Bonjour à tous !

J'espère que vous vous occupez bien pendant ce confinement un peu long (déjà un mois quasiment !). De mon côté j'ai pas mal de taff à finir pour la fac et je serais réellement libre après le 30 avril (si je ne vais pas aux rattrapages évidemment). J'essayerai d'avancer un peu plus sur mes projets persos comme EDL (pour vous donner une idée, je suis à la fin du chapitre 11 donc à moins de 30% de la deuxième partie).

Bref ! Voici le chapitre 16, bonne lecture !


(chapitre écrit en mai 2018)


Chapitre 16 : Avoir un coup dans le nez et taper de l'œil

Le mois de février se conclut de manière très monotone pour tout le monde. Depuis le dernier week-end à Pré-au-lard, j'avais l'impression qu'il y régnait une sale ambiance à Poudlard. Rose, plus déprimée que jamais, devait faire le deuil de sa rupture (je n'en revenais toujours pas qu'elle avait été larguée !), Jason traînait moins avec nous à cause de son nouveau crush, encore une idiote que j'ignorais le nom qui allait se faire larguer dans quelques semaines (et je n'étais pas méchante, c'était ce que Jason faisait à chaque fois !), les devoirs tombaient de partout, j'étais toujours aussi mal à l'aise en cours de littérature et philosophie culturelle à cause de ma note loupée, si bien que je n'arrivais plus à écrire des histoires et le temps était particulièrement exécrable avec de la pluie, des nuages et du froid !

Heureusement, le premier week-end du mois de mars, l'équipe de Quidditch de Gryffondor reprenait du service en affrontant celle des Poufsouffle ! Assis dans nos gradins habituels avec ma famille et mes amis, je soutenais mon grand frère et ma cousine autant que je le pouvais. La seule absente était Rose, qui pour des raisons logiques, avait refusé de venir au match, prétextant réviser ses BUSE. Mais il fallait être un troll pour ne pas se rendre compte qu'elle ne venait pas à cause de Willow. Rose n'aimait, certes, pas le Quidditch, mais jamais elle ne manquait une occasion de regarder les tournois annuels de Poudlard et soutenir sa famille. Elle m'avait même raconté que pour faire plaisir à Willow, quand elles sortaient ensemble, elle avait essayé de s'intéresser davantage au Quidditch alors que son père, ses oncles ou cousins avaient tous échoué sur ce sujet ! On pouvait remercier Willow maintenant, Rose était dans un état pitoyable à cause d'elle…

Lorsque la nouvelle de la rupture de Rose se propagea parmi les cousins, tout le monde avait décidé de la soutenir mais de ne pas dénigrer Willow, ce qui m'avait révolté. Cette fille était juste horrible, elle avait réduit le cœur de ma cousine en miettes, et je devais être neutre avec elle parce que je cite « les histoires de Rose et Willow ne concernent qu'elles et que nous devons respecter le choix de Willow malgré tout » ?! Enfin c'était ridicule ! J'eus des longues discussions avec Hugo, Teddy ou même Dominique, avec qui j'envoyais une lettre par mois, à ce sujet et je ne comprenais vraiment pas leur point de vue ! Willow avait perdu mon respect à l'instant où Rose avait dévoilé comment elle s'était fait larguer, c'est-à-dire, comme une bouse de dragon. Ainsi, par soutien pour ma cousine, je lançais des regards noirs à Willow les rares fois où je la croisais, et je n'applaudissais pas, comme actuellement, dès qu'elle marquait des buts au Quidditch. Dans l'équipe, les relations entre mon frère et Lucy avec Willow n'avaient guère changé selon les dires James, se contentant d'une relation « joueur / capitaine » cordiale.

Le match était très serré, la défense des Poufsouffle étant particulièrement difficile à contrer et, selon Louis, leur stratégie était très intelligente car elle fatiguait nos joueurs. Mais heureusement, Scarlett attrapa le vif d'or de justesse et Gryffondor remporta le match, de cent quatre-vingt-dix à quatre-vingts.

