Le concierge était absent et les professeurs étaient moins prudents avec les examens approchants. La surveillance s'étant relâchée, Sirius et James décidèrent d'aller fouiller la réserve dans le bureau de monsieur Picott à la recherche du précieux sésame : la recette pour devenir un animagus. Sirius fit signe à James de se dépêcher. Ils n'avaient pas parlé de leurs projets à Remus. Ce dernier trouverait à y redire : dangereux – interdit – il ne faut pas. Peter allait l'occuper toute l'après-midi et la soirée. Ils avaient prétexte devoir réviser pour le club de duel. Peter savait parfaitement comment occuper Remus : entre les échecs, les romans des montagnes et la collection des cartes de choco-grenouilles, les heures allaient rapidement défiler.

James et Sirius fouillaient la réserve depuis plusieurs heures se motivant et se taquinant en même temps. Ils devaient trouver la formule avant la fin de l'année, ça allait les rendre fous s'ils n'y arrivaient pas avant. Le pire ! C'est qu'ils l'avaient vu lors des punitions du concierge Picott. La formule était dans un des livres que le concierge leur avait demandé de trier après l'avoir récupéré chez une étudiante. Seulement ils ne souvenaient guère du titre. Appolon n'était absolument pas quelqu'un d'organisé. La pièce était encombrée d'objets de toutes sortes où venait se rajouter ceux confisqués par le concierge Rusard qui savait accéder à cette pièce sans passer par le bureau de monsieur Picott.

Ce fut en le réalisant, que James et Sirius réalisèrent qu'ils pourraient aussi y accéder. Ils avaient trouvé le passage secret en surveillant l'homme. Toutes les étoiles étaient en train de s'aligner : Picott était absent, Rusard gérait des élèves en punition, Peter occupait Remus et le professeur McGonagall venait de donner une leçon théorique sur les animagi.

En cours de métamorphose, elle avait expliqué que seuls de très bons élèves en métamorphose pouvaient devenir animagi et que la procédure demandait une force de caractère hors du commun. En Afrique, c'était un rite habituel pour de nombreux étudiants et ils étaient accompagnés par leurs mentors pour y parvenir. Sirius et James ne s'en inquiétaient pas : peut-être qu'ils mettraient davantage de temps seuls pour y arriver mais ils y parviendraient. Si des étudiants en Afrique pouvaient le faire, pourquoi pas eux ? Un problème à la fois ! Ils devaient déjà retrouver le livre si ce dernier était encore présent dans le bureau d'Appolon. L'homme ne semblait pas bien organisé, Sirius et James l'imaginaient mal avoir faire le tri dans les affaires. L'optimiste de James Potter était un avantage grandissant dans leur aventure. Il avait une volonté propre et n'imaginait pas l'échec.

Ils n'allaient pas s'empêcher d'agir juste parce que c'était soi-disant interdit ou que c'était soi-disant pour les grands magiciens ou trop difficile. « Plus c'est dur, plus il faut s'y accrocher ! » Si ses parents avaient abandonné, il n'aurait jamais été riche, il ne serait jamais né et n'aurait jamais pu vivre heureux. Malgré ses vives protestations face à leurs démonstrations publiques, James aimait ses parents et surtout avait pleinement confiance en ces derniers. En secret, il se confiait parfois à eux sur ses angoisses. Il avait ainsi parlé de la punition reçue par Sirius, de la maladie (sans expliquer laquelle) de Remus, des phobies de Peter ou encore de l'attitude particulière de Lily. James aurait tellement aimé que Sirius puisse avoir confiance aux adultes.

En particulier à Dumbledore qui était toujours d'une grande sagesse et avec de précieux conseils. Les garçons étaient radicalement opposés dans leurs visions du monde adulte.

James et Sirius fouillaient avec sérieux. Chaque livre, chaque revue, chaque recette et les étagères sur les potions étaient dévorées.

─ Par la grande barbe des gnomes !

Sirius se rapprocha pour lire sur la couverture du petit ouvrage à peine plus épais qu'un magazine qu'il tenait à la main : Devenir animagus en 10 étapes. C'était ça le titre ? Sérieusement ? Comment ils avaient pu passer à coté et l'oublier ? Lily avait raison : ils manquaient de concentration.

