Chapitre 20
1
Poe Dameron était éveillé depuis longtemps à cause de son voisin, il admirait les traits fins de mon visage. Temmin fut le premier à se lever, son lit avait légèrement tremblé. Par chance, le constructeur de ces couchettes dut expérimenter plusieurs types de formes corporelles, sans juger le physique de son meilleur ami, car même les couinements des barrières de protection étaient moindres. Sinon, toute la chambre se réveillerait.
En attendant, rien ne semblait troubler mon sommeil. Je dormais paisiblement parce que ces dernières 24 heures furent riches en émotions.
Chaque fois qu'il me caressait les cheveux ou la joue, sa gestuelle m'apparaissait douce et silencieuse. Dommage que le travail l'appelait, ce temps devenait rare et précieux. Savourer ! Il ne demandait que ça, même si c'était dur de ne pouvoir en tirer un plaisir continuel. Cette guerre contre le Premier Ordre arrivait à son apogée et ne pas profiter de la femme qu'il convoitait était un calvaire.
Vivre cette période de bonheur contre ce monde cruel, nous n'en oublions pas pour autant les évènements de la veille. Avoir un peu de répit ne nous faisait pas passer pour des égoïstes ou des monstres sans coeur.
Se lancer dans l'avenir de notre relation pour Poe se révélait corsé également. Malgré cela, rien ne l'empêchait d'imaginer des activités de couple, si, dans un futur proche, la guerre s'achevait en leur faveur. Sa liste comptait déjà 3 programmes.
1) Partir une semaine de vacances sur Naboo ou un autre lieu avec moi.
2) Retourner chez lui sur Yavin 4.
3) M'inviter dans un restaurant.
Des projets simples et efficaces. Bien évidemment, tenir notre relation était fondamental et cela devait se faire dès à présent.
Tout à coup, les voix de ses colocataires chuchotèrent dans la pièce, Poe tendit l'oreille.
- Ne fait pas trop de bruit Asty, susurra Temmin.
- Je fais de mon mieux, je te rappelle que je ne suis pas un humain.
Ils discutèrent du déroulement de la journée. Poe ne savait pas quelle heure il était, même si les rayons de soleil transperçaient les rideaux. Etait-il 8 hures du matin ou midi ? Il n'avait pas posé une seule fois les yeux sur un cadran depuis qu'ils étaient ouverts, notre posture ne lui permettait pas de bouger.
Quelque chose tapota l'épaule du Leader, il pivota légèrement pour éviter de se faire un torticolis et de me réveiller. Ses deux amis se penchaient au-dessus de lui.
Rapidement, son regard zigzagua sur eux et sur moi à deux reprises. Des traits d'homme coupable apparurent sur le visage de leur Commandant et il se mordilla la lèvre inférieure, tel un voleur attrapé la main dans le sac.
- Tu aurais dû nous prévenir, grommela Asty.
- Pardon, souffla-t-il, de façon audible uniquement pour ses camarades.
Ils firent mine d'être en colère pendant quelques secondes, leurs bouches s'élargirent.
- On est au courant, confessa Temmin.
Il s'était fait avoir comme un bleu. Aucun des deux ne s'était réuni pour faire ce complot. Habiter ensemble tous les jours les rendait plus professionnels dans ce domaine.
- Bande de salopards ! Vous le saviez ? Les insulta amicalement Poe.
- On vous a entendu papoter hier soir, précisa Asty.
- Nous avons fait de notre mieux pour être discrets. Quand l'avez-vous remarqué ?
- Pour ma part, à partir du moment où Clara t'a sollicité pour lui enfiler son collier, certifia Temmin.
- Quand vous vous engueuliez à demi-voix en plein milieu du dortoir, ajouta Asty. Je vous regardais depuis mon lit, c'était très comique.
Donc, ils avaient tout entendu ces crétins. Par miracle, nous n'avions pas été au-delà, sinon, ça serait humiliant.
- Ne dites rien aux filles s'il vous plait. Certaines le prendront mal, les implora Poe. Laissez-moi gérer ça.
- Motus et bouche cousue, lui ratifia Temmin.
- Tu nous connais, tu peux nous faire confiance.
- Merci ! Vous n'êtes pas mes meilleurs amis pour rien.
Des compagnons pour la vie, ça, c'était indiscutable ! Compter l'un sur l'autre, peu importe l'anicroche : leur code numéro 1. Ils s'étaient bien trouvés. Personne ne réussit à les faire échanger de chambre au fil du temps, pourtant, les propositions ne manquaient pas, et ce, même si leur grade évoluait.
- On va y aller, clôtura Asty.
Poe leva un pouce vers le ciel et ses amis partirent. Nous n'étions plus que tous les deux. C'était le moment parfait, mais un problème subsistait : je dormais comme une vraie marmotte !
2
Sortant de mon profond coma, je réalisai qu'aucun cauchemar ne m'avait perturbée et je me forçai à ne pas rester dans cet état second. Chaque fois que je rouvrais les paupières, son t-shirt blanc était devant moi. Son odeur corporelle m'enivrait et ses bras musclés m'enlaçant me sécurisaient. J'avais besoin de cette tendresse, car cette journée allait être douloureuse et déprimante.
Je saisis son t-shirt et le plaquai contre ma poitrine. Vraisemblablement, Poe ne pionçait pas puisqu'il se laissait faire. Avec ce geste, malgré mon indécision, je capitulais. Je mourrais d'envie de passer ma main en dessous pour lui palper le torse.
Ne dérape pas, Clara, retiens-toi !
- As-tu bien dormi ?
Je me redressai légèrement comme si je n'avais pas entendu sa question et zieutai au-dessus de son épaule. Le lit d'Asty était vide. Et Temmin ?
- Asty n'est plus là ?
- Temmin et Asty ne sont plus ici, rectifia Poe en accentuant sur le nom de Temmin.
- Tous les deux ?
- Nous sommes seuls, Clara.
Etait-ce une bonne idée de laisser deux adultes sans surveillance ? Il arbora un sourire pervers et mon cœur s'emballa.
- Pourquoi me regardes-tu comme ça ? rétorquai-je, innocemment.
- Toi et moi... livrés à nous-mêmes… au cas où tu aurais oublié.
- Oui, et alors ? Tu as besoin d'une nounou ?
Appelez-moi diablesse. J'aimais le rendre fou, même si je conçois que c'était vache de ma part. Je lui fis un petit clin d'œil, il ronchonna en guise de réponse.
Allez, Clara, c'est la trêve, tu as bien le droit de te divertir un peu. Après tu vas t'en plaindre, car il y aura cet enterrement et il sera occupé.
Je glissais une main en dessous du t-shirt de notre Commandant. Ses doigts se compressèrent autour mon épaule et un gémissement se succéda.
Je vérifiai que ses 6 packs étaient là. En le touchant, je remarquai que sa peau était aussi douce que celle d'un nouveau-né et qu'il semblait avoir un corps parfait. Je pourrais passer des heures à le cajoler de cette manière.
- Tu es… énervante… Clara…, le savais-tu ?
Le jeune Poe perdait ses moyens, sa voix frémissante le trahissait. Quel homme normalement constitué resterait zen dans cette situation ?