- Alors, résuma Hugo en faisant ses comptes à la fin du match avec Mary, Louis et Jason. Gryffondor est en tête avec quatre cent dix points, puis Serpentard avec deux cent quatre-vingts suivit de peu par Poufsouffle avec deux cent soixante-dix points, et enfin comme d'habitude, Serdaigle est dernier avec cent vingt points. Donc à moins d'un miracle de la part des Serpentard ou des Poufsouffle, les Gryffondor gagneront la coupe de Quidditch.

- Serpentard aura une meilleure chance l'année prochaine, grogna Mary. On est parti avec un gros désavantage au début du tournoi.

- Te plains pas, soupira Louis dépité. Serdaigle nous ridiculise ! Cent vingt points en tout ! Ce n'est même pas le score d'un vif d'or attrapé !

- Hé, hé ! Ça vous apprendra de tout miser sur les cours et votre « intelligence » ! Faut s'entraîner aussi un jour ! ricana Jason.

Je m'éloignai d'eux, en ayant assez de leur discussion et retrouvai Solange qui s'était déjà éloignée, lassée elle aussi de cette obsession pour le Quidditch.

Le samedi suivant, fut également consacré à une grande fête dans la salle commune. En effet, Lucy et Louis fêtaient tous les deux leurs dix-sept ans, soit leur majorité. Lucy était née le neuf, Louis le quinze, ils voulaient donc fêter l'occasion de le fêter en même temps. La fête était donc organisée dans la salle commune des Gryffondor, la faire chez les Serdaigle aurait été du suicide. Seuls les Gryffondor étaient assez tolérants, ou assez fous, pour tenter de la faire ici.

La fête s'était organisée tout doucement avec les cousins. Solange devait même se charger de traîner Rose avec elle, malgré la présence de Willow à la fête. Faire passer certains élèves d'autres maisons ne serait pas trop compliqué : James, Roxanne et Franck étaient chargés de chercher les invités et les ramener par petit groupe dans notre salle commune. Étant en week-end, les élèves étaient habillés en vêtement de tous les jours, donc la grosse Dame ne ferait pas la différence entre un Gyrffondor et les autres maisons, sans réelle distinction de leur maison. Enfin, un mot était passé de main en main dans la salle commune des Gryffondor, prévenant de la présence d'un plus grand bruit jusqu'à pas d'heure. On croisait les doigts pour que personne ne nous dénonce et des rumeurs disaient qu'en plus de la présence de vrais alcools (et pas que de la Bièraubeurre), il y aurait de l'herbe pour fumer. Bien que je ne sois intéressé par ni l'un ni l'autre et que j'avais peur de l'après-soirée, je ne pouvais pas m'empêcher de trouver ça excitant !

L'heure de la soirée approchait. Déjà assisse sur un des canapés de la salle commune et digérant mon repas pris un peu plus tôt, je regardais avec Hugo, la décoration que l'équipe de Quidditch, Roxanne, Alice et des amies de Lucy avaient faite tandis que Lucy réajustait son écharpe de « Miss Majeure », un cadeau de Roxanne et ses copines.

- Fini de compter ! s'écrit Perrine près du buffet. Nous avons actuellement cinq pacs de Bièraubeurres dont trois pacs parfumés, six bouteilles de whisky Pur Feu, quatre bouteilles de Vodkarous, un gros pichet de jus de citrouille et enfin deux saladiers remplis de bonbons en tout genre !

- Pas mal ! Merci Perrine ! applaudit mon frère. Des Poufsouffle vont également arriver avec quelques biscuits salés et sucrés pour la fête.

- Vous pensez qu'on sera combien ? demanda Franck en réajustant une guirlande d'anniversaire avec sa baguette.

- Officiellement une trentaine, mais vu que ça se passe dans notre salle commune, il n'est pas exclu que d'autres élèves se ramènent, lui répondit James avant de quitter la pièce pour aller chercher les Poufsouffle.

Roxanne sur ses talons, partit pour aller chercher le groupe de Serpentard tandis que Franck ferait les Serdaigle. Un peu seule, Lucy nous rejoignit dans les canapés et souffla un bon coup.

