Merci à DI5M, MinneyMey et Fleur d'Ange pour vos reviews et à ma bêta Polka60 pour sa correction ! Bonne Lecture !

XIX. Tens Across the Board

Pansy laissa échapper un soupir profondément ennuyé à son entrée dans la bibliothèque de Poudlard. Son regard perçant examina les alentours, et un sourire satisfait apparut sur son visage lorsqu'elle repéra Ron Weasley, son petit-ami, installé à une table isolée.

« Ce qu'on ne fait pas par amour... » murmura-t-elle avant de rejoindre sa table.

Fréquenter la bibliothèque un samedi à une heure si matinale était criminel. Pour être honnête, Pansy mettait d'ailleurs rarement les pieds dans cet endroit. On lui jeta même quelques regards curieux tandis qu'elle se frayait un chemin parmi les tables étroites.

Ron ne sembla pas immédiatement remarquer sa présence. Ses yeux étaient rivés sur un vieux grimoire ouvert face à lui, un air de réflexion extrême sur le visage. Elle l'avait rarement vu aussi concentré.

« Hey, chaton. » salua-t-elle d'une voix enjouée.

Elle enroula ses bras autour de sa nuque, et se pencha vers son visage pour piquer un baiser rapide sur sa joue.

« Je ne pensais pas que tu aurais le courage de venir ici aussi tôt. » dit-il d'un ton surpris tandis que Pansy prenait place à ses côtés.

« Moi non plus. » répondit-elle en soufflant. « Que fais-tu ? »

« Mon devoir de botanique. » déclara-t-il, un air désespéré ornant son visage.

Il désigna d'un geste de la tête son parchemin où une dizaine de lignes avaient été griffonnées. La moitié d'entre elles avaient été raturées.

« Je te donnerai les réponses. » promit Pansy, l'air distrait. « J'ai récupéré tous les devoirs de Botanique de l'année dernière. »

Ron lui lança un regard médusé.

« Comment est-ce possible ? » interrogea-t-il.

« Parce que la plupart des profs recyclent les mêmes devoirs depuis dix ans. » répondit-elle, un rictus moqueur au coin des lèvres.

Il était commun chez les Serpentard de se procurer les copies rédigées par les élèves des années précédentes. Ils y faisaient quelques modifications bien placées et les professeurs n'y voyaient que du feu. La plupart du temps. C'était grâce à cette méthode douteuse mais efficace que Pansy avait avancé dans sa scolarité sans efforts particuliers. Malheureusement, cette technique ne fonctionnait pas avec tous les professeurs. McGonagall, par exemple, changeait chaque année les devoirs qu'elle donnait aux élèves, ce qui rendait la triche bien plus compliquée.

Elle avait probablement le temps et l'énergie de passer son existence entière dédiée à son travail à Poudlard. Pansy l'imaginait toujours dans une demeure hantée à la décoration dépassée, entourée de chats, sans enfants, sans mari et sans aucun divertissement.

« Génial ! » répondit Ron, visiblement soulagé. « Je vais éviter de le dire à Hermione. »

« Au contraire. Je parie qu'elle ferait une attaque cardiaque. Ce serait tellement drôle. » lança Pansy, avec un sourire mutin.

Elle imaginait Granger passer un savon à Ron pour avoir refusé de passer son weekend à la bibliothèque afin de rédiger son devoir. Cette fille était tellement assommante. Probablement une autre McGonagall en préparation, cela ne faisait aucun doute.

« Je l'imagine déjà me demander comment je compte réussir mes ASPICs si je ne fais pas mes devoirs moi-même. » ajouta Ron avec un rire.

Pansy esquissa un sourire en observant Ron d'un air attendri, comme un enfant qui venait de faire une remarquer particulièrement naïve. En vérité, Poudlard était un établissement privé, financé par les donations généreuses de parents fortunés. Si le taux de réussite aux examens atteignait 99% - accessoirement le plus haut du Royaume-Uni - ce n'était pas parce que Poudlard réunissait une concentration importante de génies – loin de là.

Les professeurs s'assuraient que les élèves les plus médiocres obtiennent au moins le minimum pour assurer leur passage. Quant aux élèves trop mauvais, on trouvait en général une excuse pour les exclure de l'école avant le passage aux examens. Ces derniers allaient impacter les taux de réussites d'autres écoles moins prestigieuses.

Faire sa scolarité à Poudlard était une expérience coûteuse, mais il s'agissait d'un investissement excellent, sans l'ombre d'un doute. Grâce à sa renommée internationale, un diplôme de Poudlard ouvrait la porte à des meilleurs perspectives d'avenir.

Ron referma son manuel de botanique d'un geste ferme, visiblement très content de pouvoir s'en débarrasser. Le grimoire émit un bruit étouffé, comme le cri d'une mandragore qu'on empêchait d'hurler à la mort.

« Je suis content de ne pas devoir passer toute ma matinée à faire ça. » admit-il.

Pansy hocha la tête avec enthousiasme puis, sans aucune gêne, elle se releva et s'installa sur les genoux de Ron. Non loin d'eux, elle entendit quelqu'un s'éclaircir la gorge, mais elle l'ignora.

« Ça veut dire que j'ai absolument toute ton attention. » décréta-t-elle en entourant sa nuque avec ses bras.

Elle adorait avoir toute l'attention de son petit ami et elle n'éprouvait aucune culpabilité à chercher tous les moyens de l'obtenir. Ron hocha la tête et encercla la taille de Pansy avec ses bras.

« J'ai du mal à rester concentré quand tu es là. » avoua-t-il.

Le sourire de Pansy s'étira davantage.

« Comme tu es toujours en train de parler, c'est dur de travailler. » ajouta-t-il.

Il eut le bon goût de paraître gêné devant l'expression outrée qu'afficha Pansy.

« Et encore plus compliqué lorsque tu es aussi jolie qu'aujourd'hui. » s'empressa-t-il de rajouter.

Pansy, qui s'apprêtait à déverser une pluie de critiques sur lui, se ravisa. Elle retrouva son sourire radieux face à son compliment. Il s'était bien rattrapé.

Il commençait à comprendre la personnalité imprévisible de Pansy. Elle était intense et tous ses proches en avaient conscience. Elle pouvait passer de la joie à la fureur puis de nouveau à la gaîté en une fraction de seconde. Même si elle savait que c'était probablement éreintant à gérer au quotidien, elle était persuadée qu'on fond, Ron adorait ça.

« Tu trouves ? » demanda-t-elle, minaude, battant des cils de manière exagérée.

Il acquiesça avec véhémence tandis qu'il observa la tenue qu'elle portait – une robe patineuse pourpre avec un col jabot. Elle avait mis un point d'honneur à soigner son apparence en se préparant ce matin-là. Dans quelques heures, les candidates à Miss Fondatrice se présenteraient face au jury. Sa mère le lui avait toujours dit – l'apparence comptait pour cinquante pour cent du travail lorsqu'on voulait faire bonne impression.

« Tu es prête pour l'épreuve ? » demanda Ron.