- Bien sûr, mon cher Poe. C'est pour ça que tu m'aimes, non ? ricanai-je
J'arrêtai mes caresses, ajoutai une seconde main sous son t-shirt et m'appuyai de tout mon poids contre son buste afin de le faire basculer sur le dos. Ensuite, je l'enfourchai avec mes jambes, me retrouvant au-dessus de lui. Pour finir, j'emprisonnai ses mains contre la barrière du lit et admirai ses magnifiques yeux noisette.
Ce dernier adorait ce genre de loisirs, il en connaissait une panoplie et il était doué.
- Si tu veux jouer, Clara, tu es mal barrée.
- En attendant, je domine !
- Ne me mets pas au défi, je suis un grand méchant loup.
- Mmmm… vraiment ?
Je lui donnai un coup de langue des lèvres jusqu'au nez, puis le quittai.
- Où vas-tu ?
- Manger quelque chose !
- Pourquoi se presser ?
- Je croyais que tu devais travailler ?
- Après la cérémonie, pas tout de suite.
En réalité, Poe était contrarié, le jeu ne faisait que commencer, il n'avait pas dit son dernier mot. Je n'avais pas le droit de partir.
Il courra vers moi et le Leader m'attira contre lui. Il m'attrapa avec fermeté le menton, nos bouches étaient si proches.
- Qui domine, maintenant, hein ? Je t'avais prévenu !
A sa réplique, j'affichai un rictus. Rappelez-vous que j'étais une Française ! Et nous les Françaises, nous ne sommes pas des femmes faciles. La culture du romantisme, ça nous connait et je comptais tirer profit de cet apprentissage. Lui n'avait rien d'un don Juan, il aimait simplement plaisanter et, tous les deux, on se coordonnait sur ce point.
Le pilote captura mes lèvres sans prévenir. Depuis longtemps, je n'avais pas éprouvé une telle vibration dans tout le corps. Ce baiser était fougueux et plus ardent qu'à l'accoutumée.
Je déclinai ce moment avec force et m'écartai de son emprise, laissant un homme indigné.
Prenant le chemin menant au lit d'Asty afin de mettre plus d'espace entre nous deux, une main me claqua les fesses. Je tournoyai vers lui, l'air faussement interloqué. Je me retins de glousser.
- Je ne vous permets pas, monsieur le Commandant ! Vous voyez ceci ?
Je lui montrai mon postérieur pendant que ma réaction le faisait rigoler à son tour.
- Ca m'appartient ! Vous n'avez pas l'approbation de toucher.
- Je n'en ai pas besoin, je suis ton chef !
- Petit saligaud !
- C'est bien pour ça que tu m'aimes, non ? répéta Poe hilare.
Prise au piège par mes propres mots, la suite promettait d'être croustillante. Notre rebelle de la Résistance déclarait officiellement la phase 2 de notre relation : la séduction.
- Fffff… J'ai tellement faim, constatai-je, en entendant les gargouillements de mon ventre et en contournant le sujet. A quelle heure démarre la cérémonie ?
- A 14 heures !
Je jetais un œil vers l'horloge d'Asty posée sur la table de son chevet.
10h30.
Il n'était pas si tard, j'avais le temps de me préparer.
- Je vais me changer, mais avant je dois repasser par mon dortoir.
- Et tu comptes te balader en petite tenue ?
De quoi parlait-il ? Face à mon ignorance, son doigt me pointa de haut en bas. Je me regardai, j'étais toujours avec le t-shirt de Poe.
Je récupérai mes habits pliés et placés près du lit superposé de Temmin et Poe. Une remarque pénible entra dans ma tête.
- Penses-tu qu'Han Solo nous en voudrait de nous voir heureux au lieu d'être neurasthénique ? Je me sens un peu coupable d'être dans cet état euphorique. Tout le camp est déprimé depuis l'annonce.
Je cassai l'ambiance, mais cette question était essentielle.
- Il y a un temps pour pleurer, et un autre pour s'amuser. Han Solo n'était pas du genre à s'apitoyer sur son sort. A mon avis, il préférerait que l'on s'éclate.
Sa réponse me réchauffait le cœur. Je me dirigeai vers la porte quand Poe m'assena une seconde fessée. De trois quarts, je le foudroyai avec mes mirettes.
- Pas touche, m'sieu !
Il minauda. Le voir jouer l'enfant et ensuite devenir sérieux me faisait marrer. Et après, on disait de moi que j'étais schizophrène ? L'avais-je contaminé ?
Mon regard s'adoucit et, d'une voix plus sage, je m'exprimai :
- On se retrouve au réfectoire ?
- Bien sûr, de toute façon, je dois me laver aussi.
C'est après lui avoir lancé un immense sourire que je le quittai pour aller dans les toilettes afin de me changer.
3
Dans l'ascenseur, je flottai sur un nuage rose et me remémorai cette nuit inoubliable en sa compagnie. Pendant quelques heures, j'étais au paradis. La soirée avait mal commencé, mais tout se termina bien mieux que je le souhaitais.
Malencontreusement, cette rêvasserie se dissipa lorsque les portes coulissèrent à mon étage. La réalité me frappa de plein fouet et la crainte de croiser une Jessika en rage s'empara de moi.
S'opposer à la colère d'une femme, vraiment... c'est le pire truc qui puisse vous arriver, je sais de quoi je parle. Seulement, cette fois, je ne me défilerais pas, j'assumerais mes conneries bien que mes jambes désirent prendre la poudre d'escampette.
Stressée, j'avançai vers la porte de mon dortoir le pas lent. J'espérais au fond de moi son absence.
Je me laissais quelques secondes pour me ressaisir. Je frottai mes mains moites contre mon jean et tournai ensuite la poignée.
Kaydel fut la première dans mon champ de vision. Au fur et à mesure que j'examinai le secteur, je notais la non-présence de Pamich. Mon regard se stoppa sur Jessika, qui était assise sur son matelas en train de bouquiner, "Chasseur de prime, 3ème volet". Mon entrée ne passa pas inaperçue, l'atmosphère devint subitement chargée.
La brunette avait abandonné son roman préféré pour me dévisager, sa haine à mon encontre ne désemplissait pas. Pamich ressentait cette altération aussi, heureusement, qu'elle était là sinon, Jessika m'aurait bondit dessus comme une louve enragée.
- Je suis… venue pour… récupérer des affaires… je ne vous incommode pas plus.
J'étais penaude, plus je m'innocentai, plus Jessika exhibait ses crocs.
- Où as-tu dormi, Clara ? Pamich et moi, on s'angoissait, confia Kaydel.
Ce n'est pas le moment de lancer une discussion, Kaydel, tu vois bien que si je reste, je vais me faire assassiner.
Par politesse, je répondis. Après tout, Kaydel n'y était pour rien dans cette histoire. Au contraire, elle s'efforçait d'apaiser les tensions.
- Dans un X-Wing.
- Tu aurais dû revenir, ça n'a pas dû être confortable.
- Ca l'était assez. Merci de t'être inquiétée.
Pipeauter, j'avais l'impression de ne faire que ça depuis mon arrivée. Même pour cette simple question, la vérité m'aurait coûté cher.
- Clara n'a récolté que ce qu'elle a semé, Kaydel, balança hostilement Jessika, posée sur l'extrémité de son lit. Arrête de la disculper.