- J'espère que cette soirée ne va pas virer au cauchemar ! On a dû batailler avec certains préfets pour qu'ils ne disent rien… Si on nous caftait…

- Hé Lucy calme-toi ! la rassura sa coéquipière Scarlett. Ce sont tes dix-sept ans et tu as de la chance de pouvoir faire ce genre de fête grâce à ta popularité !

- L'avantage d'être un Weasley, dit Hugo en pouffant par le nez. On est des privilégiés !

- De plus, on peut aussi se le permettre car ça correspond avec l'anniv de Louis, enchéris-je. On n'a pas pu faire ça avec les autres cousins !

- Mais ça aurait été plus facile si on avait été des moldus, commenta Héloïse Dubois. Chez eux à leur majorité, ils font des grandes fêtes de folies ! Je vis dans un quartier moldu, un jour pendant l'été, un de nos voisins a fait une fête étudiante. C'était tellement chaud… Á Poudlard, on ne peut rien faire, c'est une vraie prison.

- Bah c'est une école quoi, soupira Perrine. On est censé être des élèves parfaits et travailler…

Nous restions démoralisés quelque temps avant que Roxanne revienne la première avec quelques Serpentard, dont Albus, Mary, Jason, une amie à elle…et Scorpius. Ce dernier était prêt à en découvre et semblait bien plus excité que moi.

Deux heures plus tard, la fête battait son plein. Les couleurs de la nuit commençaient à apparaître et plusieurs petits groupes s'étaient formés entre les invités. Certains avaient déjà bu, d'autres jouaient au Baby-Quidditch, quelques filles s'éclataient sur la mini-piste de danse improvisée au milieu de la pièce et un autre groupe mixte, jouait déjà à un jeu de la bouteille avec le cadavre vide d'un whisky Pur Feu.

En sirotant mon deuxième jus de fruit de la soirée, entouré de mon petit groupe, sauf d'Alice qui était restée avec ses copines, j'observais les invités tandis que Mary, Hugo et Jason étaient en pleine discussion. Lucy ne quittait pas James d'une semelle et bavardait avec une amie à elle et Héloïse. Louis, contraint par Roxanne de porter son écharpe « Mister Majeur » était avec ses copains et Franck, Rose évitait soigneusement du regard Willow en restant avec Scorpius et Albus, mais avait quand même une petite mine tandis que Roxanne discutait avec quelques garçons avec sa bande de glousseuses…

- Salut les jeunes ! Un shot ?

Je regardai avec une grimace la bouteille que Scorpius, qui avait comme transplané devant nous, nous tendait, tout sourire.

- Euh, commençai-je, gênée. Je n'ai jamais bu de la vodkarou…

- Moi non plus, répondirent en cœur Hugo et Solange.

- C'est le moment de s'y mettre ! encouragea Scorpius en riant. Vous préférez quoi ? Boire un shot ou un fond avec du jus de citrouille ?

- T'as déjà bu, toi ? demanda Mary moqueuse.

- Oh, tout doucement cousine ! ricana Scorpius. Il n'est même pas vingt-deux heures ! Et j'ai une meilleure amie à surveiller, ajouta-t-il plus bas. On veut éviter qu'elle ne boive trop et qu'elle aille péter un câble sur Willow.

Il montra d'un coup de tête Rose, désormais en discussion avec Louis et ses amis, avant de revenir vers nous.

- Bref, que voulez-vous boire ?

- Shot ! firent en cœur Mary et les garçons.

- Un fond pour moi avec du jus de citrouille, dit timidement Solange.

- Oh dommage Solange ! Et toi Lily-Jolie ?

Il affichait un air de défi. De mon côté, j'étais un peu mitigée, je me trouvais un peu jeune pour boire du vrai alcool, je n'avais même pas quatorze ans ! Déjà que je suis incapable de finir une Bièraubeurre sans me sentir trop « détendu » alors une Vodkarou ou un whisky Pur Feu, n'en parlons pas si j'essayais ! Mais de l'autre, Scorpius me fixait avec une certaine provocation dans le regard et je refusais de passer pour une poule mouillée !

- Très bien ! Alors un shot aussi, Scordébile !

- Á ton service ! répondit-il en réunissant six gobelets.

