Bonjour et bonne lecture d'avance, car je sais que certaines personnes vont vouloir m'étriper après ce chapitre !


Chapitre 17.

Tempête de rage.

Une quinte de toux secoua Elërinna, qui crut bien recracher ses poumons. Dans la cellule en face de la sienne, Lenwë leva des yeux fatigués vers sa sœur, inquiet pour elle malgré son propre état déplorable. Un gémissement de douleur échappa à l'argentée qui se recroquevilla un peu plus sur sa couche de pierre. Bien que la plus jeune soit vêtue de ses vieux vêtements déchirés, le bleuté, par endroits, pouvait voir quelques entailles parsemer le corps de sa sœur. Pour la première fois depuis son arrivée ici, Elërinna avait subi des tortures physiques pire que celle de manger une carcasse de viande crue non-identifié. Même s'il manquait énormément de force, Lenwë sera les poings, retenant son envie de hurler de rage. Il avait vu les orcs venir chercher sa sœur sans pouvoir les arrêter ou bien échanger de place avec elle. Et Elërinna était bien trop loin pour qu'il puisse se servir de son pouvoir de guérison sur elle. Même si cela l'aurait certainement achevé lui, à cause de son manque d'énergie.

- Alexandre ?

Le Prodige d'Estë releva la tête, rapportant toute son attention sur sa sœur qui à travers la pénombre, le fixait. Cela faisait des années qu'elle ne l'avait pas appeler par son premier prénom. Avec le temps, ils s'étaient habitués à utiliser ceux donnés par les Valar et ils parlaient de moins en moins français, en dehors des lettres qu'ils s'échangeaient pour prendre des nouvelles.

- Tu te souviens de toutes les fois où on regardait des films d'horreur ou des policiers...

- Oui, je m'en souviens, répondit le bleuté d'une voix enrouée.

- Eh bien, les films mentent vraiment. Quand ils montrent les acteurs en formes pour s'évader juste après une séance de torture.

- Ne pense pas à ça... On va s'en sortir, ce n'est qu'une question de temps.

- Je sais, fit Elërinna en essayant de bouger le moins possible.

- Et puis, nous sommes des elfes maintenant... On se remet bien plus vite que la normale.

Encore une fois, l'argentée fut secouée par une quinte de toux qui dura un peu plus longtemps que la précédente. Ce n'était vraiment pas le moment de tomber malade, mais ils étaient tellement faibles que leurs défenses immunitaires avaient de plus en plus de mal à faire leur travail dans leur organisme. Lenwë fut pris d'un long frisson qui s'arrêta de lui-même lorsqu'il entendit, dans un bruit à peine perceptible, les échos de pas dans le long couloir qui constituait les prisons de cet endroit. D'instinct, il se releva, se tenant debout dans sa cellule dans l'espoir que si les orcs venaient pour les tortures une nouvelle fois, ils porteraient leur choix sur lui, et non sur sa sœur. Retenant son souffle, il attendit l'inévitable alors que les bruits de pas se rapprocher inexorablement. Cependant, ce n'est pas seulement des orcs qui arrivèrent, mais aussi Lirimë. Même s'ils connaissaient son identité désormais, l'elfe qui avait vécu avec eux en Ithilien se montrer toujours sous son épaisse cape noire.

- Sortez-les tous les deux ! tonna l'elfe.

Les orcs s'exécutèrent, ouvrant les portes des cellules avec brutalité alors que les deux prodiges n'avaient même plus assez de force pour essayer de résister. Si Lenwë ne produisit aucun bruit lorsqu'on l'extirpa de la petite pièce, ce ne fut pas le cas d'Elërinna. L'argentée poussa un gémissement de douleur, alors qu'elle avait du mal à tout simplement tenir debout et ce bruit lui valut un coup de le ventre qui la fit taire. Protecteur, le bleuté voulu se rapprocher de sa sœur, mais l'orc qui l'avait sorti de la cellule le rattrapa par les cheveux, lui arrachant un grognement de douleur. Lirimë ne donna aucune autre indication, elle fit seulement un signe de la tête en direction du couloir et les orcs les traînèrent dans cette direction.

