Juste à temps pour publier ce chapitre ! J'ai (littéralement) la flemme de me relire, normalement je l'ai déjà fait il y a une semaine... S'il y a des fautes, je me dérobe de toute accusation !
Kinja145 : É-Évidemment que c'était de l'nspiration, voyons... Je n'aurais pas osé plagier l'original, quand même, hein ? C-Ce serait mal me connaître...
Aucun rapport, mais vive le GinTsu ! (J'avais vraiment l'impression d'être la seule à l'aimer dans le fandom français, je suis rassurée)
Merci beaucoup pour le compliment, ça fait suuuper plaisir . Tu le voulais, le voilà : le Thé de Minuit !
Place maintenant au chapitre, et à ce début de dénouement (ce début de fin serait un terme plus approprié pour cet arc, mais ça sonne comme l'annoncement de l'apocalypse, alors je préfère m'abstenir), bonne lecture !
-oOo- CHAPITRE 20 : SOUHAITEZ-VOUS PRENDRE UN PETIT THÉ ?
- Eh le mioche !
- Quoi, Kagura ?
- T'as fait exprès de te prendre la balle dans la gueule ?
- …
Ciel soupira.
- C'était fait exprès. Tu étais pourtant présente lorsque l'on a créé le plan.
- Ouaip, mais je t'écoutais pas.
- Tout s'expl- AÏE ! Fais attention, Sébastian, quand tu t'occupes de mon bandage !
Le majordome était en train de soigner le front de Ciel, puisqu'il s'était violemment pris la batte de Greenhill en plein milieu de celui-ci.
- Mes excuses, Monsieur.
- Oy, oy Sébastian, faut faire attention à ton petit Maître ! Se moqua Gintoki, assis un peu plus loin avec toute la grâce d'un babouin.
- Je ne souhaite pas entendre ça de la part de quelqu'un qui ne paye pas ses salariés, rétorqua le majordome.
Gintoki faillit s'étouffer avec son lait à la fraise. Une flaque rose pâle s'étala au sol en un petit ploc désagréable.
- Geuh euh ! Co-Comment tu sais ça, toi ?!
- Ils se plaignent à ce propos presque tous les jours. Cela aurait été étonnant que je ne le sache pas à ce stade de répétitions.
Kagura cessa de se disputer avec Ciel pour se rapprocher de son patron, l'air inquisiteur. La peau de Gintoki s'accorda soudainement à la tâche de lait-fraise au sol.
- Ouais, c'est vrai ça, Gin-chan ! C'est quand la dernière fois que tu nous as payés ?
- Heu...
- Gin-san... Ça va faire sept mois, intervint Shinpachi d'un air grave.
Une aura sombre entourait son corps et ses yeux étaient prêts à lancer des lasers. En entendant l'information, Kagura « s'assombrit » elle aussi, à la plus grande horreur du permanenté. Le plus discrètement possible - c'est-à-dire de manière parfaitement visible - il tenta de se reculer le plus près du mur, semblant vouloir s'y enfoncer.
- A-Ah ? Au-Autant que ça ?
- Gin-san...
- Gin-chan...
Instant de silence. Le calme avant la tempête.
- DONNE-NOUS TOUT DE SUITE NOTRE SALAIRE, SALE ENFOIRÉÉÉÉÉÉÉÉ !
- YAAAAAAARGH !
La torture que subit le pauvre Gintoki est à la hauteur de toute la montagne d'argent qu'il a dépensé au pachinko par le passé. Pour être plus explicite, les deux autres Yorozuyas ne se contentèrent pas seulement de le tabasser comme ils le faisaient très souvent, non non. Ils l'envoyèrent s'encastrer dans le mur - ce satané mur qui l'a trahi en ne voulant pas l'absorber ! Eh bien maintenant il y était, hein ! -, le ciblant au lance-flammes grâce à Bard qui l'avait emmené mais l'avait oublié - personne ne souhaitait savoir pourquoi il l'avait pris avec lui -, lui donnant une affreuse coupe afro argentée, mais comme il fallait qu'ils restent un peu discrets, ils n'ont détruit aucun mur ni aucune porte. Cependant, la description de ces dernières lignes n'était « que le prologue d'une longue histoire », d'après Shinpachi. Et malgré l'accord tacite qu'ils avaient passé avec Ciel et Sébastian (qui ne s'étaient pas opposés à un petit tabassage en règles), on put entendre quelques hurlements à quelques centaines de mètres à la ronde.
Pauvre Gintoki.