La jeune femme attendait l'occasion idéale pour me lancer sa plus belle riposte. Elle se précipita dangereusement vers moi et son regard noir me fila des frissons. Toutefois, je n'eus aucun mouvement de recul, je me refusais de paniquer devant elle.
La poitrine bombée, j'étais prête pour l'affronter. Cette lutte entre deux poules pour un tel coq de la bassecour était justifiée.
- Ce n'est pas de sa faute ! répliqua Kaydel. Poe n'appartient à personne, il est assez grand pour choisir celle qu'il aime. Tu ne peux pas l'obliger à avoir des sentiments pour toi.
- Je ne t'ai pas sonné, contre-attaqua Jessika.
La tentative de Kaydel pour la temporiser fut un fiasco. Jessika avait l'esprit trop obscurci par sa jalousie pour avoir un bon raisonnement.
- Toi et moi, on va parler dehors… tout de suite !
Je pouvais encore faire la belle devant Kaydel, au moins, elle m'aidait à garder confiance.
Jessika m'empoigna violemment le bras et la voix lointaine de Kaydel qui la suppliait de ne pas se battre ne la dissuadait pas. Pour la première fois de ma vie, je ne pouvais pas éviter de me mesurer contre une femme en colère.
- Ne t'en mêle surtout pas, Kaydel !
Sans attendre, elle me chassa jusque dans le couloir et claqua la porte au nez de son amie.
4
Pendant que Kaydel restait aux aguets afin d'intervenir si nécessaire, Jessi comprimait de plus en plus ses doigts sur mon bras, y laissant apparaitre une empreinte rougeâtre dessus. En lisant dans ses yeux, je pouvais voir sa gentillesse s'envoler.
Que tu sois de la Résistance ou du Premier Ordre, le côté obscur de chacun de nous refaisait toujours surface. Jessika Pava me réexpédiait la réaction que j'avais eue dans le Faucon Millenium.
- Que l'on soit clair, Clara, commença-t-elle, de sa voix glaçante. Tu as 48 heures pour trouver un autre dortoir. Les filles n'auront aucune possibilité de te faire revenir, je vais m'en assurer !
- Je peux au moins me changer ici ce midi ?
- Oui… mais tu pars dès ce soir !
Chercher un logement. C'était donc ça, la vie d'adulte ? Peu importe l'univers, c'est la même mission ne sera pas simple. Je n'avais pas le choix de céder aux caprices de madame, c'était la seule solution pour qu'elle puisse se détendre.
- Par compte Jessi, ne rejette pas la faute sur moi !
- Pardon ? me hurla-t-elle dessus.
- Je ne suis pas responsable du fait que Poe sache que tu l'aimes, répétai-je, agacée.
Autant crever l'abcès.
Jessika explosa et serra toujours plus fort mon bras.
- Tu me maltraites, Jessika, retire ta main s'il te plait.
Elle s'exécuta et j'auscultai les dégâts. J'avais la marque de ses doigts et cette partie me brûlait. Dégoûtée, je me massai et soufflai doucement sur la blessure pour la refroidir.
- C'est la meilleure, ça… pauvre fille !
- Tu pourrais dire pardon au moins ?
- M'excuser ? De quoi ? Après ce que tu as fait hier ? Je n'en vois pas l'utilité, c'est le retour de bâton, Clara.
Jessika pensa pendant quelques secondes puis inspira profondément. Les muscles de son visage se tendirent.
- J'ai compris, Clara. Pourquoi n'y ai-je pas songé auparavant ?
Cette phrase ne me rassurait pas, je n'aimais pas l'ironie qu'elle employait.
- Eclaire-moi.
- Tu as des sentiments pour lui et tu veux l'avoir pour toi toute seule !
- Pour moi ? Il n'est pas un objet, Jessika.
- Néanmoins, tu ne me contredis pas mes propos.
Je tiquai et baissai la tête. Je n'avais aucune raison de m'y opposer.
- Je te déteste du plus profond de mon cœur, Clara !
- Tu peux me haïr autant que tu le désires, ça ne changera rien à la situation.
- Tu connaissais mes sentiments pour lui…
- Ca ne se maîtrise pas, Jessika !
- Jamais tu ne l'aurais, tu m'entends ? Jamais !
Elle divaguait, la jalousie lui faisait dire de sacrées conneries, jamais je n'ai pensé me le garder. Jessika posa son index au milieu de ma poitrine et me poussa par à-coups. Je reculai, faisant un pas derrière l'autre.
Exaspérée par son geste, je me débarrassai énergiquement de sa main.
- J'ai plusieurs fois tenté de fuir et d'être odieuse avec lui exprès, vociférai-je, à bout de nerfs. Je n'y peux rien s'il revient tout le temps.
- Je ne te crois pas !
- J'ai fait ce que j'ai pu, sincèrement. Alors, cesse de te montrer agressive envers moi. Sinon…
Ma rivale jeta un œil à la porte de notre dortoir, Kaydel nous écoutait probablement. Puis, elle reposa ses yeux sur moi, le sourire mesquin.
- Sinon quoi ? dit-elle, la mâchoire serrée et d'un ton aussi bas que possible. N'oublie pas que votre attache sentimentale est vouée à l'échec, vous ne faites pas partie du même monde. Tu ne voudrais pas qu'il finisse malheureux, n'est-ce pas ?
J'avais déjà envisagé cette éventualité bien avant qu'elle m'en parle. Face à son comportement, si elle découvrait l'avancée de notre relation, ça serait le coup de grâce. Elle ne supportera pas cette double trahison.
Je soupirai et copiai son timbre de voix. Rien que de penser que Poe pourrait être triste, le jour où je m'en irais, me faisait souffrir. Je me risquais considérablement en consumant cette histoire d'amour.
- J'en suis consciente et j'ai énormément médité dessus. Je ne peux taire ce que je ressens pour Poe, c'est plus fort que moi, Jessi.
- Alors tu viens de te confesser… bien…
Jessika continuait de bouillonner à l'intérieur.
- Le cœur de Poe n'a pas assez de place pour deux humaines, je vais t'aider à y remédier. Ca consistera à emprisonner tes sentiments.
Avais-je bien entendu ? Quelle folie lui avait pénétré l'esprit ?
- A partir d'aujourd'hui, tu ne t'approcheras plus de Poe. Les seuls moments où tu as l'autorisation de lui parler se passeront en ma présence. Si je te vois discuter sans moi avec lui, je lui dévoilerai ton secret.
Cette distance sociale allait être difficilement applicable. Etait-ce donc ma punition pour avoir succombé injustement aux charmes de notre supérieur ? Devais-je prendre cette proposition comme une chance d'apprendre à contrôler mes futures pulsions pour lui ?
En tout cas, il était sûr à présent que je pouvais rayer l'idée de rejoindre le dortoir des garçons, à coup sûr, elle me fliquera dans mes moindres faits et gestes. Ma pause déjeuner en sa compagnie tombait à l'eau également.
- C'est pour son bien, Clara. Puis, c'est le meilleur moyen pour arranger les choses entre nous.
- As-tu pensé à Poe et ce qu'il désirait ?
- Oh que oui… de toute façon, le résultat sera le même, fit-elle en reparlant plus fort. Ne t'approche pas de lui, d'accord ? Je n'hésiterais pas à te le rappeler.