─ Dix ? Fastoche ! On va pouvoir être avec Remus en un rien de temps.
─ Ouais ! Peut-être même avant la fin de l'année.
─ Et mieux encore, dit Sirius les yeux brillant, on va se changer en animal !
─ Je sais déjà ce que je vais être ! s'écria James au risque de se faire entendre.
─ Moi, je serais un loup puissant ou un tigre ou une panthère ou un animal sauvage !
─ Trop d'animaux différents. Moi je sais que je serais un aigle. J'adore voler !
─ Remus, il aurait été trop mignon en lapin, non ?
─ Clair, Peter ça va être un chien !
─ James, …, Sirius explosa de rire avant de se reprendre, t'es pas gentil. Peter est très gentil.
─ Si on peut plus rire …

Les deux enfants allaient quitter les lieux quand une lumière dansante d'une flamme les avertie d'une arrivée. Ils se refugièrent sous la cape d'invisibilité pensant qu'il s'agissait de Rusard.

Charles, un élève de poufsouffle aux cheveux jaunes embrassait à bouches serrées collées Georgina. Les mains entrelacées, ils produisaient des bruits de geignements. Elle se mit à le déshabiller se retrouvant agenouillée devant lui, fouillant dans le pantalon du garçon pour tirer sur son boxer avec agacement de ce tissu gênant. Elle embrassa la virilité de l'homme, l'avalant une seconde, se redressant pour dévorer le cou de l'homme gardant à la main sa masculinité qu'elle inséra en elle. Des vives saccades s'ensuivirent.

James avait attrapé la main de Sirius et l'avait entrainé dans le passage secret, puis les escaliers menant à leurs dortoirs quittant l'aile est comme-ci il venait d'y voir une araignée géante. Il était rouge de honte. Sirius n'avait pas réagi. Il se demandait pourquoi James avait la main aussi moite et pourquoi il réagissait aussi vivement, mais ça n'avait pas beaucoup d'importance. Le jeune adolescent était surtout ravi d'avoir trouvé l'ouvrage qu'il recherchait. Il n'était pas spécialement curieux sur ce que pouvaient faire Charlie et Georgina. Il savait ce que signifiait s'accoupler.

Cet été lors d'un rare repas à la maison, Sirius s'était enfermé dans sa chambre refusant de voir les autres sangs-purs extrémistes et leurs jeux souvent cruels sur les animaux. Bellatrix avait chuchoté à son amie Phalarias Nott d'obliger Sirius et de tomber enceinte. La meilleure façon d'entrer dans la famille avait-elle prétendu ! Phalarias était entrée dans sa chambre et avait tenté des gestes similaires à ceux de Georgina. Elle se retrouva à vomir un boue sur le sol, regardant effrayé Narcissa qui était entré dans la pièce et provoqua une vérole sur le visage de Phalarias. Cette dernière s'était enfuit effrayée. La jolie blonde d'ordinaire si indifférente avait attrapé le visage de Sirius entre ses doigts, le tenant fermement :

─ Comment se fait-il que tu sois si peu instruit sur le sujet, Sirius ? Tu ne dois pas oublier que nos corps ne nous appartiennent pas, que ce que tu as est précieux et que tu ne peux pas laisser quiconque y avoir accès sans quoi ça n'aura plus aucune valeur. Si nous perdons notre valeur, nos parents n'hésiteront pas à nous abandonner.
─ Qu'ils m'abandonnent, souffla le garçon.
─ Ne dis pas ça, Sirius. Regulus, Bellatrix, Andromeda et moi-même avons besoin de toi.
─ Mensonge ….
─ Sirius, tu restes un Black même si tu es passé de l'autre coté. Personne d'autre que nous ne peut comprendre ce qu'on vit.

Elle l'avait enlacé, jouant de ses mèches noires, soufflant hésitante : « Sirius, où en sont tes leçons sur la sexualité ? »

Fixant James qui manifestait un comportement particulier, Sirius se demanda pourquoi il était aussi perturbé d'avoir vu Georgina avec Charles. Il avait déjà vu bien pire. Même s'il avait été étonné que ce soit deux personnes d'un âge plutôt égal. Il avait toujours pensé que l'acte était prioritairement entre un éducateur et son élève. Indifférent à cette vision, Sirius allait se diriger vers le dernier escalier menant à la peinture de la Grosse Dame quand des doigts s'agrippèrent à son poignet. Il senti ses veines rouler entre les doigts de James et baissa le regard vers lui, étant surélevé par les marches.

─ Sirius, ça va ? T'as vu ça !?

Indifférent Sirius haussa des épaules. Il savait pas ce qu'il avait vu et il avait trouvé ça peu appréciable, en particulier les bruits gutturaux entendus. Charlie était vraiment un fou ! Jamais il ne mettrait sa langue dans la bouche de quelqu'un et encore moins à l'endroit servant à uriner. Flegmatiquement, Sirius fit lâcher sa main à James.