Pansy acquiesça avec assurance. Certaines candidates étaient nerveuses à l'idée de se rendre à l'épreuve à l'aveugle, sans la possibilité de s'y préparer à l'avance. Pansy, elle, n'était pas inquiète. Elle était pleine de ressources et le stress n'était pas un mot inclus dans son vocabulaire. Elle retombait toujours sur ses pattes, quelle que soit la situation. Pansy plaçait une confiance absolue en elle-même (parfois même un peu trop selon ses amies) et elle savait qu'il s'agirait d'un avantage certain face à ses concurrentes.

« Je ne te l'ai pas dit, mais j'ai été contacté par un chasseur de tête de Quidditch. » expliqua Ron en se frottant la tempe. « Il est venu assister au match du weekend dernier. »

La semaine précédente, Gryffondor avait joué sa première rencontre annuelle contre Poufsouffle et s'était imposée facilement face à leurs adversaires. Ron avait été particulièrement bon pendant le match. Pansy ouvrit les yeux avec surprise, l'encourageant à continuer.

« Il veut que je participe aux prochaines sélections pour le club de Flaquemare. Apparemment, il fait régulièrement le tour du pays à la recherche de nouveaux talents. » poursuivit Ron. « Si ça se passe bien, je pourrais peut-être entrer dans la réserve après Poudlard. »

« Wow. » commenta Pansy, incrédule. « Ce serait géant. »

« Ce serait une superbe opportunité, oui. » dit-il, semblant nerveux.

Elle savait que Ron était un excellent joueur. Le fait qu'il soit assez bon pour être remarqué ainsi était déjà une réalisation conséquente. S'il réussissait les sélections, cela signifiait qu'une carrière professionnelle s'offrirait à lui.

Pansy le savait, les joueurs de Quidditch appartenaient à l'élite de la société magique en termes de statut social et financier. Les contrats s'élevaient facilement à plusieurs millions de gallions chez les grands clubs de la première ligue.

Elle pouvait déjà s'imaginer en train de prendre le brunch avec une clique de femmes de joueurs, fréquentant les endroits les plus tendances du pays, voyageant aux quatre coins du monde, et couverte de cadeaux les plus luxueux les uns que les autres.

Certaines personnes auraient probablement qualifié ses pensées de vénales, mais elle n'en avait que faire. Depuis toujours, Adrina Parkinson, sa mère, lui avait répété à maintes reprises qu'il était fondamental qu'elle prenne conscience de sa propre valeur. Selon elle, il était normal qu'un homme la couvre de cadeaux et l'entretienne afin de lui témoigner son amour et son affection.

« Tu es une princesse, et tu dois être traitée comme telle. » lui répétait souvent sa mère, partisane de l'hypergamie. « Un homme qui ne fait pas toutes ces choses pour toi ne t'apprécie pas à ta juste valeur. »

Pansy était même surprise que sa mère n'ait pas encore demandé le divorce après les problèmes financiers qui avaient ébranlé sa famille.

« Je n'en ai pas encore parlé à Ginny. » déclara Ron, sortant Pansy de ses pensées existentielles.

« Pourquoi ? » s'étonna-t-elle.

Ron et sa sœur jumelle avaient une relation très fusionnelle et ils semblaient tout partager. Même si sa fierté ne lui laisserait jamais l'avouer, Pansy ressentait une certaine jalousie face à la situation. Une partie d'elle voulait être la seule fille qui comptait pour lui.

« Jouer au Quidditch professionnellement est son rêve. » expliqua Ron avec une grimace. « Ça a déjà été difficile pour elle de ne pas être sélectionnée dans l'équipe. Je sais que ça va être dur si elle entend qu'elle a raté ce genre d'opportunité. Il vaut mieux que personne ne soit au courant, pour l'instant. »

Pansy hocha la tête. Évidemment qu'elle n'allait pas le crier sur les toits. Des petites idiotes lorgnaient déjà sur Ron – elle ne voulait pas leur donner de raison supplémentaire de courir après son petit-ami. Toutefois, si cette opportunité se concrétisait, elle n'aurait aucun scrupule à en faire l'étalage devant les petites groupies de Ron, notamment Lavande Brown.

« Maintenant que je n'ai plus besoin de passer ma matinée à écrire ce fichu devoir, que dirais-tu d'une petite visite dans un placard à balais ? » suggéra Ron, l'air mutin.

Une heure plus tard, tandis que Pansy Parkinson émergeait d'un placard à balais étroit, le corps brûlant et encore émoustillé, elle se demanda vaguement comment elle pourrait cacher le large suçon qui couvrait le haut de sa nuque.

En arrivant dans le dortoir qu'elle partageait avec Millicent, elle vit cette dernière sortir de la salle de bain. Millie avait une mine affreuse ces derniers temps et Pansy ne put s'empêcher de ressentir une vague d'inquiétude à la vue de son amie. Des cernes interminables creusaient son visage et son teint était blanchâtre, comme s'il n'avait pas vu la lumière du jour depuis des lustres. L'air perdu qu'elle affichait constamment était alarmant.

Pansy et ses amies avaient toujours été conscientes des penchants extrascolaires de Millicent. Après tout, les signes physiques étaient évidents. Pourtant, c'était un sujet qu'elles avaient volontairement refoulé dans un placard. Elles n'en discutaient jamais, même entre elles, et faisaient mine d'ignorer les indices pourtant manifestes.

Malgré cela, Pansy était suffisamment inquiète pour éprouver le besoin de consulter ses amies sur la situation. Elle décida de patienter jusqu'au lendemain. Ce serait plus simple une fois que toute l'effervescence autour de la nouvelle épreuve serait redescendue. Elle observa son amie en silence tandis que cette dernière s'asseyait sur son lit, sa serviette enroulée autour de sa taille, le regard rivé sur le sol. Elle faisait peine à voir.

« Tu te sens prête pour la journée ? » demanda Pansy d'un ton un peu trop enjoué pour paraître convaincant.

Millicent leva les yeux vers elle et lui jeta un regard confus, comme si elle n'était pas sûre que Pansy s'adresse à elle.

« Nous avons une épreuve aujourd'hui. Pour l'élection. Tu te rappelles ? » insista Pansy sur le ton de l'évidence.

Millicent haussa les épaules, l'air désintéressé et Pansy n'insista pas. Elle se dirigea vers la salle de bain afin de retoucher son maquillage, maltraité par les baisers enthousiastes de Ron. Elle parvint finalement à cacher la marque qui s'était formée sur sa nuque.

« Prête à faire des ravages. » se complimenta-t-elle devant le miroir, après avoir appliqué son rouge à lèvres favori.

Elles retrouvèrent Daphné et Tracey dans la salle commune. Pansy dût presque trainer Millicent hors du dortoir. Pour une raison obscure, Daphné et Tracey semblaient étrangement distantes ces derniers temps. Elles se parlaient toujours, mais une certaine réserve était palpable. Pansy avait l'impression que son groupe d'amies était en train d'imploser. Elle seule tentait de ramasser les morceaux cassés, sans grand succès. Au fond, elle ne pouvait pas blâmer les autres pour leur comportement. Après tout, elle s'était alliée avec Ginny Weasley, l'ennemie numéro une de Daphné. Même si cela avait été contre son gré, elle savait pertinemment que ses amies lui en voudraient.

Non, pensa-t-elle. Elle allait agir comme si de rien n'était et attendre que tout se tasse. Ce n'était pas le moyen le plus sain de gérer la situation mais c'était la solution qu'elle avait choisie.