- Pourquoi ne m'avoues-tu pas directement que ça te permettrait de te créer plus de liens avec lui ?
- Tu es assez grande pour le deviner.
La jeune rebelle marqua une légère pause et poursuivit :
- Je t'autorise à te changer ce midi et dormir ici ce soir si tu ne trouves rien d'ici là, mais c'est tout !
Rassurée, j'étais heureuse d'entendre ce complément d'information. Son empathie n'était pas totalement partie. Je la remerciai, elle plia bagage tout en ronchonnant et terminant ainsi notre conflit.
Finalement, ça s'est bien passé, non ? Je m'en suis tirée qu'avec une simple rougeur sur le bras. Je m'attendais à pire. Fiou ! Maintenant, je vais devoir user de stratagème si Poe souhaitait me revoir.
A cette dernière pensée, un soupire sorti de ma bouche et je rentrai dans la chambre. Kaydel me pista du regard, je prenais mes affaires se trouvant sur mon lit.
- Ca ne s'est pas trop mal passé entre vous deux ?
Sa présence me revint.
- Je suppose que oui. Visiblement, j'ai été chanceuse.
- Veux-tu que j'arrange tout en demandant de l'aide à Pamich et la Générale ?
- Non, je l'ai probablement mérité. De plus, elles ont autre chose à faire que de s'occuper de ces enfantillages.
- Je ne comprends pas pourquoi tu dis ça. Tu sais, Clara, parfois, la jalousie nous fait dire des mots que l'on ne pense pas.
- Ne t'en fait pas, Kaydel. Ca va s'arranger.
- Mmmm… Où comptes-tu aller maintenant ?
Kaydel semblait n'avoir entendu que la partie émergée de l'iceberg. Tant mieux.
- Aucune idée, je finirais par trouver.
- Laisse-moi t'aider, ainsi, je pourrais dormir tranquille après.
J'appréciai la serviabilité de Kaydel à mon égard. Emue, je lui répondis :
- D'accord, mais ne te force pas, hein ?
- Si j'avais su, Pamich et moi l'aurions convaincu de ne pas te virer. On m'a prévenue que lorsque je suis revenue de ma douche.
- Moins de monde au courant, mieux c'est. Je ne veux pas que le campement entier s'en mêle. Cette histoire est entre elle et moi et Poe ne doit pas en être informé.
- Pas de soucis, je comprends. Si tu as besoin d'aides, n'hésite pas à me le signaler et je serais là.
- C'est adorable Kaydel, je ne l'oublierais pas.
- Je sais que s'intégrer dans une équipe n'est pas évident.
- Ha bon ? Tu t'es déjà embrouillée avec elles ?
- Oui, lors de mon arrivée. A l'époque, Korr et moi dès le départ, ce fut volcanique. Nous n'étions que toutes les deux dans le dortoir. Je me suis dit que c'était normal de se disputer entre filles. Les garçons sont chanceux là-dessus, ils sont plus soft.
J'imageais les fois où Kaydel haussait le ton sur Korr. C'était inimaginable. Pour moi, cette fille était la douceur incarnée. Après, toujours se méfier de l'eau qui dort. Entendre des anecdotes inédites sur ces personnages me mettait en joie. Et venant de la part de Kaydel, quelque part, cela prouvait qu'elle me faisait suffisamment confiance. Ces choses-là ne se racontent pas à n'importe qui.
Dans les films, on suivait chaque fois les héros, jamais ceux qui les entouraient, pourtant, c'est grâce à eux que les intrigues progressent. Je partais du principe qu'ils ne se rencontraient pas par hasard, c'était pareil dans mon univers.
- Evidemment, je comprends vos réactions. Enormément de filles sons tomber sous le charme du Commandant, sa force, son corps musclé et son impulsivité les font craquer une par une. Par exemple, quand Poe effectuait son sport le matin, Jessika et Korr le gobaient des yeux comme si c'était la 7ème merveille du monde.
Elle railla devant ce souvenir. J'imaginais avec exactitude la scène et nous nous mîmes à rire toutes les deux.
- Korr se doutait que Jessika s'attachait à Poe ?
Kaydel fouilla dans sa mémoire.
- C'est fort probable. A mon humble avis, le duo Korr/Poe aurait pu aboutir. Regarde, en énumérant les points communs : ils possèdent le même grade, une bonne complicité, bien que Poe préfère rester sur la réserve à ce sujet. Elle fut la première à l'apprivoiser et à le voir tel qu'il était. Poe n'est pas un séducteur dans l'âme, il a trop de respect pour les femmes.
Kaydel serait sa sœur cachée, que cela ne m'étonnerait pas. Son analyse était d'une justesse, elle le connaissait par cœur et c'en était affligeant.
Tous se coordonnaient sur une chose : Poe était honnête à propos de sa liaison avec Korr. Il ne l'a jamais renié.
- Pourquoi leur relation n'a-t-elle pas évolué ?
- Poe était jeune, sans envie spéciale de se stabiliser en amour. Il a toujours été intègre envers Korr. Il n'a jamais laissé de place à l'ambigüité. Il sait ce qu'il veut. Mais lors de sa dernière mission, Korr lui a déclaré ses sentiments dans une lettre. Quelque part, elle pressentait que, cette fois, c'était le moment ou qu'elle ne le reverrait plus.
Victime d'une crise de mélancolie, un flashback défila dans la mémoire de Kaydel.
xxx
Kaydel pénétra dans le dortoir après avoir pris une douche. Korr était assise devant son bureau et tenait un stylo dans la main droite. Sa tête était au-dessus d'une feuille blanche. Aucune autre de leurs colocataires n'était présente. Vu l'heure, elles dinaient.
La jeune femme rangea sa trousse de toilette dans son placard et se rapprocha de son amie. Cette dernière sursauta en remarquant une ombre sur la table.
- Désolée, j'étais concentrée alors je ne t'ai pas vu entrer.
- Que fais-tu ?
- J'écris un message pour le Commandant.
Si cela la soulageait des sentiments qu'elle éprouvait pour lui, pourquoi pas. Mais était-ce une bonne idée de le faire maintenant ?
- Enfin de compte, tu t'es décidée ? Je croyais que c'était une blague ou que cela resterait un sous-entendu.
- J'ai essayé de vous le faire comprendre, mais je n'ai pas réussi. J'y pense depuis un moment sachant que la concurrence avec les autres filles n'en est pas la raison principale. Je le fais pour m'en dédouaner en plus d'avoir peur de ne pas le revoir.
Korr ne fonçait jamais tête baissée comme un bélier. C'est ce que Kaydel appréciait chez elle malgré leurs personnalités opposées.
- Des rivales ? Tu veux parler de Jessika n'est-ce pas ?
- On ne peut rien te cacher. Tu es sûre que tu ne comptes pas faire psychologue ? Comme ça, dès qu'un membre de l'équipe va mal après une mission, tu nous prodigues tes meilleurs conseils.
- Je l'ai envisagé, mais ce n'est pas dans mes projets. Plus tard peut-être ?
Sa Commandante sourit et elle reprit son sérieux.