- Tu es sûre de toi Lily ? interrogea Jason à la fois moqueur mais inquiet. T'as jamais bu quelque chose d'aussi fort et tu sembles peu tenir l'alcool de base.

- Il a raison, affirma Hugo. Je tiens déjà mieux que toi question Bièraubeurre, tu ne veux pas faire comme Solange et boire un fond dans du jus ?

- NON ! râlai-je, exaspérée. Je VEUX tester.

- On t'aura prévenue dans ce cas, soupira Mary en prenant son verre.

- Tiens Solange, distribua Scorpius un gobelet plus grand que le nôtre pour elle. Prends ton temps pour boire. Vous êtes prêts les jeunes ?

Les jeunes, les jeunes, il était à peine plus âgé que nous ! Pour qui se prenait-il ?

- Attention, trois, deux, un, buvez !

Et d'un coup sec, lui, Mary, Jason et Hugo vidèrent leur shot. Un peu intimidé, je bus plus lentement le mien avant de le reposer violemment sur la table comme les autres, mais avec quelques secondes de retard.

- Alors ? questionna Scorpius en regardant Hugo et moi.

- Ça secoue un peu, répondit Hugo avec une voix un peu plus faible mais l'air satisfait. Mais ça va j'aime bien. Et toi Lily ?

Je mis plus de temps à répondre. Il me fallut de gros efforts pour ne pas tousser. Le liquide me brûlait ma gorge, même une fois avalée.

- Ç…Ça va, fis-je d'une petite voix.

Solange de son côté, grimaçait après avoir bu quelques gorgées.

- Je n'aime pas trop, commenta-t-elle en reposant son verre. Je crois que je ne vais pas le finir…

- Pas grave, t'as testé au moins, félicita Scorpius avant de le vider lui-même.

- ATTENTION ! hurla James grâce à un sonorus, perché sur une table. Trinquons pour les nouveaux majeurs, venez boire un shot de whisky Pur Feu spécial feu du dragon ! C'est plus fort alors venez vous servir tant qu'il y en a !

- Cool ! s'écrit joyeusement Jason au groupe. Venez, on prend un verre !

- Sans moi, refusa Solange. Je reste au jus et je vais surveiller qu'Alice ne boive rien de dangereux.

Á contrecœur de mon côté, je suivis mes amis jusqu'à la file d'attente pour prendre un gobelet de whisky. J'avais les yeux qui clignaient sans cesse, sans doute pour me remettre du goût du vodkarou.

- Fais attention petite sœur, me recommanda James lorsque mon tour d'être servi arriva. C'est fort et on n'a pas envie que tu sois bourrée !

- Pff, moi bourrée ? Fais gaffe à toi oui !

Je repartis avec mon verre. Je le reniflai un instant en observant Albus rouler des pelles à sa copine dans un angle de la pièce. Pouah, ça sentait fort ce truc !

- Montez sur les tables Louis et Lucy ! reprit James une fois tout le monde servi. Attention, levez vos verres ! Á Lucy et Louis ! Joyeux anniversaire !

- JOYEUX ANNIVERSAIRE LUCY ET LOUIS ! imitèrent en cœur les invités.

Et je bus mon verre d'un coup, en même temps que les autres. Cette fois, je ne pus empêcher un peu de toux. C'était fort, amer et aussi brûlant. Je comprenais vraiment mieux pourquoi on appelait ça du whisky « pur feu » vu l'état de ma gorge ! Sans compter que celui-là était plus fort que d'habitude !

- Ça va Lily ? remarqua Hugo voyant ma grimace.

- Je dois boire autre chose, lui dis-je avec la voix cassée. Tout mais plus de whisky Pur Feu !

- Va t'asseoir et prends autre chose de plus doux !

J'obéis sans discuter et je rejoignis Rose, Alice et Solange près des canapés. Je m'écroulai lourdement sur un sofa en soupirant.

- Ça va aller Lily ? s'inquiéta Alice.

- Oui, oui…tu peux me passer un truc à boire ? Je dois chasser cet horrible goût de ma bouche.

Alice se retourna et tendis le bras vers le buffet à ses côtés.

- Tiens, c'est une bouteille de Bièraubeurre à la pomme.

