la gamine.
- Eh bien, je ne vais pas déblatérer au sujet de mon petit tête à tête avec Shikamaru, puisque vous avez écouté aux portes comme des commères, dit-elle en les fusillant du regard. Ensuite, je l'ai à nouveau croisé en sortant des chiottes. Enfin, quand je dis croiser...
- Ah ! On y vient ! Je sentais bien qu'il s'était passé un truc louche quand je t'ai vu revenir des toilettes ! T'avais l'air au bout de ta vie, chérie !
- Merci pour la "compassion", Ino. J'avais juste pas envie de l'étaler pour la simple et bonne raison que c'était trop...gênant.
Toutes les filles, sans exception, s'étaient alors penchées vers Temari, pendues à ses lèvres pour ne pas en perdre une miette. C'était l'heure d'être claire, nette et précise. Merde.
- Bref, je lui ai rentré dedans sans le faire exprès, en sortant. Au début, je pensais que j'étais tellement torchée que j'avais percuté un mur ou une porte, tellement je marchais de travers. Bon, ça a été le cas mais pas comme je l'aurais imaginé.
- Comment ça ? demandèrent les filles à l'unisson.
- Disons qu'il m'a... plaqué contre le mur, pour éviter que je ne cherche à l'esquiver, j'imagine.
- Il a fait quoi ?! C'est une blague !? Il n'a quand même pas osé te toucher, j'espère !? demanda Ino, offusquée.
- Dans ses rêves, oui ! Même bourrée je l'aurais buté s'il avait tenté quoi que ce soit ! Ceci étant, je pense que s'il en avait eu la permission...il l'aurait sûrement fait. Le plus triste dans cette histoire, c'est que... putain, j'ai aimé ce rapprochement, j'en voulais... plus. Notons toutefois que l'alcool m'a, je pense, bien débridée aussi. Mais comme d'habitude, j'ai fais la fière et je l'ai repoussé...
Temari était partagée entre l'embarras face à un tel aveu et le soulagement d'avoir réussi à mettre sa fierté de côté. Elle se rendit même compte que l'honnêteté pouvait procurer un bien fou, associé à une sensation d'être plus légère, comme libérée d'un poids trop lourd pour ses épaules.
- D'où ton rattrapage en force avec le roulage de pelle et votre démonstration plus que suggestive ? Toi, t'as vraiment pas blagué, durant le jeu. Tu dis que tu l'aurais buté s'il t'avais touchée, mais à en juger votre galoche, t'avais surtout envie de te le taper, ouais!
Mais quelle grosse connasse, celle-là !
- Tu sais, tu n'as besoin d'en rajouter une caisse, Ino. Je me souviens de tout, à regret. Et pour ma défense, j'étais encore plus torchée qu'en sortant des WC. Je savais même pas ce que je faisais, putain ! Et puis, on en parle, de toi et de ton strip-tease improvisé devant tout le monde , sans parler de l'état de Sai durant ton petit show ?!
- Tu sais très bien que ce n'est pas pareil, ne change pas de sujet ! Moi, je suis en couple avec Sai. Mais vous deux... vous vous comportez comme deux personnes ensembles, sans l'être réellement ! Tu sais bien qu'à un moment donné, tu vas devoir choisir une position dans tout ça. Être une simple amie, ou plus.
- Je ne change pas de sujet, je fais mon propre constat ! Merde, quoi, on dirait que j'ai tué quelqu'un, à vous entendre. Je me suis mise une mine hier, j'étais pas dans mon état normal et je me suis laissée emportée dans le feu d'action sans réfléchir, et maintenant... c'est la merde complet. Je sais que je dois prendre une décision...je le sais plus que bien.
- Non mais Tema, parlons sérieusement, reprit Sakura. As-tu seulement conscience du fait que t'es raide dingue de ce mec ? Il y a des regards et des gestes qui ne trompent pas. Hier soir, on a bien cru que vous alliez vous envoyer en l'air sans en avoir rien à foutre de notre présence.
- C'est clair ! renchérit Tenten. Il y avait une de ces tensions sexuelles entre vous deux ! Surtout qu'il bandait comme un...
Temari faillit bien en cracher sa gorgée de café à ces derniers mots prononcés.
- ÇA VA, J'AI COMPRIS, STOP! Intervint-elle, en proie à la honte. Pas besoin de le crier sur tous les toits et de polémiquer là-dessus, putain!
Bon, là, ça avait au moins le mérite d'être clair. A ce stade, il ne lui était plus possible de nier. Pas avec tout ce qu'il s'était passé hier, que ses copines prenaient un malin plaisir à lui rappeler. Si elle avait réellement tourné la page avec Shikamaru, elle n'aurait jamais répondu à ce baiser, ou même accepté ce foutu rencard. Oh, merde... elle avait oublié ce détail.