Dans le hall, elles croisèrent Luna Lovegood, Ginny Weasley et Hermione Granger qui se dirigeaient également vers la salle des trophées, discutant avec animation. Pansy laissa échapper un rire moqueur en voyant l'accoutrement de Lovegood. Elle portait une robe orange en forme de tulipe. La couleur de sa tenue clashait horriblement avec ses cheveux d'un blond polaire.

« Par Salazar, qu'est-ce que Lovegood porte ? » demanda Pansy en secouant la tête.

D'un geste dramatique, elle fit mine de se cacher les yeux, comme si la vue de cette tenue était douloureuse.

« Elle a le goût du risque. » commenta Daphné avec un rictus railleur.

« Elle n'a juste pas de goût, tu veux dire. » répliqua Pansy.

Elle tourna la tête lorsqu'elle entendit quelqu'un souffler avec agacement. Elle se tourna vers Tracey dont la mine s'était assombrie et qui avait soudain accéléré le pas, prenant de l'avance sur le groupe.

« Qu'est-ce qui lui prend ? » s'étonna Pansy, surprise par la réaction de son amie.

Daphné haussa les épaules, arborant un air signifiant « Aucune idée. »

/

Cette journée allait être difficile. Ce fut la première pensée de Millicent lorsqu'elle se réveilla ce matin-là. Évidemment, tous les jours lui paraissaient désormais être un calvaire à vivre mais celui-ci serait probablement d'un niveau supérieur. Elle n'avait aucune motivation à l'idée de se présenter face à ce jury.

Elle n'avait plus que faire de cette élection stupide. Comment se soucier d'un sujet si stupide et superficiel lorsque des problèmes aussi graves agitaient sa vie ?

Durant les deux dernières années, elle était passée par des hauts et des bas après la découverte de son viol. Cette fois, pourtant, elle avait réellement le sentiment que cette phase était la pire de toutes. Elle avait l'impression d'être tombée au fond d'un puits, d'en avoir touché le fond avec violence et que plus rien ni personne ne pourrait l'aider à remonter à la surface. Elle n'avait plus envie de rien et chaque minute qu'elle passait en étant sobre était une véritable torture.

Elle se traîna dans les couloirs en compagnie de ses amies pour rejoindre la Salle des Trophées. A l'intérieur, elles retrouvèrent le reste des candidates à l'élection ainsi que le jury.

Millicent regretta de ne pas avoir pris sa veste. Elle grelottait.

« Elle ne perd pas de temps pour faire campagne. » commenta Pansy aux côtés de Millicent.

Avec un rictus amusé, elle désigna Daphné qui avait entamé une conversation avec l'une des membres du jury, une vieille femme affublée d'un chapeau en organza bleu électrique.

« Je crois que je vais faire la même chose. » décréta Pansy d'un ton décidé. « Hors de question de lui laisser prendre la vedette. »

Elle se dirigea vers une autre membre du jury et commença à la complimenter sur sa robe de sorcière de manière tellement exagérée que la femme sembla mal à l'aise.

Millicent resta dans un coin de la pièce, ne prenant pas la peine de se fondre dans le groupe. Elle n'avait pas l'énergie de prendre part aux banalités. Elle croisa les bras sur sa poitrine, cette sensation de froid la parcourant à nouveau. Son estomac et ses membres inférieurs la tiraillaient. Elle n'avait pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir ce dont il s'agissait. Elle était en manque.

Malheureusement pour elle, elle était en public, et elle ne pouvait pas se permettre d'être prise en flagrant délit. Une elfe de maison tenant un plateau garni de boissons passa devant elle et lui proposa un verre. L'elfe fit léviter un verre dans sa direction et elle l'attrapa au vol, avant de boire à grandes gorgées, assoiffée. Aussitôt que le jus de citrouille eut atteint sa gorge, elle grimaça de dégoût. Elle n'avait plus goût à rien quand elle était dans cet état.

Elle tritura son verre, s'efforçant de rester occupée pour ne pas penser à son état de manque. Soudainement, elle entendit McGonagall hausser la voix pour attirer l'attention de tous les occupants de la pièce.

« Bienvenues au lancement officiel de cette nouvelle étape. Comme vous le savez, nous sommes à seulement un mois du couronnement de notre nouvelle Miss Fondatrice. Comme je vous l'ai expliqué au début de l'année, le jury est à la recherche de la candidate qui prouvera qu'elle possède les qualités que nous recherchons. Aujourd'hui, nous allons vous juger sur votre créativité, votre résistance au stress et votre prise de parole en public. »

Des murmures anxieux s'élevèrent parmi les candidates. Un seul regard sévère de la part de la Directrice adjointe fut suffisant pour rétablir le calme dans la pièce.

« L'une des responsabilités de Miss Fondatrice est de contribuer à la réputation charitable de Poudlard. L'épreuve du jour consiste donc à établir un plan d'action pour lever des fonds en faveur d'une association ou d'une cause de votre choix. Vous devrez présenter ce plan en détail devant le jury et le reste de l'école. » ajouta-t-elle.

Elle pointa sa baguette sur une pile de parchemins posés sur une table à proximité puis les fit léviter en direction de chacune des étudiantes.

« Vous trouverez ici le détail de l'exercice. Vous avez deux heures. » indiqua-t-elle.

Elle quitta la pièce, le reste du jury sur ses talons. Immédiatement, certaines se ruèrent hors de la salle des trophées, probablement pour ne pas perdre une seule seconde de leur précieux temps. Les autres restèrent dans la pièce, lisant fébrilement le fascicule d'instructions, comme si elles étaient à la recherche d'un quelconque indice. Finalement, au bout de dix minutes, tout le monde avait quitté la pièce et Millicent se retrouva seule.

Avec un soupir, elle ouvrit le fascicule, tentant de se concentrer sur les instructions. Elle se découragea presqu'immédiatement, incapable de rester attentive. Elle ne se sentait pas capable de réfléchir sur quelque chose d'aussi complexe, ni de prendre la parole devant l'école entière.

A quoi bon ? pensa-t-elle avec dépit. Tout le travail qu'elle fournirait serait médiocre, tout au mieux. Elle imaginait déjà les regards emplis de jugements devant sa prestation pitoyable. Elle n'avait pas besoin d'être encore une fois ridiculisée parmi les élèves.

Elle s'installa sur une chaise, dépitée. Elle n'avait plus aucune confiance en elle. Tout lui demandait un effort surhumain. Elle sentit des larmes lui monter aux yeux lentement et elle s'efforça de les réprimer. Pourquoi pleurait-elle encore ? Pourquoi n'était-elle pas aussi forte que ses amies ? Elle était lassée de décevoir tout le monde autour d'elle.

Peut-être que sa mère avait raison, après tout.

Elle ouvrit son sac, puis en extirpa une bourse d'un geste fébrile. Elle était tellement faible. Que dirait-son père s'il la voyait ainsi ? Elle pouvait déjà imaginer la déception dans son regard.

« Pour une raison que je ne comprends pas, tu as toujours essayé de détruire notre famille. A toujours vouloir attirer l'attention sur toi et nous causer du souci à ton père et moi. Ton comportement détestable, tes crises constantes, ton addiction... »

Elle se souvenait encore distinctement des mots de sa mère. Tranchants comme la lame d'un poignard. Ils l'avaient coupée d'une manière si profonde qu'elle ne s'en remettrait probablement jamais.