Pendant ce temps-là, alors que les Yorozuyas laissaient sortir leur personnalité sadique, le Comte et le majordome discutaient. Enfin, ils tentaient de discuter. Avec tout le boucan qu'ils faisaient, les autres...
- As-tu récupéré la balle ? Demanda Ciel à Sébastian.
- Oui Monsieur. La voici.
Le majordome donna la dernière balle que le capitaine de l'équipe bleue avait lancée à son Maître.
- Je ne pense pas que Bluer y aurait vu quoi ce soit, cependant, rajouta le démon.
- Mieux vaut être sûr. C'est juste le poids qui diffère un peu par rapport à la normale. Mais, grâce à ça, nous avons pu gagner selon le plan. Nous avons même lâché une petite larme. C'était parfait.
En effet, après l'annonce de la défaite de la maison verte, ou plutôt, de la victoire de la maison bleue, Ciel avait été acclamé comme étant le nouveau héros de Weston. Il avait fait semblant de s'endormir d'épuisement après avoir sorti un petit discours touchant alors que Gintoki le portait sous la demande de Sébastian. Bien que le permanenté s'y était un peu opposé, à cause notamment de « Mais ils vont tous me prendre pour un pédobear ! », il avait fini par s'en occuper et se montrer comme le Professeur modèle qu'il était - censé être à la base - et emmener le gagnant à la salle d'infirmerie.
Et maintenant, ils se retrouvaient le soir même, juste après la parade nocturne (passons sur le fait que les bleus avaient fini dans le fleuve, complètement trempés) et la fête traditionnelle dans la chambre de Gintoki pour parler de la suite et communiquer leurs informations.
Ils s'étaient bien amusés pendant cette petite fête. Gintoki, Shinpachi et Kagura avaient fait la rencontre « officielle » de la famille Midford. Cette rencontre avait été tout sauf agréable avec Gintoki. En effet, Frances Midford l'avait qualifié de « Professeur débraillé et inutile », ne sachant pas qu'il était un domestique de son neveu, et lui avait quasiment arraché les cheveux en tentant de les aligner dans une coiffure qu'elle voulait parfaite. Elle rappelait à Gintoki Katsuo, un des membres du gang de Jirocho, qui avait pour principe de toujours garder sa raie en « sept pour trois » comme il le disait si bien. Heureusement qu'elle l'avait laissé tranquille une demi-heure plus tard ! Elle avait secoué la tête en une mimique désapprobatrice et avait souligné plusieurs fois qu'il était un « cas désespéré » et qu'elle « ne pouvait rien faire pour lui ». Ça l'avait quelque peu blessé dans son ego mais il n'avait pas protesté, trop content de pouvoir échapper aux griffes de cette mégère. C'était bien la première fois qu'il remerciait sa permanente ! Kagura avait subi le même sort, mais en plus doux, car la Yato était tout de même une jeune fille. Enfin, l'avis de la tante de Ciel avait rapidement changé en la voyant se curer le nez de manière bien trop nonchalante. Shinpachi, en revanche, n'eut pas ce « traitement de faveur » de la part du monstre. Elle l'avait regardé quelques secondes alors qu'il se présentait poliment et avait simplement hoché la tête en disant : « Enfin quelqu'un d'élégant et de poli en ce bas-monde ! ». Et elle était partie sur cette phrase s'amuser avec son mari un peu plus loin. Non, pas s'amuser comme vous pouvez l'entendre. Ils étaient simplement partis danser. Bande de petits coquins.
Bref, cette approbation de la part de Frances avait attiré deux ombres noires auprès de Shinpachi, totalement jaloux du fait qu'il ne s'était pas fait maltraiter, lui, et celui-ci se fit très vite poursuivre un peu partout sur la piste de danse.
Ciel avait passé son temps avec Elizabeth, qui ne le lâchait pas d'une semelle, et d'Edward, qui ne la lâchait pas d'une semelle. Les deux premiers dansaient tranquillement alors qu'Edward fulminait que sa sœur reste tout le temps avec son cousin.
Ils s'étaient tous amusés, et vers environ vingt-deux heures ils avaient quitté la fête un peu plus tôt que les autres pour pouvoir discuter.
Les revoilà donc ensemble dans la chambre de Gintoki, alors que celui-ci subissait toujours les foudres de ses deux employés.
- Vous n'avez pas trouvé le principal, je suppose ? Demanda Ciel.
- En effet, Monsieur. Je m'en excuse, dit Sébastian.
Son contractant le regarda froidement.
- J'espère que tu n'as pas fait exprès de le laisser partir.