- Merci Alice, je n'ai jamais goûté mais ce sera sans doute moins fort et meilleur que le whisky Pur Feu.

Je goûtai une gorgée, effectivement, c'est mieux ! Et en fixant le feu, les pensées vagabondantes, je bus ma Bièraubeurre à petites gorgées. Encore. Et encore. Ma tête se vidait et se fit de plus en plus légère…


Je redressai soudainement la tête, j'avais un horrible mal de cou et la tête qui tournait légèrement.

- Ça va Lily ? sursauta Perrine désormais à côté de moi. T'es restée la tête en arrière pendant presque une demi-heure, on a cru que tu t'étais endormi !

- Hein ? fis-je la voix légèrement plus aiguë et forte que la normale, en me massant la nuque. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est moi où il y a moins de monde ? Et la musique est plus forte ? Merlin…je suis perdue…

J'avais l'impression d'avoir la tête à la fois plus légère, mais aussi plus lourde. Avec un petit tournis en prime.

- Euh…t'es sûre que ça va ? demanda Héloïse en me fixant avec une drôle de tête. Mais ouais, y a moins de monde, il est vingt-trois heures passée déjà. Lucy a disparu depuis presque une demi-heure, bizarre c'est quand même son anniv, James aussi, la petite Alice est partie se coucher et…

Mais sans écouter la fin, je me levai subitement et je parcourus la salle commune sans but, en zigzaguant légèrement, mais alors très légèrement… J'avais très envie d'aller aux toilettes, je pensais à la fois plus vite que d'habitude mais paradoxalement, les informations avaient du mal à venir jusqu'à mon cerveau. Je titubais, sans savoir où aller, le monde bruyant et flou autour de moi.

- Scordébile ! m'écris-je soudainement en le voyant arriver devant moi. Le fameux Scorpius Malefoy ! Comment vas-tu ?

- Mieux que toi, on dirait, sourit ce dernier. T'as trop bu ou quoi ?

- Moi ? Mais noooooooon ! J'ai rien consommé quasiment ! me défendis-je, presque outrée.

Il pouffa. Lui aussi semblait un peu à l'ouest mais il était plus calme que moi.

- On dirait bien que si…tu ne tiens vraiment pas l'alcool.

- Rhoo ! Tu sais quoi, Scorpius Malefoy ? Bah, bah, bah fiche-moi la paix hein ! T'es qu'un…qu'un…

Mais avant que je puisse trouver une insulte, mes jambes, désormais faites de coton, décidèrent de me faire perdre l'équilibre et je m'accrochai à Scorpius comme une bouée de sauvetage.

- Oulah ! Doucement Lily ! essaya de me redresser Scorpius, un peu surpris mais joyeux.

- Désolé ! m'excusai-je avec un grand sourire mais en le prenant dans mes bras.

Je rigolai sans de réelles raisons un instant sur son épaule avant de me stopper net en moins d'une seconde.

- Alala Scorpbédile…tu m'énerves hein ! Mais t'es chiant, tu sens trop bon et…et parfois t'es bizarre avec moi ! je lui racontai à moitié caché dans son cou, sniffant son éternel parfum.

- Lily, fit Scorpius en secouant la tête, toujours amusé. Tu es fatigante mais tellement drôle. Tu es vraiment un cas toi…

Il me redressa et me prit par les épaules, me regardant avec sa tête qui se balançait un petit peu et les yeux avec les pupilles dilatées. Est-ce qu'il souriait vraiment en fait ? Difficile à comprendre son expression faciale.

