Chapitre 18 (Lyra)
Elena me tendit le dernier cintre que je suspendis à côté des autres avant de refermer l'armoire.
-Ce sont toutes tes affaires ? demanda Clay. Tu n'as rien d'autre ?
Je regardais les quelques objets dispatchés dans la pièce.
-Non, tout est là.
En effet, je ne possédais pas grand chose. Ces deux années de nomade m'avaient appris à voyager léger. Une valise de route et un sac à dos, voilà tout ce qui m'appartenais. J'avais laissé la plupart de mes affaires derrière moi en partant, n'emportant que l'essentiel.
-Ne t'en fais pas, ça nous donne une bonne excuse pour faire un peu de shopping, sourit Elena.
-Oui. Enfin, pour ça il faudrait déjà que je trouve un travail.
-Je croyais que tu voulais reprendre tes études, remarqua Nick.
-C'est ce que je voulais, mais il faut d'abord que je trouve comment les financer.
-Je peux t'aider, si tu veux. Avec la boite de mon père, j'ai mis pas mal d'argent de côté. Ce ne serait pas un problème.
-C'est gentil mais ce n'est pas à toi de payer pour tout ça.
-Si ça te mets mal à l'aise, vois ça comme un prêt. Tu me rembourseras quand tu auras terminé. Je veux que tu puisses te construire la vie que tu souhaites.
-Elle n'en aura pas besoin.
Il était si discret que je ne l'avais pas entendu entrer. Jeremy s'approcha de moi et me tendit une enveloppe. Je l'ouvris pour en découvrir le contenu. Il s'agissait d'un relevé bancaire, un relevé bancaire à mon nom. J'écarquillait les yeux en découvrant la somme à cinq chiffres inscrite dans l'encart, en bas à droite de la feuille.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Antonio avait ouvert ce compte à ma demande. Tu aurais dû recevoir cet argent pour tes dix-huit ans. Mais ta mère est morte, et tu es partie. Je l'avais gardé au cas où tu en aies un jour besoin. C'est à toi.
-Je ne peux pas accepter.
-S'il te plait ! Je sais que tu m'en veux de t'avoir abandonné, et que nous ne rattraperons jamais tout ce temps perdu. Mais laisse-moi au moins faire ça pour toi.
Tous les regards étaient braqués sur nous et je ne savais pas trop quoi répondre. Heureusement, Elena pris l'initiative d'entraîner les garçons dehors pour nous laisser un peu d'intimité. Quand ils eurent tous les trois quittés la pièce, je me dirigeais vers la fenêtre et pris place sur la banquette en tissu.
-Je ne t'en veux pas. Ou en tout cas, je t'en veux moins. Je crois que ce qui s'est passé avec la meute mexicaine m'a fait réaliser certaines choses. Ce monde, ton monde, est un monde dangereux. Et tu voulais me préserver. Je le comprends maintenant. (Il s'approcha mais ne dit rien.) Je ne pense pas que nous pourrons un jour avoir une relation père-fille normale. D'une certaine façon, Antonio restera toujours mon père. C'est lui qui m'a élevé. Mais j'espère que nous pourrons construire quelque chose. En tout cas, j'ai envie de te laisser une place dans ma vie, autre que celle d'être mon Alpha. Après tout, la meute est ma famille, maintenant.
Il s'approcha encore et me serra dans ses bras. Je le laissais faire en souriant.
_ END _