- Vous avez sûrement raison. Je déteste l'admettre, mais oui... il m'attire comme il m'énerve. Il m'excite comme il me donne envie de le buter ou de lui arracher les couilles. Mais oui, je pense que j'éprouve encore des choses pour lui. C'est... c'est juste dur à admettre, c'est tout. Je ne suis pas à l'aise avec tout ça : l'amour, les sentiments et toutes ces merdes que les femmes aiment ressentir, en général.
- Commences peut-être déjà par accepter tes propres sentiments, alors, proposa Sakura. Le reste, ça se fera avec le temps. En réalité, ton démon c'est toi-même, dans cette histoire.
« Accepter ses sentiments »... ça sonnait bien, vu comme ça, et ça semblait facile. Mais c'était sûrement la tâche la plus compliquée, en réalité. Surtout pour Temari.
- Je risque bien de ne pas en avoir le choix. J'ai un rencard avec lui demain.
Ce fut sans surprise qu'à cette annonce, ses amies exclamèrent leur joie. Mais pas elle.
- C'était donc ça, le second gage ?! demanda Ino, un grand sourire aux lèvres.
- Ouais... et t'imagines bien que je ne l'ai pas envoyé bouler. Parce que j'accepte toujours un défi et... aussi par ce qu'au fond, je pense que j'en avais envie. Simplement, ce qui m'énerve maintenant, c'est que je ne sais même pas ce qu'il a pensé de tout ça...il doit me prendre pour une putain de nymphomane, maintenant. Fais chier!
- Ou comme une femme caractérielle qui laisse uniquement parler ses pulsions sexuelles, ricana Sakura.
- Hey, dis donc, et c'est la meuf au mec chelou qui essaie de me faire la morale ? T'es pas censée être de mon côté, toi aussi ?
- La meuf « au mec chelou », t'emmerdes, répondit Sakura avant de rire. C'était une blague. Bref, donc tu le vois demain ?
- Ouais... c'est la merde, j'aime pas les rencards. Ça me stresse d'avance.
- Courage, Temari, il ne faut pas que tu te mettes dans tous tes états pour si peu. C'est juste un rendez-vous, rien de plus. Et puis au moins, ça te permettras de mettre les choses au clair avec lui par rapport à hier, tu ne crois pas ?
- Rien que de penser au moment où on va poser le sujet sur la table, j'ai envie de mourir, putain ! C'est tellement... mais tellement gênant !
- Oh arrêtes d'en faire tout un plat, Tema' ! Ce qui est fait est fait, tu ne peux pas le changer ! Bref, t'as intérêt à tout nous raconter ensuite, lui dit Ino avec un clin d'oeil. Et surtout... n'oubliez pas de vous protéger hein ?
- Mais, va te faire foutre, putain ! T'insinues quoi, là ? Qu'on va faire comme toi et ton cachet d'aspirine qui te sers de mec ? Même pas en rêve qu'il me touche, sinon je lui brise la nuque !
- Ahahah, tes réactions sont GENIALES ! C'est beaucoup trop facile de te faire chier !
- T'es vraiment une connasse, Ino. T'en as conscience , au moins ?
- Qui aime bien châtie bien, parait-il, lui répondit son amie, souriante. Bon c'est pas le tout, mais je dois filer retrouver Sai, moi. On se voit plus tard ?
- Ouais, ouais. Pour le « débrief », j'imagine ?
- Absolument ! Allez, à plus tout le monde ! salua Ino en envoyant des baisers fictifs en direction des filles.
- Salut, lui répondit Temari, avec un geste de la main. Bon et bien, je crois que je vais y aller aussi. J'ai des courses à faire, il paraît que j'ai un rencard demain. Seigneur...
- Ça va le faire, t'inquiète pas, l'encouragea Tenten, suivi d'Hinata et Sakura qui acquiesçaient d'un mouvement de tête. Restes toi-même et tout ira bien !
- Oui, je suppose que c'est le mieux à faire... Bon, j'y vais. A plus !
- Bye bye, répondirent-elles en coeur.
Elle partit payer son verre et se mit en marche jusque chez elle. Voir ses amies lui avaient fait, comme prévu, le plus grand bien. Mais n'avait en rien changé le chamboulement qu'il y avait dans sa tête. C'était le chaos complet.
Oui, ce n'était rien d'insurmontable, en soit. Juste un rendez-vous, ni plus ni moins. C'était en tout cas ce qu'elle voulait se persuader, tout au long du chemin.
Sans succès.