- Je ne sais pas de quels niveaux sont les sentiments de Jessika comparés aux miens, mais je l'accepte. De toute façon, c'est à lui de faire le choix. D'ailleurs, on a toutes remarqué que dernièrement, Jessika et moi ne sommes plus deux dans la compétition, une troisième s'est insérée dans les rangs, si ce n'est pas plus, bien sûr.
- Clara ?
- Oui ! Poe agit différemment avec elle qu'avec nous quatre depuis son apparition dans la Résistance. Il est plus appliqué. Alors, je prends mon courage à deux mains pour lui avouer ce que je ressens. S'il préfère l'une d'entre nous, plus tôt que moi, je ne lui en tiendrais pas rigueur. En revanche, si quelqu'un ose lui imposer son amour, tel que je le connais, il fuira.
Plus elle entendait les mots de Korr, plus la demoiselle s'attendrissait par sa maturité. Un jour, elle aimerait lui ressembler.
- D'après toi, Clara correspondrait aux critères de Poe ?
- Nous sommes toutes différentes et nous avons toutes nos chances. Cependant, Clara a cette capacité de pouvoir donner du fil à retordre à notre Commandant et il adore ça. Jessika et moi sommes trop complaisantes et on le materne trop. Plusieurs fois, je me suis forcée d'être plus caractérielle, mais ça ne me convenait pas, ce n'était pas moi !
- Dans ce cas, si ça ne peut que te soulager, alors, je suis du même avis, tu dois le faire.
- Kaydel, promets-moi que ça restera entre nous ? Sinon, ça créera des problèmes. Je ne veux pas que cela brise notre amitié et notre groupe.
- Tu peux compter sur moi, je t'en donne ma parole.
xxx
- Je l'ai vu en train de lui donner un papier. C'était sa déclaration ?
- Oui, elle m'a fait jurer de ne pas vous le dire. Quand on s'aperçoit du comportement de Jessika envers toi, elle avait raison.
- Sur ce coup-là, je ne peux pas lui reprocher cette décision.
- J'espère qu'un jour, votre amitié reviendra et que vos disputes cesseront. Je ne veux pas que notre équipe se détruise à cause d'un garçon.
- J'aimerais qu'elle le comprenne, mais on ne peut rien savoir à l'avance de ce qu'il va se produire.
Un blanc s'installa entre nous jusqu'à ce qu'un détail me vienne en tête.
- Dis-moi Kaydel… aurais-tu par hasard un uniforme qui conviendrait pour des obsèques ? Mes affaires habituelles ne sont pas confectionnées pour ça.
- Normalement, oui, en plus, tu as l'air d'avoir la même hauteur et carrure que moi. Je vais vérifier dans ma penderie, attends.
Kaydel prospecta chaque cintre qu'elle manipulait.
- Mmmm… Non… non plus…
Après 3 tenues, je commençai à m'impatienter. Je comprenais mieux maintenant pourquoi elle prenait du temps pour se préparer le matin, son placard était un vrai rayon de magasin. J'étais certaine que si elle venait dans mon monde et qu'elle allait chez une boutique appelée Zara, elle serait comblée.
- Définitivement, non...
- Tu sais, ce n'est pas un défilé de mode, Kaydel, mais des funérailles.
- Ce n'est pas parce que tu dois inhumer quelqu'un que tu ne dois pas être féminine.
Je me doutais que cette fille était coquette, mais pas à ce degré.
- Ha…, s'écria-t-elle avec enthousiasme, me faisant sursauter. Celle-ci !
Elle me tendit la tenue et je la scrutai. C'était une robe noire sobre, quelques dentelles sur le col et les manches la rendaient plus élégante.
- J'en cherchais une que je n'avais jamais revêtue.
- Mafois, écoute… c'est pile ce que j'aurais porté dans ce genre d'occasion, tu es géniale, merci infiniment.
Kaydel le savait, qu'elle était une amie fantastique, elle ne changerait pour rien au monde. Elle me refila ensuite une paire de chaussures à talons assorties aux couleurs de la robe.
5
Mes habits accrochés aux portemanteaux, j'entrais dans la salle de bain et fis couler de l'eau chaude. J'attendis un instant et, lorsque la vapeur se manifesta, je m'introduisis sous le pommeau de douche. Sur le moment, j'étais bien. Du moins, cela ne durera qu'un temps, car mes pensées se centralisèrent sur mon entretien avec Jessika.
Je ne regrettais pas d'avoir maintenu le baiser de Poe tout en lui donnant de cette façon mon autorisation. Je connaissais les répercussions, je flippais en particulier pour mon secret. La Générale était la seule au courant jusqu'à ce que je disjoncte hier sous l'émotion et que je divulgue par erreur la vérité à Jessika.
Elles étaient 3, Jessika, Rey et la Générale et c'était trop.
Face aux résultats effrénés de Jessika, il était impératif de le protéger. Ressasser 40 000 fois les mêmes questions afin de savoir comment les gens réagiraient s'ils étaient amenés à le démasquer ne servait à rien.
En aucun cas, Poe ne devait outrepasser la règle, même si je l'espérais plus mûr que Jessika si je devais en arriver là un jour. Le fait d'étendre la durée de ce mensonge en rendra sa digestion plus épineuse.
Je m'agrippai au bâton de la douchette et posa ma main gauche sur le mur carrelé. Jessika devait tenir sa langue et, de mon côté, je devais faire mon possible pour lui barrer la route. J'étais dans une merde monstre et contrainte à me soumettre à son chantage.
Une rage contre moi-même me conquiert et je tapais soudainement la façade avec ma paume. Des larmes affluèrent sur mes joues.
6
Cette douche terminée me relaxa. Parée, je bougeais vers la cantine. Sur place, je fis la queue pour récupérer mon repas.
Le plateau garni, mes yeux étaient rivés sur l'ensemble des individus attablé. Au loin, je remarquai Temmin exécutant des signes dans ma direction. Ils avaient monopolisé 4 sièges et l'un d'entre eux était vide. Enervée par la situation, je marmonnai des mots incompréhensibles.
Temmin, pourquoi me fais-tu ça ? A cause de toi, je vais mourir avant même d'avoir fini cette journée. Jessika m'en voudra à mort si elle me surprend avec Poe sans elle et en train de taper la discute.
Qu'est-ce que je fais, putain ?
Je scrutai les tables aux alentours. Toutes étaient quasi occupées.
Tant pis ! Tu n'es plus à un bobard près si Jessika t'attrape. L'heure de ta mort n'est pas encore décidée.
C'est d'un pas résolu que je marchai vers eux.
- Tu en as mis du temps à venir, Clara, nota Temmin.
- Désolée, mais vous n'êtes pas les seuls ici, je suis très populaire, vous savez !
- Ha oui ? Et qui fréquentes-tu à part nous ? questionna Temmin en regardant les gens à côté d'eux.
Touchée ! Il m'a eue !
- Oooh, ça va, hein !
Tel un gentleman, Poe me tira la chaise afin que je puisse m'asseoir. Il tapota son dossier avec sa main et ses amis se moquèrent de lui
Comment ne pas tomber sous son charme après ça ? En une fraction de seconde, les recommandations de Jessika n'existaient plus.
Je me joignis à leur groupe et posai mon plateau.
- Allez, Clara…, m'appela soudainement Temmin.
- Quoi ? m'exclamai-je en haussant un sourcil.