- J'ai fait comme vous me l'aviez ordonné, Monsieur. Mais il semblerait que ce principal se soit joué de moi. Quand j'étais sur le point de l'attraper... (Il sortit les vêtements du principal) Il était devenu cela.
- Quoi ?
- Je l'ai poursuivi de mon mieux, pourtant.
« Il... l'a poursuivi de son mieux et le principal lui a échappé ? À un démon ? Mais qui est-il ? »
- Bon, eh bien, tout se jouera ce soir, dans ce cas !
- Oui.
Le Comte se tourna vers le trio afin de les interpeller, mais il regretta tout de suite son geste. Jamais il n'avait vu Gintoki dans cet état-là. Jamais il n'avait personne dans cet état-là, d'ailleurs. Ciel grimaça. Sébastian, qui était pourtant un démon, ne put s'empêcher d'avoir une mine dégoûtée lui aussi, chose extrêmement rare.
Ciel fit racler sa gorge et les appela :
- Shinpachi, Kagura, et... Heu... Gintoki.
- Qu'est-ce que tu veux, le mioche ?
- Il faut qu'on parle pour ce soir.
- Ce soir ? Il veut faire un plan à trois ou quoi, lui ? T'es pas un peu jeune pour ça ? questionna Kagura, un peu perplexe.
- Mais non ! répliqua Ciel en roulant des yeux. Je parle du Thé de Minuit !
- De quoi ?
- Vous avez déjà oublié ?!
- Non, non ! Ne vous en faites pas, vous deux ! répondit Shinpachi en levant un pouce excessivement positif. On le finit juste et on arrive !
- … On aura aussi besoin de Gintoki...
Ce n'était pas forcément vrai, mais Ciel avait un peu pitié pour le pauvre permanenté. Ce n'est pas souvent que le Comte Phantomhive a pitié de quelque chose ou quelqu'un. C'est donc que l'état de Gintoki devait vraiment être... Horrible.
Toute description de son état est prohibée.
- Hem. Bon, bref. Ramenez-le en un seul morceau.
- OK~ !
Ils le réduisirent en charpie encore quelques instants en hurlant tout ce qu'il n'avait pas fait et ses irresponsabilités en tant que patron des Yorozuyas, sous les yeux un peu choqués des deux autres. Ils étaient habitués aux tabassages de ce genre, mais là, ils se demandaient s'ils étaient sérieux ou non. Enfin bref. Kagura, Shinpachi et même Gintoki - bien qu'en piteux état - vinrent s'assoir sur leurs chaises au bout de dix minutes. Ciel l'observa se mouvoir difficilement tout en grognant, puis commença enfin :
- Bien. J'ai été invité au Thé de Minuit ce soir. C'est à ce moment-là que nous pourrons coincer le principal pour qu'il nous donne les informations qu'on veut à propos de Derek Arden et des autres disparus.
- OK... Et donc ?
Ciel soupira. Il se demandait actuellement pourquoi il gardait ces imbéciles avec lui.
- Même si j'ai Sébastian avec moi, il se peut que ce ne soit pas suffisant, puisque nous aurons très probablement affaire avec des êtres non-humains.
- Et alors ? Sébastian peut s'en charger tout seul s'ils sont pas humains, non ?
- Les êtres surnaturels ne sont pas aussi communs chez vous que chez nous. De plus, ils sont bien plus puissants.
- Comment tu sais qu'il y aura des gens pas humains ? l'interrogea Kagura.
- Le principal a réussi à échapper à Sébastian, répondit Ciel comme seule réponse, comme si elle en valait mille.
- … Et ? Si ça se trouve, Sébastian était pas en forme parce qu'il a pas mangé au petit-déj' !
- … Tu es sérieuse ?
- Bah ouais !
- Sache que ce genre de choses n'arrive jamais, Kagura, intervint le majordome. D'autant plus que je ne mange pas la nourriture humaine.
- On sait jamais ce qui peut arriver ! P't-êt' que tu le sais même pas, en vrai !
Les yeux du démon brillaient. Il était quelque peu énervé par le comportement de la jeune fille. Ciel soupira de derechef.
- Bon. Tout ce que je vous demande est de rester caché jusqu'à ce que je vous appelle. C'est compris ?
- Bien sûûûûûûr.
Chaque année, au soir du quatre juin, après une effervescence tout le long de la journée, Weston se calme pour se reposer. Toutes les portes sont fermées et verrouillées. Sortir est interdit. Seuls quelques privilégiés ont le droit d'outrepasser cette règle tacite : ceux qui rejoignent le Thé de Minuit. Ils se donnent tous rendez-vous dans la chapelle privée de Weston College et, ensemble, ils parcourent maints et maints escaliers pour rejoindre le lieu secret.