- Faut plus que tu sois triste, hein Scorpius ? continuai-je, en disant tout ce qui me passait par la tête. T'es…ta maman elle n'aimerait pas que tu sois triste. Et personne ne veut que tu sois triste, d'accord ? T'es pas tout seul, on est là. Et puis ce n'est pas grave si j'écris des histoires de merde, hein ? Ou encore que j'aie peur d'être trop nulle pour…pour…pour mériter ce que…enfin je suis nulle comme fille, tu vois ? Et au final, je suis contente que Rose et toi, vous z'êtes pas ensemble… Chais pas pourquoi, c'est ça le pire mais voilà… Mais là tu vas mieux, et c'est le principal. Parce qu'il faut être bien dans la vie et t'as beau être un…un…gros idiot prétentieux, et bah parfois…tu sais quoi ? Bah t'es…t'es gentil et…t'es pas qu'un fils de mangemort. Même si t'es chiant comme gars. Est-ce que je parle trop ? Je ne sais pas, j'ai envie de parler mais je n'ai pas envie de saouler les autres, mais de l'autre bah ça fait du bien de parler. T'as beau être relou parfois, bah…bah euh…comment dire… Au fond, t'es pas méchant. Sauf quand tu m'appelles Lily-Jolie, ça c'est méchant. Et puis euh….

- Chut, tais-toi petite Lily, chuchota doucement ce dernier qui me fit taire en posant délicatement son index sur mes lèvres, un autre petit sourire au coin des lèvres.

Nous nous fixions sans un mot, mes yeux ne pouvaient pas quitter la clarté des siens. J'avais l'impression d'y voir la mer, comme celle avec la couleur matinale chez oncle Bill et tante Fleur. Pour la première fois de ma vie, j'avais l'impression de redécouvrir le visage de Scorpius mais de l'autre, j'avais un mal fou à me concentrer sur lui. Sans que je comprenne pourquoi, Scorpius et moi, nous nous rapprochions peu à peu, presque enlacés, son visage étant à quelques centimètres du mien…

- NAN MAIS T'ES PAS SÉRIEUX SALE PERVERS !?

Il eut un bruit de claque qui me fit sursauter et je m'écartai d'un coup de Scorpius. Je découvris une Mary furieuse, fixant un Jason à moitié par terre, se frottant la joue.

- Ne me touche plus jamais Zabini ! cracha Mary, dégoûtée.

- Excuse-moi Mary, je ne savais plus ce que je faisais, se confondit en excuse Jason un peu perdu. Ce n'était vraiment pas volontaire.

- Mais bien sûr, comme si j'allais te croire ! Et ta main sur ma poitrine, elle s'excuse elle aussi ?!

Je me sentais complètement perdue par la situation. Je me retournais vers Scorpius mais ce dernier avait disparu. Un peu désorientée, je regardais sans comprendre des événements défilés devant moi : Albus et Judith en train de se prendre le chou alors qu'ils s'embrassaient comme des sangsues une heure plus tôt, Solange, l'air déprimée, consolait une Rose tout aussi triste, James et Lucy n'étaient toujours pas revenus, Louis en plein fou rire, Roxanne embrassait à pleine bouche un garçon contre un coin de la pièce, Hugo près de la fenêtre avec un groupe de garçons…et il fumait ? Quoi ? Depuis quand Hugo fumait ? Et pourquoi ça tournait autant ? Et cette musique si forte…

- MAIS ENFIN QU'EST-CE QU'IL SE PASSE ICI ?!

La musique se coupa d'un coup et tout le monde fixa le professeur Neville Londubat en robe de chambre, baguette à la main.

- Pourrais-je savoir la raison d'un tel boucan ? Les plus jeunes aimeraient dormir, on a beau être samedi soir, on vous entend dans plusieurs étages ! Pour les fêtes d'après-Quidditch je veux bien mais…PAR MERLIN SERAIT-CE DE L'ALCOOL !?

Avec un Accio, toutes les bouteilles, presque toutes vides volèrent jusqu'à lui. Je ne l'avais jamais vu dans un état pareil. Lui d'habitude si calme et si gentil, il semblait vraiment être hors de lui.

- MOINS CINQUANTE POINTS POUR TOUS LES PARTICIPANTS DE CETTE FÊTE ! Tapage nocturne, alcool, herbe à fumette et pourquoi pas orgie pendant qu'on y est ? La directrice sera prévenue ainsi que vos parents ! Et que vois-je là ? Tiens, tiens, Mr Malefoy, Mr Potter, Miss et Mr Weasley, Miss Royer et même toi Solange…beaucoup trop d'élèves qui ne sont pas à Gryffondor !