Et son regard. Ce dégoût qu'elle avait pu y lire la hanterait pour toujours.

D'une main tremblante, elle se saisit à nouveau d'un scarabée et le posa sur sa tempe. Elle avait juste besoin d'oublier. Au moins pour quelques heures. Ce serait le dernier. Elle essaierait de reprendre sa vie en main après celui-ci. Elle retournerait voir sa psychomage. Oui, ce serait le dernier.

Elle ferma les yeux – attendant avec appréhension la montée d'adrénaline et la tranquillité extrême qui suivait généralement la prise.

Pourtant, elle n'arriva pas immédiatement. Elle se sentit parcourue par un violent mal de crâne. Elle inspira profondément pour calmer ses palpitations. Ce n'était pas la première fois que ça lui arrivait – elle devait simplement rester et attendre que ça passe. Elle se releva difficilement puis se rapprocha du mur le plus proche, sa vision légèrement troublée. Elle se laissa tomber sur le sol, le dos au mur. Elle ferma les yeux, et ses battements de cœurs commencèrent à se calmer, devenant de plus en plus lents. Puis lentement, elle se sentit sombrer et quitta la réalité.

/

Tracey raya d'un geste frustré la phrase qu'elle venait d'inscrire sur son parchemin. Elle s'était installée dans la première salle de classe vide qu'elle avait trouvée. Elle n'avait que deux heures – ou plutôt une heure et quarante-trois minutes - pour se préparer à présenter quelque chose de concret. Et elle n'avait aucune idée par où commencer. Elle entendit un tapotement contre la porte de la salle de classe et elle releva les yeux. Elle esquissa un sourire en apercevant Luna Lovegood.

« Je peux t'embêter ? » demanda cette dernière de son éternel ton rêveur.

Tracey acquiesça et retira les parchemins éparpillés sur le bureau afin de faire de la place à Luna.

« Tu t'en sors ? » demanda Luna.

Tracey gémit de frustration, secouant la tête. Elle était désespérée.

« Pas du tout. » admit-elle. « Je ne sais pas par où commencer, et je commence sérieusement à paniquer. Je ne sais même pas quelle cause je vais choisir. »

Elle avait l'impression de se retrouver devant un parchemin de Métamorphose pendant un jour d'examen. Pourtant, la pression était multipliée par dix.

Tracey laissa échapper un gémissement de frustration, couvrant son visage avec ses mains.

« Respire. » suggéra Luna d'une voix douce.

Tracey lui jeta un regard confus.

« Quand je suis vraiment nerveuse, je fais des exercices de respiration pour me détendre. » indiqua Luna. « Tu veux essayer ? »

Tracey lui jeta un regard sceptique. Elle avait du mal à l'imaginer stressée. Luna semblait toujours planer sur un petit nuage, loin de la réalité. D'ailleurs, si elle n'avait pas appris à la connaître, Tracey aurait pu croire qu'elle consommait régulièrement de la poudre de Billywig.

D'autre part, elle ne comprenait pas comment respirer pouvait l'aider à contrôler sa nervosité. Elle était toutefois au bord du désespoir et prête à accepter toutes suggestions, aussi étranges soient-elles.

« Très bien. » céda finalement Tracey avec un soupir. « Qu'est-ce que je dois faire, exactement ? »

« Mets ta main sur le ventre. » dit Luna. « Et ferme les yeux. »

Tracey s'exécuta, se sentant un peu stupide.

« Visualise des images agréables, qui te rendent heureuse et relaxée. » poursuivit Luna. « Maintenant prend une très grande inspiration en gonflant le ventre. Puis relâche lentement. »

Tracey, les yeux toujours clos, inspira profondément avant d'expirer. Elle sentit soudainement la main de Luna sur son abdomen, touchant la sienne au passage.

« Tu vas trop vite. Inspire plus longtemps et prend ton temps pour relâcher. » expliqua-t-elle doucement. « Imagine la scène. »

Tracey se concentra, tentant de visualiser une image agréable dans son esprit. Elle imagina l'une des plages immaculées de son île ainsi que le bruit de vagues s'écrasant contre les rochers. Cette fois, elle s'appliqua à respirer plus lentement, guidée par la main de Luna sur son abdomen.

Au bout de quelques minutes, elle fut surprise de réaliser que non seulement son stress n'était plus aussi intense mais que son esprit commençait également à projeter des paroles encourageantes et motivantes. Elle ouvrit lentement les yeux, clignant des paupières, comme si elle se réveillait d'une sieste particulièrement agréable.

Elle croisa regard de Luna et son visage souriant. Sa main était toujours posée sur la sienne. Tracey sentit son estomac faire un bond inexplicable. Pour une raison obscure, elle ne parvenait pas à décoller son regard de ces grands yeux bleus. Elle n'avait jamais remarqué à quel point cette couleur était intense. Maintenant qu'elle y réfléchissait, elle n'avait jamais remarqué à quel point Luna était jolie, avec son teint de porcelaine, ses lèvres rosées et son nez retroussé. Elle dégageait une beauté innocente qu'elle n'avait jamais vue ailleurs.

Soudainement, Luna se pencha dans sa direction et avec une douceur infinie, posa ses lèvres sur celles de Tracey. La pression était légère, presque comparable à un effleurement. Malgré sa surprise, Tracey se rendit compte qu'elle désirait ardemment ce contact. Elle se surprit davantage lorsqu'elle pressa ses lèvres plus fermement sur celles de Luna.

Lorsqu'elle s'écarta finalement, Tracey cligna les yeux, confuse et effarée.

Pendant des années, elle s'était demandée à quoi ressemblerait son premier baiser.

Elle avait toujours imaginé qu'elle sauterait le pas un jour ou l'autre, forcée par la pression sociale et les remarques incessantes de ses amies. Elle s'était imaginée frémir de dégoût tandis qu'elle partageait des germes avec un garçon qu'elle appréciait à peine, tout simplement pour faire comme les autres.

Elle n'avait jamais imaginé une seule seconde que son premier baiser serait avec une autre fille.

Ni qu'il serait aussi parfait.

Embrasser Luna lui avait paru si… naturel. Elle ne ressentait pas cette aversion qu'elle avait envers les garçons lorsqu'elle se trouvait en sa compagnie. Au contraire, chaque contact physique qu'elles échangeaient la faisait frissonner d'appréhension et de contentement.

« Tu es plus détendue, maintenant ? » demanda Luna d'un ton léger.

Tracey émit un rire à sa question – probablement par nervosité. Elle hocha la tête timidement. Luna lui adressa un sourire éclatant, et encore une fois, cette sensation de bien-être parcourut Tracey.

Pourtant, très rapidement, son malaise refit surface et des millions de questions se bousculèrent dans son esprit. Devait-elle faire un commentaire ? Ou bien faire comme si de rien n'était ? Comment agissait-on après ce genre de choses ? Devait-elle l'embrasser de nouveau ?

« Je… Je suis perdue. » admit-elle finalement.

« Pourquoi ? » demanda Luna d'une voix douce.

« Je n'ai jamais fait ça. » déclara Tracey, les yeux rivés vers le sol, n'osant pas croiser son regard.