- Fais-moi un bisou. Je suis en manque de toi ma chérie, badina Temmin.
Son Commandant le gifla sur l'épaule. Celui-ci gémit à cause de la la douleur et se massa.
- Je ne peux plus l'utiliser, tu me l'as cassé ! Je ne pourrais pas écrire ces rapports sur l'ordinateur.
- Espèce de gamin ! Je te rassure tout de suite, tu ne vas pas t'en dispenser comme ça, riposta Poe. Tu donnes un très piètre exemple à notre nouvelle recrue.
- Ca va, je rigolais, ne prend pas la mouche. Tu es susceptible aujourd'hui par-dessus le marché.
Je riais aux plaisanteries de Temmin.
- Moi, j'aime bien ces blagues, il est marrant, le défendis-je.
- Tu vois... au moins, ta copine a le sens de l'humour.
- Toi, tu me cherches, Temmin. Tu sais très bien que je suis l'un des plus futés du groupe.
J'entamai mon repas, ils avaient pratiquement terminé le leur.
- Vous êtes tous désignés pour ces comptes rendus ?
- Ouais, Clara, je vais devoir supporter ces deux imbéciles tout l'après-midi, se lamenta Asty. Tu ne veux pas me remplacer par hasard ?
- Désolée. Je me suis proposée, mais Poe m'a répondu par un non catégorique.
- Sérieusement, t'abuses ! Des mains en plus auraient été préférables, se révolta Temmin. Pourquoi as-tu rejeté sa demande ? On va y passer plusieurs jours.
- Ce n'est pas son rôle, tout simplement !
- Mais… je n'ai rien à faire aujourd'hui, ronchonnai-je à mon tour.
- Si la Générale nous a sélectionné tous les 3, c'est parce qu'elle sait que le boulot sera accompli dans les temps. Clara, tu es off, c'est le moment de te détendre et de retourner aux basiques, s'expliqua le Commandant.
- Foutaises ! Elle n'a rien à voir là-dedans, c'est toi qui nous as élus pour t'aider. Crache le morceau… tu ne veux pas que Clara vienne au risque de devoir perdre ta concentration.
- J'approuve Temmin, appuya Asty. Dès qu'une ravissante damoiselle travaille avec nous, tu as toujours tendance à être contre-productif.
- Ca va... arrêtez les gars. Je sais très bien bosser avec une femme à mes côtés, récrimina le pilote.
- Au passage… en parlant de jolies filles, je me doute que le jour ne s'y prête pas pour te dire ça, mais tu es somptueuse dans cette robe en dentelle, confessa Temmin.
C'était consternant de voir comment Temmin pouvait passer du coq à l'âne aisément. Par réflexe, je me touchai les cheveux et mes joues devinrent roses.
- C'est à moi de la complimenter, pas à toi !
- Tu perds de ta rapidité, sans rancune, lâcha Temmin le sourire aux lèvres.
- Vraiment ? Kaydel m'a fourni une tenue qu'elle n'a jamais mise. Mes anciens vêtements ne sont plus assez propres et élégants pour un jour comme celui-là.
- On a une laverie près de la salle de réunion, prévint Asty.
- Je t'emmènerais faire un tour là-bas, garantit Poe.
Temmin et Asty pouffèrent face à sa dernière remarque. Il les fusilla du regard avant de poser les yeux sur moi.
- Mais c'est vrai, Clara… tu es très belle dans cette robe.
- Merci beaucoup, les garçons, je n'ai pas l'habitude.
- Tu devrais la prendre plus souvent, affirma Poe.
Je me cachai les joues en abaissant la tête pour manger, gênée.
Poe casa son bras gauche sur le dossier de ma chaise et caressa subtilement du bout de ses doigts mon épaule. Pour lui, ce geste affectueux et classique restait amical aux yeux de tous.
Leur conversation tourna principalement autour des rapports qu'ils devaient réaliser. Poe leur précisa le programme, ses compagnons n'étaient pas du même avis et espéraient que ce dernier soit plus clément. Vu ce qu'il leur avait concocté, j'allais moi aussi de mon côté devoir trouver de quoi m'occuper.
Le reste du temps, l'ambiance était bonne enfant. Temmin ne s'interrompait pas de charrier son meilleur ami même s'il savait qu'il pouvait lui vouer une confiance aveugle sur notre relation secrète et naissante. Il l'autorisait à cet instant à le vanner, car personne autour d'eux ne faisait parti de leur quotidien.
Subitement, le Commandant rebondit sur sa chaise tandis que je prenais une bouchée de mon plat. Le jeune homme se raidit, une douleur vive s'élançait dans sa jambe. Fâché, il considéra Temmin, qui venait de lui donner un puissant coup dans le tibia.
Son collègue articulait des mots finissant par la lettre "A" sans sonorité, mais il ne comprenait rien.
Un deuxième coup de pied advint sur le même membre. Il enleva son bras et frictionna cette partie pour faire faire disparaitre sa lancination.
- Temmin !
- Hey, Jessika, toussota Asty devant l'urgence et le comportement de ses deux amis. Tu vas bien ?
Poe remercia Temmin en remuant ses lèvres pour lui avoir sauvé la vie. Aux yeux de Jessika, son geste tendre l'aurait dénoncé.
Le débarquement immédiat de Jessika annoncé par Asty me coupa l'appétit. Pourtant, ma fourchette posée dans mon assiette en porcelaine était remplie de victuailles. Son aura négative me rappelait que c'était le moment de m'éclipser avant d'envenimer la situation. Je levai les yeux, dissimulant ma gêne vers Temmin et Asty.
- Quelle heure est-il, Temmin, s'il te plait ?
- Il est 12h30.
- Mince, je dois décamper, j'avais oublié que j'avais quelque chose à faire avant l'enterrement.
- Et ton repas ? demanda Poe.
- Je…
- Je pensais que tu n'avais pas de projet aujourd'hui, me coupa Temmin.
- Kaydel m'a sollicitée pour la décoration de la salle. On se rejoint là-bas.
Sans croiser une seule fois le regard de mon maître chanteur, je quittai ma place sans me questionner sur la crédibilité de mon mensonge.
Avant de les distancer complètement, elle me lança bien fort pour me narguer un :
- A plus tard Clara !
Je ne pris aucune peine de répondre à cet affront.
Les garçons se dévisagèrent tous les trois face à ma fuite fulgurante dès l'arrivée de Jessika. Celle-ci s'installa sur mon siège.
Temmin ne me lâchait pas des yeux et me vit entreposer le plateau sur le tapis roulant en secouant négativement la tête. Devant cet acte, tout s'expliquait pour lui : mon amitié avec Jessika était au point mort, quelque chose n'allait pas et il comptait élucider le problème.
7
La cérémonie funèbre allait démarrer. Au premier rang, les invités proches de Han Solo y étaient. Ray, Poe, Finn, moi et tous les autres. Derrière s'y trouvaient ceux qui s'étaient battus à ses côtés pendant la bataille d'Endor. Une bonne vingtaine de personnes étaient conviées. Leïa avait choisi avec soin la liste des hôtes et les avait coupés en deux catégories. Un groupe était autorisé à venir et le second restait à l'extérieur.