- S'il vous plaît monsieur, supplia Roxanne dans une tentative désespérée. On ne faisait rien de mal, on organisait juste une fête pour l'anniversaire de Lucy et Louis, ne soyez pas trop sévère.

- Est-ce une blague miss Weasley ? Votre petite fête va trop loin, rendez-vous compte à quel point c'est grave ? Il est interdit d'amener de l'alcool ou des herbes pour fumer au château, imaginez les conséquences si des premières années étaient tombés dessus ? Ou pire, si l'un d'entre vous tombait dans un coma éthylique ainsi les débordements qu'il peut y avoir à cause de la boisson ou les effets secondaires des herbes ! Vous êtes pour la plupart d'entre vous encore mineur et il s'agit d'une école, pas d'une discothèque ! Allez, c'est terminé, extinction des feux immédiate, les autres élèves non Gryffondor, sortez !

Dans un gros silence, chacun disparut sans un mot tandis que Neville, aidé des deux préfets en chef, confisqua les restes d'alcool et d'herbes.

Je pris une rapide douche avant de me mettre au lit. Malgré tout, j'avais la sensation que mes dents allaient tomber, ma tête tournait encore et j'avais l'impression que la pièce aussi…

La nuit allait être longue…


- Oh mon dieu, le sosie de Pierre Niney est de retour ! s'exclama en chuchotant Sally, la collègue de Dominique.

Dominique pouffa et leva les yeux au ciel. Depuis quelque temps, chaque semaine, un client, un certain M. Oscar Musset, un jeune homme de leur âge, passait pour acheter un bouquet de fleurs. Une fois c'était pour un enterrement, puis pour sa mère, un anniversaire, pour sa grand-mère, un pot de départ, pour sa tante… Il était vrai que le jeune homme ressemblait fortement à un ancien jeune acteur de la Comédie-Française, et qu'il était mignon, mais Dominique se moquait toujours un peu des réactions de Sally Perrault, sa collègue un peu plus âgée qu'elle, à chaque fois qu'il entrait dans leur boutique. Dominique y travaillait à mi-temps, pour finir sa formation et peu à peu, elle et Oscar avaient pris l'habitude de discuter un peu. Elle l'aimait bien au fond, elle avait appris qu'il avait plus de vingt ans, faisait des études d'architecture après avoir réussi brillamment ses études à Beauxbatôns. Il était fils unique, d'origine alsacienne, vivait à Paris pour ses études et c'était un homme très gentil, curieux et cultivé. Á première vue, Dominique l'avait pris pour un fils à papa vivant dans les beaux quartiers mais elle devait reconnaître aujourd'hui qu'elle s'était bien trompée sur lui.

- Vas-y Do' ! Demande-lui ce qu'il veut ! la poussa Sally devant la caisse. Et profite bien de la vue !

Dominique secoua la tête en souriant à sa collègue et accueillit le jeune homme dans son meilleur français.

- Bonjour M. Musset ! Encore un nouveau bouquet, j'imagine ?

- Bonjour Dominique, et bien pas tout à fait ! J'aimerais en commander un pour qu'il soit livré le lendemain. C'est pour une surprise mais je n'ai aucune idée de comment le choisir.

-Il n'y a aucun problème ! Voulez-vous que je donne notre livret consacré à nos bouquets de livraison ?

- Hmm… Non en fait, j'aimerais que ce soit plus…personnel. Comme j'ignore quelles sont ses fleurs préférées… Pouvez-vous, à titre d'exemple, me donner votre composition préférée ?

- Quoi ? Hum, je veux dire, pardon ?

Dominique en fut tellement surprise qu'elle en perdit presque son français. Jamais on ne lui avait demandé de composer son bouquet préféré, c'était très personnel. D'habitude, soit les clients prenaient ceux déjà faits du magasin, soit il avait une idée bien précise en tête.

- J'espère que ça ne vous gêne pas ? demanda Oscar en rougissant légèrement.

- Non, non monsieur ! C'est juste que…vous m'avez surprise. Et bien…pas de soucis dans ce cas !

Dominique réfléchit un instant… Ses fleurs préférées….