« Embrasser une fille ? » interrogea Luna.

« Embrasser qui que ce soit. » répondit Tracey, embarrassée.

« Tu embrasses très bien, si c'est ça qui t'inquiète. » déclara Luna d'une voix rassurante.

Tracey esquissa un sourire gêné. Elle était au moins rassurée d'entendre que ce baiser avait plu à Luna autant qu'il lui avait plu. Elle aurait probablement creusé un trou dans le sol afin d'y mourir d'embarras si cela n'avait pas été le cas.

« Nous ne sommes pas supposées faire ça. » dit-elle dans un murmure. « Je suis…une fille. Et toi aussi. »

« Pourquoi pas ? » répliqua Luna sur un ton de défi qui surprit Tracey. « Si nous en avons toutes les deux envies, pourquoi ce serait interdit ? On ne fait rien de mal. »

« Je ne sais pas si tout le monde pense la même chose que toi. » lança Tracey d'une voix amère.

Elle imagina soudainement le regard désapprobateur qu'afficherait son père s'il l'apprenait. Son père était un homme traditionnel et peu ouvert d'esprit. L'homosexualité était pour lui une tare. Une infirmité abjecte.

« Tu as tellement peur de ce que vont penser les autres, c'est ça ? » demanda Luna.

La déception et la peine qu'elle entendit dans sa voix lui provoqua un élan de culpabilité. Elle secoua la tête.

« Je… Je ne te l'ai jamais dit mais mon père insiste pour que je me marie. Et il ne compte pas me laisser choisir avec qui. » admit Tracey avec dépit.

« Tu n'as pas à faire ce qu'il te demande si tu ne veux pas. C'est ton choix. » rappela Luna.

« Ce n'est pas aussi simple que ça. » répliqua Tracey avec frustration.

Évidemment qu'elle voulait faire ses propres choix. Mais elle n'avait pas l'indépendance, ni les moyens financiers pour se détacher du joug de sa famille.

« Tant que je dépendrais de lui, je devrais faire ce qu'il me demande. » dit-elle. « C'est pour cette raison que j'essaie de gagner cette élection. Ces cinq mille gallions pourraient me permettre de commencer à être indépendante sans dépendre de ma famille. Et je pourrais enfin faire mes propres choix. »

Tracey avait prononcé ces derniers mots avec une détermination qui l'étonna elle-même. Luna arborait un grand sourire.

« On dirait que tu as trouvé la cause que tu vas défendre devant le jury. » dit-elle avec un clin d'œil. « Je te laisse continuer. A plus tard. »

Et une nouvelle fois, ses lèvres douces se posèrent sur celles de Tracey. Lorsque Luna quitta la pièce, Tracey l'observa s'éloigner, ses doigts posés sur sa bouche, se souvenant encore du goût sucré des lèvres de Luna sur les siennes.


Destinatrices : ''Le club des Quatre''


Pansy écrit :

L'épreuve est sur le point de commencer. Quelqu'un a vu Millie ?

Tracey écrit :

Non…

Daphné écrit :

McGonagall va encore lui retirer des points au classement si elle est en retard.

Pansy écrit :

Comme si ça te gênait.

Tracey écrit :

Bonne chance à toutes.

Pansy écrit :

Que la meilleure gagne. C'est-à-dire MOI.

Daphné écrit :

Il faudra me passer sur le corps.


Tracey referma son journal, jetant des regards curieux dans la Grande Salle, à la recherche de Millie. Elle n'avait pas paru dans son assiette, plus tôt dans la Salle des Trophées.

Elle reporta ensuite son attention sur McGonagall qui donnait des instructions partout dans la pièce, l'air débordé.

Encore une fois, la Grande Salle avait été aménagée pour l'épreuve du jour. Les grandes tables avaient disparu, au profit de rangées de chaises faisant face à la table du jury et à un podium d'une teinte violette si flashy qu'elle lui fit mal aux yeux. Elle se pencha de nouveau vers le parchemin sur lequel elle avait inscrit ses notes.

Contre toute attente, sa discussion avec Luna l'avait aidée à se détendre et elle avait finalement été traversée d'un éclair de créativité. Elle jeta un regard en direction de Luna, assise également sur la première rangée réservée aux candidates. Elle discutait avec Sally Ann-Perks, qui paraissait au bord de la crise de nerfs.

McGonagall posa sa baguette sur sa nuque, et sa voix résonna de manière puissante à travers la Grande Salle.

« Pour cette épreuve, les candidates devront présenter en dix minutes un plan d'action pour collecter le maximum de fonds afin de soutenir l'une des causes de leur choix. » expliqua-t-elle. « Vous serez jugées sur votre créativité, votre attention au détail et à votre capacité à communiquer. »

Elle apposa sa baguette sur une boule transparente où des morceaux de parchemins s'entassaient.

« L'ordre de passage sera défini par un tirage au sort. » indiqua-t-elle.

Les parchemins froissés s'agitèrent dans tous les sens à l'intérieur du récipient et l'un d'eux fut éjecté dans l'air. La directrice adjointe l'attrapa au vol.

« Millicent Bulstrode. » appela-t-elle d'une voix claire, lisant le contenu du parchemin.

Un silence suivit ses mots. Tracey grimaça en réalisant que Millicent n'était toujours pas arrivée. McGonagall jeta un regard parmi les candidates et sembla à son tour remarquer l'absence de la jeune fille.

« Millicent Bulstrode. » répéta-t-elle d'une voix sévère.

Personne ne se leva et des murmures commencèrent à s'élever dans la pièce.

« Ou est-elle passée, par Salazar ? » murmura Pansy, aux côtés de Tracey qui haussa les épaules.

McGonagall pinça ses lèvres d'un air agacé et Tracey ne put qu'imaginer la punition sévère dont écoperait Millicent pour son absence injustifiée. Elle serait probablement forcée d'aller en retenue tous ses vendredis soir jusqu'à la fin de l'année scolaire.

McGonagall agita de nouveau sa baguette en direction du bol qui remua pendant quelques secondes avant d'éjecter un nouveau parchemin.

« Pansy Parkinson. »

Pansy se leva d'un bond, et se dirigea d'un pas assuré sur le podium, afin de faire face au jury. Tracey esquissa un sourire. Elle savait que son amie ne serait pas nerveuse une seule seconde. Pansy adorait être le centre de l'attention. Il serait probablement difficile de l'arrêter une fois qu'elle aurait commencé.

« Quelle cause avez-vous décidé de soutenir, Miss Parkinson ? » demanda Sirius Black.

« Les étudiants en difficulté financière. » répondit Pansy d'une voix assurée.

« Pour quelle raison ? »

« Eh bien, cela n'est un secret pour personne que la plupart d'entre nous sommes issus d'un milieu favorisé, moi y compris. C'est notre devoir civique de penser aux personnes qui ne peuvent pas avoir une éducation digne de ce nom à cause du manque de moyens. » expliqua Pansy.

Tracey et Daphné échangèrent un regard médusé. Pansy était l'archétype même de la princesse gâtée à outrance qui ignorait comment on pouvait vivre avec moins de vingt mille gallions par mois. Il était étonnant de la voir soutenir cette cause. Tracey haussa les épaules. Pansy pensait probablement qu'elle gagnerait des points en défendant une cause de ce genre.