- Bienvenue, Phantomhive...
- À l'élégant...
- Traditionnel...
- Collégial...
- Étrange...
- Thé de Minuit.
Entourée de roses et de plantes en tout genre, une table rectangulaire nappée et recouverte de nourriture. Bien qu'il y ait quelques murs et créations humaines, la nature prenait le dessus, recouvrant tout de sa couverture verte et douce. Le décor était idyllique et ressemblait à celui d'Alice au Pays des Merveilles.
Deux personnes étaient déjà présentes. L'une, déjà connue, était le vice-principal, Johan Agares. Le second était son unique supérieur hiérarchique dans tout le complexe scolaire. Il s'agissait du mystérieux et méconnu principal. Le dirigeant absolu. Le Roi.
- Merci à tous d'être venus. Je vous en prie, asseyez-vous, invita Agares.
Une fois tous assis, chacun eut une tasse. Habitués, les P4 les levèrent.
- Le thé est prêt, dit Violet.
- C'est un peu embêtant, mais je pense que nous devrions porter un toast avec le thé pour ce deuxième Miracle Bleu, n'est ce pas ? sourit Redmond. Lawrence, à toi de commencer.
- Très bien.
Il inspira.
- Pour avoir glorieusement continué les traditions et fini le tournoi cette année du quatre juin, à Weston, un toa-
- Attendez !
- Quoi ?
- Ciel ?!
Tous regardèrent Ciel, qui les avait interrompus, le regard grave.
- Qu'y a-t-il ?
- Je ne peux me joindre à vous de tout mon cœur.
- Qu'est-ce qui ne va pas, Phantomhive ?
- Quelque chose me tracasse. C'est à propos de Derek Arden et ces amis.
- …
Les P4 écarquillèrent tous les quatre leurs yeux en même temps, mais ils ne dirent rien.
- Je ne profiterai pas avant de les avoir rencontrés.
- … Ciel ? Que fais-tu ? Demanda Edward.
Le Comte l'ignora pour s'adresser à la personne en face de lui.
- Monsieur le Principal, m'écouterez-vous ?
- Phantomhive, c'est impoli, protesta Bluer.
- Je le sais. Mais la règle numéro quinze ne dit-elle pas qu'à tous moments tu dois partager tes sentiments avec tes amis et les aider humblement ?
- … On t'écoute.
Ciel continua, mortellement sérieux.
- Derek Arden. Richard Greenson. Hans Hardy. Robert Isaac. Ewan Thewlis. J'ai entendu que, depuis un an, aucun d'entre eux n'était retourné chez lui et qu'ils ont été cloîtrés dans leurs dortoirs durant tout ce temps.
Il fit une légère pause, puis continua, posant sa tasse au passage :
- En vérité, quand je suis entré dans cette école, leurs parents m'avaient demandé de les convaincre de rentrer rien qu'une fois.
- Oh ?
- Mais en essayant de rentrer en contact avec eux, je me suis retrouvé dans des situations étranges. Je ne pouvais même pas les voir. Ce soudain transfert de masse de la maison rouge à la maison violette. C'est extrêmement rare qu'un élève change de maison, alors pourquoi en faire modifier pour trois d'un seul coup ? D'autant plus que les trois étaient amis. Ils se sont donc tous les cinq retrouvés dans la maison violette. Mais aucun d'eux n'y était lorsque j'ai vérifié.
- Tu as été dans la maison violette ?! s'exclama le chargé de corvées de Violet, Cheslock.
Le regard que lui lança Ciel suffit pour le faire taire.
- Cinq personnes ont disparu d'une école extrêmement réputée et très bien organisée. Je trouve ça pour le moins étrange, pas vous ? Il y a de grandes chances pour qu'ils aient été impliqués dans un grand incident. Monsieur le Principal, j'aimerais que vous les appeliez dans ce jardin.
- Ce ne sera pas nécessaire, rétorqua Agares.
- Quoi ?
Ciel était perplexe.
- Tout simplement... Parce qu'ils sont juste là. (Il tendit la main devant lui) Regarde.
Alors qu'il désignait la porte par laquelle étaient arrivés tout le monde, y compris Ciel, celle-ci s'ouvrit dans un grincement effrayant.
GNIIIIIIII...
- Oh... Que ça sent bon... Serait-ce... Une odeur de thé ?
- D-
- D-D-
- Derek Arden ?!