- Si on devait partir sur ce que je préfère, ce serait un bouquet avec une base de jonquilles blanches, entourées d'un peu de bleuets ainsi que quelques fleurs de jasmins et de myosotis sur les bords, et enfin un peu de végétation pour le côté sauvage. J'aime beaucoup l'association du violet presque bleu avec les fleurs blanches. Si nous étions en mai, j'aurais ajouté du muguets mais elles ne pointeront pas leurs nez avant une ou deux semaines… Ça vous ira monsieur ?

- Appelez-moi Oscar, depuis le temps que je passe à la boutique, nous ne sommes plus des inconnus. Et oui, elles sont parfaites !

- Á la bonne heure ! s'écrit Dominique en donnant un coup de baguette sur une plume pour qu'elle note la commande et la facture. Et sans être indiscrète, pour qui est-ce, ce beau bouquet ? Une petite amie ?

- Pas tout à fait, sourit Oscar. Enfin disons que, j'espère que ce cadeau lui fera passer un message, elle ne sait pas encore qu'elle me plaît.

- J'espère que cela marchera pour vous ! souhaita sincèrement Dominique. Connaissez-vous son adresse ?

- Je l'ai, puis-je l'écrire ?

- Pas de soucis, je ne vois rien ! rit Dominique en mettant les mains devant les yeux, devinant que le jeune homme voulait être discret. Et ça vous fera six gallions, trois mornilles et sept noises le bouquet ainsi qu'un gallion, quatorze mornilles et dix-sept noises pour la livraison des fleurs demain matin !

Oscar la remercia de nouveau, la paya et après que Dominique lui souhaita bonne chance, il quitta le magasin.

-Ah mon dieu, j'envie tellement celle qui aime secrètement, soupira avec rêverie Sally, la tête soutenue par ses bras posés contre la table. J'ai combien de pourcentage de chance que ce soit moi ?

- Très peu, ma pauvre, la consola Dominique en lui tapotant l'épaule. Allez reprends-toi, on a du travail !

Le lendemain, Dominique ne travaillait pas. Comme chaque matin où elle était de repos, elle accompagna ses petits cousins à l'école, s'occupait de la maison et profita de son temps libre pour dessiner des nouveaux croquis de bouquet. Vers onze heures, la sonnette retentit et, curieuse, Dominique ouvrit la porte et tomba sur un livreur.

- Mlle Dominique Weasley ? Domicilié chez M et Mme Larochelle ?

- Oui c'est moi.

- C'est pour vous, dit le livreur en lui tendant un bouquet de fleurs. Signez ici, voilà, merci et bonne journée !

Complètement confuse, Dominique prit le bouquet, signa et referma la porte sans un mot. Elle s'assit sur le canapé avant d'analyser le bouquet de fleurs : un bouquet de fleurs…comportant de jonquilles, de bleuets, de jasmins et de myosotis…avec un peu de végétation sauvage. Le même bouquet qu'elle avait…composé hier pour…Oscar….

Se pouvait-il que… ?


Satisfait de ce chapitre ?

J'aimerais revenir sur le point de l'intrigue où Lily boit : oui elle est très jeune (même pas 14 ans) mais sans vouloir justifier le fait qu'elle boit, n'oublions pas que le première verre d'alcool (entier) est consommé entre 12 et 16 ans, que les sorciers permettent à des enfants de treize ans de boire de l'alcool (soit la bièraubeurre, je suppose que ça doit être un alcool plus doux que nos bières mais si Hermione a pu être pompette avec dans le film 6, ce que ce n'est pas non plus du cidre), que les sorciers deviennent en général adulte plus tôt que nous, pauvres moldus (majeur à 17 ans, on peut quasiment travailler au ministère une fois Poudlard terminé, il passe l'équivalent du permis de conduire à la majorité également, etc.) et enfin comme le dit Neville, ça reste quand même très grave. Lily est jeune, elle a voulu faire sa Gryffondor et elle en paiera (elle comme les autres) les conséquences, je n'encourage en aucun cas le fait de boire à un très jeune âge.

En ce qui concerne le prochain chapitre, il sera posté comme d'habitude dans deux semaines, soit le 26 avril et il portera le nom de "Découverte de soi".

Et n'oubliez pas la review cette fois !