Alors que la présentation de Pansy avait bien débuté, celle-ci dérapa lorsqu'elle présenta son approche pour récolter des fonds au profit de sa cause. Elle proposa d'organiser des soirées privées au château et d'y inviter des sorciers ''pleins aux as''. Elle soutint que ces gens avaient les poches ''remplis de gallions'' et seraient prêts à les dépenser pour un peu d'attention de la part d'étudiantes.

« Évidemment, il faudra s'assurer de choisir des élèves particulièrement agréables à regarder.

Elle se tourna vers la première rangée, où les Miss étaient installées.

« Daphné et Tracey, par exemple. Même Weasley. » énuméra-t-elle avec sérieux.

Le jury ne parut pas apprécier la proposition et Pansy fut coupée au bout de cinq minutes à peine, sans même passer par la session de questions-réponses qui devait suivre la présentation. Elle parut tout de même satisfaite d'elle-même lorsqu'elle s'installa de nouveau sur sa chaise.

Ce fut ensuite au tour de Tracey d'être appelée et elle prit une grande inspiration avant de se diriger sur le podium. Elle avait décidé de soutenir les adolescents en détresse psychologique. Afin de récolter des fonds, elle proposa d'organiser une vente de gâteaux à Pré-Au-Lard, préparés par les elfes de maison de Poudlard. Elle estimait à 650 gallions les bénéfices sur une journée.

Lorsque Sally-Ann Perks se présenta sur le podium afin de présenter son plan, elle était tellement pâle que Tracey se demanda si elle n'allait pas s'évanouir devant l'école entière. Elle tenta de parler mais aucun mot ne sembla vouloir sortir de sa gorge. Finalement, son stress sembla avoir raison d'elle.

« Je… Je… Je déclare forfait ! » fut la seule chose qu'elle parvint à dire entre deux sanglots avant de se ruer en dehors de la grande salle, sous les regards surpris des uns, et goguenards des autres.

Hermione Granger sembla être la mieux préparée parmi les candidates. Tracey fut impressionnée par la précision du plan qu'elle présenta. Contrairement aux autres Miss dont les idées restaient superficielles et se basaient sur des estimations plus ou moins réalistes, elle donna des chiffres clairs et expliqua chacun d'entre eux au jury.

Elle voulait défendre la cause de l'éducation des étudiants d'origine moldue. Elle proposa d'organiser une vente aux enchères mettant en lumière la collection d'œuvres d'art qui remplissait le château. Apparemment, certaines de ces œuvres avaient été offertes par des artistes, ce qui faisait de Poudlard leur propriétaire légal. Certains de ces artistes, morts depuis longtemps déjà, étaient devenus populaires au fil des siècles. La valeur de leurs œuvres atteignait des sommes colossales. Elle estima l'une d'elle à plus de 45 000 gallions. Tous les membres du jury, McGonagall y compris, parurent impressionnés par sa présentation. Hermione répondit à toutes leurs questions de manière pertinente et détaillée.

Daphné passa après Granger et pour la première fois depuis longtemps, Tracey put apercevoir une lueur de doute dans les yeux de son amie. Elle en fut surprise. Après tout, Daphné était habituellement tellement sûre d'elle. Pourtant, elle savait que passer après la prestation impeccable de Granger était compliqué. Elle souffrirait de la comparaison.

Daphné défendit l'aide aux créatures sauvages de la forêt interdite. Son plan consistait à organiser un concours de talent local où les élèves pourraient offrir un spectacle aux villes voisines. Les entrées seraient payantes ainsi que les consommations. Même si l'idée était plutôt bonne, le jury sembla blasé face à ces suggestions simplettes après le plan solide de Granger.

« Granger vient de se faire une ennemie redoutable. » murmura Pansy à Tracey, tandis qu'elles observaient Daphné descendre du podium.

Ses poings étaient serrés, et ses yeux lançaient des éclairs. En passant devant Granger, Daphné lui lança un regard si hostile que même Tracey se sentit effrayée pour elle.

Ce fut ensuite au tour de Luna de se présenter devant l'assemblée. Elle tenait dans ses bras une boîte en carton qu'elle posa sur le podium.

« Je crains le pire. » commenta Pansy d'un ton goguenard. « Elle va probablement nous proposer de protéger les ronflaks cornus et les nargoles. »

Elle n'avait pas pris la peine de parler à voix basse et des rires s'élevèrent parmi les élèves à sa remarque. McGonagall s'éclaircit la gorge et jeta un regard sévère vers Pansy qui prit un air innocent qui ne trompait personne. Si elle avait entendu les paroles de Pansy, Luna ne le montra pas. Tracey, elle, se renfrogna. Les remarques déplacées de Pansy au sujet de Luna l'irritaient.

« Quelle cause avez-vous décidé de soutenir, Miss Lovegood ? » interrogea Poppy Chapman avec un sourire encourageant.

« La lutte contre le harcèlement scolaire. » indiqua Luna de sa voix fluette.

« Très bien. Dans ce cas, nous vous laissons la parole. »

Luna s'agenouilla en direction de son carton et en extirpa ce qui ressemblait à des figurines. Certaines étaient à l'effigie de sorciers célèbres, d'autres imitaient des créatures magiques. Elles partageaient cependant un détail – toutes portaient des uniformes similaires à ceux des élèves de Poudlard. Luna commença à les placer les unes à côté des autres, formant une ligne parfaite. Les juges lui jetèrent des regards confus.

« On va vraiment jouer à la poupée ? » demanda Pansy, provoquant des rires parmi les élèves.

« La ferme, Pansy. » répliqua Tracey d'une voix sèche.

Elle s'attira les regards éberlués de Daphné et Pansy mais les ignora. Une fois que Luna eut terminé de placer les figurines sur le podium, elle se releva et agita sa baguette en direction des poupées. Elles s'élevèrent dans l'air, lévitant à un mètre du sol. Après un nouveau coup de baguette, certaines des figurines se mirent à danser, d'autres à se tenir la main en tournoyant joyeusement dans l'air. On entendait même des rires provenant des figurines. Tous les occupants de la Grande Salle étaient désormais silencieux, observant la scène d'un air avide, curieux de savoir ce qui suivrait.

« La plupart des jeunes sont heureux de se rendre à l'école. » déclara Luna en désignant les figurines qui riaient. « Mais pour un étudiant sur dix, l'école est un lieu de souffrance. »

Les figurines tombèrent au sol, inanimées. Seule une d'entre elles resta dans l'air, recroquevillée.

« Cet étudiant est souvent l'objet de moqueries et de violences. En général, elles sont causées par les préjugés sur son physique, ses origines, ses préférences amoureuses ou encore sa façon de parler ou de s'habiller. Le harcèlement se caractérise par une violence répétitive envers quelqu'un, avec l'intention de nuire et de laisser la victime dans l'impossibilité de se défendre. » expliqua Luna.

Elle agita sa baguette sur la figurine qui commença à faire des tours sur elle-même, comme si elle tentait de s'échapper.

« Le nom de cette poupée est Lola. Lola veut simplement parfaire son éducation magique et se faire des amis. Mais elle est la risée de son école. Tous les jours, c'est la même chose : les insultes, les moqueries, les menaces. »

On entendit des bruits semblables à des pleurs provenir de la figurine solitaire.