Sur l'estrade, aucun cercueil n'y était aménagé. Seule une photo encadrée était ornée d'une couronne de lierres et de lys blanc. Elles avaient un sens particulier pour Leïa. Elles représentaient la fidélité, la vie éternelle, l'espoir, l'amour pur, le deuil. Bien sûr, elle aurait souhaité l'enterrer dignement, mais sans corps repêché, c'était impossible et ça la rendait malheureuse.
Plantée devant le comité et son micron la Générale ne réussissait pas à contenir ses émotions. Désorientée, je relevais qu'elle farfouillait dans ses documents déposés sur le pupitre. La voir si faible était rare.
- Poe, je pense que tu devais monter sur scène et épauler la Générale, recommandais-je. Tu as écrit un discours toi aussi, non ?
Le Commandant sortit de sa poche un papier plié en quatre et me le montra.
Je ne savais pas si c'était l'idée du siècle, mais dans mes souvenirs, quand j'avais enterré mon père, d'avoir ma mère à mes côtés me rendait plus forte pour affronter ce moment. Pour moi, elle a clairement besoin d'assistance.
- Tu devrais la rejoindre, Poe ?
- Tu en es sûre ?
- Regarde là…
Ses yeux observèrent la vieille femme totalement perdue.
- Tu es son plus fidèle allié, ça lui donnera assez de courage pour continuer.
- Bon… très bien…, j'y vais… merci, Clara.
Il m'embrassa une pommette avant de partir gravir les quelques marches qui les espaçaient. Mes joues rougirent face à son bisou impromptu.
- Excellente idée Clara, me souffla Rey au creux de l'oreille et installé à ma gauche. J'adhère.
- J'ai enterré mon père et, même si on ne le dit pas, on a toujours besoin d'aide.
L'ancienne princesse détacha son regard de ses feuilles quand elle remarqua la silhouette de Poe qui se posta devant elle. Ses petits yeux humides le fixèrent et le cœur de Poe se broya. En eux, il pouvait y décrypter son désespoir. Jusqu'à maintenant, elle le camouflait pour ne pas s'attirer la sympathie des autres.
- Pourquoi ne restes-tu pas auprès de tes amis ?
- Ma place est ici, avec vous, pas sur cette chaise !
Elle se tâta, même si elle appréciait son franc parlé. Elle esquissa un petit sourire avant de se lancer dans une étreinte fraternelle. De mon siège, ce tableau émouvant et inestimable me rendait fière de ma bonne action.
- Madame la Générale, tout le monde est là, transmit Temmin, mettant fin à ce beau moment. Les autres qui sont dehors vous attendent.
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Poe s'éloigna tout en restant assez proche de la Générale. Elle était sur le point de commencer lorsqu'une pensée lui traversa l'esprit : Luke Skywalker.
Son frère, n'étant pas présent, elle espérait qu'il était au courant pour lui et qu'il faisait son deuil du mieux qu'il pouvait. Aujourd'hui, elle se sentait seule, même si elle était entourée de tout ce monde, les principaux manquaient.
Dès ses premiers mots, on dénotait un semblant de tristesse dans sa voix. Chaque phrase prononcée la torturait mentalement et son dos se voûtait graduellement.
On lui avait ôté un ami, un amour et le père de fils. Qui pourrait le détrôner ? Personne. Son cœur était cadenassé. Vivante ou morte, plus jamais elle ne s'éprendra d'un autre homme. Se sera sa façon de lui montrer tout le respect qu'elle lui porte.
Quand elle évoqua ses sentiments à son égard, Poe fit front commun, pensant que c'était la circonstance dont je lui parlais antérieurement. Sa main sur l'épaule de la Générale véhiculait le message suivant : "je suis là pour vous, vous pouvez y arriver, je ne vous abandonnerais pas". Cet acte purement affectueux encouragea Leïa.
Son discours achevé, on ne distinguait que les pleurs des participants. Ceux de Rey apparurent lorsqu'elle repéra Poe en train de la soutenir. Le Stormtroopers larmoyait, mais gardait une certaine fierté pour ne pas le montrer. Temmin, Jessika, Kaydel, Pamich et Asty quant à eux ils étaient inconsolables. Pamich et Kaydel s'enlaçaient pour se réconforter.
J'arrêtai une nouvelle fois mon regard sur la jeune Rey. Nous avions été en première loge lors de la mort du contrebandier et cette image la hantera indubitablement pour toujours. Han Solo était son mentor, un père spirituel pour elle.
Je calai une main sur sa cuisse, paume ouverte dans sa direction.
Repérant mon action, sa tête pivota vers moi. Je descellais facilement deux sentiments en observant ses yeux : la haine et la tristesse. Cependant, de façon inattendue, elle établit le contact à son tour en refermant sa main dans la sienne. J'entrevis un sourire bienfaisant à l'angle de ses lèvres.
De mon côté, je me catégorisais comme Finn. Ma qualité visuelle se brouillait, mais une certaine pudeur en moi perdurait. Je préférais chialer seule dans mon coin, ce qui était assez contradictoire puisque je me retenais rarement d'exprimer ma colère ou ma déception. Pleurer devant quelqu'un, relevait d'un niveau émotionnel et élevé. Peu de personnes avaient la chance de me voir dans cet état.
Le tour notre Commandant se présenta et il se dévoilait encore plus nerveux que la Générale. Avant de commencer, il visualisa le premier rang et il s'arrêta sur Rey et moi. Il constata nos deux mains nouées puis il finit par croiser mon regard.
Je m'inclinai pour le pousser à s'exprimer. Il tapota le micro et se racla la gorge.
- Mes chers amis, nous vivons des heures sombres, c'est indéniable, car nous sommes en guerre. Dans ce combat, nous avons tous perdu quelqu'un de proche. Certes, nous sommes en guerre, mais nous ne devons pas les oublier. Aujourd'hui, nous sommes ici pour les honorer…
Ces discours, peu importe le concept, étaient toujours d'une intensité impressionnante. Le : "nous sommes en guerre" qu'il répétait, ressemblait à des paroles d'une chanson que l'on écoutait en boucle à la radio.
La suite fut tout aussi déchirante. C'était les seuls à pouvoir décrire avec perfection le ressenti actuel. Han Solo ne serait pas déçu.
Une minute de silence fut organisée à la fin. Tout le monde avait les yeux fermés et la tête baissée. Cette interruption inhabituelle n'était pas comme celui que je partageais régulièrement avec Poe, il était plus morbide.
Poe annonça la fin de cette minute de silence. Leïa Organa délaissa son poste et bifurqua vers l'allée centrale. Parmi les pots qui se situaient à l'entrée principale, elle attrapa une poignée de pétales de fleurs s'y trouvant dedans. Elles allaient servir pour la suite de la cérémonie.
Quelques secondes plus tard, les grandes portes s'ouvrirent. Deux rangées de Rebelles étaient alignées et l'attendaient, tous étaient vêtus d'habits sombres. La silhouette de la Générale s'engouffra dans ce passage, l'allure fière et digne d'une véritable princesse, renonçant ainsi à toutes ses émotions funestes derrière cette porte.
8
En bas de la falaise nous rendions pour un dernier hommage en la mémoire de Han Solo. Dans le film, ils minimisaient toujours ces instants. Je n'aurais pas cru pouvoir y assister un jour.