─ C'était bizarre, hein ? dit James

Les joues encore rouges, James remarqua qu'encore une fois Sirius ne semblait pas préoccupé. Que ce soit en parlant d'amour ou en le voyant, Sirius semblait indifférent et disait ne pas en vouloir. James se posait de plus en plus de questions. Et maintenant Sirius venait d'en rajouter pleins de nouvelles : est-ce normal de penser souvent à ce qu'était le sexe ? Est-ce normal de pas avoir l'air d'y penser ? Est-ce que Sirius s'était déjà touché à cet endroit ? Sirius était souvent nu devant lui et ses amis, pas pudique, mais est-ce que dans l'intimidé, il avait déjà touché à son corps ?

Le corps de Sirius était beau, tout le monde le savait, est-ce que Sirius en était excité ? James se demandait s'il était le seul de ses amis à penser à leur sexualité. A ce qu'ils faisaient quand les lumières étaient éteintes chacun dans leur lit. A moins qu'il ne fut le seul à le faire ? Il tâtonnait, il hésitait. Il regardait les images des sorcières dans les livres, les peintures, les photographies et parfois les magazines des plus grands. Il captait parfois des gestes, des mots, des blagues dont le sens lui étaient souvent inconnus. James s'ouvrait à un univers qui l'effrayait et le faisait parfois retourner en arrière à jouer à ses bonhommes, au balai et aux sorts et d'autres fois qui le tentait au point où collectionner des choco-grenouilles lui semblait « bébé. »

Les yeux gris de Sirius clignèrent, James était rouge comme un coquelicot ouvert en été. Il le décrivait, les yeux brillants. Il semblait voir autre chose que lui. Qu'est-ce qui était en train de traverser son ami ?

─ C'est toi qui est bizarre James et tu me regardes bizarrement aussi. On devrait aller recopier la formule, remettre le livre en place et rejoindre les autres avant qu'ils ne s'inquiètent de notre absence.
─ … Sirius, est-ce que ça te dirait un jour de …
─ De quoi ?
─ …., James se retrouva soudainement incapable de parler.
─ Allo, the star calls the earth ! James ! Je te parle ! Est-ce que ça me dirait ?
─ …., fut la seule réponse.
─ Tu veux quoi ?
─ Voudrais-tu qu'on essaye tous les deux ?
─ Essayer quoi ? C'est pas ce qu'on doit déjà faire ? Si on termine de recopier la recette, et même sensé réussir, et avec Peter d'ailleurs, sinon James va encore nous gronder !
─ Hh. Ce n'est pas …
─ Ok, t'as l'air paumé, je vais recopier tout seul. Sympa, le copain ! Rejoins-moi quand t'arrêteras d'être sur un sort de stupefix.

James se mordilla le pouce, regardant Sirius partir dans les escaliers. Il regarda derrière lui, s'attendant à voir surgir le concierge pourtant absent. Seulement, aucun homme blond ne le regarda. Au lieu de ça, ce fut deux yeux verts – bien plus verts qu'étaient ceux de Sirius autrefois. Des pénétrants yeux verts encadrant un joli minois et des mèches rousses. Lily Evans pencha le visage sur le côté.

Elle avait honte de le dire, mais quand elle avait vu James les joues rouges, regardant Sirius et semblant perturbé par son ami, elle l'avait très mignon. Elle ne savait pas quelle bêtise ils venaient de faire, mais James semblait perdu. Lui qui ne manquait pas d'assurance, c'était agréable à voir.

─ Lily, pourquoi tu me rega….
─ Tu veux toujours que je te parle de la télévision ?
─ … oui … Oui, bien sûr que je veux !
─ Parle-moi de l'ancienne magie en même temps !

Lily rit. Arthur, Sirius et James n'avaient aucune connaissance du monde moldu et ils en étaient très vite fascinés. N'importe quel objet suffisait à les voir s'extasier. James la fixa avec curiosité avant de dire, un peu idiotement :

─ Est-ce que tu connais tout de tes copines ?
─ De qui ?
─ Alice, Elizabeth et Sarah, tu leurs dit tout ?
─ (…) non. Je ne peux pas.
─ Tu ne peux pas leurs parler de quoi ?
─ Si je ne peux pas avec elles, je ne peux pas avoir toi.
─ Est-ce que ça devient plus difficile depuis qu'on grandit ?

Lily rougit un peu, glissant une mèche derrière son oreille, hochant de la tête.

─ Il y a des choses que je dis mais on me comprend pas. Il y a des choses que je voudrais dire, mais je n'ose pas.

James la regarda en coin et rit joyeusement.

─ J'ai parfois l'impression qu'il y a les autres et moi.
─ J'ai aussi cette impression.