« D'abord il y a les élèves actifs qui encouragent la situation ou y participent directement. Ils sont ceux qui se moquent ouvertement de Lola, encouragent les violences, colportent des rumeurs complètement fausses. Ensuite, il y a les autres. Les spectateurs passifs. Ils ne prennent pas part directement au harcèlement mais ils ne font rien pour défendre Lola. Ils préfèrent faire semblant de ne pas les voir. Probablement par peur de devenir des victimes à leur tour. » poursuivit-elle.

Luna se tourna ensuite vers le jury.

« Les adultes ne font pas attention à ces comportements. Après tout, il est normal que les jeunes soient brusques entre eux, n'est-ce pas ? » demanda Luna, en observant la pièce devenue totalement silencieuse.

Certains élèves échangèrent des regards mal-à-l'aise.

« La plupart des gens ne réalisent pas les conséquences de ces actes sur les gens comme Lola. Et celles-ci peuvent être très graves. Les victimes perdent confiance en elles et se renferment sur elles-mêmes. Certaines vont tout faire pour éviter de se rendre en cours, et cela impacte leur scolarité et leurs résultats. Parfois, les conséquences sont plus graves et mènent les personnes comme Lola à la dépression et à des pensées suicidaires. »

Luna érigea sa baguette dans l'air, et les figures inanimées sur le podium lévitèrent de nouveau, entourant la figure de la dénommée Lola. Luna reprit la parole :

« Alors, la prochaine fois que vous vous en prendrez à quelqu'un parce qu'il ne porte pas les derniers vêtements à la mode, ou parce qu'il est attiré par quelqu'un du même sexe… »

A ses mots, les yeux de Luna croisèrent ceux de Tracey et celle-ci baissa le regard, gênée. Le souvenir du baiser qu'elles avaient échangées deux heures plutôt dans cette salle de classe vide lui revint en mémoire.

« …rappelez-vous que cette personne a des sentiments et que vos mots laissent des traces indélébiles. » acheva Luna.

« J'ai rarement entendu un truc aussi déprimant. » commenta Pansy à voix basse.

La seconde partie de la présentation fut moins pesante. Luna sortit de son sac une petite créature à la fourrure noire épaisse. Il s'agissait d'un niffleur. Luna clama qu'une colonie de niffleurs avaient élu domicile aux abords de l'école, près de la forêt interdite. Elle prétendit qu'ils avaient amassé une pyramide de gallions dans leur terrier et qu'ils pourraient faire don d'une partie de leur trésor si on leur demandait la permission. Elle reçut des regards sceptiques de la part des membres du jury. Pourtant, lorsqu'elle secoua gentiment le niffleur, une pléthore d'objets scintillants tombèrent au sol : des montres, des gallions et des bijoux en tout genre.

Le niffleur parvint à s'échapper et se rua sur les pièces dorées afin de les récupérer sous les regards surpris du jury et les rires de l'assemblée. Il fallut une demie heure pour que Rusard parvienne à le rattraper. McGonagall réussit finalement à faire retrouver le calme dans la pièce.

« Je dois l'avouer, Lovegood a rendu cette après-midi hilarante. » commenta Pansy.

/

Ginny fut la première des candidates à se relever une fois les présentations achevées. McGonagall et le reste du jury s'étaient retirés dans la petite salle attenante pour pouvoir délibérer.

Elle s'étira longuement. Rester assiste pendant deux heures à écouter les exposés de chacune des candidates s'était révélé terriblement pénible. Elle n'avait plus aucune patience lorsqu'il s'agissait de cette élection stupide. En temps normal, elle aurait probablement déclaré forfait mais elle avait décidé de rester dans la course dans l'unique but d'irriter les Quatre, et en particulier Daphné Greengrass.

Cette dernière semblait d'ailleurs fulminer, les bras croisés contre sa poitrine, le regard sombre. Ginny leva les yeux au plafond. Greengrass était une princesse pourrie gâtée. En examinant la pièce des yeux, Ginny aperçut Draco Malfoy, installé sur un siège non loin de l'entrée de la Grande Salle. Elle se dirigea vers lui et prit place sur le siège que Theodore Nott venait de libérer.

« Alors ? Comment tu m'as trouvée ? » demanda-t-elle d'un ton mutin.

Draco, qui n'avait pas semblé remarquer son arrivée, leva les yeux dans sa direction.

« Clairement au-dessus du lot. » répondit-il, un sourire au coin des lèvres.

« Arrête ton char, j'ai raconté n'importe quoi. » répliqua Ginny en plissant les yeux.

« Je ne parlais pas de ta présentation – sincèrement, je n'ai pas suivi ce que tu as dit. J'ai du mal à rester concentrer lorsque je te regarde. » déclara-t-il.

Ginny sentit ses joues se rosir à ces paroles. Draco ne montrait aucune subtilité lorsqu'il s'agissait de son intérêt envers elle. Au fil du temps, elle s'était rendue compte qu'elle appréciait leurs séances de flirt.

« Fais attention, Ginny. » pensa-t-elle immédiatement, sa méfiance naturelle refaisant de nouveau surface.

Elle commençait à beaucoup l'apprécier et une partie d'elle voulait se laisser aller avec Draco, même si elle prétendait le contraire.

« On verra ce que le jury en pense. » déclara-t-elle, tentant de changer le sujet. « Mais je suis quasiment sûre qu'ils ne partageront pas ton avis. »

« Si cela peut te consoler, Sally Ann Perks aura probablement la dernière place. » lança Draco.

Ginny jeta un regard vers l'autre extrémité de la pièce, où Sally-Ann était toujours en pleurs, entourée par son groupe d'amies qui tentaient désespérément de la consoler.

Elle ne pouvait pas lui en vouloir de s'être laissée envahie par la pression. S'exprimer ainsi devant une foule de personnes qui jugeaient tous vos faits et gestes étaient angoissant.

« J'ai deux places pour aller voir Rock'n'Troll au District, le week-end prochain. Ça te tente ? » proposa Ginny.

Lorsque Charlie lui avait offert les places pour son anniversaire, elle avait prévu de s'y rendre avec Ron. Pourtant, il n'était pas amateur de ce groupe, et il avait apparemment des projets avec Parkinson ce jour-là.

« Ce ne sont pas les meilleures places au monde – mais on sera dans la pièce. » ajouta-t-elle avec un rire.

« A vrai dire, mon oncle est directeur du label qui les produit. Je suis certain qu'il pourrait nous obtenir des meilleures places, si tu veux. » proposa Draco en haussant les épaules.

Il avait dit cela d'un ton totalement détaché, comme s'il parlait d'acheter une nouvelle pile de parchemins.

« Si je veux ? Tu plaisantes ! Ce serait génial ! » s'exclama-t-elle avec excitation.

« Parfait, je demanderai à mon oncle, dans ce cas. » décréta Draco.

Ginny l'observa pendant quelques secondes.

« Parfois, j'oublie que tu es un gosse de riche. » dit-elle.

Il arbora un rictus moqueur.

« C'est pour ça que tu m'invites à ce rencard ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils, faussement soupçonneux.

« Ce n'est pas un rencard. C'est une sortie entre amis. » répliqua immédiatement Ginny.