Une onde de choc remonta dans tout son corps lorsque l'orc le força à s'asseoir brutalement sur une chaise en fer forgé. Elërinna fut assise dans celle à côté de lui, mais inconsciente, l'argentée n'eut pas l'occasion de voir les orcs lui attacher les poignets et les chevilles aux accoudoirs et aux pieds à l'aide de sangles. Ils firent la même chose avec lui, alors que la seule chose qu'ils pouvaient faire été d'assassiner Lirimë du regard, cette dernière conservant un petit sourire en coin. Ils se trouvaient dans la salle du trône, et autour d'eux, des dizaines d'orcs, de trolls, d'haradrims et de gobelins s'agitaient près de mur, comme s'ils allaient assister à un magnifique spectacle. Cette perspective donna à Lenwë l'envie de vomir et cela le fut d'autant plus quand il vit un orc plus grand que les autres arriver avec des nombreux outils qu'il n'avait déjà que trop vu.

- Vous stérilisez vos machins, au moins ? fit-il.

- Mais voyons, cher Prodige, vous savez bien que vous guérissez bien mieux que les humains, rétorqua Lirimë, ses yeux brillants de sadisme.

- Et que nous vaux l'honneur de tant de mise en scène ?

- Une petite trahison interne...

Le Prodige d'Estë ouvrit de grand yeux, croyant que Dashar n'avait pas réussi à s'enfuir d'ici et qu'elle avait été soit capturée, soit tuée. En à peine quelques secondes, ils venaient de perdre leur seul espoir de pouvoir être libéré d'ici. Sa réaction fit exploser de rire Lirimë qui pendant plusieurs longues minutes, qui parurent interminables aux yeux du bleuté, n'arriva pas à reprendre son calme. Lenwë se sentit infiniment triste pour Dashar, cette haradrim qui était venu d'elle-même les aider alors qu'ils ne lui avaient rien demandé.

- Par qui allons-nous commencer... ? dit l'elfe en se tapotant le menton l'aide d'un de ses index. J'en connais une qu'il faudrait peut-être réveiller pour qu'elle puisse participer aux réjouissances ?

- Faites ça et je vous... commença le Prodige d'Estë, mais Lirimë le coupa.

- Je vous quoi ? répéta narquoisement sa geôlière. Attaché, tu ne peux rien faire.

Frustré par cela, Lenwë se contenta de serrer les poings, reconnaissant que cette folle avait raison. Il ne pouvait rien faire pour empêcher cela. D'un signe de la main, Lirimë ordonna à l'orc de commencer. Fatalement, le bleuté vit leur tortionnaire orc prendre un instrument qu'il n'aurait pas su identifier parmi tout ce qu'il avait. Horrifié, Lenwë ne sut pas quoi faire lorsque l'orc remonta la manche de la tunique d'Elërinna. Le bras de l'argentée était déjà couvert de multiples entailles, mais ces dernières étaient déjà en train de cicatriser. Avec un ricanement sadique, l'orc prit le poignet de la Prodige d'Oromë et approcha sa petite lame, une sorte de scalpel peut-être, de la peau de la métamorphe. Lorsque l'outil de torture trancha, du sang se mit à couler et Elërinna poussa un tel cri de douleur que Lirimë se protégea les oreilles. Hagarde, l'argentée papillonna des yeux, ayant un mouvement de recul en voyant l'orc penché sur elle alors que son bras était en sang.

Le réveil de la Jackser eu pour effet d'exalter un peu plus les spectateurs de ce macabre spectacle. Cependant, le fait qu'Elërinna se soit réveillé n'arrêta pas les tortures et l'orc redoubla d'efforts pour faire la faire hurler. Et pourtant, malgré les larmes qui coulaient sur ses joues, et sur celles de son frère malheureux spectateur, la Prodige d'Oromë et Nessa ne laissa plus sortir un seul son en-dehors de petits gémissements qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de faire entendre. Pratiquement toutes ses plaies furent rouvertes et la douleur lui faisait voir des centaines d'étoiles, comme si Varda elle-même était venue la tirer de ce véritable cauchemar. Elërinna n'entendit même pas l'ordre que Lirimë donna à l'orc. Commencer à lui taillader le visage.

- NON ! hurla Lenwë en se débattant comme un fauve, les sangles lui immobilisant les bras mordant sa chaire. VOUS ALLEZ FINIR PAR LA TUER !

- Ce serait déplorable, mais pas un grand drame pour moi... lui rétorqua Lirimë avec un haussement d'épaules.

- ESPÈCE DE FOLLE ! ELËRINNA A UNE FAMILLE ! DES ENFANTS QUI L'ATTENDENT ET QUI S'INQUIÈTENT POUR ELLE !

En une fraction de seconde, l'elfe blonde se retrouva devant lui et elle lui décocha un coup-de-poing si violent que la chaise sur laquelle Lenwë était assis de force bascula en arrière, claquant contre la pierre. Avant même que le bleuté ai pu se remettre du coup qu'il venait de recevoir, on redressa brusquement sa chaise. Sonné, le monde tangua autour de lui, floutant sa vision pendant quelques instants. Sa pommette le lancer douloureusement et quelque chose de chaud commença à couler le long de sa joue. La folle, pour rester poli même dans son esprit, lui avait sans doute ouvert la pommette.