Les accompagner était normal. Tout comme Leïa ou Rey, Han Solo fit partie de ma vie pendant de longues années. D'accord, ce n'était qu'un personnage fictif dans mon monde, néanmoins, j'ai suivi ses aventures pendant plus de 20 ans et 7 histoires différentes.
J'étais honorée d'y être conviée. Jamais je ne pourrais l'oublier.
Leïa trempait ses pieds au bord de la mer. Tout bien considéré, laisser ses souliers et ses chaussettes plus loin était une bonne idée. Encore plus depuis que Kaydel me conseilla de mettre une robe.
Le premier jeté de pétales de la Générale me marqua. Sa gestuelle gracieuse et l'envolée des feuilles de lys sonnaient comme un finale. Je décidais de passer la dernière, trouvant cela plus équitable. Quand je revins à ma place, Poe se posa à côté de moi et nos mains s'entremêlèrent.
Je pensais qu'il ne voulait pas que Jessika nous attrape ?
Son regard se braqua sur moi et mon cœur s'accéléra.
Nos têtes baissées pour une autre minute de silence, j'arquai un sourcil pour lui faire comprendre que le moment était mal choisi de s'adonner à des actes de tendresses. Il se contenta de me lancer un sourire furtif. Sa chaleur me grimpant des doigts jusqu'à mes joues me fit tout de même du bien.
Prête à repartir, la Générale se tourbillonna vers nous. Elle nous remercia diplomatiquement d'avoir été présents et leur rappela que le travail reprendrait le lendemain à la première heure. Chacun leur tour, ils rompirent pour voguer à leurs occupations personnelles.
- Que se passe-t-il, Rey ? S'informa Poe, pendant qu'il s'apprêtait à remonter le crêt avec ses collègues.
La jeune femme s'était arrêtée et observait tout à coup en direction de la mer. Elle indiqua du doigt la plage, le corps de Poe suivit sa trajectoire. Isolés et debout, de longs cheveux roux flottaient dans le vent.
- Va la rejoindre, Poe…
Rey comptait rendre un ancien service. Poe s'interrogeait, apercevant Jessika encore trop proche d'eux.
Devant son incertitude, Rey l'assujettit. Poe rebroussa chemin avec la lenteur d'un escargot tout en protégeant ses arrières. Jessika n'était jamais très loin. Maintenant que la cérémonie était terminée, il n'avait aucune raison de se montrer tendre envers moi.
9
Libéré de cette pression, il regagna désormais plus rapidement le rivage. Nos deux corps se juxtaposèrent avec perfection. Un coup, il jetait un œil sur moi, un autre vers la mer.
- Viens, Clara… rentrons…, me suggéra-t-il le plus posément possible.
Mes réflexions se stoppèrent à sa voix sans pour autant dévier mon regard de l'horizon.
- Poe…
- Oui, Clara ?
- Penses-tu que, de là-haut, il a aimé la cérémonie ?
- Je ne vois aucune raison de la détester tant que cela provient de la Générale.
Démoralisée, je poussai un long soupire. Mon incapacité de porter secours à ces personnages remettait en question l'inefficacité de ma présence dans ce monde. Même si je modifiais le scénario, rien ne changeait. Luke Skywalker était toujours porté disparu et Han Solo était mort.
- Je me sens… inutile, avouai-je au bout du compte.
Ce vocabulaire ne faisait pas partie de Poe. Il se positionna en face de moi et glissa une main derrière ma nuque et une autre dans mes cheveux fins.
- Clara…
Il prit une profonde inspiration avant de continuer.
- Je t'interdis de penser que tu l'es, compris ?
- Mais… je…
- Il n'y a pas de "mais", Clara ! Ici, chaque personne dans la Résistance a un rôle important.
- Regarde. J'avais un plan et il a échoué, je n'ai rien pu faire pour le sauver et la Générale me faisait confiance.
- S'il devait mourir maintenant, c'est que le destin l'a décidé. Tu as fait de ton mieux ! Si tu as le malheur de repenser une nouvelle fois que tu es inutile, je te fous une claque. Est-ce bien clair, Clara ?
Je baissai la tête, mais le Leader contra mon action en la relevant et en plantant ses mirettes dans les miens.
Ses lèvres embrassèrent fougueusement les miennes et m'empêchèrent de répondre. Je m'évadais en fermant les yeux le temps que dura ce baiser. Mes bras entourèrent son cou et je caressai quelques mèches de ses cheveux bruns.
Le manque d'air nous obligea à arrêter et il me colla un peu plus contre son buste.
- Clara, je t'…
Un de mes index l'interrompit et je secouai négativement la tête.
- Non, Poe… s'il te plait ! Tais-toi !
Pas tout de suite, pitié… Même si je meurs d'envie de l'entendre le dire, ça nous portera de la malchance.
Le jour où il me l'avouera, un rêve se concrétisera. Je ne veux pas avoir peur de ce mot. Je commençais à peine à assumer notre relation. Nous devions aller étape par étape. Mon cœur luttait contre un combat sans merci pour ne pas le lui hurler, mon secret. Je devais rester réaliste, si je l'accueillais là, nous en souffririons énormément quand cette histoire se terminera.
- Rentrons, Clara, d'accord ? me proposa-t-il à nouveau.
Ce conseil était plus judicieux.
Avant de monter la falaise, j'enfilais mes talons, et, en me redressant, Poe me prit la main. Le Leader m'offrit toute son énergie pour m'aider à nous hisser jusqu'en haut de cette colline plus épuisante et ardue qu'à la descente.
Près du campement, nos doigts se dissocièrent nonchalamment. Lorsque son bras se tendit à nouveau, il fait volte-face et mes yeux s'humidifièrent.
Reste, Poe. Ne me laisse pas…
- Tu sais que Jessika ne doit pas nous voir, Clara !
Mon visage se crispa.
J'en ai marre de cette Jessika. Putain que j'ai été bête de lui avoir avoué mon secret sous l'effet de la colère.
- On se capte tout à l'heure pour le diner, me rassurait tant bien que mal, Poe.
- OK…, répondis-je simplement
Déçue, il me baisa le front avant de me laisser seule en plein milieu d'un camp désert.
Xxx
Coucou,
Merci à tous pour vos commentaires. Je suis contente de voir des anciens et des nouveaux lecteurs. Je prendrais le temps de vous répondre mais pas aujourd'hui, car aujourd'hui c'est mon anniversaire.
Je pensais pouvoir poster le chapitre plus tôt mais sa correction m'a prit 5 jours non stop. J'ai du arrêter toutes mes activités annexes pour me concentrer que sur ça. Et encore, je ne le trouve pas parfait. J'espère toutefois qu'il vous plaira.
C'est un très, très, très long chapitre. J'espère que ça ne vous fait pas peur.
J'ai hésité à le couper en deux parties mais je ne savais pas où et j'avais peur de vous couper dans votre élan lors de la lecture alors j'ai laissé tel quel.
N'hésitez pas à m'en faire un retour, ce chapitre m'a vraiment donné du fil à retordre car j'ai eu énormément de mal décrire les scènes et à vous les faire retranscrire sans qu'il y ait de passage en doublon ou de mots répétés.
Voili voilou, je pense que vu le rythme, un chapitre tous les 15 jours me parait bien.
Prenez soin de vous =)
Judy Oswald