Il lui adressa un regard sceptique en guise de réponse. Avant qu'il n'ait l'occasion de répondre, le jury fit de nouveau irruption dans la pièce. McGonagall pria à toute l'assemblée de regagner leur place. Ginny se tourna vers Draco.

« On en discute plus tard. » dit-elle avant de se lever.

« Bonne chance. » lança-t-il avec un clin d'œil.

Ginny regagna sa place, entre Hermione Granger et Lavande Brown, sur la rangée principale.

« Tout d'abord, nous tenons à remercier chacune des candidates pour leur contribution pendant cette épreuve. Il s'agissait d'une étape compliquée, faisant appel à votre sang-froid et votre créativité et le jury a été agréablement surpris par la qualité et la justesse de certaines de vos propositions. » poursuivit McGonagall.

Elle agita sa baguette et une réplique du tableau d'honneur de l'élection apparut dans les airs.

« Nous avons décidé d'attribuer des points aux trois meilleures présentations. La candidate en troisième position de cette épreuve remporte un bonus de 50 points. Daphné Greengrass. » annonça-t-elle.

Des applaudissements retentirent à son annonce. Ginny coula un regard vers Daphné qui ne semblait pas se réjouir de sa position.

« La candidate en deuxième place remporte un bonus de 75 points sur son classement général. » poursuivit la directrice adjointe. « Luna Lovegood. »

Des exclamations surprises se firent entendre, bientôt suivis par des applaudissements. Pansy Parkinson sembla indignée.

« La candidate en première place a séduit le jury grâce à son raisonnement stratégique, son attention au détail et son travail de recherche poussé. Elle remporte un bonus de 100 points sur son classement général. Félicitations, Hermione Granger. »

Un brouhaha d'applaudissements retentit dans toute la pièce, provenant principalement des élèves de Gryffondor. Ils hurlaient et sifflaient bruyamment pour féliciter Hermione. Ginny applaudit également avec véhémence en observant Hermione qui souriait de toute ses dents, visiblement exaltée.

« Le reste des candidates qui ont présenté un travail gagneront vingt-cinq points sur leur classement général. » acheva McGonagall.

La plupart des candidates semblaient déçues. Ginny, elle, se tourna vers Hermione et posa une main encourageante sur son épaule.

« Tu l'as mérité. » dit-elle avec un sourire.

Hermione avait clairement été au-dessus des autres pendant l'épreuve et Ginny était contente que son travail ait été enfin récompensé. Hermione lui adressa un sourire éclatant.

« Je suis tellement heureuse. » admit-elle, visiblement émotionnée.

« Je vous rappelle que les dés ne sont pas encore jetés. Nous entrons dans la dernière phase de notre élection et il reste encore un peu plus d'un mois pour convaincre le jury que vous méritez d'être élue Miss Fondatrice. » rappela McGonagall.

Elle descendit de l'estrade et s'avança vers les candidates.

« Nous nous retrouvons dans la salle des Trophées dans une demi-heure. Le panel de juges sera disponible pendant une heure si certaines d'entre vous souhaitent obtenir des retours sur votre performance. C'est l'occasion de prendre des derniers conseils et des points d'amélioration pour le reste de l'élection. » indiqua-t-elle d'un ton appuyé

Elle s'éloigna et on l'entendit sermonner Zacarias Smith d'une voix réprobatrice. Immédiatement, un mouvement de groupe se forma au niveau de la sortie de la Grande Salle. Tout le monde désirait consulter le nouveau tableau des scores. Hermione et Ginny suivirent la foule.


Miss Fondatrice

''Tableau d'Honneur''


1. Daphné Greengrass – 405 points

2. Mandy Brocklehurst – 385 points

3. Tracey Davis – 310 points

4. Hermione Granger – 305 points

5. Ginevra Weasley – 295 points

6. Luna Lovegood – 275 points

7. Pansy Parkinson – 250 points

8. Lavande Brown – 185 points

Millicent Bulstrode – Éliminée/Forfait – 0 points

Sally-Ann Perks – Éliminée/Forfait – 0 points

Éloïse Migden – Éliminée/Forfait – 0 points

Padma Patil – Éliminée/Forfait - 0 points

Susan Bones - Éliminée/Forfait - 0 points


« Wow. McGonagall ne plaisante vraiment pas. » commenta Ginny en ouvrant la bouche avec incrédulité. « Elle a éliminé Bulstrode et Perks parce qu'elles n'ont rien présenté pendant l'épreuve. »

« Prépare-toi, Weaslette. Tu es la prochaine à prendre le siège éjectable. » susurra une voix doucereuse derrière Ginny.

Elle grimaça en apercevant Daphné Greengrass à ses côtés, en compagnie de Davis et Parkinson. Greengrass était probablement heureuse d'avoir retrouvé la première place du classement de nouveau.

« Je n'en serais pas si certaine si j'étais toi. » répondit Ginny sur le même ton. « Si cette journée a prouvé quelque chose, c'est que tu as de sacrées concurrentes et qu'elles avancent plus vite que toi. Fais attention, on dirait que la couronne ne te sera pas servie sur un plateau d'argent. »

Et elle s'éloigna, sous le regard furieux de Greengrass.

« Si tu avais vu sa tête. » lança Hermione, qui l'avait suivi en riant. « Je n'aurais pas été étonnée si elle t'avait lancé un sortilège impardonnable. »

« Quelqu'un a besoin de lui fermer le clapet. » assura Ginny, les dents serrées. « Sa tête est tellement gonflée qu'elle ne passe probablement plus les portes. »

Hermione éclata de rire. Elle semblait sur un petit nuage après sa victoire. Elles décidèrent de se rendre plus vite que prévu dans la salle des trophées, discutant de la présentation originale de Luna Lovegood. En arrivant dans la salle des trophées, elles riaient encore au souvenir hilarant de la course effrénée de Rusard pour rattraper le niffleur.

Soudainement, le rire d'Hermione cessa net à la vue de quelque chose dans la pièce. Ginny suivit son regard, confuse par l'expression de son visage. Ses yeux tombèrent sur une silhouette allongée sur le sol.

« Qu'est-ce que… » commenta-t-elle en fronçant les sourcils.

Elle s'approcha de quelques pas et son cœur rata un battement lorsqu'elle reconnut Millicent Bulstrode.

« Qu'est-ce qui lui arrive ? » entendit-elle Hermione demander, une panique latente dans la voix.

Ginny ne répondit pas, figée, les yeux rivés sur le visage de Millicent. Il était si pâle qu'il paraissait gris. Une mousse blanche lui remplissait la bouche et avait coulé le long de sa joue, sur le sol.

« Est-elle…est-elle… » continua la voix tremblante d'Hermione, l'horreur audible dans sa voix.

Millicent était complètement immobile. Ses lèvres étaient bleues et ses yeux ouverts fixaient un point invisible. Ginny savait que l'apparence de la jeune fille ne pouvait signer qu'une seule chose.

« Elle est morte. » souffla Ginny d'une voix blanche, tandis qu'elle observait le corps sans vie de Millicent Bulstrode.

Fin du Chapitre

Tellement tragique qu'on en soit arrivé là... Selon vous, quelles conséquences la mort de Millicent va avoir ? J'espère que ce chapitre vous a plu et je vous dit à bientôt pour la suite !

Fearless