- Que crois-tu, Guérisseur du dimanche ? CROIS-TU QUE LE SEIGNEUR NOIR QUE VOUS AVEZ CONTRIBUER À TUER N'EN AVAIT PAS, DE FAMILLE ?!

L'explosion de rage de Lirimë le percuta de plein fouet, alors qu'il la regardait avec des yeux écarquillés, ne sachant pas comment interpréter les paroles de l'elfe qui se tenait en face de lui. Il ne comprenait pas pourquoi cette dernière faisait allusion à Sauron, définitivement mort depuis bien longtemps. L'elfe, aux origines désormais bien floues pour le Prodige d'Estë, commença à faire les cent pas devant les deux chaises et le bleuté se risqua à tourner les yeux vers sa petite sœur qui avait l'air bien mal en point, sa tête baissée et les yeux à demi-clos.

- Lorsque l'on cherche à réduire en esclavage l'entièreté des peuples d'un monde, je ne pense pas que l'on puisse avoir une famille. Et puis, je ne vois pas ce que Sauron vient faire ici, fit Lenwë avec agacement.

- Bien sûr, que tu ne vois pas, vous êtes tous des imbéciles aveugles...

- Nous ne sommes pas aveugles... rétorqua Elërinna d'une voix cassée. Il n'y a juste pas de représentation de Sauron avant qu'il ne possède l'Anneau. Celles du monde d'où nous venons sont simplement... Imaginées.

Malgré toutes ses blessures, l'argentée, aux cheveux plus si argent que ça, se redressa avec difficulté, une grimace de souffrance étirant ses lèvres. Elle braqua ses yeux orange clair sur Lirimë pour la détailler de haut en bas. Elle aurait du s'en rendre compte bien plus tôt. Des cheveux d'un blond doré, des yeux presque rouge parfois. Lirimë ressemblait à la représentation d'un Sauron qu'elle avait vu dans un jeu vidéo. Mais Sauron était un Maïar... Pour qu'il ait pu avoir un enfant avec quelqu'un, il avait dû le faire par la force. Elërinna ferma brièvement les yeux, espérant être à côté de ses chaussures.

- Tu es sa fille... Tu es la fille de Sauron... souffla-t-elle, du bout de lèvres.

- Et je considérais Melkor comme mon oncle, ricana sinistrement la concernée.

- Et on voit comment il a fini... commenta le bleuté avec exaspération.

Même s'il n'affichait que mépris pour Lirimë, il n'avait du mal à assimiler l'elfe à Sauron, même s'il ne doutait absolument des paroles de sa petite sœur. Cependant, Lenwë devait reconnaître que c'était tout à fait possible. La vie de Sauron avait été longue et il avait eu tout le loisir de pouvoir engendrer une descendance. Mais la simple idée que l'ancien Seigneur du Mordor ai pu avoir l'occasion d'avoir une fille donnée au bleuté l'envie de casser quelque chose. Elërinna, de son côté, était plus qu'abattue en réalisant cela. Si Lirimë était belle et bien la fille de Sauron, cela voulait alors dire qu'elle était une Maïar et que son pouvoir était supérieur à tous les peuples présents en Terre du Milieu. Après tout, si cent sept ans plutôt, ils avaient réussi à éliminer Saroumane, c'était seulement grâce aux Ents qui l'avaient acculé et grâce à Grima, qui avait trahi l'Istari pour le poignarder dans le dos. Là, en dehors de Dashar, les orcs, trolls, gobelins et haradrims présents semblaient tous gagnés à la cause de Lirimë. En voyant les regards des deux Prodiges, cette dernière éclata d'un rire sinistre alors qu'elle regagnait le trône qu'elle s'était approprié, s'installant dessus tout en croisant les jambes. Une véritable reine en terrain conquis.

- Maintenant que la sœur est réveillée, torture le frère, mais ne le tue pas. Les tuer serait finalement vraiment dommage.


* se cache derrière son canapé*

J'espère que ce chapitre vous a plu, malgré son thème pas vraiment joyeux...

Et je veux aussi vous prévenir que ces derniers temps, je n'ai pas eu le temps d'écrire sur cette fanfiction et que le prochain chapitre n'est pas encore en prêt, donc je ne sais pas si la suite arrivera dimanche prochain, désolée !

Bon dimanche !